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GÉNÉRATION M 10 |

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ENVIRONNEMENT

| No 20, 12 MAI 2014 |

MIGROS MAGAZINE |

La volonté plutôt que la contrainte

Les entreprises suisses doivent, selon les autorités politiques, devenir plus vertes. Avec son programme Génération M, Migros s’engage d’ores et déjà spontanément.

S

i tous les êtres humains vivaient comme les Suisses, nous aurions besoin des ressources naturelles de 2,8 planètes Terre. Tel est le constat que font non seulement les défenseurs de la nature, mais aussi le Conseil fédéral. Ainsi, en procédant à une révision de la loi sur la protection de l’environnement, le gouvernement entend sensibiliser les entreprises helvétiques à cette problématique et les contraindre à adopter un comportement plus responsable en matière de gestion des ressources. Cette révision constitue un contreprojet indirect à l’initiative populaire des Verts intitulée «Pour une économie durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources (économie verte)». A travers les nombreuses promesses formulées dans le cadre de son programme de durabilité Génération M, l’enseigne tend d’ores et déjà vers l’idéal d’une économie verte. Christine Wiederkehr-Luther, responsable de l’écologie à la Fédération des coopératives Migros, nous livre ses réflexions sur la régulation par les pouvoirs publics et sur l’engagement ambitieux de Migros.

Christine Wiederkehr-Luther est responsable de l’écologie à Migros.

Christine Wiederkehr-Luther, comme le Conseil fédéral, Migros rejette l’initiative populaire sur «l’économie verte». Pourquoi?

De notre point de vue, ce texte pose des exigences trop élevées, ce qui pourrait entraîner une vague de réglementations successives. Or l’un des points forts de l’économie suisse réside justement dans sa capacité à responsabiliser les entreprises en encourageant l’autodiscipline. Si tout était fixé par la loi, cela reviendrait à mettre en œuvre un programme

Les vieilles bouteilles en plastique permettent de produire de nouveaux articles.

environnemental étatique, qui ne laisserait aucune place aux solutions volontaristes et à l’esprit d’initiative – de Migros, mais aussi des autres détaillants. Le Conseil fédéral propose un contre-projet: la révision de la loi sur la protection de l’environnement. En quoi celle-ci se distinguet-elle de l’initiative populaire?

Un plan d’action concret a été défini. Il repose sur deux axes principaux, qui concernent tout particulièrement la grande distribution: l’amélioration écologique de l’assortiment et une plus forte réglementation dans le domaine de la gestion des déchets et du recyclage. Par quoi cela se traduit-il?

Les détaillants doivent par exemple collecter un nombre encore plus grand d’emballages. Migros s’y attelle déjà:

elle est la seule enseigne qui permet à ses clients de rapporter aussi leurs bouteilles en plastique coloré d’usage ménager, et ce, dans tous les magasins. Ces rebuts constituent une matière première précieuse utilisée pour la fabrication des revêtements de câbles et des tuyaux en plastique. Dans le même temps, nous nous efforçons de réduire en amont le volume de déchets en évitant les suremballages. Migros approuve-t-elle ce contre-projet?

Nous sommes d’avis qu’il faut aller plus loin dans la réduction de l’empreinte écologique. C’est pourquoi nous soutenons l’orientation générale du plan d’action du Conseil fédéral. Nous saluons notamment l’idée d’une plateforme de dialogue sur l’économie verte. Celle-ci doit permettre à la sphère politique et

Migros magazin 20 2014 f vd  
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