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CALUIRE ET CUIRE

Philippe Cochet et son adjoint à l’Urbanisme Côme Tollet

que nous trouvions d’autres partenaires. Nous pouvons peut-être procéder par étapes. Quel était le plan initial ? On devait avancer plus vite sur la chapelle, et débuter les travaux. Le problème, c’est qu’en termes de dotations de l’Etat, nous avons perdu dix millions d’euros sur les cinq dernières années. Il a fallu que l’on priorise les travaux.

Votre commune dispose d’un important patrimoine religieux peu à peu désacralisé. Deux sites sont extrêmement sensibles, le couvent Saint Joseph à Bissardon et le monastère des Clarisses à Vassieux. Pour Bissardon, le bâtiment principal est sauvé. Au début, il était prévu qu’ils le rasent. C’est juste impossible ! Vous avez une chapelle qui est magnifique. La complexité du projet, c’est que nous avons affaire à une congrégation qui a confié à d’autres personnes la gestion de leurs biens.

« LE TERRAIN DES CLARISSES, ON VEUT LE PRÉSERVER DE L’URBANISATION » Le père Devert qui a mis la main sur le monastère de Vassieux a engagé un bras de fer avec vous pour urbaniser le parc des Clarisses… On fait partie des rares personnes à résister. On n’a rien contre le père Devert. Le problème c’est qu’il lance des projets avant d’en avoir le financement. Aujourd’hui, sur le terrain des Clarisses qui est un terrain merveilleux, on ne veut pas laisser faire n’importe quoi. Nous ne voulons pas perdre ce poumon vert. Le père Devert l’a bien compris. La nef de la chapelle de l’Hôtel de Ville, chef d’œuvre de l’architecte Sainte Marie Perrin, élève de Bossan, est très dégradée. Quand les travaux de restauration sont-ils programmés ? Je compte sur le chèque de 3 millions d’euros que va nous faire Lyon People (Rires). Pour parler plus sérieusement, il faut que l’on trouve un partenariat. La commune seule ne pourra rénover cette chapelle qui doit se faire avec les hommes de l’art. À quels partenaires pensez-vous ? On s’est rapproché de la Fondation Fourvière et on envisage de lancer une souscription publique. On ne pourra pas tout faire d’un coup. La collectivité va investir, mais il faut lyon people • juin 2019 • 30 •

Qu’en est-il des investisseurs ? Il y en a ! Ils se disent qu’il y a une possibilité de mettre en avant cet élémentlà, tout en regardant la contrepartie qu’ils peuvent avoir. Ça fait partie des projets. Nous sommes tout à fait conscients de la valeur de ce patrimoine. Avec la proximité du Radiant, nous pouvons cumuler un certain nombre d’options.

« LES GENS FONT L’AMALGAME ENTRE LA TERRE DES LIÈVRES ET LA TERRE DES MARAÎCHERS » Les riverains de la Terre des Lièvres s’inquiètent d’un projet d’urbanisme commercial avec l’enseigne Truffaut. Qu’en est-il ? Dans l’esprit des gens, il y a la terre des maraîchers et la Terre des Lièvres. Souvent, ils font l’amalgame. La Terre des Lièvres est une zone à urbaniser (extension de la zone Perica) qui existe depuis 25 ans dans le Plan Local d’Urbanisme. Truffaut a racheté 1 hectare et demi pour construire un bâtiment de 3450 m2 et c’est tout. Il n’y aura pas de Décathlon ou d’autre enseigne de grande distribution. Nous ne toucherons pas, bien évidemment, au stade. Des immeubles sont en cours de construction le long du chemin de Crépieux. Vassieux n’est-il plus un secteur sauvegardé ? Vassieux restera une zone d’habitat individuel. Ce qui est compliqué, c’est qu’une personne à le droit de vendre son bien. Nous, on ne peut lui opposer que des documents d’urbanisme pour lui dire : vous faîtes ou vous ne faîtes pas. Ces constructions peuvent-elles avoir un effet domino sur les villas avoisinantes ? S’il n’y avait pas d’intervention de la mairie, tout partirait dans tous les sens. C’est une bagarre de tous les jours pour mon adjoint à l’urbanisme Côme Tollet et notre équipe. Les niveaux de prix qui sont pratiqués à Caluire suivent la même dynamique que Lyon. Nous sommes certainement la commune qui prend le plus de valeur aujourd’hui. Les jardins suspendus d’Auchan : « Cette histoire de jardins suspendus, c’est un truc énorme ! Ça vient de la volonté d’un directeur qui a compris qu’on pouvait marier grande distribution et terroir ! »

À quel niveau se situe le marché immobilier de Caluire ? Nous sommes passés devant des communes comme Charbonnières ou Ecully. Nous sommes contents pour les propriétaires, mais cela engendre une pression énorme. Si vous n’avez pas au sein de la commune, des gens qui sont des combattants, ces propriétés, elles sont démolies ! Aux yeux de la Métropole et des promoteurs, on est des chats noirs, mais c’est ce qui nous permet de préserver notre patrimoine. Un exemple ? Il y a plusieurs programmes où nous avons récupéré des espaces verts. À Bissardon, nous allons faire une esplanade qui va aérer le projet d’origine. À chaque fois, nous essayons de négocier. Avec le travail que nous avons mené, en six ans, nous avons réussi à donner aux Caluirards 10 hectares supplémentaires en termes d’espaces verts. Il n’y a pas d’équivalent. Quel est l’avenir de l’ancienne voie de chemin de fer, transformée en voie verte ? J’ai encore eu Michel Le Faou à ce sujet. Le Sytral a en tête de mettre un transport en commun dessus. Nous, on leur a dit : c’est niet ! Le seul transport en commun qui peut se faire, c’est dessous et s’appelle un métro. Si la Métropole vote ce projet, j’attaque le PLUH. Cette voie verte est la colonne vertébrale de la ville de Caluire-et-Cuire. Quels aménagements comptez-vous faire pour la rendre plus douce ? Il faut améliorer la cohabitation entre piétons et cyclistes pour éviter les problématiques de partage de l’espace. Près de 450 000 personnes l’empruntent chaque année ! La terre des maraîchers

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LYON PEOPLE Juin 2019 / Les Secrets de Caluire et Cuire  

Lyon People, leader de la presse lyonnaise

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