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CALUIRE ET CUIRE

L’Orientale photographiée en juillet 2018

L’ORIENTALE

exotisme

Un zest d’

« L’Orientale » est le nom que donne à cette maison du 79 quai Clemenceau, Emilie Marie Bouvard (1883-1965), sur une carte postale du 14 octobre 1904, précisant qu’il s’agit de « son dernier souvenir de la campagne ». Texte : Michel Dumas - Photos © Claude Demougeot et Saby Maviel

S

on père Claude François Bouvard (1848 Lyon-1913 Caluire) a fait construire cette maison sans doute entre 1880 et 1886. Il exerce pour l’état-civil la profession de négociant, plus précisément dans la passementerie, quai Lassagne à Lyon, cette entreprise fondée par M. Morel, a cessé son activité seulement vers 1993. Claude Bouvard engagé à l’origine comme employé, se rendit indispensable, par son dynamisme commercial et ses connaissances techniques, à la bonne marche de l’entreprise dont il prit finalement la tête. Son métier l’amenait à visiter palais et châteaux pour vendre ses produits. Au cours de ces voyages, il apprécia particulièrement le Maroc et son architecture qui le firent rêver. La construction de l’Orientale lui donna une occasion unique de réaliser ce rêve concrètement, à l’image de la mode architecturale orientaliste de son époque. On ne connaît pas l’architecte de cet édifice car il semble bien que la famille Bouvard n’ait gardé aucune archive, cependant une

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incursion vers la tombe familiale traitée aussi dans le même style peut suggérer une piste de recherche. Julie Alexandrine Boulot (1858 Paris-1886 Caluire), la filleule de M. Morel, épousa Claude Bouvard et lui donna quatre enfants : Joannès (1880-1973), Maurice (1880-1948), Emilie (1883-1965), Marie (1884-1970). Malheureusement ce bonheur fut de courte durée car l’épouse de M. Bouvard décéda en 1886. Son mari* lui fit élever un tombeau dans l’allée 1 du cimetière de Caluire, emplacement numéro 34. L’architecte choisi pour cette tombe a été Marcoz associé avec Desplagnes et Bresson, 44 rue Dubois à Lyon. Le style du tombeau hispano-mauresque (dôme porté par des colonnettes) est le même que celui de la maison du quai Clemenceau. L’ange central à l’aspect plein de mélancolie représente Julie Alexandrine Bouvard, sculptée par Bottinello, 10 rue Andréa Appiani à Milan. Cette statue fût acheminée par voie d’eau jusqu’au bas de la montée Castellane et portée au cimetière sur un char à bœufs. La commune de Caluire

et Cuire a repris la concession de cette belle tombe qu’elle a complétement fait restaurer en 2012.

PROPRIÉTAIRES 1880 : Claude Bouvard 1919 : Vente à Jacques Allex par Emilie, Marie, Joannès et Maurice Bouvard. À cette époque la famille Bouvard habite 53, quai St Vincent - Lyon 1er. 1933 : Vente à Jules Dumas. Remplacement de la terrasse nord par un toit et construction d’un garage à la place du lavoir au sud-est. 1966 : Vente au Conseil Général du Rhône pour L’Institut du Travail Social. Construction d’une aile supplémentaire dans l’ancien tennis au nord-est. L’agencement intérieur des pièces est modifié, disparition du décor du salon mauresque. Vers 2010 : Vente à Habitat Foncier Promotion qui divise le bâtiment historique en appartements et construit l’immeuble moderne à l’arrière

* Claude Bouvard se remaria avec L. Michel (1862-1914) dont il eût deux fils. Marcoz qui a notamment participé à la fin du XIXème siècle à la restauration du château de Saconnay, Pomeys Rhône, pourrait-il être l’architecte de l’Orientale ? Tout pousse à formuler cette supposition mais rien ne la confirme formellement.

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LYON PEOPLE Juin 2019 / Les Secrets de Caluire et Cuire  

Lyon People, leader de la presse lyonnaise

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