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RÉSIDENCE LA TOUR En 1972, le promoteur Marc Chabot s’empressa de démolir les deux belles maisons pour pouvoir y construire le maximum d’appartements ; la plupart des arbres du parc furent sauvés. Ils ont été repertoriés par Louis Chomarat. Pour respecter hypocritement le passé, il affirma conserver le nom ancien, mais n’en prit en fait qu’une partie. MC

l’été la vieille maison en pisé pour fuir les chaleurs de la ville. Après 1910, le produit de ces locations allait à Hilime Farg-Ali retirée avec sa fille Hélène à Hyères où les deux femmes transformèrent une autre maison familiale nommée « Villa Héléna » en pension de famille. Avec l’arrivée des Couderc, la vocation première agricole de la propriété fut assez largement abandonnée au profit d’une fonction résidentielle, comme dans d’autres propriétés de la commune de Caluire et Cuire ; elle s’y maintient partiellement, notamment pendant les deux guerres mondiales (entre 1914 et 1918, Tour-Ali produisait son lait et en vendait, ayant même embauché un vacher suisse) ; par la suite le jardinier entretenant la propriété produisait pour son compte des légumes, des fruits et des fleurs vendus en ville : il disposait d’un potager très étendu et de grandes serres. Dès 1870, les nouveaux propriétaires plantèrent un parc d’agrément

avec des espèces rares, creusèrent des bassins, l’un comportant même une île ; l’embellissement continua jusqu’au bout avec, notamment la création d’un jardin à la française et d’un parc à daims (achetés au parc de la Tête d’Or voisin).

Denise et Hélène) y vécurent aussi après leur mariage ; deux familles même plus d’une vingtaine d’années dans la grande maison en pisé, la branche Olivier Icard avec ses cinq enfants et la branche Denise Icard-Salètes avec ses neuf enfants.

Après la deuxième guerre mondiale, Renaud Icard se mit à la sculpture et installa dans d’anciens hangars agricoles son atelier, le long de l’impasse Fort-Marais. Il construisit dans la zone attenante un oratoire orné de ses dessins et sculptures, l’autel étant formé avec un four à pain. Une première messe fut dite en 1954 par l’aumônier de Dien Bien Phu ; Jean Cocteau qui avait aussi créé une chapelle vint visiter cet oratoire ; une plaquette « Images de mon Oratoire » soigneusement éditée s’ouvre sur une lettre de lui. Renaud Icard vécu à Tour-Ali jusqu’à sa mort le 26 mars 1971. Ses quatre enfants (dans l’ordre Colette, Jacques-Olivier,

La tribune de l’atelier Tour Ali

Renaud Icard et son épouse Marguerite Chaine devant les bassins ; au fond «la vieille maison», ancienne ferme du 16e. Les deux maisons ont été détruites en 1972 après le décès de Renaud Icard

PROPRIÉTAIRES Avant 1778 : Jean Oviste 1778 : Pierre Perrin Sophie Gayet 1824 : Jean-Baptiste Julien 1842 : Jean-François Garin Familles Couderc et Farg-Ali 1910 : Renaud Icard 1973 : SCI Résidence de la Tour (prix 2 500 000 F)

191 • juin 2019 • lyon people

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LYON PEOPLE Juin 2019 / Les Secrets de Caluire et Cuire  

Lyon People, leader de la presse lyonnaise

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