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CALUIRE ET CUIRE

LA TOUR ALI

Le jouet de Renaud

L

a propriété était au moins depuis le XVIe siècle une exploitation agricole, produisant notamment des légumes pour le proche marché Lyonnais et du vin, comme c’était la tradition dans toutes les campagnes à l’époque ; une grosse maison en pisé baptisée dans les actes « Maison de Maître » fut construite dès le XVe siècle ainsi que plusieurs bâtiments agricoles. Les premières traces de cession datent de 1778 : devant Me Ferrand, notaire à Lyon, le « sieur » Pierre Perrin reçoit la propriété en héritage par testament d’un « sieur » Jean Oviste. Pierre Perrin lègue la propriété à sa nièce la « dame Sophie Gayet » en la faisant figurer en donation dans le contrat de mariage unissant cette dame « au sieur Laurencet ». Dans un acte de vente du 10 mai 1824 enregistré le 11 juin, la « dame Sophie Gayet », veuve de Hugues-Marie Laurencet cède la propriété « domaine au territoire de Fort-Marais composé de bâtiments de Maître et d’exploitation, ainsi que de vignes, le tout clos de murs... » à JeanBaptiste Julien et Marie-Louise Granjon son épouse pour la somme de 24.000 F. La propriété est agrandie par acquisition d’une parcelle en couloir permettant d’aller jusqu’au bout du plateau et de voir la Saône, appartenant à Jean-Baptiste Robin contre une rente viagère de 500F/an ; elle passe ainsi à 3,5 ha. Nouvelle vente en 1842 : lyon people • juin 2019 • 190 •

Icard

les héritiers Julien-Granjon, Christophe Granjon et son épouse Madeleine cèdent la propriété à Jean-François Garin, demeurant à Lyon, rue des Capucins. A une date encore indéterminée (plus d’archives !), elle est acquise par une riche famille de soyeux, la famille Couderc, puis par héritage, par la famille parente Farg-Ali : M. et Mme Couderc, sans enfant, lèguent le domaine à leur sœur qui épousa un copte Egyptien, M. Farg-Ali, arrivé en France à la suite de l’expédition d’Egypte de Bonaparte. Ce jeune copte fit par la suite toutes les campagnes napoléoniennes et fut décoré de la légion d’honneur par Louis-Philippe. M. Couderc avant sa mort entreprit en 18711872 la construction d’une grande « maison bourgeoise » appelée indument « Château  » au village ; les devis très détaillés de tous les corps de métier sont conservés dans les archives familiales.

En l’honneur de sa sœur et de son beau-frère Farg-Ali, il ajouta une grande terrasse sur le haut avec un accès par escalier couvert en forme de petite tour : Tour-Ali était né !

Texte : Jean-Loup Salètes - Photos : archives familiales

Mme Farg-Ali mère, née Couderc se trouva seule héritière du domaine à la mort des époux Couderc et de son mari. Elle vécut à Tour-Ali jusqu’à sa mort en 1912. Sa fille unique Hilime (Hélène) Farg-Ali épousa Jean-Baptiste Icard, né à Camps sur Var, qui mena une carrière de sous-préfet qu’il finit comme trésorier–payeur de Villeurbanne. Mme Farg-Ali fille eut quatre enfants Icard dont une fille qui mourut en très bas âge nommée Helena, puis Renaud, Marguerite et Hélène. En 1910, peu avant son mariage avec Marguerite Chaîne, Renaud Icard qui vivait avec sa mère dans la propriété de sa grand-mère racheta les parts de sa grandmère, de sa mère et de ses sœurs avec une partie de la dot reçue de son beau-père Léon Chaîne pour devenir seul propriétaire de Tour-Ali. Cet arrangement dont aucune trace n’existe dans les papiers familiaux fut après guerre contesté par sa mère et sa sœur Hélène, entraînant un procès et une longue brouille familiale. L’ancienne maison de Maître en pisé fut louée dès la construction du « château » : c’est ainsi que Renaud qui restait souvent avec sa mère et sa grand-mère à Tour-Ali sans suivre donc toujours son père dans ses nombreuses affectations, rencontra sa future femme : la famille Chaîne louait

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LYON PEOPLE Juin 2019 / Les Secrets de Caluire et Cuire  

Lyon People, leader de la presse lyonnaise

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