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CALUIRE ET CUIRE

LE VERNAY Grand témoin : Bernard Basse

Ce quartier qui occupe la partie nord-ouest de notre ville est le plus élevé de la commune, culminant à 275 m aux Mercières, hameau ancien dont l’histoire reste à découvrir. Texte : Henri Chapot - Photos © Saby Maviel et DR

L

’origine du nom de ce lieu viendrait de verne, ou vergne, arbre plus connu sous le nom d’aulne, supposant donc une partie assez boisée. On peut le classer, comme Cuire (XIIe), parmi les plus anciens noms de notre ville bien qu’il ait une histoire un peu particulière du fait de son rattachement paroissial à Collonges. En 1699, ce hameau compte quelques maisons, soit sur la montée de la Saône, soit sur le plateau, et plus tard sur le bord de la rivière. Avant la Révolution, on ne dénombre guère plus de 30 à 40 demeures. Les berges de Saône n’étant pas praticables, ce lieu de passage très fréquenté évitait les octrois de Lyon, et vit donc au XIe siècle, l’édification du château féodal du Vernay (page 178 et ci-contre), abritant un péage. Une certaine ambiguïté apparaîtra par la suite, avec celle d’un autre château du Vernay, devenu l’internat des bords de Saône. Ce quartier eut son paysage fortement marqué par une profonde tranchée lors du tracé de la voie ferrée reliant la CroixRousse à Sathonay, dont les déblais permirent l’édification d’un talus vers le bourg afin d’obtenir une ligne la plus horizontale possible. Cela a conduit à l’édification de 3 ponts restés dans les mémoires sous les noms de ponts : de pierre, de bois ou de fer selon le type de construction. Cette ligne satisfit le Maréchal de Castellane, permettant ainsi d’accélérer les mouvements de troupe du nouveau camp. Un peu plus tard, par étapes, un tram reliant la Croix-Rousse

aux Marronniers vint compléter les moyens de communication. Le Vernay fut une place forte des maraîchers, dont les propriétés typiques sont encore visibles, avec leur grand portail à 2 vantaux surmonté d’une énorme poutre. Il était normal que la “bascule’’ permettant d’honnêtes transactions ait été placée très proche. Ce fut un haut-lieu de l’utilisation intensive de la gandouse, parfumeuse favorisant les cultures dont celle des choux. Après 1945, ces propriétés disparurent en partie devant l’urbanisation, malgré tout assez maîtrisée. Le Bois-Roux et le Charroi en payèrent le prix fort comme le domaine de Montchoisy (page 186) et le château de La Tour (page 190), plus que les Mercières et Pied-Chardon.

La gare du Vernay

Le Vernay regorge de belles maisons dont les plus prisées, situées au-dessus des balmes de la Saône, disposent d’une vue imprenable sur les Monts d’or.

177 • juin 2019 • lyon people

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LYON PEOPLE Juin 2019 / Les Secrets de Caluire et Cuire  

Lyon People, leader de la presse lyonnaise

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