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Le marchand de sable --

Lyncx.


2 Il passait tous les jours, à la même heure, muni de son éternelle besace en cuir noir. Il passait toujours au même endroit, du côté de la chaussée où les pierres étaient les plus blanches. Il marchait toujours du même pas instable, légèrement nonchalant, comme s'il attendait, en marchant, quelque comparse avec lequel marcher le reste de la journée. Il regardait de son même œil, chaque fois qu'il passait devant la rue d'en face, les gens qui l'entouraient, les arbustes, les voitures et les étages qui semblaient vouloir lui tomber dessus.

C'était un quartier assez animé, ni moins, ni plus peuplé que la plupart des quartiers de la ville. Le soleil, pendant toute la journée, y inondait les êtres qui semblaient ne jamais s'arrêter dans leur flot continu vers l'horizon. Ce dernier s'arrêtait au bout de la rue, sur la mer. Les voitures qui y passaient y côtoyaient avec une sécurité incertaine les piétons, qui, du reste, n'avaient pas l'air de s'offusquer d'une telle proximité avec les bolides incessants. Dans cette rue, on se contentait de marcher, en se retournant de temps à autre, pour s'assurer que ce qu'on laissait derrière soi n'était pas meilleur que ce vers quoi on allait. Le flot avançait à tâtons, comme mal assuré, comme cherchant à chaque pas une nouvelle direction, de nouvelles aventures plus alléchantes que les buts fictifs qu'il se fixait. Il arrivait qu'un trublion fasse tout d'un coup demi-tour, absorbé par une nouvelle mission. Et alors tout le flot semblait s'arrêter un moment, comme pour chercher la raison de ce demi-tour si subit. Et si jamais cette raison en valait la peine, quelques autres trublions le suivaient. Mais irrémédiablement, le flot s'écoulait, vers l'horizon ou vers la barbarie.

Et dans ce flot qui, indécis, traversait tous les jours la rue, un homme claudiquait, une besace accrochée à l'épaule.

Rien ne le distinguait a priori des autres gouttes du flot dont il partageait l'horizon. Rien, à part son pas claudiquant, sa besace plate et sa constance maladive. On eut pensé qu'il allait à quelque travail qui ne souffrait pas de délai, quelque amour exigeant ou quelque sabbat quotidien, n'eut été le peu d'assurance qu'il mettait dans ses enjambées. On eut pensé de cet homme une mission capitale, n'eut été l'aspect misérable de sa condition. Il hésitait, mais avançait. Tous les jours, à la même heure. Au même endroit. Il suivait le flot, mais on eut dit que le flot ne le connaissait pas.


3

Cet homme fascinait l'enfant qui habitait la maison blanche, en face de la rue adjacente. Chaque jour où il était chez lui, l'enfant guettait sur le seuil de sa porte le passage de cet homme. Il ne semblait pas sortir du même monde que les êtres avec lesquels il partageait le trottoir. Et l'enfant se construisait mille histoires dans son frêle crâne d'inventeur, mille histoires dont cet homme était toujours le personnage central. Il l'imaginait, malgré sa besace sale et éculée, transportant au bout de son épaule une fiole sacrée, qui avait le pouvoir de guérir toutes les blessures du monde. Il le dépeignait, malgré son pas mal assuré, conquérant de terres lointaines, et qu'il passait chaque jour par cette rue pour aller rendre visite à ses conquêtes. Il l'espérait, malgré son air misérable et sa peau rêche, séducteur impudent de femmes multiples, qui l'attendaient, offertes et extatiques, au bout de l'horizon vers lequel le flot le poussait. Le regard de l'enfant grandissait soudain cet homme inconnu de la foule, méprisé de la rue. Cet homme, que même les pierres blanches sur lesquelles il marchait chaque midi ignoraient, avait soudain le panache d'un chevalier, l'aura d'un prophète et la besace éprouvée des sages qui, de temps à autre, descendent de leur montagne pour inspecter les hommes. Cette procession dura deux années, durant lesquelles l'image de héros que l'enfant avait forgé pour cet homme demeura intacte. Et un jour, l'homme ne passa pas.

C'était une journée de novembre, triste et étonnamment grise, durant laquelle tout portait à croire que quelque chose se préparait. Le ciel était lourd, comme chargé d'un torrent hors-saison qui menaçait de déverser ses trombes sur le flot impie. Le flot des hommes, un peu étonné, coulait plus lentement que d'habitude. On sentait aux regards inquiets qui se levaient, aux gestes plus brusques que d'habitude et aux pagnes qui s'envolaient que le ciel préparait une farce dont tout le monde se doutait de l'issue. On savait qu'il se préparait une averse, mais la saison et les besoins vivaces de la chair des hommes les faisaient espérer, incrédules, au report de cette menace. Ils avaient l'espoir non avoué que ce temps lourd n'était que fugace, et qu'ils riraient tous après de la bonne blague qu'on avait failli leur faire.


4

Mais il plut. Il plut des torrents qu'il ne pleuvait même pas en plein hivernage. Des gouttes froides et drues tombèrent sur les êtres, figés dans leur incrédulité coupable. Une pluie meurtrière, qui n'épargna ni vieillards ni bêtes, s'abattit de tout son poids de torrent longtemps maté. Il plut deux jours et deux nuits, deux jours d'angoisse, de prières et de cloître. Deux jours pendant lesquels la ville fut comme morte, traversée d'un vent glacial qui s'insinuait même dans les âtres les plus feutrés. Deux jours où l'enfant, la tête collée contre la vitre de sa chambre, plein d'espoirs et de doutes, guettait toujours le passage de l'homme à la besace usée. L'enfant dormit là, à même le sol glacé, rêvant qu'un dragon d'eau et de boue trônait sur le seuil de la maison de son héros, l'empêchant de sortir accomplir sa mission divine. Et la deuxième nuit, alors que la pluie était plus forte que jamais, l'homme passa devant sa fenêtre. Du même pas claudiquant, légèrement entravé par la terre boueuse et les gouttes sans pitié. Cette fois-ci, il marchait sur le trottoir jouxtant la porte de la maison blanche, il marchait du côté de la porte devant laquelle l'enfant se tenait tous les jours pour l'attendre. L'enfant était heureux: son héros était revenu. Son chevalier avait finalement vaincu le boa qui s'était enroulé autour de son seuil. Il aurait voulu courir à lui, l'entendre raconter son périple silencieux et méconnu. Il aurait voulu le soulager un peu de la lourde histoire qui était trop grande pour une seule paire d'oreilles. Mais en guise de remerciement, il se contenta de sourire de son plus large sourire.

Et c'est ce moment que choisit l'homme pour s'arrêter. Juste en face de sa fenêtre. L'enfant crut un moment que c'était son sourire qui avait perturbé la marche de cet homme enseveli sous les eaux. Il crut devoir effacer son sourire, pour ne pas inférer dans cette marche dont l'enjeu le dépassait. Mais l'homme ne reprenait toujours pas sa marche, et entama même une légère rotation pour se retrouver face à lui, les yeux dans les yeux. L'enfant ne savait pas si l'homme le voyait, car il croyait sa fenêtre recouverte de buée épaisse et impénétrable. Mais l'homme fixait toujours son regard dans sa direction, et pendant un long moment, ils s'échangèrent un regard qui semblait attendre, d'un côté comme de l'autre, une respiration un peu trop brusque pour se briser.

Et au moment où l'enfant s'apprêtait à se cacher sous le cadre de sa fenêtre, l'homme commença à sourire. Ce sourire inattendu en sa direction intrigua l'enfant, car il n'avait jamais vu cet homme trahir une émotion. Il l'avait toujours vu absorbé, hésitant, ou déterminé à rejoindre son horizon de lumière. Mais il ne l'avait jamais vu sourire, d'un sourire aussi franc. Et l'homme devenait tellement beau sous l'éclairage de son sourire, que l'enfant ne put s'empêcher de lui rendre son sourire. Et dans la nuit nimbée des éclats des gouttes de pluie et de leurs collisions avec le bitume, il n'y eut plus que ces deux sourires, l'un en face de l'autre, qui redonnaient à la ville anéantie un semblant de légèreté. Et l'homme partit comme il était venu, laissant derrière lui le visage béat d'un enfant à qui son héros venait de faire un cadeau.


5

Le lendemain, la pluie s'était déjà arrêtée. A travers toute la ville, un vent rassurant soufflait à nouveau, comme pour balayer les démons résiduels du cauchemar des deux derniers jours. La ville s'ébrouait, rassérénée, pansant ses blessures et enterrant ses morts, tribut inévitable d'une colère divine non planifiée. Dans les rues, le flot humain reprenait timidement ses droits, impuni, comme un prisonnier libéré après une peine trop courte, et qui avait peur qu'on ne l'enferme à nouveau.

L'enfant, comme à son habitude, fut fidèle au rendez-vous de la procession sainte de son prophète. Ce dernier passa, comme à l'accoutumée, sur le trottoir d'en face; mais cette fois-ci, il traversa la chaussée et se dirigea droit sur lui, le chanceux avec qui il avait échangé un sourire la veille. Décontenancé, l'enfant hésita à fuir. Mais le sourire engageant de son héros le rassura, et il attendit patiemment que l'homme vînt se tenir auprès de lui.

- Bonjour. Comment tu t'appelles? fit l'homme, accroupi devant l'enfant.

Dans les yeux du gamin, une lueur s'allumait. Il eut semblé qu'un voile s'était levé, qu'une montagne avait chu entre l'immensité d'une divinité et l'innocence crédule d'une ouaille. Dans le regard de l'enfant, un pan de monde tombait, et un autre renaissait: son héros s'intéressait à son existence insignifiante. Que pouvait-il avoir fait, pour mériter qu'il s'enquît de son nom? Par quelle grâce cet événement qu'il n'osait même pas imaginer faisait-il irruption dans sa vie monotone de contemplateur? Il eut la sensation qu'un songe, aussi vrai que nature, l'enveloppait progressivement. La sensation de glisser dans un monde irréel, sans heurts et sans consistance, où tous les vœux se réalisaient. Comme dans un rêve, les yeux pleins d'étincelles, il répondit:

- Je m'appelle Saër... de sa voix enfantine.

Rien ne comptait plus, désormais. Il lui importait peu de raconter qu'il avait rencontré son idole, car ce moment valait toutes les histoires.

- C'est un joli nom... Quel âge as-tu?

- Sept ans...


6

Maintenant que cet homme était proche lui, l'enfant pouvait détailler sa physionomie qu'il ne voyait auparavant que de loin. Il remarqua sur son poignet une marque qui lui faisait une sorte de bracelet, gravée d'écritures dont il ne comprenait pas le sens. Ses guenilles étaient plus sales que jamais, mais la chaine d'or qu'il portait autour du coup voilait toutes les imperfections de son port. La chaine, terminée par un soleil d'or en forme d'œil au niveau de sa poitrine, donnait à l'homme l'aspect misérable d'un prince errant. Ses mains étaient rugueuses, ses pieds calleux à peine protégés par des sandales aux semelles effritées. Les coutures de sa besace étaient presque toutes défaites, laissant entrevoir par les interstices obscurs le cuir encore neuf de l'intérieur. La besace semblait vide, mais l'enfant le contemplait comme s'il contenait tous les trésors du monde.

- Puis-je te confier quelque chose, Saër?

L'enfant resta interloqué. Son expression traduisait l'incrédulité avec laquelle il avait accueilli cette marque de confiance incongrue. Les yeux écarquillés, il semblait dire à l'homme accroupi en face de lui qu'il n'était qu'un enfant, et qu'il ne se sentait pas capable de mériter la confiance qu'il lui témoignait. Il se sentait lourd, mais il avait en même temps l'impression de subitement grandir, sous l'impulsion de l'affection de cet homme. De même que les disciples se sentent grandir au contact de leur guide, être sujet à une marque particulière de confiance était au delà de toutes les espérances qu'il pouvait nourrir envers leur contact. Il se sentait indigne de cette confiance, mais sans doute prêt à tout combattre pour la défendre. Il se voyait insignifiant, mais soudain rempli d'une mission de vie ou de mort: défendre les trésors que cet homme lui confierait. Comme il se taisait, ayant trop peur de risquer un mot qui ferait changer d'avis l'homme accroupi, ce dernier sorti de sa besace un bloc d'argile, de la taille de deux mains d'homme, et le lui donna.

- Ceci sera notre secret à tous les deux. Personne ne devra jamais le voir. Gardes-le bien, je reviendrai demain.

Et il s'en alla, du même pas mal assuré, laissant l'enfant seul face à l'immensité de son secret et de ses trésors. Il tenait le bloc d'argile qu'on venait de lui confier à deux mains, comme craignant qu'il se cassât à la moindre inattention de sa part. Ses yeux ne pouvaient se détacher du morceau de terre compacte: cette argile, de la part de cet homme, dépassait sa condition d'argile pour revêtir l'armure des reliques enfouies, loin du regard des hommes. Ce bloc contenait sans doute le Graal séculaire des templiers, le sceptre perdu de Salomon, ou encore les écrits légendaires du peuple de l'Atlantide... Mille possibilités de trésor, et mille étincelles qui s'affolaient dans ses yeux. Il lui fallait trouver un endroit sûr pour cacher cette gemme, et il écarta la possibilité de la cacher dans sa chambre. Derrière leur maison, à coté de la rue sablonneuse qui traversait le quartier, subsistait encore un coin rempli d'arbustes, presque à l'abandon. Ce coin était son repaire, et il s'y cachait quand il voulait échapper aux injonctions de sa mère. Ce coin était sombre, et on pouvait s'y introduire par une ouverture que lui seul connaissait. Il décida alors de la garder là-bas, sa gemme qui contenait le monde.


7 Le lendemain et le jour d'après, l'homme repassa comme à son habitude, et lui redonna deux autres blocs d'argile. L'enfant les gardait jalousement, à l'abri de tout regard, restant une grande partie de la journée assis dans son antre pour contempler ses objets. Il croyait les préserver d'un grand péril qui les guettait là-bas, au dehors. Il se croyait le guerrier preux qui sauvait le monde d'une perdition certaine, celui qui veillait sur les trésors du monde pendant que les hommes dormaient, sans rien leur demander en retour, se suffisant dans son rôle immense de gardien des destinées.

Le soir du troisième jour, on apprit le suicide collectif d'une femme, de son mari et de leur fille. Cet événement bouleversa la ville entière, habituée à des morts naturelles et à des accidents imprévisibles. Le suicide de cette famille émouvait les parents, collés à leurs postes radio. Au delà de son caractère extraordinaire, c'était leur confiance en une société soudée, qui ne laissait place à aucun acte individuel de ce genre, qui menaçait de voler en éclats. Saër vit sa mère absorbée toute la journée, l'oreille collée aux paroles que débitaient les présentateurs radio, les commères et les rumeurs. Il ne comprit pas ce brusque intérêt qu'avaient les adultes envers ce poste radio, et il ne s'en préoccupa pas. Une mission bien plus grande l'attendait tous les jours dans son refuge.

L'homme passa ainsi régulièrement, lui remettant à chaque fois un bloc d'argile identique au précédents. A chaque triplet de blocs d'argile qu'il lui confiait, la ville apprenait la mort d'une famille de trois personnes, qui par suicide, qui par accident violent qui tuait simultanément les trois membres de la famille. La ville était bouleversée, et s'attendait après chaque triplet de jours à l'annonce d'une nouvelle tragédie. La police n'avait aucune explication pour cette vague inédite de morts inexpliquées, et il semblait que la psychose les gagnait eux-mêmes.

Au soir du soixante-cinquième jour, l'enfant ne vit pas sa mère et son père lorsqu'il rentra après une journée de veille auprès de ses blocs d'argile. Il les chercha partout, de leur chambre jusqu'à la terrasse, mais il ne trouva personne. Il questionna la jeune fille que ses parents payaient pour le surveiller en leur absence, et celle-ci lui assura qu'ils étaient partis au village, et qu'ils reviendraient le lendemain. L'enfant n'avait pas l'habitude d'être séparé de sa mère, et le fait qu'ils l'aient abandonné tous les deux le froissait quelque peu. D'un autre côté, il avait cette extraordinaire sensation de liberté qu'il ne pensait pas pouvoir avoir dans des circonstances pareilles. Il se coucha alors, ayant l'impression qu'en plus de son rôle de gardien des blocs d'argile, il devenait soudain le gardien de la maison blanche, en face de la rue adjacente.

Le lendemain, l'enfant fut fidèle à son poste. L'homme passa, comme d'habitude, mais ne lui remit pas de bloc d'argile cette fois-ci. Légèrement déçu, l'enfant regarda l'homme d'un air de reproche, comme pour lui demander ce qu'il allait lui donner à la place. L'homme s'approcha de lui, enleva son collier d'or, et le mit autour du cou frêle de l'enfant.

- Je ne te donnerais pas d'argile aujourd'hui, car tu es le soixante-sixième. Je t'offre ce collier en cadeau, c'est mon insigne. Il te rappellera chaque jour le pacte qui nous lie.


8

Et après un moment de silence, pendant lequel l'enfant émerveillé caressait son nouveau cadeau, l'homme demanda:

- Puis-je te demander un dernier service?

L'enfant leva les yeux, horrifié, comme s'il venait d'entendre l'annonce d'une grande catastrophe.

- Tu ne reviendras plus alors? lui demanda-t-il.

- Non, le rassura l'homme, je reviendrais. Tu continueras de me voir tous les jours, mais il faut que tu fasses quelque chose d'abord. Puis-je te faire confiance?

L'enfant acquiesça énergiquement la tête.

- Tu iras à l'endroit ou tu as caché les autres blocs d'argile, tu t'assiéras devant eux et tu diras: "Renais" en tenant dans ta main gauche le collier que je viens de te donner. Après ça, tu poseras ta main droite sur un des blocs, et tu fermeras les yeux. Peux-tu faire ça?

- Oui, fit simplement l'enfant.

Et ils se séparèrent. L'enfant rejoignit son repaire, l'homme rebroussa chemin. L'enfant suivit scrupuleusement les instructions de l'homme, et quelques instants après avoir fermé les yeux, il sentit une main se poser sur son épaule. Il ouvrit les yeux, et vit un homme qui se tenait devant lui, en lieu et place du tas de blocs d'argile. Il ressemblait fortement à l'homme qui venait de le quitter, mais il semblait plus jeune.

- Me revoilà, fit-il. Viens, marchons vers l'horizon. Allons reconquérir mon royaume perdu.

Ils se tinrent la main, et s'en furent en direction de la mer. Ils quittèrent la ville, et personne ne les y revit plus jamais.

Plus tard, dans un village reculé du centre du pays, des paysans découvrirent dans un champ trois corps inertes, recroquevillés autour d'une besace noire. C'était les corps d'un couple, et d'un vieillard sale habillé de guenilles. Quand au fils du couple, toutes les recherches entreprises ne permirent pas de le retrouver. Des gens prétendirent l'avoir aperçu, en compagnie d'un homme, dans certaines villes du pays. Des villes qui, fatalement, des années après leur passage, se retrouvèrent minées et rongées par la débauche, la maladie, la corruption et la violence.


9

On raconte d'eux qu'ils errent désormais de ville en ville, semer la mort et la désolation dans le cœur des hommes. Mais ceci n'est qu'une légende.


Le marchand de sable