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NUMERO 1 - (SEP. / OCT. / NOV.)

AZINE P G A M LE

CULTUR E & E U O L ITIQ

gratuit - FREE


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edito PARIS A UN ESPRIT, SON NOM PAR EST LXXV LAURE WAGNER LXXV comme magazine : un magazine bimestriel et gratuit, un regard étudiant. LXXV comme politique, parce que nous n’avons pas peur de parler de politique. Mais nous voulons la raconter comme nous la vivons : communiquer notre point de vue, nos réactions et nos sentiments sur les questions politiques qui nous intéressent. Le résultat ? Un regard neuf, différent de celui porté par les autres magazines politiques. Pour cette raison, nous avons choisi de traiter l’actualité sur le long terme : revenir sur les événements qui nous ont marqués, et anticiper sur ceux à venir. LXXV comme culture. Prendre le temps de parler de littérature, de théâtre, de musique, de cinéma, de mode... Parce que, pour nous, la culture ne se limite pas à une rubrique secondaire, relayée en fin de magazine. LXXV comme 75, parce que nous sommes Parisiens et que nous parlons de la vie parisienne. Ses expositions, ses pièces de théâtre ou ses festivals, tout comme ses restaurants, ses bars ou ses clubs, sont nos sujets, parce que nous sommes aussi des jeunes et que nous aimons sortir. LXXV comme projet enfin, car, à l’origine, nous sommes un projet pensé, développé et réalisé par trois amis. Et travailler avec ses amis (pour le meilleur comme pour le pire) est une expérience exceptionnelle, dont nous voulons partager l’aboutissement avec vous ! Authenticité, esprit critique et audace : Paris a un esprit, son nom est LXXV.

OURS

R��������� �� ���� Laure Wagner R���������� ��� ������� Caroline Tixier D�������� A��������� Dorian Dawance A��������������/������� Laure Wagner, Caroline Tixier, Dorian Dawance

LXXV M������� 4 rue du Dragon 75006 Paris, France www.wearelxxv.fr

lxxvmagazine.blogspot.com

R��������� Atahana An’bert, Christina Bézès, Cécile Carpentier, Jean-Baptiste Cartier, Laurence Chapelet, Axel Cousin, Dorian Dawance, Marion Degeorges, Arnaud Du Pontavice, Karen Hazan, Arnaud Héry, Ines Holguin, Aurélien Hubert, Antoine Lepetit, Jonathan Masia, Tatiana Nagorna, Marie-Blanche Paumier, Stan C., Pierre Plettener, Lerna Sahincik, Léa Samain, Caroline Tixier, Laure Wagner, Diane-Laure Zipper

C������ lxxvmagazine@gmail.com

I������������ � P����������� Coline Brun-Naujalis, Dorian Dawance, Stanislas Coppin, Christina Bézès

C����������� Eléonore Lecointe, Chloé Meynent

O�� ��������� ��������� � �� ������ Caroline Bourgine, Lauriane Couturier, Faustine Gauthier, François-Xavier Hen

�� �������� ���� ��� ����� ��� �’����������� ��� 1901 ���� ��������-������, ����� ������ : 44 ��� �� C������-���� 75006 P����, �� �������� ������� ����� �������������� ����� ��� ������ �� ������ ��� ��� ���� �������. ��� �������� ������� �’�������� ��� �� �������������� �� ����� �������. ������������ ���������

4


edito en bref

P. 4

point de vue

P. 7

mode

P. 9

sommaire

P. 6

Actualités à suivre Démystifions les concepts

La mode voit rouge

international

IRAN Entre la révolte et la peur Pendant ce temps... ARGENTINE Le football comme bien public? UKRAINE L’Ukraine passera-t-elle de l’orange au bleu?

en vogue

Toulouse-Lautrec aux Arts Décos Pour les fans ou les plus curieux... Madeleine Vionnet Marilyn Monroe

europe

Retour sur les élections européennes ITALIE L’Europe et Berlusconi ALLEMAGNE Il y a 20 ans, Le Mur de Berlin s’effondrait

P. 12 P. 12 P. 15 P. 16 P. 18 P. 20 P. 21 P. 22

f

ranc P. 32 D e a P. 25 P. 33 E ns la tête d nsem ble, to u parti soci al ut dev P. 26 ient p iste P. 34 photo ossibl s e? La dyn theatre amiqu Scellons les liens qui nous unissent au théâtre P. 30 litter e de l’effroi P. 40 at Pièce détachée P. 31 Du pe tit ber ure P. 41 ge L’agenda de la rentrée Oskar Schell r corse au , inve heure nteur gaullisate t s o dépre Gros- perdues ssif, e urmenté Câlin nfant à ses P. 42 mus i q P. 43 Paris Jase, ue t o P. 44 Les Paul: u ur d’horiz on nc Les al bums réateur et de la u rentré ne créatio s o n P. 46 e c Ecom iete ovies, P. 47 l’é L’urba P. 48 nisme cologie au treme Oasis v nt ou mi ert rage d ans le P. 50 cinem déser t de D Le gan a ubaï? P. 51 gster est à Avata la P. 52 r: Les cr ce qu’il s’e mode itique st pas s sé pen dant c P. 53 sort es 15 ies minut Les su es ggesti ons


en bref

SOMBRE ANNIVERSAIRE

C'était il y a un an : le 15 septembre 2008, la faillite de Lehman Brothers a plongé le monde entier dans une crise financière mondiale. Toutes les places boursières se sont effondrées les unes à la suite des autres. Les Etats ont du injecter de l'argent dans les banques pour pallier la crise. Après une année très difficile sur le plan économique, où en est on aujourd'hui ? La récession est terminée, mais la crise se fait toujours sentir dans la plupart des pays occidentaux, au niveau de l'emploi notamment. Lundi dernier, lors d'un discours prononcé à New York à l'occasion de l'anniversaire de chute de Lehman Brothers, Barack Obama a reconnu la culpabilité "par défaillance" de l'Etat américain et souhaite assurer la mise en place de réglementations pour éviter une nouvelle catastrophe. Le 25 septembre prochain s'ouvrira à Pittsburgh le sommet du prochain G20, consacré à la remise en état du système financier mondial, le Président américain appellera les autres pays à un effort de régulation au niveau international.

LA RENTRÉE DE LA GRIPPE A "Le gouvernement sera prêt à fermer les écoles en cas de pandémie" avait affirmé le ministre de l'éducation, Luc Chatel, dès le 16 août dernier. Aujourd'hui, trois semaines après la rentrée des classes, 46 classes et 22 établissements scolaires sont déjà fermés, conformément au plan Chatel qui prévoyait la fermeture des établissements scolaires "à partir de trois cas suspects de grippe A dans une même classe et dans la même semaine". Ceux qui doutent de la gravité de cette grippe s'interrogent sur la légitimité de cette mesure, tandis que ceux qui craignent une accélération de la pandémie se posent la question de son efficacité. La grippe A continue de faire parler d'elle !

ALLEMAGNE, ELECTIONS LEGISLATIVES

PAR LAURE WAGNER ET DORIAN DAWANCE

UN ÉTÉ SOUS TENSION POUR LA BIRMANIE Mais qui est donc la "Dame de Rangoon"? Aung San Suu Kyi est la seule opposante à la dictature birmane, mais cela ne l'empêche pas de faire peur aux autorités du pays. Après la victoire de son parti, la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), aux élections générales de 1990, la junte militaire a décidé d'annuler ces élections et de placer cette femme en détention surveillée. Assignée à résidence et privée de toute visite, sa libération est à chaque fois reportée. En août, sa peine a de nouveau été prolongée par les autorités birmanes qui veulent ainsi l'empêcher de participer à l'élection générale de 2010. Son appel a été entendu par la justice birmane ce vendredi 18 septembre, mais elle n’a pas été autorisée à assister à l’audience..

Dimanche prochain, les Allemands élisent le nouveau Bundestag (parlement) pour les quatre prochaines années à venir. Les deux principaux candidats sont la chancelière sortante, Angela Merkel (CDU) et Frank-Walter Steinmeier (SPD). La particularité de cette élection tient au fait que les deux adversaires ont gouverné ensemble pendant les quatre dernières années au sein de la "Grande Coalition", leurs partis respectifs n'ayant pas obtenu suffisamment de suffrages pour gouverner seul... Cette situation va-t-elle se reproduire dimanche prochain ? Pour l'instant, les sondages donnent Angela Merkel en tête, mais ce sont les urnes qui révèleront l'issue définitive de la campagne.

OBAMA ET LE SYSTEME DE SANTE AMERICAIN... Après un été chargé en protestations et en manifestations, la présentation du Président au Congrès pour un nouveau système de santé, le 9 septembre dernier, a reçu un accueil mitigé. En suggérant un soutien public pour ceux qui n’ont pas accès à la santé tout en demeurant ouvert à d’autres solutions, le Président Obama a encouragé le développement de solutions complémentaires. Un texte est actuellement en cours d’élaboration afin d’officialiser cette idée de couverture sociale «sponsorisée» par l’Etat... 6

LES NIPPONS CHANGENT DE BORD Au début de ce mois de septembre, les électeurs japonais ont décidé de mettre fin au long «règne» du Parti Libéral Démocrate (PLD) et à sa politique de «relance par la dépense» par un vote sanction le 30 août dernier. Ils lui ont préféré un Parti Démocrate (PDJ) décidé sur une redistribution fiscale avec 3% du PIB réalloués à des mesures sociales. Les japonais restent sceptiques quant à la réalisation des promesses électorales de Yukio Hatoyama, investi le 16 septembre dernier...


PAR ANTO INE LEPET IT, JEAN-B A

PTISTE CA RTIER ET A

RNAUD D

U PONTA VICE

point de vue

C'��� ��� ��������������� récurrente. Il suffit de mettre le pied hors de chez soi pour être aussitôt assailli par une nuée de concepts grandiloquents. Amour, liberté, désir ! Les voici, ces sournois, qui vous guettent au passage, n'attendant que l'occasion de pouvoir vous saisir à la gorge. Dans cette quête effrénée du bonheur, peu sont ceux qui s'arrêtent en chemin, et prennent le parti de laisser passer la cavalerie pour mieux l'observer. T�� �� ����� ����� assis sur sa pierre et contemplant le désordre du monde, nous nous proposons de nous interroger sur le véritable sens de ces « grands » concepts. Le fruit de nos entretiens, nous souhaitons le partager avec vous. LIBERTÉ D�� ������ contre les totalitarismes à l'ébullition soixante-huitarde, en passant par les grandes batailles pour la conquête des droits civiques, ce simple mot a joué un rôle moteur dans la construction des sociétés occidentales au XXème siècle. N��� ������ ��� ��������� de ces batailles. De nouvelles perspectives se sont ouvertes, notre palette de choix a été grandement élargie. Elle n'est pourtant pas illimitée. La liberté est désormais bien trop souvent envisagée comme l'absence totale de contraintes. L'homme a tendance à croire que ses possibilités sont sans limite. C'est le règne de l'individu tout puissant, le mythe américain incarné par le « self made man ». Celui qui, parti de rien, a tout réussi à force de travail et d'acharnement. Cette vision envoie un signal positif. L'homme a la liberté de se créer par les choix qu'il fait. Il a le pouvoir de choisir son propre chemin. Cependant, il vit au milieu de ses pairs et est donc sans cesse soumis à un certain nombre de contraintes extérieures. Il ne peut y échapper. Celui qui voudrait s'extirper de ces contraintes en s'échappant de la compagnie des autres serait-il encore « humain » ? L� �������, envisagée comme l'absence de contraintes, ne peut donc être totale. Nous sommes sans cesse confrontés à des événements indépendants de notre volonté qui peuvent être la source de bien des frustrations. L'homme, devenu paraplégique suite à un accident de voiture, a été coupé de bon nombre de ses libertés. Doit-il pour autant renoncer au bonheur ? N��, car la seule véritable liberté est une liberté intérieure. A l'extérieur de nous, nous ne contrôlons pour ainsi dire rien. Vous n'avez pas obtenu le poste que vous convoitiez depuis des années ? Un de vos proches est décédé ? Vous n'y pouvez strictement rien. Est-ce pour autant nécessaire de vous rendre malheureux ? La véritable liberté serait donc de réaliser le non attachement par rapport aux phénomènes extérieurs. C'est ainsi que vous gagnerez une liberté totale en cessant d'être ballotté par des événements extérieurs. Votre bonheur ne dépendra plus que de vous. Être totalement détaché de ce que nous ne contrôlons pas, plus facile à dire qu'à faire ? Discutons-en dans un prochain article ! 7


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mode

LA MODE VOIT ROUGE Le monde économique est en crise, et la mode s’en ressent. Effort de sobriété de la part des créateurs, ou nécessité de se recentrer sur l’essentiel? Toujours est-il que ce sont les couleurs nude, le beige crayeux, le rose pâle, mais aussi le noir et les couleurs foncées qui feront l’hiver 2010. Mais les couleurs criardes (et leurs créateurs! ) ne sont pas en reste, et s’invitent à ce bal grisonnant. Le rouge se retrouve ainsi en tartan chez Burberry, en orangé chez Sonia Rykiel, en velours chez Givenchy, ou encore en motif animalier chez Diane Von Furstenberg, qui réédite sa robe portefeuille dans la ligne Diane Von Furstenberg Vintage. Avec des couleurs comme le rouge, le bleu électrique, ou le violet acidulé façon rétro, la mode n’a pas encore dit son dernier mot à la crise... K.H. 9


mode

Blouse FRENCH CONNECTION Sac YVES SAINT LAURENT MUSE 2 Barrette ANTHROPOLOGIE Bracelet CLIO BLUE

Alice& SCHIZOPHRÉNIE

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Veste TOPSHOP Pantalon VANESSA BRUNO Lunettes THIERRY LASRY pour SANDRO

mode

&jane VESTIMENTAIRE

Photographe : S�������� C����� Réalisation: C������� T����� � D����� D������ Modèle : C������� B�������

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international

PAR LAURE WAGNER

Choc, dégoût, révolte, peur… Mina est passée par plusieurs états d’âme depuis la réélection controversée du président iranien sortant, Mahmoud Ahmadinejad, le 12 juin dernier. Sans détour, cette jeune étudiante iranienne confie ses réactions, ses projets et ses craintes. Portrait. A����� ��� ��� lit dans sa petite chambre d’étudiante, en jean et tee-shirt, les cheveux découverts, Mina explique les différences entre sa vie en Iran et celle qu’elle mène en France : «les différences sont énormes, surtout en ce qui concerne les questions relatives à la liberté de pensée et d’expression». Elle rappelle que «pour les femmes s’ajoute aussi l’obligation de se couvrir, de se voiler ainsi que des libertés et des droits plus réduits par rapport aux hommes», mais précise que «la situation des femmes en Iran n’a rien à voir avec la situation des femmes en Arabie Saoudite ou en Afghanistan». Elle affirme que «les femmes iraniennes sont plus libres et très présentes dans la société malgré toutes les limites». L’envie de changement et de dépaysement a donc conduit Mina à effectuer les démarches nécessaires pour venir étudier en France. Contrat signé et visa en poche, elle débarque en septembre 2007 à Paris, où elle ne connaît qu’une tante. Au départ, elle se lie plutôt avec des français ou d’autres étrangers, mais réalise avec satisfaction, depuis les résultats des élections présidentielles, que la communauté iranienne est en fait plus importante qu’elle ne le pensait ! 12

Elle est iranienne, elle a 26 ans et fait des études de finance à Paris depuis deux ans. Très intéressée, elle a tout de suite donné son accord pour une interview, mais pour des raisons de sécurité, elle préfère garder l’anonymat ; elle a donc choisi le pseudonyme « Mina » pour répondre aux questions de LXXV.


international

R������: La république Islamique d’Iran compte plus de 70 millions d’habitants parmi lesquels 89% seraient chiites. Le PIB/an serait d’environ 290 milliards de dollars pour l’année 2008 ce qui positionne l’Iran comme 30e puissance économique mondiale.

T��� ����, nous en venons au sujet qui m’intéresse et qui la concerne directement : les élections présidentielles iranniennes du 12 juin dernier. «Ces résultats sont une mascarade» martèle la jeune étudiante. Elle m’explique : «on attendait les résultats dans la soirée du samedi au dimanche, or les résultats partiels ont été divulgués dès le samedi, très tôt le matin, et les résultats officiels annoncés vers 13 heures». Je rappelle les principaux candidats, Mahmoud Ahmadinejad (président sortant, conservateur), Mir Hossein Moussavi (candidat réformateur, soutenu par l’ancien président Mahmoud Khatami qui ne s’est pas représenté), Mohsen Rezai (candidat conservateur) et Mehdi Karoubi (candidat réformateur, chef de l’Assemblée) ; et les résultats officiels : Ahmadinejad aurait recueilli 62,63% des votes, Moussavi 33,75%, Rezai 1,73 et Karoubi 0,85%... Mina réagit : «Karoubi n’aurait obtenu que 300 000 votes, soit 0, 85 % des voix, c’est impossible !» et ajoute que «selon lui [Karoubi] le nombre de ces votes était même moins important que le nombre des membres de son parti et des gens qui travaillaient dans sa campagne présidentielle». Bref, pour Mina, ces résultats sont «vraiment absurdes» et ne reflètent absolument pas les sondages pré-électoraux. Q���� �� ��� ������� ce qu’elle pense personnellement du président Ahmadinejad, elle me répond : «J’éprouve de la honte, j’attends que les quatre prochaines années passent pour ne plus voir son visage !» ; puis revient aux élections : «C’est une marionnette, cela a clairement été montré depuis ces élections ! On dit qu’il est soutenu par le peuple, par rapport à ses concurrents, trop éloignés de la cause populaire, mais cette fois le peuple n’a pas voté pour lui, Moussavi était bien devant d’après les sondages !». En ce qui concerne ses positions négationnistes vis-à-vis d’Israël, elle me dit qu’elle ne « comprend pas vraiment ce qu’il se passe dans sa tête », tout en me rappelant que ses propos sur la Shoah étaient « contestés même par d’autres candidats à la présidence ». En effet, la BBC rappelait, le 9 mai dernier, que Karoubi était « l’un des rares hommes politiques iraniens à critiquer Ahmadinejad pour avoir dit que l’holocauste n’était qu’un mythe ». La réélection du président Ahmadinejad n’est donc pas acceptée par une grande partie de la population iranienne qui, dès l’annonce des résultats, manifeste pour exprimer son mécontentement, derrière les leaders de l’opposition, dont Moussavi est le chef de file. C������ dans un premier temps, Mina devient donc rapidement révoltée, comme beaucoup des jeunes iraniens de son âge. Pour elle, manifester est un moyen de «montrer que quelque chose est en train de se passer» que «les gens n’acceptent pas cette réélection aussi facilement». En rappelant le slogan des partisans de Moussavi «s’il y a fraude, l’Iran sera révolté», elle explique que «c’est ce qu’il se passe en ce moment!». La priorité des jeunes iraniens en quête de réformes et de changements est la contestation de ces résultats « absurdes » et de la réélection du président sortant : « pour le moment, il s’agit déjà de changer le président », m’explique Mina. Au sujet d’un éventuel changement de régime, elle est plus évasive : « on veut une vraie démocratie bien sûr, mais je pense qu’il ne faut pas de révolution brutale ». Elle me rappelle que « la révolution islamique a eu lieu il y a à peine 30 ans [1979] » et pense qu’ « il vaut mieux des changements progressifs ». Quant à la répression des manifestations par le pouvoir, elle ne fait que renforcer la crédibilité des manifestations, car « si Ahmadinejad, comme ils le prétendent, a vraiment été élu avec 24 millions de votes, le régime ne devrait pas avoir tellement de peur des opposants et n’avait pas besoin de recourir à tellement de censure et de répression ». Donc Mina conclut en disant que «même si Ahmadinejad reste, on a fait un grand pas vers la démocratie». 13


international suite...

L’���������� �� ������ a été spectaculaire en Iran, mais elle s’est également manifestée dans le reste du monde. La population iranienne à l’étranger a été extrêmement mobilisée et, source de satisfaction pour elle, sa cause a été soutenue par d’autres. Mina m’explique leurs actions : grands rassemblements dans des lieux emblématiques (Tour Eiffel, Champ de Mars, ou Trocadéro à Paris par exemple), signature d’une pétition internationale contre Ahmadinejad, et, très important, la transmission de nouvelles via Internet. A ce sujet, elle m’explique : « l’un des moyens pour faire avancer nos démarches était Internet, surtout pour informer et propager les informations qui sont censurées ou truquées par les médias gouvernementaux ! ». Ainsi, elle m’apprend que la plupart des sites de libre information, des blogs et des réseaux sociaux (comme facebook ou twitter) sont bloqués en Iran. Il y a donc deux formes d’opposition au régime : une à l’intérieur du pays et l’autre, non moins importante, à l’extérieur. Il y a ceux qui manifestent dans les rues de Téhéran et des autres villes du pays, encourant la répression parfois violente de la part du pouvoir (on compte une vingtaine de morts depuis le début des manifestations en Iran). Et, à l’étranger, il y a ceux qui portent la cause à un niveau international, par le biais des grands rassemblements et d’Internet et ne sont pas non plus à l’abri de la répression du gouvernement, dès lors qu’ils décident de retourner en Iran… A� ����� �� ����� ���������, je demande à Mina qui a décidé de rester à Paris cet été quand elle a l’intention de retourner en Iran. Elle me dit : « juste après les élections, j’étais tellement dégoûtée que je ne voulais pas retourner en Iran ». Puis elle me confie: « j’ai assisté à plusieurs manifestations à Paris, donc mes parents préfèrent que je reste en France pour le moment ». Elle poursuit : « c’est la peur qu’il m’arrive quelque chose, qu’on ne me laisse pas repartir en France qui m’a fait rester à Paris cet été ». Mina me raconte, à ce propos, qu’on a pris les passeports de deux de ses amis, alors qu’ils étaient sur le point de partir à l’aéroport. Le retour au pays se fera donc pour elle « peut-être à Noël si ça se calme un peu d’ici là, sinon l’été prochain… ». V������� 18 ���������, des milliers d’opposants se sont rassemblés, pour la première fois depuis juillet dernier, pour manifester leur opposition au régime. Cette manifestation a été sévèrement réprimée par le gouvernement, de nombreuses arrestations ont eu lieu et l’ancien président Khatami a été agressé par des partisans du régime… Malgré la répression violente, les opposants ont ainsi montré qu’ils n’ont pas dit leur dernier mot ! 14


international Depuis la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad, l'Etat iranien multiplie les arrestations et enchaîne les procès staliniens.

Pendant ce temps... PAR KAREN HAZAN

L�� �������� ���� ��������: Nazak Afshar, une employée de l’ambassade française à Téhéran a été arrêtée pour avoir participé à des manifestations anti-Ahmadinejad, et pour avoir ouvert les portes de l’ambassade à des manifestants cherchant un refuge. Maziar Bahari, un journaliste canadien reporter pour Newsweek, vivant en Iran depuis 10 ans, a été arrêté après avoir pris part aux manifestations. Clotilde Reiss, elle, fut arrêtée pour avoir participé aux manifestations, pour avoir alimenté son blog d’images des événements, et, d’après le gouvernement iranien, pour espionnage au service de la France en matière d’énergie... U�� �������� �’���������, un journaliste canadien, une étudiante française: tous ont été forcés à prononcer des aveux dont chaque mot leur avait été dicté. Un journaliste a ainsi été forcé d’avouer devant une cour iranienne que ce sont les médias occidentaux qui créent le chaos en Iran. Les autres ont fait de même. L� ���� �� ��� ����� ������ et grotesques? Premier signe de faiblesse de l’Iran, disent les uns. Il n’empêche, la France a dû payer une caution importante pour obtenir la libération provisoire de Clotilde Reiss. Tour de force au contraire, répondent les autres. Car l’Iran ne rendra pas cet argent. A� ������ �� ��� ���������, trois jeunes Américains qui visitaient l’Irak en randonnée ont franchi la frontière iranienne par accident. Les voici également arrêtés et détenus en Iran. Le pouvoir iranien n’en finit plus de commettre des actes liberticides, de provoquer les puissances occidentales les unes après les autres, de mobiliser leurs forces diplomatiques à ce sujet. P������ �� �����, Ahmadinejad tente tant bien que mal de former son gouvernement comme il l’entend, malgré les réticences croissantes de l’Ayatollah Khamenei à son égard. Pendant ce temps, il fait interdire le journal de son opposant politique, Mehdi Karoubi. Pendant ce temps, les essais nucléaires continuent... Car rappelons-le, en mai, avant même sa réélection, Ahmadinejad affirmait: «Ils croyaient que nous reculerions dans notre programme nucléaire, mais cela n’arrivera pas». 15


PAR JONATHAN MASIA

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JUSQU’AU DIMANCHE SOIR, ON TE SÉQUESTRE LES BUTS. DE LA MÊME FAÇON DONT ON SÉQUESTRE DES MILLIONS D’ARGENTINS. CETTE SOCIÉTÉ DE SÉQUESTRATION, JE N’EN VEUX PLUS. IL FAUT ARRÊTER LA SÉQUESTRATION, MAIS AUSSI CELLE DES PERSONNES, DES MOTS, DES IMAGES... CE QUE JE VEUX, C’EST UNE SOCIÉTÉ CHAQUE JOUR PLUS LIBRE. CE JOUR EST HISTORIQUE !

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international


international Non ce n’est pas des révolutionnaires zapatistes dont parle Cristina Kirchner, chef de l’Etat argentin. Vous ne rêvez pas, il s’agit bien de football... Un peu comme si Nicolas Sarkozy comparait notre championnat à Ingrid Bétancourt, et Canal +, propriétaire des droits de télévision du dit championnat, aux Nazis envahissant l’Europe… Parce que c’est bien de cela dont il s’agit : Le 20 août dernier, C. Kirchner, accompagnée du Dieu vivant Diego Maradona a décrété la nationalisation des droits télévisés du championnat argentin. Historique. F���� ���� � �’������� ������� A l’origine de cette annonce, deux crises majeures. Tout d’abord, la situation financière catastrophique des clubs argentins subissant la crise de plein fouet et se trouvant dans l’impossibilité d’assurer le payement des joueurs, a poussé les autorités compétentes à suspendre la reprise du championnat. « Hinchas » (nom que l’on donne aux supporters) dans la rue, hurlant leur désespoir, ventes précipitées des meilleurs joueurs en Europe… C’est un mal à la fois social et financier qui envahissait le pays. Un malheur n’arrivant jamais seul, l’AFA (Association de Football Argentin) résilia de manière unilatérale le contrat qui la liait à la chaîne de télévision TyC, se privant ainsi d’une manne de 600 millions de pesos qui aurait pu servir à alimenter ces budgets déficitaires. Les clubs de foot représentant le dernier rempart d’intégration et permettant de canaliser les frustrations dans un pays rongé par les inégalités, l’Etat a donc décidé de poser sur la table ces 600 millions de pesos, afin de nationaliser les droits télévisés par l’intermédiaire de sa chaîne publique Canal 7. D� �� ��������� ? Bien entendu, inutile de se voiler la face sur les intentions qui animent ce geste historique. Après un an de lutte et de crise sociale avec les campagnes argentines au sujet des taxes sur les exports de soja (des milliers de paysans ont enfumé Buenos Aires à cette occasion), la cinglante défaite aux dernières élections législatives a profondément égratigné le crédit politique de la famille Kirchner et fait se répandre une odeur de «fin de règne». Face au danger, c’est donc cet opium du peuple argentin qu’est le ballon rond, accompagné de Diego, son Dieu tout puissant, que la Présidente a décidé d’abattre en tant que dernière carte. D� ������ ���� ����� ������� �� ���� ������ Malgré ses relents populistes, la réforme a le mérite de vouloir réunifier un peuple jusqu’alors scindé en deux par ce qui était sensé l’unifier. D’un coté, il y avait les riches, ceux qui pouvaient se payer un abonnement au câble. De l’autre, les pauvres, contraints et forcés au «système D», radiophonique et sans images. Désormais, tous seront logés à la même enseigne, celle du foot gratuit à la télévision. Tous pourront désormais suivre la saison de leurs clubs. Clubs dont on connaît la symbolique et la puissance sociale, dépassant celles de l’Eglise ou de l’Etat et apportant la passion et l’engouement, à la limite de la déraison, qui fait défaut dans la vie d’un peuple en crise. Cet été a donc vu l’indécence du foot business exploser avec des clubs se battant à coup de centaines de millions d’euros, souvent récupérés des droits télés, sur le marché des transferts. Avouons que d’un point de vue européen, cette nationalisation du spectacle, cette éviction unilatérale des chaînes privées et l’idéologie du « football pour tous » se positionnent comme un nécessaire contrepoids dans une balance bien trop déséquilibrée. 17


international

PAR TATIANA NAGORNA

l'�Ukraine passera-t-elle de l�'orange au bleu ?� La prochaine élection présidentielle ukrainienne se tiendra le 17 janvier 2010, comme l’a indiqué la Rada (le parlement ukrainien) au début de l’été.

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L�� ������� �’������� ��������� dans un premier temps pour le 25 octobre, mais le président sortant Viktor Iouchtchenko, porté au pouvoir par la «révolution orange» de 2004, a contesté cette décision et obtenu gain de cause auprès du Conseil constitutionnel. L�� ���� ���������� ��������� de cette élection devraient être, selon toute vraisemblance, Ioulia Timochenko, une des figures de proue de la « révolution orange » de 2004 et actuelle Premier ministre, et Viktor Ianoukovitch, leader pro-russe du Parti des Régions. L’alternative, devenue «classique » pour l’Ukraine, d’un candidat à tendance nationaliste et pro-occidentale (I. Timochenko) face à un candidat pro-russe (V. Ianoukovitch), devrait être donc respectée. Mais en apparence seulement, car I. Timochenko a fait plusieurs pas du côté de Moscou au cours de cette année, préparant ainsi sa candidature à la prochaine présidentielle. D� ����, nombreux sont ceux qui prédisent la mort politique de Viktor Iouchtchenko, l’actuel président ukrainien, qui se trouve de plus en plus discrédité aux yeux de son électorat. Selon un sondage publié par l’institut ukrainien Razumkov début août 2009, V. Iouchtchenko serait crédité de 4,2% d’intentions de vote, contre 21,7% pour V. Ianoukovitch et 13,2% pour le Premier ministre I. Timochenko. M����� �� ������� déjà au retour d’un pouvoir prorusse en Ukraine à l’horizon 2010. Pour la Russie, ses relations avec l’Ukraine devraient « revenir à la normale » au lendemain du scrutin du 17 janvier 2010. Dmitri Medvedev, l’actuel président russe, s’est récemment déclaré « persuadé que les relations russo-ukrainiennes reprendront la forme d’un partenariat stratégique dans un futur proche », ajoutant que « la nouvelle équipe au pouvoir y sera préparée », ce qui ne laisse aucun doute sur la façon dont il envisage l’issue du scrutin. D. M������� a signalé la volonté de la Russie de geler ses relations diplomatiques avec l’Ukraine jusqu’à l’investiture du prochain président ukrainien en conditionnant l’arrivée d’un nouvel ambassadeur russe à Kiev à un changement de président. L’U������, du moins celle de la « révolution orange » qui souhaitait une plus large ouverture sur l’Europe et une plus grande autonomie vis-à-vis de la Russie, a néanmoins instauré elle-même la crise politique qu’elle traverse depuis cinq ans, notamment en se montrant incapable de mettre en place une coalition suffisamment forte pour contrer les pressions politiques des « bleus » du Parti des Régions pro-russe. Face à des « orange» largement affaiblis, la Russie a désormais toutes les raisons d’espérer un retour de Kiev dans le giron de Moscou. C���� �� �������� V���� Karasyov, directeur de l’Institut des stratégies mondiales de Kiev, « pour la Russie, l’Ukraine est indépendante… si elle dépend de la Russie. »


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en vogue Toulouse-Lautrec PAR AXEL COUSIN

aux Arts Decos

Quand la Rédactrice en Chef m’a demandé d’aller voir l’exposition des Arts Décoratifs sur Toulouse-Lautrec de toute urgence, la joie et le soulagement ne sont pas les premiers sentiments que j’ai éprouvés. Et pourtant, sans cette petite pression supplémentaire, je n’y serais probablement pas allé, et j’aurais raté un rendez-vous culturel fort rafraîchissant L� ����� ������ et délicat qui tranche avec la splendeur écrasante du Louvre voisin et la gratuité pour les moins de 26 ans mettent, tout de suite, le visiteur en confiance. L’���������� �� ����-���� intègre merveilleusement bien le travail de l’artiste dans le temps. Elle met en parallèle les influences de Toulouse-Lautrec, notamment des estampes japonaises, ses œuvres qui ont marqué le monde en transformant un chat noir ou une écharpe rouge en symbole de la belle époque, et l’hommage à son travail de cent artistes à travers le monde. L�� ���������� de Toulouse-Lautrec seront peut-être un peu déçus, puisque l’exposition reste relativement superficielle. Mais pour le «parisien standard», c’est une occasion unique de se familiariser avec un artiste incontournable et de passer, plus qu’agréablement, une heure à se cultiver. O� ����������, cependant, l’étrange absence de l’affiche «le Chat Noir» et le film de peu d’intérêt sur le french cancan projeté au début de l’exposition. C�� �������� ������������ mis à part, on gagne, grâce à cette exposition, non seulement une heure de détente et d’éveil intellectuel, mais aussi largement assez d’informations pour pouvoir frimer sur Toulouse-Lautrec, si l’occasion se présente, comme le secret de sa petite taille, de sa signature, ou de sa passion pour les bordels... B���, une exposition à aller voir pour se détendre, mais pas pour être incollable sur Toulouse-Lautrec! 20

Hommages à Toulouse-Lautrec affichiste Les Arts Décoratifs 107 rue de Rivoli 75001 Paris de juin 2009 à janvier 2010

POUR LES FANS OU LES PLUS CURIEUX... L� ����� T�������-L������ d'Albi a été entièrement rénové. L'occasion d'admirer la plus importante collection au monde de l'illustre peintre albigeois : plus de 1000 œuvres, dont les 31 célèbres affiches. C'est sa mère, la comtesse Adèle de Céleyran, qui a légué l'essentiel de ses travaux à la ville d'Albi, en 1922. Chaque aspect de son œuvre est représenté: ses toiles de jeunesse, ses affiches, ses portraits, ses dessins, ses lithographies (technique d'impression permettant la reproduction d'un dessin effectué à l'encre ou au crayon). En dévoilant la multiplicité de ses productions, le musée donne au visiteur l'impression de mieux connaître le peintre. Une salle, intitulée « Toulouse-Lautrec par ses amis », propose également des représentations de l'artiste par ses contemporains ou par des artistes étrangers de passage à Paris. Albi n'est pas forcément facile d'accès depuis Paris, mais si vous avez devant vous un week-end de libre, allez-y, le musée vaut le coup et la ville est charmante ! L.W.


PAR CAROLINE TIXIER

Madeleine Vionnet DU PARTERRE DE L’AVENUE MONTAIGNE À LA PURISTE DE LA MODE

U�� ���������� �� ����� ��� A��� D��������� �����’�� 31 ������� 2010

Madeleine Vionnet… Madeleine Vionnet… Ça vous rappelle quelque chose ? Un nom et un dessin sur le trottoir de l’avenue Montaigne peut-être ? C’est bien ça ! Curieux d’en savoir plus ? La clef de cette énigme se trouve dans la nouvelle exposition mode des Arts Décos ! O� � ������� que Madeleine Vionnet est une de ces pionnières qui contribuèrent tant à affranchir la femme des corsets et autres conventions qui l’emprisonnaient, on y apprend aussi que plus qu’une créatrice de mode, Madeleine Vionnet aida à fonder les premières jurisprudences en matière de copie de création. Son credo du « copier c’est voler » lui fît gagner deux procès en 1921 qui furent le début d’une plus grande protection de la création artistique. O� ����� une exposition bien organisée où des robes autrefois légendaires, aujourd’hui vintages défilent sur deux étages. Parce que ces robes sont sans bouton, sans baleine, sans doublure, elles ont changé la condition féminine. Pourtant, difficile de les replacer dans un contexte où elles pouvaient être qualifiées de révolutionnaires. Cependant, ce qu’on retiendra particulièrement de cette exposition, la vitrine autour de laquelle se regroupe quasiment toute la pièce, c’est le concept de la «robe à quatre mouchoirs», ou comment créer chez vous, avec des draps, une robe pour une soirée costumée sur le thème Rome ! M��� M�������� V������ c’est aussi la grande penseuse de la mode, celle qui créait ses modèles sur des poupées pour oublier les formes et libérer les femmes, celle qui affirme que la mode n’est qu’une participation au « caractère immuable et éternel de la pure beauté », une femme avec un idéal donc. L�� A��� ����� ont voulu rendre hommage à cette grande prêtresse de la création, qui aida à élever la mode en propriété et à la défendre, mais aussi à la penseuse qu’elle était. L’assemblage des collections de celle qui est qualifiée par certains journalistes «d’artiste de la mode, comme l’était Picasso en peinture» forme un thème original pour cette nouvelle exposition mode de la saison.

en vogue L’ANECDOTE ... « V���� �'�����������, unique dans une vie, de pouvoir passer l'éternité juste au-dessus de Marilyn Monroe. » Autant dire une place au paradis. C'est ce que proposait la veuve de Richard Poncher. Face à ses difficultés financières, elle a décidé de vendre la parcelle de cimetière de son défunt mari aux enchères. Son corps repose juste à côté de la belle, au Westwood Village Memorial Park, à Los Angeles. Il avait juré de revenir hanter quiconque oserait le déloger de son caveau, mais c'est un risque que Madame Poncher est prête à prendre pour 4,6 millions de dollars, le montant de la plus grosse offre. Tony Curtis, pour sa part, prétend dans son autobiographie (à paraître aux Etats-Unis le 28 septembre, intitulée The Making of "Some Like It Hot" ) que c'est de lui que Marilyn Monroe était enceinte en 1958. L� ��������� s'est soldée par une fausse couche, leur relation s'est éteinte après le tournage de Some Like It Hot, Marilyn est morte et enterrée, et pourtant, près d'un demi-siècle plus tard on n'en finit pas de la désirer... De quoi s'exprimer: "Chéri, je me sens rajeunir!" K.H.

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europe

IT’S TIME FOR CHANGE, Dossier sur les élections européennes vues par des Jeunes Européens PAR CAROLINE TIXIER

FAUSTINE GAUTHIER, LAURIANE COUTURIER et FRANÇOIS-XAVIER HEN

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europe F������� G�������, R���������� �� �� ������ A������ L������ :

‘‘ EUROPE

F��� �� ���������� et au fort taux d’abstention prévu pour les élections européennes de juin dernier, des associations de tout genre se sont mobilisées. A travers leur slogan « C’est l’heure du changement, c’est l’heure de l’Europe ! », les militants des «Jeunes Européens - Universités de Paris» ont mis en action les moyens les plus créatifs pour sensibiliser les électeurs : un « freeze » géant avec une urne de vote dans Paris, l’organisation d’une conférence européenne en partenariat avec le ministère des affaires étrangères, le tournage d’une vidéo sur le vote européen dans toutes les langues de l’UE et où les acteurs ne sont autres que des jeunes européens… Un répertoire d’actions des plus variés! O���� ��� �������, c’est également l’expression d’un dynamisme impressionnant au service de leur mission, désespérée, me direz-vous vu le résultat final… Et pourtant, à travers leurs échecs, leurs réussites, les difficultés qu’ils ont rencontrées et le résultat final, ils se sont mobilisés pour faire bouger les choses. Récits et témoignages de Jeunes Européens prêts à toutes les folies les plus créatives pour sensibiliser les Peuples à l’Union Européenne.

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IT’S TIME FOR

« A P����, à notre mesure, nous avons organisé une grande action de rue, une semaine avant les élections, un jour de grande fréquentation. Ce fut véritablement un projet collectif. En très peu de jours, réunion avec FX et Maël : que fait-on? On invente une petite mise en scène en forme de freeze et flashmob, des formes d’action de rue, plutôt efficaces pour attirer l’attention. E� T-������ �����, enveloppes de vote à la main, nous marchions dans l’espace quand tout-àcoup une corne de brume nous faisait nous immobiliser dans une position étrange. Qu’est-ce que c’est que ces Schtroumpfs, se demandaient alors les passants en s’arrêtant. Au signal, nous courrions ensuite tous vers l’urne, surmontée d’un drapeau étoilé, pour déposer nos bulletins tout en chantant l’hymne européen, qu’il est bon de faire entendre de temps en temps, ponctué par le cri final : « Le 7 juin, votons ! ». Pour cela, nous étions une quinzaine de jeunes motivés pour tenter de déverser une dernière fois une nouvelle couche d’information et d’encouragement pour aller voter à ces élections. B��������, Les Halles, nous avons croisé plusieurs milliers de personnes et une journaliste de RTL. Nous avons rappelé l’échéance à quelques uns, convaincus quelques autres d’aller voter, mais nous avons surtout montré que des jeunes croient suffisamment en l’Europe et en sa démocratie pour passer un samedi après-midi dans la rue à s’époumoner; ça doit donc valoir le coup tout de même ! R���� ���������� à continuer la mobilisation et à pousser députés et journalistes à mettre davantage en valeur le travail du Parlement et à faire comprendre aux citoyens l’importance de ces élections, qui permettent à près de 400 000 citoyens dans 27 pays différents d’élire la seule institution démocratique transnationale au monde. Voilà l’objectif pour ces cinq prochaines années : on en verra le résultat en 2014 ! »

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europe

F�������-X����� H��, ������������� :

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« L’�������� ����� ����� : trouver trois professeurs qualifiés pour s’exprimer sur les conséquences de la crise financière sur l’UE, la politique européenne d’immigration, et la gestion des relations extérieures dans le cadre communautaire… le tout dans un laps de temps d’un mois… facile évidemment ! N��� ���� ������ quand même lancés dans l’aventure de cette conférence sur le thème des réformes entreprises au cours de la Présidence Française de l’Union Européenne, et l’image extérieure de celle-ci. Elle nous permettait en effet de mettre en place un partenariat important avec une association affiliée au Ministère des Affaires étrangères, et représentait une occasion de toucher un public plus large que notre éternel panel d’étudiants en droit et sciences politiques parisiens. Notre rôle ne consistait après tout qu’à trouver des intervenants, le reste étant pris en charge par l’association partenaire. D�������� �������� de débloquer l’emploi du temps de professeurs ou conférenciers issus du privé à un mois de l’événement ! L’exploit n’a été rendu possible que par une véritable course contre la montre, des inter-cours sacrifiés, passés à courir en salle informatique pour envoyer des mails à tous nos contacts, tout en étant accrochées à notre téléphone… pour finalement essuyer des refus, et au mieux le numéro d’une autre personne ! Après avoir sérieusement agacé tous nos amis, épuisé tous nos contacts et envisagé d’investir dans une oreillette, nous avons finalement réussi à obtenir la venue de deux conférenciers. L’��������� s’est au final très bien passé : conférences intéressantes, étudiants très impliqués dans le débat, et notre partenaire très satisfait de la collaboration… Ce qui s’annonçait très mal, a été une réussite. Oui, une simple association étudiante peut sans grands moyens faire venir des conférenciers très occupés, sans aucune incitation financière ! Il suffit de nerfs solides et d’un forfait téléphonique conséquent… »

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« P��� ��� ��������� européennes, nous avons tourné et déposé sur Internet la reprise d’une fameuse vidéo américaine pour inciter les Européens à se rendre aux urnes : 5 friends 4 Europe. Le président de la Fondation pour l’Innovation Politique (Fondapol) nous avait glissé qu’il pouvait nous aider à réaliser des vidéos. Il y en avait justement une qui me trottait dans la tête celle de Leonardo Dicaprio, « Ne votez pas ! » sur Internet. Une pelletée des plus grandes stars américaines délivraient, à sa suite, le même message, avant de s’en servir pour énumérer toutes les raisons de le faire, en fait, et nous motiver. Ca, c’est du message ! O� �������� ����� une reprise de cette vidéo, avec plein de jeunes européens idéalistes qui joueraient les stars pour amuser la galerie Internet et motiver les électeurs. Je n’avais plus qu’à recruter les acteurs, trouver le script et gérer l’organisation pour tourner le lendemain... Les derniers détails sont réglés à la Fondapol : combien de langues européennes nous manque-t-il ? Qui connaît quelqu’un qui parle slovène ou maltais? L’Europe soutient la diversité, nous aussi, chaque jeune européen énonce donc son texte dans sa propre langue. L’��������� �� �� ����� le jour du vote ? Proche de zéro, inutile de jouer au militant fanatique qui vit dans son monde. Pour autant, ce qui a été réalisé en quelques jours sur un coup de tête aura finalement été vu par 30 000 personnes dans toute l’Europe (nombres de vues sur Youtube), et repris par quelques journaux dont Le Monde. Mais rien ne vaut le plaisir de se trouver dans une salle remplie d’Européens de tous horizons, à entendre parler toutes ces langues, et de partager nos cultures respectives sachant que notre seule présence réunie est déjà la réalisation d’un vieux rêve européen. »

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L������� C��������, A������� R���������� �� �� ������ A������ L������ :

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europe Après des relations conflictuelles entre l’Union Européenne et l’Italie quant à l’adoption de la loi contre l’immigration clandestine du 14 mai 2009, la politique de Berlusconi, fait à nouveau l’objet de vives critiques de la part de la commission européenne.

PAR LERNA SAHINCIK

Quand la lutte contre l’immigration fait débat

M���� 1�� ��������� 2009, le ton est monté d’un cran entre Bruxelles et le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi. L’immigration clandestine était à nouveau au cœur de la polémique. A l’origine de cette discorde, le refoulement, dimanche 30 août, par les autorités italiennes d’un bateau transportant 75 clandestins libyens vers la Libye, sans aucun examen préalable de la situation de chacun. Ce renvoi trouvait sa justification dans un accord récent, passé entre M.Khadafi et M.Berlusconi, dont l’objectif était de limiter l’arrivée d’immigrants à partir des côtes libyennes. En contrepartie, l’Italie s’engageait à investir 5 milliards d’euros sur 25 ans dans la construction d’autoroutes en Lybie. Le refoulement du 30 août 2009 a fait l’objet d’une « demande d’éclaircissement d’informations » de la part de la Commission européenne qui craignait que le droit d’asile des immigrants soit bafoué. Cette intervention a suscité une vive réaction de la part de M.Berlusconi, qui reproche à Bruxelles de vouloir influer sur les décisions souveraines de l’Etat italien et de s’immiscer dans sa politique intérieure. D’autant plus que ces critiques de la commission européenne s’inscrivent dans la lignée de celles formulées par l’opposition italienne sur la loi du 14 mai, considérée comme « liberticide » et marquant «un retour à la logique des lois raciales de Mussolini ». Le chef de file des socialistes allemands au Parlement européen, Martin Schultz dénonce quant à lui « l’intolérance de Berlusconi à l’égard de Bruxelles ». Pour sa part le gouvernement italien invoque l’inaction de l’union pour justifier sa politique. Le ministre aux Affaires européennes Andrea Ronchi déplore que l’Europe, très en retard sur l’immigration, les ait laissés seuls face à l‘importance du phénomène. Il martèle que « les citoyens italiens ne peuvent plus accepter que l’immigration soit hors de contrôle ». C��������� �� �’������� du problème et dans un souci d‘apaisement dans ses relations avec l‘Italie, l’Union Européenne actuellement sous la présidence de la Suède, souhaite trouver une solution à cet afflux d‘immigrants. Stockholm et le commissaire français à la Justice, Jacques Barrot, proposeront dès septembre des avancées sur deux chapitres clefs. Ils préconiseront la réinstallation dans d’autres pays d’Europe, sur leur accord, des immigrés clandestins et la mise en place d’une politique d’asile plus efficace avec une harmonisation des lois nationales. Cette volonté de changement des pays de l’union européenne à l’égard des immigrants semble répondre à un malaise profond. Ainsi que l’a affirmé un haut responsable européen, «on ne peut pas continuer à traiter les gens comme ça !» 25


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IL Y A VINGT ANS, LE MUR DE BERLIN S’EFFONDRAIT

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DE la r�evolution pacif i que a la chute du mur

PAR CHRISTINA BÉZÈS

Avec la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, ce n’est pas seulement la fin de la division de l’Allemagne et de l’Europe mais c’est aussi le succès d’un combat pour la liberté. «S�����, ������������ » (immédiatement, sans délai) répond d’un air hésitant et confus le secrétaire du comité central du SED (parti communiste de l’Allemagne de l’Est), Günter Schabowski, lors d’une conférence de presse à Berlin-Est le 9 novembre 1989. Un journaliste italien lui demandait des explications au sujet des nouvelles dispositions sur l’ouverture des postes-frontières et sur la liberté de circuler en RDA (République Démocratique Allemande). « Immédiatement, sans délai » la circulation entre la RDA et la RFA(République Fédérale Allemande) est possible! A peine ces paroles prononcées, l’information se propage : le mur est ouvert à la grande surprise de tout le monde et des milliers d’Allemands de l’Est affluent vers la République fédérale. Ce mur, un mur de la honte (Schandmauer) pour certains et un rempart pour d’autres, construit quand l’affrontement idéologique entre les deux superpuissances était à son paroxysme vient de s’écrouler après 28 ans de séparation. Incroyable et pourtant ce tournant ne s’est pas produit du jour au lendemain mais s’inscrit dans un long processus historique où le combat pour la liberté finira par l’emporter! R����� ������� 10 ��� ����������, quand les mouvements contestataires commencent à trouver une plus grande résonance dans l’opinion. Par exemple dans la Pologne voisine, la forte mobilisation du syndicat Solidarnosc (10 millions de membres), qui réclame plus de liberté, ébranle les dictatures communistes. Puis en 1985 Mickhaïl Gorbatchev devient secrétaire général du PCUS avec l’intention de sauver le système communiste et mène une politique réformatrice. Laquelle transforme en profondeur la société « perestroïka » et accorde davantage de liberté et de transparence « glasnost » à ses citoyens. La pression politique et militaire de l’Union soviétique s’affaiblit et ces initiatives éveillent des espoirs de changements chez les habitants de la RDA entre autres. 26


C�� ��������������� accélère la désintégration de la RDA. Le régime du parti socialiste allemand unifié (SED) qui ignore le pluralisme politique et la séparation des pouvoirs, doit faire face à des groupes d’opposition de plus en plus revendicatifs. Pour cause : la médiocrité des conditions de vie dans le cadre de l’économie planifiée. La situation économique est désastreuse : la productivité du travail est faible, les investissements sont rares, il y a pénurie de produits alimentaires, la politique sociale est onéreuse et les industries polluent sans limite. D��� �� �������� de crise, certains décident de fuir, d’autres préfèrent s’engager politiquement et d’autres encore continuent de mener leur vie normalement. Les églises, en particulier protestantes, se mobilisent au côté de l’opposition politique constituée, vers 1985, de nouveaux groupuscules tels que IFM (Initiative pour la paix et les droits de l’homme), la Bibliothèque de l’Environnement (Umweltbibliothek), le comité de la Paix (Friedenskreis) Friedrichsfelder. Ce rassemblement est alors minoritaire et ne pense pas à la révolution, mais revendique surtout des réformes et des changements en faveur de la liberté. La Stasi, la police politique secrète du SED surveille étroitement les dissidents et toute opposition politique est sévèrement sanctionnée. Malgré la menace du gouvernement SED de recourir à la violence, la révolte s’amplifie en 1989.

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L� 7 ��� 1989 le SED est réélu « démocratiquement » selon ses dirigeants. Mais les groupes d’opposition qui ont assisté aux élections révèlent publiquement grâce aux media occidentaux « la farce électorale » et le truquage des élections. A ������ �� 27 ���� 1989 les frontières entre l’Autriche et la Hongrie sont démantelées sous le regard du monde entier. Le rideau de fer s’ouvre et donne à des dizaines de milliers de citoyens de la RDA la possibilité de fuir à l’Ouest. D���� ��������� de nouveaux groupes d’opposition se mobilisent comme les sociaux-démocrates (SPD), le nouveau Forum (Neues Forum), Démocratie Maintenant (Demokratie Jetzt) et l’Union de gauche (Vereinigte Linke) et donnent l’ impression que la société se met en mouvement. A ������ �� 25 ��������� ont lieu tous les lundis à Leipzig « les manifestations pacifiques du lundi » qui ont comme point de départ l’église St Nicolas (Nikolaikirche). L� 30 ��������� puis de nouveau le 3 Octobre, c’est au total 20 000 citoyens de la RDA environ qui se réfugient dans l’ambassade de la RFA à Prague. D’autres ambassades comme à Varsovie en accueillent également. De là partent des convois qui traversent avec succès le territoire de la RDA pour atteindre ensuite la RFA. 27


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L� 7 ������� à Berlin, un cortège de manifestants se dirige de la place Alexandre (Alexanderplatz) à l’église Gethsemane (quartier Prenzlauerberg) sous l’œil de nombreuses caméras de l’Ouest mais aussi étroitement surveillé par les forces de l’ordre. De nombreux berlinois sont arrêtés et violentés par la police. Certains seront même torturés psychologiquement et physiquement en garde à vue. Les images de la manifestation sont retransmises en direct dans le monde entier. Ce jour-là d’autres rassemblements ont lieu en Allemagne de l’Est, à Leipzig, Dresde, Karl-Marx-Stadt, Halle, Jena, Magdeburg, Arnstadt, Ilmenau, etc. Mais il ne faut pas oublier qu’à ce moment-là encore, des centaines de milliers de citoyens de la RDA sont prêts à défendre le système. Et des millions restent passifs. Même si le nombre d’opposants (y compris parmi les partisans du SED) grandit de jour en jour, il reste néanmoins faible. L� 9 ������� (date qui s’est avérée par la suite décisive pour la victoire de la révolution pacifique), la question qui préoccupe tout le monde : va t-on assister à la « solution chinoise » ou « revivre » le massacre de Tiananmen. L’armée nationale du peuple (NVA) entoure la ville. La tension monte. Des deux côtés la confusion est grande, personne ne sait vraiment comment agir ou intervenir. Comme à chaque fois les groupes protestataires lancent un appel à la non-violence. Après le rassemblement dans les églises pour « la prière du lundi », 70 000 manifestants en plus se joignent au cortège. Ils scandent « Wir sind das Volk » : nous sommes le peuple. Les policiers attendent le signal, les membres du comité central gardent le silence, finalement le verdict tombe : il n’y aura pas d’intervention ! La révolution reste pacifique et sans débordements. La manifestation s’achève avec un orchestre de Richard Strauss dans le « Gewandhaus » (salle de représentations musicales sur la place centrale). L� 18 ������� Erich Honecker (premier secrétaire du SED depuis 1971) est démis de ses fonctions et son successeur, Egon Krenz n’a pas plus de succès. Les prudentes concessions du régime ne suffisent plus. Le peuple en a assez et réclame une seule chose, la liberté, qu’il obtient enfin le 9 novembre 1989… A���� ��� ������������ avec les puissances alliées et l’effondrement du régime communiste, des élections libres ont lieu en mars 1990 en RDA. La majorité souhaite une réunification rapide des deux Etats allemands qui a lieu le 3 octobre 1990. Mais qu’entend-on par réunification? Est-ce l’adaptation d’un système à un autre, une fusion de deux systèmes, la création d’un nouveau ? Actuellement l’Est doit s’adapter s’il veut rattraper l’Ouest. Etait-ce la meilleure option ? Seul l’avenir nous le dira. 28


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theatre PAR MARION DEGEORGES

SCELLONS LES LIENS QUI NOUS UNISSENT AU THÉÂTRE

C’est le constat de l’été, la crise favorise les petites sorties aux grandes escapades. Alors dès la rentrée, sus aux billets de trains pour les longs week-ends à la campagne et à nous les sorties tout au long de l’année ! Cinéma, café, musée etc… Intéressons-nous d’ailleurs à ce « etc. » : que peut-il bien englober d’autre ?

L� ������� ! Et si cette année, en renouvelant notre abonnement mensuel au cinéma, nous nous abonnions au théâtre ? Quelle drôle d’idée ! Cependant pas si saugrenue que ça, si nous y regardons de plus près. L’art dramatique est de plus en plus accessible et les théâtres usent tous de formules, plus avantageuses les unes que les autres, pour nous attirer dans leurs filets. Succombez au long terme, engagez-vous ! P������ �’����� l’exemple du théâtre de la Bastille. Sa programmation est innovatrice et vise souvent très juste dans la découverte de nouveaux talents. Il propose plusieurs offres afin de fidéliser les spectateurs, mais la plus intéressante reste «Le Pass : 1 an de spectacles pour 10€ par mois». Avec ce sésame, vous pouvez assister une fois à chaque spectacle proposé par la Bastille tout au long de la saison. Le théâtre et vous, ça devient sérieux ! S������ �������� maintenant : le théâtre de la Colline. L’objectif du centre dramatique cette année est de se recentrer sur les textes de nos contemporains, français comme étrangers. A l’affiche cette saison on retrouve Rodolphe Dana, Bernard Sobel ou encore Stanislas Nordey pour ne citer qu’eux. Pour que ce soit aussi du sérieux entre vous et La Colline (n’ayons pas peur de cumuler les aventures), le plus avantageux reste la «carte Colline». Grâce à celle-ci, vous pouvez voir de 8 à 12 spectacles à 8€ la place. Quand le théâtre vous passe la bague au doigt pour le même prix qu’une place de cinéma, dites oui. E���� si cette année vous aspirez plutôt à une relation « classique », c’est sur le «Pass’Jeunes Opéra/Comédie Française» qu’il faut vous ruer. Pour seulement 30€ (40€ pour l’achat de deux pass en même temps), cette petite carte rose vous ouvre les portes de la Comédie Française et de l’Opéra national de Paris, au tarif de 20€ pour un opéra, 10€ pour un ballet, 7€ pour un concert et entre 8 et 24€ pour une pièce selon la salle et la catégorie. L� ������� vous fait les yeux doux, ne résistez pas ! Si toutefois les tarifs proposés ne rentrent toujours pas dans votre budget, pensez à vous faire offrir ces abonnements. C’est un cadeau malin dont vous pourrez profiter longtemps. Et puis, pour les plus volages d’entre-nous, ceux qui n’osent pas s’engager, n’oubliez pas qu’au théâtre de l’Odéon, les places en quatrième et sixième séries sont à 5€, 2 heures avant le levez de rideau. Même principe à la Comédie Française, à l’exception du fait que, chaque premier lundi du mois, ces places sont gratuites pour les moins de 28 ans ! 30


theatre

PIÈCE DÉTACHÉE de Thierry BUENAFUENTE Mise en scène de Florence FORESTI Au Théâtre de la Gaité-Montparnasse du le 18 juin au 11 octobre 2009

L'entrée des comédiens nous laisse perplexe, nous avons l'impression de tomber dans une comédie un peu kitsch... avec notamment les décors, les costumes... Mais tout cela va très vite s'évincer et nous comprenons alors le pourquoi du comment... Nous sommes très agréablement surpris par ce réjouissant retournement de situation ! Les éclats de rire commencent alors pour le plus grand plaisir des spectateurs et ne vont plus s'arrêter ! Une comédie originale à voir pour un moment de détente assuré! Cette première mise en scène de Florence Foresti est aussi burlesque que les mots de Thierry Buenafuente, que l'énergie des comédiens: un mélange délicieux qui fait de nombreux appels aux zygomatiques! De plus vous serez accueillis dans ce théâtre par un personnel chaleureux, sympathique et assez hors du commun ! A.B.

PAR INÈS HOLGUIN Parfois s��rieux, souvent très drôle, jamais vulgaire ! Une pièce, au succès international, écrite à partir d’interviews de plus de 200 femmes et jeunes filles qui parlent de leur vie sexuelle (sensations, traumatismes, aspirations, angoisses, joies) ; de quoi susciter la curiosité de nombreuses filles ! A noter qu’il n’est pas déconseillé d’y aller en compagnie masculine ! ELECTROCARDIODRAME de Florence SAVIGNAT A la Comédie des 3 Bornes Dernière le 3 octobre Mise en scène de Olivier Solivérès

LES MONOLOGUES DU VAGIN d’Eve ENSLER Au Théâtre Michel Reprise le 8 septembre Mise en scène de Isabelle Rattier

Quel endroit mieux choisi qu’un hôpital pour passer au scanner les secrets de famille, et panser les petits bobos de la vie ? Futurs papas, ex-amants et familles recomposées ne font pas forcément bon ménage dans cette comédie inhospitalière aux malades inavoués. Un 10/10 pour tous les comédiens !!

LA CAGE AUX FOLLES de Jean POIRET Au Théâtre de la Porte St-Martin à partir du 12 septembre Mise en scène de Didier Caron

En 1973, Jean Poiret et Michel Serrault avaient assurés le succès de la pièce avec leur brillante interprétation: 5 ans, 900 représentations et 1,8 million de spectateurs. Aujourd’hui Didier Bourdon et Christian Clavier relèvent un défi : redonner vie à Albin, alias Zaza Napoli, la vedette d’un club de revue travestis de St-Trop’ ; et à Georges, celui qui fait tout pour calmer les caprices de la diva… Y parviendront-ils avec autant de succès que le mythique duo ? That is the question ! LA NUIT DES ROIS de W. SHAKESPEARE A la Comédia du 5 septembre au 10 novembre Mise en scène de Nicolas Briançon

De la comédie romantique Shakespearienne à foison. Viola et son jumeau Sébastien, rescapés d’un naufrage, échouent à deux endroits différents de la côte, chacun croyant qu'il a perdu son jumeau. Ils se retrouvent cependant à la cour du duc Orsino où s’ensuit une série de quiproquos auxquels participe un quatuor comique. Œuvre baroque par excellence, cette pièce est un fin mélange de genres : farce, comédie, féérie et drame. 31


france

DANS LA TÊTE DU PARTI SOCIALISTE PAR AURÉLIEN HUBERT

L� PS � ��������� �������������, ce n’est pas nouveau : il y a le PS des éléphants, soucieux de défendre des valeurs du siècle dernier, le PS des quadras, soucieux de défendre des valeurs à définir, le PS de Ségolène Royal, soucieux de défendre Ségolène Royal, le PS de Martine Aubry, soucieux de défendre le PS des éléphants. L’élection d’une première secrétaire réputée pour sa pugnacité laissait présager une psychothérapie de choc. Après quelques mois, il est clair que le choc est là, que la psychothérapie est en cours, mais savoir si le malade retrouvera un semblant de «sanité» semble loin d’être acquis. La débâcle des européennes a plongé le parti dans un coma autodestructeur, et, c’est en prenant à partie des médias ébahis – autant qu’amusés - que le parti schizophrène règle ses comptes avec lui-même. Y a-t-il un psychiatre dans la salle?

Bertrand Delanoë, psychanalyste consensuel.

Arnaud Montebourg, perdu dans le rubicube.

Jack Lang, Le Cercle des Politiciens Disparus.

Moi, j’aurais fait quelque chose du parti, je l’aurais réveillé, transformé Ségolène Royal, discrète mais «moi je».

C’est affreux, ce qui se passe au Parti socialiste. C’est surtout affreux dans une démocratie, parce qu’il n’y a pas d’opposition, il n’y a pas de message politique

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Manuel Valls, dissident soucieux de l’avenir du PS (et de son propre avenir).

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Le Parti est un arbre sec

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Malgré une bonne volonté que je ne mets pas en cause, force est pourtant de constater que ce travail [de Martine Aubry] n’[a] pas convaincu nos compatriotes. Pourquoi un tel déni? Faut-il que le désaveu ait été si cruel pour justifier un tel refoulement? Je ne renoncerai jamais à l’ambition collective de définir un nouveau projet pour la gauche, d’autant que je suis convaincu que nous pouvons gagner en 2012

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Claude Bartolone (un des lieutenants de Martine Aubry à la direction du PS), la psychanalyse des cubes.

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Il y a du gâchis de talents, d’idées et de personnalités valables qui doivent comprendre qu’elles n’ont aucun débouché seules

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Le problème, c’est que tout le monde joue avec la même boîte de cubes mais que tout le monde ne les met pas au même endroit pour commencer le montage

L’immobilisme et le verrouillage, voilà plus de dix ans que je les rencontre au PS, comme député et comme responsable politique ; j’ai tout essayé [pour réformer mon parti] par la face sud, par la face nord, avec les uns, avec les autres mais toujours au service des mêmes idées

Nadine Morano (secrétaire d’État à la Famille), psychologue concurrente extrêmement attristée, peinée, touchée.

S� �’���������� �’��� de La Rochelle laissait présager un apaisement des conflits de personnalités, une reconstruction identitaire ne se faisant sans tumultes, la publication simultanée de Hold uPS, arnaques et trahisons par Karim Rissouli et de L’Epreuve par Julien Dray a mis un terme a l’intermède d’optimisme, remuant le couteau dans la plaie encore béante de l’élection (pour le moins douteuses) de la première secrétaire. L’ennui est qu’en période de crise du modèle français, la manie du PS de se regarder lui-même ne rassure pas et aurait tendance à désintéresser des citoyens soucieux d’entendre des solutions externes, plutôt qu’un déballage de problèmes internes. Résoudre une crise d’ego c’est bien, comprendre une classe moyenne étranglée, renouveler le débat sur l’immigration, proposer une gestion efficace de l’économie, endiguer la perte de crédibilité de la France sur la scène internationale; bref, relever le défi d’exister en tant que parti politique, c’est mieux. Tandis que le PS semble s’ouvrir au travail, au Modem, au Verts, à des Primaires, peut être serait-t-il judicieux de s’ouvrir au pays qu’il entend reprendre en 2012. Y a-t-il un Socialiste dans la salle ? 32


ENSEMBLE TOUT DEVIENT POSSIBLE ?

france

PAR CÉCILE CARPENTIER

...un slogan bien connu, qui ces temps-ci, peut aisément se transformer en : «Avec Philippe de Villiers et CPNT : 2010 et 2012 c'est possible !» E� �����, les événements politiques de la rentrée, ce sont les classiques, mais attendues, universités d'été (La Rochelle pour le PS, la Grande Motte pour le Modem et Seignosse pour l'UMP) mais aussi la poursuite de l'élargissement stratégique pour Nicolas Sarkozy. A����, c'est Philippe de Villiers qui est le favori du Président en ce moment. Il a assisté au comité de liaison de la majorité le mercredi 2 septembre et commente les faits : «Il y a très longtemps, et c'est un fait historique, qu'un président de la République n'a fédéré autour de lui toutes les forces de la droite et du centre», en précisant les raisons qui l’ont conduit à y participer «J'ai accepté la proposition de Nicolas Sarkozy d'entrer dans le comité de liaison de la majorité parce qu'il y a une crise qui nécessite aujourd'hui que l'on se mobilise dans un esprit d'union nationale, parce qu'il m’apparaît clairement que la voix du Mouvement Pour la France (MPF) sera mieux entendue à l'intérieur de la majorité qu'à l'extérieur, et enfin pour concourir au rassemblement pour gagner les régions en mars prochain». Les régionales 2010, objectif qui arrive en dernier sur la liste des priorités de Villiers ? En tout cas, ce n'est pas le cas pour Nicolas Sarkozy qui ne pense qu'à cela. P�� ��������, le rassemblement vers la droite ne se limite pas au MPF puisqu'il a réussi à convaincre le mouvement de la ruralité Chasse Pêche Nature et Tradition qui commente : «CPNT tient à réaffirmer le choix stratégique défini à l’unanimité par son Comité Directeur début juillet, c'est-à-dire répondre favorablement à toutes les sollicitations des grandes formations politiques, tant sur le fond que par rapport aux élections régionales de 2010, et entamer les négociations avec le ou les partis qui le souhaitent». A ce jour, seule l’UMP a contacté CPNT, qui est avec Frédéric Nihous, son chef de file, un parti habitué aux alliances, puisque c'est sous la bannière d'un mouvement, appelé Libertas, qu'en 2004 ils avaient combattu aux côtés du MPF et de Philippe de Villiers. M��� ��� ���������� ne sont pas du goût de tout le monde. Christine Boutin, Présidente du parti ChrétienDémocrate et ancienne Ministre au logement et à la ville du gouvernement Sarkozy, prévient la majorité présidentielle au sujet du ralliement au MPF : «mélanger l'eau et le feu» peut faire «émerger des extrêmes» et «en général ça ne marche pas très longtemps». E����, c'est depuis Seignosse que l'UMP s'est exprimée cette fois en faveur des électeurs du centre, traditionnellement rattachés à François Bayrou, à travers l'intervention de Dominique Paillé, le porte-parole adjoint de l'UMP : «Ces gens là sont les bienvenus et ils le savent car ils appartiennent à cette famille de centre et du centre-droit que nous représentons» et d'ajouter qu'il regrette les récentes tentatives de François Bayrou et du MoDem pour aller vers la gauche. En revanche, Seignosse c'est aussi le lieu où toutes les opinions ont leur place. Interrogé sur l'ouverture de la majorité aux villiéristes et aux chasseurs qui fait grincer des dents dans les rangs de la droite, la nouvelle star du gouvernement, Frédéric Mitterand, Ministre de la Culture et de la Communication, a affirmé n'avoir «pas vraiment d'opinion là-dessus». «Cela ne me concerne pas. Peutêtre est-ce parce que je ne suis pas assez politique, peut-être devrais-je y attacher plus d'importance» a-t-il ajouté. I� �� ���� ��� ������� non plus que Nicolas Sarkozy, loin de n'avoir pris de l'avance que pour les régionales de 2010, prépare également le premier tour des présidentielles 2012. Alors, si l'influence des deux partis qui semblent se rallier à lui n'a pas trop évolué depuis 2007, il pourra espérer se voir accorder en plus des voix des sympathisants UMP, entre 3% et 4% de voix supplémentaires (les deux partis rassemblaient 3,38% de voix au 1er tour en 2007), ce qui n'est bien évidemment pas négligeable. Désormais, on attend de voir si un pas sera fait en direction de l’extrême droite de Jean-Marie Le Pen, puisque Nicolas Sarkozy semble prêt à tout pour passer encore sept ans et demi au pouvoir. 33


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PAR COLINE BRUN-NAUJALIS

LA DYNAMIQUE DE liEFFROI

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PAR CÉCILE CARPENTIER

Du petit berger corse au gaulliste tourmenté

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Charles Pasqua Ce que je sais... TOME 2 Editions Seuil

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Pour Charles Pasqua, l’année 2009 rime avec petites histoires, autant qu’avec déboires. En juin dernier paraissait le deuxième volet de ses Mémoires, intitulé «Ce que je sais... : Un magnifique désastre 19881995». Mais cet homme d’Etat, autrefois star des politiques aux yeux de l’opinion, se retrouve aujourd’hui face à la justice. Retour sur le parcours d’un homme politique à travers son actualité et ses confidences d’écrivain.

C���� ��� �������� le fauteuil de Ministre de l’Intérieur à deux reprises est confronté à la justice depuis 2006, pour des affaires de corruption et d’abus ainsi que pour recel de biens sociaux. Le casino d’Annemasse en Haute-Savoie, la société de transport GEC-Alsthom et la société d’exportation d’armes Sofremi sont les acteurs principaux dans les trois dossiers en question. Après avoir été jugé en Cassation, le procès a été renvoyé, en juillet dernier, pour être jugé par la Cour de Justice de la République (CJR) constituée de magistrats et de parlementaires. Il s’agit de la seule juridiction habilitée à instruire et à juger des affaires mettant en cause des ministres, pour des infractions commises dans l’exercice de leurs fonctions. Après avoir qualifié de «profondément anormales et injustifiées» les accusations portées contre lui, l’intéressé avait fait appel. Mais, vendredi 18 septembre dernier, la Cour d’Appel de Paris a confirmé la condamnation de Charles Pasqua à 18 mois de prison avec sursis, pour l’affaire du casino d’Annemasse. La confirmation de cette condamnation (qui était la première à l’encontre de l’Elu) en laisse présager d’autres pour les deux autres dossiers en cours… Pour ces raisons donc, la cote de popularité de Charles Pasqua, au plus haut dans les années 80-90, ne penche plus en sa faveur. M��� �’��������� ne se résume pas aux scandales politico-médiatiques pour ce gaulliste acharné, puisque cette année est également marquée par la parution du deuxième tome de ses Mémoires. Dans cette deuxième partie, tout comme dans la première – « Ce que je sais : Les Atrides 1974-1987 » - Charles Pasqua retrace la vie politique française, sur le plan national comme sur le plan international, avec passion, ironie, et (on ose l’espérer) avec objectivité. On y trouve ainsi, un portrait de la vie élyséenne, des séquences sur les querelles internes au gouvernement, et des retours sur les élections législatives, européennes et bien sûr présidentielles. Les deux ouvrages sont, en outre, parsemés de certaines anecdotes qui prêtent à sourire. On apprend, entre autres, qu’Edouard Balladur fut élu homme de l’année 1993 par le Financial Times, ou qu’il a demandé à plusieurs reprises, en sa qualité de Premier Ministre, à ce qu’il n’y ait qu’un seul plat servi lors des réunions afin d’écourter les débats et discussions, parfois trop longs à son goût. Autre exemple, qui reflète cette fois les renversements d’affinités et d’opinion des uns et des autres : François Fillon, François Bayrou et Philippe de Villiers ont, pendant un temps, fait partie d’un même mouvement qui a produit le texte appelé « Manifeste de la Rénovation », et ont donc partagé les mêmes idées et projets d’avenir. Etonnant, quand on sait qu’aujourd’hui, pas un des trois compères d’autrefois n’appartient au même parti ! L�� ���� ����� se présentent donc comme des ouvrages intéressants, tant par la richesse des informations fournies relatives à la vie politique, que par le style ne laisse pas de place à la retenue et au politiquement correct. À la lecture de ce deuxième tome on se demande si un troisième paraîtra afin de nous éclairer sur les années 2000 et pourquoi pas, sur les «années Sarko». A moins que le recul ne soit pas suffisant à Charles Pasqua pour porter un jugement sur celui qui, il y a peu de temps encore, fut son «apprenti politique» …


Oskar Schell, inventeur dépressif, enfant à ses heures perdues PAR MARION DEGEORGES

O���� S����� a neuf ans, il est inventeur, entomologiste amateur, épistolier, francophile, pacifiste, végétalien, origamiste, collectionneur de pierres semi-précieuses, de papillons morts de mort naturelle, de cactées miniatures et de souvenirs des Beatles. Il aime Stephen Hawking, les vêtements blancs et le National Geographic. Mais les ascenseurs, les transports en communs, les Arabes dans ceux-ci, les gratte-ciel, les ponts suspendus, les germes, les avions, la fumée et les sacs sans propriétaire provoquent en lui une vraie panique. Et pour cause, Oskar a été traumatisé par la mort de son père dans les attentats du 11 septembre 2001. U� �� ���� ����, c’est en trouvant une mystérieuse clé ayant appartenue à son père qu’Oskar décide de se lancer dans une improbable quête : trouver laquelle des 162 millions de serrures de New York City s’ouvre avec cette clé. Avec ce vaste est crucial jeu de piste, Oskar pense lever le voile sur le décès de son père : est-il mort asphyxié, carbonisé, explosé, suicidé… Cette clé devrait ouvrir les portes de son identité, de sa mémoire et surtout l’aider à accomplir un impossible deuil. D��� �� ������ de cet enfant surdoué, ultrasensible et d’une inventivité presque maladive, se dévoile une ville qui, un an après les attentats contre les Twin Towers, panse ses plaies et recèle autant de trésors que d’éclopés de la vie et des sentiments. Oskar Schell est une magnifique création romanesque, capable de faire rire, pleurer et de tout dire, même ce qui fait mal. Surtout ce qui fait mal. A��� E���������� ���� et incroyablement près, Jonathan Safran Foer s’avance en terrain littéraire miné et s’en tire avec grâce. A partir du choix toujours périlleux d’un enfant comme narrateur principal, il dresse un portrait fort et attachant, immergeant alors le lecteur, qui n’a jamais été aussi impliqué. Questionnant les vertiges de l’absence et la tentation du silence, il met en scène un objet littéraire inventif mais jamais artificiel, où pages blanches, photographies et explorations typographiques interrogent les meurtrissures de chacun, au sein d’une histoire qui broie sans pitié les êtres. Le talent de Safran Foer consiste à désamorcer la noirceur du propos par la drôlerie des réflexions incongrues et puissantes d’Oskar.

Extrêmement fort et incroyablement prêt de Jonathan Safran Foer Editions Point

litterature

Gros-Câlin de Romain Gary Editions Mercure de France

C�����, employé de bureau sans histoire, décide de mettre un terme à sa solitude en adoptant GrosCâlin. Les langoureuses étreintes de ce python de deux mètres vingt s’avèrent idéales pour combler le néant affectif du personnage. A �’����� �� �� ��� du python qui veut « faire peau neuve », ce premier roman écrit sous le nom d’Émile Ajar marque un renouvellement dans l’écriture de Gary. Le style y est plus libre, emprunt d’une naïveté qui rejoint souvent la poésie ; le romancier malmène le langage et ses clichés tout en subtilité, multipliant lapsus et jeux de mots, et signant ainsi un de ses plus beaux romans. On se délecte à chaque page de cette fable à la fois loufoque et tragique sur la solitude de l’homme ; car Gary est l’un de ces auteurs qui parviennent à jongler d’un registre à l’autre avec une parfaite aisance, faisant passer du rire le plus cocasse à l’émotion la plus intense. L���� �� ������� ce chef d’œuvre trop méconnu. L.C. 41


musique

PAR ARNAUD HÉRY

Aperçu de la scène jazz parisienne qui s’ouvre à d’autres genres et à d’autres auditeurs, faisant ainsi de nouveaux adeptes.

LEXIQUE C����� �� �� H������� : Lieu de rassemblement centenaire, aujourd’hui considéré comme le « temple du jazz » parisien. 5, rue de la Huchette Paris 5e. P�����, �������, ������ W��: Effets sonores obtenus par filtration ou désaccord d’un signal premier pour le moduler, lui donner plus de corps, de couleur. À ÉCOUTER E������ S������� T���: Viaticum, Tuesday Wonderland, Seven Days of Falling E��� T������: The Dawn, The Walk Of The Giant Turtle, Bending New Corners R�� H�������: Nothing Serious, With the Tenors of Our Time

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D��� ��� ������ de coton américains de la fin du XIXème siècle résonne le chant des esclaves noirs, leur cadence est donnée par l’alliance des voix du Gospel et des rythmes tribaux. La peine paraît moins lourde, le courage plus fort, le Jazz naît. D�����, les règles ont changé. Le Jazz swingy des années 30, que les orchestres de grande taille privilégiant les solistes au détriment de l’expression collective caractérisent, a marqué l’apogée de ce nouveau genre musical. Il a laissé sa place aux Miles Davis, trompettiste américain, connu en France pour la bande son du film de Louis Malle sorti en 1957, Ascenseur pour l’échafaud, et autres Bill Evans, pianiste américain, qui se démarque des autres, ayant préféré une plus petite formation. Aujourd’hui à Paris, c’est la profondeur et la liberté des trios baignés d’électronique, qui signent la nouvelle tendance. Ils ouvrent la voie aux pianos/phaser, contrebasses/pédale Wah et batterie/flanger. Lyrisme instrumental et génie du tempo. Les oreilles s’ouvrent, les yeux se ferment, la tête acquiesce. L� P���� J��� F������� 2009 du Parc Floral a accueilli de très nombreuses formations, de tous horizons. Proposé pour la seizième fois depuis sa création, il donne pendant les mois de juin et juillet, le ton à la ville de Paris qui se plie à la saison du jazz. Hommages aux anciens, clins d’œil à d’autres, découvertes ou retrouvailles, il y en a pour tous les goûts. C���� �����, hors du cadre de ce festival, le trompettiste Erik Truffaz, célèbre pour son union des plus innovantes de Jazz et de Hip-Hop, a, une fois de plus, été d’une créativité reconnue. Il a rythmé la scène parisienne avec Philippe Garcia, Murcof et Talvin Singh l’ont accompagné à Mexico, et il s’est produit avec Sly Johnson du Saïan Supa Crew. Trois projets, plusieurs festivals, un grand succès. Au programme : Tablâ (percussion indienne) et trompette minimale pour un surprenant accord entre Dub (variante du reggae) et Jazz-électro. D�� ����������� ���������� ont vu le jour, comme celle de Roy Hargrove et RH Factor qui ont eu à leurs côtés MC Solaar et Ron Carter au Théâtre du Châtelet. Le Rap, posé sur un morceau composé avec de vrais instruments en plus de 4 secondes et sans clic, (qui a dit que ce n’était plus du Rap?) redore enfin son blason. Solaar prête son flow et ses textes au jeu, et, chez soi, on réécoute Le Cinquième As. I� � � �� �� déjà, Esbjörn Svensson trouvait accidentellement la mort dans la baie de Stockholm à l’âge de 44 ans. Le pianiste suédois du trio E.S.T avait inspiré la nouvelle génération de Jazzmen des quinze dernières années. Assisté de Dan Berglund à la contrebasse et Magnus Östrom aux percussions et batterie, il lance la nouvelle vague mêlant jazz et électro, sans oublier ses origines (cf. son album Plays Monk) et ouvre le genre à un plus large public. La puissance des effets électroniques est mise au service des instruments classiques pour un style propre et singulier poussé jusqu’au posthume et expérimental album Leucocyte. Une belle façon de s’initier au Jazz.


musique

P��� ����� sous le nom de «Les Paul», il est le créateur de la guitare électrique «solidbody», à corps plein. C’est avec Gibson, la plus que célèbre lutherie tant appréciée de la communauté «guitaristique», que Les Paul sortit sa création du même nom qui le fit entrer dans l’histoire de la musique. D����� � ����� un instrument qui pourra être amplifié sans provoquer de larsen (sifflement), il développe le micro double bobinage fixé à un corps de bois plein, baptisé «la bûche». Ce projet n’a, dans un premier temps, pas emballé les constructeurs à cause de son air de «manche à balai avec un micro». Près de dix ans plus tard, en 1952, Gibson décide finalement de faire appel à l’inventeur, en lui offrant un contrat pour commercialiser cet instrument qui arbore alors la forme que l’on connaît. La guitare électrique est née! La Gibson Les Paul a eu de nombreux porte-paroles, tels que Jimmy Page, Pete Townshend et Slash, entre autres. On a pu voir la quasi totalité des guitaristes célèbres actuels jouer sur la Les Paul, qui partage néanmoins la vedette avec la Fender Stratocaster, sœur ennemie des premiers jours. Mais il ne s’est pas arrêté là, puisqu’en modifiant un magnétophone, il a également créé le premier magnétophone multipistes, révolutionnant ainsi les méthodes d’enregistrement. Il est encore l’inventeur du concept du «vibrato», un chevalet mobile modulant la tension des cordes, et de quelques pédales d’effets. «E� ����� �� ���� de la guitare électrique, il n’a pas seulement été le plus grand inventeur du monde, mais également une légende qui a créé, inspiré et assisté le succès des musiciens autour du globe.» déclare David Berryman, le président de Gibson Guitar. C’est donc une figure essentielle et pourtant discrète, de l’ingénierie du son, de la musique et de la lutherie qui s’est éteinte, en laissant pour héritage la polyvalence et la chaleur de cette guitare légendaire.

Les Paul, PORTRAIT D’UN CRÉATEUR ET D’UNE CRÉATION PAR ARNAUD HÉRY

Le 13 août 2009, disparaissait l’américain Lester William Polfuss, à l’age de 94 ans, des suites d’une complication de pneumonie.

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musique Alternatif dans les faits, Trip Hop dans l’esprit, définitivement Indie, le premier album de The XX est probablement l’un des disques qui tournera le plus dans votre platine cet automne. Un son doux et reposant sort des enceintes pour vous entraîner dans une douce rêverie. L’alliance des voix de la chanteuse et de son alter-ego masculin a quelque chose d’envoutant, tout comme le parfait dosage entre la basse et les parties de guitare. Si cet album était un dessert, ce serait un énorme gâteau au chocolat nappé de crème anglaise, dense et léger à la fois, que l’on se plairait à déguster en prenant notre temps... D.D.

Les 3 albums les plus attendus de l’automne: INDIE JULIAN CASABLANCAS (Strokes) PHRAZES FOR THE YOUNG THE XX, XX

DISPO À PARTIR DU 20 OCT.

HIP HOP JAY Z THE BLUEPRINT 3 DISPO À PARTIR DU 14 SEP.

TRIP HOP AIR LOVE 2 DISPO À PARTIR DU 6 OCT.

LA DISPUTE, SOMEWHERE AT THE BOTTOM OF THE RIVER... Un démarrage doux et mélancolique, des guitares entre l’arpège blues et les rythmiques incisives du punk, une voix habitée qui bascule progressivement dans le désespoir et une batterie qui ponctue le tout à merveille... Ce nouvel album de La Dispute est sans aucun doute la perle que les amoureux d’une musique peu conventionnelle attendaient depuis un moment. Surprenant au premier abord (la voix ne prend tout son sens qu’après plusieurs écoutes), le disque ne manque pas de nous montrer que la musique peut être totalement barrée sans perdre la moindre once d’émotion. Du début à la fin, La Dispute communique avec vos tripes! D.D.

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MUSE, THE RESISTANCE Trois ans après Black Holes and Revelations, le groupe anglais revient et entre en résistance. Un nouvel album sous le signe de la mégalomanie, avec un premier single Uprising qui se veut hymne de stade, un titre United States of Eurasia qui sonne comme du Brahms avec guitare, et pour conclusion Exogenesis, une « symphonie » (selon les mots de Matt Bellamy) découpée en trois titres distincts sur lesquels un orchestre intervient. Pour ce qui devrait être le dernier opus du groupe à sortir selon le modèle « premier single/album/ concerts/deuxième puis troisième single », il s’agit donc de mêler la recette électro-rock qui a fait le succès du précédent album avec une touche de grandiose orchestral. L’ennui est qu’à trop donner dans le grandiloquent le delirium guette, et le groupe s’y effondre : plutôt que de chercher à être Brahms, Muse devrait se contenter d’être… Muse. A.H.


musique

KID CUDI, THE MAN ON THE MOON : THE END OF DAYS

PAR AURELIEN HUBERT

Pour la rentrée hip hop, il y a bien évidemment le nouvel album de Jay-Z, de retour de sa quarantième retraite anticipée, en espérant que la prochaine sera la bonne. Sinon, Kid Cudi sort son premier album. Originaire de Cleveland, sa première mixtape lui a permis de se faire remarquer et de s’offrir un featuring de Kanye West pour son premier single. Prévoyant, il s’était préalablement entouré des Crookers pour le buzz single Day’n Night, auquel vous n’avez pu échapper cet été à moins de partir en camping dans une grotte. Ce n’est pas trop grave si vous ne comprenez pas les paroles (au pire, il y a azlyrics.com), dans la mesure où la production excelle, tantôt alternative, roots, electro, enfin un peu de tout mais toujours de bon goût. Le seul embarras est la tendance désormais classique du sur-featuring, soit s’y mettre à trois voire quatre rappeurs sur un même morceau, et le triple en writing credits. Donc non, Kid Cudi n’est pas le messie du rap, mais permet de renouveler le genre en l’ouvrant aux autres styles musicaux. C’est d’autant plus salvateur que, la dépêche vient de tomber, Jay Z va prendre sa retraite.

WHITNEY HOUSTON, I LOOK TO YOU Il y a neuf ans, Whitney expliquait que « crack is whack », et chantait « my crack is your crack ». Cette vilaine habitude de partager ses vilaines habitudes l’a conduite en clinique, faisant au passage la une des tabloids. S’étant faite oubliée - et espérons le ayant sorti de son vocabulaire le terme « whack » - elle revient avec… de la musique !! Inutile de s’emballer toutefois, tant l’esprit des nineties/eighties/hasbeenties imprègne cet opus, en passe de devenir l’antonyme de « réussite». Au menu : le slow qui tue, le gros son uptempo rnb, le slow qui endort, le petit son uptempo rnb, et ainsi de suite à moins que votre platine cd n’ait eu pitié de vous et feint la panne électrique. Quant à sa voix, Madonna semble l’avoir dûment renseignée sur l’utilisation de l’ordinateur, l’intégralité de l’album étant en duo avec Vocoder. Reste à savoir si le nouvel album de Mariah Carey prévu en octobre sera du même acabit, auquel cas la clinique des divas usées va retrouver ses deux patientes préférées.

THE BLOODY BEETROOTS, ROMBORAMA Signés sur le label Dim Mak fondé par Steve Aoki, les Beetroots enchaînent les sets depuis 2007, suscitant l’intérêt par leurs remixes autant que par leurs propres productions. Il leur a fallu attendre fin 2008 et le titre Rombo pour bénéficier d’une reconnaissance égale à celle de leurs influences Justice et Boys Noize, reconnaissance qui ne cesse de croitre depuis. Le Social Club était bondé en février lors de leur passage, Paris n’étant pas la seule capitale à avoir succombé à leur conception acide de l’electro. Un second single Cornelius confirme leur prééminence, tandis que leur premier album est sorti le 25 août. Quant à la date de péremption du duo, il y a fort à parier qu’elle soit dès l’an prochain… le monde de l’electro tourne vite, Van She et Boys Noize en ont fait les frais. 45


societe E� 1985, paraissait le mythique et atemporel « Retour vers le futur » (Back to the future) de Robert Zemeckis, en partie produit par Steven Spielberg, où Doc et Marty (Christopher Lloyd et Michael J. Fox) voyagent dans le temps, en s'efforçant de rassembler pour chaque trajet la puissance de « 2,21 gigawatts » dans le convecteur temporel de leur DeLorean. Cette énergie est fournie dans un premier temps par du Plutonium, puis par la foudre. De retour d'un futur plus ou moins lointain (2015) Doc conduit Marty à travers le temps, en utilisant... des peaux de bananes, des canettes usagées de bières et autres déchets. Le recyclage! La production d'une énergie capable de transporter dans le temps à partir de détritus. Nom de Zeus, mais c'est bien sûr! Dans le futur, les humains ont compris la nécessité de traiter l'intérieur de nos poubelles : une nouvelle énergie et une planète propre. L� �������� ����� au cinéma prend déjà place avec les réalisations de Hayao Miyazaki entre 1965 et 2008. Ses films d'animation portent les traces de la peur de l'instinct destructeur humain. Marqué par la dévastation de Hiroshima et Nagasaki, il construit des histoires qui évoquent la confrontation des puissances de la nature, de l'homme assoiffé de pouvoir et de ses machines. D��� ��� ������������ « D'autres Mondes », Jan Kounen nous laisse entrevoir par son voyages auprès des chamans Shipibo une culture millénaire inchangée, où le pouvoir vient des plantes institutrices et sacrées. WALL-E, des studios Pixar, surprend par ses clins d'œil aux grands classiques du cinéma ainsi que par l'émotion que dégage le touchant robot éponyme, seul sur notre planète abandonnée aux effets de la surconsommation. "H���" de Yann Arthus-Bertrand constate la situation en exposant des images sensationnelles en haute définition, vues du ciel. Sa sortie mondiale et son concept de distribution affirment la volonté de passer le mot: tout n'est pas perdu, protégeons ce qu'il nous reste. D���������� ���������, un message, milles idées. La sensibilisation au sujet de l'environnement et de sa protection n'est pas récente. Elle peut passer par la présentation d'inconnus d'aujourd'hui, d'un présent fantastique, d'un futur possible ou rempli de fiction, pour préserver notre Terre et celle de nos successeurs.

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PAR ARNAUD HÉRY

ecomovies, l’ecologie autrement Ce n'est pas parce qu'on ne signe pas chez les Verts qu'on ne peut pas avoir d'avis sur l 'écologie. En bons conseillers, certains réalisateurs préfèrent éveiller les foules par les images, plutôt que par un message moralisateur.


societe PAR CHRISTINA BÉZÈS

L’URBANISME VERT La révolution verte se met en marche et la construction d’« écoquartiers » en Europe montre le chemin en matière d’urbanisme durable et d’écologie de terrain.

L� ������������� ������� et l’écologie sont les nouveaux mots d’ordre et n’épargnent aucun secteur. L’urbanisme en fait partie et pour cause! Selon l’Agence Internationale de l’Energie, la consommation énergétique des logements représente plus du tiers de la consommation d’énergie dans le monde. U� ��� ������� �� E�����, de plus en plus de particuliers s’équipent de panneaux photovoltaïques, font appel aux dernières technologies en matière d’isolation ou de chauffage, veillent au bon positionnement de leurs maisons, récoltent les eaux de pluie. Mais, à part la collecte des déchets et l’accès aux transports en commun, rares sont les initiatives à l’échelle d’un quartier voire d’une ville. N��������, il existe en Europe quelques villes pionnières en matière d’éco-quartier, comme Hanovre en Allemagne. Le quartier de Kronsberg, en construction depuis 1990 abrite déjà 6300 résidents et 2500 employés. Avec son utilisation massive d’énergies renouvelables, ses lotissements à basse énergie, sa gestion écologique des sols et des eaux et sa ferme bio à la périphérie, Kronsberg est un vrai modèle d’urbanisme vert. En Allemagne encore, le quartier Vauban à Fribourg possède un ensemble de maisons à énergie positive. Comme leur construction suit au détail près les normes HQE (Haute Qualité Environnementale) et qu’elles sont alimentées par l’énergie solaire, elles produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment. De plus, la participation citoyenne est une règle d’or et intègre la population dans le processus de construction et d’aménagement à travers l’association le « forum Vauban ». A� R������-U�� ����� ����, le quartier BedZed (Beddington zero energy development) au sud de Londres est un quartier « zéro émission » qui allie une architecture écologique, des modes de transport doux et fait la promotion du développement économique local. I� ������ �’������ ����� ������� conçus selon le même concept, comme au Danemark, le quartier Vesterbro à Copenhague, en Finlande, le quartier Viikki près d’Helsinki ; en Suède, la ville de Malmö et le quartier Hammarby Sjostad en périphérie de Stockholm; aux Pays-Bas, le quartier Eva-Lanxmeer à Culemborg…Tous ont pour objectif de permettre aux habitants de mener un mode de vie durable alliant modernité, mobilité et urbanité. C�� ������������ ���� �� ������� de l’urbanisation verte et une source d’inspiration pour d’autres pays, comme par exemple la Chine qui a pour projet de développer une ville écologique ex nihilo à Dongtan. Il ne s’agit pas ici de faire évoluer un site existant, mais de partir de zéro sur une île marécageuse, vierge de toute habitation. Mais les Emirats Arabes Unis aussi prévoient de construire « une oasis verte » à Masdar, un projet très futuriste! E� �� F����� ? On y construit aussi des bâtiments à haute qualité environnementale (HQE) mais à quand un quartier entier, une ville entière? Elle tarde un peu, mais des projets sont en cours à Rungis, près de Paris, et à Rennes, à découvrir très prochainement... 47


societe

PAR DIANE-LAURE ZIPPER

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Une journée à Dubaï, récit et impression S� ����� de sept heures de vol séparent Dubaï de Paris, le dépaysement est total : arrivée à l’aéroport, une chaleur accablante. Déjà la ville m’apparaît cosmopolite, les femmes plus ou moins voilées : jupes courtes et burqas marchent côte à côte… 200 nationalités se côtoient. T���� ������ cohabitent et parfois même s’évitent ici : la riche société émiratie, les Occidentaux venus faire fortune et des centaines de milliers d'Indiens et de Pakistanais attirés par la politique de grands travaux de l’émirat, marginalisés (alors qu’ils représentent 65% de la population immigrée de Dubaï, laquelle est étrangère à 85%) et rentrant tous les soirs dans des cars bondés qui les mènent dans des dortoirs en tôle surchauffés de la banlieue de Dubaï, une banlieue qui s’apparente plutôt à un désert. T��� ��� ���� pour éblouir dans cette ville, mais il ne faut pas trop chercher à voir au-delà. Je suis, en effet, bien déçue en apprenant que tous ces bâtiments, ces gratte-ciels et ces tours ne sont que du «tape-à-l’œil» : les matériaux sont de mauvaise qualité et, déjà, la plus haute tour, « Burj Dubaï », commence à s'enfoncer (un signe de la crise immobilière actuelle…?). On détruit de « vieux » immeubles trentenaires pour construire, reconstruire... Les gens achètent et vendent sans arrêt, tout y est éphémère, artificiel… L’�����-����, je rejoins des amis au cinéma du 'Mercator' de Dubaï (encore un centre commercial...). Rien de culturel ici : la vie sociale, touristique, voire familiale se regroupe dans ces immenses «malls», dotés d’une multitude de magasins, d’attractions, de cafés et de restaurants. J’entre dans un taxi qui tente un détour « touristique » à mon insu. A 17 heures, la circulation est bloquée, la grande route de Dubaï est totalement encombrée, tout le monde rentrant du travail. Impossible de rester écolo dans sa voiture émiratie, la clim demeure indispensable. L’air est si brulant en été, si humide, le grand luxe des palaces étant la piscine réfrigérée, l’eau du robinet comme la mer, demeurent imperturbablement chaudes. M��� �����, d’où vient l’attraction mondiale exercée par ce microÉtat? Pas du patrimoine culturel, c’est le moins que l’on puisse dire, d’autant que les rares projets de musée ou d’exposition ont été totalement délaissés à cause de l’immense crise immobilière qui touche la ville depuis moins d’un an. Les touristes aisés y viennent quelques jours, la plupart pour le shopping, les plus curieux pour skier au milieu du désert, les plus aventuriers pour une escapade dans le désert. M��� �� ���� des trentenaires du monde entier qui viennent faire fortune dans une cité attirant les plus qualifiés par des salaires exorbitants et un mode de vie apaisant (chauffeur conduisant le plus polluant des 4x4, femmes de ménages, nounou pour les enfants). Car vivre à Dubaï signifie une journée intense de travail récompensée par une vie facile et des loisirs à portée de main, ces loisirs étant souvent des jeux qui amusent autant les jeunes cadres que leurs enfants (paint-ball, carting…). A leur arrivée, ils disent qu’ils ne resteront que trois ans, mais l’argent coulant à flot, la vie étant si aisée, la plupart reste bien plus longtemps, dix ans parfois… Le bref coup d’œil que je trace semble certes pessimiste, cependant un mois à Dubaï c’est sympa, y vivre peut-être pas !


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cinema

L� ������ est avide d’histoires réelles. De héros authentiques. Les productions de cette année nous PAR MARIE-BLANCHE PAUMIER l’ont confirmé, entre Slumdog Millionnaire, Coco avant Chanel, et Bronson…J’en passe. Cela peut apparaître comme une solution miracle aux scénaristes en mal d’idées : un scénario déjà écrit portant la mention racoleuse « histoire vraie ». C�������� c’est un exercice plutôt délicat qui flirte avec cette épineuse question : comment dépeindre des existences si complexes à l’appui de seuls récits de presse et témoignages ? Le risque ici est de créer des stéréotypes, sous l’identité de personnages réels fantasmés. Tout ceci se traduit particulièrement dans les films de gangsters ; le mythe Bonnie & Clyde fascine toujours. C���� ����� il s’esquisse à travers Mesrine de JeanFrançois Richet, à la française, et Public ennemies, de l’américain Michael Mann. À première vue, ces deux films se ressemblent peu. L’un nous décrit les frasques de John Dillinger dans les années 30 à Chicago, l’autre les dérives de Jacques Mesrine à Paris, trente ans plus tard. Deux réalisateurs assez aguerris,Un sujet commun : l’histoire d’un braqueur à la réputation controversée. Cependant on réalise vite que le déroulement, et les personnages de ces films sont d’une ressemblance troublante. Il existe donc un cursus braqueur de banque ? D��� ��������� cinégéniques, qui relèguent les autres personnages au statut de faire-valoir face à leurs personnalités écrasantes. Deux acteurs mûrs, un Johnny Depp impeccable qui parvient à donner du caractère à un personnage pourtant édulcoré pour un public américain sensible, et un Vincent Cassel, qui n’en est pas à son premier rôle de dur (Les Promesses de l’Ombre, La Haine…) et excelle en ce domaine. Il est certain que leurs prestations exceptionnelles, mais personnelles font tout l’intérêt de ces deux films. Il existe un grand souci de l’esthétique chez Mann ; voitures magnifiques, costumes raffinés, et plans très travaillés, sont omniprésents. Cet aspect est plutôt secondaire chez Richet, plus attentif à l’authenticité et à la crédibilité de son film et de ses acteurs. On se souviendra que Vincent Cassel a pris une vingtaine de kilos pour son rôle alors que Johnny Depp est simplement doté d’une fausse balafre. U�� ����� ��������� : Des hommes qui refusent le conformisme, mais avant tout des hommes, dont le métier diffère un peu du vôtre ! Humanisation du mal et apologie l’illégalité, un parti pris dangereux avec lequel jonglent Mann et Richet. Ils ont leurs amis, leurs femmes, leurs soucis personnels, seulement ils braquent les banques comme vous feriez vos courses. Puis, vient la notoriété, qui fait naître un narcissisme et un délire de surpuissance chez ces dieux voleurs… et tueurs, « c’est pas drôle mais on est bien obligés de faire taire celui qui s’met à gueuler». Là est la différence fondamentale entre ces deux films et même entre ces deux cultures. Le puritanisme américain occulte une partie de cette violence, la limitant à des fusillades inévitables, mais elle apparaît dans toute son horreur dans Mesrine. Alors qu’elle paraît nécessaire pour la survie de Dillinger, elle est souvent gratuite chez Mesrine, ce narcissique attaché au respect de sa personne, qui aime à l’inculquer par les poings et le sang. L� ������ ������� est de mise, il s’affirme davantage chez Richet avec la division du film en deux parties : gloire et décadence: un schéma à la Barry Lyndon( ?). Notre pauvre braqueur, perdu, corrompu par la société( la prison pour Dillinger et l’Algérie pour Mesrine) se laisse doucement aller à la voie du banditisme, avec succès, rencontre son alter égo féminin, complice et consentante, se fait une réputation. Enivré par un sentiment de surpuissance il multiplie ses coups jusqu’à se retrouver ennemi numéro 1, et là commence la chute. Solitude croissante, ombre d’une mort qui les guette et se fait de plus en plus présente… et pressante. Sursaut d’humanité, au cinéma devant Clark Gable pour Dillinger et dans le témoignage laissé à sa compagne pour Cassel. F��������, veuve éplorée, générique, vous savez maintenant de quoi la vie d’un gangster est faite !

Le gangster est a la mode

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A ���� ������������, campagne de pub exceptionnelle. On sent que la Fox joue gros avec ce film qui risque bien d’être sa prochaine poule aux oeufs d’or, et surtout le moyen de redorer son blason après une année plutôt désastreuse d’un point de vue qualitatif (X-men Origins : Wolverine, Street Fighter, Dragon Ball Evolution...). Car une preview gratuite de 15 minutes, relayée dans une centaine de salles dans le monde entier peut être un excellent déclencheur du bouche à oreille et créer l’attente ou bien l’erreur marketing du siècle. Quoi qu’il en soit, Cameron et la Fox ont confiance en leur produit et ils ont bien raison. Doté d’un budget pharaonique de près de 300 millions de dollars - impossible de trouver les chiffres exacts, compris entre 270 et 400 millions - Avatar est avant tout un pari technique. Des outils de captation de pointe pour allier le dispositif IMAX et la 3D, un travail de post-production énorme (le tournage s’est terminé en Décembre 2007) dans la simple optique de «révolutionner le cinéma». Un terme utilisé à tort et à travers dans le milieu du cinéma et du marketing en général, mais qui prend ici son véritable sens. E� ������ �������, nous arrivons bien en avance au Gaumont Disney Village de Marne la Vallée, la seule salle IMAX en France, pour profiter pleinement de l’expérience offerte par le film, et pour le voir dans le format pour lequel il a été conçu. L’ouvreur qui a déjà pu assister à une séance nous explique que selon lui, il y aura de toute façon un avant et un après Avatar. La pression monte. L� ������� �������� par une très courte présentation de James Cameron puis les premières images permettent de s’habituer aux lunettes 3D avant la déferlante à venir. Tourné en Performance Capture, un dispositif permettant de capter les mouvements des acteurs ainsi que les expressions faciales, le film met en scène un soldat paraplégique qui va prendre le contrôle de son «Avatar», une sorte de corps animal extraterrestre. Et c’est là que se justifie la technologie utilisée pour le film : donner vie à cet Avatar et lui donner les traits d’un être humain. La vision de l’avatar, le regarder se mouvoir et pouvoir observer le moindre des pores de sa peau sont les premiers détails frappants. Le rendu est photo-réaliste et il est ainsi difficile de concevoir que ce monstre devant nous est en image de synthèse. Tout comme la végétation luxuriante de Pandora, la planète d’Avatar, entièrement modélisée en 3D et tellement détaillée, tellement riche à observer qu’une sensation inégalée nous prend de court. Et pendant quelques très courtes secondes, l’impression d’y être se fait ressentir. L’oubli de la salle de cinéma et l’attraction provoquée par ce monde qui s’offre à nos yeux remettent en cause tout ce que nous avions vu jusqu’à présent. La magie opère donc, et l’expérience est difficilement quantifiable d’un point de vue émotionnel. C’est simplement nouveau. L’écran n’est plus un obstacle à l’immersion. I� � � �������� ����, un rédacteur du Time avait vu en exclusivité une partie du film et avait ressenti dès le lendemain une sorte de nostalgie ambiante, le sentiment d’avoir rêvé d’y être allé. Une pensée normale selon James Cameron, qui affirme qu’il est évident que la vision d’un film en 3D à ce point immersif peut provoquer des connections cognitives jamais produites auparavant. O� ����, ������, reprocher plein de choses à Avatar : son design très «Heroic Fantasy», ses couleurs peut-être un peu kitsch mais ce sont incontestablement les amorces de l’imaginaire. Lorsque la projection se termine, c’est avec honte qu’on dissimule la tristesse étrange d’une première fois. Une frustration latente aussi. Mais les cris dans la salle sont trop forts pour que l’on reste perché là haut.

cinema

PAR STAN C

Ce qu’il s’est passé pendant ces 15 minutes.

Le Avatar Day, le 21 Août dernier, était une petite surprise de James Cameron faite à ses fans pour la sortie de son prochain film à la fin de l’année, le très attendu Avatar.

Avatar de James Cameron (Sortie prévue le 16/12/09)

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cinema

PARKING de Chung Mong-Hong …O� �’�������� d’une nuit ou tout dérape pour Chen-Mo, un jeune taïwanais tentant de rétablir par un dîner un lien digne de ce nom avec sa femme. La cause de tous ses déboires : une voiture garée en double file l’empêchant de repartir de la pâtisserie, où il avait acheté le dessert. La recherche du propriétaire de la voiture en question va l’amener à rencontrer, le temps d’une nuit, une galerie de personnages plus excentriques les uns que les autres. L� ��������� au Festival de Cannes dans la catégorie «Un certain regard» de Parking permet au jeune réalisateur Chung Mong-Hong, dont c’est le premier film (après un passage par la publicité et le documentaire), de se faire connaître de belle manière du grand public. En effet s’il ne réalise pas un sans-faute, il nous met avec talent l’eau à la bouche et affiche de belles promesses. A ��������� ��� la photographie, dont il s’est lui-même chargé. Cette nuit de Taipei est un plaisir pour les yeux et contribue grandement à la qualité du film, lui donnant sa couleur et son intensité. Côté scénario, le film semble moins maîtrisé et il nous égare parfois ou nous empêche de véritablement «accrocher» par trop de changements de tons, d’histoires, de rythme. A noter quelques touches d’humour assez irrésistibles et qui contribuent à la singularité du film. P.P.

PAR LERNA SAHINCIK

LES DERNIERS JOURS DU MONDE des frères Larrieu Alors que s’annonce la fin du monde, Robinson décide de partir à l’assaut des routes de France et d’Espagne pour oublier ses échecs amoureux. A �� ��-�������, les internautes découvraient la bande annonce du dernier film des frères Larrieu (après Peindre ou faire l’amour et Le voyage aux Pyrénées). Aussitôt, des centaines de commentaires cinglants s’étaient mis à fuser, fustigeant à travers cet « énième film » la médiocrité du cinéma français, ses mises en scènes « convenues », ses acteurs « plus que moyens », ses longueurs et sa propension à intellectualiser chaque situation. Âpre constat, me direz-vous. Cependant – et fort heureusement -, un film ne se résume pas à une bande annonce. Pas plus que le cinéma français, d’ailleurs. L� 19 ���� dernier, les curieux et les habitués des salles obscures ont donc été les premiers à oser consacrer 2h10 de leur temps à la découverte des « Derniers jours du monde ». Et ils ont eu raison. En s’inspirant de deux nouvelles de Dominique Noguez, les frères Larrieu ont imaginé un scénario tout à fait déroutant et détonnant, mêlant à la fois les genres de la science fiction, du road movie et du drame sentimental. L’ironie et l’humour ne sont pas en reste non plus – on retiendra la réplique déjà presque culte de Karin Viard, « C’est fou ce qu’on baise quand ça ne va pas » NdlR -, et il est clair dès la première minute que l’intégralité des scènes est à déguster au second degré. C�� ����������� �������� est par ailleurs porté par un cortège d’acteurs au sommet de leur art, qui parviennent à donner à leurs personnages une profondeur qu’on n’oserait espérer dans des situations aussi ubuesques. En héros désorienté, Matthieu Amalric porte savamment à l’écran la douce folie des deux réalisateurs dont il est l’un des acteurs fétiches depuis les tournages de La Brêche de Roland et Un Homme, un vrai. Quant aux performances de Catherine Frot et Karin Viard, l’une en épouse abandonnée qui se désinhibe à vitesse grand V et l’autre en responsable ministérielle émancipée, elles sont plus que crédibles. On notera aussi la présence de Sergi Lopez, inoubliable en ténor homosexuel, et l’apparition jubilatoire de Sabine Azéma en grande robe Lacroix. L’onirisme de ce petit chef d’œuvre cinématographique est palpable à chaque instant, mettant en évidence que la vie touche à sa fin et, par conséquent, que toutes les transgressions deviennent possibles et les désirs réalisables. E� ����������, il ne fait pas bon se fier uniquement aux bandes-annonces ces temps-ci. Ni aux idées préconçues. « Les derniers jours du monde » n’est pas un mauvais film, ses personnages ne sont pas contrefaits ou cérébraux, et sa mise en scène sort mille fois de l’ordinaire. Et pourtant ce film est français, n’en déplaise aux internautes. 52


sorties RESTAURANT adresse: 29, rue Saint-Georges, 75009 Paris

Le restaurant seul s’appelle « Georgette », mais quand on y pénètre, on s’aperçoit qu’on est bel et bien « chez Georgette », peu importe ce qu’en dit le nom, c’est l’esprit de la patronne qui prime avant tout. Sa gentillesse : elle accueille dès l’entrée, n’a d’égal que la qualité des produits servis dans son restaurant. Ses herbes, légumes et vins viennent tout bonnement des quatre coins de France et sont réunis dans nos assiettes. Au menu, une bavette délicieuse et des desserts originaux. Allez-y aussi pour la salle, multicolore et tapie de miroirs, pour les chaises en mousse, le tout reconstituant l’esprit « resto français des années 60 » et une atmosphère décontractée. Attention cependant à vérifier les horaires, le restaurant est fermé le week-end et le lundi; c’est dommage pour un restaurant si agréable d’être fermé pendant les heures de détente… C.T. Le bar est petit, mais le choix impressionnant pour les amateurs de cocktails : la carte en propose pas moins de 300, aux noms plus farfelus les uns que les autres. On trouve les classiques bien évidemment, mais on en découvre aussi des inédits, comme le « trublion » qui relève la crème de framboise avec du sirop de pomme verte, un régal ! Situé entre le Panthéon et le Luxembourg, ce bar s’est imposé, dès son ouverture qui remonte aux années 60, comme le repère des étudiants du quartier latin. Le public est multiple et les rencontres faciles, du fait de la taille du bar, propice à la contiguïté. Le plus ? Savourer son cocktail, assis à une table d’écolier, gribouillée de graffitis ! Ouvert du lundi au samedi, de 22h à l’aube ; happy hours jusqu’à minuit, du lundi au jeudi. L.W. BAR adresse: 6, rue Royer-Collard, 75005 Paris

Le scorpion, ça vous évoque quoi ? Pour les habitués du « Pub Saint Ger », ce n’est ni un animal, ni une constellation, ni même un signe astrologique… mais un cocktail. A base de vodka, de crème de framboise et de pêche, agrémenté de fraises Tagada, de bonbons bananes et de chamallows, il est servi dans un grand saladier. Sa particularité ? Il se boit à deux ou à trois. L’occasion de (re)découvrir ce lieu mythique que nos parents avaient déjà l’habitude de fréquenter, tout en appréciant la nouvelle décoration de Jonathan Amar. Il nous emmène dans les contrées asiatiques et orientales, depuis que Thierry Bourdoncle a repris le bar, en mai 2005. Ouvert 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, il propose un service en continu ; happy hours tous les jours entre 18h et 20h sur les bières et les cocktails. L.W. BAR adresse: 17, rue de l’Ancienne-Comédie, 75006 Paris

NIGHTCLUB adresse: 142, rue Montmartre, 75002 Paris

Depuis la fermeture du Paris Paris puis de la Flèche d’Or (sortez les mouchoirs), il ne reste que le Social pour vous assurer une soirée réussie avec un set de qualité pour vous accompagner (rangez les mouchoirs). En soi la configuration du club n’a rien d’exceptionnelle, mais au 142 rue Montmartre l’accent est mis sur celui qui se produit, et c’est une différence de poids. En septembre notamment, Yuksek et Digitalism. Ils font suite aux pointures de l’électro que sont Tiga, les Beetroots, Steve Aoki, Miss Kittin, Bloc party, tout en laissant place aux groupes qui montent ; avant-gardistes et confirmés s’y retrouvent donc. Quand on sait que l’entrée est peu coûteuse, généralement 15 euros, et que les physionomistes laissent entrer tout type de profil, le Social semble presque le seul endroit à Paris où sortir un costume DolceGabbana vous vaudra la sortie, et pas l’entrée. Comme quoi, tout n’est pas snobisme dans le monde de la nuit ! A.H. 53


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LXXV Magazine - Numéro 1