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« Il faut couvrir le clavier En 2011, avec sa main libre 649 vols quand on tape son code de cartes bancaires par secret » « shouldersurfing » ont Pa me la R EN D ER S ( Fe b e lf i n) été enregistrés.

L’INFO

Vols de cartes devant les distributeurs : le boom

REPORTERS

JEUDI 12 JANVIER 2012

Vols de cartes bancaires : le « shouldersurfing » a doublé Regarder son code pardessus l’épaule d’un client avant de lui voler sa carte. Le phénomène a doublé en un an. Son nom : le «shouldersurfing ». ●

Par ailleurs, même si les fem­ mes restent la cible majoritaire des « shouldersurfers » en 2011, « la part des hommes victi­ mes de ce phénomène est passée de 37 % à 45 % en un an ». Bonne nouvelle cependant : si le « shouldersurfing » est en hausse, le « skimming », lui, est en baisse de près de… 100 %. Une technique qui consiste à passer une carte volée dans un appareil pour déchiffrer les in­ fos contenues dans la bande noire. Raison de cette chute : le renforcement des mesures de sécurité prises par les banques, explique la police fédérale.

Lu c i l e J E A N N I A R D

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Reporters Press Agency

ous retirez de l’argent au distributeur quand une personne à côté de vous laisse tomber un billet de ban­ que. Serviable, vous vous pen­ chez pour le lui ramasser. Mais en vous relevant, votre carte bancaire a disparu. Vous pen­ sez qu’elle a été avalée. En fait, non : elle a été subtile­ ment volée par le complice du semeur de billet. Et avec un peu de chance pour les voleurs, En 2010, 317 faits de vol par vous ne vous en rendez compte « shouldersurfing » ont été en­ que quelques heures, quelques registrés par la police belge, jours plus tard… tandis qu’en 2011, ce chiffre est passé à 649. Autrement dit le Des scènes phénomène de « shouldersur­ de plus en plus fréquentes fing » a doublé en un an. Une Des scènes comme celles­ci se technique qui demandé une produisent de plus en plus certaine audace. souvent : le voleur regarde le « Les voleurs prennent de plus en code secret par­dessus l’épaule plus d’assurance », confirme­ de sa victime avant de voler la t­on à la police fédérale. 55 % carte par une quelconque ruse. d’entre eux sont âgés de 15 à 25

Composer son code sans masquer le clavier… Un des meilleurs moyens pour se faire vider son compte à vue.

ans. Leurs cibles ? Principale­ ment les femmes et les person­ nes âgées. Les femmes et les personnes âgées comme cibles

Cacher le clavier Face à ces vols de cartes ban­ caires par « shouldersurfing », Pamela Renders, de la Fédéra­ tion des banques (Febelfin), rappelle quelques gestes de prévention : « Ne jamais noter son code secret sur sa carte ou ailleurs, explique­t­elle. Ou en­ core ne pas se laisser distraire lors d’un retrait au distributeur ; ou couvrir le clavier avec sa main li­ bre lorsqu’on tape le code ». En cas de vol, le premier ré­ flexe à avoir est de composer le numéro « cardstop » à toute heure du jour ou de la nuit, afin de bloquer la carte. ■

« Presque 75 % des victimes ont plus de 55 ans ; ce chiffre étant stable entre 2010 et 2011, cons­ tate la police fédérale. Par con­ tre, une légère hausse du nombre de victimes de plus de 85 ans est à signaler ». > Cardstop : 070/344 344

Canular : code pin à l’envers Faire son code secret à l’envers permettrait de contrer les vols de cartes bancaires… Si vous recevez cette information par mail, sachez qu’il s’agit d’un hoax (canular). D’après ce message, taper son code pin à l’envers lorsque vous êtes forcés de retirer de l’argent sous la menace d’un voleur permettrait au distributeur de générer une alerte. La machine donnerait alors l’argent demandé, mais bloquerait immédiatement la carte avant d’avertir la police. Rien de vrai dans tout ça, évidemment, explique-t-on à la police fédérale. Qui renvoie au site «hoaxkiller.fr », spécialisé dans la détection de ce type de faux messages. Dans le cas présent, selon le site, c’est une employée d’une banque canadienne qui aurait lancé cette rumeur, croyant bien faire… Hoaxkiller.fr recommande d’ignorer ce message et de ne pas le faire suivre afin de stopper la chaîne.

Doubler les paiements électroniques Payer avec son GSM : La Belgique l’argent à la banque, explique Pa­ mela Renders. Mais régler en cash augmente également le coût de traitement car utiliser la carte bancaire réduit les files d’attente en caisse ».

compte un milliard de paiements électroniques par an. Les banques veulent doubler ce chiffre. Lucile JEANNIARD

M

ultiplier par deux le nombre de paiements électroniques d’ici 2015, c’est l’objectif de Febelfin, la Fé­ dération du secteur financier. « Nous souhaitons passer d’un à 2 milliards de paiements électroni­ ques par an » précise Pamela Renders du service communica­ tion de Febelfin.

Reporters

Pour atteindre les 2 milliards

Payer par carte évite aux commerçants d’avoir à porter du cash à la banque.

ques ? Parce que le coût lié aux paiements en cash est plus élevé que pour les paiements par carte. Pourquoi cet objectif ? « Payer en liquide induit par Pourquoi vouloir augmenter le exemple plus de frais sur le plan de nombre de paiements électroni­ la sécurité puisqu’il faut amener

Pour atteindre cet objectif, plu­ sieurs moyens vont être mis en place. « Febelfin souhaiterait promou­ voir les paiements électroniques en collaborant avec les commerçants, car ils sont les acteurs principaux dans cette histoire, développe Pa­ mela Renders. Nous sommes donc en négociation avec Comeos, la Fé­ dération du commerce et des servi­ ces, afin de voir quelle collaboration nous pourrions mettre en place ». Febelfin compte aussi aug­ menter le nombre de paiements électroniques en développant de nouvelles technologies, comme les paiements par GSM, précise Pamela Renders. ■

c’est bientôt possible

D’

ici la fin de l’année 2012, il devrait être possible de payer avec son GSM, déclare Pamela Renders du service communi­ cation de la Fédération du sec­ teur financier (Febelfin). « Nous allons essayer de lancer un standard permettant le paie­ ment par GSM cette année, avance Pamela Renders. Mais pour l’instant, il est trop tôt pour dire si ce standard sera prêt dans la première ou la deuxième moitié de l’année 2012. » « Nous évoluons avec le monde » Une collaboration a été lan­ cée l’année dernière entre Fe­ belfin et le secteur télécoms (Mobistar, Belgacom et Base) pour mettre en place ce

moyen de paiement par GSM. « La société est en plein déve­ loppement. Tout le monde, ou presque, dispose d’un GSM maintenant. Nous évoluons donc avec le monde », continue Pa­ mela Renders. Plus besoin de retenir un code secret Ce mode de paiement ne concernera que les petits montants jusqu’à 25 €, pré­ cise Pamela Renders. Elle ajoute que pour payer avec ce système, « il suffira de passer avec le GSM devant un terminal de commerçants ». Il n’y aura donc aucun code secret à ta­ per : fini le code pin qu’on oublie au moment de payer. C’est la « New Feel Commu­ nication ». ■ L .J.


Vols de cartes bancaires : le "shouldersurfing" a doublé