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Laetitia Legrand Fiche de lecture #2 M1CMW_Gr2 08/01/2013 Sujet de mémoire : Communication Humanitaire 2.0 : l’appropriation du web par les structures à vocation humanitaire

Fiche de lecture # 2

Article : Latrive Florent. A votre bon clic! Sur les sites des ONG, les dons en ligne se développent. 8 octobre 1999. Libération http://www.liberation.fr/ecrans/0101295009-a-votre-bon-clic-sur-les-sites-des-ong-lesdons-en-ligne-se-developpent Consulté le 05/01/2013 Auteur : Florent Latrive, journaliste à Libération, s'est rendu célèbre dans le milieu des logiciels libres grâce à l'ouvrage Du bon usage de la piraterie. Il a aussi été co-responsable et rédacteur régulier de la Liste de diffusion (fermée en 2006) et du site Biblio du Libre sur "La propriété intellectuelle dans tous ses débats". Aujourd’hui responsable de Libelabo.fr - la partie audio et vidéo du site Web du quotidien - il est aussi l'auteur d'un blog intitulé Caveat Emptor, où il commente les sujets qui lui tiennent à cœur dans l'actualité.1 Notes : En prévision de leur éventuelle intégration au mémoire, certaines citations ont été privilégiées. Elles ont été choisies selon leur potentiel d’apparition dans le mémoire. Toutes les citations suivantes proviennent de l’article référencé ci-dessus (trop court pour être utilement subdivisé. Néanmoins, pour plus de clarté, des intitulés (a, b, c) de partie ont été intégrées) [] = la phrase n’est pas cité à son début / [X] = X est un terme ajouté pour une meilleur fluidité de lecture lors de la citation. « ‘’ » = les quotes sont ici utilisées pour une citation dans la citation.

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Source Wikipédia


a. Une transformation des mentalités pour exploiter le potentiel de l’Internet « le site Netaid, patronné par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), est lancé demain avec force flonflons. [] Avantage du réseau: à tout instant, il suffit de cliquer sur le mot Give pour faire un don, sans quitter sa chaise. Cartes American Express et Visa bienvenues. L'humanitaire a repris les méthodes du commerce électronique sans ciller: paiement en ligne sécurisé, mise en avant des capacités techniques des sites («1 000 transactions financières possibles par seconde», vante le communiqué de presse de Netaid) et utilisation du multimédia, avec images, vidéo et interactivité. » Les moyens de dons aux ONG tendent à évoluer avec l’impact du web 2.0. Les concerts qui ont été exploités et mis en ligne par le site NetAid pour inciter aux flux d’internaute et à la donation en sont un exemple. Ainsi, l’acte du don est désormais « à porter de clic ». Les sites d’associations humanitaires tendent à développer des pratiques les rapprochant de la fonction de plateforme multimédia. « Hors crise, une dizaine de dons par mois sont transmis via le Net. ’C'est encore une goutte d'eau par rapport aux dons classiques’, rappelle Ilona Pongracz, chef adjointe de la promotion et de la recherche de fonds privés au CICR. Mais cela va prendre de l'ampleur et il faut réfléchir aux moyens d'amplifier ces rentrées grâce à l'outil qu'est l'Internet.’» Le potentiel d’Internet en matière de possibilité d’utilisation par les associations et ONG, n’était pas pleinement exploité en 1999. Pour certaines, l’esprit de l’association ou de l’ONG -du moins pour les grosses structures- rencontre quelques difficultés à s’adapter au fonctionnement du web. Pour certaines, la démocratisation et la libre communication n’étaient pas des pratiques intégrées.

b. Dérives en ligne Si la communication Print des humanitaires envers les donateurs peut parfois agacer de par son côté choc émotionnel, il semble que les outils de communication en ligne n’induisent pas forcément plus de subtilité dans les messages véhiculés. Au contraire : « [] le site The Hunger Site (le site de la faim) rappelle l'ambiance d'un jeu vidéo. Sur la carte du monde dessinée en page d'accueil, un pays clignote toutes les 3,6 secondes, symbolisant la mort d'un être humain. D'un clic, l'internaute peut offrir un bol de riz, payé par l'un des sponsors dont la publicité s'affiche sur le site, et qui trouve ainsi son intérêt. Bien sûr, le système est limité à une visite par jour et par personne, afin d'éviter la banqueroute aux sponsors. L'argent récolté est envoyé au Programme alimentaire mondial des Nations unies. »

c. L’appropriation d’Internet comme nouveau média Les associations s’approprient le web de l’époque dans un esprit 2.0 d’interaction avec l’internaute. L’objectif de ces mises en ligne de contenus et d’illustrer en image l’action de 2/3


terrain des ONG, d’atteindre les donateurs potentiels et leur donner un moyen d’agir par son soutien financier. « La plupart des organisations humanitaires s'interrogent encore sur la façon d'utiliser l'Internet avec éthique. Ilona Pongracz envisage de placer des liens sur le site de CNN, par exemple. Le lecteur attristé par un article sur une guerre quelconque pourrait alors cliquer pour expédier illico de l'argent aux réfugiés. «On peut aussi se servir du Web pour montrer l'usage fait de l'argent donné, dit-elle. Avec de la vidéo montrant la construction d'un hôpital ou une distribution de vivres dans un camp de réfugiés.» Même idée chez Handicap International, où le webmestre a diffusé récemment des vidéos montrant des psychologues au travail en Asie. » En France, certaines grandes associations qui possèdent un site en ligne ne proposent pas de paiement en ligne possible, comme la Fondation l’Abbé Pierre. «Ce n'est que le début, déplore Steven Hearn. On peut imaginer que des associations spécialisées dans le parrainage d'enfants du tiers monde installent des webcams pour permettre aux parrains occidentaux de suivre leur filleul au quotidien. Et le voient sourire quand ils cliquent pour lui donner 100 F.» Une version terriblement réelle du Tamagotchi, en somme. » La référence au Tamagochi, en termes de dérives possibles de communication humanitaire pourrait être aujourd’hui rapprochée de la télé-réalité qui s’est imposé comme un succès depuis.

Intérêt de cet ouvrage pour le mémoire : L’expression « Tamagotchi humanitaire » inspirée de cet article a été reprise dans plusieurs travaux sur la communication des ONG. Cet article datant de 1999 -soit il y a 13 ans- donne une vision de la pratique du web par les ONG à cette période. Ainsi, la Fondation l’Abbé Pierre ne proposait pas de paiements en ligne sur son site. C’est une information intéressante pour mon mémoire, car pour faire un état des lieux actuels et percevoir les évolutions qui se sont mises en œuvre depuis 1999, le fait de savoir que telle ou telle ONG ne faisait pas à l’époque une priorité du don en ligne est révélateur d’un changement de perception de l’outil Internet et de la relation avec le donateur : quel a été le moment où les ONG se sont rendu compte du potentiel de l’outil Internet dans l’afflux possible des dons ? Percevaient-elles différemment les publics de donateurs en ligne de l’époque ? Ou n’est-ce que dû au fait que l’Internet était beaucoup moins généralisé auprès des particuliers et ne représentait alors qu’une faible part du public visé ? La chute de cet article soulève une question, d’autant plus valable de nos jours qu’elle l’était en 1999 : jusqu’où les ONG sont-elles prêtent à aller dans leur communication ?

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