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g n o d h c s du jeune en n ’u d s r ou c r pa u d e Étud

difficulté

JE NE SAIS PAS CE QUE VOUS EN PENSEZ, MAIS JE TROUVE QUE LA JEUNESSE NOUS CAUSE BIEN DES SOUCIS CES TEMPS-CI.

Baisse les yeux !!!

Carnet de

CARNET PERSONNALISÉ

s r u o c r Pa


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LÉTIQ FICHE SIGNA

MILIALE CIALE ET FA SITUATION SO ck sheim 65 à Kuglof Nom : Zoulou le 3 août 19 : ce an iss Date de na Rhin (67) 091 509 013 dans le Bas: 1 65 08 67 té sociale ri nts fa en N° de sécu 5 é, ri ional famille : ma eur Internat Situation de êt qu En e: ué iq nd ve l ta re n en rtem Professio quêteur Dépa réelle : En ... Profession nt ve du d é : ça dpen Ponctualit ENCE E, INTELLIG MORPHOLOGI Q.I. : 98 75 Taille : 1m los rme : 65 ki fo de s id Po kilos 77 : el tu Poids ac 1m 40 Envergure : ULIERS . IQUES PARTIC sur la tête SIGNES PHYS e inconnue in ig or d’ e êt i cr e qu ce Porte un e un manche , vole comm re. Par ailleurs montgolfiè en e ac pl ’il se dé explique qu HOLOGIQUES TIQUES PSYC r de leçon, CARACTÉRIS ire, donneu e x, pérempto eu ti tible, voir en ep ét sc Pr su r ractériel, eu ca , ess it of la Pr soupe au fait appeler omane (il se th my ). es in ôm br pl un ses di a loupé tous développé. alors qu’il adapté très in té cô e, bl si en progresser. rs à pe e Hy ch ant, et cher nd pe ce nd A bon fo




En 2010, nous sommes partis à la rencontre de jeunes roubaisiens, garçons et filles, de professionnels (centres sociaux, clubs de prévention, collèges…) et aussi de parents, tous partants pour nous parler de la jeunesse d’aujourd’hui.

ce qui ressort de cette enquête Ce qu’on a entendu dans les témoignages des jeunes, c’est un énorme besoin de parole qui bien souvent n’est pas satisfait. Besoin de se dire, de se raconter, de parler vrai. Besoin d’être écouté sans jugement par l’adulte, besoin d’être compris, valorisé, protégé. Besoin de pouvoir prendre du recul par rapport à son parcours, de comprendre ce qui arrive, de mesurer qu’on n’est pas seul à vivre des difficultés... Cette enquête a également révélé tout le poids du groupe et ses effets sur ses membres. En gros, plus un jeune est en difficulté, plus il a besoin du groupe pour se protéger et se rassurer. Mais en même temps, le groupe l’enferme dans un rôle et des comportements qui à la longue peuvent lui être préjudiciables. Certains arrêtent l’école, décrochent ou font des bêtises comme on dit… En grandissant, beaucoup se sentent tiraillés entre l’envie de continuer à faire partie du groupe et leur désir d’assouvir leurs propres rêves ou leurs propres projets. Comment faire ?

Et toi, qu’en penses-Tu ? Ce carnet est là pour te permettre de t’interroger sur l’ensemble de ces questions mais avec humour grâce à notre cher professeur Zoulouck. Tu verras, il a un côté tête à claques mais en même temps, il est sympa. L’éditeur







parcours d’un jeune en difficulté Nous allons parler aujourd’hui du parcours d’un jeune en difficulté que nous appelerons le Schdong. Je pense être assez qualifié pour parler d’un tel sujet car vois-tu, moi aussi j’ai eu une jeunesse heu... comment dire... assez mouvementée. Ici ou là, je me permettrai donc de glisser quelques souvenirs personnels pour illustrer mon propos.

POUR ANALYSER son histoire, je l’ai découpée en SEPT étapes. Au fait, tu te demandes sans doute qui est le schdong ?

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t bien, c’est ce qu’on appelle plus communément un jeune chenapan*. J’espère que ce n’est pas ton cas ! Et j’espère également qu’avant d’ouvrir ton carnet, tu as pris soin de visionner le DVD avec attention ! Sans quoi, cela signifierait que tu n’es pas très impliqué dans ce travail et je me verrrais donc dans l’obligation d’en parler à ton formateur. On m’a laissé entendre qu’il ne rigolait pas avec la discipline... Bon, assez bavassé ! On n’est pas là pour se la couler douce ! Si ce n’est pas trop te demander, tu vas maintenant tourner la page, avec délicatesse si possible, et tu vas te mettre au boulot. J’attends beaucoup de toi !

*Ce terme est masculin mais les filles peuvent aussi être concernées par le sujet...




étape 1

UN JOUR LE SCHDONG EST BLeSSÉ

SCHLACK !

Comme je le dis dans mon DVD, au départ le Schdong avance sans crainte dans la vie. C’est l’insouciance de la jeunesse. Pourtant un jour, alors qu’il ne s’y attendait pas il est blessé. Tu te demandes sans doute qui a tiré la flèche ? À vrai dire, je n’en sais rien car je n’étais pas là, figure-toi. Ce que je peux te dire par contre, c’est que ce genre de blessure est causé par les autres et qu’elle fait mal... Quels autres me diras-tu ? Et bien ça peut-être les autres jeunes pardi, mais aussi des adultes, parfois même très proches... Hé oui !

Je t’imagine m’interrompre une nouvelle fois pour me demander : «mais dites, Professeur Zoulouck, elles sont de quel genre ces blessures ?». Et bien ça peut être des remarques blessantes à propos de l’apparence physique, du caractère, des aptitudes scolaires. Ça peut être plein d’autres choses encore, et si tu veux en savoir plus, tu n’as qu’à demander à ton formateur... J’ajouterais que parfois, ce ne sont pas forcément les autres qui nous blessent mais nous qui avons tendance à prendre les choses trop à coeur, parce que nous sommes trop sensibles. C’est compliqué tu sais ce genre de choses. Enfin, toujours est-il qu’après avoir été blessé, le Schdong ne va plus regarder la vie de la même façon. Il a compris désormais que le monde pouvait être hostile, dangereux. Il se méfie, il a des peurs nouvelles qui sont apparues, il a perdu confiance en lui et dans les autres.

QUAND J’ÉTAIS PETIT, JE N’ÉTAIS PAS TRÈS DÉGOURDI ET UN PEU DIFFÉRENT... CELA M’A VALU D’ÊTRE SOUVENT MALMENÉ À L’ÉCOLE PRIMAIRE COMME TU PEUX LE VOIR SUR CETTE PHOTO D’ÉPOQUE.



HÉ, LES GARS, VISEZ-MOI CE SCHTROUMPF !


étape 2

IL CHERcHE À SE PROTÉGER

?

INDIVIDUELLEMENT

Blessé, fragilisé, notre jeune ami éprouve le besoin légitime de se protéger. Pour lutter contre ses peurs, il va donc se chercher une armure et se blinde. Si on lui fait une remarque déplaisante, il a tendance à répondre maintenant par le mépris, l’indifférence, voire même par l’agressivité.

PUIS COLLECTIVEMENT

Mais comme cette armure n’est pas suffisante pour affronter les dangers de ce monde, parallèlement, il se met à chercher des acolytes qui lui ressemblent. Ensemble, c’est sûr, ils se sentiront plus fort !

FIGURE-TOI QUE C’EST EXACTEMENT CE QUI M’EST ARRIVÉ. A LA FIN DE L’ÉCOLE PRIMAIRE, J’AI RENCONTRÉ MOMO ET KIKI QUI M’ONT AIDÉ À REPRENDRE CONFIANCE EN MOI.

JE ME SOUVIENS QU’À L’ÉPOQUE ON ADORAIT FAIRE LES MALINS DEVANT LES FILLES DE LA CLASSE…




TÉMOIGNAGES mauvais chemin, parce ci, c’est plus facile de faire le choix du tation de trouillard, répu que... si t’es d’un quartier et que t’as une aux moqueries, tes, insul t’as du souci à te faire. T’as droit aux n, on est obligé faço ine certa ça peut vite devenir l’enfer. Donc d’une e de 16 ans jeun Un tier. de devenir dur quand on est dans un quar

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AVANT DE TE METTRE AU TRAVAIL, J’AI RÉCOLTÉ QUELQUES TÉMOIGNAGES DE JEUNES. JE SUIS SÛR QU’ILS PEUVENT T’INTÉRESSER. PAGE DE GAUCHE, C’EST SUR LE POIDS DU GROUPE...

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’est fatigant de toujours se battre et puis des foi s j’ai des remords, parce que quand je me ba ts, je vois rouge et je ne me rends pas compte de la force de mes coups. Mais après, je réalise qu e j’ai vraiment fait mal et j’ai honte. J’en ai marre de toujours me faire eng ueuler par les adultes, d’avoir des embrouilles avec les profs, avec mes pa rents aussi. Mes parents, je vois bien que parfois ils ont un peu ho nte de moi, et qu’eux aussi, ils en ont marre d’ê tre convoqués au collèg e toutes les semaines. Un jeune de 12 ans

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a moyen de travailler en classe quand t’es d’un quartier mais faut être fort, avoir beaucoup de volonté. C’est une sorte de cercle vicieux en fait... parce que nous les jeunes, on voit bien qu’on ne s’en sort pas comme ça. Mais comme on est jeunes, qu’on a envie de s’amuser, et que tout le monde fait ça, on est tenté de prendre ce chemin. C’est obligé ! Un jeune de 15 ans

e chose toujours quelqu a on r, tie ar ce ul du qu coup de méfian uand on sort se où… il y a beau s e, ca os ch au e e, qu ch el ver qu dans notre po l peut nous arri ’i es qu tr it au sa d’ n O es . un tres par d’autres je vis-à-vis des au e embrouiller e de 19 ans ir un fa je se n U ut s. pe pé ou gr qu’on rt so n pour ça qu’o quartiers. C’est

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e crois aussi que nous les jeunes, on se fait trop de films. On a trop vécu sur le modèle Tony Montana de Scarface, ni Dieu ni maît re, et l’argent à gogo ! En grandissant, on se rend compte que ce n’est pas le bon modèle, parce que ça ne mène nulle part, cette histoire. A part à la case prison. Man dela lui, c’est quelqu’un ! Il a fait 25 ans de prison, et en sortant il a trouvé le moye n de pardonner à ses bourreaux. C’est grâc e à lui qu’il n’y a pas eu la guerre civile en Afriq ue du Sud, et que des dizaines de milliers de vie ont sans doute été épargnées. Lui c’est un héros ! Un jeune de 20 ans

jours tout us les jeunes, on veut tou no , ête nn ho e êtr ur po n même temps, teau, on veut manger nous offre tout sur un pla tout de suite. On veut qu’on s faire d’efforts, comme résistance. On veut tout san le dessert avant le plat de on veut tout tout de suite, quelque chose. Et comme me boulot, si la société nous devait ce qu’on veut faire com à ir éch réfl de ps tem le on ne prend pas eau des jeunes. y a pas mal d’échec au niv c’est pour ça aussi qu’il s t faire. Un jeune de 20 an On ne sait pas ce qu’on veu

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rière nous mais faut pas toujours être der ne ’il qu ts ren pa x au e e voulais dir s des problèmes. us demander si on n’a pa qu’il faut quand même no voisins par exemple, les blèmes avec pro des a on d an qu us Parce que no réactions. r parce qu’on a peur de vos joue les grands on n’ose pas vous en parle rce vous agissiez pa qu’on e qu ts ten con est on é Mais d’un côt de 14 ans dans nos têtes. Un jeune mais des fois on est petits

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arlez-moi ! Il faut qu’on remette les choses en place, qu’on refasse des conseils de famille. Il faut qu’on se reparle. Comme avant. N’oubliez pas, je n’ai que 16 ans ! Ce que je voudrais vous dire aussi, c’est laissezmoi respirer, mais quand ça ne va pas, venez me voir. Ça se voit quand même quand je ne suis pas bien ! Je tourne en rond, je stresse, je m’en prends aux autres, je deviens agressif ! Un jeune de 16 ans

ET PAGE DE DROITE, LES JEUNES S’ADRESSENT AUX ADULTES. TU VAS VOIR, LEURS TÉMOIGNAGES SONT ÉMOUVANTS.

ois pour mettre à bout uand on est jeune, on désobéit parf faire comprendre qu’on les parents. C’est une façon de leur sent bloqué, qu’on n’arrive est mal dans sa peau, qu’on se façon de se faire entendre. une pas à atteindre nos objectifs. C’est Un jeune de 17 ans

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e rôle des adultes normalement, c’est d’aider les jeunes, de les protéger, de montrer l’exemple aussi, et moi, je n’ai pas eu ça. Une jeune de 17 ans

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’il est livré à lui-même, le jeune, s’il n’a pas d’encadrement au niveau de sa famille, si ses parents ne sont pas ouverts à la discussion, il deviendra enfermé, dur dans sa tête... Nous parfois, on ne parle pas parce qu’on est trop timides, trop stressés , parce qu’on n’a pas la bonne façon de s’exprimer... Un jeune de 24 ans uter, avec les jeunes, de les éco ssayez d’être plus attentifs re fai de er, tenir, de les encourag de leur parler, de les sou s an 18 de ne le bon chemin. Une jeu en sorte qu’ils prennent

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aut pas nous juger par notre façon de nous habiller. Parce qu’on peut avoir une capuche, un survêtement Lacoste, des baskets et être des gamins gentils dans le fond. Un jeune de 14 ans n à eux, ne les laissez arlez avec vos enfants, faites attentio le silence. Sans quoi, pas s’enfermer petit à petit dans risque de prendre le relais, après, c’est le shit ou le groupe qui 23 ans avec tout ce qui va avec. Un jeune de

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’est pas facile d’être un jeune de quartier, c’est compliqué de se faire accepter. N’ayez pas une mauvaise image de nous, car au fond, c’est peut être nous la solution… du cercle vicieux. Un jeune de 15 ans




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CARNET PERSONNALISÉ

espace personnel HÉ OH ! Y A PAS DE RAISON QU’ Y EN ait QU’ UN QUI BOSSE !

MAINTENANT, À TOI !

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Question 1

Dans ton groupe, tu tiens quel rôle : le rebelle, le clown, le bagarreur, l’intello, l’artiste de la bande... ? À quel moment as-tu éprouvé le besoin de rentrer dans un groupe ? Au collège, à l’école primaire ? Qu’est-ce qu’il t’apporte ?

OUARF, OUARF

Question 2

Ta carapace, ton armure, elle est épaisse comme celle du Schdong, plus mince ? Elle ressemble à quoi ? Et toi, c’est quoi ton «uniforme» ?

Question 3

Est-ce que par moment, le groupe t’amène à faire des choses que tu regrettes, que tu n’aimes pas ? Essaie de faire la liste des choses positives et négatives ?

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MA RÉPONSE

MA RÉPONSE

MA RÉPONSE

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Dans la collection

Sur la thématique du Malaise adolescent

- «J’ai deux trois petites choses à vous dire» Film d’animation conçu à partir de témoignages de jeunes, de parents et de professionnels de Roubaix. - La relation Parents-adolescents Faites votre autoportrait de parent en 7 couleurs dans un carnet personnalisé. - Parcours du Schdong Étude du parcours d’un jeune en difficulté et de l’effet de groupe. Carnet personnalisé pour le jeune et Manuel du professionnel.

Autres thématiques

- L’arrivée d’un enfant Ce carnet propose aux futurs parents de voyager de façon poétique et décalée de la conception à la naissance. - La Parentalité Outil conçu pour animer un groupe parents autour des peurs et des difficultés à mettre des limites. Carnet personnalisé pour les parents et Manuel du professionnel. - Les Pratiques alimentaires Outil conçu pour s’interroger de façon distanciée sur son rapport à l’alimentation, ses habitudes, ce qui nous a été transmis. Carnet personnalisé et Manuel du professionnel.

Les autres outils

- Apprendre à vivre ensemble Manuel pédagogique destiné aux professionnels de l’Education et de l’Insertion pour aborder de manière transversale les problèmes de violence (avec supports pratiques : BD, chansons, conte...) - La révolte des légumes Un nouveau regard sur les légumes : cahier pratique et ludique destiné aux enfants.

Les autres productions

- Les Révélations du Professeur Zoulouck : le mystère de la crête Secrets de famille gratinés sur l’enfance de Zoulouck, notre enquêteur attitré. BD. - La formule du jour de Jules Chantier Court métrage loufoque dans lequel Jules Chantier résout une équation philosophique étonnante : peur de parler x peur d’être jugé / mauvaise image de soi = risque de guerre civile !

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LTE Éditions 85 rue Masséna -59800 Lille 00 33 (0)3.20.30.86.56 www.laissetonempreinte.fr Achevé d’imprimer : Décembre 2011 Sur les presses de Copy media 33693 Mérignac cedex Dépôt légal : Décembre 2011 ISBN 978-2-918571-07-0

© 2011 - LTE Éditions Cette action a été financée par la ville de Roubaix, le REAAP/CAF du Nord ainsi que par les partenaires habituels de l’association Laisse Ton Empreinte : l’ACSE, le Conseil Régional du Nord-Pas de Calais et le Conseil Général du Nord. Grand merci à eux !

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Ce carnet est le fruit d’une véritable enquête de terrain qui a notamment fait ressortir le poids du groupe chez les jeunes. En gros, plus un jeune est en difficulté, plus il a besoin du groupe pour se protéger et se rassurer. Mais en même temps, le groupe l’enferme dans un rôle et des comportements qui à la longue peuvent lui être préjudiciables.

10 € ISBN 978-2-918571-07-0

ET MOI, JE FAISAIS QUOI DÉJÀ AVEC MES POTES AU COLLÈGE ? JE NE ME SOUVIENS PAS...

Laisse Ton Empreinte 85 rue Masséna, 59800 Lille contact@laissetonempreinte.fr Site Internet : www.laissetonempreinte.fr Tel : 03 20 30 86 56 / 06 15 87 96 85

Parcours d'un Schdong  

Cet outil pédagogique permet de décrypter le processus qui mène au décrochage scolaire et en fait ressortir un des points clés : le poids du...

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