LTDPmagazine numéro 22

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D é c o u v e r t e s

&

I n t e r v i e w s

m a g a z i n e l a te te d a n s l e p u b l i c .c o m

n u m é ro

22

S e p te m b re 2 0 2 2


MYRIAM SWANSON & THE LIVERY STABLE JAZZ BAND La voix puissante et charismatique de la chanteuse Myriam Swanson, un voyage festif au cœur du swing et du “Classic Jazz”

© Tous droits réservés LTDP

Jazz à Juhégues - 2022

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Et voilà on y est, c’est la rentrée … Youpi trilili, cartable, crayons, gommes et guitare toute neuve. Vous avez passé un bel été ?. Concerts & musiques à tous les étages, les sons et les watts ont raisonné partout, tous styles confondus il y en a eu pour tout le monde. Il ne faut pas se le cacher, il y a quand même eu une baisse de la fréquentation, la faute à qui ? La programmation, le prix, la météo et cette chaleur écrasante, le final de Stranger things? Bon, on ne va pas débattre sur ce sujet façon Bfm, franchement c’était top ! Mais il y a toujours un mais… Alors le bémol c’est quoi, les touristes? Ahh bah pourquoi pas, mais non en fait, c’est sur les exigences des artistes ou de leur prod ou je ne sais qui ! Du véritable mépris des professionnels de l’image et leurs dictactures des conditions abracadabrantesques de prises de vues et ça monte en puissance, la règle que tous connaissent, c’est « les trois premiers titres sans flash », ça fait belle lurette que c’est en place et c’est suffisant pour illustrer un article et puis sont arrivés «pas de crash», «pas de bord de scène», «validation avant parution». Et maintenant pour certains, avec leur ego démesuré où juste pour avoir des photos gratos, il faut signer un contrat en cédant les droits des photos sur tous supports et toute la vie bien sûr, ils oublient bien vite que c’est grâce aux photographes, à leur talent et à leurs images que leur renommée s’est construite et sûrement pas avec des smartphones. Heureusement, tous ne sont pas comme cela et beaucoup ont joué le jeu et se sont donnés à fond comme vous avez pu le voir sur le site où les réseaux sociaux, ils y ont de belles images. Bonne lecture à tous, toute l’équipe de LTDPmagazine vous souhaite une bonne rentrée. Allez salut !

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Tous droits réservés LTDP

LE SON EST IMAGE w w w.la tetedan slepublic.co m/ leso nestimage.h tm

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Septembre 2022 - numéro 22

LA GUITARE SUR LA FALAISE Étretat Photo - © Pascal Merlin

SOMMAIRE

ANIMAL TRISTE

PONTEIX

AMY LEE & The Loco Project Band

STEVE HILL

LAURA COX

LA PIETA

THE K.

DEAD CHIC

SAGGY DOGS

LES FRERES JACQUARD

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«La musique triste me rend heureux, j’aime bien ce côté très noir»

ANIMAL TRISTE Enfants du rock, aux valeurs communes, sans calculs ni stratégies, un vrai plaisir de jouer ensemble dans un projet rock and roll. Un rock noir, le pari est plus que réussi.

©AT2 couteau

w w w. a n i m a l t r i s t e . c o m

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LTDP : Qui est Animal triste vu par Animal triste ? Mathieu : Avant la réunion de musiciens, c’est d’abord la réunion de potes, c’est cliché, mais tu connais un petit plus la valeur de l’amitié quand tu l’éprouves depuis une vingtaine d’années, ce qui est notre cas. Nous sommes d’abord des vrais amis et des musiciens professionnels, nous avons trouvé ce créneau de temps et d’envie autour de ce projet. Nous étions tous d’accord pour regarder dans la même direction, l’histoire d’amitié est plus prépondérante que la musique au départ. C’est comme cela que je nous vois, comme une histoire de potes, c’est presque le thème, réunissons-nous, voyons-nous, faisons de la musique ensemble. On savait exactement ce que l’on voulait faire musicalement, nous avons les mêmes goûts musicaux. LTDP : Un album très réussi, assez personnel, un climat bien dark. Avec le recul, c’est ce que vous souhaitiez ? Mathieu : Oui, c’est vraiment l’idée de départ. Je me souviens même du jour où l’on s’est dit ce que nous allions commencer à faire des morceaux. Il ne s’agissait pas de singer les artistes que l’on aimait, mais de récupérer ou de s’amuser avec les ambiances qu’ils avaient créées. Nous avons tout de suite parlé de Nick Cave qui nous plaisait à tous, quel était le tronc commun, les Doors et les Blacks rebel en faisaient partie… La musique triste me rend heureux, j’aime bien ce côté très noir, je trouve l’ésotérisme intéressant dans la musique, nous étions tous d’accord de s’amuser avec ces codes-là. LTDP : Vous avez fait une reprise « Dancing in the Dark Bruce Springsteen » très réussie. Demain il écoute il n’aime pas, vous arrêtez de le jouer ? Mathieu : Non non, la seule chose qui fait que l’on arrêterait de la jouer est que l’on ait de plus en plus de compositions et que l’on n’ait pas la place sur scène. Je crois en fait qu’il l’écoutait via Antoine De caunes, le spécialiste français de Bruce Springsteen, je sais qu’il l’a écouté et beaucoup aimé. De ce que je sais, il devait le voir et lui faire passer, je n’en sais pas plus, on n’a pas eu de plainte, ça veut dire que tout va bien (rire). LTDP : Vous faites la musique que vous avez envie d’écouter, vous êtes déçus par le rock que vous entendez aujourd’hui ? Mathieu : Oui, nous faisons la musique que nous avons envie d’entendre c’est vraiment sûr. C’est même la base du fonctionnement du groupe et je me méfie du « c’était mieux avant ». Je suis déçu oui et non, je

n’ai pas envie de devenir un vieux con réac. Je trouve que par le prisme des médias, on ne voit plus beaucoup la musique qu’on aime et j’aime bien l’idée qu’elle redevienne un contre-pouvoir qui s’active dans les ténèbres. Je trouve cela pas mal. Le rock quand il devient une grosse machine commerciale je n’aime pas trop, j’ai du mal à retrouver des choses qui m’excitent et pourtant la nouvelle scène post-punk est plutôt chouette. On ressent plus qu’elle vient de Manchester plutôt que du Dakota. J’aime « I love » des Fontaines D.C. , mais je ne retrouve pas les mêmes choses qui me font vibrer avec les Blacks Angel. Il y a plein de choses sympas, ça me manque les preachers dans le désert avec les guitares dangereuses, c’est ça que j’ai envie d’entendre. LTDP : Tu as dit : « Faire du rock aujourd’hui ça n’est pas simple », et tu n’es pas le seul à penser cela, pourquoi ? Mathieu : C’est dur, c’est compliqué et en même temps un mal nécessaire. On voit bien à quoi il ressemble le paysage musical, c’est très bien que la musique rap soit sortie du ghetto, ils n’ont pas eu le droit, eu la parole pendant très longtemps. Je ne m’y retrouve pas, ni dans beaucoup de style musical. Le dernier mouvement rock était dans les années 2000, ça fait 20 ans maintenant, on est passé à autres choses et cette autre chose ne me plaît pas. LTDP : Le choix définitif d’un morceau passe par plusieurs critères ? Mathieu : Oui, c’est comme un poème quand tu le crées, tu le trouves super sur le moment et puis il y a un moment où il se polit un petit peu. C’est pareil pour un morceau, au bout d’une dizaine d’écoutes dans tes enregistrements, tu sais si l’idée est bonne. On a un petit truc, c’est d’arriver pas trop prêt, c’est important pour nous. On a des idées sur des chansons qui peuvent avancer, mais les choses ne sont pas figées, on n’a pas la fin ni la structure, ce qui fait que l’on a toujours ce «truc» de la découverte du morceau qui naît sous tes yeux. LTDP : Est-ce qu’il y a une thématique des textes ? Mathieu : (rire) Alors c’est un peu ma faute. Nous nous trouvions en pleine campagne, sans téléphone, dans un studio très roost et nous avons commencé à regarder des choses sur le vaudouisme, voir si on pouvait mettre des choses à l’intérieur du disque, ça a plané autour pendant 15 jours et on a fait des recherches sur les sons, les riffs, les textes etc... Et ça a imprégné les textes, le romantisme autour des rockeurs qui vivent la nuit, oui ça tourne autour du

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vampirisme, sans pour autant être dedans. Alors oui il y a eu cette thématique. LTDP : Musicalement on vous sait fans des Doors, c’est difficile de s’en inspirer sans en faire une interpolation ? Mathieu : Oui, je me suis souvent demandé où était la frontière avec ça. Après, on a de la bouteille. Le truc était de retrouver l’émotion qu’eux nous ont procuré plutôt que de singer leur musique. Il y a un parallèle nécessaire entre la voix de Yannick et celle de Morisson, beaucoup de gens nous le disent. C’est vrai, il y a peu de ça, il a été biberonné à ça, il a le timbre baryton, ce que l’on essaie de trouver c’est cette émotion, cette petite magie en fait ou au moins se le procurer à nous-mêmes. LTDP : L’après-pandémie et l’embouteillage des groupes qui souhaitent jouer, ce n’est pas trop tard pour défendre l’album ? Mathieu : Oui, on le savait un peu. Je fais ce métier depuis quelque temps et c’est dur de voir un album vieillir dans les tiroirs. Les maisons de disques et leur stratégie de sortir un album à tel ou tel moment, nous on pense qu’il n’y a pas de moment précis, il est là, il existe, on le sort, il aura la vie qu’il aura. Nous, on en avait besoin, on en avait envie, faire les choses permet d’en enclencher d’autres. Nous en sommes à deux albums et le troisième commence a bien mûrir dans la tête. Nous n’avons défendu aucun des deux disques comme on aurait voulu. Il existe et on est très content de l’avoir fait. Et pour le prochain, on verra ce qui se passera. LTDP : Tu dis que le groupe n’a pas de plan de carrière, c’est un groupe pour se faire plaisir, mais vous en avez déjà un en fait avec le succès grandissant du groupe. Mathieu : Je ne pense pas, ce qui fait que nous trouvons ça bien c’est que l’on est libre, il n’y a pas de contingent d’entendre : « Il faut que le morceau fasse tant pour passer en radios où il faudrait chanter en français, ça marcherait mieux... etc. », des choses que je ne supporte plus. On n’est pas là pour sauver le monde, on est là pour nous sauver nous-mêmes. J’en reviens à nos héros, les Doors, Nirvana, ils avaient tous en commun cette notion de liberté qu’ils avaient de faire comme ils voulaient, et c’est au moins ce qu’ont leurs doits, ils étaient libres. LTDP : Les projets ? Mathieu : Il nous reste une poignée de dates en septembre-octobre, et là, on se positionne sur le troisième album avec des collaborations que nous aimerions faire.


«C’est important de dire les choses aux personnes que l’on aime»

PONTEIX w w w. p o n t e i x m u s i c . n e t

©Nicole Marie

Une sincérité, une ambiance musicale dans l’émotion, une douceur de ses sentiments et de ses rêves, des textes teintés de poésie sur des mélodies pops planantes, une mélancolie aérienne emprunte de délicatesse, laissez-vous transporter.

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LTDP : Le départ de cette belle

Dans l’EP qui va sortir, j’ai fait des re-

LTDP : Est-ce que tu fais des chan-

aventure musicale ?

cherches sur des choses plus sombres,

sons en te cachant derrière ?

Ponteix : Dans mes débuts, je jouais des

sur la mort, je l’ai écrit pendant la pan-

Ponteix : Oui et non, si je n’avais pas la

spectacles sous mon nom, j’étais ac-

démie. Il y avait beaucoup de thèmes

musique pour faire passer ces émotions

compagné de musiciens qui avait beau-

qui ressortaient comme sur le morceau

je serais sûrement quelqu’un de différent

coup de créativité dans le projet. On

« Amélia », une histoire inventée où je

dans son être et dans son art. C’est les

travaillait à partir de mes chansons que

n’ai pas vu la détresse de cette amie.

deux, oui je me cache derrière et non je

l’on arrangeait ensemble. Au fil des an-

C’est important de dire les choses aux

fais de la musique pour me sentir bien

nées, ils se sont plus impliqués dans les

personnes que l’on aime.

dans qui je suis. Si je n’avais pas mes chansons, je ne pourrais pas me sentir

arrangements en gardant l’optique que c’était mon projet. Mais on se comportait

LTDP : Des histoires imaginées, un mor-

moi-même, je ne pourrais pas fonctionner,

comme un groupe de musique, c’était dé-

ceau de vie, cela démarre comment ?

être une personne que les gens aiment.

mocratique, on se lançait des idées, nous

Ponteix : Ça part d’un sentiment très fort

étions très ouverts. J’ai changé le nom de

que je ne peux pas expliquer avec des

LTDP : L’album a-t-il suivi l’idée de

mon projet à Ponteix, je me trouvais limité

mots et de comprendre, à moins que je

départ ?

à la représentation d’une seule personne.

ne le mette en musique. C’est quand je

Ponteix : Quand je commence des pro-

Je pouvais aller plus loin, que cela repré-

suis en train d’écrire et que je ressens un

jets d’albums, je me donne toujours des

sente un sentiment, une idée… Le groupe

sentiment fort, j’étudie mon instrument

contraintes, de partir sur de nouvelles

a évolué avec le temps, chacun est parti

comme un moyen de thérapie. Une fois

pistes pour pouvoir grandir à travers

de son côté. Aujourd’hui, je continue avec

que cela ressort et que le sentiment est

cette expérience. Avec l’album « Bas-

des collaborations de projet.

sorti, je prends du recul, je peux com-

tion », je m’étais donné des contraintes

prendre ce qui vient de se passer dans

de temps, de travail, de rythmes com-

LTDP : La musique pop mélancolique

ce sentiment et à force d’avancer, les

posés sur les morceaux : le premier

est-ce une musique complexe ?

paroles se révèlent, je peux mettre les

avec un rythme de 1/1, la quatrième un

Ponteix : Oui, dans les débuts, c’était

mots sur des pages, cela m’aide encore

rythme de 7/8, la neuvième 9/8. Pour

des rythmes composés, beaucoup de

plus ce que je suis en train de vivre. À la

« Amelia», la contrainte que je me suis

couches. Je suis fasciné par la recherche

fin de tout ce processus, j’ai le sentiment

donné de vouloir tout faire : le son, la

de sons, des arrangements qu’on ne met

d’avoir apprivoisé l’émotion, qu’elle soit

prise de son,

pas ensemble. J’étais fan de trouver ces

joyeuse ou triste, j’ai fait la paix avec, je

réalisation. J’ai travaillé avec et pour

combinaisons alternatives, je me forçais

peux avancer, c’est des morceaux de vie,

d’autres personnes, mais je n’avais ja-

des arrangements un peu plus com-

cela dépend de la complexité, cela peut

mais fait de réalisation pour moi. Mon

plexes. Pour le prochain EP, qui sortira à

prendre une journée ou des mois et les

but était de développer l’oeil exté-

l’automne, je me suis donné la contrainte

textes sont souvent la dernière étape.

rieur que le réalisateur peut avoir pour

les arrangements, la

d’autres projets. C’est difficile pour un

d’aller dans la simplicité et l’efficacité. LTDP : Pourquoi un mélange de textes

artiste, quand tu composes tes propres

LTDP : C’est une musique intérieure,

en anglais et en français ?

morceaux, de composer avec plein

mystique, nostalgique, une remise en

Ponteix : Je suis bilingue. J’utilise dans

d’instruments, d’avoir un œil extérieur.

question ?

mon parlé de tous les jours des mots

Je voulais le développer pour moi. Je

Ponteix : Oui, la chose qui me fascine

anglais et français. C’est un dialecte

lance toujours de nouvelles pistes, je

et m’inspire le plus dans la vie c’est : le

qui s’est développé avec le temps des

veux toujours grandir de mes derniers

pourquoi on existe, pourquoi est-ce que

Français qui ont émigré il y a 100 ans.

travaux.

l’on est humains, quelle est notre place

La langue française de mon héritage

dans la vie. De là naissent des émo-

s’est mélangé avec l’anglais de ma pro-

LTDP : Les projets ?

tions nostalgiques, des émotions mysté-

vince. Je me considère comme franco-

Ponteix : Nous avions des dates en

rieuses, on se pose des questions phi-

phone avec des différences, ce n’est

France. avec la pandémie, beaucoup

losophiques : la raison d’être, de vouloir

pas le français du Québec et ce n’est

de dates ont été annulées, les répercus-

vivre plus profondément… Cela rend les

pas non plus le français de la France.

sions se feront ressentir encore quelques

choses plus intéressantes au jour le jour,

Mais je veux rester fidèle à mon identi-

mois, voire plus. En Europe, c’est com-

j’ai retenu les leçons des enseignements

té, du fait que j’utilise l’anglais, c’est une

pliqué pour relancer la machine, mais

que j’ai reçues quand j’étais plus jeune.

réalité pour moi, l’émotion est plus tan-

notre équipe en France travaille fort

gible dans la langue anglophone que la

pour cela. Les choses se replacent dou-

LTDP : La pop mélancolique c’est au-

langue francophone. J’aime dire que ce

cement. Il reste quelques dates sur des

tomatiquement beau, on peut la salir ?

n’est pas moi qui décide quand cela sort,

festivals, ici au Canada, et on se prépare

Ponteix : Je pense que oui, cela se fait.

que ce soit en français ou en anglais.

pour la sortie de l’EP de luxe.

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ASAF AVIDAN À la voix venue d’ailleurs pour un concert tout en simplicité qui va droit au coeur du public

© Tous droits réservés LTDP

Festival Bacchus - 2022

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«J’aimerais bien à long terme que le projet nous dépasse»

AMY LEE

&

The Loco Project Band

©Romane Simonneau

w ww.f a c e boo k.c om/A myL eean dthe loco pro jectb and

Un son rock dans tous ses états psychiques, un album aux guitares explosives, une exploration des sons jusqu’à l’osmose et une finesse de leurs compositions comme une playlist idéale.

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LTDP : Lost in confusion l’accueil du

d’épurer le jeu jusqu’à ce que tu en-

Zenzile qui jouait dans le noir avec dif-

public après 4 ans d’absence?

tendes plus qu’une seule guitare et d’uti-

fusion d’un vieux film des années 30 en

Jeremy : Avec la crise de la Covid nous

liser les combinaisons pour que cela soit

fond. J’avais trouvé cela magnifique,

n’avons pas pu faire tout ce que nous

riche. Je jouais en trio avant, j’ai gardé

personne n’adulait une rock star, tu

voulions avec le premier album, mais

de faire les plans associés à la basse,

es plus pris par le concept musical je

jusque-là nous avons de bons retours

nous avons des lignes de basse assez

trouve, tu vois moins les gens, tu n’es

sur l’album et l’univers graphique porte

riches et on aime bien les mélanges ar-

pas focus notamment sur le chanteur,

bien le projet, l’accueil est plutôt cool.

pégés comme sur le titre Chemical love

j’aime bien l’idée que l’on soit juste des

où tu as l’impression d’entendre un seul

marionnettes, la star c’est Amy Lee et

LTDP : Deux albums en cinq ans,

instrument plutôt que deux. On essaye

tout ce qu’elle représente. J’aimais bien

vous n’êtes pas super-productifs,

des choses, on explore des façons de

ce concept de vraiment s’effacer, cela

vous prenez votre temps pour réali-

faire le son.

entretient une part de mystère par rap-

ser un album ?

port au groupe. Donc oui, c’est assumé,

Jeremy : Il n’y a pas d’urgence pour

LTDP : Vous racontez l’histoire d’un

c’est voulu et on voudrait que ça aille

nous, on n’a pas de pression si ce n’est

E.T tombé sur terre, c’est moins

encore plus loin, on voudrait être sur

celle que l’on se met, c’est quand ça

compliqué que de raconter ce qui se

scène encore plus dans le noir et que

vient et nous avons des choses à dire.

passe autour de nous ou c’est une

l’on se focalise plus sur ce qui se passe

Il n’est pas question de se dépêcher et

extrapolation ?

sur l’écran et la musique.

de sortir un album pour dans deux ans.

Jeremy : C’est compliqué de parler de

Je préfère prendre le temps de faire les

ce qui se passe aujourd’hui, la situation

LTDP : C’est très cinétique l’en-

choses et de ne pas être au diapason

de la planète est dramatique, cela m’in-

semble, les images sur scène, la mu-

de la vitesse de la société. Autrefois,

quiète un peu plus chaque jour, c’est

sique, les textes, ça laisse présager

les gens prenaient le temps, cela me

hyper anxiogène dès que tu allumes la

un film ?

paraît mieux de faire un disque en pre-

radio ou la télé et que tu écoutes les in-

Jeremy : J’aimerais bien à long terme

nant le temps plutôt que faire cela dans

fos, tu te sens obligé d’écrire les mêmes

que le projet nous dépasse, que l’on

l’urgence et d’avoir trois ou quatre mor-

choses que tu entends toute la journée.

arrive à séduire des gens qui ont en-

ceaux qui auraient dégagé.

C’est le même message, mais différem-

vie de travailler avec nous et que le

ment, avec un peu de dérision et de

projet emmène beaucoup plus loin

LTDP : Sur l’album, autant il y a des

second degré plutôt que d’être dans le

que ce qu’on l’avait imaginé.

titres dark (crossroad), bien psyché-

dramatique tout le temps. LTDP : Vous avez fait un financement

déliques (chemical love) et d’autres plutôt pop folk, (yours & mine), pour-

LTDP : Les projections sur scène font

participatif, c’est devenu la norme au-

quoi ce choix de mélange ? On dirait

partie du concept, il peut ne pas y en

jourd’hui pour faire un album ?

une de mes playlists.

avoir ?

Jeremy : Nous, ça nous bien dépan-

Jeremy : (rire) C’est en écoutant ma

Jeremy : Oui, cela nous arrive de faire

né, cela nous a permis de payer et

propre playlist que je me suis fait la

des concerts sans projection, nous

faire le mastering en Angleterre, sans

remarque que je n’étais pas obligé de

avons une équipe technique avec nous,

ça ce n’est pas les mêmes moyens.

faire un album ou psyché ou pop et

c’est surtout pour des questions de

Après, la norme je ne sais pas, mais

qui soit plutôt estampillé comme une

budget. Mais au maximum, et c’est ce

c’est vraiment bien pour les groupes

playlist, mais avec une cohérence. Ga-

qui est prévu pour 2023, c’est de faire

indépendants.

min, je me faisais des playlists sur k7

notre spectacle plus immersif, en mode

en respectant une certaine cohérence

concert de rock avec un truc en plus,

LTDP : Demain Amy Lee arrive et veut

entre les titres, une façon d’aller d’un

soit les visuels, soit les clips, soit des

chanter dans le groupe ?

morceau, d’un titre rock avec un titre

dessins. L’objectif est de faire notre pro-

Jeremy : Si la chanteuse se pointe et

folk en passant par étapes, l’album a

jet que de cette façon-là, quitte à faire

dit : «Ce sont mes chansons, je veux les

été pensé comme cela.

moins de concerts mais de le défendre

chanter », je trouverai cela carrément

comme cela.

génial, pas de soucis.

marque de fabrique avec des gui-

LTDP : Les cinétiques, les person-

LTDP : Les projets ?

tares, comment on travaille les sons ?

nages, être un simple avatar, c’est

Jeremy : On compose pas mal, toujours

Jeremy : On passe énormément de

s’effacer ou c’est tout un visuel du

en recherche de nouveaux sons, de

temps avec Jules à travailler sur des

groupe, c’est voulu?

nouveaux morceaux avec un E.P à la

plans jusqu’au choix du matos ou des

Jeremy : Complètement voulu. Il y a

rentrée 2023, il y a des dates qui arrivent

pédales que l’on utilise. Le défi s’est

quinze ans, j’ai été séduit par le groupe

et encore des concerts à faire.

LTDP : Vous vous êtes donné une

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NOUVEL ALBUM DEADLY VIPERS - Low City Drone sortie 30/09/2022

www.facebook.com/Deadly1Vipers

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STEVE HILL © Tous droits réservés

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Une légende guitare blues québécoise, chanteur, compositeur, producteur et multi-instrumentiste, presque trois décennies de carrière, un formidable one man band aguerri et un vrai amoureux du blues, un jeu puissant chauffé à blanc, l’artiste lâche les watts sur scène avec énergie. Steve Hill sait aussi nous émouvoir, guitare / voix, rencontre...

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«J’ai beaucoup d’énergie cela se transmet quand je joue» LTDP : Ta première rencontre avec une guitare, les premiers sons qui t’ont donné envie de jouer ? Steve Hill : Toute ma vie j’ai aimé le son de la guitare électrique. C’est arrivé en plusieurs étapes, mais ce qui a fait que j’ai eu envie de jouer c’est quand j’ai entendu le titre « Money For Nothing » du groupe Dires straits. J’ai couru acheter l’album « Brothers in arms » que j’ai écouté encore et encore. Mais c’était quelques années avant que je joue. Ensuite, c’est quand j’ai entendu un autre groupe « crime », à ce moment-là il fallait que je joue de la guitare. LTDP : c’est toi qui as rencontré la guitare où c’est la guitare qui t’a rencontré ? Steve Hill : C’est probablement la guitare qui est venue me chercher (rire). LTDP : Ton son est très fluide et tu as un son puissant, tu tords ta guitare, tu lui fais mal. Comment tu as appris à jouer comme cela ? Steve Hill : Cela fait plusieurs années que je joue. Je joue avec intensité, et ça, tu l’as ou tu ne l’as pas. Cela ne s’apprend pas, c’est moi, c’est une question de tempérament. Comme j’ai beaucoup d’énergie cela se transmet quand je joue,. C’est un mélange de tout ce que j’ai écouté, tout ce que j’ai appris, je dois avoir fait pas loin de 3000 spectacles dans ma carrière. Ça y va d’une façon naturelle. Après tant d’années, cela se voit avec mes influences qui ressortent, mais l’intensité dans le jeu c’est une question de tempérament. LTDP : Tu es un gaucher contrarié et tu joues en droitier, quelle différence ? Steve Hill : Quand j’ai commencé à jouer je voulais apprendre en gaucher. Un de mes amis jouait déjà en gaucher et il m’a dit qu’une guitare en gaucher coûtait 200 dollars de plus et j’avais un budget total de 200 dollars. C’était donc économique au début (rire). Mon frère avait une guitare acoustique qui traînait et qui était pour droitier, j’ai commencé comme cela. J’ai développé ma main droite pour qu’elle devienne mon point fort, je joue avec les doigts, sans médiator. Il a fallu que je la travaille plus, j’ai travaillé toutes les techniques de main droite pour trouver mon style en jouant avec les doigts. Oui, cela a demandé plus de travail, mais ce travail-là a fait en sorte que j’ai trouvé ma façon de jouer à moi à cause de la faiblesse originelle de ma main droite qui est devenue, avec le travail, une force.

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«Mes albums c’est un peu le reflet de ma vie»

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LTDP : Presque 30 ans de carrière, tu restes fi-

J’adore ce que je fais, je prends vraiment du plaisir,

dèle à l’authenticité de la tradition blues, ton son a mûri avec toi, il a changé .

c’est un grand défi à chaque fois, tout peut lâcher et s’effondrer en une fraction de seconde, c’est une

Steve Hill : Oui, dans le jeu on ressent tout le temps

pression plaisante.

le blues, mais pas dans les chansons. Je ne fais pas d’histoires bar blues, je ne fais pas du blues tradition-

LTDP : Ça reste une rythmique simple, tout est axé

nel. Pour moi, mes chansons ne sont pas nécessairement des chansons de blues, il y en a quelques-unes

sur les jeux de guitare, tu pourrais avoir mieux avec un batteur indépendant ?

ici et là. J’ai des chansons qui sont country, des chansons plus rock, mais dans le jeu la tradition blues res-

Steve Hill : C’est sûr qu’avoir un groupe derrière moi, avec un batteur tu peux aller plus loin sur la guitare,

sort tout le temps, même si je combine avec d’autres choses, l’essence est toujours là.

mais cela donne pas nécessairement un meilleur résultat. Il y a certaines chansons que je fais en one

LTDP : Tu as dit dans une interview «le Blues et le

men band qui fonctionnent mieux qu’en groupe, c’est deux choses différentes. Sur mon prochain album j’ai

Blues Rock restent ce que je préfère, c’est simple mais c’est profond». Tu peux développer ?

un batteur, une section de cuivres, je recommence avec d’autres musiciens, mais je vais continuer à

Steve Hill : Mes premiers amours c’est dans le bluesrock qui fait que j’ai découvert le blues. C’est une mu-

faire one man band, cela me permet de développer d’autres choses que je ne peux pas faire en groupe.

sique qui vient vraiment me chercher, même après toutes ces années. Mais je ne me limite pas qu’a ça

LTDP : C’est assez impressionnant ta façon d’être

dans ce que j’écoute, j’écoute un paquet de choses, de la country, du jazz, mais côté guitare et guitare blues,

seul en scène, tu es un sportif de haut niveau, un X men en fait .

le blues-rock ça vient vraiment me chercher et cela venait me chercher déjà quand j’étais petit, et je ne

Steve Hill : Tout se développe, je n’étais pas un sportif, mais je viens d’une famille de sportifs et j’ai trouvé un

savais pas pourquoi. J’ai été attiré par cette musique, c’était naturel pour moi. Je me tiens loin du blues tra-

sport, l’one man band et oui, cela demande énormément d’énergie, de concentration. Et le challenge que

ditionnel même si c’est la base de ce que je fais, j’incorpore d’autres éléments et ça reste du blues-rock.

c’est, cela me permet de me dépasser à chaque spectacle, cela me garde en bonne santé.

LTDP : Tu as dit dans une interview « jouer sans pensée », ça veut dire quoi de ton ressenti? Steve Hill : D’être sur le moment présent, d’être fluide avec la musique, de ne rien prévoir, je commence comme ça, après ça etc. C’est un travail intérieur, c’est là que le meilleur jeu ressort, quand tu joues dans ces conditions et le public le ressent.

LTDP : Tu es un acharné de travail, de répétition, tu peux partir en impro live où tout est millimétré ? Steve Hill : Il y a une structure de base, mais il y a beaucoup d’improvisation, je travaille beaucoup pour la musique et le business qu’il y a derrière, je produis mes albums, je gère ma carrière, il y a tout un travail.

LTDP : Les textes de tes morceaux, une thématique ? Steve Hill : C’est un peu un journal intime, mes albums c’est un peu le reflet de ma vie, ma thématique c’est ma vie et tous les problèmes qui en découlent.

LTDP : Guitariste, chanteur, batteur, harmoniciste, auteur-compositeur et producteur, tu ne peux travailler que seul ? Steve Hill : Je délègue, j’ai une excellente équipe derrière moi, je ne peux pas tout faire, le prochain album sera mixé par un ami en Angleterre. Il y a une époque, quand j’ai commencé le projet solo recording, je faisais tout, tout seul c’était le concept, j’avais des ingénieurs avec qui je travaillais, c’était beaucoup de travail et à un moment donné c’est trop, alors j’apprends à déléguer de plus en plus.

LTDP : seul en scène, tu ne te sens pas limité musicalement plutôt qu’avec un groupe ? Steve Hill : Oui c’est sûr en étant seul en scène s’est limité. Dernièrement je refais des spectacles en groupes pour certaines occasions et c’est autre chose en One man band c’est plus limité sur ce que je peux faire. En tant que lead guitare je dois faire la batterie et la basse en même temps, mais cela donne d’autres choses qui sont puissantes, un côté plus curieux, mais il y a des limites qui s’imposent et je reste dans un cadre, dans l’essence de ce que je suis comme musicien et ses limites du one man band m’ont aidé à développer quelque chose de plus personnel.

LTDP: Les projets ? Steve Hill : À partir du mois de septembre, je vais aller dans les territoires du nord-ouest canadien et puis j’ai des spectacles en Suisse, en Allemagne, au Danemark, aux Pays-Bas et je sors le nouvel album «Dear Illusion» le 11 novembre prochain.

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«Maintenant j’ai envie de me lâcher un peu plus, plus d’impros, plus d’imprévus»

LAURA COX w w w. l a u r a c o x b a n d . c o m

©Le Turk Photographies

Une histoire de rock au féminin, une puissance scénique autant vocale que sur les guitares, ça force le respect. La planète rock bousculée par une musique acérée. La demoiselle déborde d’énergie et de vitalité, nous sommes impatients de la sortie de son troisième album pour la fin de l’année.

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LTDP : Quand tu enregistrais des vidéos Youtube, tu pensais qu’un jour cela prendrait autant de travail pour y arriver, mais surtout pour y rester ? Laura : Les vidéos étaient faites sans aucune optique, c’était pour le côté fun, le challenge sans rien en attendre, même si j’étais plutôt curieuse des commentaires des gens, des avis, des critiques. C’est l’engouement des gens et le nombre de vues qui m’ont fait persévérer là-dedans. Ensuite, j’ai travaillé pour aboutir sur un projet sur scène live qui tient la route et aussi faire vivre ma chaine Youtube. À l’époque, quand j’ai commencé à poster, je ne pensais pas que mon métier serait musicienne. Une dizaine d’années plus tard, c’est la bonne surprise, tout s’est mis en place petit à petit, j’ai rencontré mon manager Christophe, qui a cru en moi, on a poussé le truc et depuis 2017 on a pas mal tourné. LTDP : Quel est ton regard aujourd’hui sur tes débuts, il y a dix ans ? Sur toi-même ? Laura : Cela me fait sourire aujourd’hui de revoir ces vidéos. Mais quand je regarde certaines vidéos, je me vois plus jeune, je ne suis pas accordée, ça ne sonne pas. Je me demande comment j’ai pu poster une horreur pareille, mais je les laisse sur ma page pour montrer aux gens l’évolution, je prends plus Youtube à la légère que mon projet sur scène et en studio. LTDP : Un nouvel album, c’est un éternel recommencement avec ses doutes, ses incertitudes, les nuits blanches ou au contraire c’est open bar ? Laura : Pour cet album, cela s’est passé différemment. Nous étions en plein dans la pandémie et les confinements, j’ai eu besoin de prendre du recul sur cette période, je tournais en rond chez moi, je suis partie quelques mois me ressourcer, j’ai très peu joué, très peu écrit et composé pendant quelque temps. Je n’ai pas rien fait non plus, j’avais ma guitare avec moi, j’enregistrais des mémos vocaux sur mon téléphone, des idées de riffs, tout ce qui me passait par la tête et quand je suis rentrée chez moi, j’ai fait toute la synthèse de ce que j’avais dans mon téléphone et j’ai monté cela comme ça. Cela s’est fait très différemment. Le prochain album sera un peu plus calme, c’est sûrement le fait d’avoir été en confi-

nement ou d’être près de l’océan, il y une ambiance différente. Je l’ai composé beaucoup plus seule alors que d’habitude je suis avec le groupe, on arrange, on compose les choses ensemble. Là c’est plus moi, on s’est très peu vu, c’est ensuite qu’on a mis en forme et arrangé en studio de répétition. LTDP : Les textes parlent de quoi ? Laura : Jusqu’à maintenant, je n’avais pas envie de me prendre la tête avec des sujets sérieux. Pour moi, écouter du rock c’est vraiment décompresser après une dure journée de travail. Il y a des groupes qui parlent de sujets importants, de politiques et ils le font très bien. Je préfère leur laisser. Mais quand il s’agit de ma musique, je laisse la possibilité aux gens de décompresser avec nous et de ne pas se prendre la tête. C’est des sujets assez légers, des sujets récurrents du rock and roll, les voyages, la liberté, se battre pour ses idées, des thèmes un peu plus orientés amour. LTDP : On sent bien que ta musique est taillée pour la scène, c’est millimétré, il peut y avoir de l’impro pendant le live ou c’est carré, programmé ? Laura : La scène c’est la majeure partie de ce que l’on fait et 80 - 90% de tout est timé et prévu. Il y a une petite part d’impro sur le reste,. J’aimerais plus la développer à l’avenir. Comme on débutait, nous nous étions fixés des choses, j’étais plus rassurée que tout soit écrit. On commence à être plus confiant, surtout moi. Maintenant j’ai envie de me lâcher un peu plus, plus d’impros, plus d’imprévus, mais il faut encore le travailler. LTDP : C’est un show à l’américaine, tu t’es inspirée d’eux ? Laura : Toutes mes influences sont anglo-saxonnes. En terme de shows, ce qui m’intéresse le plus ce ne sont pas les gros shows où il y a du feu et des moyens énormes mis en place.Ce qui me touche plus, ces dernières années, c’est la musique, une scénographie qui est simple, que tout passe par la musique et par le talent des personnes qui sont sur scène. Je considère qu’il n’y a pas besoin d’en faire des tonnes. Nous, sur scène c’est timé, cadré, calé, on n’en fait pas trop, on peut le développer par la suite. Mais mes influences restent, sur scène et visuellement, dans la simplicité.

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LTDP : Laura Cox c’est mister Hyde avec une guitare qui se lâche en live ? Laura : Oui, les gens qui me connaissent me disent que l’on dirait quelqu’un d’autre quand je suis sur scène. Je n’ai pas cette sensation vue de l’intérieur, je serais mal à l’aise si je n’avais pas ma guitare sur moi sur scène, la guitare m’aide à me porter et à véhiculer tout ce que j’ai envie de montrer. C’est peut -être cela qui m’aide à mieux me dévoiler, c’est la version scénique de moi -même. LTDP : Une question que je pose souvent aux femmes rockeuses, est-ce que les femmes sont sous-estimées dans la musique rock en France ? Laura : Il n’y en a pas beaucoup, c‘est dur d’avoir une opinion. Il y en a certainement beaucoup, mais elles ne sont pas assez mises en valeur. J’aimerais bien faire plus de connaissances de femmes dans ce milieu. Le rock en France, mis à part masculin ou féminin, n’est pas le genre le plus à la mode, mais cela reste assez rare, j’aimerais bien en connaître plus, partager des expériences et pourquoi pas se produire sur scène ensemble. LTDP : Les choses ont changé d’après toi, après la Covid, sur les scènes de France ? Laura : Je pensais vraiment que quand les concerts allaient reprendre, les gens allaient se ruer sur les concerts, mais en fait non ! Les programmateurs ont du mal à faire venir les gens, c’est pour tout le monde, cela s’est fait petit à petit. Il y a eu les concerts assis, masqués et le pass sanitaire, et sachant que dans le rock il y a beaucoup de gens qui sont réfractaires au pass, on a perdu pas mal de notre fanpage qui ne voulaient pas se plier à ça. Et là qu’il n’y a plus le pass, les gens ont perdu l’habitude de sortir et ont pris l’habitude de consommer du contenu en ligne ou ont peur encore du virus. Cet été, le public était plus jeune, les festivals ont, je pense, bien repris au niveau des jauges. Nous sommes contents du retour que l’on a, nous rattrapons les concerts de 2020 et 2021, cela fait du bien car tout était reporté. LTDP : Les projets ? Laura : Nous avons enregistré le troisième album en février qui sortira fin novembre. Nous préparons la sortie de l’album, la com, tourner les clips et mettre en place un nouveau show pour la sortie de l’album.


THE STARS FROM THE COMMITENTS Un film culte « The Commitments » d’Alan Parker , le fabuleux Soul Band du film et leur ryhtm’n’blues cultissime, dans la pure tradition des années 50-60. Un pur moment au festival du Tc

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Festival du Tc - 2022

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LA PIETÀ

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«Ma m libre e

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Au-delà du scandale ou de la provocation, sincère et honnête, l’artiste nous livre ses vérités... « La Piéta » sort de sa chrysalide et devient le papillon Virginie au fur et à mesure.

manière d’être punk aujourd’hui, c’est d’être et de faire une chanson d’amour apaisée. » LTDP : Tu as quitté une pièce de ta vie pour entrer dans une autre ? La Pietà : Oui on peut dire ça comme cela, ou que je suis un chat et j’ai plusieurs vies. En tout cas artistiquement c’est un projet qui a évolué par rapport au début de la Pietà, et déjà la Piétà c’était une rupture avec ce que j’avais pu faire avant. J’aime bien me renouveler, on n’a pas les mêmes choses à dire et pas de la même manière à vingt ans, vingt cinq, trente-cinq ou à quarante ans, je n‘ai pas envie de me cantonner à faire toujours la même chose. La Piétà 2022 est assez différente de la Piétà que j’ai proposée fin 2015 début 2016 quand je suis arrivée. LTDP : Musicalement on reste sur un son plutôt rock ou le son a changé ? La Pietà : Le son a changé, mais on ne disait pas spécialement que la Pietà était du rock, chacun y mettait ce qu’il voulait et ce qu’il y voyait. Le début de la Pietà en tout cas, il y avait ce mélange d‘électro, de punk dans le son et l’attitude mélangé à du slam, c’était surtout le premier E.P. Après, cela a évolué, dans le deuxième E.P, j’y ai mis beaucoup plus une ambiance hip hop sur certaines choses et pour le troisième E.P, je suis arrivée avec un nouveau titre «la salle d’attente» qui est un piano voix et qui faisait un pied-de-nez avec tout ce que j’avais fait avant. Je me suis toujours amusée à être libre, il n’y avait pas un style musical particulier dans la Pietà, le point commun depuis le début dans tout ce que je sors c’est les textes et l’énergie. Après, musicalement cela navigue dans plusieurs choses. L’album que j’ai fait est beaucoup plus chansons françaises dans les arrangements, notamment que le piano soit plus central que la guitare, il y a moins de sons électros qu’au début et ce côté chanson française avec des arrangements de cordes et beaucoup d’envolées de piano. Le mélange la Pietà, l’énergie, les textes et ce côté incisif un peu rock est toujours là et surtout en live, chassé le naturel il revient au galop. Mon attitude en live est, et restera comme je suis : un petit peu rock and roll sur scène.

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«Mon attitude en live est, et restera comme je suis : un petit peu rock and roll sur scène»

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LTDP : La Pietà est ce personnage que tu as créé, est-ce qu’elle laisse une trace, une empreinte sur toi où c’est une partie de toi ? La Pietà: C’était au départ un personnage, c’est pour cela que j’en ai fait un personnage masqué, j’avais besoin de faire quelque chose de positif après un burn out, un tropplein dans ma vie difficile à vivre. Je voulais utiliser cette noirceur pour faire quelque chose de lumineux et ma façon de le faire est avec des mots et de la musique. Je me suis remise à refaire un projet, le personnage de la Pietà, et ce projet devait durer trois ans. J’avais ce livre qui racontait cette histoire qui avait trente-trois chapitres et j’avais envie de faire que des E.P de trois titres et que le projet dure trois ans. Ce personnage masqué un peu enragé qui était une partie de moi à l’époque, mais qui n’est pas évidemment, moi au quotidien. Le projet a bien marché, je me suis posé la question d’arrêter ce projet et de retrouver un autre nom pour lancer autre chose. Ce personnage, j’ai envie qu’il puisse, au fur et à mesure, me ressembler et avoir différentes facettes, quitte à perturber les gens. On va vers quelque chose de très différent. J‘ai sorti récemment un single «la faute à pas de chance», très pop, le public ne s’attend pas à ce format-là avec la Pietà. J’ai décidé d’assumer, et que nous avons différentes périodes dans nos vies, nous sommes tous différentes facettes, nous passons tous par des moments de bonheur, de colère, et tout ça fait qui on est et qui on est artistiquement. Voilà, la Piéta devient Virginie au fur et à mesure. LTDP : Je reviens sur le titre «Indécise» un résumé de ces dernières années ? La Pietà : Exactement, c’est ce que je dis dans cette chanson. C’est le pemier titre que j’ai sorti, faire un album prend des mois, cela demande beaucoup de travail, on passe beaucoup de temps avec des musiciens en studio, on recommence, on change de studios, on bosse avec d’autres personnes, on se pose beaucoup de questions. J’écris beaucoup de chansons et je me pose pas la question au départ sur ce qu’est être un album de la Pietà. Il y avait pas mal de choses très loin de la Pietà. Je me posais plein de questions, à ne pas savoir quoi choisir pour l’album, avoir beaucoup de conseils de tout le monde qui étaient tous différents, sur quoi faire et comment etc. À un moment donné, il y a ce texte qui est sorti d’un coup, une nuit. Est-ce que j’en suis encore à me demande ce qui va plaire comme single et vouloir faire des compromis par rapport à cela ? Ce qui a plu dans la Pietà c’est que j’étais franche, sincère et sans filtre, donc je peux continuer à faire mieux. C’est pourquoi je fais cet album comme cela, donc ce titre-là, c’est un mode d’emploi pour la suite.

LTDP : Tu oscilles entre Barbara, J.Brel, Catherine Ringer et Blanche Gardin (humoriste dans le cash) aujourd’hui ? La Pietà : Tu as bien ressenti et merci pour les références qui me font hyper plaisir. Le fait de retirer le masque était le but d’assumer symboliquement, voilà mon identité. Mon vrai visage, c’est d’être plus en phase entre ce que je fais et ce que je suis. J’ai envie d’être cohérente. À un moment donné, ce personnage que j’avais créé me pesait un peu. Je me retrouvais enfermée dedans, parce que tellement de gens qui ont aimé la Pietà et qui m’ont accompagné, notamment les professionnels, mettaient pas mal d’attente dans ce projet. Je ne suis plus la même qu’il y a sept ans, je me sentais mal de me sentir enfermée dans mon propre projet. Donc, non, ma manière d’être punk aujourd’hui, c’est d’être libre et de faire une chanson d’amour apaisée. LTDP : Je te sais littéraire, les textes sont très travaillés, remaniés ? La Pietà : Pas forcément, j’ai plutôt tendance à avoir une écriture viscérale, très brute de décoffrage. Je n’aime pas retravailler un texte trop longtemps en général, surtout les slams qui sont des textes assez longs, des textes fluides, j’écris tout un texte et je choisis dedans ce que je garde ou pas. Cela dépend aussi des textes, il y en a qui viennent tout seul très vite, d’autres que je retravaille un peu plus. D’une manière générale, c’est assez brut de décoffrage, c’est essentiel, 80% de la Pietà c’est les textes, la musique vient après. Donc oui, c’est important d’avoir une plume et d’essayer de continuer d’être identifiable par mes mots et par ma plume. LTDP : La thématique des textes ? La Pietà : Tout le projet dans sa globalité c’est l‘amour, un projet sur l’amour. Je me suis vraiment conceptualisé les choses quand j’ai commencé à réfléchir pendant les confinements successifs. J’ai sorti mon premier album la Pietà en 2020 en pleine année Covid. J’avais du temps pour réfléchir à la suite, et je me posais vraiment la question de l’amour à ce moment, avec en plus la solitude et se retrouver encore plus seule parce que nous étions enfermés les uns chez les autres. Impossible de rencontrer des gens, tous ces apéros live, ces lives streams derrière les écrans et je me demandais à quel moment on reste humain et comment on peut s’aimer dans ces conditions. Je me posais la question de la différence de l’amour en 2022 et l’amour il y a trente ans, soixante ans et plus. LTDP : Les projets ? La Pietà : La tournée d’automne un peu partout en France pour accompagner cet album et je me projette encore plus loin 2023 / 2024, toujours sur la thématique de l’amour avec un spectacle jeune public.

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SIMPLE MINDS J’étais mino quand j’ai vu la première fois Simple Minds en concert le 16 février 1986 à Bercy, la bande du charismatique Jim Kerr, le groupe n’est jamais vraiment sorti de la tête des anciens, les sons immortels «Alive & Kicking»,«Don’t You (Forget About Me)» «Sanctify Yourself» et «Waterfront» un énième come back certains diront, mais non, la bande de Jim n’a jamais vraiment arrêté, le groupe Simple Minds célèbre ses 40 ans d’existence discographique du premier album en 1979 « Life in a Day » au dernier single «Vision sing» en 2022.

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16 Février 1986 - Bercy (Paris) Les déferlantes Sud de France – Céret 2022

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© Olivier Donnet

THE K.

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Des Belges qui castagnent à l’excellence d’un rock rageur qui claque et alimentés aux riffs déchaînés qui t’arrachent, on en redemande, c’est jouissif… LTDPmagazine


« On frappe là où ça fait mal, dire les choses sans tourner autour du pot » LTDP : L’histoire du groupe commence comment ? The K. : Par un concours qui s’appelle «le concours circuit» ici en Belgique, c’était en 2011 et on gagne. Cela nous donne une grande visibilité en fédération Wallonie-Bruxelles la région francophone de Belgique. Il y a plusieurs prix dans ce concours, notamment des présentations dans des festivals, aide à l’enregistrement qui nous a permis de sortir un album la même année, ce qui nous permet de faire plusieurs festivals et de présenter notre musique. LTDP : La Belgique, est-ce que c’est une bonne terre pour le rock comme le vôtre? The K. : Il y a dix ans oui, et aujourd’hui peut-être un peu moins. Mais j’ai de gros espoirs pour la suite. On a toujours été dans une sorte de niche pour cette musique-là, quel que soit le territoire. C’est un peu le même combat, jouer, jouer et défendre ton projet partout où l’on nous donne l’occasion de jouer. Dans ce genre de secteur il faut être présent tout le temps simplement pour exister, tu ne peux pas te permettre d’être juste sur les réseaux sociaux comme certains et créer du contenu. Nous, notre secteur de musique c’est encore un schéma classique, un album à sortir, un album à défendre, cela ne fonctionne pas au single / clip et deux festivals par an. Bonne terre oui, dans le sens où il n’y a pas mal de groupes qui émergent d’ici et qui sont vraiment cools. Maintenant c’est un peu partout pareil, il faut se battre pour obtenir sa place avec en plus un pays singlé en deux, une partie francophone d’un côté et les Flamands de l’autre. Ce n’est pas rentable au point de vue financier et public. En France, vous êtes plus nombreux, vous avez un plus gros marché, un groupe sympa sort et quelques medias peuvent le faire connaître à un public qui se cache dans 68 millions d’habitants. Nous, en fédération Wallonie-Bruxelles, nous sommes à peine 5 millions d’habitants, ce n’est pas fait pour faire vivre un groupe, tu es obligé de te tourner vers l’export. C’est une force et une faiblesse, tu n’as pas un réseau de salles aussi important qu’en France pour faire tourner un projet émergeant avec quelques médias qui te soutiennent. Tu vas facilement faire 20/30 dates en France avant de pro-

poser à l’export. Pour nous, c’est vital de sortir de ce carcan car il n’y a pas un public assez grand pour que le projet existe de lui-même. LTDP : On n’aura jamais autant regardé dans le rétro musical pour sortir du son, c’est un éternel recommencement ? The K. : Oui, quelque part. Mais je ne suis pas un nostalgique du « c’était mieux avant », je pense que c’est cyclique, les gens s’intéressent et se désintéressent, c’est aussi une question de génération. Ceux qui s’y désintéressent aujourd’hui s’y intéresseront demain, ou leurs enfants, ou une autre génération. Le rétro, le vintage juste pour se regarder pleurer ce n’est pas trop mon truc et ce n’est pas un bon moyen pour avancer, ce n’est pas un bon moteur pour un groupe de regarder derrière, de recopier. Ce n’est pas pour autant nier ses influences et ses pères, mais c’est autre chose... Si ce qui a existé est fini c’est qu’il y a une bonne raison pour, on est maître du futur. LTDP : Violence verbale ainsi qu’une violence musicale, c’est votre marque de fabrique ? The K. : En ce qui me concerne, les deux albums du groupe 2012 et 2015, qui ne sont pas une facette de moi qui est à la diplomatie et aux choses évidentes, il n’y avait pas de volonté d’écrire quelque chose de morale, ces deux albums c’est la rubrique des chiens écrasés, des faits divers dégueulasses racontés de manière froide et parfois, des petites histoires personnelles sans intérêt public. Là où le dernier album est beaucoup plus personnel, une sorte de colère plus dirigée, on frappe moins, mais on frappe là où ça fait mal. Dire les choses sans tourner autour du pot, c’est aussi la personnalité des membres du groupe et c’est normal que le dernier album ait évolué dans ce sens. LTDP : Vous vivez votre musique sur scène, c’est une thérapie musicale ? The K. : À une époque ça l’a été. Il y a eu un effet cathartique, cela ne l’est plus. On ne le voit plus comme quelque chose de problématique. Nous nous sommes acceptés tels qu’on était. Nous ne sommes plus

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dans l’exaltation mais plus dans le contrôle. Il s’agit simplement de dire les choses comme elles sont. Il s’agit aussi de réinterpréter le personnage que tu étais quand tu as écrit le morceau que ce soit d’un point de vue musical ou paroles. J’apparente le métier de musicien comme le métier d’acteur où chaque soir tu vas essayer de revivre cette émotion-là. LTDP : Vous êtes plutôt discrets et pas trop productifs en album, c’est voulu ? The K. : Nous avons beaucoup été occupés avec d’autres projets, l’album de 2020 devait être un nouveau départ pour nous, 2021 on devait le défendre et la pandémie est arrivé, du coup nous nous sommes retrouvés avec un album super sans pouvoir le défendre comme on le voulait. Les projets mis en pause se sont remis en marche et nous nous sommes tous remis dedans. Je suis à un moment charnière, c’est un moi différent, j’ai envie et je vais avoir plus de temps pour me remettre dedans. LTDP : Vous êtes un groupe qui se déshabille, impro totale ou mise en scène étudiée le boxer? The K. : C’est un accident de parcours. En 2013 nous sommes partis en tournée en Europe de l’est et c’était caniculaire, il faisait tellement chaud que nous avons joué en slip et c’est resté toute la tournée et devenu une marque de fabrique. LTDP : Un morceau démarre comment, musique ou textes ? The K. : C’est dans 90 % du temps la musique. Il y a des brides de textes qui préexistent, mais quand elles sont préexistantes elles viennent se coller sur une musique qui a été écrite, ce n’est pas la musique qui va être composée en fonction du texte et la manière dont elle va être chantée. LTDP : Les projets ? The K. : Quelques dates aux PaysBas, une ou deux en Belgique, une à Brest au « festival invisible » et une à Paris. Nous avons pu écrire une vingtaine de démos pendant le confinement que l’on n’a pas poussé plus loin, nous allons voir lesquelles nous emmenons avec nous, écrire un nouvel album et faire évoluer le projet.


LES TAMBOURS DU BRONX L’arsenal a raisonné au rythme irrésistible et sauvage sur les fûts défoncés et colorés, une grosse perf sur des sonorités post-indus un beau spectacle.

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Ida Y Vuelta - 2022

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m a g a z i n e

D é co u v e rte s & Inte r v i e w s

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©Craig Bingham

w w w . f a c e b o o k . c o m / d e a d c h i c

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«Quand j’écoute de la musique il faut que cela me fasse rêver»

DEAD CHIC Derrière le nom de Dead Chic se cache Damien (Catfish / Bigger) et Andy (Heymoonshaker). Une évidence séduisante, une musique puissante et indomptée, trois titres parfaits pour moins de 20 minutes, la fascination nostalgique et la passion sont au rendez-vous. À suivre..., c’est une évidence LTDP : L’idée de se réunir, un changement d’univers de chacun ? Damien : C’est plutôt une continuité de ce que l’on a fait chacun de notre côté. C’est ce qui nous a amenés jusque-là. L’idée de se réunir est venue pendant le confinement en 2020, avec Andy on se connaissait, nous nous étions croisés sur les routes avec nos groupes respectifs et nous avions évoqué l’idée de faire quelque chose ensemble. Nous l’avions invité sur un cover que nous avions fait. Courant 2020, je lui ai envoyé des sons pour qu’il pose des choses dessus pour voir si cela marchait. Et finalement, on a fait un premier titre, qui est notre premier titre que l’on a sorti et cela a tout de suite matché. C’est là que l’on s’est dit ça roule, on se lance plus sérieusement. LTDP : C’est l’aboutissement de ce que vous avez vécu dans d’autres groupes ? Damien : Oui, tous les deux on n’a pas mal bourlingué sur pas mal de choses. Avec l’expérience de la scène et la maturité, on a exploré pas mal de choses. Au départ, nous étions sur le même terrain qui était la relecture d’un blues

que nous aimions bien, à notre sauce : Andy, avec son groupe «Heymoonshaker» et moi, avec «Catfish». Oui, on peut dire que c’est un aboutissement. J’ai aussi un autre groupe : «Bigger», avec lequel j’explore d’autres facettes et approfondi cette musique d’inspiration soûl et de la black musique, les années d’expérience amènent à cela. LTDP : C’est quoi cette ambiance à la fois pesante et cinétique ? Damien : Avec Andy, nous voulions, avec comme point de départ, faire quelques choses de western spaghetti car nous sommes tous les deux amoureux des bandes-son des westerns du maitre Ennio Morricone et nous voulions recréer des ambiances de cinéma, des impressions de grands espaces.... C’est un mariage entre les deux. Andy, avec sa voix, amène quelque chose tout de suite de dramatique et moi, j’aime bien faire des arrangements un peu drama, c’est cinématique. C’était notre volonté de départ, un mélange western spaghetti heavy soûl, on essaie de trouver des qualificatifs de ce que l’on fait.

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LTDP : Ces 3 titres, on les ressent sortis d’un

cela va poser les bases. Forcément, il y a toujours

tiroir du monde d’avant ? Damien : Oui, j’imagine. Cela ne vient pas de nulle

un peu de pression et puis c’est un boulot soumis tout de suite à la critique et le jugement de l’audi-

part, c’est sorti il y a quelque temps. C’était déjà en nous l’envie de faire ces choses-là et de les

teur, qu’il soit professionnel ou pas, on le cherche bien, cela fait partie du jeu.

exploiter. On n’invente pas quelque chose du jour au lendemain, c’est un aboutissement, c’est de la

LTDP : La musique rap est numéro 1 en France,

recherche, du tâtonnement et sûrement on aura d’autres envies dans quelque temps, d’aller vers

le rock semble en perte de nouveautés, le fait de puiser dans l’univers du cinéma peut donner un

d’autres choses.

nouveau souffle à la musique rock ? Damien : C’est toujours bien d’aller voir ailleurs que

LTDP : Les textes sont aussi aériens que la musique ?

dans la musique rock pour s’inspirer, pour jouer du rock, cela permet d’élargir son horizon, il y a des

Damien : Oui, il y a quelque chose de très figuré souvent dans les textes d’Andy, cela me transporte. Il y

influences qui sont dans nos gênes, qui ressortent forcément et on essaye modestement de proposer

a certaines punchlines qui sont assez puissantes et qui propulsent un peu ailleurs. Il y a un morceau qui

une relecture qui nous soit propre et d’élargir la musique rock qui est pleine de vie.

n’est pas sorti qui a un côté très sombre inspiré de Dracula, des ambiances très marquées, un vocable très marqué et particulier, une touche assez forte.

LTDP : Tu as dit dans une interview :«toujours s’exposer à de nouveaux genres et idées », tu

LTDP : Ambiance western spaghetti, demain

peux développer ? Damien : C’est des moyens d’élargir cette musique.

cela va être quoi, ambiance Star wars, Indiana jones, autre chose ?

Je suis intéressé par certaines musiques orientales, j’aime bien aussi utiliser les percussions la-

Damien : (rire) On n’en sait rien. Pour le moment, on tripe sur ce genre de choses. On aime tous les deux les musiques assez lourdes, peut-être plus violentes. Nous sommes fan du groupe de musique « Idles », de choses comme cela, et à un moment donné, on va se mettre à corser les choses et avoir moins d’air et plus de brutalité. Mais pour l’instant, ce n’est pas notre délire.

tines, ces influences externes, ça vient colorer la musique d’une autre manière donc ça l’ouvre un peu plus et peut la rendre intéressante par certains côtés.

LTDP : Un morceau démarre comment ? Damien : J’aime bien démarrer un morceau en lui trouvant une ambiance assez forte et puis j’envoie cela à Andy. Soit je l’oriente avec quelques directions, vers telle ou telle chose et le ping pong commence. Andy a aussi pas mal de morceaux en stock qu’il avait enregistré guitare /voix et qu’il m’envoie. Je peux isoler des choses porteuses, rebondir dessus et lui proposer une autre lecture. C’est vraiment du ping pong, Andy est en Angleterre et moi en France, on se retrouve sur des périodes assez denses et puis on va se mettre à maquetter et à enregistrer ensemble, mais avant il y a beaucoup d’échanges.

LTDP : Vous continuez à jouer dans d’autres groupes, ça met un frein pour avancer sur Dead Chic ? Damien : Andy travaille dans le cinéma, de mon coté j’ai mon autre groupe «Bigger», Rémi, le batteur, joue dans «Kimberose» et Mathis aux claviers à plusieurs formations dont «Emea». LTDP : Les projets ? Damien : Quelques dates en live pour l’automne, mais on se focusse vraiment plus sur l’année prochaine. On construit tout ce qui est visuel pour le prochain Ep. On prépare une potentielle tournée aux États-Unis qui démarrerait le lancement du prochain Ep et une préparation de tournées sur de prochains festivals en France et en Europe.

©Craig Bingham

LTDP : 3 titres et tout le monde parle de vous, ça met le stress pour l’album ? Damien : Je n’y avais pas pensé. Mais oui, forcément cela met le stress pour l’album. Il ne faut pas se planter, c’est un premier Ep studio qui va sortir et

LTDP : Le concept complet, c’est un voyage musical imaginaire pour nous quelque part ? Damien : Quand j’écoute de la musique, il faut que cela me fasse rêver, que cela m’emmène ailleurs que ce bas monde. C’est ce que l’on essaye de recréer dans nos morceaux en studio autant qu’en live.

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«Il y a des influences qui sont dans nos gênes, qui ressortent forcément »

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Albums Cd

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«Dans notre musique, il n’y a rien de révolutionnaire, ni politique»

SHAGGY DOGS shaggy-dogs.com

©Philippe Poitevin

Une réputation riche de groove de ce super-combo, un rythme au blues’n’roll énergique, un ouragan sur scène... Alors, trop vieux pour le rock... Sûrement pas ! Rencontre avec des chiens hirsutes !

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LTDP : 23 ans où vous arpentez les

roll, et cela nous a collé à la peau

manence. Notre message est plu-

routes, les salles, 2 générations de publics, qu’est-ce qui a changé et

pendant un bon bout de temps. On s’est dit qu’il fallait sortir de ça, c’est

tôt de dire : « Bah non ! Prenez le temps de vivre ». Il y a toujours cette

qu’est-ce qui vous déçoit ?

à l’encontre de ce que l’on prône et

urgence dans notre musique, il n’y a

Pascal : L’air Covid, les fréquentations des salles sont moindres et en

on prône une ouverture, et là, le fait de rester dans une chapelle au fond

rien de révolutionnaire, ni politique.

même temps, tu vois des gens qui ont envie de revivre, il y a des gens

d’un tiroir avec une étiquette de puriste on n’aimait pas du tout ça. Il y a

LTDP : «Carpe diem» c’est le leitmotiv du groupe ?

que l’on voit plus et des personnes qui disent qu’il faut être là pour soute-

un truc qui pourrait bien nous coller c’est « fiesta blue n’roll », la fête est

Pascal : Oui, vivons ce qu’il y a vivre, tout de suite. Même si nous

nir. C’est un mélange de tout ça. Sur 23 ans, c’est aussi le passage de

un mélange de blues et rock n’roll qui sont les deux musiques inspira-

anticipons les choses, avec les personnes, les gens que l’on rencontre,

la consommation à outrance du CD et l’effondrement des ventes de CD,

tives à la base.

nous sommes très instant présent. On fait de la musique aussi pour

voir quasi nulle aujourd’hui. Mais il y a un développement fort du vinyle et

LTDP : Le festif musical a évolué ? Pascal : Oui, en qualitatif, en écri-

rencontrer de nouvelles personnes, de nouvelles cultures, de nouvelles

une tranche de la population qui ne consomme plus du tout ouconsomme

ture des morceaux, il a évolué au fil des années. Nous avons eu l’apport

nourritures, de nouveaux paysages, prenons ça dans les mirettes parce

la musique à la radio et à la télé, et qui n’ont plus cette démarche de dé-

d’un pianiste et un batteur qui nous ont amenés de belles couleurs, ça

que ça, au moins, tu peux le prendre tout de suite, le vivre et l’emmagasi-

couvrir de nouveaux arts.

tend le groupe vers le haut, le fait aussi de s’exporter à l’étranger nous

ner en toi. Ce qui se passera demain est demain.

LTDP : Est-ce que vous faites plus de concerts pour faire plus de mu-

a permis de jouer dans de bonnes conditions, avec des artistes de

LTDP : Pourquoi un slow « The

sique à l’après-pandémie ? Pascal : Plus, je ne pense pas. Nous

belle renommée et nous n’avions pas à rougir de qui on était.

ones Who Know It All » sur l’EP, il y a un membre du groupe qui veut

vieillissons, on sélectionne plus, on a commencé dans les bars en rame-

LTDP : Le festif c’est mieux en

conclure, pourquoi ce choix ? Pascal : Il y a toujours un blues lent

nant tous le matos, en étant payés

anglais, en langue française c’est

dans tous nos disques parce qu’on

des clopinettes. Nous étions deux week-ends par mois sur la route, voire trois avec le dimanche. Aujourd’hui, nous sommes plus dans des conditions plutôt confortables, que ce soit en salle ou en festival.

moins bien perçu ? Pascal : C’est vrai qu’en France la musique festive à tendance à partir vers les négresses vertes et le ska, nous ne sommes pas dedans si on le faisait en Français. Nous avons une exigence, c’est d’avoir des textes qui sonnent et qui claquent et ce n’est pas donné à tout le monde d’écrire cela. Mon mentor est Nin Ferrer qui a su faire du rythm’blues et qui avait un côté festif et restait de qualité. Si un jour je devais faire du Français et avoir cette qualité, je serais très fier. Pour l’instant, on n’a pas passé cette barrière, nous jouons beaucoup à l’étranger et l’anglais reste la langue internationale, cela nous permet de voyager.

aime bien cette musique. Nous nous sommes toujours attachés à écrire des blues qui sortent de l’ordinaire, ils ont tous leur pâte, ce n’est pas du blues classique. Nous voulons toujours garder cette empreinte blues car nous jouons dans des festivals blues en France et on peut s’exporter, et cela permet aussi de garder sur l’album cette couleur et cette caution.

LTDP : Vous avez dit dans une itw : « notre musique est faite pour rencontrer les gens, passer de super moments ». Là, c’est pile-poil en fait, après deux ans de pandémie, le public est chaud patate ? Pascal : Oui, une partie. Mais il y a deux fois moins de public d’avant la Covid. La programmation n’est pas mieux ou moins bien. Nous avons été assez privilégiés par rapport à d’autres, c’est un constat général de ce que je lis ou j’entends. LTDP : Autoproclamé Fiesta ! Blues ! & Roll ! , c’est la même étiquette depuis 20 ans ? Pascal : On a commencé dans une chapelle qui est celle du « pub rock » et nous nous sommes sentis étriqués dans ce costume-là. On écoute plein de musique qui sont cousines et nous avions envie de faire autre chose. C’est les journalistes qui nous ont collé cette étiquette de pub

LTDP : Pour ceux qui n’ont pas encore traduisent les textes, ça parle de quoi ? Pascal : Il y a toujours une contenance sociale, des choses positives, rarement tristes, des plaisirs partagés, des thématiques de vivre l’instant présent à vivre. C’est carpe diem et encore plus avec ce que nous venons de vivre, et en même temps relever des contradictions sur cette société ultra-pressée en per-

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LTDP : Le clip Johnny est tout bonnement mortel, comment est venue de cette idée ? Pascal : C’est grâce à l’équipe du «Fernando rock show». C’est porté par deux marionnettes et nous avions fait une interview sur internet, nous avions bien sympathisé. L’idée me trottait dans la tête depuis longtemps. Je voulais changer l’idée du clip avec le groupe en live, nous leur avons proposé l’idée et ils ont accepté de faire un clip avec nous. Nous sommes très fiers du résultat. LTDP : Les projets ? Pascal : On continue de tourner en France et on part en tournée au mois de novembre en Norvège avec Eric slim Zalh qui a collaboré avec nous sur le titre « The ones Who Know It All ».


KEVIN D ENA RD Mohan veena sur les genoux, objet hybride, de 22 cordes, une fusion d’une guitare et d’une sitar. Kévin Denard promène ses ongles sur un projet solo « India’s Blues », un mélange de Blues et de musique de l’Inde au festival blues de Sorède.

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15e festival de Sorède Blues - 2022

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3615freresjacquar d.com

Les fréres

JACQUARD «Un petit pot de pâté pour l’homme, un grand pas pour l’humanité », une des devises des Frères Jacquard, trio burlesque et maître du «mashup», retour vers le passé et rencontre des spécialistes de la reprise décalée.

© CYRIL VEGA

«On a une grande collection de costards en tergal» LTDPmagazine


LTDP : Comment est venue l’idée des Frères Jacquard, vous étiez enfants à cette période, c’est venu comment ? Jean-Michel : Dans les Cévennes on capte très mal la radio, les chansons s’entremêlaient parfois, on pensait que c’était des versions originales, des paroles de l’un sur la musique de l’autre et c’est devenu quelque chose de rituel, on a joué avec ça. LTDP : Vous êtes des musiciens complets, vous aviez une autre idée avant de partir dans la parodie, un groupe classsique ? Jean-Michel : Nous avons fait de la musique normale on va dire, des reprises, mes frères ont fait de la world musique, du rock and roll et ensemble nous avons fait beaucoup de musique funck. LTDP : Comment vous faites le choix d’un morceau à parodier ? Jean-Michel : Le côté populaire est important. Il faut que cela soit identifiable par le plus grand nombre assez rapidement. C’est beaucoup des tubes que l’on a entendus et ré-entendus et qui nous sortent un peu par les oreilles, cela leurs donnent une couleur. Il y a des textes qui prennent une autre forme quand on les met sur une autre musique. Il faut que cela parle au plus grand nombre et l’important, aussi, est qu’il y ait un bel écart, un univers entre les deux, entre la musique et le texte. Si la musique est violente et le texte cul-cul cela marche très bien, ou une chanson très triste sur un morceau funck cela prend une autre allure. Les paroles de J.Brel «Ne me quitte pas » sur la musique de Earth Wind & Fire, tout de suite ça claque. LTDP : C’est un gros travail de textes pour coller à l’original et que ça s’écoute ? Jean-Michel : Oui, cela ne s’improvise pas. Il faut que ça matche. Il y a des morceaux pour lesquels c’était évident, mais après plus on avance, plus on en fait , plus on se creuse la tête pour savoir quels morceaux emblématiques

on aimerait bien jouer et quels textes colleraient dessus. Il faut que le refrain soit percutant, que le décalage soit là, il faut que ça matche sur la longueur aussi. Une fois que l’on a compris le principe du morceau. Le jeu avec le public c’est ça aussi, il cherche quel est le titre et les titres que nous jouons ensemble et une fois que la blague est un peu passée, il faut que le morceau soit efficace jusqu’au bout. LTDP : Vous faites de la macheup musique américaine et paroles françaises ? Et des succès français avec des paroles françaises où c’est compliqué ? Jean-Michel : Non, non, ça marche. On le fait surtout quand il y a des rapprochements de textes. Par exemple on fait Jacques François : J.Brel et Claude François, les paroles de « Port d’Amsterdam » qui sont un peu tragiques avec la musique de « Alexandrie Alexandra » et on l’appelle Port Alexandrie. Ça prend une autre allure. Ou la compagnie Bachelet, les paroles des corons de P. Bachelet sur le « bal masqué » de la compagnie Créole, cela marche bien aussi. LTDP : Un spectacle, un show comme le vôtre c’est des mois de répétition ? Jean-Michel : Notre premier spectacle est né de dix morceaux, et après il y a tout ce qui entoure les morceaux. Ça a été créé sur scène au fil des représentations, il n’y a jamais rien eu d’écrit, c’est de l’impro de textes et de choses qui arrivent au fur et à mesure, à force de le jouer c’est devenu des choses figées parce que c’était drôle et on les a gardé. Il n’y a jamais eu de mise en scène écrite, c’est sur le tas. LTDP : Vous commencez un titre, vous arrivez à le faire sans rire en combien de temps ? Jean-Michel : Non très professionnel, actor studio de suite, les premières que l’on trouve quand on trouve un truc qui matche, on rigole sur le coup mais jamais en spectacle. On arrive à se détacher,

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à faire comme si c’était normal. Les fous rires ils arrivent encore en spectacle justement, quand on fait de l’impro et que l’on sort du cadre de ce que l’on fait d’habitude. Il y a les accidents aussi, ça fait partie du jeu, notre côté bordélique nonchalant nous permet de passer outre tous les accidents qu’il peut y avoir. On a déjà eu des coupures de courant de dix minutes devant mille personnes, nous avons eu des trucs assez étonnants, ça nous amuse bien. LTDP : Pourquoi les années 70, j’ai porté des chaussettes jacquard et une veste mauve dans les années 80 et il y avait matière aussi dans ces années-là côtè vestimentaire pour les accessoires, fringues de ces années-là, c’est brocante et vide grenier tous les dimanches ? Jean-Michel : On aimait bien ce look-là. On a une grande collection de costards en tergal, il y avait une certaine classe, le costard populaire grâce à la pétrochimie et Rhône-Poulenc, infroissable et avec le pli au milieu. Pour le prochain spectacle on va évoluer vers les débuts des années 80, pattes d‘éph, chemise ouverte avec de la couleur et de la géométrie et coupe mulet. LTDP : Les personnages laissent une empreinte sur vous ? Jean-Michel : Oui c’est beaucoup de nous. On vient de la musique et pas du théâtre, donc nous ne sommes pas allés les chercher très loin. On a pris nos clowns intérieurs qu’on a laissé sortir un peu plus que d’habitude. Ils font partie intégrante de nous, sans forcer, on les oublie très vite, nous sommes très différents dans la vraie vie. LTDP : Les projets ? Jean-Michel : Nous avons des dates jusqu’à mi-octobre, on reprend aussi avec un spectacle en salle et une mise en scène pour les ouvertures de saison qui s’appelle « Un certain regard », nous expliquons la musique selon les Frères Jacquard et nous répétons pour notre prochain répertoire.


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www.latetedanslepublic.com numéro 22 - Septembre 2022

Ont participé à ce numéro :

Céline M, Gliz, Julien B, le bureau de Lilith, l’igloo diffusion, Marion Pace, Music is life, Muzivox, Nathalie Nadeau, Teknoir Production, Thierry C, Virginie Bellavoir, Verygroup

Photographes : AT2 couteau, Cyril Vega, Craig Bingham, Le Turk Photographies, Nicole Marie, Olivier Donnet, Philippe Poitevin, Romane Simonneau, Virginie Nourry

w w w.fac ebo ok.c om / L atetedanslepublic

pascal@latetedanslepublic.com

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m a g a z i n e

numéro

23

sor ti e pr ochaine

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