LTDPmagazine numéro 21

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D é c o u v e r t e s

&

I n t e r v i e w s

m a g a z i n e l a te te d a n s l e p u b l i c .c o m

n u m é ro

21

Mai 2022


LTDPmagazine

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Et voilà, on a un nouveau président qui est le même que l’on ne voulait pas avant... Oui, je parle du même, celui qui nous a enfermé chez nous à cause du virus de Batman et pote de Willy le borgne. Ben ouais, il fallait faire barrage à la méchante dame qui se transforme en loup garou à la pleine lune et qui fait peur aux enfants ! Mais ça y est, on en a fini (pour le moment) de tout ça. Welcome liberté, retour des festivals & concerts sans masque, sans distance, sans pass et … sans public, bon il y en a, mais moins !! Je dramatise, mais c’est vrai, la crise sanitaire, les piqûres, les confinements, les couvrefeux et les fermetures des salles ont laissé des traces et pas que financière. Le public s’est habitué à l’enfermement, les séries sur ...flix et autres programmes tv qui diffusaient « Les ch’tis sur la lune ». C’était mieux avant, ben ouais mon copain et même que certains artistes affichaient complet alors qu’aujourd’hui les salles sont clairsemées, comme une calvitie bien avancée et certains programmateurs annulent même des dates, faute de réservations du public, triste, vous avez dit triste ?

Le printemps

s’installe, les affiches des festivals fleurissent, l’été va être musical à bloc et on sera tous debout, toutes voiles sorties face au vent. Il y a de grands noms qui sont annoncés, il y a deux ans à rattraper et c’est plus que nécessaire à notre équilibre psychique. Alors sortez, viendez, bougez en fonction de votre budget, de vos souhaits, les groupes et artistes ont, eux aussi, fait du travail à domicile et pour certains bravés l’interdiction du couvre-feu pour répéter, ils sont chauds comme des baraques à frites et ont plus que hâte de vous retrouver. Allez salut !

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LE SON EST IMAGE w w w.l a teted an sl epu bl i c.co m/ l eso nes ti ma g e. htm

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Mai 2022 - numéro 21

THE KILLER MERTERS La Grange à musique

Photo - © LTDP latêtedanslepublic

SOMMAIRE

MYOSIS

SKALLI

GABOR

LITTLE ODETTA

VILLA FANTÔME

LES 3 FROMAGES

PIPI TORNADO

GREG NOVAN

SUN GAZOL

JUSTINE TIME

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«J’y vais à fond, ça donne une musique qui est assez intense»

MYOSIS Une tarte émotionelle musicale, catharsis d’une musique toute en violence de moments clés que chacuns peut traverser

© seppshots

w w w. f a c e b o o k . c o m / i a m M y o s i s

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LTDP : 2020, le groupe est tout jeune et pourtant bardé de récompenses, ça ne pas trop vite ? Myosis : Je ne me pose pas trop la question à vrai dire. Je ne trouve pas que cela aille trop vite. J’ai eu pas mal de groupes avant ça qui ont echoué et pour lesquels j’ai essayé d’entreprendre des choses en vain, et là, quand j’ai décidé de lancer ce projet qui est un projet solo plus qu’un groupe, je me suis dis : « Je vais arrêter d’attendre les gens et juste faire ce que je veux », et voilà. Ce n’était pas l’objectif de faire un clip pour gagner des prix, je voulais faire un beau clip et quand on a vu le résultat, on s’est dit que ce serait bête de ne pas le soumettre à des festivals parce qu’on avait un beau résultat. LTDP : Pas encore de concert, un seul EP, c’est court pour un live ? Myosis : Oui, je suis déjà en train de travailler sur mon premier album. J’ai 4/5 autres titres qui sont prêts et les 5 titres de l’EP. Il ne reste plus qu’à travailler avec les musiciens qui m’accompagnent et d’ici les premiers concerts, on aura une heure de live. LTDP : C’est langoureusement presque malsain d’une époque post apocalyptique ? Myosis : Langoureux c’est sûr, c’est planant, chargé en émotions, oui il y a un peu de ça. J’y vais à fond, ça donne une musique qui est assez intense, c’est toujours un moment un peu particulier d’écouter ce genre de musique. LTDP : Les textes parlent de quoi ? Myosis : Globalement c’est un survol de ma vie. Ça traite d’alcoolisme, de la dépression, des relations amoureuses, des violences conjugales (un théme qui me tient à coeur). Plus récemment, j’ai écris un texte sur les violences policières, c’est un peu ma vie, mais romancée. LTDP: C’est une thérapie musicale ? Myosis : Oui complétement. C’est le but de la musique que je fais, c’est la recherche de cette catharsis de pouvoir extérioriser toutes

ces passions et les choses négatives à travers quelque chose d’encore plus puissant, d’encore plus grand et de pouvoir se nettoyer en peu l’esprit. LTDP : Le côté mode androgyne, c’est un personnage ou c’est toi ? Myosis : C’est une hyperbole, je ne suis pas androgine dans la vie de tous les jours. Virgil ne veut pas être androgyne, Myosis le sera un peu plus. J’ai toujours un côté effeminé dans ma façon de me comporter, de me tenir. J’ai grandi entouré de femmes, ça a déteint dans ma façon de réfléchir et d’organiser ma vie. Myosis est une hyperbole de qui je suis dans ma vie personnelle. LTDP : Revisiter le rock anglais des années 90/2000, pourquoi ces années-là , c’était mieux avant ? Myosis : Plus jeune, j’ai eu une formation de musique clasique, arrivé à l’adolescence, j‘ai commencé à écouter ma musique et pas celle des autres. J’ai retrouvé dans le rock et le métal ce côté plus composé, beaucoup plus sur les notes et les émotions. C’est quelque chose à laquelle je suis très sensible et ça a été très naturel de se tourner vers ce genre de musique et très natuel de composer quelque chose de la sorte quand je me suis mis à composer. LTDP : Toutes ces comparaisons d’untels ou d’untels, ce sont des sons que tu as toujours écouté et qui font parti de toi ? Myosis : J’écoute énormément de choses. J’ai tout le temps de la musique dans mes oreilles, il va y avoir des périodes, c’est plus des déclics et il y a cette patte de toutes ces musiques que j’ai pu écouter et qui font ces chansons que je peux proposer. LTDP : J’ai lu que l’on pouvait qualifier ta musique de Rock sensible ? Myosis : Hum … je ne sais pas, sensible dans le sens où les émotions sont le centre même de ma musique, mais pas fragile. Il y a beaucoup de violence, de colère dans ma façon de la jouer et je

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suis fatigué à la fin, j’ai envie de dormir, cela me demande énormément. LTDP : C’est dur de se démarquer aujourd’hui dans la musique rock ? Myosis : Oui et non. Une scène, grâce à internet, est un peu infinie et à double tranchant, dans le sens où tout le monde peut avoir sa chance et personne ne l’a. Pour se démarquer, on s’en fou d’être bon, il faut se bouger et composer quelque chose de différent et surtout honnête avec ce que l’on fait, d’être le plus sincère possible. Et je pense que c’est ça que les gens appprécient. Tous les gens qui font de la musique sont bons, ce n’est pas ça qui fait la différence, c’est plutôt ce que l’on va proposer aux gens, se donner à fond. LTDP : Tu écris les musiques que tu as envie d’entendre ? Myosis : Oui je pense, il y a un peu de ça. Il m’arrive d’écouter mes musiques et de me dire que ce serait cool que ce soit pas ma musique, mais quelque chose qui y ressemble et de faire un mix de tout ce que j’écoute. Je compose un peu la musique que j’ai envie d’entendre si j’allumais la radio ou si on me faisait découvrir un groupe . LTDP : « On ne peut se fier à un homme si l’on ne connaît pas la maison qu’il habite » Paulo Coelho, L’Alchimiste. C’est juste pour le clip cette situation ? Myosis : Je voulais trouver une petite phrase d’accroche qui résumait un peu le clip et que cela serait cool de la trouver chez Paulo Coelho, qui est mon auteur préféré. C’est une façon de rendre hommage au livre « l’alchimiste » que j’aime beaucoup. LTDP : Les projets ? Myosis : Ça va s’accélerer. Je suis dans le booking en ce moment avec des prises de dates, sur Paris où je suis demandé, quelques dates sur la Bretagne, la Charente, et en novembre / décembre une tournée dans le nord de la France / Belgique sur 10/15 jours. Une live cession qui va sotir, que j’ai filmé en août dernier et d’autres projets, mais chut, vous en serez plus.


SKALLI

www.facebook.com/SkalliMusic

©Cléo Descombes

«la pop c’est une élaboration joyeuse de la vie qui ne se prend pas la tête» Un format poétique d’histoires personnelles évoquant le temps qui file, un son vintage fait de guitares électriques et guitares acoustiques anciennes, l’album est une belle réussite.

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LTDP : Un duo qui fait quoi ? Florent : Les idées de chansons viennent de moi et nous arrangeons ensemble les titres. Nous avons tous les deux les mêmes influences et nous savons exactement où nous voulons aller en tant que groupe en musique. On construit à partir des idées musicales, les sctructures, les rythmes que Serge joue à la batterie, le son que l’on veut, la structure des chansons et on arrive à un début de produit fini guitare / batterie / voix, et d’autres musiciens interviennent pour finir de construire les chansons avec tous ces arrangments. LTDP : Un duo c’est saturé aujourd’hui? Florent : On ne se présente pas vraiment sous forme de duo, c’est assez polymorphe, sur la base des chansons du groupe cela prend une forme très variable. Parfois, moi tout seul avec une guitare en acoustique, parfois Serge et moi qui allont faire une cession acoustique, parfois avec des musiciens sur scène. Cela prend des formes très différentes, j’aurais tendance à ne pas le cantonner sous forme de duo. LTDP : Il y a vous deux et d’autres musiciens se rajoutent au live, vous vous suffisez à deux ou un groupe pourrait se faire ? Florent : Oui, en live, il y a d’autres musiciens et même parfois à la conception des chansons. Sur l’album, on l’a joué en live et enregistré avec deux musiciens (Virgil Allien à la guitare et Pierre Guéant à la basse). Après, on a commencé à travailler différemment et maintenant qu’il a pris forme, on le joue en live avec deux autres musiciens : Galindo Cuadra à la guitare et Paul Henry-Pasmanian à la basse. Oui, on se présente comme un groupe, ce qui nous donne une marge d’interprétation sonore qui a la capacité de pousser plus loin les sons, les expérimentations et les ambiances que si nous étions tous les deux. LTDP : Vous avez une thématique de textes assez personel ou une simple histoire, c’est un voyage imaginaire, un ressenti de la réalité ? Ça parle de quoi en fait ? Florent : C’est des histoires de rencontres, des gens qui rentrent et qui sortent de notre vie, c’est la maniére dont on rencontre des gens, parfois qui se séparent ou on reste côte à côte, certains meurent etc... Cela génère des sentiments , des ressentis et des histoires. C’est de ça dont parle notre album et nos chansons, des moments de vie posés en musique. LTDP : Les morceaux se suivent ? Florent : Non. pas chronologiquement. Cela ne raconte pas une histoire, ce sont

des histoires qui ne se suivent pas, l’album est conçu dans ordre précis de choses, mais ce n’est pas une continuité de textes.

impossible que cela se présente. Les mélodies sont tantôt vocales, tantôt des mélodies instrumentales.

LTDP : Deux albums c’est peu en dix ans ou c’est le premier sous ce nom-là ? Florent : Oui, effectivement, c’est le deuxième. Le premier était pour poser les bases. J’ai testé certaines choses après quelques aventures musicales où j’étais impliqué dans plusieurs formations, mais il fallait que je me concentre sur ce que j’ai envie d’écrire et j’ai posé mes premières idées sur ce que pouvait être Skalli à l’époque de «Stories », en 2012. Après, c’est vrai, on a pris un peu le temps avec Serge.

LTDP : Vous avez des influences communes notamment sur quelques monstres de la musique, (Neil Young, The Beatles, David Bowie, The Velvet Underground, Nick Drake ). Comment on croise l’inspiration sans copier, sans interpolation ? Florent : Ce sont des artistes que l’on a tellement écouté que c’est assimilé. Ces musiques-là sont encrée dans notre chair, on ne les copie pas, c’est sans prétention naturelle pour nous. J’ai grandit dans les années 70 en musique avec ces gens-là et j’ai écouté que ça, et Serge c’est pareil, et du coup, ça sort comme ça.

LTDP :Vous êtes accro à la nostalgie des 70’s, c’était plus riche, plus libre musicalement qu’aujourd’hui ? Florent : Oui, on a cherché, on a pris le temps de trouver le son que l’on voulait. On a remonté le temps, plus libre qu’aujourd’hui. Oui, pour plein de raisons c’est une époque où, dans la musique, les instruments utilisés laissaient naturellement plus de place au feeling que maintenant. Il était plustôt rare que l’on joue avec un métronome, comme on est contraint de le faire dès que l’on utilise une boite à rythmes, certains samples ou des choses modernes. Ce sont des musiques qui sont faites pour respirer, pour transmettre une ambiance, pour interagir avec un public, pour ne pas être figées, par construction elles sont supérieures à ce qui se fait à l’heure actuelle. LTDP : Dans cette esthétique vintage 70’s, c’est enregistré à l’ancienne sur de l’analogique ou vive l’informatique 2022 ? Florent : Il y a un doux mélange des deux dans cet album. On a enregistré beaucoup en analogique c’est vrai. Il n’y a aucune triche, on n’utilise pas de technique de 2020, on n’a pas fait des prises et une nouvelle prise dessus. On enregistre les choses en une fois au maximum avec la contrainte qu’était l’analogique, à la seule différence prêt qu’on a pas enregistré sur des bandes, seul était ancien les amplis, les micros, les instruments. On a fouillé le son, mais on a aussi fouillé le matériel qui va avec. LTDP : Il y a un vrai mariage de la guitare avec le texte sur certains morceaux, on dirait presque une discution / réponse. Florent : Ce n’est pas impossible. Cela doit venir de mes influences parfois un peu blues. Le principe question / réponse, la guitare qui répond à la voix est un rituel blues. Sans l’avoir pensé ainsi et pour en avoir beaucoup joué, cela n’est pas

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LTDP : Les textes en français ? Florent : Je le fais parfois. Le français est, à mes yeux, une langue extrèmement exigente et c’est plus compliqué d’expliquer la transmission d’un sentiment précis en français qu’en langue anglaise. LTDP : La culture musicale anglosaxone est moins compliquée qu’en France ? Florent : On a un côté vieille Europe intello bégueule, c’est l’antinomie de la pop. La pop a toujours été anglo-saxonne. La pop c’est une élaboration joyeuse de la vie qui ne se prend pas la tête. Cela parle à beaucoup de gens, c’est du sentiment collectif, il faut les embarquer dans des choses simples qui les font sourire. Ce n’est pas en se prenant la tête sur chaque lettre que l’on va y arriver. LTDP : Les USA, l’Angleterre, un passage obligé pour progresser techniquement ? Florent : Quand on joue du Blues ou du Rock, le niveau est colossal. L’émulation artistique et la vitesse d’avancer de ces milieux-là dans certains pays anglo-saxons sont plus rapides que nous, du coup, ça tire plus l’avanceé des musiciens, l’innovation, le florilège de groupes et de projets. La différence est surtout que l’on soit sincère dans ce que l’on fait et à le faire vivre aux personnes qui l’écoutent. C’est uniquement une question d’interprétation pour moi. LTDP : Les projets ? Florent : On soumet tout ça aux pincettes du destin et voir ce qu’il nous réserve. Il y a quelques dates de prévues, de partager en live avec les gens ce que l’on aime faire, il y a beaucoup d’idées musicales, un prochain album ne va pas trop tarder, et continuer à avancer.


GABOR et les chapeaux rouillés w w w. g a b o r e t l e s c h a p e a u x r o u i l l e s . f r

«Le personnage sert à être humble devant les autres»

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Les notes et l’ambiance de Gabor nous immergent dans ce monde parallèle qui ouvre la malle de nos souvenirs d’enfance.

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LTDP : Peux-tu te présenter ? Gabor : J’incarne le personnage de GABOR.

On sait que l’être humain est capable de faire cela. Je sais que l’être humain peut avoir des côtés extraordi-

LTDP : Gabor est un personnage qui a pris vie comment ?

naires et fabuleux, mais l’être humain a ses travers, ceux qui se critiquent, se battent, égoïstes et font la guerre.

Gabor : Gabor comme le spectacle est né d’un manque, j’étais dans une période artistique assez désertique dans

Le fait d’avoir créer ce spectacle et ce personnage c’est un peu une thérapie de groupe, c’est dire aux gens : «

ma vie, je n’avais plus le goût de jouer dans certains projets que j’avais, je ne m’y retrouvais plus artistiquement.

Regardez, on va écouter, applaudir ensemble », c’est une communion que nous recherchons l’équipe et moi,

J’ai eu une pause de deux ans dans la musique, et pendant cette pause, je me suis retrouvé un peu tout seul,

c’est vraiment notre état d’esprit.

j’étais dans ma bulle. Certaines choses me manquaient comme la scène, les gens, les remarques des uns et des

LTDP : Est-ce que tes histoires pourraient être juste chantées sur scène sans artifices et mises en scènes,

autres, et de ce manque de personnages est venu comme ça, un jour de réfléxion, dehors à regarder la pluie. Les

ou non, c’est fini ? Gabor : Je l’ai fais récemment, j’ai chanté pour une petite

gouttes tombaient sur des boîtes de conserves et cela m’a fait penser à des notes de musique et l’imagination m’a

fille très courageuse de 3 ans, atteinte d’une maladie et qui est dans un fauteuil roulant, et pour un ami qui faisait

fait penser à des chapeaux rouillés. J’en ai parlé autour de moi et l’idée a fait son chemin, nous avons cherché en

une grosse concentration de motos et qui m’a demandé à ce que Gabor vienne chanter des chansons ; j’ai dit ok

famille un ambassadeur de ces chapeaux rouillés, le nom Gabor est la compression du prénom de mes enfants.

mais juste Gabor et un micro. Le peu de public qui était là, malgré le froid, a adhéré tout suite à l’univers des chan-

LTDP : Musicalement il y a eu un changement entre

sons chantées par le personnage. Je sais qu’au fond de moi je n’ai pas besoin de tous ces artifices-là pour chan-

deux albums, « l’album » de 2018 est plus rock, le spectacle est né à ce moment ?

ter, pour donner, pour partager, pour dans cette ronde de communion, parce que les artifices sont là pour donner

Gabor : Pour moi, le spectacle est né sur le 2éme al-

de l‘ampleur à tout cela, mais l’essentiel est là, le person-

bum, les vraies chansons du spectacle sont dessus. Le contrastre entre les deux est qu’il avait déjà des com-

nage, la voix et les chansons.

positions qui y étaient avant que le spectacle naisse et nous avons construit l’histoire du spectacle autour de ces chansons.

LTDP : Et juste Gabor sur scène faire du rock ? Gabor : Après juste le personnage, chanter du rock sur scène et faire du rock, oui pourquoi pas si c’est fait avec honnêteté.

LTDP : Ça marque plus les gens de voir un personnage qui fait passer un message ? Gabor : Ce personnage est neutre, il n’a pas de beauté, il n’a pas de laideur, il n’a pas de défauts ou alors il a tout ces défauts et toutes ces choses qui peuvent déranger. Je n’ai pas peur derrière ce personnage, mais je veux être devant le public avec une vraie humilité, les gens ne se posent pas de question de qui je suis, le personnage sert à être humble devant les autres. LTDP : Tu travailles beaucoup tes textes, comment tu choisis les thèmes ? Gabor : Les chansons sont vraiment liées à ma vie, je recherche les thèmes au fond de moi en me demandant ce qu’il me manque dans la vie, ce qui me fait plaisir, pleurer ou vibrer, je me donne les réponses et les chansons naissent de cela. LTDP : Ton album (des éclats de rêves) donne la pêche à la première écoute car il nous renvoie a notre enfance, ce moment où sommes encore innocent. Gabor : Tu tapes dans le mille, c’est voulu et pas voulu, c’est aller chercher la sincérité à l’intérieur de soi. LTDP : Tu parles d’humanité qui nous relie, c’est difficile en ce moment ? Gabor : C’est pas compliqué parce que quand on aime vraiment l’être humain on ne peut pas être déçu de ça.

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LTDP : J’ai lu une fin d’interview où tu dis « Marchons vers nos rêves, puisqu’on ne sait plus où aller… », tu ne lâches jamais en fait, tu as toujours un mot d’espoir ? Gabor : Je suis comme cela, exactement, cela englobe tout le monde, autant la personne qui n’a jamais eu de soucis dans sa vie, mais qui va affronter la réalité, autant la personne qui n’a pas d’argent et qui galère pour la fin du mois, autant une personne riche et qui a peur de tout perdre, ça englobe tout le monde, tout les styles et le niveau mondiale de l’humanité, il est là pour dire allez-y vivez vos rêves. LTDP : Les projets ? Gabor : Le booking 2022 reste compliqué avec pas mal d’annulations dans les grandes salles de spectacle. Les gens ont perdu le goût de sortir et de découvir. Nous sommes encore sur une quinzaine de dates jusqu’à la fin de l’année et nous remontons le décor et on repasse à une nouvelle mouture du spectacle. C’est la même histoire, on change des chansons, on remet des chansons du nouvel album et on peaufine des mouvements, des effets, des ouvertures de trappes, un coup de jeune au chapeau rouillé. Nous allons aussi faire un tour au festival d’Avignon voir comment cela se passe pour l’année prochaine, on repart en date et écrire de nouvelles choses.


m a g a z i n e

D é co u v e rte s & Inte r v i e w s

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20 | 29 JUILLET 2022 20/07 MIKA + 1ÈRE PARTIE : MOWHEEL

22/07 LA MARCHE BLEUE PAR LÉO WALK + 1ÈRE PARTIE : SYNOPSIS YOUTH BALLET

23/07 MELODY GARDOT + 1ÈRE PARTIE : MURIEL FALZON

24/07 MC SOLAAR NEW BIG BAND PROJECT + 1ÈRE PARTIE : GROS MO

26/07 CHRISTOPHE MAE + 1ÈRE PARTIE : TIMBER MEN STOMPERS

27/07 HF. THIÉFAINE UNPLUGGED + 1ÈRE PARTIE : LA FLÈCHE

29/07 BETH HART KIMBEROSE

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©Clément Caudal

LTDP : 2019 naissance du groupe, un album 3 ans après, c’est le temps pour faire un album ou c’est le résultat de ces deux dernières années de restrictions ? Lucas Audrey : C’est un peu des deux, mais surtout la Covid qui nous a freiné dans notre dynamique, les maquettes étaient bien avancées. Ça a freiné le projet pendant deux ans, mais nous avons bravé quelques confinements pour pouvoir répéter dans l’optique de pouvoir enregistrer cet album. LTDP : Comment, musicalement, on s’y retrouve pour faire un album avec toutes ces influences qui ressortent de l’album, on parle d’un son vintage des années 70, du rhythm & blues afro-américain, plus d’un style que l’autre, comment vous gérez toutes ces influences pour sortir le son Little Odetta ? Lucas / Audrey : On n’a pas trop calculé, c’est instinctif on a tous fait sonner nos influences. C’est plutôt une richesse, nous sommes tous les deux assez fans de la musique de ces années-là. Pour moi (Lucas), Jimmy Hendrix, Led Zepellin, The Door, des choses très rock et pour Audrey c’est plutôt musique rhythm and blues, soul, les deux ne sont pas si incompatibles en fait. LTDP : Comment on garde en soi, pendant longtemps, un premier album qui à mûri, à quel moment on se dit ok, c’est maintenant ? Lucas / Audrey : Nous avions vraiment envie de le concrétiser. À la base, nous voulions vraiment faire un album et pas un EP, nous avons fait beaucoup de morceaux. Ils ont eu le temps de mûrir, nous les

avons peaufiné en rajoutant quelques effets, des guitares, des instruments additionnels que avions gardé. LTDP : Pour certains, faire un album c’est un moment difficile, comme une naissance, entre l’écriture, les arrangements, pour d’autres, plutôt facile, ils en sortent 1 par an. Vous vous situez où entre les deux ? Audrey : Entre ces trois propositions, c’est quelque part un accouchement. Quand l’album est sorti, j’ai eu l’impression d’une gestation qui s’était installée, entre le moment où tu composes, le moment où tu écris, tu répètes, tu l’enregistres, il y a tout un chemin. Lucas : Comme nous avions beaucoup répété, j’étais plutôt serein, l’enregistrement des onze titres guitare / basse / batterie c’est une prise en live, on a rajouté les guitares après. LTDP : Vous avez une thématique de texte sur l’album comme d’autres font, politique, environnement ? Audrey : Pas vraiment, je parle beaucoup d’amour, le thème universel. Je n‘ai pas vraiment de thème de prédilection, c’est parfois un mot, une histoire, des choses qui sont arrivées à des proches ou des choses imagées qui peuvent m’inspirer un texte. LTDP : Votre son avec la langue de Molière ça se tente ? Audrey : Je ne suis pas très à l’aise dans l’écriture en français dans ce style-là. La langue anglaise me permet vraiment une certaine excentricité que je ne pourrais pas retrouver dans la langue française.

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LITTLE ODETTA www.fa ce bo ok.co m/Li ttl eOdetta

«Je m’éclate plus à chanter en anglais, il y a plus d’excentricité» Un quintet explosif mélangeant rhythm’n’blues et rock au charisme et au talent ensorcelant, un album aux onze titres ultra puissants et convaincants, rencontre…

Lucas : Le style est diffcile, il y a peu d’artistes dans le rock qui me parlent, peut-être plus dans la musique rap ou dans les musiques hybrides. LTDP : L’album est carrément un ovni musical, c’est ce que vous espériez ? Lucas / Audrey : Je ne me rends pas bien compte, c’est difficle de se détacher, nous sommes trop impliqués pour avoir du recul à tout ça et se juger. LTDP : On sent l’énergie retenue sur l’album, c’est des morceaux taillés pour le live ? Lucas / Audrey : C’est des prises live à la base, en live c’est beaucoup plus tranchant. On a fait beaucoup d’arrangements différents, il y a deux aspects. Mais peut-être qu’en studio, c’est un peu plus calme. LTDP : 1 album en live ça fait court, vous jouez d’autres morceaux que votre album ? Lucas : Comme il y a pas mal d’arrangements, certains morceaux peuvent être dans la durée. « Shake », le premier single, dure 3.26mn sur l’album et dure 9mn en live. Il y a plusieurs morceaux comme celui-là où nous avons créé des plages musicales, des plages d’ambiances, des choses plus noise entre les morceaux aussi. Nous avons une reprise pour le moment, je ne sais pas si on en refera d’autres, il y a d’autres titres que nous ne jouons pas en ce moment. LTDP : Audrey, tu as dit dans une interview : « C’est un exercice très difficile de faire du rock en français », pourquoi ?

Lucas Audrey : La langue française est difficile à faire sonner, surtout dans le rock, que cela ne fasse pas tartre, ce n’est pas facile d’écrire en français. Il y en a peu qui y arrive très bien. Par la suite peut-être je m’y attelerai, mais pour le moment, je m’éclate plus à chanter en anglais, il y a plus d’excentricité, tu peux plus t’amuser, j’aime bien ça. En langue française tu dois plus servir le texte. LTDP : Côté vocal, à quel moment tu t’es rendu compte qu’il y avait un vrai potentiel pour faire du rock ? Audrey : J’étais plus rhythm and blues, soul, jazz, c’est en cotoyant Lucas qui est plus rock. Ses influences se sont ajoutées à mes bagages musicaux, et l’envie de mêler d’autres choses et de faire un croisement entre tout ça. LTDP : Une femme entourée d’hommes, difficile de trouver sa place, on impose son respect ? Lucas / Audrey : (rire) Je le vis très bien, c’est assez naturel. On ne se marche pas dessus, on se connaît bien, nous sommes amis depuis longtemps. Nous avons déjà eu d’autres formations ensemble, j’ai une idée assez claire de là où je veux aller. Ça se passe bien, il ne faut pas hésiter à déranger, il n’y a pas de problème d’ego entre nous. LTDP : Les projets ? Lucas / Audrey : On défend l’album et ce projet sur scène le plus possible, d’aller à la rencontre du public, il y a une quinzaine de dates jusqu’en septembre et nous continuons de créer et de répeter.

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«C’est hyper important pour nous de chanter en français»

VILLA FANTÔME ©Christian Ravel

v il l afa nt om e. fr

Cure de jouvence, élément moteur d‘un album aux morceaux incisifs, un mélange ska, rock, pop qui fait son effet, c’est vraiment jouissif. LTDPmagazine


LTDP : Qui fait quoi dans le groupe ?

pop, le rock new wave, le ska revival à certains mo-

Manu : C’est toujours le même fonctionnement que

ments, c’est tout ça à la fois.

l’on a eu avec Pierre, j’écris des morceaux et Pierre écrit les textes. Je fais une tram de morceau pour com-

LTDP : On dirait un retour aux années 80, Les

mencer et ensuite on pose un yaourt de chant dessus

garçons bouchers, Starshooters, Kargols (dans

et on voit l’ambiance que ça peut avoir, si cela nous

un style plus reggea), 86 crew (plus recent), ça

plaît ou pas. Si c’est un peu commun et si c’est inté-

manque dans le paysage musical français ?

ressant je vais plus loin, je peaufine dessus, je fais

Manu : Forcément puisque cela n’existe plus «dans

une structure plus complète, plus d’arrangements pour

le paysage». Nous, notre idée, était de reprendre ces

livrer quelque chose à Pierre afin qu’il puisse écrire du

codes-là pour essayer d’en faire quelque chose de pas

texte dessus. Les musiciens interviennent après, une

trop daté non plus, même si on a conscience que l’on

fois que tout est monté.

a rien inventé. Mais l’idée était de faire quelque chose d’actuel et chanter en français dénote pas mal en ce

LTDP : Villa fantôme n’est pas votre premier groupe,

moment, avec l’anglais qui revient beaucoup sur la

on repart à zéro, autre histoire, autre groupe ?

scène. Même si ce style-là n’est plus representé, en

Manu : Oui exactement. Avec le groupe «La Ruda»,

comparaison à d’autres styles. Nous avons prit le parti

on l’a fait et bien fait. Ça a duré vingt ans, + de 1000

de faire ce que l’on savait faire, et surtout faire ce que

concerts, 10 albums. On s’est éclaté sur ce projet et

on avait envie de faire. Nous n’avons jamais voulu col-

cela s’est arrêté fin 2012, nous voulions passer à autre

ler à quelque format que ce soit ou quelque époque

choses. Certains, dont Pierre, avaient envie d’écrire

que ce soit. Est-ce que ça manque aux gens? Il faudra

leur propre projet. Moi, j’avais un projet rock avec des

leur demander, nous ça nous manquait en tout cas.

jeunes qui s’appellent «La Rancoeur». Nous avions envie de faire autres choses, voir d’autres gens. En

LTDP : Chose de plus en plus rare, vous chan-

2019, nous avons remonté le groupe La Ruda le temps

tez

d’une tournée d’été, pour le plaisir de nous retrouver,

WW anglo-saxonne ?

mais sans avoir l’envie de recomposer quelque chose.

Manu : Pierre n’écrit qu’en français, il n’écrit pas en

Et cela nous a donné envie de refaire quelque chose

anglais, il ne maîtrise pas cette langue. Ce qui l’inté-

avec Pierre, quelque chose de plus british, plus noir,

resse c’est d’écrire en français. C’était aussi la base

plus sombre que La Ruda. Nous ne sommes pas par-

du projet RUDA, c’était le français, peu importe ce que

tis du latino et des cuivres, mais plutôt du guitare/cla-

l’on joue derrière. C’est hyper important pour nous de

vier et du son plus british.

chanter en français, cela donne une identité au projet

en

français

avec

pourtant

une

culture

assez immédiat, et c’est un désir de notre part. LTDP : Les duos il y en a à tour de bras, comment se démarquer d’un autre ?

LTDP : Les textes, d’ailleurs, ça démarre comment,

Manu : Nous sommes un duo en composition qui

vous avez une thématique ou tout se fait autour

donne l’univers du projet. À jouer nous sommes six

d’une bière ?

sur scène: deux guitares, basse, batterie, trompette

Manu : Je laisserai plutôt Pierre répondre à la ques-

et chant.

tion, c’est son imaginaire qui parle. Tout l’intéresse, il s’intéresse à tout, il joue avec les mots et c’est

LTDP : À ma première écoute, j’ai cru que c’était

restranscrit en texte.

un titre de A.Bashung à ses débuts, la comparaison est gênante ou flatteuse?

LTDP : L’album est vraiment excellent, est-ce que

Manu : Flatteuse. Pierre est un grand fan de Bashung

les morceaux se suivent ?

et l’idée de ce projet, c’était d’avoir quelque chose à

Manu : Non, non, chaque morceau est pris à part. Il n’y

la voix beaucoup plus posée qu’avec La Ruda. Là,

a aucun lien entre eux. C’est une histoire différente à

c’est beaucoup plus large, il a le temps de chanter, de

chaque fois.

poser ses textes, donc la comparaison avec Bashung est très flatteuse pour lui.

LTDP : Les projets ? Manu : On va défendre l’album. Il y a aussi un album

LTDP : Ska, pop rock, vous aimez tordre le style,

en court, mais on va prendre le temps. On va continuer

un mélange des genres pas toujours facile à mettre

à jouer, à faire des morceaux. Le premier album est

en boîte non ?

un album qui existe et un groupe qui existe grâce à la

Manu : Ça se tient. Le contretemps, tu le mets un peu

Covid. On s’est retrouvé en 2020, enfermé chez nous,

à la sauce que tu veux. La base du projet reste rock,

à écrire des morceaux. C’était le point de départ du

et après, il y a quelques sonorités ska effectivement

projet et, aujourd’hui, voilà, la contagion est restée. On

à l’intérieur. Mais on reste dans le rock british, le rock

continue à en écrire d’autres.

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©Jean_Le_Boulanger

LES 3 FROMAGES «Le but c’est de ne faire mal à personne quand on fait de la parodie» LTDPmagazine


Le rock’n drôle, une vraie entité d’un groupe qui ne se prend pas au sérieux, un véritable show à la déconne, à la production appliquée. nie aussi. C’est un peu nouveau, pour les 3 fromages en tout cas.

envie de faire de la musique influencée par des groupes que l’on aime

producteur, maman scénariste, chemin tout tracé donc, ou c’est

LTDP : Rock et humour il y a une

bien depuis longtemps, qui sont des références, notamment par la

juste une légende ? Kévin : Pour aucun de nous quatre

limite à ne pas dépasser dans la parodie ?

pop punk californienne, Sum 41, Off Spring etc..., des groupes d’enfance,

ce n’est le cas. Je suis le dernier arrivé dans le groupe et je ne suis pas

Kévin : Non je ne pense pas, à part être blessant, mais ce n’est pas notre

notamment pour les fondateurs du groupe. D’abord c’était l‘envie de

de Quiberon, c’est la rencontre de trois amis (Éric, Willy et Yan qui n’est

cas. Le but est de ne faire mal à personne quand on fait de la parodie.

s’exprimer à travers ces musiques-là, l’humour s’est greffé après, mais gé-

plus dans le groupe) qui ont décidé de faire de la musique pour pallier à

Si on parodie quelqu’un, c’est qu’au fond, on aime bien ce que fait la per-

néralement c‘est souvent à partir d’une base musicale que d’une idée.

l’ennui. Mais c’était absolument fortuit et n’avait pas vocation d’être pris

sonne. On ne ferait pas cela du tout par mépris, à part les limites de bon

C’est d’abord la musique.

au sérieux à la base. Ce n’était pas un chemin tout tracé. Au départ sans

sens comme ne pas faire du mal, il n’y en a pas. C’est ce qui est bien

LTDP : Vos morceaux sont tirés directement de Kad & Olivier de Ka-

ambition, mais par la folie des choses et le hasard d’un moment donné, le

avec les 3 fromages, c’est que l’on peut faire plein de choses avec le

moulox, la compil des chanteurs inconnus ?

projet a gerér et a pu se développer. Il y a eu un retour positif inattendu de

rock humoristique, ça créer une palette de choix presque illimités.

Kévin : Oui c’est clair. Générationnellement, c’est des références ab-

LTDP :On peut rire de tout ?

surdes qui nous plaisent pas mal. Les 3 fromages sont assez ironiques et

Kévin : Oui s’en doute, mais pas avec n’importe qui comme dirait l’autre.

moqueurs. On peut voir cet esprit-là, c’est clairement ces références-là,

LTDP : Vous venez de la Californie of the Bretagne « Quiberon », papa

la part de pas mal de gens. LTDP : En fait l’humour c’est quelque chose de très sérieux ? Kévin : Il y a du travail pour que ce soit bien fait, on s’en rend compte, on ne prétend pas le faire bien, mais de le faire de notre mieux. On nous dit souvent que nous avons un humour catalogué dans l’humoristique et une production assez sérieuse, assez solide et propre. On aime bien ce double côté, à la fois de ne pas se prendre au sérieux et bien produit car nous mettons le paquet sur la partie réalisation et production sur ce que l’on sort. LTDP : Vous pourriez faire des morceaux avec un vrai msg comme certains humoristes dans leurs sketches ? Kévin : Oui on pourrait. Je sais qu’avant même mon arrivée, le groupe ne voulait pas trop être positionné dans des messages politiques directement liés à des choses qui se passent dans la vie politique française ou même internationale, il y a quelques messages passés dans le dernier album. Il est teinté des discours ou des questions assez récentes dans les débats publics, notamment sur les violences faites aux femmes. Il y a clairement un morceau ou deux qui veulent s’en rapprocher et qui sont des évocations avec de l’iro-

en essayant de toucher à plein de LTDP : Il y a quelques groupes rock humour notamment Ultra Vomit, les Fatals Picards vous tournez avec un autre groupe ? Kévin : On le fait régulièrement. On est souvent de concerts avec ces groupes,. Nous étions avec le groupe Elmer Food Beat dernièrement, nous faisons partie d’une scène spécifique rock humoristique pour laquelle il y a un public et nous nous wxwretrouvons souvent apparentés à ces groupes-là. LTDP : Vous faites beaucoup de concerts, les gens ont besoin de rire ? Kévin : Oui on fait beaucoup de concerts, il y a vraiment un engouement pour ces concerts-là. Il y a eu la pandémie, le manque de concerts pendant deux ans, il y a un vrai besoin de revenir pour ces gens-là, ils sont très demandeurs de spectacles vivants et d’humour aussi. Beaucoup d’organisateurs nous disent que le public avait perdu l’habitude des sorties et les envies des Français avaient beaucoup changé avec cette pandémie. LTDP : Musique ou texte en premier ? Kévin : D’abord plutôt dictée par la musique. Les 3 fromages, c’est une

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sujets qui nous entourent, sans faire trop dans l’actualité qui serait en décalage avec un album qui met du temps dans l’écriture et sa sortie. LTDP : Et si les parodies, l’humour vous lassent ? Kévin : La question ne s’est pas posée. Nous sommes bien dans ce que nous faisons, c’est suffisamment infini pour que nous ne soyons pas en mal d’inspiration. LTDP : Faire rire cache un mal être ? Kévin : Profondément, je ne crois pas. Ce n’est pas pour compenser un mal-être qui nous serait propre pour faire marrer les autres, nous faisons cela avec beaucoup d’enthousiasme, d’envie de toucher les gens, de faire marrer, il n’y a pas de tristesse sousjacente, nous sommes plutôt joyeux. LTDP : Les projets ? Kévin : On défend l’album que nous venons de sortir. Nous sommes très concentrés sur la tournée 2022 / 2023, on n’a pas mal de dates jusqu’à fin juin, pleins de nouvelles que nous annoncerons sur les réseaux, des clips à venir et beaucoup de concerts sur toute la France.


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«Tornado c’est le nom du cheval de Zorro qui m’a toujours fait triper»

PIPI TORNADO www.faceb www.f acebo oo ok.co k.com/Pip m/P ipi.Torna i.Torn ado do .Official

© Yahnn Owen

Bienvenue dans un grand huit bercé par un rock puissant, d’une intensité proche de la folie, une extase rocknrollgrantesque.

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LTDP : Notre dernière rencontre était avec Vox

des images qui me viennent dans la tête et à par-

Pompidou, et là, un nouveau projet bien barré,

tir de cela, j’écris un texte. Mais je n’essaye pas de

autre groupe même histoire ? Mélodie : Oui, c’est la continuité de Vox Pompidou.

prendre une direction particulière. Le premier thème qui me vient, j’écris dessus. Après oui, j’ai dit cela :

LTDP : Vox, défunt groupe, Pipi Tornado une réfé-

« les textes, je m’en fous », mais non, j’aime bien mes textes, mais pour moi ce n’est pas le plus important.

rence à quelque chose ? Mélodie : Oui, c’est en référence à de multiples

LTDP : Le groupe est taillé pour la scène ?

choses. Pipi Tornado c’est le nom suédois de Fifi Brin d’acier et Tornado c’est le nom du cheval de Zorro qui

Mélodie : Oui les deux, mais la scène c’est mieux, on s’y sent mieux.

m’a toujours fait triper. Samy : C’est aussi le nom des aspirateurs.

Samy : En fabriquant l’EP nous nous sommes rendus compte qu’il y avait les deux aspects. À la base la vo-

LTDP : Toujours dans le même style musical ?

cation c’est la scène, et finalement, la production aussi est un aspect super excitant. On peut y faire passer

Mélodie : Oui comlétement, on a rajouté pas mal d’influences. Lio, qui joue avec nous à la basse, vient plu-

d’autres choses. Mais oui carrément, nous sommes très motivés par la scène.

tôt du funck, il y a donc une petite influence de funck, Sam vient du jazz afro beat, ça reste rock, mais on ne

LTDP : Un seul EP pour la scène c’est juste non ?

s’interdit rien.

Samy : On a envie que cela raconte une histoire. On a plus de morceaux que sur l’EP, heureusement. On

LTDP : Le groupe est tout récent, 1 seul Ep ? Mélodie : Oui le groupe s’est créé juste avant le confi-

a une heure de set, c’est un show, un début, une fin, avoir des tableaux qui nous plaisent, de raconter une

nement fin 2019. Nous avons fait un seul concert, on a un seul EP pour le moment. On a beaucoup plus de

histoire, de rajouter le p’tit morceau qui manquerait, la p’tite virgule etc... Et toujours ce lien dans l’absurde et

titres, mais il a fallu en choisir cinq, on reprend tout juste en fait.

l‘autre lien c’est Mélodie de toute façon. LTDP : Pourtant je trouve ta voix plus travaillée

LTDP : Mélodie, c’est un personnage que tu as créé ou tu es vraiment possédée ? Mélodie : (rire) C’est vraiment moi. Dans la vie de les tous les jours je joue un personnage, mais sur scène et dans la musique c’est vraiment moi. Il faut vraiment se lâcher, c’est un peu une théarapie. Sam : Il y a un certain grand écart entre les deux personnages scène et hors scène. LTDP : « Roddy Pee-buddy » que je trouve tout simplement formidable, l’histoire de ton ami imaginaire, c’est le même que quand tu étais petite fille, on en a tous un ! Mélodie : (rire) Je n’ai jamais eu d’ami imaginaire, c’est une fiction. Je m’inspire du cinéma entre autres, c’est assez récurant, de la folie, des amis imaginaires, je voulais en faire une chanson.

que sur Vox Pompidou, tu as bossé pendant le confinement ? Mélodie : Non du tout. Je n’ai pas trop chanté pendant le confinement. Là c’est notre bébé, c’est nous qui composons, je me permets plus de choses, je ne m’interdis rien, je chante comme j’en ai envie. Samy : Là c’est notre raison d’être cette version 2.0. Mélodie peut être elle même à 100 %, exploiter toute sa palette et pas être seulement rock, mais aussi épique, lyrique, tout ce qu’elle est. LTDP : Est-ce difficile de composer avec toutes vos influences musicales ? Samy : Il ne faut pas, on se laisse guider, comme pour les textes, sans savoirr quelle aventure on va raconter dans un morceau. On cherche avant tout la sonorité, il n’y a pas de trame précise, il n’y a pas de bridage, il faut se faire confiance, c’est notre son.

LTDP : Aucune thématique donc au niveau des textes ? Mélodie : Le mot d’ordre est de ne jamais faire de chansons engagées. C’est plutôt de raconter des histoires, des choses qui me plaisent, ça parle souvent d’animaux, juste écrire ce qui nous fait plaisir.

LTDP : Vous avez une équipe dérrière vous ? Samy : La chaîne mastering est bien au point. Pour la promo de l’EP on a un bureau de presse, mais pour le moment on n’a pas de tourneur, ni manager, on met de l’energie à avoir une bonne équipe d’ici l’automne.

LTDP : Huuu tu dis «J’ai appris à chanter en anglais, mais les textes, je m’en fous un peu.», pour un morceau c’est ce qu’il te passe par la tête sur le moment ? Mélodie : Quand la musique arrive, avant j’ai souvent

LTDP : Les projets ? Mélodie : La même chose, un autre EP, plein de clips, battre le fer pendant qu’il est chaud, garder cette énergie que l’on a , surfer sur tout ce qui se passe en ce moment et pas trop se poser de questions.

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Albums Cd

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(c )Louis Vizet

«J’essaie d’être sincère dans mes chansons»

GREG NOVAN

www.facebook.com/gregnovan

La musique comme thérapie de l’âme, l’expression intime d’extérioriser ses sentiments, une voix chaude et grave sur les plus beaux mélanges 70’s folk rock blues. LTDPmagazine


LTDP : Le départ de cette aventure dé-

d’années. Il y a aussi mon groupe qui joue et

marre comment ?

qui a une part très importante.

Greg : Le projet est parti d’un mec qui écoutait les Rolling Stones et Michel Polnareff et

LTDP : J’ai écouté deux titres magnifiques

qui à 16 ans, s’est mis à jouer de la guitare en autodidacte et n’a jamais arrêter.

qui auraient pu se trouver sur cet EP « She Owns My mind » et « Marianne » ,

LTDP : C’est un personnage Greg Novan ?

ce n’est plus d’actualité, c’était juste des one shot ?

Greg : Non c’est moi, ce n’est pas un personnage de création comme pouvait le faire

Greg : C’était mes deux premiers singles, on reconnaît un style, j’ai pas voulu les remettre

D.Bowie. C’est vraiment et purement moi, c’est le moi quelque part comme je le préfére,

sur l’EP. J’écris beaucoup de chansons, il fallait avancer avec un premier EP.

c’est mon projet solo, j’essaie d’être sincére dans mes chansons.

LTDP : Tu veux continuer avec l’étiquette

LTDP : Tu es dans un style musical folk /

songwriting - folksinger parce que le son de l’ensemble est formidable ?

blues / rock, c’est assez large comme palette, tu t’identifies à ces trois styles, com-

Greg : J’ai envie de continuer dans une direction folksinger songwriting. Je vais passer à

ment tu choisis en fait ? Greg : En général, pour le style je compose

des morceaux au piano et aussi à des morceaux en français, avec une direction seven-

beaucoup guitare acoustique / voix, les arrangements et la couleur du morceau viennent au

ties car je trouve que c’est à ce moment-là que l’on écrivait les meilleurs chansons. Il y

moment de la composition. Les idées sont déjà présentes et le style du morceau est présent à

avait un sens des mélodies, de jolies parties instrumentales, de mots, des jolis produc-

partir du moment où j’ai les premiers accords et la mélodie de la voix, après c’est une histoire

tions, j’ai envie de rester fidèle à ces seventies qui me bercent musicalement.

d’arrangements, c’est globalement seventies, folk rock, il y a du blues et du rock progressif. LTDP : Pour tes morceaux tu es plutôt grosse recherche sur le son, les textes ou c’est au feeling total ? Greg : La mélodie et la musique arrivent d’abord et ensuite la couleur de la mélodie suggère les paroles. Pour les textes, comme le premier morceau de l’EP (My great Outdoors), c’est pas mal au feeling, des paroles assez simples, assez légères et pour d’autres comme le dernier de l’EP (Finally Feel), je suis allé dans quelque chose de plus profond, de plus introspectif et j’ai gardé 10% de ce que j’avais écrit. J’écris en anglais, c’est une langue que je maîtrise, mais que je ne parle pas courrament, c’est un élément de langage de choses que j’ai vraiment envie de dire sincérement et personnellement. Je fais vraiment attention à ce que je raconte dans mes chansons et à ne pas dire trop de banalités. LTDP : Il y a beaucoup de toi dans cet EP ? Greg : Carrément, c’est complétement moi. J’ai réussi à faire la synthèse de pas mal de choses que j’ai écoutées depuis l’adolescence. Avec cet EP, j’ai été assez fidèle à mes amours musciaux d’adolescence. C’est un EP qui est très fidèle à ce que j’aime et à ce que j’ai pu écouter depuis une dizaine

LTDP : J’ai entendu dans une interview que tu ne te considérais pas comme un chanteur sérieux vocalement, pourquoi ? Greg : J’ai pu dire ça par manque de confiance. Je prends vraiment confiance aujourd’hui en ma voix en live, où j’arrive vraiment à pousser ma voix et avoir une voix puissante. Ce n’est plus quelque chose que je pense, je me sens de plus en plus chanteur, je prends confiance en ma voix et dans ma capacité à chanter. LTDP : Ton nom, ta musique commencent à tourner, la célébrité te fait peur ou tu as déjà un plan de carrière? Greg : Je sais comment j’envisage la suite de ma carriere musicale, notamment chanter en français, avoir des morceaux avec du piano, mais toujours garder cette fidélité aux seventies. Après, le succés, pour moi, c’est de pouvoir travailler avec des gens que j’admire énormément, et ce que je souhaite, c’est vivre de la musique tout simplement et de pouvoir partager mon amour de la musique avec les gens et continuer ma route. LTDP : Les projets ? Greg : Je retourne en studio et je suis impatient d’enregistrer de nouveaux morceaux en français et des dates de concerts qui arrivent.

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@Marylene_Eytier


«Il y a des mots magnifiques à lire, mais pas à mettre en chanson».

SUNGAZOL

sungazol.wordpress.com

Un thriller musical, un travail d’enquête soigneux et efficace, plongés dans ce monde cinétique au son rock alternatif qui nous transporte. LTDP : Comment est né ce personnage de Nick Alvani ? Sun Gazol : Nick Alvani est né d’une imagination collective de l’univers que l’on a créé autour de notre musique et du premier EP que nous avions sorti en 2018 qui s’appelait « Leviathan ». EP que nous avions sorti sous le nom de « Inch », avec un concept où il y avait une enquête du point de vue du tueur en série. Et la suite de l’enquête, c’est l’album « Nick Alvani », du point de vue, cette fois, de l’enquêteur de police.

LTDP : Le projet est collégial ou une seule personne écrit ? Sun Gazol : C’est collégial depuis toujours. Chacun travaille de son côté et propose aux autres. C’est plus une idée, une suite d’accords, une mélodie, un pater de batterie et chacun peut rebondir dessus en écoutant les choses des uns des autres et on arrive à un terrain d’entente. C’est lorsque l’on joue ensemble que les choses se créent et que l’on voit les choses qui fonctionnent ou pas.

LTDP : C’est l’histoire de base le tueur et le flic, pourquoi ce genre ? Sun Gazol : J’aime la lecture et j’adore les thrillers Fred Vargas, Jean Christophe Grangé, et des films sud coréens comme « Parasite », « the stranger ». Films ou livres, je suis passionné. J’ai voulu allier notre musique pour créer un univers un peu plus large.

LTDP : La page blanche, une hantise ? Sun Gazol : Houla oui, ça existe, on arrive toujours à avoir des idées pour alimenter.

LTDP : Tout est là en fait, le personnage, l’histoire, la musique, reste plus qu’à l’adapter au cinéma ou un roman policier par la suite? Sun Gazol : L’adapter au cinéma ou en roman c’est compliqué. Mais on l’a fait en clip. On y voit le personnage dans son enquête, et on en fait des nouvelles qui sont disponibles sur le site internet. Il y a trois chapitres avec la musique et le 4éme chapitre, c’est le clip . LTDP : Pour créer votre univers vous faites un assemblage de plusieurs styles musicaux ? Sun Gazol : En touche d’influences, pour beaucoup Radiohead, il y a de la new wave par moment, du Noise sur d’autres, mais on peut dire du rock alternatif. LTDP : Quand vous composez un chapitre vous vous laissez emporter par l’ambiance du moment ? Sun Gazol : On a beaucoup utilisé, autour des différents morceaux,des mots clefs d’ambiance, du comment on ressentait le morceaux et de ce que cela apportait comme ambiances, sensations plus que sur un texte déjà écrit et de tourner autour. Nous avons travaillé tous les cinq sur cet album. On essaye de se mettre au clair sur quelle ambiance et athmosphére on a envie de dévellopper et ce que cela envoie comme message derrière.

LTDP : Demain un producteur garde l’idée du thriller musical Nick Alvani et change tout pour être plus public, vous dites quoi ? Sun Gazol : Cela dépend de ce qu’il veut change. Si cela arrive on en discuterait. Personnellement, je ne considére pas mon travail artistique comme sacré. Je suis toujours ouvert à faire les choses de manière différente, mais il faut que ça aille dans une direction qui me convienne, nous convienne à tous. LTDP : Nick Alvani est réel quelque part, demain vous le croisez, vous écrivez une suite ? Sun Gazol : Ce serait génial. Je serait content de le rencontrer. Faire un concept comme cela, ce n’est pas évident, c’est assez lourd à porter. Nous sommes dans un monde où il y a plein de projets artistiques et on a l’impression que les gens passent d’une chose à l’autre très vite. Garder l’attention du public est compliqué et pour ce que l’on prépare pour la suite et pour la suite de l’histoire de « Nick Alvani », nous laisserons ces personnages de côté et nous les reprendrons un peu plus tard. LTDP : Sur scène il y a des images en fond ? Sun Gazol : J’aimerais le faire, c’est comme tout, il faut l’installer, le préparer, avoir les images qui vont bien et le travailler. Pour le moment, on reste comme on est, avec nos lumières. LTDP : Les projets ? Sun Gazol : Le line up a changé, nous ne sommes plus que quatre dans le groupe. Un de nos deux guitaristes est parti. Nous avons prévu d’anticiper et de sortir un prochain EP en février prochain avec d’autres idées et de nouveaux clips.

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«Les tournées c’est la chose la plus enrichissante pour un artiste»

JUSTINE TIME

www.facebook.com/Justine.Time.66

(c)LTDP

Entre rock, pop et folk, des qualités scéniques autant énergiques que puissantes, une signature vocale, une artiste taillée pour la scène, une artiste à suivre...

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LTDP : L’aventure démarre comment ?

Les tournées c’est la chose la plus enrichissante

Justine : Très tôt, à cinq ans avec ma mère qui joue

pour un artiste, apprendre le métier de l’intérieur

du piano dans le salon. Ça a été un coup de coeur

comme de l’extérieur.

automatique. C’est elle qui m’a enseigné les bases. À sept ans, je suis entrée dans une école de mu-

LTDP : Tu es taillée pour la scène, de ce que

sique, à dix ans, j’ai enchaîné au conservatoire avec

j’ai pu voir et entendre. Comment tu te prépares

un cursus classique, mais qui n‘était pas vraiment

pour les Déferlantes, tu as une équipe qui te

fait pour moi (rire). Depuis, et aujourd’hui encore, je

prépare ?

suis en musique actuelle, le jazz, la funck, le rock,

Justine : Non, je n’ai pas d’équipe qui m’entoure. Je

c’est un mélange de toutes les musiques. Et, entre-

suis en auto-production, l’administratif est géré par

temps, à treize ans, j’ai monté mon propre projet :

un membre de ma famille. Je me concentre unique-

Justine TIME.

ment sur le côté artistique, la musique et le scénique. Après, oui, un label, un tourneur c’est l’objectif.

LTDP : Tu n’as pas de plan B comme dirait … ? Justine : Aah bah non ! Je n’en ai pas, . J’ai passé

LTDP : Les réseaux sociaux c’est incontour-

ma vie à faire de la musique, à chercher de nou-

nable, comment on se démarque pour éviter

velles idées pour faire des chansons et à m’amélio-

d’être noyer dans la masse des artistes qui

rer dans mes instruments. Après, je suis aussi pas-

veulent émerger ?

sionnée d’autres choses et je pourrais m’y diriger s’il

Justine : Oui tellement, les réseaux sociaux, c’est

y avait un problème. Mais non, pas de plan b, c’est

l’endroit où il y a le plus d’artistes en tous genres

uniquement la musique.

qui essayent de se trouver une place, et le danger, c’est d’être noyer dans la masse. Je me différen-

LTDP : Tu es multi-instrumentiste (piano, gui-

cie en postant des vidéos prises en live où on voit

tare, batterie), ce n’est pas s’enfermer dans son

mon côté ultra énergique sur scène et non sur des

propre projet ?

vidéos montées.

Justine : Indirectement un petit peu. En étant multi-instrumentiste, je m’éparpille un petit peu et j’ai du

LTDP : Les textes parlent de quoi, tu as une thé-

mal à me perfectionner dans un seul instrument, et

matique sur tes morceaux ?

en plus, j’aime énormément apprendre. S’enfermer

Justine : Dans le premier EP, il y avait un thème que

dans son projet personnel oui et non. Pour le mo-

je voulais absolument aborder : c’est les rencontres

ment, je n’ai pas eu de retour négatif à ce niveau-là

en général. Un morceau parle de rencontres amou-

et cela me permet une véritable indépendance, que

reuses, un autre de rendez-vous amical, il y aussi

ce soit en studio ou en live, d’être beaucoup plus

la tromperie, les déceptions amoureuses, amicales,

personnelle. Il est vrai que je manque de musiciens

familiales. Je m’inspire principalement de ma vie

autour de moi. Là, nous sommes un trio, guitare (et je

personnelle pour écrire mes paroles.

joue du piano) / basse / batterie, mais il est vrai que j’aimerais un guitariste ou un pianiste pour être plus

LTDP : Les concours télévisés, un vrai tremplin

libre au niveau du chant.

ou juste un effet de mode ? Justine : Depuis 2/3 ans s’est devenu un effet de

LTDP : Est-ce que faire partie d’un groupe te per-

mode. C’est devenu «Je veux me faire voir à la TV et

mettrait de partager des idées de compos, plutôt

montrer ce que je sais faire ». L’émission the Voice

que d’être en solo ?

kids et l’émission Voice adulte sont très différentes,

Justine : Au départ oui, mon projet personnel était

les mentalités et les objectifs sont totalement diffé-

de faire carrière dans un projet solo. Mais il est vrai

rents. The Voice adulte est orientée sur une carrière

qu’avec le conservatoire, j’ai baigné dans différents

musicale et the Voice Kids est plus orientée vers un

groupes de musique. J’ai quand même cette forma-

concours de chant. De mon côté, je n’y ai pris que

tion assez complémentaire. Je préfère cette liberté

du bon, une belle expérience.

de faire un peu comme je l’entends sur les compositions sans forcément dépendre de l’avis des uns et

LTDP : Les projets ?

des autres, même si cela est très enrichissant.

Justine : Je serai au festival « Voix de femmes » en juin, je participe également au concours par vote

LTDP : Est-ce que les tournées t’apprennent

de la plateforme Riffx pour jouer aux « Déferlantes

plus ton métier ?

sud de France », en studio pour mon deuxième

Justine : Oui, tourner dans des endroits différents c’est

single qui sort en juin en version acoustique, en

tellement enrichissant, de connaître de nouvelles per-

septembre avec la version clip, de l’écriture pour

sonnes, de ne jamais être dans le même lieu et de ne

un deuxième EP et de nouvelles dates qui arrivent

pas avoir la même approche avec le public.

pour l’été.

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Arno

© Tous droits réservés LTDP

El Médiator - 2016

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www.latetedanslepublic.com numéro 21 - Mai 2022

Ont participé à ce numéro :

Céline M, Thierry C, le bureau de Lilith, Julien B, Virginie Bellavoir, Yann Landry la tête de l’artiste, Nina Suzette, Marie France Allamel, gelcr, Teknoir Production, Elsa Martin Saint Léon, ragetour, Give ‘em Promotion, Léo bip, Mathieu sevrant

Photographes : Geoffrey Lévèque, Louis Vizet, Clément Caudal, Cléo Descombes, alan Keraron, Christian Ravel, Jean Le Boulanger, seppshots

www.facebook.com/Latetedanslepublicdusud

pascal@latetedanslepublic.com

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m a g a z i n e

numéro

22

sor ti e pr ochaine

w w w. l a t e t e d a n s l e p u b l i c . c o m