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Le bruit des cendres 3 jours aux pieds du Yasur


«Un shot de Rhum» Rapide, violent et délicieux. Descendre de sa cabane, traverser l’ambiance antillaise de la tribu, découvrir la plaine de cendres et grimper sur le Yasur, l’omniprésent maître des lieux. La nuit tombe, le ciel explose en millier de boules de lave. Là, juste au-dessus de nos têtes. Grisante sensation d’avoir bu le verre interdit. Ludo


Depuis des jours, le divin Yasur crache des panaches de fumées. Il fait sombre en plein jour dans la plaine des cendres. La nuit, la lave illumine le ciel, visible à des kilomètres. Aux alentours, les feuilles plient sous le poids des poussières noires. Les villageois toussent, beaucoup.   Le paysage est lunaire et ravagé. De nulle part, surgit un homme à vélo, étrangement pressé dans cet endroit hors du temps. Plus loin, une femme et un enfant se protègent sous un parasol multicolore. La cendre, lourde, tombe brusquement sur nos imperméables. Des cliquetis feutrés. Puis des grondements et des explosions de souffre se font entendre. A la tombée de la nuit, nous décidons de grimper au volcan. Nous payons 3350 Vatus chacun pour avoir ce périlleux privilège. Thomas, un des propriétaires du terrain où se trouve le volcan, tient à nous accompagner. Il a des tas d’histoires à raconter: le drame de 2002 qui a fait trois morts, les touristes inconscients qui reviennent gravement blessés… Son conseil : « si de la lave retombe vers nous, ne courez pas, fixez les roches et déplacez-vous calmement ». Arrivés au cratère, la lave jaillit devant nous. Nos visages se tordent entre les sourires béats et l’angoisse provoquée par une explosion plus forte que les autres. Une adrénaline dont on ne se lasse pas. Nous y retournons le lendemain. La deuxième fois, j’ai crû mourir. Dans le noir total, les éruptions se font plus violentes et plus fréquentes. Les locaux sont partis, conscients des risques. Soudain, une pluie de lave est projetée au-dessus de nos têtes. Panique générale. "Back people, back !", hurle une ombre derrière nous. Je suis assaillie par un sentiment d’animal traqué et pris au piège. Des secondes de doute interminables. Les laves sont finalement retombées à quelques mètres de nous. Nous partons. Sauf Ludo qui se met au bord du cratère pour voir la lave couler le long des parois. Daphné.


Novembre 2013


Le bruit des cendres - 3 jours sur le Yasur  
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