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Pourquoi pas No 4 / 2015

VOTRE EXEMPLAIRE GRATUIT

EMBARQUEZ À BORD DU JOURNAL Cap sur FRANCOPHONE l'Islande : LE PLUS SEPTENTRIONAL D'EUROPE


N° 2

Édito

Le Pourquoi Pas

Bienvenue à bord ! par Lea Gestsdóttir Gayet

Le vaillant équipage du Pourquoi Pas est fier de vous accueillir à bord de cette quatrième (eh oui, déjà !) édition du journal. Comme les années précédentes, notre équipe a eu la chance d'embarquer plusieurs moussaillons à bord de cette aventure franco-islandaise. Ce numéro est édité en collaboration avec l’association France-Islande. Il est distribué un peu partout en Islande et envoyé aux abonnés de l’association en supplément de leur numéro habituel du 15 juillet. Nous sommes très heureux de ce partenariat qui permet au Pourquoi Pas d’être également présent en France. Le numéro de cette année est particulièrement complet. L’équipage, toujours aussi éclectique, s’est penché sur tous les aspects de la vie politique et culturelle de l’Islande. Notre but est de permettre aux francophones de mieux comprendre et saisir les particularités de la culture islandaise. Une fois

a

Depuis le début, notre papier est financé par de fidèles lecteurs. Cette année, la compa-

sur notre page Facebook. Nous vous souhaitons un agréable moment en Islande, terre unique et sauvage. L’Islande se mérite. Elle a un caractère fort et ne se laisse pas facilement dompter. Laissez vos tracas à la maison et profitez pleinement de l’air pur, de l’eau qui jaillit des entrailles de la Terre et de l’énergie qui se dégage au 66e degré nord. Si tout se passe comme prévu (ce qui est rarement le cas en Islande) vous rentrerez fatigués mais ressourcés de votre périple nordique.

Ce journal a pour objectif de compléter votre séjour « là-haut »

Ce numéro vous propose un point sur l’actualité en Islande ainsi qu’une comparaison entre deux chanteuses emblématiques : Édith Piaf et Björk (Guðmundsdóttir). Après avoir sondé les francophones sur leur vision de l’Islande, nous nous attarderons sur l’éruption volcanique de Holuhraun, grâce aux explications du géologue suisse Thierry Basset. Enfin, au

gnie aérienne Icelandair nous a apporté son soutien, ce dont nous sommes très reconnaissants. Ce journal a pour objectif de compléter votre séjour « là-haut » et si vous êtes inspirés, faites-nous part de vos suggestions d’articles. Pour ce faire, retrouvez-nous sur notre site lepourquoipas.is ainsi que

Vocabulaire de base

Bonjour : Góðan daginn Merci : Takk L'Islande est un beau pays : Ísland er fallegt land Merci (à la fin d'un repas) : Takk fyrir mig Je t'aime : Ég elska þig Une bière ! : Einn bjór!

Góða skemmtun á Íslandi!

Lea Gestsdóttir Gayet,

Au revoir : Bless bless

rédactrice en chef


~

Pourquoi pas Ge

t s t s d ó ti r G a y et

g þ ó ra J ó n B er sd

FONDATEURS : ó

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Le

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acquise, on peut traduire une langue assez aisément ; traduire des traditions et les expliquer est un défit plus périlleux que nous tentons de relever.

travers de notre dossier culture, vous saurez tout sur le cinéma, la musique, l’art et la littérature. Un article sur les elfes et le courrier des lecteurs viendront également compléter votre voyage en notre compagnie.

Lea Gestsdóttir Gayet Bergþóra Jónsdóttir Virginie Le Borgne Serge Ronen

RÉDACTEUR EN CHEF :

A

e D e ta i l l e xell

C o ri n n

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MOUSSAILLONS (ONT PARTICIPÉ À CE NUMÉRO) : Julie Fuster Cédric H. Roserens Jóna Halldórsdóttir

Lea Gestsdóttir Gayet

GRAPHISME :

JOURNALISTES :

Bergþóra Jónsdóttir bergthora.is

leu

Corinne Leleu Alexandre Huillet Serge Ronen Axelle Detaille Thierry Basset Viktor Gayet Gestsson

SECRÉTAIRE DE RÉDACTION :

DESSINS : Florine Pigny

REMERCIEMENTS : L'association France-Islande pour leur soutien indéfectible depuis le début de l'aventure, Icelandair et le collectif Iceland Islande. Merci également à Reza pour ses photographies époustouflantes de l'éruption de Holuhraun.

Axelle Detaille

IMPRESSION :

PHOTOGRAPHIE :

Morgunblaðið, Hádegismóum 2, 110 Reykjavik, Islande

Reza / Unsplash


N° 3

Personnalités

Le Pourquoi Pas

Édith Piaf et Björk sont respectivement de dignes représentantes de leur terre natale. Le LPP s'est attardé sur le parcours de ces deux artistes d'exception.

Piaf

Édith Piaf Björk Guðmunds vs.

Björk

Édith Piaf est née le 19 décembre 1915 à Paris.

Björk est née le 21 novembre 1965 à Reykjavik.

Elle est l'une des plus grandes ambassadrices de la France à l´étranger.

Elle est la chanteuse islandaise la plus connue dans le monde. Elle est la première à avoir exporté la musique islandaise sur la scène internationale. Elle sera suivie par de nombreux groupes.

Elle est tendrement surnommée << la môme >>.

Le premier succès qui propulse Björk à l´international est l´album Debut.

Ses chansons les plus connues sont La Vie en rose, Non je ne regrette rien, Milord, La Foule.

Les habitants de Reykjavik croisent régulièrement Björk dans les cafés branchés du centre-ville.

Édith Piaf est connue en Islande où son répertoire est régulièrement revisité par des artistes locaux.

Björk est non seulement une chanteuse unique, mais elle est également une actrice hors pair. Elle a reçu le prix d’interprétation au festival de Cannes pour son rôle dans Dancer in the dark de Lars Von Trier. On se souvient de la robe qu’elle portait lors de la remise des prix : Björk était habillée en... cygne !

Édith Piaf est décédée jeune, à l'âge de 47 ans. Citation : << Le ciel bleu sur nous peut s´effondrer Et la terre peu bien s´écrouler Peu m´importe, si tu m´aimes Je me fous du monde entier >>.

Björk est mère de deux enfants : une fille et un garçon. Les Islandais sont fiers de leur plus grande ambassadrice. Elle est unique, insaisissable, dotée d´une créativité inépuisable et ne ressemble à personne. Comme son île.

par Lea Gestsdóttir Gayet


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N° 5

Actualités

Le Pourquoi Pas

Que s'est-il passé depuis l'an passé en Islande ? Le taux de chômage est passé sous la barre des 4 % en 2014 et n’a pas augmenté en 2015.

Björk sera au prochain festival d’Iceland Airwaves au mois de novembre.

Le groupe de rap Les premières américain Wu actions en vue Tang Clan a joué de la levée du au festival de plein blocus monétaire air Secret Solstice qui s'est déroulé le instauré en week-end du octobre 2008 solstice d'été. viennent d'être effectuées.

Malgré une inflation basse, un taux de chômage très faible, une diminution des dettes et une augmentation du pouvoir d’achat conséquente, l’Islande est sur le point de connaître ses plus grandes grèves depuis 25 ans avec pas moins de 120 000 grévistes potentiels.

Jamais autant de films n'ont été réalisés en Islande sur une année qu'en 2014.

Le film Hrútar (Béliers, en français), de Grímur Hákonarson, a été récompensé lors du festival de Cannes, et a obtenu le prix de la catégorie Un Certain Regard. Le cinéma islandais a le vent en poupe, c'est la première fois qu'un film islandais se voit décerner un tel prix.

Le Parlement a voté une loi obligeant les employeurs du domaine de la finance à avoir un pourcentage d’au moins 40% de femmes accédant aux plus hautes responsabilités.

nettement les Pays-Bas et la Turquie, qu'elle a largement battus à domicile (3-0 et 2-0).

Une éruption volcanique qui a duré 6 mois dans la région de Holuhraun et Askja entre 2014 et 2015 a produit la plus grosse émission de lave qu’ait connue la Terre depuis plus de 200 ans. Ne gênant pas le trafic aérien, peu de médias en ont parlé.

Un couple de cygnes noirs a été repéré dans le sud de l’Islande en avril pour la première fois. Pour rappel, cette espèce vient d’Australie et s’est échappée de divers zoos en Europe avant de s’acclimater. D’aucuns considèrent son installation en terre islandaise comme un désastre.

devraient prendre en exemple.

Le ministre de la Pêche et de l’Agriculture est la troisième personne la plus puissante du pays, après le premier ministre et le ministre de l’Économie. Le parti Pirate, dont des membres sont très proches de Wikileaks et qui ont trois représentants au Parlement, est selon les sondages le parti le plus populaire d’Islande avec 30 % d’intentions de vote. Le changement, c’est en 2017.

Côté météo, il y a eu 40 dépressions en Islande entre le 1er décembre 2014 et le 15 avril 2015. Les anciens ont dû mettre leur mémoire au défi L'équipe d'Islande Les stocks de pour retrouver de football poissons les souvenirs masculine est << appartenant >> d'un hiver aussi proche d'une à l'Islande n'ont première rigoureux. jamais été qualification à aussi élevés, une compétition prouvant une majeure : l'Euro 2016, qui se tiendra bonne gestion de la part du en France. Elle est ministère de Les volcans Hekla et Katla ont au coude à coude plusieurs années de retard par la Pêche et de en tête du groupe rapport au rythme de leurs éruptions et devraient faire l'Agriculture avec la République parler d’eux bientôt. Hekla ne que beaucoup, s’est jamais annoncé aux géoloTchèque et gues plus de 45 minutes avant dont l'Europe, devance d’entrer en éruption. par Victor Gayet Gestsson


N° 6

Actualités

Le Pourquoi Pas

Kosy socks par Jóna Halldórsdóttir

EN 2011, JÓRUNN JÓHANNESDÓTTIR, GRAND-MÈRE ISLANDAISE ET TRICOTEUSE ASSIDUE, EUT L'IDÉE DE S'INSPIRER DE LA TRADITION DES << ULLARSOKKAR >>, CHAUSSETTES TRADITIONNELLES PORTÉES AU QUOTIDIEN PAR LES PÊCHEURS ISLANDAIS, POUR CONFECTIONNER DES CHAUSSONS À SES PETITS-ENFANTS.

L'aventure des Kosy Socks est née de cet héritage, avec la volonté d'en faire un chausson d'intérieur, confortable et facile à porter. Tricotées à la main puis feutrées, les chaussettes conçues par Jórunn possèdent une signature typique islandaise, à cheval entre tradition et modernité. De plus, la conception des Kosy Socks se veut respectueuse de l’environnement en n’utilisant que des pelotes de laine islandaise 100 % naturelle. Étant intégralement fabriquées en Islande, elles contribuent ainsi à une démarche équitable.

En Islande : Musée National d'Islande Sur internet : www.bbasique.com & www.amazon.fr

Enfin, les différents styles et coloris disponibles ont déjà ravi nombre de petits et de grands. Photographie par Tara Síf Haraldsdóttir, prises à Heimilisidnadarfélagið à Reykjavik

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Florine Pigny

La laine islandaise avec laquelle sont conçues les Kosy Socks est depuis longtemps reconnue pour ses propriétés exceptionnelles par rapport à la laine traditionnelle : ses fibres, légères et aérées, permettent une meilleure évacuation de l’humidité sans l’absorber, gardant ainsi vos pieds au sec et au chaud. Les chaussons sont ensuite feutrés, assurant ainsi une meilleure résistance des fibres pour une utilisation quotidienne. C’est cette ultime étape qui leur donne cet aspect si particulier au toucher et ce style original.

Points de vente Kosy Socks :

lescrayonsdeflorine.tumblr.com


N° 7

Street interview

Le Pourquoi Pas

Décrivez l'Islande en trois mots ! par Corinne Leleu

Chantal : envoûtante ~ puissante ~ spectaculaire

Cécile : imprévisible ~ envoûtante ~ éblouissante

Marie Paule : lumineuse ~ ébouriffante ~ ardente

Carole : inoubliable ~ féérique ~ envoûtante

Fern : mystique ~ atemporelle ~ pacifique

Gilbert : addictive ~ émotionnelle ~ fascinante

Antoine : déroutante ~ apaisante ~ féérique

Jérôme : magique ~ envoûtante ~ troublante

Cyrille : unique ~ magique ~ fantastique

Isabelle : unique ~ pure ~ préservée

Nadine : authentique ~ magnifique ~ incomparable

Mélanie : magique ~ troublante ~ sauvage

Clémentine : féérique ~ créative ~ pure

Jean-Marc : splendide ~ vraie ~ pure

Nicole : époustouflante ~ merveilleuse ~ surprenante

Sylvie : authentique ~ unique ~ magique

Marielle : envoûtante ~ puissante ~ éblouissante

Lorie : époustouflante ~ surprenante ~ fantastique

Laurence : grandiose ~ indélébile ~ bouleversante

Julie : dépaysante ~ ressourçante ~ apaisante

Arnaud : sauvage ~ magique ~ émouvante

Amélie : magique ~ surprenante ~ paradisiaque

Henry : généreuse ~ émouvante ~ authentique

Thierry : volcanique ~ surréaliste ~ unique

Véronique : glaciale ~ brûlante ~ magique

Louise : grandiose ~ apaisante ~ changeante

Michéle : naturelle ~ originelle ~ tellurique

Bruno : minérale ~ mystérieuse ~ photogénique

Thierry : incommensurable ~ gigantesque

Hervé : hypnotique ~ surréelle ~ mystique

~ diabolique de beauté

Franck : sauvage ~ magique ~ addictive

Jules et Jim en hommage aux 25 ans de la mort de Truffaut et Le Roi et l'Oiseau – le FFF, c’est surtout la possibilité de visionner des nouveautés.

Joyeux anniversaire au Festival du film français ! par Anne-Claire Lefèvre

La quinzième édition du Festival du film français s'est déroulée à Reykjavík du 23 janvier au 2 février 2015 (et en parallèle à Akureyri du 26 janvier au 1er février).

Créé en l’an 2000 par l’Alliance française de Reykjavik dans le but de promouvoir la diffusion en Islande de films français et francophones, le FFF a dignement fêté ses 15 ans. S’entourant judicieusement avec le temps de bons partenaires – l’Institut français, les distributeurs islandais Graena ljósið et Myndform, l’Ambassade de France en Islande, Unifrance et surtout le cinéma Háskólabíó, présent depuis les débuts – le FFF joue désormais dans la cour des grands. Outre l’occasion de revoir ou découvrir des classiques sur grand écran — cette année l’insolent

Le film d’ouverture – Qu'estce qu'on a fait au Bon Dieu ? – fut plébiscité par les spectateurs : plus de 22 000 entrées au total, ce qui l’a classé au deuxième rang du film français préféré des Islandais (après Intouchables). Noom Diawara et Medi Sadoun, deux des acteurs de ce film choral, étaient présents lors de la soirée d’ouverture et ont conquis le public par leur humour et leur simplicité. Entre promotion (cocktails, Q/R, interviews) et détente (visite de Reykjavik, du Golden Circle et baignade au Blue Lagoon en pleine tempête), ils ont passé trois journées intenses sur l’île. Karin Viard (César 2015 de la meilleure actrice) apparaissait dans deux films : La famille Bélier et Lulu femme nue, adaptation touchante et poétique d'une BD d’Etienne Davodeau, qui aura sans conteste été l’autre coup de cœur de la sélection cette année. Sa réalisatrice, Sólveig Anspach – Islandaise par sa mère et habitant Montreuil – a également fait

l’honneur de sa présence pour un « Questions/Réponses » avec le public. Alternant depuis toujours ses tournages entre la France et l’Islande, Sólveig tourne actuellement à Reykjavík son septième long-métrage de fiction. Autre Q/R organisé et attendu : celui avec Barði Jóhannsson, membre des groupes Bang Gang, Lady & Bird et Starwalker, qui s’était vu confier la composition de la musique du dernier film de Niels Tavernier : De toutes nos forces. Ces quatre « feel good movies » ont fait le plein de spectateurs ; les critiques furent dithyrambiques. Ce fut la meilleure fréquentation du festival depuis sa création. Quinze ans, c’est l’âge où l’on a envie de s’émanciper, et pourquoi pas, de se frotter à plus grand que soi. Concurrencer le RIFF (Reykjavik International Film Festival), c’était le pari audacieux de ce FFF 2015, qui, par une programmation alléchante et la venue d’invités, a plutôt bien relevé le défi ! Rendez-vous l’an prochain pour le FFF 2016 !

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N° 8

Géologie

Le Pourquoi Pas

l'éruption du siècle ! par Thierry Basset photos Rézzzzzzz Photography

Fin août 2014, le magma jaillit des entrailles de la Terre en plein centre de l'Islande. Le spectacle est dantesque : des fontaines de lave incandescente alimentent des coulées qui n'en finissent plus de s'étaler. Durant six mois, la lave va contribuer à façonner un nouveau paysage et à construire un peu plus l'Islande, comme elle le fait régulièrement depuis une vingtaine de millions d'années.

Le 16 août 2014, le volcan Bárðarbunga sort de sa léthargie : des milliers de séismes sont détectés et indiquent très clairement une migration de magma en profondeur, depuis la partie centrale du volcan en direction du nord-est. Treize jours plus tard et 45 km plus loin, le magma atteint finalement la surface le long d'une fracture qui déchire la croûte terrestre sur plus d'un kilomètre de longueur. L'éruption débute le 29 août 2014 au nord du grand glacier Vatnajökull, au centre de l'Islande, dans une région complètement désertique appelée Holuhraun.

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N° 9

Géologie

Le Pourquoi Pas

2 Cette éruption est typiquement islandaise. Elle se produit sur la frontière entre les deux grandes plaques tectoniques eurasienne et nord-américaine qui s'éloignent l'une de l'autre en ouvrant régulièrement des fissures permettant au magma d'atteindre la surface. Ce magma est basaltique, chaud et fluide, peu explosif et créé des coulées de lave qui se répandent sur de grandes distances, même lorsque la pente du terrain est faible.

3 L'éruption de Holuhraun n'a provoqué ni dégâts ni chaos aérien comme lors de l'éruption de l'Eyjafjallajökull en 2010. Seul le nuage de gaz chargé en dioxyde de soufre (SO2), un gaz volcanique très commun, a causé quelques soucis à la protection civile et à la population lorsque le vent le dirigeait vers des régions habitées. L'éruption a parfois émis jusqu'à 60 000 tonnes de dioxyde de soufre par jour !

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Après six mois d'activité, l'éruption a cessé le 28 février 2015. Les coulées de lave se sont refroidies et figées à tout jamais. Elles représentent un volume de 1,4 km3 pour une surface recouverte de 85 km2 (soit 80 % de la ville de Paris). Il s'agit de l'éruption la plus importante en Islande depuis plus de 200 ans. Elle dépasse largement l'éruption de l'Eyjafjallajökull en 2010 (0,15 km3 de cendres volcaniques et de lave émises) mais reste très largement inférieure à celle des cratères du Laki qui eut lieu entre 1783 et 1784. Il s'était alors écoulé un volume de 14,7 km3 de lave.

Thierry Basset, géologue, organisateur de voyages sur les volcans, www.thierrybasset.ch

~ Rézzzzzzzz Photography instagram.com/rezzzzzzz_photo


N°10

Culture + cinéma

À la découverte du Paris du Nord !

Le Pourquoi Pas

La pause linguistique : découvrez la langue islandaise ! par Axelle Detaille

par Lea Gestsdóttir Gayet

Au détour d'un article venez découvrir cette langue intrigante qu'est l'islandais. L'idée : un article en islandais est traduit en français, en mettant une liste de mots-clefs à votre disposition. Un moyen ludique de retenir quelques mots qui pourront vous être utiles si vous décidez de vous lancer dans une conversation avec les autochtones ! Attardons-nous sur le cinéma islandais et parlons d'un autre film, Vonarstræti, qui s'est distingué lors du festival du film islandais, Edda, en février dernier. Le film a reçu pas moins de douze prix, un record. L'occasion parfaite pour s'initier au vocabulaire cinématographique.

Vonarstræti (Life in a Fishbowl) Paris of the North est le dernier long métrage du jeune et sympathique réalisateur Hafsteinn Gunnar Sigurðsson (Oui, il faut prendre son souffle pour le prononcer d'un trait !). Intriguée par ce titre quelque peu surprenant, l'équipe du LPP a voulu rencontrer Hafsteinn lors de son passage à Paris pour présenter le film. Et nous n'avons pas été déçus par cette belle rencontre. Nous retrouvons Hafsteinn le long du canal Saint Martin. Il a chaud et est un peu fatigué : il avoue avoir quelque peu abusé des bonnes adresses parisiennes la veille. Ce qui ne l’empêche pas d’accepter la bière fraîche qu’on lui offre. Comme de nombreux Islandais, il préfère ça à un verre de vin. Originaire de Reykjavik, père depuis peu, il a fait ses études de cinéma à New York. Dans Paris of the North, Hafsteinn aborde la difficulté de vivre (voire de survivre ?) en Islande. On est loin des clichés commerciaux et touristiques bien connus sur le pays. L’Islande ne se résume pas aux bars branchés de la capitale ni aux paysages paradisiaques photoshoppés dans les brochures destinées au grand public. C’est cette Islande plus méconnue dont Hafsteinn a voulu rendre compte au public. C’est un film dans la lignée de Noi l’Albinos de Dagur Kári : on y découvre de la même manière cet étouffement que l’on ressent lorsque l’on vit dans une petite communauté isolée. Dans ces deux films, la nature est omniprésente et incarne dans sa puissance la finitude des humains qui tentent de survivre grâce à un humour… noir. Le film ne renvoie pas une image connue de l'Islande à l'étranger. Avez-vous réalisé ce film pour vos compatriotes ou pour un public international ?

C’est vrai que l’Islande dans Paris of the North est beaucoup moins glamour que ce que l’on peut s’imaginer. La réalité islan-

daise peut être dure, les quotas de pêche ont beaucoup diminué dans certaines zones et de nombreuses personnes se retrouvent désœuvrées. Il est important de montrer cette réalité aux Islandais comme aux étrangers. Votre personnage principal, Hugi, se demande tout au long du film s'il doit quitter le village ou rester. Les Islandais sont-ils réduits à devoir partir pour se réaliser ?

Le mot qui signifie « idiot » en islandais est « heimskur ». On y retrouve le mot « heima » qui ressemble à l’anglais « home » et qui veut dire « maison ». Celui qui est idiot est donc celui qui ne part jamais de chez lui. Le père de Hugi est parti à l’étranger mais il est revenu, comme beaucoup d’Islandais. Il est rentré après son expérience en Asie. Par contre, Hugi est un cas plus complexe. Il doit partir pour se retrouver. Ce genre d’expérience est typique du mode de vie islandais. En même temps, on voit bien dans le film que certaines populations font le choix inverse et viennent s’installer en Islande. Et pas seulement à Reykjavik, mais dans ce petit village perdu au milieu de nulle part dans les Fjords de l’Ouest, où l’action se déroule. Vous faites référence à la scène du restaurant thaïlandais ?

En fait la population islandaise est plus mélangée qu’on ne pourrait le penser, ce qui permet

d’avoir une gastronomie variée dans les quatre coins de l’Islande [rires].

Frumsýnd: 16. maí 2014 Tegund: Drama, íslensk mynd Leikstjórn: Baldvin Z

Date de sortie : 16 mai 2014 Genre : Drame, film islandais Réalisation : Baldvin Z

Comment expliquer le titre ?

Paris of the North est un titre ironique. Bien évidemment que Paris n’a aucun point commun avec le village filmé. Et c’est là le drame des personnages. Ils doivent continuellement mener leur vie comme s’ils n’étaient pas perdus au milieu de nulle part, comme s’ils n’étaient pas délaissés… Paris est également réputée pour être la ville romantique par excellence. Mes personnages aussi sont romantiques, à leur propre façon ! Nous avons particulièrement apprécié la manière dont vous avez filmé la nature islandaise, loin des clichés touristiques et des images de carte postale. Quel rôle les paysages grandioses des Fjords de l'Ouest jouent-ils dans le film ?

La beauté est un concept évidemment discutable. Je tente de montrer une « autre » beauté de la nature islandaise dans ce film. La nature brute, sans fard, comme elle nous apparaît à nous, Islandais, au quotidien. Il s’agit d’une nature maîtresse et puissante. Ces paysages n’ont pas besoin de filtres ni de retouches. Ils sont toujours beaux. Et pourtant c'est une Islande beaucoup moins touristique. Pour terminer, pouvez-vous nous dire en quelques mots ce qui fait la caractéristique des spectateurs francophones ?

Ils sont très enclins à la discussion, veulent systématiquement débattre de tout et comprendre le maximum de choses. Ils sont passionnés et très respectueux de la création de l’artiste je trouve. Et si critique il y a, elle s’efforce d’être toujours constructive.

~

Leikarar : Acteurs Hera Hilmarsdóttir, Þorvaldur Davíð Kristjánsson, Laufey Elíasdóttir, Sveinn Ólafur Gunnarsson, Ingvar Þórðarson, Þorsteinn Bachmann, Björn Hlynur Haraldsson, Theódór Júlíusson, Elma Lísa Gunnarsdóttir

Tagline Allir hafa eitthvað að fela.

Accroche On a tous quelque chose à cacher.

Söguþráður Móri (Þorsteinn Bachmann) er rithöfundur og bóhem sem finnur hvergi frið fyrir óbærilegum minningum annars staðar en á botni flöskunnar.

Synopsis Móri (Þorsteinn Bachmann) est un écrivain menant une vie de bohème qui, suite à des souvenirs douloureux, ne trouve la paix qu'au fond des bouteilles.

Eik (Hera Hilmarsdóttir) er leikskólakennari sem neyðist til að grípa til örþrifaráða til að framfleyta sér og dóttur sinni.

Eik (Hera Hilmarsdóttir), enseignante en maternelle, se retrouve forcée à se prostituer afin de subvenir à ses besoins ainsi qu'à ceux de sa fille.

Sölvi (Þorvaldur Davíð) er fyrrum fótboltastjarna sem verður að hætta að spila vegna meiðsla og er nú á hraðri uppleið í vafasömum banka.

Sölvi (Þorvaldur Davíð), ancienne star de foot, doit mettre un terme à sa carrière suite à une blessure. Il devient rapidement un banquier prometteur dans une banque aux pratiques douteuses.

Gömul og ný leyndarmál hrinda aðalpersónunum hverri í átt að annarri í hörku-spennandi og átakanlegri atburðarás sem lætur engan ósnortinn. Kvikmyndin er innblásin af sönnum atburðum og áhorfendur gætu því kannast við tilteknar aðstæður, persónur eða atburði úr raunveruleikanum, enda ekki langt um liðið síðan útrásin stóð sem hæst. […]

Des secrets anciens et récents amènent les personnages principaux à se rencontrer dans une histoire géniale et poignante qui ne laisse personne intact. Le film est inspiré d'histoires vraies. Les spectateurs pourraient reconnaître certaines situations, certains personnages ou évènements tirés de faits réels car il 'y a pas si longtemps la croissance économique battait son plein.


Culture + sculpture

N°11

Le Pourquoi Pas

Rencontre avec Steinunn Þórarinsdóttir par Corinne Leleu traduit par Lea Gestsdóttir Gayet

On revient toujours d'Islande avec des souvenirs indélébiles. La grandeur des paysages traversés s'imprime à jamais dans nos mémoires. On revient gorgé de l'énergie si spéciale de cette île. On retourne alors à son quotidien avec la sensation d'avoir vécu une expérience hors du temps et surtout l'impression d'avoir fait un voyage intérieur. Parmi toutes les rencontres que j’ai vécues, il y a celle avec les statues de Steinunn Þórarinsdóttir. Cela commence dès mon arrivée à l’aéroport de Keflavik. On aperçoit ces quatre figures humaines argentées se tenant dos à dos, étrangement juchées sur leur promontoire : c’est la première interpellation. D’autres rencontres se feront par hasard au détour du voyage. Qui n’est jamais passé et repassé devant le couple de bustes sur Bankastræti, devant l’église catholique de Reykjavik, sur la place devant le café Stofan ou encore face à l’océan à Vík, dans le sud de l’île ? Ma première rencontre avec les sculptures de Steinunn remonte à 2005, mon premier voyage en Islande. Les œuvres de Steinunn ont contribué à

ce que j’appelle « mon voyage intérieur ». Systématiquement, je suis littéralement entrée en méditation devant chaque « figure humaine » se présentant au gré de mes visites. Chacune d’entre elles a fait écho en moi. Ces sculptures sont devenues pour moi un emblème de cette terre. Il m’est alors paru évident lorsque je cherchais une photo de profil pour la fan page Iceland-Islande de choisir une œuvre emblématique de Steinunn. J’ai choisi la photo de profil en 2009. Je ne l’ai jamais changée depuis. Artiste de renommée internationale, Steinunn est connue pour ses gigantesques installations dans l’espace public. Ces figures humaines envahissent les parcs des villes du monde entier. L’interaction entre l’œuvre et le public fonctionne parfaitement. Steinunn a accepté de nous parler d’elle et de son œuvre.

Vous vous êtes réveillée un matin en vous disant : je veux être sculpteur ? Comment cette passion a-t-elle vu le jour ?

Lorsque je finissais mes études dans le vieux lycée du centre de Reykjavik, j’étais comme tous mes camarades. Je me demandais ce qui allait advenir de moi, ce que j’allais faire par la suite. J’ai toujours été intéressée par les arts visuels. Faire des études d’art était alors une évidence pour moi. Je suis alors partie en Angleterre pour suivre des cours d’initiation et je me suis familiarisée avec le dessin, la peinture, le graphisme… et un jour j’ai suivi un cours sur la céra-mique. Créer en 3D m’a immédiatement plu. Je me sentais très à l’aise ! Voilà comment j’ai découvert ma spécialité. Mon premier coup de foudre avec l’argile est né de cette liberté à faire ce que je voulais à partir de la matière première. Puis j’ai commencé à brûler l’argile d’après une méthode japonaise appelée RAKU. Il en ressort une belle couleur noire et organique qui me relie fortement à la nature islandaise. Depuis mes débuts je développe

Mots-clefs (la prononciation à la française est entre crochets) :

ce langage visuel entre les éléments. J’ai commencé par faire de petites figures humaines qui sont progressivement devenues plus grandes. Je suis une artiste figurative depuis toujours. Ma source d’inspiration principale est la condition humaine dans toute sa complexité. C’est pratiquement ma seule source de création, mais elle est vaste ! Les voyageurs qui visitent l'Islande sont très vite familiers avec vos sculptures visibles un peu partout. Pouvez-vous nous les expliquer ?

Je préfère ne jamais forcer l’interprétation du public, donc mes figures sont souvent neutres et inexpressives. De cette manière, celui qui observe mon œuvre devient curieux et passe un moment privé avec mes sculptures. Un dialogue naît. Leur neutralité permet des possibilités d’interprétation plus nombreuses. Ces figures sont des êtres spirituels enfermés dans un corps ; du coup mon œuvre se veut être un questionnement sur l’âme et la spiritualité plutôt que sur le corps. Vos figures n'ont pas de bouche, pas d'oreilles. Comment cela se fait-il ?

Comme je l’ai expliqué, mes figures ne sont pas réalistes. Sans oreilles et sans bouche, elles sont plus ouvertes au rêve et à la méditation. Elles ne sont pas vraiment de ce monde. Elles sont des instants figés de la contemplation. Peut-être s’agitil d’un instant suspendu avant

ou après que quelque-chose ne se passe. Je mets l’accent sur le calme et la tranquillité. Je préfère que mes sculptures chuchotent plutôt qu’elles ne crient. Elles sont androgynes, en ce sens elles représentent tout le monde et personne à la fois. Vous réalisez vos sculptures en utilisant du bronze et de l'aluminium. Ces matériaux ont-ils une symbolique particulière ?

J’ai toujours utilisé une grande variété de matériaux : l’argile, le plastique, le béton, le métal, le verre ou encore le bronze. Mes œuvres exposées dehors doivent être composées de façon à pouvoir résister aux conditions météorologiques parfois violentes de l’Islande ! Qu'est-ce qu'il vous manque lorsque vous n'êtes pas en Islande ?

Lorsque je quitte l’Islande pour un moment, les grands espaces et la population réduite me manquent. Ces grandes étendues sont vitales pour respirer librement. Je tâche toujours de rester le plus possible en Islande durant l’été. J’ai une petite maison sur la côte sud où les nuits estivales sont superbes. Néanmoins j’aime voyager dans une ville comme New York, on peut disparaître dans la foule et être anonyme. C’est également le gage d’une certaine liberté.

Tegund [tégeunde] genre

Leikarar [léïkarar] acteurs

Dóttir [dotir] fille

Drama [drama] drame

Að fela [az féla] cacher

Fótbolti [fotbolté] football

Íslensk mynd [islenske mined] film islandais

Rithöfundur [riteufeundeur] écrivain

Leyndarmál [leïndarmaol] secret

Voir l’interview de Steinnun par Roger Smith à propos de

Leikstjórn [léikstiortne] réalisation

Fríður [frizeur] paix

Áhorfendur [aohorvéndeur] spectateurs

Borders installation : www.bit.ly/1ETMVsT

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N°12

Culture + musique

Le Pourquoi Pas

Le questionnaire chinois d'Hermigervill par Corinne Leleu

Pour cet entretien il nous reçoit chez Lucky Records où nous lui posons le fameux questionnaire chinois, inspiré du questionnaire de Proust et du portrait chinois. L'interview a été réalisée entièrement en français. Oui, Hermigervill aime la langue de Molière... et la bière belge une fois !

Quel est ton héros de fiction préféré ?

Tintin ! J’ai une connexion spéciale avec Tintin. En effet mon grand-père avait une maison d’édition et il a traduit Tintin du français vers l’islandais. Enfant, j’ai lu tous les

livres de Tintin ainsi que tous les Astérix. Si tu étais une boisson ?

Il m’est très difficile de choisir entre le café et la bière… Mais attention seulement les bières belges. Je ne bois pas de bière si ce n’est pas une bière belge. Sur mon nouvel album j’ai d’ailleurs composé un titre en hommage à la bière belge, Brewed in Belgium.

hermigervill.is

LORS DU FESTIVAL ICELAND AIRWAVES 2014, LE COLLECTIF ICELAND ISLANDE A RENCONTRÉ LE MUSICIEN HERMIGERVILL. COMPOSITEUR ET AUSSI PRODUCTEUR (NOTAMMENT DE RETRO STEFSON ET BERNDSEN) C'EST UN ARTISTE DOUÉ ET D'UNE SIMPLICITÉ INCROYABLE. HERMIGERVILL MANIE AUSSI L'HUMOUR ET PARLE TRÈS BIEN LE FRANÇAIS.

mal. [Soudain une idée traverse son esprit, ses yeux s’allument, il se rétracte] Ah non mais je veux avoir un super pouvoir ! Oui je veux apprendre le plus de langues possible. Je veux parler toutes les langues du monde. Ce

ment on dit « vacuum cleaner »] C’est ça un aspirateur ! Mais attention pas un aspirateur traditionnel, un aspirateur « qui aspire à l’envers »… Un expirateur ! J’expulserais au lieu d’aspirer.

Poum poum tchaaaa ! C’est tout moi ça ! serait vraiment un super pouvoir que de parler parfaitement toutes les langues du monde.

Bruxelles.

Le fromage. Je n’aime pas le fromage, c’est dommage ! [Semblant déclamer une poésie il fait alors un grand geste et fait chuter Rodrigo le macareux, notre mascotte, qui était tranquillement assis sur le rebord du fauteuil en s’écriant « Ô, Rodrigo ! »).

Si tu étais un bruit ?

Si tu étais un animal ?

Si tu étais une capitale européenne ?

Le bruit de la batterie. [Il mime alors les gestes du batteur avec ses mains. Poum poum tchaaaa ! C’est tout moi ça !

Si tu avais un super pouvoir ?

Non je ne veux pas avoir de supers pouvoirs. Je crois que c’est difficile d’être très fort à quelque chose. Je veux être nor-

Si tu étais un appareil domestique ?

Je crois que je serais… [Il cherche puis me demande com-

Quel est l'aliment que tu détestes ?

Si tu étais un des cinq sens ?

[Il cherche ses mots]. Les oreilles comment dit-on ? L’ouïe. [J’épelle le mot L-apostrophe-O-U-Ï-E, il découvre le mot et cherche une blague] Ça s’appelle l’ouïe ? Voila c’est ça, je suis Louis ! [Rires]

Je crois que je serais un macareux. [Dit-il en pointant malicieusement Rodrigo qu’il tient à la main depuis la chute mémorable]. Je suis originaire d’une petite île dans le nord de l’Islande et le macareux en est l’emblème. Mais j’aime bien le manger aussi ! [Rires]

Voir l’interview sur Vimeo : www.vimeo.com/116818512

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N°13

Elfes

Le Pourquoi Pas

Des elfes et des hommes par Alexandre Huillet

À l'origine issus de la mythologie nordique (sous le terme d'alfes) et celte, les elfes doivent une grande partie de leur notoriété mondiale aux écrivains (le britannique John Ronald Reuel Tolkien en tête). Les elfes remontent pourtant à des temps immémoriaux. C'est particulièrement en Islande qu'ils laissent encore leur trace aujourd'hui. L'Islande étant un pays en perpétuelle mutation physique, sous la poussée volcanique de la dorsale médio-atlantique, il n'est pas étonnant que ces génies de la nature et de la fertilité (version scandinave des nymphes grecques pour schématiser) aient aussi fortement marqué les esprits. Sans compter que l'isolement de la population pendant des siècles n'a fait que renforcer le phénomène, en dépit de la christianisation (survenue en l'an 1000). Le mot elfe proviendrait du vieux norrois (premières traces écrites d’une langue scandinave, entre les VIIe et XVe siècles) álfr, qui a directement donné elfe en français et álfur en islandais. La racine serait albh (signifiant blanc), que l’on retrouve par exemple dans des prénoms tels qu’Alfred, Albéric et Aubry.

Jean-Michel Roux

Si le terme elfes est parfois employé au sens large pour désigner l’ensemble des êtres invisibles (huldufólk), regroupant les elfes à proprement parler, mais également les trolls, les nains etc., les elfes sont toutefois une race à part.

D’apparence anthropomorphe, les traditions et la littérature nous les décrivent distincts des humains par leurs oreilles pointues, une allure svelte et élancée, un caractère aérien, une intelligence généralement supérieure et une profonde sagesse. Grâce, beauté et créativité sont également partagées par tous les elfes. Ils sont la plupart du temps dotés de sens très développés, d’une prédisposition aux arts, d’une longue chevelure et les elfes mâles sont quasi exclusivement glabres. Deux détails semblent néanmoins varier : leur taille et les ailes. Ils mesurent au moins huit centimètres de haut ou peuvent

D'où vous vient votre passion pour l'Islande ?

En 1990, je préparais un film de science-fiction dont l’action était située sur une île nordique. En allant faire des repérages en Islande, je suis tombé amoureux de la beauté et de l’énergie puissante des lieux. À l’époque, je vivais comme un zombie urbain à Paris et la pureté de l’Islande m’a régénéré, c’était comme si je mettais les doigts directement dans la prise terre. Qu'est-ce qui vous a mené à vous intéresser aux elfes (aux êtres invisibles en général et plus précisément aux elfes) ?

Pendant ces repérages, j’ai découvert qu’une partie de la population croit en l’existence des elfes, certaines personnes affirmant en avoir rencontré et communiqué avec eux. Je comprends qu’ils sont sincères et ne mentent pas. Leurs propos m’ont hanté pendant des

être de taille à peu près équivalente à la nôtre. Certaines sources leur prêtent parfois des ailes et certains pouvoirs magiques. Leurs activités artistiques, voire magiques, sont toujours en rapport avec la nature qu’ils ont systématiquement soin de protéger et avec laquelle ils vivent en harmonie. De plus, ils sont habités par l’amour du beau, comme le rappelle l’écrivaine française Muriel Barbery dans son dernier roman, La vie des elfes : « Les elfes savent louer la beauté du monde mais ils ne savent pas jouer avec le réel. Ils vivent dans un monde splendide, éternel et statique. » (p. 250). Ainsi, le monde elfique est effectivement un univers féérique. Artistiquement, il est extrêmement rare de voir des elfes mis en scène dans un contexte urbain ou moderne. C’est donc sans surprise que les références aux elfes sont récurrentes dans les arts humains : que l’on pense par exemple à la chanson Starálfur (« L’elfe observateur ») des Islandais de Sigur Rós ou aux Gelflings (créatures directement inspirées des elfes, jusque dans leur nom) du film Dark Crystal de Jim Henson et, bien sûr, aux innombrables références littéraires, le genre fantastique (ou fantasy) années. Sept ans plus tard, j’ai réalisé Elfland, un documentaire de 25 minutes sur le seul sujet des elfes mais qui m’a ouvert les yeux sur le fait que certains Islandais côtoient aussi des fantômes, des anges, des monstres aquatiques ou des extraterrestres. J’avais l’impression de découvrir un secret de famille concernant une nation entière. Une porte s’était entrouverte sur des mystères fascinants, il fallait la pousser un peu plus et j’ai aussitôt entrepris le long métrage documentaire Enquête sur le monde invisible. Votre film a-t-il changé quelque chose à votre propre rapport aux elfes ?

Avant de visiter l’Islande, je n’avais jamais réfléchi une demiseconde à l’existence des elfes. Après avoir enquêté sur le sujet, je sais qu’il y en a partout dans la nature, en Islande comme en France ou ailleurs, et que nous côtoyons

grouillant de ces créatures éthérées. Si linguistiquement, quasiment personne en dehors des Islandais eux-mêmes ne parle l’islandais, il est dit que J.R.R. Tolkien engageait des nurses islandaises afin de pouvoir pratiquer cette langue. Preuve de la vivacité des elfes au pays de la glace et du feu, les Islandais croient beaucoup en leur existence. Le réalisateur français Jean-Michel Roux a d’ailleurs recueilli de nombreux témoignages dans son film Enquête sur le monde invisible en 2002 (voir encadré). Dans nul autre pays au monde, une autoroute ne serait déviée sous prétexte qu’un rocher abritant des elfes se trouve sur le tracé initial (encore rapporté par le quotidien britannique The Guardian en décembre 2013). Où, à part en Islande, pourrait-on imaginer voir un ancien chef d’État s’exprimer le plus sérieusement du monde sur les elfes, comme l’a fait Vigdís Finnbogadóttir ? Par ailleurs, la croyance est telle que les elfes sont inclus dans l’église officielle néo-païenne islandaise, l’Ásatrúarfélagið (« l’association Ásatrú », Ásatrú étant « la croyance aux Ases », divinités de la mythologie germano-nordique). Hilmar Örn Hilmarsson, grand une multitude d’êtres invisibles sans le savoir. Y croyiez-vous avant ? Et maintenant ?

Avant, je ne savais pas que ce qu’on nomme, souvent péjorativement en France, sous le terme de « folklore » désigne une connaissance ancestrale sublime devenue tabou à cause de siècles d’oppression de la part de l’église catholique. La rencontre et la collaboration avec des clairvoyants islandais m’ont poussé à reconsidérer et modifier ma façon de voir le monde qui m’apparaît depuis plus extraordinaire chaque matin. C’était une leçon de liberté de penser, un élargissement de conscience. D’où la conclusion que les êtres humains n’ont pour la plupart peut-être qu’une vision limitée de la réalité et d’euxmêmes.

~

prêtre et président de l’Ásatrúarfélagið, estime que les elfes font bel et bien partie des anciennes croyances mais que leur fonction fait encore débat : certains les verraient comme les vestiges d’anciens cultes aux ancêtres et d’autres pensent qu’ils sont une race liée aux divinités Vanes. De plus, l’Álvaskólinn (« École des Elfes ») a vu le jour il y a vingt-six années à Reykjavik ; elle dispense un enseignement sur le folklore islandais, notamment l’huldufólk. Les étudiants se familiarisent avec ces créatures et leurs mœurs, leurs lieux de vie, leurs relations avec les humains, etc. mais aussi les contes et légendes islandais en général. Comme les Anglais, les Islandais font preuve d’un flegme et d’un bon sens caractéristiques. En effet, l’écrivain et défenseur de l’environnement Andri Snær Magnason déclarait récemment au Guardian s’être « marié dans une église dont le dieu est tout aussi invisible que les elfes ». Qui peut donc accuser les partisans de l’existence des elfes d’être irrationnels ?

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Filmographie de Jean-Michel Roux : Les mystères du Snæfellsjökull (2009, documentaire en Islande - 46') Le cœur de la Terre (2009, conte fantastique - 12') Enquête sur le monde invisible (2002, documentaire en Islande - 90') Les mille merveilles de l'univers (1997, science-fiction - 87') Elfland (1997, documentaire - 25') Trop près des dieux (1992, science-fiction - 25') La voix du désert (1987, fiction fantastique - 12') Quartier sauvage (1984, fiction fantastique - 15') www.jean-michelroux.com


Culture + civilisation

N°14

Le Pourquoi Pas

Reykjavik Museum of Photography

Autour du port, toujours hantés par l'âme sidérante des hommes de la mer par Serge Ronen

Combien de fois m'a-t-on posé la question : << Pourquoi Reykjavik ? >>. Combien de fois m'a-t-on interrogé sur un ton dubitatif : << Êtes-vous sûr de ne pas chercher à magnifier cette petite ville du fond de l'Europe pour des raisons personnelles ? >>. Une capitale, qui est en fait une bourgade, dont le ciel oscille entre plein jour et nuit opaque. Combien de fois mes interlocuteurs m'ont-ils laissé entendre que je poursuivais un rêve personnel totalement détaché de la réalité…

Je dois l’avouer à mon corps défendant, ils n’avaient sans doute pas tort ceux qui me soupçonnaient de porter au pinacle cette baie des fumées annonciatrice du nouveau monde. Il faut en effet être sous l’influence d’un djinn échappé de sa bouteille pour sentir au fond de l’estomac un tel attachement envers une cité somme toute semblable à un décor de théâtre, pour se laisser emporter par un flot d’impressions qui s’écoulent autour de vous, en vous, à l’instar d’une rasade de brennivín, de « mort noire ». Quiconque arpente les rues de Reykjavik sait en son for intérieur qu’il évolue dans une autre dimension, qu’il va s’enfoncer dans un monde onirique sans garde-fou. Et forcément ses pieds le conduiront vers la découverte de soi. Forcément il y trouvera son Graal. De toute façon même si on a le sentiment d’être étranger, personne n’est jamais vraiment seul en Islande. La solitude y est battue en brèche par les hurlements du vent, les cris aigus des oiseaux au regard furtif, le ressac des vagues.

cées diluviennes. Ils ne savaient pas très bien pourquoi, mais ils avaient le sentiment d’être les défricheurs de nouveaux horizons. Ils faisaient confiance aux dieux vikings pour les aider à survivre aux tempêtes. Ils avaient entendu parler de terres bien plus accueillantes à l’ouest, d’îles recouvertes d’arbres où poussaient des raisins sauvages, mais aussi de ces créatures peinturlurées qui surgissaient des forêts avec arcs et flèches, lances et tomahawks. Pour survivre et s’adapter à l’isolement, ils érigèrent des maisons, à demi enterrées, au toit mangé par les herbes, le long de la baie. Surtout ils firent de l’écriture des Sagas, des Eddas, une his-

té presque totale. Une liberté conquise à la pointe de l’épée, à bord de leurs drakkars. Aussi, dans les réunions de clans, ils s’exprimaient sans retenue et sans contrainte. Les femmes à égalité avec les hommes. De vraies valkyries, soucieuses de défendre leurs droits et imposer leurs points de vue. C’était le temps des Vikings. Quand les guerriers nordiques se répandirent dans une bonne partie de l’Europe et nouèrent des liens commerciaux avec l’Asie et l’Afrique. En regardant fixement le port de Reykjavik, son phare, ses bateaux de pêche, j’arrive à imaginer, en fermant un moment les yeux dans une impulsion de la machine à remonter le temps, un drakkar dans toute sa splendeur en partance vers le Markkland ou le Vinland, dans le Canada d’aujourd’hui. Une longue barque à voile surmontée d’une tête de démon en bois sculpté. Un voyage en mer plein de dangers, réservé aux marins téméraires et aux individualistes forcenés. Même à présent Reykjavik renvoie à l’odyssée des Vikings. Malgré ses tours d’habitations et de bureaux modernes, la capitale islandaise a conservé son caractère de repaire de brigands. Il y a un je-ne-saisquoi dans l’air qui fait penser que sur cette île tout est autorisé, tout est permissif. Il suffit de vouloir. Un climat également propice à la création artistique. Peintres, sculpteurs, créateurs de mode, chanteurs, musiciens, cinéastes, ils s’en donnent à cœur joie, ils refont l’humanité...

Personne n’est jamais vraiment seul en Islande

Pendant des siècles les habitants de Reykjavik se sont accrochés à cette baie des fumées battue par les vents violents et les pluies gla-

toire quasi biblique, le fondement de leur mémoire collective. L’écriture devint une manière de transcender les difficultés de l’existence. Une manière d’être. Ils affrontaient la vie l’épée à la main et la plume de l’autre. Ils écrivirent les textes les plus singuliers de cette époque. Des textes vibrants, écrits dans une atmosphère de liber-

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La Baie des Fumées par Cédric H. Roserens

Des balades à cheval, Des saumons qui frivolent *, Des aurores boréales, Des canards qui s’envolent. Son ex-maire humoriste, Sa Perle de restaurant, De l’art et des artistes, Harpa sur l’océan. Reykjavík, peu banale Pour une capitale !

chroserens.com

*Frivoler (néologisme) : se comporter de façon frivole.


Culture + civilisation

N°15

Le Pourquoi Pas

Piano par Julie Fuster

Les portes de l'église sont ouvertes depuis quelques minutes. Depuis la petite sacristie où elles se reposent, Petra et Ingunn entendent monter progresser un léger murmure, quelques rires, puis le claquement des strapontins. Des amis se retrouvent, des professeurs plaisantent avec leurs étudiants. L'église ne se trouve qu'à quelques mètres du campus universitaire.

Les vitres des fenêtres sont légèrement teintées en rose pâle. La lumière crée des rectangles un peu flous sur la moquette beige. Ingunn n’était jamais venue dans cette église auparavant. Petra, elle, se comporte en habituée, tout en insistant un peu lourdement sur son ignorance absolue en matière de religion. Elle appelle la sacristie, « l’annexe ». Elle n’a pas baissé non plus le volume de sa

voix lorsqu’elles sont arrivées tout à l’heure, alors qu’Ingunn s’était presque mise à chuchoter. Elle n’a pas non plus éteint la sonnerie de son téléphone portable. Tout cela fait partie d’un rituel pour que Petra prenne confiance. C’est comme ça depuis qu’elle et Ingunn se sont rencontrées au collège. Sous l’effet du stress, Petra se comporte avec dureté et égoïsme. Le monde doit se plier à ses habitudes. Pendant que Petra vérifie encore une fois l’ordre des partitions, Ingunn réajuste sa robe à petites fleurs et ses collants noirs transparents. Le silence s’est fait dans l’église alors que Jón annonce le programme de la soirée. L’audience applaudit, calmement. - On y va Petra, dit Ingunn dans un léger sourire.

veux très blonds, impeccablement peignés en une tresse compliquée, sur le rouge sombre de sa blouse en soie. Si elle ferme les yeux, elle peut revoir Petra portant un vieux t-shirt ample à l’effigie d’une université factice sur un banal jean bleu clair délavé. Elle était habillée comme ça, la veille au soir. Ingunn l’avait invitée chez elle à manger de la soupe de homard. Elles avaient regardé des DVD et mangé les chocolats de Pâques que Petra avait apportés, après en avoir volé une bonne partie dans le « pot commun » familial. Elles avaient parlé du prochain weekend, quand elles loueraient une voiture pour aller dans la petite résidence secondaire des parents d’Ingunn.

Les deux jeunes femmes sortent de la sacristie. Ingunn suit discrètement Petra. Elle regarde le contraste de ses che-

L’audience applaudit à nouveau pendant que Petra s’installe sur le siège de piano, dispose ses partitions, ajuste sa

distance par rapport aux pédales.

tant que sa fille sache lire la musique et la comprendre.

À sa gauche, Ingunn se tient assise, droite, sans bouger.

Après quelques minutes d’introduction contemplative, Petra attaque une variation difficile.

Petra pose ses mains sur le clavier. Elle attend le silence complet. Et commence à jouer. Ingunn tourne les pages de Petra. Elle le fait aussi pour

Ingunn voit son visage se crisper très légèrement, ses épaules se serrer un peu. Elle reconnaît ce tic nerveux, qu’elle a tellement vu chez sa mère ou son frère. Cette angoisse de ne pas parvenir à jouer avec exactitude, cette même exactitude atteinte parfois en répétition, lorsque personne n’écoute.

Pourquoi se faire autant de mal, pensait–elle ?

ASSOCIATION FRANCE-ISLANDE L'Islande est un pays envoûtant dont on ne revient jamais complètement indemne, vous vous en rendrez vite compte. Une fois rentrés chez vous l'Islande vous manquera. Pour prolonger le rêve rejoignez l'association France-Islande. Partagez-y votre expérience et vos connaissances, apprenez des autres, aidez à faire connaître l'Islande au sein du monde francophone. L'ASSOCIATION EST PRÉSENTE SUR INTERNET AU TRAVERS DE : Son site : www.france-islande.com Son forum : www.france-islande.com/forum Sa page Facebook : www.facebook.com/Association.France.Islande L'association publie aussi une revue trimestrielle de 24 pages réservée à ses adhérents. Ces derniers sont tenus au courant des différents évènements concernant l'Islande en France par l'intermédiaire d'une lettre d'information envoyée par courriel.

sa propre mère, Ilia, et pour son frère. Tous pianistes, tous professionnels. Sauf son père, chanteur lyrique, qui n’a donc pas besoin de tourneur de pages. Ilia est dans l’audience. Ingunn l’a reconnue d’un seul coup d’œil. Elle est assise au second rang, dans son petit tailleur bordeaux, son sac à main sur les genoux. L’air très doux, comme toujours, lorsqu’elle n’est pas elle-même devant un piano. Elle a été le premier professeur de Petra, quand celle-ci a débuté vers l’âge de 12 ans. Et elle continue à assister à tous ses concerts en ville. On ne compte plus le nombre de photos encadrées dans le salon où l’on voit Petra, dans différentes tenues de concert, concentrée sur le piano, brillante, assistée d’Ingunn, calme, toujours en petite robe à fleurs ou à points. Les deux fiertés d'Ilia. Ilia a aussi été le professeur d’Ingunn quand elle était enfant. Même si Ingunn n’a jamais montré un intérêt réel pour le piano, ni pour la musique en général, pour Ilia c’était impor-

Ingunn ne se reconnaît pas dans cette angoisse, elle ne la comprend pas. Souvent même, elle la méprise. Quand elle était adolescente, elle avait vu son frère se ronger intérieurement, les jours où il n’avait pas pu, ou pas vraiment voulu, répéter ses morceaux. Elle avait vu Ilia crier contre son piano, déchirer ses partitions, aller aux urgences dans état hystérique, pensant qu’elle s’était cassé un doigt. Elle avait vu Pétra délirer de jalousie quand un autre élève réussissait un passage mieux qu’elle. Pourquoi se faire autant de mal, pensait–elle ? Elle aimait se lever tard, regarder par la fenêtre, aller au cinéma deux fois dans une même journée. Sans toujours, toujours avoir un démon derrière la tête. Certaines personnes naissent ainsi.

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Pour adhérer : http://www.france-islande.com/adherer

Offre spéciale pour toute nouvelle adhésion : citez le magazine << Le Pourquoi Pas >> sur le bulletin d'adhésion et vous bénéficierez de l'envoi de 2 anciennes revues du << Courrier d'Islande >>. De plus, sachez qu'en adhérant maintenant vous recevrez non seulement la dernière revue de l'année 2015 (celle d'octobre) mais serez aussi adhérent pour toute l'année 2016.

Julie Fuster présentera The Harbour, exposition personnelle de poèmes/ photographies/nouvelles au musée de la Photographie de Reykjavik, du 8 octobre au 1 er décembre 2015. Vernissage le 8 octobre.


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+ icelandair.fr *Quand d’autres compagnies offrent des miles. Icelandair m’offre du temps.

Le pourquoi pas — 2015  

Cap sur l’Islande: embarquez à bord du journal francophone le plus septentrional d’Europe

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