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Conservation Nouveaux aménagements Arleux, Carcassonne Castelnaudary, Toul Paris Gennevilliers, Saintes, Deux-Sèvres Gers Lyon

Les pèlerins sur sites artificiels

Bilan national du suivi 2013 Nidification insolite en baie de Morlaix Sauvetages en Haute-Vienne

Le faucon pèlerin en milieu naturel

Bilan national du suivi 2013 Première reproduction en Pays de la Loire Evolution bourguignonne Pèlerin et grand corbeau Sauvetage en Aveyron

n° 24 & 25 - juillet 2014 2 2 2 3 4 5 6 7 7 8 9 10 10 17 18 18 18

Sensibilisation

Yaca & Yaco 19 Outils de sensibilisation 21

Bibliographie Identification individuelle Précipitations et mortalité Nichoirs et immigration Aérodynamique d’un piqué Peregrines of the world Urban Peregrines

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Vers 1970, les populations de faucon pèlerin s’étaient effondrées partout dans le monde au point que l’extinction totale de l’espèce était un scénario envisagé par beaucoup. En France, le pèlerin avait disparu de toute la moitié nord-ouest de l’hexagone. Les populations florissantes de Normandie, de la vallée de Seine et de Bretagne étaient éteintes, celles des massifs montagneux des Vosges, du Jura, des Alpes, du Massif central et des Pyrénées étaient réduites à quelques dizaines de couples au taux de reproduction quasi nul. Les quelques couples nicheurs de plaines n’étaient plus qu’un lointain souvenir dont on pouvait même douter de la réalité historique. Cette situation catastrophique a heureusement déclenché la réaction salutaire d’ornithologues passionnés qui a abouti à la protection légale des rapaces et à l’interdiction des pesticides organochlorés, facteur prédominant de l’effondrement constaté. Qui donc au début des années soixante-dix aurait pu sérieusement penser que le pèlerin, ce symbole de la Nature sauvage, regagnerait tous ses anciens territoires naturels et occuperait même les grandes agglomérations urbaines ? Aujourd’hui, le nord-ouest de la France est de nouveau occupé, peut-être même avec de plus fortes densités qu’avant la période DDT. Pratiquement toutes les villes disposant de bâtiments adéquats sont colonisées par notre oiseau mythique, même la capitale s’enorgueillit de la présence de plusieurs couples. Mais ne nous laissons pas endormir par cette situation enthousiasmante. À l’est, dans ses anciens points forts - Vosges, Jura et Alpes du Nord - la situation du faucon pèlerin se dégrade du fait de facteurs naturels, contre lesquels il n’y a pas à s’insurger - je veux parler de l’expansion du grand-duc - mais aussi du fait de facteurs humains de plus en plus prégnants – activités de plein air, tourisme « vert », escalade, « vol libre », photographie animalière... Par ailleurs, alors que la majorité des Français est largement favorable au maintien et au retour de certaines espèces emblématiques de la faune sauvage, on observe les actions rétrogrades et persistantes de certains lobbies qui s’efforcent d’obtenir le déclassement de nombreuses espèces et sites protégés, pour la défense de quelques intérêts minoritaires. Restons donc vigilants, aucun acquis n’est définitif s’il n’est pas défendu, bec et ongles, comme il se doit. René-Jean Monneret Les notes du pèlerin n° 22 & 23 - juillet 2013 ‑

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Conservation Nouveaux aménagements

niques de la ville. Un oiseau a été vu juste le lendemain, en chasse sur pigeons.

Un nichoir à Arleux (Nord) Le 30 août 2013, une délégation de la LPO Nord menée par Grégory Smellinckx, Roger et Virginie Machin, Yannick Hoffmann s’est rendue sur les silos d’Arleux à l’invitation de M. Sallio Didier, responsable du site de la société Unéal. Cette visite avait pour but la pose d’un nichoir à faucons pèlerins. La présence sur les lieux de ce rapace est avérée par le grand nombre de carcasses de pigeons domestiques décapités, trouvés sur les toits de la structure. Quoi de mieux que de réguler une espèce abondante, qui risque de poser des problèmes de contamination des récoltes, en favorisant l’implantation de son prédateur naturel ? • LPO Info Nord n°4 • octobre 2013 •

Une première : un nichoir à pèlerin dans l’Aude... Suite aux observations répétées de faucons pèlerins en période d’hivernage en ville de Carcassonne, un accord a été obtenu des services de la Cité pour l’installation d’un nichoir dans une tour tranquille de l’enceinte. C’est désormais chose faite, et nous n’avons plus qu’à attendre l’arrivée du rapace prestigieux dans les murs de la non moins prestigieuse cité médiévale. Cette opération poursuit un double but : conforter l’espèce dans sa conquête du milieu urbain et présenter une mesure palliative, peu coûteuse, au difficile règlement du problème de la prolifération des pigeons féraux entraînant nuisances urbaines et agricoles. • LPO Aude • L’Oiseau magazine n°111 •

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• Christian Riols • LPO Aude christian.riols-loyrette@orange.fr •

Un nichoir sur la cathédrale Saint-Etienne à Toul Installation à Arleux - photo : Yannick Hoffmann ©

Depuis 2008, le faucon pèlerin est connu comme hivernant sur la cathédrale Saint-Etienne de Toul. En 2012 et 2013, des individus des deux sexes ont été vus régulièrement en période de nidification, sans preuve de reproduction. Plus récemment, une femelle adulte a stationné d’octobre 2013 à la mi-juin 2014, sans trouver de partenaire en âge de se reVue depuis l’intérieur du nichoir - photo : Grégory Smellinckx © produire (passage d’au moins deux mâles immatures en période de ... puis un deuxième reproduction). Un second nichoir à pèlerins a été instal- En novembre 2013, une visite détaillée de l’édifice avait clairement montré un lé fin décembre 2013 dans l’Aude, cette potentiel favorable pour qu’un couple fois à Castelnaudary (sur la collégiale) se cantonne et se reproduise sur place. par les bons soins des services techToutefois en l’état, cette capacité d’accueil pouvait être limitée par l’absence d’un substrat adéquat pour la création de l’aire. Sur ses aires naturelles, le faucon pèlerin creuse une petite dépression dans le sol (terre, graviers, sable, végétaux) pour y pondre ses œufs. Après réflexion, la mise en place d’une plateforme bien placée, contenant un substrat adapté à l’espèce, permettra peut-être de combler ce manque en fournissant un support adéquat à la nidification de l’espèce. En novembre 2013, une convention a été signée entre la municipalité de Toul, LOANA et la LPO Meurthe-et-Moselle. Dans la foulée, le nichoir (large bac en bois rempli de gravillons-coquilles d’huîtres concassées) a été mis en place bien à l’abri, Installation à Carcassonne - photo : Angèle Kemp © dans une des tours de la cathédrale.

‑  Les notes du pèlerin n° 24 & 25 - juillet 2014 - LPO Mission rapaces


• Nicolas Patier - LOANA & Jean-Yves Moitrot • coordination LPO Lorraine •

Un nichoir pour les pèlerins du 13e arrondissement de Paris Il est une certitude, le faucon pèlerin colonise la capitale ! En mars 2013, alors que le célèbre* couple de faucons pèlerins du 15e arrondissement s’apprêtait à entamer sa reproduction sur la cheminée de la centrale CPCU de Beaugrenelle, un autre couple était repéré, par des bénévoles de la LPO et du CORIF, dans le quartier des Olympiades du 13e arrondis-

Dans la foulée, la Mission rapaces a sollicité Frédéric Pezet, un bénévole de LPO Ile-deFrance qui a accepté de construire un nichoir. Ce dernier a été posé courant décembre sur la terrasse de la tour Anvers. Hélas, en 2014, seul un indiPlateforme à Toul - photo : Patrick Behr © vidu était présent sement de Paris. En réalité, un sur le site. Espéou deux individus avaient déjà rons qu’un couple se reconstiété remarqués dans le secteur tue et niche rapidement. dès 2009. Mais, cette année, D’autres démarches ont égaleles oiseaux semblaient davanment été engagées pour tenter tage cantonnés, des parades d’installer un second nichoir sur ont même été observées. Sans la tour Sapporo. Elles n’ont pas aucun doute, les tours du abouti. quartier, tantôt la tour Tokyo, La LPO Mission rapaces tient à tantôt la tour Mexico, plaisent remercier les bénévoles Danièle aux faucons. Il faut dire qu’elles Monier, Frédéric Pezet, Frédéric culminent à plus de 100 mètres Malher, Yves Gestraud et Pierre de haut et constituent donc Delbove pour leur mobilisation des perchoirs idéals pour les dans ce projet. Elle remercie faucons. également Paris Habitat et la Si l’espèce s’installe de plus en Mairie de Paris pour avoir acplus en ville, profitant d’édifices cepté l’installation de ce nichoir. élevés pour nicher, des aménagements sont généralement • Fabienne David • nécessaires pour permettre aux • LPO Mission rapaces • oiseaux de se reproduire avec fabienne.david@lpo.fr • succès. Dès l’été, la LPO Mission ra* suivi par caméra : http://rapaces. paces a donc réuni les bénévoles lpo.fr/faucon-pelerin/suivi-par-caimpliqués dans le suivi des mera pèlerins afin d’identifier les sites favorables. Des démarches ont ensuite été engagées auprès des propriétaires des tours choisies. La Mairie de Paris, par le biais de Paris Habitat a ausNichoir avec vue sur la Bibliothèque nationale de France - photo : Fabienne David © sitôt accepté Bulletin de liaison le projet pour la tour Anvers. du réseau faucon pèlerin LPO Mission rapaces - Les notes du pèlerin n° 24 & 25 - juillet 2014 ‑

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Photo : C. Aussaguel ©

On croise les doigts pour que nos pèlerins urbains apprécient ce nouvel aménagement. Nos remerciements vont à tous ceux qui ont participé à ce projet : la municipalité de Toul pour leur soutien et leur réactivité visà-vis de ce projet et plus particulièrement, Monsieur le Maire, Monsieur Greu responsable des services techniques, Wilfrid Thomas Monsieur « pèlerin » de Toul pour son enthousiasme communicatif et son suivi assidu sur la cathédrale, la LPO Meurtheet-Moselle et plus spécialement son président Jean-Yves Moitrot et Gérard Jouaville. Et bien évidemment, Patrick Behr, référent pèlerin en milieu urbain pour ses conseils avisés. Sans oublier, Alain Fortier pour la construction de la plateforme et l’association l’Atelier Vert pour son partage d’expérience sur l’aménagement réalisé.


Un autre à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) Du haut de la tour de la mairie de Gennevilliers, haute de 95 mètres, la vue sur Paris et l’Ouest parisien est exceptionnelle. Quelques kilomètres seulement séparent l’édifice du quartier de la Défense. Un faucon pèlerin, probablement cet individu encore cantonné au quartier d’affaires à moins qu’il s’agisse d’oiseaux de passage, l’a d’ailleurs repéré puisque quelques restes et carcasses de proies ont été repérés sur la terrasse de la tour de la mairie par l’animateur environnement de la ville. C’est dans ce contexte, et à l’initiative de la ville et du groupe local LPO Gennevilliers que l’idée d’installer un nichoir à faucon pèlerin a germé. Fort de son expertise, la LPO Mission rapaces a été associée à la démarche. Le nichoir a été construit par l’équipe de la menuiserie de la maison de l’apprentissage de Gennevilliers durant l’hiver 2013-2014 ; le service technique de la ville a réalisé l’armature métallique nécessaire à la fixation du nichoir et le service des espaces verts

s’est chargé d’acheminer le nichoir et le substrat sur le toit. Le nichoir a finalement été posé sur le toit de la mairie début mars. A suivre. • Fabienne David • • LPO Mission rapaces • fabienne.david@lpo.fr •

Un nichoir à Saintes (CharenteMaritime)

Nichoir - photo : ville de Saintes ©

Depuis plusieurs années, la présence du faucon pèlerin est régulière d’octobre à mars sur la ville de Saintes. La LPO Charente-Maritime travaille avec la commune autour de la gestion environnementale des espaces verts avec la création d’un refuge LPO collectivités en 2012. Une visite des monuments historiques avec la commune a permis de déterminer le clocher le plus fréquenté avec la présence de pelotes de réjections et de nombreux cadavres d’oiseaux (pigeon semidomestique et étourneau sansonnet). Suite à plusieurs rencontres avec l’équipe municipale, un nichoir construit par les serInstallation sur le toit de la mairie de Gennevilliers - photo : Frédéric Thouin © vices techniques pour favoriser l’installation de cette espèce a été installé en janvier 2014 sur la cathédrale SaintPierre. Affaire à suivre. • Fabien Mercier • LPO Charente-Maritime • fabien.mercier@lpo.fr • Nichoir fixé - photo : Alain Cléty ©

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‑  Les notes du pèlerin n° 24 & 25 - juillet 2014 - LPO Mission rapaces

Cathédrale Saint-Pierre - photo : ville de Saintes ©

Un nichoir dans une cimenterie en Deux-Sèvres Un nichoir à faucon pèlerin a été installé sur un des silos de la cimenterie Calcia à Airvault (Deux-Sèvres, 79), avec l’aide du Groupe ornithologique des DeuxSèvres (GODS). Devant l’abondance de pigeons biset domestiques et en se basant sur l’expérience d’un autre site (Villiers-au-Bouin, 37), la cimenterie a contacté le GODS dans le but de tenter d’attirer un couple nicheur sur ces infrastructures. Après


Nichoir au sommet de la cimenterie - photo : Etienne Debenest ©

y installant un ou deux nichoirs dans des endroits précis sur les parties supérieures de hauts bâtiments, comme le clocher de l’église ou le lycée professionnel Clément Ader. Le projet visait donc à identifier un ou des sites jugés favorables et à installer un ou des nichoirs pour attirer l’espèce, cantonner et permettre la reproduction d’un couple. Au-delà du simple objectif d’effarouchement et de prédation des pigeons, ce projet pourrait permettre de fixer un éventuel couple de faucons pèlerins sur le département, où l’espèce est régulièrement observée en migration, en hivernage et en es-

tive, exploitant les ressources alimentaires disponibles. Cimenterie - photo : Etienne Debenest © Si, depuis plusieurs années, l’espèce fréquente volontiers les milieux urbains, sa nidification sur un bâtiment reste encore un fait exceptionnel. Ne construi• Laurence Hizette • GODS sant pas de nid, sa nidification • laurence@ornitho79.org • en ville nécessite un aménagement et sera donc favorisée par Et deux nichoirs la pose d’un nichoir adapté au site. L’aménagement de sites dans le Gers artificiels constitue donc une réelle alternative à la préservaLa commune de Samatan a tion de l’espèce, tout particulièsollicité le Groupe ornitholorement dans le Gers. gique gersois (GOG) sur un Enfin,faire découvrir projet d’implantation cette espèce au grand spontanée de faucons public donnerait par pèlerins sur la ville, ailleurs une envergure afin de réduire la popédagogique supplépulation de pigeons. mentaire au projet. De nombreux pigeons Accueillir un rapace sont en effet installés à si prestigieux en ville demeure sur plusieurs permettrait de sensiédifices et entraînent biliser les habitants de des nuisances, notamSamatan et des comment leurs déjections munes environnantes à corrosives (dégradala nature en ville et de tions des pierres et favoriser la cohabitatoits, dérangements tion entre l’homme et des passants, etc.). la nature. Le projet serait non Ce projet présentait pas d’introduire un donc un triple avancouple de faucons pètage : lerins, particulièrement - participer à la dimiredoutés par les pinution des populations geons, mais de faciliter de pigeons urbains leur implantation en Bulletin de liaison Installation dans le Gers - photo : coopérative Val de Gascogne © et aux désagréments du réseau faucon pèlerin LPO Mission rapaces - Les notes du pèlerin n° 24 & 25 - juillet 2014 ‑

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Photo : C. Aussaguel ©

une étude des potentialités du site pour l’espèce, il a été décidé d’installer un nichoir qui a été fabriqué par les bénévoles de l’association. Il a été installé au sommet du plus haut silo de stockage (plus de 30 mètres) par Calcia et le GODS, le 5 mars 2014. Le département des Deux-Sèvres n’accueille actuellement qu’un unique couple de faucons pèlerins nicheur, sur une infrastructure électrique à quelques kilomètres de là. Des couples ou des immatures stationnent cependant de manière régulière sur certains secteurs, laissant espérer dans les années à venir de nouvelles installations…


photo : coopérative Val de Gascogne ©

Signature de la charte - photo : coopérative Val de Gascogne ©

occasionnés ; ment manifestée et trois classes de CM1 - permettre à la population de faucon et CM2 ont bénéficié d’une intervention pèlerin de consolider ses effectifs et de du GOG fin mars. s’implanter dans une zone où, a priori, En 2014, dans le cadre de la semaine le faucon n’a pas ou peu de sites de verte du foyer rural de Samatan, le GOG nidification ; et Nature Midi-Pyrénées se sont associés - constituer un support d’information et pour sensibiliser le grand public aux de sensibilisation pour le grand public rapaces du département et de la région. sur l’espèce et la nature en général. Ainsi, une exposition itinérante « Agir Après un diagnostic à l’échelle de la pour les rapaces » s’est tenue du 14 au commune et plusieurs rencontres avec 30 mars à la médiathèque de Samatan. des propriétaires ou gestionnaires de En parallèle, trois classes de primaire, sites favorables, seul un site d’exploitadu CM1 au CM2, ont été accueillies les tion de la coopérative Val de Gascogne 19 et 20 mars dans la médiathèque afin sur la commune de Lombez semblait convenir. Un nichoir, construit par les services techniques de la mairie Nichoir construit par les jeunes de l’IME Mathalin - photo : coopérative Val de Gascogne © de Samatan, a été installé au cours de l’hiver de leur faire découvrir l’exposition et les 2013-2014 sur un des silos du site, en rapaces du département. présence de représentants de la coopéA l’occasion du vernissage de cette rative, de la municipalité de Samatan et exposition, le 21 mars, les partenaires du GOG. que sont la coopérative agricole Val de En lien avec ce projet, plusieurs actions Gascogne, la mairie, le foyer rural et la pédagogiques et de sensibilisation ont médiathèque de Samatan, l’associaété menées. tion Nature Midi-Pyrénées et le GOG En 2013, un représentant du GOG est se sont impliqués dans la protection intervenu au collège de Samatan auprès des rapaces en tant que signataires des quatre classes de 6e en mars et de la charte « Agir ensemble pour les en avril pour sensibiliser les élèves au rapaces ». Un engagement issu d’une faucon pèlerin et aux oiseaux de manière démarche qui acquiesce la préoccupagénérale. L’école primaire s’est égaletion de la coopérative et de la com6

‑  Les notes du pèlerin n° 24 & 25 - juillet 2014 - LPO Mission rapaces

mune à vouloir réguler naturellement les populations de pigeons à l’aide du faucon pèlerin. En suivant, en soirée, une projection de films suivie d’un débat a réuni 70 à 80 personnes curieuses de la vie des rapaces et qui ont discuté avec nos experts locaux, Jean Bugnicourt, Hermann Heinzel et Didier Villate. Suite à cette première expérimentation sur les communes de Samatan et Lombez, la coopérative Val de Gascogne a sollicité de nouveau le GOG pour un projet similaire sur un autre site d’exploitation situé sur la commune de Sainte-Christie. Au cours du printemps, un nichoir a donc été confectionné par les jeunes de l’IME Mathalin dans le cadre de leur cursus pédagogique. Ce nichoir a été remis le 4 juillet 2014 à la coopérative pour sa future installation sur un des bâtiments du site. • Mathieu Orth • GOG mathieuorth@wanadoo.fr •

Un nouveau nichoir à Lyon Un quatrième nichoir à faucon pèlerin a été posé le 14 mars sur la tour métallique de Fourvière. Cette installation a été rendue possible grâce à l’accord de TDF, le propriétaire de la tour qui est un relais radiotélévision, et grâce à deux grimpeurs professionnels, des as de la voltige, aidés par notre référent faucon pèlerin Jean-Pascal Faverjon. Ce dernier avait repéré depuis plusieurs mois une fréquentation assidue de cette tour par des faucons pèlerins. C’est en effet un poste d’observation idéal pour la chasse, car on domine de ce belvédère l’ensemble de l’agglomération lyonnaise.


• LPO Rhône • L’Oiseau magazine n°115 • été 2014 •

Les pèlerins sur sites artificiels Bilan du suivi 2013 en milieu anthropique En 2013, 29 couples nicheurs (dont 28 suivis) et neuf couples non nicheurs ont été recensés sur des sites anthropiques (hors pylônes THT). C’est plus qu’en 2012 mais sensiblement semblable à 2011. Toutefois, ces données sont à considérer comme des minima puisque toutes les données n’ont vraisemblablement pas été communiquées à la coordination nationale ; certains couples ou sites ne sont par ailleurs plus suivis. Ce bilan n’est donc pas exhaustif mais il confirme néanmoins que le faucon pèlerin continue lentement à coloniser de nouveaux sites anthropiques chaque année. Au total, pour l’année 2013, parmi les 29 couples nicheurs, 21 étaient des couples producteurs. Ils ont mené 56 jeunes à l’envol (soit sept jeunes de plus qu’en 2012 !). Le succès reproducteur s’élève à 1,93, le taux d’envol à 2,67 alors que les taux d’échec et de reproduction atteignent respectivement 25 % et 75 %. L’année 2013 est meilleure que 2012. Dans le détail, le bilan 2013 se décompose comme suit : - six nichées à quatre jeunes à

nucléaire) et Pont-àMousson (abbaye) ; - un couple nicheur dont le manque de suivi n’a pas permis d’identifier une réussite ou un échec. Il s’agit de l’église SaintJacques de Lunéville. A cela, s’ajoutent les couples non reproducteurs installés sur les sites de Boussois (site industriel), Brivela-Gaillarde (église), Hornaing (centrale électrique), Limoges (cathédrale), Lyon (tour Part-Dieu et Installation sur la tour métallique - photo : LPO Rhône © tour métallique de Fourvière), Reichstett l’envol. Il s’agit des sites de Vé(raffinerie), Saintnissieux (tour HBZ), Strasbourg Juéry (usine) et Ungersheim (tour de chimie), Schiltigheim (château d’eau). (cheminée de brasserie), SaintParmi les faits marquants de Nicolas de Port (basilique), l’année 2013, nous retiendrons Saint-Laurent-Nouan (centrale entre autre : nucléaire) et de Lille (église - la nidification insolite sur le Sacré-Cœur) ; château du Taureau en baie de - six nichées à trois jeunes à Morlaix (cf. page 17) ; l’envol. Il s’agit des sites de - la première reproduction réusSaint-Avold (site non divulgué), sie du pèlerin à Paris après plus Villefranche-de-Rouergue (collé- d’un siècle d’absence ; giale), Strasbourg (silo du port - la nidification de trois couples de Rhin), Paris (centrale therdans la zone industrielle de mique), Morlaix (château) et de Dunkerque sur des sites distants Loon-Plage (site industriel) ; de quelques kilomètres ; - cinq nichées à deux jeunes à - la première reproduction dans l’envol. Il s’agit des sites d’Albi le nichoir installé en décembre (verrerie), Altkirch (cimenterie), 2012 sur la cimenterie de Strasbourg (silo du port du Thionville ; Rhin, 2e site), Vitry-sur-Seine - la première tentative de (centrale thermique) et d’un site reproduction sur l’abbaye des dans les Deux-Sèvres ; Prémontrés à Pont-à-Mousson - quatre nichées à un jeune à après 12 ans de présence hiverl’envol. Il s’agit des sites d’Albi nale et le double échec (deux (cathédrale), Dunkerque (site pontes déposées) ; industriel), Nancy (cathédrale) - la nidification réussie du et d’Oricourt (château) ; couple de la basilique de Nancy - sept échecs. Il s’agit des sites après une première ponte abande Thionville (cimenterie), donnée suite à des travaux sur Feyzin (raffinerie), Grand Synthe les Grands Moulins Vilgrains ; (site industriel), La Maxe (cen- l’envol de jeunes (n=4) pour trale électrique), Marckolscheim la première fois depuis 2010, (tour de télécommunication), grâce à une plateforme installée Nogent-sur-Seine (centrale durant l’hiver précédent sur la LPO Mission rapaces - Les notes du pèlerin n° 24 & 25 - juillet 2014 ‑

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Photo : C. Aussaguel ©

En termes d’information, cette opération a été relayée par France 3 Rhône-Alpes. Il ne nous reste plus qu’à mettre un cierge à la basilique de Fourvière toute proche du site pour qu’un couple de pèlerins vienne s’installer dans ce nichoir flambant neuf.

Bulletin de liaison du réseau faucon pèlerin


basilique Saint-Nicolas-de-Port ; - l’envol de deux jeunes nés dans une bouche d’aération d’un silo à grains à Strasbourg ; - l’envol de quatre jeunes issus d’une vraisemblable ponte de remplacement déposée par le couple dans le nichoir de la tour de chimie après avoir tenté de nicher dans un nid de corneilles sur l’antenne de France 3 à Strasbourg ; - l’abandon de plusieurs sites dont ceux notamment de Belleville-sur-Loire (centrale nucléaire), d’Autretot (château d’eau), etc. ; - l’abandon des sites du Bugey (centrale nucléaire) et Rochefort-sur-Nenon (cimenterie), les couples étant retournés sur des sites naturels proches ; - l’absence encore de nidification à Bordeaux, Toulouse, etc. malgré la présence d’oiseaux depuis plusieurs années ; - etc. A noter également qu’au moins 17 nichoirs ont été occupés par des couples nicheurs. 36 jeunes ont pris leur envol d’un nichoir, soit un succès de reproduction de 2,12 et un taux d’envol de 2,77.

Au moins 48 individus cantonnés ont été repérés sur des sites anthropiques durant l’hiver 2012-2013 (hors pylônes THT), à Dijon, Auxerre, Grenoble, Belfort, Erstein, Kehl, Benfeld, La Défense, Paris, Toulouse, Saint-Aman… Sur pylônes, au moins huit individus cantonnés ont été repérés principalement dans le Bas-Rhin mais aussi dans le Rhône. Le nombre croissant et la diversité des sites fréquentés par le faucon pèlerin tant en hivernage qu’en période de reproduction rendent les prospections et le suivi de plus en plus complexes. Nous tenons donc à remercier grandement les nombreux, fidèles ou nouveaux observateurs impliqués dans le suivi de l’espèce en milieu anthropique pour le travail remarquable réalisé chaque année. Nous remercions l’ensemble des coordinateurs et observateurs (que nous ne pouvons, hélas, pas citer individuellement) sans qui ce bilan ne pourrait exister. Les données de 2014 sont d’ores et déjà les bienvenues !

Le pèlerin confirme aussi son intérêt pour les pylônes THT. Ainsi, pour l’année 2013, 14 couples nicheurs et un couple non nicheur ont été recensés, auxquels s’ajoutent trois couples qui n’ont pas niché ou ont échoué leur reproduction. Installés dans des nids de corvidés, les pèlerins sont fortement soumis aux aléas climatiques. Ils sont aussi chahutés par les corneilles. Au final, le bilan est très mauvais : seuls quatre couples ont produit un total de cinq jeunes à l’envol. Ces derniers ont niché sur des pylônes situés dans les départements de la Meuse, de la Moselle, de la Meurthe-et-Moselle et du BasRhin. Les autres couples étaient situés dans les départements de Meurthe-etMoselle, Moselle, Meuse, Nord, Aube, Bas-Rhin et Yvelines. Pour palier ces échecs quasi-systématiques, certaines structures installent des nichoirs sur des pylônes. Au moins un cas en Lorraine a donné des résultats concluants en 2014 avec trois jeunes à l’envol. En hivernage, le faucon pèlerin fréquente aussi bon nombre de sites anthropiques.

Le seigneur du château

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• Fabienne David • • LPO Mission rapaces

En 2013, pour nicher au cœur de la baie de Morlaix, le faucon pèlerin a choisi de s’installer au château du Taureau. Les derniers faucons pèlerins ont disparu des falaises bretonnes dans les années 1960. Des individus originaires de Scandinavie et des îles Britanniques ont prolongé leur hivernage sur les côtes et niché à partir de 1997. En 2012, on a compté 30 couples qui ont produit une quarantaine de poussins. Ils se répartissent de Cancale à Belle-Île, plus de la moitié ayant choisi le Finistère. Ainsi donc, en une quinzaine d’années, le faucon pèlerin a opéré un retour fulgurant. On constate même qu’il commence à connaître une sorte de crise du logement qui l’amène à occuper des sites proches les uns des autres (jusqu’à 1,8 kilomètre en presqu’île de Crozon) ou, depuis peu, des grandes carrières à l’intérieur. La place manque et les jeunes couples qui s’installent deviennent moins difficiles. On imagine qu’ils investiront bientôt, comme ailleurs, de grands monuments urbains.

‑  Les notes du pèlerin n° 24 & 25 - juillet 2014 - LPO Mission rapaces

Chacun son perchoir - photo : F. de Beaulieu ©

Un monument historique Quand, le 13 mai, Yann Jacob, le responsable de la réserve ornithologique de la baie de Morlaix a vu trois poussins de faucon en duvet au pied du château du Taureau, il n’en croyait pas ses yeux. À quatre mètres à peine au-dessus du niveau des hautes mers, la situation du nid n’est pas banale. Mais, de toute évidence, le couple apprécie la haute muraille du XVIe siècle qui vaut bien une falaise mettant le nid à l’abri des vents dominants et qui offre de magnifiques perchoirs sur les pierres en saillie. Comment ne pas s’émerveiller devant l’étonnante capacité d’adaptation du faucon pèlerin qui cherchait sans doute à se tenir à distance du couple déjà installé dans de « vraies » falaises à une dizaine de kilomètres à l’est ! Un moment historique Cette installation marquera une date dans l’histoire de la protection de la nature en Bretagne. La réserve de la baie de Morlaix a été créée en 1962 et est devenue au fil des ans un sanctuaire pour les sternes. La sterne de Dougall, l’oiseau de mer le plus rare d’Europe, y trouva pendant de longues années et grâce à la persévérance d’Even de Kergariou, de Michel Querné et de Bretagne Vivante, l’unique site français où se reproduire. Mais, depuis quelques années, les faucons pèlerins devenaient de plus en plus présents et provoquaient l’échec de la nidification des sternes, non par


le nombre d’oiseaux mangés, mais par leur seule présence qui stressait toute la colonie de l’île aux Dames. Fort heureusement, Bretagne Vivante avait engagé en 2005 un programme « Life Dougall » de cinq ans soutenu par l’Europe, l’État et des collectivités. Grâce à quoi, le vieux réseau des réserves favorables avait pu être amélioré, dératisé, protégé. Grâce à quoi aussi, en 2012, près de 40 couples de sternes de Dougall ont réussi à se reproduire avec succès sur l’île aux Moutons (archipel des Glénan) et à la Colombière (Saint-Jacut-de-laMer). On le voit, le patrimoine naturel est un patrimoine vivant et « protéger » un verbe actif. La baie de Morlaix a peut-être perdu ses sternes, mais elle accueille 10 espèces d’oiseaux nicheurs et, désormais, un nouveau seigneur pour le château du Taureau. Une protection partagée Les poussins de faucon pèlerin nés début mai sont restés six semaines au nid. Pendant cette période, Bretagne Vivante a assuré la surveillance du site et lancé un appel (presse et mail) à tous les usagers de la baie pour qu’ils ne s’approchent pas à moins de 100 mètres de la façade est du château. La situation du nid ne posait aucun problème pour les débarquements à proximité du pont-levis. Tout le monde ayant sagement respecté la tranquillité du nid, trois jeunes ont pris leur

envol. Fin mars 2014, Yann Jacob a observé une femelle en position d’incubation (non loin d’un nid d’huîtrier-pie…) mais pour des causes inconnues, la nidification n’a pas été menée à son terme. • François de Beaulieu • Bretagne Vivante • • francois.de-beaulieu@wanadoo.fr •

Opérations de sauvetage en Haute-Vienne La cathédrale de Limoges, où l’espèce est présente régulièrement, a abrité un couple durant le printemps 2013. Mais le mâle se piège derrière un filet de protection contre les pigeons, en haut du clocher de la cathédrale de Limoges, à près de 70 mètres de haut et est découvert le 3 mars 2013 par un bénévole de la SEPOL. Le 4 mars, l’oiseau étant toujours piégé, une chaîne de solidarité se met en place (ONCFS-SEPOL-LPO) avec l’aide précieuse du Service territorial de l’architecture et du patrimoine (STAP) à la DRAC de Haute-Vienne (Direction régionale des affaires culturelles), gestionnaire de la cathédrale de Limoges et surtout des sapeurs-pompiers du GRIMP 87 (Groupe de reconnaissance et d’intervention en milieux périlleux).

Le printemps 2013 a été marqué par un second sauvetage le 29 mai. En effet, le suivi commun ONCFS-SEPOL a permis de repérer que la patte du jeune faucon pèlerin est prise au piège dans un amas de ficelles bleues d’origine agricole, présent dans l’aire qui est un ancien nid de grand corbeau, au niveau de la carrière TRMC à Magnac-Bourg. Une opération de sauvetage se déroule avec succès par la société TRMC, la SEPOL et l’ONCFS le 29 mai 2013. Malheureusement, le diagnostic rapide se révèle peu encourageant voir alarmant, le jeune faucon pèlerin a une patte complètement atrophiée et nécrosée. L’oiseau est alors transféré vers le Centre de sauvegarde de la faune sauvage du Limousin, où Aurélie Gontier nettoie la patte, avant de consulter un vétérinaire spécialisé. Au final, ce poussin a dû être euthanasié. Soulignons l’investissement de la société TRMC dans la prise en compte de l’environnement

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Photo : C. Aussaguel ©

Observation du couple - photo : François de Beaulieu ©

Alors que le vent souffle violemment, et sous les yeux de nombreux badauds et de plusieurs journalistes, les deux pompiers du GRIMP 87 récupèrent en rappel le long de la façade l’oiseau qui est confié à SOS Faune sauvage, gérant le Centre de sauvegarde de la faune sauvage du Limousin à Verneuil-sur-Vienne. Un mois plus tard, jour pour jour après son sauvetage, le mâle de faucon pèlerin est relâché, au pied de la cathédrale de Limoges, en présence de représentants de la SEPOL, de l’ONCFS et de la région Limousin. A noter que la femelle « ayant attendu » son partenaire. Le couple très actif est observé très régulièrement tout le reste de l’année et durant l’hiver 2013-2014. Hélas, le couple ne s’est pas reproduit cette année.

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et notamment la protection du faucon pèlerin, du grand corbeau et des hirondelles (notamment de rivage avec un programme de baguage) sur les sites gérés par cette société et le partenariat important avec le Conservatoire d’espaces naturels du Limousin. Pour information, la société TRMC a éliminé toutes les ficelles du nid concerné, afin d’éviter ce piège potentiel pour les oiseaux. • Nicolas Gendre • SEPOL - LPO nicolas.gendre@lpo.fr •

Le faucon pèlerin en milieu naturel Bilan du suivi 2013 L’année 2013 restera dans les mémoires comme une année noire pour la reproduction des rapaces. Le faucon pèlerin n’a pas été épargné. Malgré une relative constance du nombre de sites contrôlés occupés (n=1 006) et une augmentation du nombre de couples suivis (n=829), signe d’une mobilisation toujours aussi forte voire accrue des observateurs, le nombre de couples nicheurs (n=630) et le nombre de couples producteurs (n=469) sont en baisse par rapport à 2012. Quant au nombre de jeunes à l’envol, il chute fortement, passant sous la barre des 1 000 (n=941). Le succès de reproduction s’établit à 1,47 jeune à l’envol par couple nicheur contre 1,58 en 2012 et 1,97 en 2011 ; la taille des familles à l’envol s’élève à 2 contre respectivement 2,19 et 2,18 en 2012 et 2011. Ces résultats sont la conséquence directe des très mauvaises conditions météorologiques qui ont frappé plus ou moins fortement les régions françaises durant le printemps Dans certains secteurs moins touchés, les bilans de reproduction sont tout de même bons, voire excellents. Le faucon pèlerin continue par ailleurs sa colonisation du territoire national et notamment du quart nord-ouest. Il poursuit également sa colonisation des sites anthropiques. Que tous les observateurs et coordinateurs soient chaleureusement remerciés pour leur mobilisation sans faille dans le suivi de cette espèce emblématique. Fabienne David

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Nota : nombreux sont les bilans à inclure tant des données en milieu naturel qu’en milieu anthropique. Alsace - Lorraine Massif vosgien : Meurthe-et-Moselle (54), Moselle (57), Bas-Rhin (67), Haut-Rhin (68), Haute-Saône (70), Vosges (88) et Territoire de Belfort (90) 143 sites favorables ou anciennement occupés par le faucon pèlerin dans le Massif vosgien ont été suivis par plusieurs dizaines de bénévoles en 2013 et 85 territoires occupés par l’espèce ont été dénombrés. 53 couples ayant pondu ont été recensés et parmi eux, 27 ont élevé 61 jeunes jusqu’à l’envol, soit un taux de 2,3jeunes par couple producteur. La reproduction du faucon pèlerin a été mauvaise cette année avec 20 couples non reproducteurs recensés et 26 échecs constatés ! Les causes d’échec documentées sont principalement liées aux conditions météorologiques printanières défavorables (8 cas sur 12) : période de froid en mars, mois de mai froid et pluvieux, orages. De plus, 2 cas de prédations sur les jeunes ont été relevés ; un couple a abandonné le site de reproduction suite à des travaux forestiers et un échec est vraisemblablement dû à la présence d’un mât éolien. Des mesures de protection ont été initiées ou poursuivies sur plusieurs sites : accord avec la sécurité civile en Alsace pour ne pas intervenir sur les sites occupés, rencontre avec le peloton de gendarmerie de montagne, travail avec le Parc naturel régional des Ballons des Vosges pour une charte, rencontre avec les fédérations de sports de pleine nature pour la mise en place d’une charte, convention sur des carrières en exploitation, travail en collaboration avec l’ONF pour préserver la quiétude des sites… Rq : depuis 2011, les bilans de la reproduction du faucon pèlerin dans le massif vosgien et la plaine d’Alsace ont été dissociés. Coordination : Sébastien DIDIER (LPO Alsace)

Massif vosgien : zoom sur les Vosges (88) A noter que les chiffres cités sont déjà

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intégrés dans le bilan du massif vosgien. Année noire pour la reproduction du faucon pèlerin vosgien, avec un taux de réussite en baisse de 50 % par rapport aux années précédentes malgré une présence normale des couples sur les sites utilisés. La météo exécrable durant tout le printemps, est en grande partie responsable de cet échec. En effet, tous les couples installés dans des aires à ciel ouvert, majoritaires dans le département, ont échoué (aires inondées, orages de grêle violents, pluies continues). De nombreuses pontes ont été abandonnées avant éclosion. Les quelques aires abritées ont mieux résisté (4 couples). Le bilan final est de 4 couples producteurs sur 16 couples reproducteurs et 12 jeunes à l’envol (21 jeunes en 2012 et 22 en 2011). Encore un site confronté au dérangement, pourtant inclus dans une ZPS et 1 couple en concurrence avec un couple de grand-duc d’Europe. L’escalade n’a pas posé de problème cette année. Les réglementations ont été respectées, sauf sur un site où 2 personnes suspectes ont été priées de s’éloigner sur ordre des agents ONF. Un pan rocheux jusque-là utilisé comme dortoir a vu s’installer un couple nicheur connaissant, malheureusement, l’échec. Au risque de me répéter, je suis obligé de constater que la motivation pour le suivi du faucon pèlerin ne s’est pas améliorée dans le département des Vosges. Coordination : Jean-Marie BALLAND (LPO)

Plaines d’Alsace : Bas-Rhin (67), HautRhin (68) En 2013, 25 sites favorables ou anciennement occupés par le faucon pèlerin ont été suivis en plaine d’Alsace. Une vingtaine de bénévoles de la LPO Alsace ont confirmé la présence d’oiseaux sur 16 de ces sites. Il s’agit d’une ancienne carrière, de 6 pylônes haute-tension et de 8 bâtiments (église, silo, usine, tour de télécommunication). 4 de ces sites ont été occupés en début de saison par des couples qui ne se sont pas reproduits. Deux nouveaux sites, un pylône haute tension et un château d’eau ont été occupés ce printemps. La réussite de reproduction a été bonne et comparable à celle de 2012, malgré les mauvaises conditions météorologiques


Rq : depuis 2011, les bilans de la reproduction du pèlerin dans le massif vosgien et la plaine d’Alsace ont été dissociés. Coordination : Sébastien DIDIER (LPO Alsace)

Aquitaine Dordogne (24) 3 nouveaux sites ont été découverts en 2013, ce qui fait au total 45 sites occupés, dont 41 par un couple adulte. Nous constatons que les faucons n’hésitent pas à s’installer sur de très petites falaises ou carrières. 35 couples ont niché avec succès et ont amené 85 jeunes à l’envol, malgré un printemps froid et très pluvieux. 4 couples ont échoué et 2 n’ont pas niché. Pour l’instant, le grand-duc n’a qu’un impact très limité et localisé sur la population de faucons pèlerins. Les carrières occupées, en activité ou non, totalisent 10 sites sur 45. Ce bilan n’est possible que grâce à la motivation des surveillants et à l’échange d’informations avec l’ONCFS, très impliqué dans cette surveillance. Coordination : Daniel RAT (LPO Aquitaine) et Frédéric FERRANDON (ONCFS)

Auvergne Allier (03) Données non communiquées

cette année.

présents de mener à bien leur nichée.

Cantal (15) La population semble être stable depuis quelques années sur le département du Cantal. Nous observons un nombre de couples constants ainsi qu’une certaine fidélité aux sites de reproduction. Petit bémol, nous n’enregistrons toujours qu’un faible taux de réussite de la reproduction. Cette année, seuls 18 couples sur les 30, repérés en début de saison, ont déposé une ponte. Seules 14 pontes ont éclos donnant un minimum de 28 poussins à l’aire. Le nombre de 16 jeunes à l’envol est à relativiser, car les derniers passages de contrôle ont fait défaut. Une nouvelle fois, nous sommes amenés à nous interroger sur le faible taux de couples reproducteurs. Certes, l’observation de pontes et de fauconneaux en bas âge nous a certainement échappé. Mais est-ce là l’unique raison de cet important taux d’abstention ? Le printemps pluvieux a lui aussi dû impacter le nombre de poussins comptabilisés. D’autres causes éventuelles sont-elles à rechercher ? Seul un suivi appliqué dans les années à venir devrait permettre de répondre à ces interrogations et d’ouvrir diverses pistes de réflexion. Coordination : Cédric DEROBINSON et Thierry ROQUES (ONCFS et LPO Auvergne)

Haute-Loire (43) Cette année, le nombre de couples cantonnés est toujours stable (18) mais les nombreux échecs en fin de couvaison ou à l’éclosion, et donc le faible nombre de jeunes volants (15) sont sans doute imputables au très mauvais temps (fortes pluies et chute de neige tardive) qui a régné durant tout le mois de mai. 2 sites ont bénéficié d’un arrêté municipal interdisant l’escalade, permettant aux 2 couples

Coordination : Arlette BONNET (LPO Auvergne) et Olivier TESSIER (ONCFS)

Puy-de-Dôme (63) Dès le mois de février, le suivi des couples de faucons pèlerins a repris dans notre département. Au total, 20 sites ont été contrôlés. Un nouveau site a été découvert cette année. Il n’a été occupé que très brièvement par un couple dont la femelle était immature. La reproduction du faucon pèlerin a, une nouvelle fois, été très mauvaise… Sur les 14 couples qui se sont installés et ont occupé un site, seules 4 pontes ont été vérifiées. Elles ont donné naissance à 7 poussins, dont 3 ont été suivis jusqu’à l’envol.

Photo : C. Aussaguel ©

durant le printemps : 7 couples ont mené 20 jeunes à l’envol. Les nidifications sur bâtiments se sont bien déroulées, alors que seul un jeune s’est s’envolé d’un pylône haute-tension sur les 6 occupés. A noter que sur la seule agglomération strasbourgeoise, 13 jeunes se sont envolés (4 couples producteurs) ! Des mesures de protection ont été mises en œuvre sur plusieurs sites urbains, grâce à la motivation des bénévoles notamment à Strasbourg.

Coordination : Olivier GIMEL (LPO Auvergne) et Lucie MOLINS (ONCFS)

Basse-Normandie Calvados (14) Population à son plus haut niveau. Sur la partie occidentale, 3 couples sur 4 ont donné des jeunes à l’envol. Coordination : Régis PURENNE (GONm)

Manche (50) Couples présents sur les secteurs habituels. Au moins 2 couples sur 5 ont échoué leur reproduction. Coordination : Régis PURENNE (GONm)

Bourgogne Côte-d’Or (21), Nièvre (58), Saône-et-Loire (71) et Yonne (89) 2013 représente une année inférieure à 2012, en ce qui concerne le nombre de couples présents sur les sites : 35 (contre 41), avec un nombre de jeunes à

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l’envol de moitié moins élevé : 30 (contre 59). Il faut remonter au milieu des années 90 pour retrouver de tels chiffres, avec cependant beaucoup moins de couples présents sur les sites de reproduction (moins d’une dizaine !). La productivité par couple présent sur les sites (1,16) est considérablement inférieure à 2012 (1,43), 2011 (1,67) et 2010 (1,64) et la productivité par couple ayant entamé une reproduction est également très faible (1,16 contre 1,59 en 2012, 2,39 en 2011, 1,76 en 2010 et 2,2 en 2009). La productivité par couple ayant produit des jeunes à l’envol est, quant à elle, de 1,87. 2 individus surnuméraires et 2 autres présents isolément sur les sites ont été notés. 4 nouveaux sites ont été découverts : 2 en falaise, 1 en carrière et 1 sur un pylône THT. Les oiseaux urbains, à Auxerre (1 femelle adulte) et Dijon (1 couple adulte), ne sont pas restés au printemps. La pression d’observation est redevenue habituelle : 61 sites prospectés, 170 journées-homme pour 34 surveillants. Faute de suivi systématique, il est difficile d’affirmer à quel rythme se poursuit la progression du grand-duc d’Europe. Avec des conditions météorologiques plutôt défavorables, 2012 était une année médiocre, 2013 est une année catastrophique en termes de productivité. La principale raison doit en être recherchée dans des conditions météorologiques extrêmement défavorables : pluviométrie exceptionnellement élevée durant tout le printemps et froid persistant. Elles font courir de grands risques de mort par hypothermie aux embryons et diminuent significativement le nombre de captures par les adultes, au moment où les jeunes ont le plus besoin de nourriture. A noter que des dérangements sur des sites de varappe ont été constatés. Coordination : Luc STRENNA (LPO Côte-d’Or)

Bretagne Côtes-d’Armor (22), Finistère (29), Illeet-Vilaine (35), Loire-Atlantique (44) et Morbihan (56) Avec un effectif de 34 à 37 couples, la très forte croissance des années précédentes se poursuit. En 2013, la pro12

gression est surtout spectaculaire en carrière : 8 d’entre elles sont occupées par un couple dont 5 permettent l’envol de jeunes (contre 2 nichées en 2012). L’intérieur de la région commence donc à être colonisé... et ça ne paraît être qu’un début au regard des nombreuses carrières qui s’y trouvent. Par ailleurs, après une saison 2012 assez calamiteuse, l’espèce renoue avec une excellente productivité (2,6 jeunes envolés par couple producteur dont on connaît précisément le résultat). En conclusion, 2013 est un grand millésime plein de promesses... Coordination : Erwan COZIC (Bretagne Vivante, Conservatoire du littoral, CG29, FCBE, GEOCA, GOB, GO35, LPO-Mission rapaces, LPO 7îles, LPO 29, LPO 44, Mairie de Crozon, Syndicat des Caps)

Centre Indre (36) Un nouveau couple nicheur a été découvert cette année sur une falaise calcaire à l’ouest du département de l’Indre dans le PNR de la Brenne. Ce site très éloigné de l’aire de répartition habituelle (vallée de la Creuse au sud du département) prouve que le pèlerin est prêt à s’installer si les conditions requises pour la nidification sont remplies : falaise dégagée. A noter que cette falaise est utilisée pour l’escalade, mais la découverte du couple ayant été faite juste avant l’envol des jeunes, il n’a pas été possible de connaître le niveau de dérangement : toujours est-il que 2 jeunes ont pris leur envol. L’année 2013 a été particulièrement productive : avec 16 jeunes à l’envol c’est la meilleure de ces 15 dernières années, bien qu’un couple installé n’ait pas réussi sa reproduction. A noter également un nouveau couple, trouvé en 2012 et suivi par l’association Indre Nature juste en limite des départements Haute-Vienne et Indre : l’aire a été repérée cette année avec un jeune à l’envol. Il a été enregistré dans les effectifs du Limousin. Nombre de couples nicheurs certains en 2013 : 7 (2012 : 6, 2011 : 7, 2010 : 5, 2009 : 7, 2008 : 7), nombre de jeunes nés en 2013 : 17 (2012 : 9, 2011 : 15, 2010 : 12, 2009 : 15, 2008 : 15), nombre de jeunes volants en 2013 : 16 (2012 : 8, 2011 : 13, 2010 : 8, 2009 : 12, 2008 : 13).

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Coordination : Yves-Michel BUTIN (Indre Nature)

Loir-et-Cher (41) Nouvelle reproduction du couple installé sur la centrale nucléaire de Saint-LaurentNouan avec 4 jeunes à l’envol. Coordination : Alain POLLET (Loir-et-Cher Nature)

Champagne-Ardenne Ardennes (08) Pour les Ardennes, c’est relativement simple : aucune reproduction constatée en 2013, conséquence d’une baisse de la prospection et de sites peu à peu désertés. Coordination : Nicolas HARTER (ReNard)

Aube (10) Echec ou absence de reproduction pour les 3 couples du département, dont 2 sont sur pylônes THT à l’est de Troyes et 1 est sur la centrale nucléaire de Nogentsur-Seine. Coordination : Dominique LEREAU et Pascal ALBERT

Franche-Comté Arc jurassien Doubs (25), Jura (39), Haute-Saône (70) + Ain (01) 2013 est la plus mauvaise saison d’observation jamais réalisée en 50 ans, pour l’ensemble de la chaîne jurassienne et la Haute-Saône : - moins de couples cantonnés et moins de couples adultes malgré l’excellente reproduction de 2010 et 2011, lesquelles laissaient présager un accroissement du nombre de couples présents ; - une chute drastique du taux de reproduction : nombre de couples ont abandonné la ponte ou la nichée du fait des conditions météorologiques exécrables ; - l’absence apparente d’une population d’oiseaux de réserve non appariés, qui normalement comblent les trous causés par la mortalité naturelle, est inquiétante et pose la question des causes de cette mortalité inhabituelle. Le développement d’une épizootie pourrait expliquer cette chute inattendue des effectifs. Si elle perdure, elle pourrait encore accentuer la régression de la po-


Coordination : René-Jean MONNERET & René RUFFINONI (Jura), Jacques MICHEL, Christian BULLE & Georges CONTEJEAN (Doubs), Yvonne et Raymond ENAY & Pascal TISSOT (Ain)

Haute-Normandie Seine-Maritime (côte d’Albâtre) (76) Aucun suivi n’a été mené cette année sur ce secteur du littoral. Coordination : Guy BUQUET (LPO Haute-Normandie)

Seine-Maritime (cap d’Antifer) (76) Sur le littoral du pays de Caux, entre le Cap d’Antifer et Veulettes, 12 sites ont été contrôlés. Il y a eu 5 couples producteurs qui ont donné 9 jeunes à l’envol. Coordination : Jacques BOUILLOC (LPO)

Seine-Maritime-Eure (vallée de Seine) (76, 27) La population de la vallée de la Seine se stabilise depuis 2009. Les oiseaux ne semblent pas avoir souffert des températures froides du printemps, car les 17 couples nicheurs ont mené 40 jeunes à l’envol. Coordination : Géraud RANVIER (PNR des boucles de la Seine normande)

Ile-de-France Paris (75), Yvelines (78), Hautsde-Seine (92), Val-de-Marne (94), Val-d’Oise (95) Nouvelle progression de l’espèce dans la région avec 2 nouveaux sites occupés par un couple (dont un sur pylône). Au total, les 4 couples nicheurs et producteurs mènent 8 jeunes à l’envol ;

2 couples échouent leur reproduction ou ne se reproduisent pas et un couple est cantonné jusqu’en mai à Paris (13e). Après plus de 150 ans d’absence, le faucon pèlerin niche à Paris (15e) avec succès menant 3 jeunes à l’envol. A Ivry-sur-Seine, sur l’autre site appartenant à la CPCU, 2 jeunes prennent leur envol. Un nouveau couple (site non divulgué) mène 2 jeunes à l’envol. L’unique couple en milieu naturel ne mène qu’un jeune à l’envol. Des individus cantonnés sont observés sur plusieurs sites. Coordination : Fabienne DAVID (LPO Mission rapaces)

Languedoc-Roussillon Gard (30), Hérault (34) Cette année, nous avons reconsidéré, avec le département de la Lozère, 3 couples limitrophes qui désormais feront partie du suivi lozérien. Mais avec 3 nouveaux couples dans l’Hérault et 1 dans le Gard, le nombre de sites à suivre dans ce secteur est porté à 36. Les résultats sont comme souvent contrastés entre les 2 départements : une seule nichée réussie avec 2 jeunes dans le Gard pour 7 couples et 9 réussites avec 17 jeunes envolés dans l’Hérault pour 13 couples. La bordure calcaire du sud du Larzac confirme une productivité toujours supérieure à celle des Cévennes schisteuses. La partie ouest de l’Hérault n’est cependant pas suivie avec assez d’assiduité. Coordination : Roland DALLARD (Groupe rapace sud Massif central, LPO Hérault, COGard, CEN-LR, Parc national des Cévennes)

Lozère (48) Une légère amélioration cette année avec 1,9 jeune par couple. Nous avons observé une nichée à quatre jeunes volants, ce qui n’est pas chose courante en Lozère. Le nombre de couples suivis

est toujours assez faible, malgré un nombre d’observateurs en hausse pour 2013. 8 couples sur 10 ont été suivis sur la zone calcaire des Causses et seulement deux dans les Cévennes de schiste. Dans cette dernière zone, les sites non occupés sont importants. Une mise au point avec les départements voisins (Gard, Ardèche, Aveyron) a permis un toilettage des couples lozériens (anciens et récents) et porte à 36 le nombre de sites connus. En 2013, le nombre de couples nicheurs potentiels est estimé à 24.

Photo : C. Aussaguel ©

pulation régionale, d’autant que la reproduction de 2012 n’était pas des meilleures et que celle de cette année, la plus mauvaise jamais observée, ne pourra que renforcer le phénomène.

Coordination : Jean-Pierre MALAFOSSE (ALEPE, Parc national des Cévennes, GRLR)

Aude (11) Prospection trop insuffisante, suivi encore plus (espèce « non prioritaire » et surtout manque de temps et de moyens humains). De toute évidence, cependant, une très mauvaise année, comme pour la plupart des autres espèces, en raison de la météo pourrie du printemps. Coordination : Christian RIOLS (LPO Aude)

Limousin Corrèze (19) En 2013, 61 sites rupestres et 1 site urbain ont été inventoriés en Corrèze. Ce dernier était fréquenté uniquement en dehors de la période de reproduction et aucune nidification n’a donc été constatée cette année, mais la présence du couple dans le nichoir depuis trois ans à de nombreuses reprises laisse espérer une future reproduction. Sur les 61 sites rupestres inventoriés, 47 sites ont été contrôlés par une vingtaine de surveillants en 2013. 45 sites étaient occupés dont 7 en carrières (4 en activité). Sur les 43 sites suivis, 15 couples ont réussi leur reproduction.

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Bulletin de liaison du réseau faucon pèlerin


de la ponte et 21 ont produit 44 jeunes à l’envol : 6 sites avec 1 jeune à l’envol, 8 sites avec 2 jeunes, 5 sites avec 3 jeunes et 2 sites avec 4 jeunes. Ce résultat est plutôt très satisfaisant, notamment en raison des conditions météorologiques exécrables de ce printemps 2013 (notamment en avril et mai). Ce printemps 2013 a été marqué par une seconde opération de sauvetage. Pris au piège dans un amas de ficelles bleues d’origine agricole, présent dans l’aire au niveau d’une carrière TRMC, un jeune faucon est récupéré, mais finalement euthanasié peu après. ConcerEn montagne noire tarnaise, en mai 2014 - photo : Christian Aussaguel © nant le site rupestre abritant le mur d’escalade, la collaboration Outre les échecs possibles liés à la produit 12 jeunes à l’envol : 3 sites avec entre la SEPOL et le Club alpin français présence du grand-duc d’Europe ou du 1 jeune à l’envol, 3 sites avec 2 jeunes et s’est poursuivie, permettant l’envol de grand corbeau sur certains sites et un 1 site avec 3 jeunes. le couple nichant sur 4 jeunes. Des efforts communs de suréchec sur un site privé suite à un déle pont SNCF a de nouveau échoué. veillance et d’information ont été menés rangement de militaires, les conditions L’effectif départemental est estimé à afin d’éviter tout dérangement et rappeler météorologiques fortement défavorables 13-18 couples. Ce département reste l’interdiction de grimpe au printemps. (printemps très pluvieux, notamment au sous-prospecté. La mobilisation des L’effectif départemental estimé est revu à stade des éclosions et des poussins) expli- ornithologues locaux et l’augmentation la hausse avec 32-42 couples. Un travail quent la majorité des échecs en 2013. de l’investissement de l’ONCFS devraient de prospection des sites potentiellement Au total, 34 jeunes se sont envolés en améliorer le suivi. Un travail de référence 2013, soit 6 de plus par rapport à 2012 des sites potentiels (données historiques, favorables et une meilleure assiduité dans le suivi des sites permettraient d’affiner (28 jeunes) : 5 sites à 1 jeune à l’enrecensement de sites favorables type carvol, 4 sites avec 2 jeunes et 7 sites avec rière) et l’amélioration du réseau restent à la population départementale et de mieux appréhender le nombre de jeunes 3 jeunes à l’envol. finaliser pour 2014-2015. à l’envol. Coordination : Nicolas GENDRE (SEPOL, 43 journées-hommes (environ L’année 2013 a été marquée par la pourLPO) en lien avec la SEPOL et l’ONCFS 345 heures) ont été consacrées à la suite de l’investissement important de surveillance du faucon pèlerin en Corrèze l’ONCFS 87. Haute-Vienne (87) dont 160 heures par l’ONCFS 19. Nous Coordination : Nicolas GENDRE La coordination départementale a été reespérons qu’un suivi plus approfondi sera (SEPOL, LPO) en lien avec la SEPOL et conduite pour la quatrième année conséréalisé en 2014. Merci à l’ONCFS 19 et l’ONCFS cutive dans ce département en 2013. à tous les observateurs du suivi faucon La cathédrale de Limoges a abrité un pèlerin. Lorraine Coordination : Arnaud REYNIER (LPO couple durant ce printemps. Piégé Corrèze) en lien avec la SEPOL et l’ONCFS derrière un filet de protection contre les Plaines lorraines : Meurthe-et-Moselle pigeons, le mâle a été récupéré, trans(54), Meuse (55) et Moselle (57) porté en centre de soins avant d’être Creuse (23) Le nombre de sites sur pylônes dépasse La prospection et le suivi sont légèrement relâché un mois plus tard sur le site, aux le nombre de sites classiques en milieu supérieurs dans ce département en 2013, côtés de sa femelle. Hormis le site de la urbain. Cette année, un effort de proscathédrale de Limoges, 38 sites potennotamment avec la mobilisation accrue pection a permis de mieux identifier une tiellement favorables (7 sites rupestres, de l’ONCFS. zone particulièrement dense de 4 couples dont 1 accueillant un mur d’escalade en 14 sites potentiellement favorables activité, et 31 carrières, dont au moins 14 sur pylônes. Il est important de cerner (4 rupestres, 9 carrières dont au moins les raisons réelles d’une faible productien activité) ont été prospectés. 31 sites 3 en activité et 1 pont SNCF) ont été prospectés. 13 sites étaient occupés dont occupés ont été contrôlés et 29 suivis. 24 vité constatée d’année en année sur ces 12 ont été suivis. 11 couples ont pondu et couples ont pondu et 5 ont échoué avant pylônes. Sans écarter une météo particulièrement mauvaise, des échecs dus à la ce stade. 3 couples ont échoué, au-delà 1 a échoué avant la ponte. 7 couples ont 14

‑  Les notes du pèlerin n° 24 & 25 - juillet 2014 - LPO Mission rapaces


Coordination : Patrick BEHR (LPO, COL)

Midi-Pyrénées Ariège (09) Le bilan de cette deuxième année de suivi exhaustif est en demiteinte. En 2012, 23 couples et 24 jeunes à l’envol avaient été recensés. Cette année, 20 couples ont été vus en début de saison pour seulement 15 jeunes à l’envol. L’effectif de la population nicheuse est stable, mais le nombre de jeunes à l’envol a chuté de plus de 30 % entre 2012 et 2013. Les couples ont probablement rencontré plus de difficultés à se reproduire cette année en raison des conditions météo défavorables lors de l’élevage des jeunes et de la concurrence inter-espèces (grand-duc, grand corbeau, vautour percnoptère) sur les sites de nidification. Une bonne pression d’observation a été assurée par l’ensemble des bénévoles. Qu’ils soient tous remerciés. Coordination : Mathieu FEHLMANN (Nature Midi-Pyrénées)

Aveyron (12) Stabilité relative de la population. De nombreux couples se déplacent du fait de l’accroissement des populations de grand-duc qui est certainement la cause de la disparition de plusieurs nichées de faucons. Sur au moins 5 couples, la prédation du grand-duc a dû prélever 11 jeunes ! Bonne coordination avec Gilles Privat pour les agents de l’ONCFS. Coordination : Jean-Claude ISSALY (LPO Aveyron)

Lot (46) Le suivi de l’espèce dans le Lot, selon le protocole antérieur, s’est arrêté en 2012 avec le départ en retraite de Jean-Pierre Boudet (ONCFS). Tarn (81) Grande stabilité dans le Tarn depuis 2008. De fortes disparités existent cependant d’un secteur à l’autre. Quasiment aucun couple n’est bien éloigné d’un secteur habité par le grand-duc ce qui rend les suivis plus difficiles… Coordination : Jean-Claude ISSALY (LPO Aveyron) et Amaury CALVET (LPO Tarn)

Tarn-et-Garonne (82) 2013 est une mauvaise année pour la reproduction du faucon pèlerin dans le Tarn-et-Garonne, alors que 2012 était un excellent « cru ». La présence du grandduc a pu perturber 2 sites où seule la femelle adulte a été contactée et un 3e a été déserté… Coordination : Jean-Claude ISSALY et Jean-Claude CAPEL (LPO Aveyron)

Nord-Pas-de-Calais Nord (59) Pour cette première année, il a été parfois un peu difficile de rassembler les données pour le département du Nord. 12 sites ont été contrôlés. 9 couples

ont été suivis. 7 couples étaient reproducteurs et 2 non reproducteurs. Il y a eu 3 couples producteurs qui ont donné respectivement 1, 3 et 4 jeunes à l’envol. Les comptages effectués sur 28 communes en ce début d’année 2014 par près de 20 bénévoles de la LPO Nord, ont déjà permis d’affiner la présence de l’espèce en période hivernale dans le Nord : l’espèce n’est pas très rare, mais localisée. L’augmentation lente de l’espèce dans le département est très certainement rendue possible grâce à l’arrivée d’oiseaux en provenance du Benelux et peut-être d’Allemagne (?), pays où des nichoirs sont posés. Une précision : il semblerait que depuis plusieurs années, des oiseaux fréquentent à la période de nidification les mêmes pylônes à haute tension mais sans succès de nidification. Nous remercions chaleureusement Pascal Demarque, Alain Leduc, Julien Piette, Jean-Charles Tombal et Bernard Bril pour leurs précieuses informations en tant que spécialistes émérites des rapaces et découvreurs de nouvelles espèces pour le Nord.

Photo : C. Aussaguel ©

présence de corneilles noires ont encore été constatés, celles-ci prenant possession des aires où un adulte de faucon pèlerin avait été préalablement observé couvant. Ce scénario confirme des observations déjà relevées en 2012 au moins. Toutes les nidifications sur pylônes se sont produites sur des lignes à très haute tension (THT). Les plaines lorraines et alsaciennes étant à l’heure actuelle densément occupées, le quart nord-est de la France est la zone la plus importante quant à l’occupation de sites de reproduction en sites anthropiques. Elle présente un faciès de colonisation encore peu connu à l’échelle nationale et mériterait une attention plus particulière dans les futurs bilans nationaux.

Coordination : Yves BARNABE (LPO Nord)

PACA Hautes-Alpes (05) Bilan partiel 2013 : l’année 2013 a été marquée par un faible taux de reproduction qui pourrait être attribué à une météorologie très défavorable en période de nourrissage des jeunes. Ces mauvaises conditions ont certainement également découragé des observateurs, car les données reçues sont moins nombreuses que les années précédentes. Néanmoins, la prospection annuelle en février avec la collaboration du Parc national des Ecrins a permis d’avoir, comme les années précédentes, une bonne idée de l’occupation des sites en 2013.

LPO Mission rapaces - Les notes du pèlerin n° 24 & 25 - juillet 2014 ‑

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Bulletin de liaison du réseau faucon pèlerin


A noter deux sites occupés par un adulte seul dans la vallée de l’Ubaye (Alpes-deHaute-Provence). Les organismes ayant participé aux prospections et suivis de reproduction en 2013 sont l’association Arnica Montana, les parcs nationaux des Ecrins et du Mercantour, l’association Aquila, le centre de soins faune sauvage 04-05, l’association CRAVE et des observateurs individuels.

meilleurs résultats proviennent des sites de Basse-Ardèche qui cumulent 10 jeunes à l’envol. Les agents du Syndicat mixte de gestion des gorges de l’Ardèche assurent la majeure partie du suivi des sites de la Réserve naturelle nationale des gorges de l’Ardèche.

Coordination : Claude REMY (ARNICA MONTANA)

Haute-Savoie (74) La population haut-savoyarde, stable, est estimée entre 87 et 113 couples. Sur les 129 sites connus, 67 sont contrôlés et 64 occupés, dont 49 par un couple adulte et 15 par au moins un individu. 40 couples sont bien suivis : 29 produisent 62 jeunes, 5 couples produisent au moins un jeune, 2 couples et probablement un 3e échouent, et 3 couples ne produisent rien pour des raisons qui nous sont inconnues. La productivité est moyenne avec 1,68 jeune par couple. Le taux d’envol, en éliminant les couples dont le nombre de jeunes n’est pas connu avec précision, est moyen, avec 2,14 jeunes par couple. Les dérangements dus aux parapentes, varappe, via ferrata sont nombreux, et le grand-duc est un facteur limitant pour plusieurs sites. Mais sur les 15 kilomètres du massif qui subit le plus de dérangements, un 8e couple s’est installé, 1 seul échoue et les 7 autres produisent au moins 17 jeunes.

Var (83) Données non communiquées cette année. Poitou-Charentes Charente (16) Sur les 5 sites contrôlés et occupés, 4 couples ont produit 7 jeunes à l’envol et un couple ne s’est pas reproduit. Pour cette 4e année où l’espèce est présente dans le département, le nombre de jeunes volants n’est pas négligeable. De nouveaux sites sont susceptibles d’être colonisés ces prochaines années. Coordination : Danièle RAINAUD (Charente Nature)

Deux-Sèvres (79) Un couple installé sur un pylône électrique mène 2 jeunes à l’envol. Coordination : Clément BRAUD (GODS)

Vienne (86) Un 6e site a été découvert cette année avec une reproduction réussie et 2 jeunes à l’envol. Avec 5 couples suivis et 8 jeunes à l’envol, 2013 est avec 2011 la deuxième meilleure année pour la reproduction. (4 jeunes à l’envol en 2012 seulement) ! Coordination : Eric JEAMET (LPO Vienne) Rhône-Alpes Ardèche (07) L’année 2013 est globalement mauvaise. Malgré le nombre plutôt important de sites occupés par un couple, le nombre de jeunes à l’envol (15) est proche de sa valeur la plus basse depuis 2006 (14). Le succès de reproduction est faible avec une nidification réussie sur seulement 7 sites pour 15 sites occupés par un couple. Comme les 4 années précédentes, les 16

Coordination : Alain LADET

Coordination : Jean-Pierre MATERAC (LPO Haute-Savoie)

Isère (38) En 2013, la météo a été particulièrement mauvaise tout au long de la saison de reproduction. Sur 64 sites connus, 17 sont non suivis, 16 sont contrôlés négativement, 3 sites sont avec un individu seul et 28 couples producteurs ont mené 54 jeunes à l’envol ; soit 1,93 jeune à l’envol par couple producteur. 14 personnes ont participé à cette étude. Coordination : Jean-Luc FREMILLON (Groupe faucon pèlerin Isère)

Loire (42) Hélas, pas de reproduction cette année dans le département. Coordination : Jean-Pascal FAVERJON (LPO Loire)

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Rhône (69) Echec à Feyzin peut-être dû à un troisième individu adulte. Belle nichée de 4 jeunes sur Vénissieux qui a nécessité de remonter à 6 reprises des jeunes ayant raté leur premier envol. Grosses perturbations sur le site de Vénissieux où des travaux ont eu lieu au sommet de l’immeuble pendant la période de reproduction et ce malgré nos recommandations. Une convention a été rédigée entre le propriétaire de l’immeuble et la LPO Rhône pour éviter que cet incident ne se reproduise. Coordination : Jean-Pascal FAVERJON (LPO)

Savoie (73) La montée en puissance du site web faune-Savoie a permis une meilleure connaissance de la reproduction. A noter deux individus retrouvés morts, l’un par collision avec un câble, l’autre sur la route (voiture ?). La DDT nous a passé une commande pour 2014 pour identifier les falaises où protéger les faucons pèlerins et aigles royaux contre les équipements d’escalade... Coordination : Yves JORAND (LPO Savoie)

Une nouvelle espèce d’oiseau nicheuse en Maine-et-Loire ! Premier cas de reproduction du faucon pèlerin dans le département En 2014, deux couples de faucons pèlerins ont niché dans le département de Maine-et-Loire. Les deux couples se sont installés sur des fronts de taille de deux carrières d’extraction de roches massives dès cet hiver, l’une en bordure de Loire et l’autre en limite Deux-Sèvres. Les deux jeunes produits par chacun des couples se sont bien envolés courant juillet. Deux immatures étaient par ailleurs présents sur une troisième carrière, prélude à une installation à venir ? L’espèce, présente chaque année en période hivernale dans nos vallées et plaines, concrétise ainsi son avancée dans l’ouest de la France en occupant désormais un secteur entre les falaises littorales et les


Bilan du suivi du faucon pèlerin en France en 2013

Massif vosgien Plaines d'Alsace AQUITAINE

Dordogne AUVERGNE

Cantal Haute‐Loire Puy‐de‐Dôme BASSE-NORMANDIE

Calvados (Falaises du Bessin occidental) Manche  BOURGOGNE

Côte‐d'Or, Nièvre, Saône‐et‐Loire, Yonne BRETAGNE

Ille‐et‐Vilaine, Côtes‐d’Armor,  Finistère, Morbihan, Loire‐Atlantique CENTRE

Indre (vallée de la Creuse) Loir‐et‐Cher CHAMPAGNE-ARDENNE

Ardennes Aube FRANCHE-COMTE

Ain Doubs Haute‐Saône Jura HAUTE-NORMANDIE

Seine‐Maritime (Cap d'Antifer à Veulettes) Eure, Seine‐Maritime  ILE-DE-FRANCE

Ile‐de‐France LANGUEDOC-ROUSSILLON

Aude Gard, Hérault Lozère LIMOUSIN

Corrèze Creuse Haute‐Vienne LORRAINE

Meurthe‐et‐Moselle, Meuse, Moselle  (plaines lorraines) MIDI-PYRENEES

Ariège Aveyron Tarn Tarn‐et‐Garonne NORD-PAS-DE-CALAIS

Nord PACA

Hautes‐Alpes POITOU-CHARENTES

Charente Deux‐Sèvres Vienne RHÔNE-ALPES

couples nicheurs 62

53 9

39

couples producteurs 34

jeunes à l'envol 81

27 7

61 20

succès taille des reproducteur familles à l'envol surveillants 1,31 2,38 78

1,15 2,22

2,26 2,86

57 21

journées de suivi 127

90 37

39

35

35

85

2,18

2,43

15

39

37

19

34

0,92

1,79

68

149,5

18 15 4 -

8 8 3 -

85

16 15 3 -

2,18

0,89 1,00 0,75 -

2,43

15

2,00 1,88 1,00

37 7 24

-

39

57,5 29 63

‐ ‐

‐ ‐

‐ ‐

‐ ‐

‐ ‐

2 5

7

13

35

16

30

0,86

1,88

34

170

7 6

35

16

30

0,86

1,88

34

170

26

22

51

-

2,63

60

65

26

22

51

2,63

60

65

8

8

20

2,50

2,50

4

8

7 1

3

7 1

0

16 4

2,29 4,00

4 ‐

8 ‐

0 3

0 0

0 0

0,00 0,00

0,00

0,00

2

‐ 2

‐ ‐

149

97

141

0,95

1,45

-

312

312

37 57 5 50

27 38 4 28

22

19

5 17 4

5 14

39 61 5 36

49

9 40

1,44 1,61 1,25 1,29

-

2,23

2,58

17

32

1,80 2,35

1,80 2,86

1 16

16 16

4

8

2,00

2,00

2,00

10

-

25

21

41

1,64

1,95

39

17

54

3 10 8

8

1,05 1,07 1,00 0,72

0,00 0,00

4

4 11 10

4

0

2,29 4,00

3 19 19

0,75 1,73 1,90

2,00

10

1,00 1,90 2,38

14 12 13

17 ‐ ‐

19 11 24

16 7 21

44

91

1,69

2,07

74

115

18

6

12

0,67

2,00

30

-

34 12 45

1,79 1,09 1,88

2,13 1,71 2,14

20 14 40

33 27 55

18

6

12

0,67

2,00

30

64

45

103

1,61

0,04

61

294

12 32 14 6 7

8 21 10 6 3

15 46 27 15 8

1,25 1,44 1,93 2,50

1,88 2,19 2,70 2,50

15 23 13 10

21 180 59 34

7

3

8

1,14

1,14

2,67

10

-

5

2

2

0,40

1,00

59

32

2,67

10

5

2

2

0,40

11

10

19

1,73

1,90

10

11,5

61

4 1 6

4 1 5

7 2 10

1,75 2,00 1,67

1,00

59

1,75 2,00 2,00

6 3 1

32

9 1 1,5

84

7 28 34 0 1 14

166

2,72

1,98

148

201

Total 2013

9 ? 37 0 1 14

630

469

941

1,49

2,01

726

1586

RAPPEL TOTAL 2012

707

512

1120

1,58

2,19

734

1375

Ardèche Isère Haute‐Savoie Loire Rhône Savoie

15 54 67 0 4 26

1,67 ‐ 1,81 ‐ 4,00 1,86

2,14 1,93 1,97 ‐ 4,00 1,86

25 14 55 ‐ 16 38

59 ‐ 72 ‐ 16 54

Bulletin de liaison du réseau faucon pèlerin LPO Mission rapaces - Les notes du pèlerin n° 24 & 25 - juillet 2014 ‑

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Photo : C. Aussaguel ©

REGIONS ALSACE-LORRAINE


contreforts du massif central. Il s’agit des premières données historiques de reproduction de cette espèce dans le département, ainsi qu’en Pays de la Loire. • Gilles Mourgaud • • LPO Anjou anjou@lpo.fr •

L’évolution de la population de faucons pèlerins en Bourgogne Résumé : un historique des populations de faucons pèlerins en Bourgogne fait apparaître grossièrement six périodes : avant les années 1940 (pas de nidification connue), 1950-1960 (l’installation et l’expansion), 1961-1978 (le déclin), 1978-1984 (la stagnation), 1984-2003 (la recolonisation, lente puis très rapide), 2003-2008 (le tassement). Les mesures de protection n’ont sans doute pas été étrangères à l’expansion des populations sans qu’il soit possible d’en déterminer l’impact réel. Elles consistent principalement dans la protection générale des rapaces, la surveillance des aires, la prise d’arrêtés préfectoraux de protection de biotope et une charte pour un bon usage des falaises. Il est difficile de savoir quelles sont les perspectives d’avenir, même à court terme : une stabilisation ou un déclin des populations ? A partir de 2003, on assiste à une stagnation du nombre de couples présents sur les sites de nidification et à une baisse de la productivité sans qu’il soit encore possible de dire à quel point elles sont significatives. Cela pourrait correspondre à un phénomène de saturation de l’habitat, les meilleurs sites ayant tous été occupés. Il également prendre en compte l’utilisation de sites de nidification en dehors des parois rocheuses naturelles et la prédation récente par le grand-duc d’Europe. • Strenna L. L’évolution de la population de Faucons pèlerins Falco peregrinus en Bourgogne. Alauda 81 (3), 2013 : 17-38 • L’article est disponible auprès de la LPO Mission rapaces •

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Quand le grand corbeau s’installe dans un nichoir à pèlerin Installé en milieu naturel depuis plusieurs années, le nichoir réservé en priorité au couple de faucons pèlerins bien implanté sur le site, a trouvé cette année un nouveau locataire quelque peu inattendu, en la personne d’un couple de grands corbeaux tout heureux de trouver un pied à terre et un toit pour sa reproduction. Les faucons pèlerins ayant préféré, ou contraint de choisir, une petite vire à ciel ouvert, à une dizaine de mètres du nichoir. Maître corbeau n’était toutefois pas maître des lieux et des clauses de voisinage s’imposèrent aussitôt. Le respect de l’intimité des faucons pèlerins ne souffrait d’aucune dérogation. Le départ et l’arrivée au nichoir devaient obligatoirement se faire, en toute discrétion, par la droite sous peine d’une vigoureuse volée de plumes de la part du faucon pèlerin mâle. Les grands corbeaux s’accommodaient de ces querelles de voisinage, et évitaient si possible les provocations. La cohabitation se déroulait normalement tout au long de la couvaison des deux espèces. Les naissances ne tardèrent pas à arriver, d’abord chez la famille grand corbeau, puis plus tardivement chez les pèlerins. Mais là, les événements prirent une tournure bizarre quelques jours plus tard. Le surveillant assurant le suivi de la reproduction des deux couples constata un calme inquiétant de la part des faucons : plus de querelles, plus de volées de plumes, plus de présence de ces derniers sur le site, plus troublant encore l’autorisation des grands corbeaux à se poser sur l’aire. Les soupçons d’une prédation, suite peut être à une négligence ou à un relâchement des pèlerins se portèrent sur les corvidés. La déprime s’installa chez le surveillant, qui

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continua néanmoins à suivre l’évolution de l’élevage des jeunes grands corbeaux. Mais quelques jours plus tard, nouvelle surprise, nouveau calme inquiétant, chez les grands corbeaux cette fois, disparition des jeunes alors qu’ils n’étaient pas encore en âge de voler, et quitter le nichoir ; pas de manifestation non plus des parents. Nouvelle suspicion de prédation, mais là, en absence de preuves, bien que des hypothèses soient émises, le coupable ne sera pas désigné officiellement. Seule certitude, la martre des pins est exclue des suspects, l’accès étant impossible pour cette dernière. Les interrogations sont toujours de rigueur en attendant un nouvel événement, qui peut-être dénouera le mystère des disparitions. • Jean-Marie Balland • • coordinateur pèlerin Vosges • jeanmarie.balland@sfr.fr •

Sauvetage d’une jeune femelle de pèlerin Un des jeunes faucons pèlerins d’un village aveyronnais a raté son envol cette année. Des touristes l’ont amené à la LPO suite aux conseils de la mairie. Après quelques jours passés au centre de soins, le jeune (une femelle) a été relâché sur son lieu de naissance, juste au-dessus de l’aire. Après quelques hésitations qui ont permis aux deux autres personnes présentes de prendre quelques clichés, elle a pris son envol avec succès et a disparu au niveau des bois du versant d’en face. • LPO Aveyron • aveyron@lpo.fr •

Quelques instants avant l’envol - photo : LPO Aveyron ©


Les faucons parisiens Yaca & Yaco par eux-mêmes C’est nous, Yaca et Yaco, premier couple de faucons pèlerins à être revenus nicher à Paris après plus de 150 ans d’absence. Sur http://rapaces.lpo.fr/fauconpelerin/suivi-par-camera, vous nous avez suivis en 2013, puis en 2014… Laissez-nous vous révéler maintenant quelques détails inédits de cette dernière saison... Commençons par ce début du mois de février 2014. Bien qu’occupés à parader, notre attention fut attirée, 200 mètres en contrebas, depuis une cour de récréation, par des enfants qui nous montraient du doigt en criant : « Faucons pèlerins ! Faucons pèlerins ! »… Nous le devinions, dans cette école maternelle de la rue Sextius Michel, quelque chose se préparait qui nous concernait… Mais quoi, au juste ? Le 28 février, alors que Yaca venait de pondre son premier œuf, à travers les fenêtres, nous avons découvert les affiches de la LPO et celles d’un projet de suivi de notre nidification. C’était donc ça, une opération savamment orchestrée pour suivre et révéler à l’ensemble de la communauté scolaire tous les détails de notre vie ! De mars à juin 2014, le projet s’est effectivement bien réalisé, et nous avons pu assister chaque jour à des scènes inoubliables. Les enfants et leurs parents n’ont rien manqué de nous, depuis la ponte et la couvaison de nos quatre œufs, jusqu’à l’envol de nos quatre jeunes. Et nous, nous n’avons rien perdu non plus des actions menées

par cette école… Jugez plutôt : des dizaines de dessins de toutes les couleurs et de tous les styles dans les classes et les couloirs, des postes d’observation à différents endroits de l’école, équipés de longues-vues, de jumelles (financées par la Mairie du 15e et la Ville Dans cette classe, nous avons vu les enfants se passionner pour nous - photo : F. David © de Paris) et d’écrans montrant les dernières vidéos filmées par la caméra située dans notre nichoir (merci à Fabienne David). Le matin à l’accueil, longue-vue installée dans l’entrée et pointée en direction de la cheminée pour permettre aux enfants et aux parents de nous observer en direct, écran pour voir les vidéos du nichoir en différé, avec les explica- Les petites peluches imitent parfaitement nos cris (succès garanti) - photo : Fabienne David © tions du directeur bien informé par-dessus le marché… Dans une classe, réplique en carton du nichoir, occupé par des peluches de faucons pèlerins ! Que de souvenirs ! En mai, nos quatre jeunes ont commencé à montrer le bout du bec et à déployer leurs ailes. Les classes sont alors venues le plus près possible pour observer la nichée. Frédéric Thouin, un bénévole de la LPO que nous connaissons bien, leur a parfois prêté main-forte. Le moment de l’envol fut de loin le plus stressant. Car il faut vous dire que pour nos jeunes, s’élancer depuis cette cheminée n’est pas une mince affaire. Impossible de sortir pour aller Bulletin de comme liaisonnous ! Les humains ont besoin de cette machine pour voir se promener autour du nichoir du photo réseau fauconPaulpèlerin : Elisabeth © LPO Mission rapaces - Les notes du pèlerin n° 24 & 25 - juillet 2014 ‑

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Photo : C. Aussaguel ©

Sensibilisation


avant de s’envoler. Très peu de terrasses, de balcons ou de rebords pour se reprendre. Sans parler des turbulences créées par les tours environnantes… Le moment fatidique arriva. Le 18 mai, à 6h43, Zozo*, la première des jeunes femelles, prit son envol. Elle fut suivie à 7h58 de Zouzou*, seconde jeune femelle. Le lendemain vers midi, ce fut au tour du jeune mâle, Zorro*. Dès le départ, ce fut plus compliqué pour lui. Il fallut d’abord dégager l’espace aérien. Yaca dut voler très haut pour s’assurer qu’une buse repérée à l’aplomb ne nous importune pas. Yaco quant à lui, à grand renfort de piqués dissuasifs, mettait en fuite les nombreuses corneilles du quartier. À 12h32, l’autorisation de décoller fut accordée. Zorro s’élança sur sa droite, en direction de la Tour Évasion, mais il avait déjà perdu trop d’altitude pour atteindre le sommet. Il tenta ensuite de s’accrocher aux fenêtres de la face nord-ouest, trop lisse, ne réussissant qu’à heurter la paroi. Il finit par se poser bien plus bas, sur le toit d’un petit immeuble. Vraisemblablement épuisé, il fut revu jusqu’à tard dans la nuit sur le balcon d’un appartement du quartier. Le lendemain, à 10h00, il était retrouvé sans vie sur le trottoir, au pied de l’école. Hélas, malgré tous nos soins, malgré des riverains prêts à nous venir en aide comme cela avait été le cas l’an dernier pour notre jeune femelle, Zorro n’a donc pas survécu. Avec la maternelle où l’émotion fut grande, nous n’étions cependant pas au bout de nos

surprises. Après accord de l’ONCFS, célébration bien inhabituelle pour nous, Zorro fut enterré dans le jardin de l’école et une statue de pèlerin fut érigée sur sa tombe ! Le 22 mai à 6h11, Zazou*, la dernière des jeunes femelles, finit par s’envoler sans encombre… * Propositions arrivées en tête parmi les près de 400 recueillies par l’école pour trouver un nom aux jeunes pèlerins. Pour conclure, ce que nous retenons, c’est qu’en touchant les enfants et les parents de l’école, beaucoup d’habitants du quartier ont ainsi pu être sensibilisés à notre présence. En connaissant mieux leur environnement et sa valeur, ils en profitent davantage. Et pour notre part, bien entendu, cela favorise notre sauvegarde, car vous avez compris que permettre à nos jeunes de vivre est loin d’être facile… C’est maintenant l’été, nous allons essayer de nous reposer un peu avant le prochain hiver, en espérant bien vous retrouver en 2015. Nous sommes persuadés que notre fan-club de la maternelle Sextius Michel continuera à nous soutenir. Peut-être même au-delà du 15e arrondissement où des sites proches intéressent nos cousins et pour lesquels des jumelages scolaires sont à l’étude… Un grand merci à tous pour votre soutien et vos actions qui nous ont beaucoup touchés.

Photo de famille - photos : Yves Gestraud ©

Voyez comme ils nous surveillent - photo : Elisabeth Paul ©

• Yaca & Yaco • juillet 2014 •

Ci-git Zorro - photo : Elisabeth Paul ©

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‑  Les notes du pèlerin n° 24 & 25 - juillet 2014 - LPO Mission rapaces


Ils ont aussi parlé de nous !

Il paraît aussi que la chaîne de télévision BFM TV est venue

faire des images de nous et de nos jeunes. Malheureusement, on n’a pas de télévision dans le studio !

Photo : C. Aussaguel ©

L’équipe du magasin Nature & Découvertes du centre commercial de Beaugrenelle et sa clientèle se sont aussi intéressées à nous. Durant tout un samedi de soldes, nous étions les vedettes du magasin. Affiche à l’entrée, visionnage de vidéos et explications détaillées en présence de la LPO. Décidément, on a la cote dans le quartier !

Yaca & Yaco Les pèlerins chez Nature & Découvertes - photos : Fabienne David ©

Les outils de sensibilisation du réseau « pèlerin » Nous profitons de ce bulletin pour vous rappeler que la LPO Mission rapaces met à disposition du réseau national faucon pèlerin les outils de sensibilisation suivants : -le dépliant de présentation de l’espèce (3 volets) ; -l’affiche sur le faucon pèlerin en ville (format : 40 x 60 centimètres) ; -les actes du colloque faucon pèlerin organisé à Albi en 2010 (brochure de 196 pages) ; -le cahier technique faucon pèlerin dont il ne reste qu’une dizaine d’exemplaires mais la version informatique reste téléchargeable sur le site web. Si ces documents vous intéressent, contactez-nous par mail (rapaces@lpo. fr) ou par courrier (notez notre nouvelle adresse : LPO Mission rapaces, Parc Montsouris, 26 boulevard Jourdan, 75 014 Paris). De même, si vous avez des idées d’outils qu’il vous semblerait utile de réaliser, n’hésitez pas à nous en faire

part. Le site web consacré au faucon pèlerin http://rapaces.lpo.fr/ faucon-pelerin contient également de nombreuses informations et notamment un film et des séquences vidéos. Les pages « Où et comment agir ? » sont l’occasion pour vous et de faire connaître et de valoriser vos actions. N’hésitez pas à vous en servir (un identifiant et un mot de passe sont nécessaires et disponibles auprès de la LPO Mission rapaces).

Enfin, le site comprend une page réservée et protégée par un mot de passe. Elle est destinée à stocker tous les documents utiles au réseau national. Cette page est assez peu utilisée. Aussi, faitesnous part de vos suggestions ! • Fabienne David LPO Mission rapaces • fabienne.david@lpo.fr •

Bulletin de liaison du réseau faucon pèlerin LPO Mission rapaces - Les notes du pèlerin n° 24 & 25 - juillet 2014 ‑

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Bibliographie Identification individuelle des faucons pèlerins territoriaux : une clé pour les programmes de suivi à long terme La recherche sur les dynamiques de populations d’oiseaux nécessite du temps et des efforts considérables afin de marquer et de contrôler un nombre suffisant d’individus au sein de la population suivie et d’obtenir un échantillon adéquat pour analyse. Diverses techniques d’identification facilitant le suivi de populations ont été documentées, la photographie étant l’un des outils les plus utiles. Nous avons utilisé la photographie, des dessins et des bagues colorés alphanumériques pour identifier les faucons pèlerins (Falco peregrinus Tunstall 1771). Nous avons décrit huit caractères principaux qui nous ont permis d’identifier des individus de faucons pèlerins dans la nature, tels que la forme, la longueur et la taille de la moustache et les marques sombres qui s’étendent de la nuque à la joue et au cou ; le style, la taille, la densité et la distribution des taches sur la poitrine, la gorge, le cou et la joue ; et la couleur de la poitrine et du cou. De 1997 à 2013, nous avons identifié 83 mâles et 96 femelles dans 35 territoires. Nous avons trouvé une variation phénotypique entre les individus lorsque nous considérions une combinaison des sous-groupes possibles de caractères d’identification, ce qui permet d’individualiser les faucons sans les marquer avec des marques artificielles. • Zuberogoitia I., Martinez J. E., Zabala J. (2013) Individual recognition of territorial peregrine falcons Falco peregrinus:a key for long-term monitoring programmes. Munibe n°61. Pp 125-135 • Traduction du résumé : Fabienne David • • L’article dans son intégralité et en anglais est disponible auprès de la LPO Mission rapaces •

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De fortes précipitations augmentent la mortalité des nichées d’un super prédateur de l’Arctique : preuves expérimentales et tendances à long terme chez les faucons pèlerins Bien que les dynamiques de populations animales soient souvent corrélées avec les fluctuations de précipitations, les causes ont rarement été démontrées chez les oiseaux sauvages. Nous avons combiné les observations de nids avec les expériences de terrain pour étudier l’effet direct des précipitations sur la survie des nichées de faucons pèlerins dans l’Arctique canadien. Nous avons ensuite utilisé des données historiques pour évaluer si les changements récents dans le régime des précipitations pouvaient expliquer le déclin à long terme de la productivité annuelle des faucons pèlerins. Les précipitations sont directement responsables d’un tiers des mortalités de nichées enregistrées. Les juvéniles ont été particulièrement affectés par les fortes pluies torrentielles (≥8 mm/ jour). Les nichées protégées des précipitations par un nichoir avaient des taux de survie significativement plus élevés. Nous avons trouvé que l’augmentation de la fréquence des fortes pluies au cours des trois dernières décennies est probablement un facteur important expliquant le récent déclin des taux de survies des nichées de faucons, et donc la diminution de la productivité annuelle de la population. Notre étude figure parmi les premières à démontrer le lien direct entre les précipitations et la survie des oiseaux sauvages. Elle indique clairement que les prédateurs de l’Arctique peuvent être significativement impactés par des changements des régimes de précipitations. • Anctil A., Francke A. & Bêty J. (2014). Heavy rainfall increases nestling mortality of an artic top predator: experimental evidence and

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long-term trend in peregrine falcons. Oecologia 174:1033-1043 • Traduction : Fabienne David • L’article dans son intégralité et en anglais est disponible auprès de la LPO Mission rapaces

Les nichoirs et l’immigration provoquent l’augmentation d’une population urbaine de faucons pèlerins Les paramètres de dynamique de population de la vie sauvage sont généralement nombreux et interagissent entre eux. Certains de ces paramètres sont susceptibles d’impacter les processus démographiques qui sont difficiles à estimer, tels que l’immigration dans la population étudiée. Les populations peuvent par ailleurs être petites et sujettes à la stochasticité démographique. Tous ces facteurs contribuent à brouiller la relation causale entre les actions de gestion passées et les tendances actuelles des populations. La population urbaine de faucons pèlerins dans la ville du Cap en Afrique du Sud est passée de trois couples en 1997 à 18 couples en 2010. Les nichoirs ont été installés durant cette période pour gérer l’interface entre les nouveaux couples urbains de faucons et les usagers des édifices colonisés, et incidemment pour améliorer le succès de reproduction. Nous avons utilisé des modèles de populations intégrés (IPMs) officiellement pour combiner les données issues d’une étude de capture-marquagerecapture, du suivi du succès de reproduction et des comptages de taille de population. Comme tous les processus démographiques locaux étaient directement observés, l’approche IPM nous a aussi permis d’estimer l’immigration par les différences. L’installation de nichoirs, comme stimulant possible de l’augmentation de la population, a amélioré le succès de reproduction et a contribué à hauteur de 3-26 % (estimé) à l’augmentation de la population. Cependant, le facteur le plus important de l’augmentation était l’immigration.


• Altwegg R., Jenkins A., Abadi F. (2014). Nestboxes and immigration drive the growth of an urban Peregrine Falcon Falco peregrinus population. Ibis 156, 107-115 • Traduction : Fabienne David • L’article dans son intégralité et en anglais est disponible auprès de la LPO Mission rapaces •

Aérodynamique d’un piqué de faucon pèlerin Cette étude analyse l’aérodynamique du faucon pèlerin pendant le piqué. Durant un piqué, les faucons pèlerins peuvent atteindre une vitesse supérieure à 320 km/h. Malheureusement, chez les faucons évoluant dans la nature, cette vitesse élevée interdit toute détermination précise des paramètres de vol tels que la vitesse et l’accélération ainsi que la forme du corps et des ailes. Aussi, des individus de faucons pèlerins ont été entraînés à piquer face à un barrage vertical d’une hauteur

de 60 mètres. La présence d’un fond bien défini nous a permis de reconstruire la trajectoire de vol et la forme du corps du faucon durant certaines phases de vol. Les trajectoires de vol ont été obtenues avec un système de caméra stéréo à haute vitesse. En complément, des images du corps du faucon ont été prises à partir de deux perspectives avec une caméra digitale haute résolution. Le barrage nous a permis de faire correspondre les images en haute résolution obtenues avec la caméra digitale avec les images équivalentes prises avec les caméras à haute vitesse. Avec ces données, nous avons construit un modèle grandeur nature d’un faucon pèlerin et l’avons utilisé pour mesurer la force de traînée (ou de résistance) et de portance dans une soufflerie. Nous avons comparé ces forces agissant sur le modèle avec les données obtenues à partir du trajet de vol en 3D du faucon pèlerin en piqué. Les visualisations des flux dans la soufflerie ont révélé les détails de la structure du flux autour du corps du faucon, ce qui suggère des zones locales de séparation des flux. Les photos en haute résolution du faucon en piqué indiquent que les plumes surgissent dans les mêmes zones où les flux se séparent sur la maquette de faucon. • Ponitz B., Schmitz A., Fischer D., Bleckmann H. & Brücker C. (2014). Diving-flight Aerodynamics of a Peregrine Falcon (Falco peregrinus). PLoS ONE 9(2): e86506. doi:10.1371/ journal.pone.0086506 • Traduction : Fabienne David • L’article dans son intégralité et en anglais est disponible auprès de la LPO Mission rapaces •

Peregrine Falcons of the world White C.M., Cade T.J. et Enderson J.H., 2013, Lynx Edicions, Barcelone, 379 p. (22 euros)

Photo : C. Aussaguel ©

Malgré la faible taille des échantillons, l’approche IPM nous a permis d’obtenir des estimations relativement précises de l’impact, sur les niveaux de populations, du déploiement des nichoirs. Le but des actions de conservation est souvent d’augmenter la taille des populations, si bien que l’efficacité de telles opérations devrait idéalement être évaluée par le niveau de population. Dans ce contexte, les modèles IMPs sont des outils puissants pour combiner l’information démographique qui peut être limitée en raison de la petite taille de la population ou de contraintes pratiques dans le suivi. Notre étude a documenté quantitativement le processus d’immigration qui conduit à l’augmentation d’une petite population et l’effet de l’action de gestion qui aide ce processus.

Le faucon pèlerin a fasciné bien des ornithologues, d’autant plus nombreux qu’il est un des rares oiseaux répandus sur les cinq continents, de l’Arctique aux confins de l’Antarctique. Que trois des meilleurs spécialistes de l’espèce en brossent une monographie exhaustive mérite qu’on s’y arrête bien que plus d’une douzaine de livres y aient déjà été consacrés. Son originalité est surtout la systématique intra spécifique des pèlerins, c’est-àdire la définition, la description et les particularités des différentes populations et sous-espèces à travers le monde. C’est ainsi qu’ils reconnaissent 19 races dont une probablement éteinte (furuitii) et deux appartenant à pelegrinoides, souvent différenciée comme une espèce distincte, le faucon de Barbarie. Ils n’acceptent aussi qu’à demi la sous-espèce harterti du nord-est de la Sibérie, à l’est de calidus et au nord de japonensis, qu’ils traitent avec cette dernière en raison de ses limites imprécises. Après une longue présentation des pèlerins du monde, surtout de la variabilité des plumages et autres

LPO Mission rapaces - Les notes du pèlerin n° 24 & 25 - juillet 2014 ‑

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Bulletin de liaison du réseau faucon pèlerin


caractéristiques morphologiques ou écologiques de leurs différentes populations, chaque sous-espèce est traitée en un chapitre particulier. Bien que tous les aspects connus de leur biologie y soient passés en revue, c’est leur description précise qui domine, et la validité de leur différentiation, avec leur distribution et leurs migrations, ainsi que des tentatives d’estimation de leurs effectifs respectifs, souvent pays par pays. L’histoire de leur description initiale et de ses aléas est une addition originale à l’appui des incertitudes sur la définition des sousespèces par le seul plumage. Les zones de contacts entre sous-espèces, lorsqu’elles existent, sont analysées soigneusement, par exemple entre pelegrinoides et brookei au Maroc et aux Canaries. Originale aussi est l’analyse de la quinzaine de grandes îles qui devraient abriter des pèlerins nicheurs et en sont en fait inexplicablement dépourvues. Les auteurs sont tous trois nord-américains, de sorte que les données américaines sont plus largement développées que celles d’Europe, basées sur les publications référencées et en anglais, d’où la représentation très faible des études françaises. Cependant, C. White a toujours pris grand soin de questionner directement le plus possible de chercheurs dont il rapporte souvent les propos qui complètent les publications existantes. Nombre de photos, pourtant intéressantes, sont trop petites, et même les cartes de distribution ne sont pas bien grandes. En revanche, il y a de très belles planches d’A. Ellis (on croirait des photographies). Cette mise au point très documentée de toutes les populations de pèlerins, le sérieux de leur validation, leurs caractéristiques respectives et l’historique de leur évolution sont un précieux apport à la connaissance des pèlerins qui, entre autres, aidera beaucoup les observateurs cherchant l’identité subspécifique des faucons qu’ils rencontrent. • Jean-Marc Thiollay • • LPO Mission rapaces jm.thiollay@wanadoo.fr •

Urban Peregrines Drewitt E., 2014, Pelagic Publishing, Exeter, UK, 208 p. ( 25 £)

Suite à l’arrêt des persécutions et du DDT, les populations de faucons pèlerins ont augmenté partout et ont colonisé les grandes villes de l’Europe à l’Amérique du Nord et à l’Australie. Une telle réussite requiert des adaptations particulières à ce milieu urbain apparemment hostile. Ce sont ces multiples adaptations que décrit l’auteur, un passionné qui a passé des années à suivre les Pèlerins dans plusieurs villes d’Angleterre. Tous les détails de leur comportement social, reproducteur, de chasse, etc. sont décrits simplement (Drewitt n’est pas un scientifique) mais précisément et complètement, permettant de comprendre pourquoi et comment ce faucon prestigieux profite de l’environnement urbain, parfois le plus artificiel qui soit. Passionnantes sont ses descriptions du régime alimentaire extrêmement varié, des chasses nocturnes aux migrateurs, du stockage de nombreuses prises excédentaires, du va-et-vient incessant d’individus différents, des mouvements d’oiseaux présumés sédentaires, des cas observés de trios, de polygynie ou d’inceste et autres facettes peu connues de la vie des pèlerins. Mais c’est aussi un manuel détaillé des façons d’observer et d’étudier l’espèce, de la collecte des plumées à la pose de balises et de nichoirs, des relations avec le public à la gestion des menaces qui affectent les faucons. C’est même l’occasion de faire le point sur les mythes concernant

les relations entre pèlerins, pigeons, goélands ou corvidés. Nombreuses (mais petites) sont les photos, très instructives en général, de même que les allusions à ce qui se passe dans les autres pays, mais sans jamais citer de références précises (même la liste bibliographique à la fin est succincte). La lecture du texte en est allégée, mais on ne peut pas approfondir ces comparaisons faute de pouvoir s’y reporter. Au total cependant, un livre facile à lire, bourré d’informations très pratiques et d’observations originales, indispensable à ceux qui s’intéressent au pèlerin, même s’il ne s’agit presqu’uniquement que de la population anglaise.• Jean-Marc Thiollay • • LPO Mission rapaces jm.thiollay@wanadoo.fr •

Appel à textes et illustrations Pensez à nous transmettre vos articles, brèves, anecdotes de terrain. Ils sont toujours les bienvenus pour alimenter et enrichir les numéros des Notes du pèlerin. Continuez aussi à nous envoyer vos photos et dessins. Ils sont fort utiles pour illustrer le bulletin. Enfin, vos remarques, critiques et suggestions sont toujours les bienvenues pour que ce bulletin s’améliore d’année en année. Merci d’avance pour vos contributions ! • Fabienne David • • fabienne.david@lpo.fr •

Les notes du pèlerin Bulletin de liaison du réseau « faucon pèlerin » disponible sur le web (http://rapaces.lpo.fr/fauconpelerin et sur http://rapaces.lpo.fr/) Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Gecina et des donateurs de la LPO LPO © 2014 - papier recyclé Réalisation : LPO Mission rapaces, Parc Montsouris, 26 boulevard Jourdan, 75014 Paris - rapaces@lpo.fr Conception & réalisation : Fabienne David Relecture : François Bégasse D’après une maquette de la tomate bleue ISSN : 2266-3053

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