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rapprochant encore son visage du mien. Mes jambes enserrèrent les siennes et il me pénétra lentement. C'était comme si un courant d'air entrait en moi, froid et doux à la fois tout en m'envoyant une petite décharge d'énergie qui me gardait assez éveillée pour ne pas m'envoler au septième ciel sans lui. Mes jambes montèrent encore et le rythme de ses hanches contre moi accéléra lentement. Malgré tout il restait doux, comme s'il avait peur ou me respectait énormément. Je n'arrivais pas à savoir laquelle de ces deux options était la plus proche de la réalité. Ma bouche quitta la sienne un moment et je regardai à nouveau son visage. Il était très osseux, ses joues étaient creuses et sa peau était presque aussi blanche que ses globes oculaires. Mon regard croisa alors le sien et je plongeai dans ses yeux bleus. J'avais désor mais l'impression d'être immergée dans un autre univers, fluide, frais et confortable. Tout l'air autour de moi semblait me caresser au rythme de ses mains et de sa bouche qui errait le long de ma peau. Je ne saurais pas dire combien de temps dura exactement cette volupté. Au bout d'un temps qui me parut durer une douce éter nité, son visage revint à hauteur du mien et je vis à nouveau ses yeux. Mes pensées recommencèrent à errer et tourner dans ma tête. Je pensai au noir, aux lucioles que

m'évoquaient ses yeux, à sa peau douce et froide, et subitement la révélation m'apparut. Un fantôme. Ce mot s'imposa à moi de façon si douce et si naturelle que je ne pris pas peur. Au contraire, tout prit sens avec ce simple mot! : sa façon mystérieuse d'apparaître dans ma chambre, sa peau pâle, l'air froid qui l'environnait, mais surtout ses yeux. Ils étaient aussi bleus que deux lucioles fantômatiques. Je voulus l'embrasser encore mais à la place, j'ouvris les yeux. Il faisait noir et mon réveil affichait plus de trois heures du matin. Mon ordinateur était éteint, posé sur mes hanches, et j'avais rejeté mes draps loin de moi. Le froid qui m'enrobait peu de temps auparavant et la chaleur sur mon bas-ventre trouvèrent leur explication dans ces éléments tout ce qu'il y a de plus trivial et décevant au vu du rêve que je venais de faire. J ' ava i s m a l g r é t o u t encore l'impression qu'une présence se tenait près de moi dans cette obscurité relative qui baignait ma chambre, éclairée seulement par les chiffres lumineux de mon radio-réve il. Je posai mon ordinateur sur mon bureau et retour nai sous mes draps, repensant à ce bel inconnu venu me visiter en rêve et que je pensai ne pas pouvoir oublier de sitôt, même s'il n'avait probablem ent jamais existé.

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LB n°39-40-41 : Apparaître  

Louvr'Boîte, journal des élèves de l'École du Louvre (Paris, France), numéro triple en 3D daté du premier trimestre 2017.

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Louvr'Boîte, journal des élèves de l'École du Louvre (Paris, France), numéro triple en 3D daté du premier trimestre 2017.

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