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Aujourd'h ui, c'est la saint-Valentin. Étant célibataire depuis quelques temps, j'avais déjà prévu depuis tout aussi longtemps de passer cette soirée seule. La jour née passe au fil de mon travail sur l'Orient et les différents empires qui se succèdent en Mésopotamie au rythme des souverains aux noms plus impronon çables et longs les uns que les autres. Je grignote un peu, un casque sur les oreilles pour me changer les idées avec une musique de temps en temps, puis je vais dîner et passe la soirée dans ma chambre, toujours à travailler et essayer de faire des fiches de révision potables pour le mois d'avril. Puis quelque chose me déconcentre et me fait regarder autour de moi avec un regard un peu méfiant. Un courant d'air m'a donné la chair de poule alors que ma fenêtre est parfaitement fermée. Nous sommes au mois de février, le chauffage est plus fort dans ma chambre que dans le reste de ma maison, et un courant d'air glacé continue de

me caresser les bras et le cou. J'enfile un pull et me remets à travailler. Au bout de dix minutes, mon ordinateur réclame un branchement à cause d'un niveau de batterie insuffisant. C'est en me l e va n t p o u r a l l e r chercher le câble que je l'ai vu devant moi. Un jeune homme pâle, un peu plus grand que moi, les cheveux bruns tombant sur les tempes et les yeux d'un bleu clair presque blanc. Je suis restée figée en sentant que le courant d'air émanait de lui et que tout ce qui se trouvait autour de lui refroidissait lentement. Il s'est approché de moi et l'air que j'expirai s'est soudain changé en buée opaque. J'étais trop fascinée pour crier ou fuir, ou même pour lui poser une seule question. J'ai juste reculé jusqu'à mon lit tandis qu'il avançait vers moi, au rythme de mes pas. En m'asseyant sur mon lit, je m'aperçus que mon ordinateur n'était plus là. Sans y prêter plus d'attention, je m'allongeai et plaçai les mains de mon

étrange compagnon autour de moi. J'ignore grâce à quel enchaînement d'actions nous nous sommes retrouvés nus et sous les draps – j'avais ainsi chaud malgré la froideur de son corps – dans le noir. Nos peaux sont entrées en contact après qu'il soit doucement descendu vers moi et sa bouche s'est approchée de la mienne. Je distinguai ses yeux bleus malgré l'obscurité , comme s'ils brillaient. On aurait presque dit deux lucioles blanches… Sa main droite le long de ma cuisse et ses lèvres froides comme de la pierre contre les m i e n n e s m'empêch èrent de continuer à penser à cette étrange lumière qu'émettaient ses iris. Deux énergies contraires qui se découvraie nt et se confrontaient l'une à l'autre étaient à l'œuvre pendant que nous nous embrassions. Il m'embrassait comme s'il avait peur de me toucher mais qu'il en avait malg ré tout envie. Je répondis doucement en caressant sa joue et en

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LB n°39-40-41 : Apparaître  

Louvr'Boîte, journal des élèves de l'École du Louvre (Paris, France), numéro triple en 3D daté du premier trimestre 2017.

LB n°39-40-41 : Apparaître  

Louvr'Boîte, journal des élèves de l'École du Louvre (Paris, France), numéro triple en 3D daté du premier trimestre 2017.

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