Page 19

ECOLOGIE sence des employés. Heureusement, certains esprits éclairés, pourfendeurs de la déforestation et super-héros de la climatisation passive, tentent peu à peu de faire bouger les choses. Dès les années 60, les musées d'histoire naturelle ont commencé à parler de modification de l'environnement et à consacrer des expositions à ce sujet pour sensibiliser leur public. Mais c'est à partir des années 1990, suite aux catastrophes écologiques, que les musées ont commencé à adapter leurs pratiques en fonction d'enjeux environnementaux, considérant que leur mission n'est plus uniquement de conserver ou de mettre en valeur les collections, mais de chercher à s'inscrire de manière durable dans la vie culturelle et sociale de leur territoire. Le musée est devenu un « agent social », responsable de son environnement. Plus question aujourd'hui de se contenter d'éduquer le public à l'environnement, il faut intégrer complètement le développement durable dans l'organisation de l'institution, que ce soit au niveau économique, social ou écologique. En France, les lois issues du Grenelle de l'environnement imposent à tout bâtiment public et tertiaire d'être BBC (Bâtiment à Basse Consommation) à partir de 2010. En 2020, il est prévu de passer au niveau BEPOS (Bâtiment à Energie Positive, c'est à dire que l'édifice produit plus d'énergie qu'il n'en consomme). La plupart des musées français sont installés dans de vieux bâtiments, avec des murs et des fenêtres qui laissent allègrement passer chaleur et froid. Or, vous savez bien que la conservation des œuvres exige une température la plus stable possible. La solution ? Climatiser bien entendu, puisqu'il est inconcevable, au point de vue de la protection du patrimoine bâti, d'adapter les vieux bâtiments de nos musées. Mais climatiser, ça peut aussi passer par des énergies alternatives : solaire, géothermique, éolienne, etc...

Par contre, les musées nouvellement construits doivent, eux, comporter un volet développement durable. Dans la réalité, c'est en effet le cas, les constructions prévues ou réalisées ces dernières années impliquent une basse consommation d'énergie... peut-être plus parce que cela permet aux municipalités d'obtenir des crédits de l'Etat que par véritable conviction. La conviction est la clé pour la réussite d'un projet durable. La preuve en est certaines expériences menées avec succès aux Etats-Unis. (Oui, bizarrement, aux EtatsUnis, et pas en Allemagne ou quelque autre pays d'écolos à sandale Birkenstock). Des équipes de musées ont décidé de devenir tout-écolo. Généralement, un employé dans un service commence par inciter les autres à trier les déchets. Puis, par effet boule-deneige, tous les services ont fini par adopter une logique écoresponsable, y compris dans les espaces dédiés au public, avec impressions uniquement sur papier recyclé, utilisation d'ustensiles en matériaux recyclés dans les cafétérias, éclairages à basse consommation, utilisation des eaux de pluie dans les toilettes, etc... Au final, les musées ayant mis en place cette nouvelle logique ont vu leurs coûts de fonctionnement baisser, tout en bénéficiant d'un climat de travail plus sain.

19

Les musées ont tout à gagner à passer à une logique éco-responsable. Les coûts causés par le fonctionnement du bâtiment (eau, électricité...), et par le fonctionnement des services (papier...) sont réduits... Et le musée entre dans une dynamique en accord avec la société actuelle. Alors… à quand le tri sélectif à l'Edl ? Séverine Aubert

Profile for Louvr'Boîte

Louvr'Boîte 6, avril 2010  

Louvr'Boîte, journal des élèves de l'École du Louvre (Paris, France), numéro sizième daté de avril 2010.

Louvr'Boîte 6, avril 2010  

Louvr'Boîte, journal des élèves de l'École du Louvre (Paris, France), numéro sizième daté de avril 2010.

Advertisement