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ENTREVUE donc commencé à partir de 2001 avec Dorota Giovannoni, documentaliste au département des Objets d'art, puis l'on nous a dit un jour « foncez c'est le moment ». Mais je pense que de toute façon, même indépendamment des années croisées cette exposition aurait eu lieu, Henri Loyrette éprouvant une certaine russophilie. Il est d’ailleurs à l'origine de l'exposition d'art russe du XIXe siècle qui s’est tenue en 2005 au musée d'Orsay. L'exposition est très médiatisée, on vous a vu dans d'innombrables publications, dans Air France Magazine, au journal télévisé de France 24. AssumezAssumez-vous bien cette nouvelle célébrité?

C'est le genre de choses qui passe assez facilement... On se souvient de ça pendant quinze jours puis l'on a ensuite « d'autre chats à fouetter ». Plus sérieusement, cela fait partie de la communication habituelle. J'ai plutôt un esprit ouvert, quand on m'a dit qu'Air France Magazine voulait m'interviewer avec un danseur du théâtre du Bolchoï à l'Opéra de Paris, j'ai trouvais ça plutôt amusant. Enfin au final je ne sais pas si on peut réellement parler de médiatisation. S'agitS'agit-il d'un choix de votre part ou d'une consigne de votre direction?

Nous sommes vivement encouragés à faire de la communication sur nos expositions, mais cela n'a rien d'obligatoire. De la même façon, si certains nous demandent une interview et que cela ne nous plaît pas pour une raison X ou Y, nous ne la faisons tout simplement pas. Mais cela ne m'est pas arrivé. Lors de ses vœux au monde de la culture, le président Sarkozy a annoncé la création au Louvre d'un nouveau département, est--il à ce consacré à l'art des empires byzantin et slaves. Qu'en est jour?

Cela avance bien, mais nous attendons la publication du décret. Il reste bien sûr un certain nombre de questions à régler, par exemple au niveau des locaux, mais globalement tout cela avance vite. Le département regrouperait, dans les anciennes salles dédiées aux Arts d'Islam, les collections byzantines dispersées actuellement dans plusieurs départements. Pour créer une identité viable, on associerait à ce département la section copte, avec éventuellement un regard sur l'Ethiopie et la Nubie chrétienne. La création du département s'accompagneraits'accompagnerait-elle d'une politique d'acquisition de manière à combler un certain nombre de lacunes des collections du Louvre (les icônes par exemple)?

C'est en effet un problème inhérent aux départements du Louvre : quand un domaine n'est pas exactement recoupé par un département, il est difficile d'y faire des acquisitions. C'est donc une des raisons pour lesquelles est créé ce département. Je dois dire que nous avons par le passé

manqué un certain nombre d'acquisitions. Une date pour l'ouverture du département?

Disons que tout est lié au chantier du département des Arts d’Islam. Les salles coptes existent déjà mais sont fermées pendant les travaux de la cour Visconti. Les futures salles byzantines doivent attendre que les objets islamiques aient été déménagés de leur ancien emplacement. Mais cela peut aller assez vite après l'ouverture des nouvelles salles islamiques. Tout cela est distinct de la création d'un département sur le plan institutionnel, qui lui peut fonctionner dès que le décret est pris. Une question que vous auriez aimé que l'on vous pose?

Ce que j'aimerais qu'on me pose comme question?... Que dire… J'ai énormément aimé enseigner l'HGA, il y a un public varié, ceux que la matière intéresse peu et qu'il faut convaincre... J'aime aussi le cours de techniques, même s'il est plus redouté par les élèves. Mais il s'agit en réalité d'une succession d'éléments de bon sens, aussi simples que la cuisine ! Quoique la cuisine soit pour certains un véritable cauchemar. Le Master 2 est très passionnant, même si ce n'est plus réellement de l'enseignement. Non, je ne vois pas réellement de questions que j'aimerais que l'on me pose… Alors nous en avons une : un objet de votre département pour lequel vous avez une affection particulière? À sauver absolument en cas de catastrophe?

J'ai beaucoup de tendresse pour pas mal d'objets. L'aigle de Suger, un chef d’œuvre, la Vierge de la Sainte Chapelle, sublime, l'Ivoire Barberini, sublime, la plaque du Saint-Sépulcre, sublime... Il y a quand même pas mal de choses sublimes, et je reste encore là dans le domaine médiéval, mais il y a quand même des choses sublimes un peu après ! Si je devais sauver un objet, il s'agirait alors purement du hasard, quitte à sauver une peinture XVIIIe si je suis dans cette salle, en choisissant le moins mal possible !

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Une toute dernière question, plus personnelle, que beaucoup d’élèves se posent, avezavez-vous un lien de parenté avec Maximilien Durand?

Eh bien non ! Nous sommes tous les deux originaires de Lyon, il a été mon élève et nous avons travaillé ensemble en raison de nos intérêts communs pour Byzance mais non, nous ne sommes pas de la même famille. Toute la rédaction de Louvr’boîte remercie Jannic Durand pour le temps qu’il a bien voulu nous consacrer. Propos recueillis par Alexis Durand & Mathilde Neute.

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Louvr'Boîte 6, avril 2010  

Louvr'Boîte, journal des élèves de l'École du Louvre (Paris, France), numéro sizième daté de avril 2010.

Louvr'Boîte 6, avril 2010  

Louvr'Boîte, journal des élèves de l'École du Louvre (Paris, France), numéro sizième daté de avril 2010.

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