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MAGAZINE

CHILL BUMP SAISON 3 . MAI . JUIN . 2013


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NEWS STAN SMITH SHANNON WRIGHT JÉRÔME SEVRETTE PIERRE LLAMAS CHILL BUMP LA PLAYLIST

COUVERTURE : ELEVEN www.eleven-studio.com

Louis XI

C’EST RASSURANT

mai - juin 2013 38 rue Mirabeau 37000 Tours

DIRECTION DE LA PUBLICATION DIRECTION ARTISTIQUE Cédric Neige 06 16 33 61 74 cedric@louismagazine.com RÉDACTEUR EN CHEF De Antonio ÉQUIPE RÉDACTIONNELLE louis@louismagzine.com De Antonio Viki K Jimmy Shochak CHRONIQUEURS Viki K Jimmy Shochak CORRECTIONS Maîtresse PUBLICITÉ / PARTENARIAT pub@louismagazine.com 06 16 33 61 74 DESIGN ET MAQUETTE Eleven - www.eleven-studio.com UN GRAND MERCI À Julien Jonard, Anthony Argy Louis ©2013 - France

Toute reproduction des textes et images publiés dans Louis nécessite l’accord préalable des auteurs. Louis © est une publication de l’asso Omnicube (loi 1901) Dépot légal MAI 2013. Numéro ISSN en cours. Imprimé sur un papier Offset 120g/m2

www.facebook.com/louismagazine www.louismagazine.com

Il semble que la star médiatico-culturelle du moment soit Horst Tappert. Oui, il semblerait que Derrick, le gendre idéal des années 70, l’inspecteur préféré de mon arrière grandmère, soit un ancien membre de la sordide Waffen-SS. Il y a de quoi s’en vouloir d’avoir regardé quelques épisodes. On comprend également mieux pourquoi le rôle d’officier allemand lui allait comme un gant. Exit donc les dernières affaires qui ont animé la France ces dernières semaines. Exit Jérôme Cahuzac et son compte en Suisse, exit Claude Guéant et ses tableaux et exit Frigide Barjot tout court. Avec tout ceci, on se demande si les hommes (et les femmes) politiques ne sont pas meilleurs comédiens que les acteurs. Et puis une question, dont malheureusement nous savons qu’il y aura une réponse, reste en suspens : qui sera le prochain ? Sinon, le printemps est là il parait. Les festivals commencent à fleurir et cela nous permettra sûrement encore une fois de voir les mêmes programmations musicales un peu partout en France, pour changer. On constate donc que rien ne change nulle part et que tout continue de fonctionner comme avant et ça, c’est rassurant… DE ANTONIO


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............................................. RETROUVEZ-NOUS SUR


NEWS

C’EST FRAIS

TRYO © B BENANT

FESTIVAL

MUSIQUE

EXPOSITIONS / SKATE / MUSIQUE

YZEURES’n’ROCK LE MEILLEUR Un festival qui mérite d’être BURGER connu et qui se trouve à côté de Loches. Au programme : TRYO, SINSEMILIA, AS DE TREFLE, SCRATCH BANDITS CREW, THE NAME, LES GARS DANS L’COIN, CORDEONE, DIVINE PAISTE, SOCKS APPEAL, ARCADYA...

PIERRE MOTRON © DR Programmé au Potager Electronique

AGENDA FESTIVALS FESTIVAL DE L’AFFICHE

2 ET 3 AOÛT - YZEURES-SUR-CREUSE www.yzeuresnrock.com

DU 25 MAI AU 9 JUIN CHAUMONT (HAUTE-MARNE)

On a testé Cuisinez Moi, au 86 rue Colbert, si vous aimez les burgers se sont peut être les meilleurs de Tours à ce jour, leurs frites sont aussi super bonnes ? À vous les calories ! CUISINEZ MOI 86 RUE COLBERT - TOURS FACEBOOK : CUISINEZ-MOI

PLEASE TO MEET YOU !!! Please to meet you. « C’est la rencontre entre acteurs et concepteurs de rue !» . Au programme : conférence « Built with us », workshops conception, workshops fabrication, expos, Vjing, DJ set, performances, contest skate old school, démo Etnies US, battle de shops. Plusieurs tourangeaux feront le déplacement pour rider et exposer. 8 ET 9 JUIN - ILE DE NANTES - NANTES INFOLINE : RIDE ALL - 02 51 86 40 40 - contact@ride-all.com http://vimeo.com/65309428

AUCARD DE TOURS DU 4 AU 8 JUIN LA GLORIETTE - TOURS

PLEASE TO MEET YOU !!! 8 ET 9 JUIN ILE DE NANTES - NANTES

NUMÉRIQUE

LA CANTINE NUMÉRIQUE

FESTIVAL TOURS D’HORIZONS DU 11 AU 15 JUIN CCNT - TOURS

LE POTAGER ELECTRONIQUE 28 ET 29 JUIN POTAGER DE LA GLORIETTE - TOURS

Un lieu d’intelligence collective qui accueille des publics d’horizons divers mais qui partagent des valeurs d’ouverture, d‘échange... L’objectif de cet espace est de partager et diffuser les connaissances pour favoriser l’émergence d’idées et de projets nouveaux. Le concept fonctionne autour d’une double dynamique : le coworking et l’événementiel qui permettent de structurer les communautés du numérique.

RED PARTY #3 28 ET 29 JUIN CHATO’DO - BLOIS

FESTIVAL DES JARDINS

JUSQU’AU 20 OCTOBRE DOMAINE DE CHAUMONT-SUR-LOIRE

YZEURES’N’ROCK 2 ET 3 AOÛT YZEURES-SUR-CREUSE

ROCK IN THE BARN

30 RUE ANDRÉ THEURIET - TOURS www.paloaltours.org

30 AOÛT FERME DE LA GRANDE ILE - GIVERNY

EXPOSITIONS

ERNEST PIGNON-ERNEST DU 5 JUILLET AU 16 OCTOBRE Prieuré de Saint-Cosme La Riche www.cg37.fr

DYNAMO

JUSQU’AU 22 JUILLET Le Grand Palais 254/256 rue de Bercy - Paris www.grandpalais.fr

PIERRE LLAMAS

DU 30 MAI AU 6 JUIN L’Appart Soort-Hossegor www.pierre-llamas.com

KEITH HARING JUSQU’AU 18 AOÛT 104 Paris www.104.fr

TDC 59

DU 4 AU 9 JUIN Espace Commines 17 rue Commines - Paris www.tdc.org

www.cg37.fr

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MODE

RÉTROSPECTIVE

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TEXTE : JIMMY SHOCHAK PHOTOGRAPHIE : HUGO PAGE

“Game, set and match“ voilà ce qu’on a eu l’habitude d’entendre pendant plus d’une décennie au sujet de Stan Smith. Quoi Stan Smith ? Mais ce n’est pas une paire de baskets, l’une des classiques d’Adidas ? Si, bien vu. Mais n’oubliez pas le monsieur qui les a portées pour la première fois. Stan Smith, tennisman américain qui a baladé sa moustache et ses adversaires sur les courts du monde entier durant les années 60. C’est à lui qu’on doit la naissance d’une basket élevée au rang de mythe au fil des années. Enfin... Pas tant que ça finalement. Pour remettre l’histoire en place – et peut-être par chauvinisme je l’accorde – il faut rappeler que la Stan Smith voit le jour grâce à un autre tennisman, français celui là. Robert Haillet, membre de l’âge d’or du tennis tricolore, est à l’origine du mythe. Directeur commercial chez Adidas dans les années 60 il crée et commercialise la première version en 1964, la plus vendue, la blanche et verte. Alors intitulée Adidas Stan Smith x Robert Haillet, son nom disparait de la languette en 1978. C’est vrai que « La Robert » c’est moins glamour. Stan Smith devient le seul héritier, et l’histoire oublie peu à peu notre Robert national. Peu importe tout compte fait. Adidas et Stan Smith ont su également nous faire oublier ce crève cœur en traversant les générations grâce à deux morceaux de cuirs. Si les premières années de la Stan la cantonnent aux terrains de sport, elle va prendre une toute autre dimension grâce à une chanson. My Adidas only bring good news. En 1986 Run Dmc transforme la marque au trois bandes et sa basket au rang de symbole de la culture street. La Stan devient représentative du mouvement hip-hop et

ses origines se perdent dans le méandre des morceaux qui la portent en éloge. Tellement emblématique qu’Akhénathon d’IAM se souvient “des soirées où l’ambiance était chaude et les mecs rentraient Stan Smith aux pieds“ dans Je danse le MIA. Bien sûr d’autres tentent de surfer sur son succès et veulent “préparer un classique genre Stan Smith“. Raté Fouiny Baby. Son succès déjà établi, elle ne va pas pourtant pas s’arrêter en si bon chemin. Le monde du luxe se l’approprie à son tour. Les Stan Smith fleurissent aux pieds des “bobos“. Avocats, notaires, ou autres chroniqueurs mondains se pavanent désormais en Stan. Si bien que ce sont désormais les grandes marques qui lui font les yeux doux. Marc Jacobs s’en inspire pour créer l’une des premières sneakers de Louis Vuitton. À cinq-cent euros près, les deux modèles sont à l’identique. Eclectique au possible, la Stan désormais déclinée en moult versions, fête ses 50 ans sans avoir pris une ride. Pourtant en 2011, stupeur lorsqu’Adidas annonce l’arrêt de sa commercialisation. Apparemment “la Stan est un mythe, mais un mythe qui ne se vend qu’en France“ – l’ombre de Robert planerait-elle encore au dessus de nous ? Les 60 millions de consommateurs potentiels que nous sommes ne suffisent plus. Parce que oui, la Stan a prouvé qu’elle pouvait tous nous toucher. Du sportif en herbe, au cadre en passant par l’artiste urbain. Dur de penser que ce bon vieux Stan Smith ne souhaite pas renflouer ses caisses à l’aube de son 70e anniversaire. Deux ans après sa disparition, nous sommes tous dans l’attente de l’incroyable coup marketing “Stan Smith, le retour“. Chère Stan, je te dis donc à bientôt.

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MUSIQUE

RENCONTRE

PROPOS RECUEILLIS PAR : DE ANTONIO PHOTOGRAPHIE : THOMAS RABILLON

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Shannon Wright, véritable icône torturée d’une folk américaine viscérale, vient d’accoucher de son dernier album In Film Sound. Un opus qui s’inscrit dans la lignée de sa vie, à savoir, combattif, émouvant et honnête. Pour cette femme d’âge inconnu, pour cette petite fille fragile qui vit dans un corps d’adulte, être originaire de Jacksonville en Floride (quelque part où il ne se passe rien) marque le point de départ de tout. Après un passage furtif dans le groupe Crowsdell marqué par une collaboration avec Stephen Malkmus (Pavement), Shannon, sans concession, prend sa vie en main et part sur la route qu’elle a tracée elle-même. Seule, à la guitare où piano, elle nous livrera plusieurs albums dont les exceptionnels Dyed in the Wool (2001) et Over the Sun (2004) produits tous deux par Steve Albini (Nirvana, Mogwai, Pj Harvey, Breeders, Pixies, Sloy, etc.). Alors quand on a la chance de voir Shannon en live c’est un peu comme si l’on touchait du bout du doigt la sincérité et la vérité musicale en dehors de toute considération esthétique. Après son concert au Chato’do à Blois en mars dernier, nous lui avons posé quelques questions. Shannon, peux-tu nous parler de ton dernier album ? Je ne sais pas quoi dire .... peut-être que vous pouvez me dire ce que vous en pensez.

Est-il dans la continuité émotionnelle de tes autres albums ou bien est-il différent ? Je pense que tous mes albums sont liés .... il y a un fil qui les relie ensemble.

Peux-tu nous dire où et comment il a été enregistré ? Il a été enregistré à Louisville, Kentucky. Nous l’avons enregistré «live» parce que je voulais que ce soit naturel et que ça sonne vrai. Il semble que les gens n’enregistrent plus de cette manière. Le studio est magnifique et l’ingénieur (Kevin Ratterman) est super.

Question banale : quelles sont tes inspirations musicales ? Tout ce qui est honnête et qui touche mon cœur. J’aime tous les types de musique. Je suis plus intéressée par le fait d’écrire une chanson créative et honnête.

Ta musique est torturée mais toi, lorsqu’on on t’a rencontré au moins une fois, tu es douce et lumineuse. Astu conscience de ce décalage ? Merci, c’est gentil à vous de dire cela. Je ne trouve pas ma musique aussi sombre ... Je ne pense pas que les vraies émotions sont sombres. Elles sont juste aussi essentielles que tout le reste de nos sentiments. Une fois que nous les reconnaissons, nous redevenons à nouveau libres.

Ta musique sert-elle à exorciser tes démons ? Démons ... La musique est plus comme mon

meilleur ami. Je peux compter sur sa compagnie. La musique est mon confort et ma communauté. Lorsque je la partage avec d’autres personnes qui la comprennent, ceci m’apporte tant de joie. C’est ma communauté, ma contribution à une communauté.

Et tes démons, qui sont-ils ? Les mêmes démons que ceux de tout le monde.... nous sommes tous pareils.

Comment définis-tu ta musique ? Je ne le fais pas .... Je fais juste ce qui vient naturellement.

En 2004, tu as collaboré avec Yann Tiersen sur album. Peux-tu nous en parler ? Nous nous sommes rencontrés et avons vraiment sympathisé. Nous avons ressenti une connexion à travers notre musique. La collaboration a commencé juste pour notre plaisir, pas pour un enregistrement, et voilà comment tout a débuté ....

Aimerais-tu collaborer avec d’autres artistes ?

Que penses-tu de l’Europe et plus particulièrement de la France ? Je ressens qu’en Europe les gens sont plus en phase avec les émotions et plus ouverts. J’aurais aimé qu’aux États-Unis, ils puissent comprendre ces choses. Ce n’est pas la faute des citoyens américains. Les circonstances ont un grand impact sur eux et cela les rend inhibés et épuisés.

Avais-tu des aprioris sur les français en particulier ? Absolument pas. J’aime la France!

Quel regard portes-tu sur le monde qui t’entoure? Laissons cette conversation pour une autre fois.

Tu as un enfant de 6 ans. S’il ne devait retenir qu’un seul conseil de ta part, quel serait-il ? Devenir un humain correct, trouver ce que son cœur désire et avoir le courage d’aimer.

Pour finir, si tu devais te définir en quelques mots, que dirais-tu ?

Ce n’est pas vraiment ce que je cherche.... c’est déjà assez difficile d’écrire pour moi-même.

Je n’en ai aucune idée .... Espérons, une combattante.

Vis-tu de ta musique ?

www.myspace.com/shannonwrightmusic

Oui. Toute forme d’art est essentielle pour nous tous.

Aurais-tu été une autre si tu étais née ailleurs ? Bien sûr, d’une certaine manière. Mon cœur serait probablement le même, mais il n’y a aucun moyen pour moi d’en savoir plus.

Te sens-tu en phase avec les USA? Non, pas vraiment. Quelques fois, je ressens que je suis à la recherche de ça, mais maintenant je fais partie de ce pays.

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ART

PHOTO

TEXTE : VIKI K PHOTOGRAPHIES : JÉRÔME SEVRETTE

L

’œuvre de Jérôme Sevrette est sombre, atmosphérique et captivante. Rencontré un peu au hasard, Jérôme m’a vite démontré qu’il est un artiste humble et original. Né au Mans, il vit et travaille à Rennes. Autodidacte de formation, il a affronté les pièges de la vie d’artiste avant d’arriver au but : « Nous sommes en France. Dans ce pays il y a toujours cette culture du diplôme aveugle ; tu peux être un bon photographe, avoir de l’expérience, avoir fait des expositions en France et à l’étranger, si tu n’as pas le bon diplôme, c’est très difficile de pouvoir exercer dans de bonnes conditions. On te ferme des portes… Au final, il n’y a qu’une seule chose qui marche à 100%, c’est la persévérance ». Aujourd’hui, photographe indépendant, il récolte les fruits de ses efforts et connait le succès grâce à des recherches plasticiennes et des travaux visuels comme les pochettes de disques, des affiches et la promotion de groupes. C’est d’ailleurs grâce à ce travail, aux photos de presse et au rock qu’il a réussi à définir son identité visuelle artistique de photographe ; un métier qui est pour lui une vraie nécessité afin de « trouver sa direction dans les méandres du quotidien, une ouverture vers de vastes terrains d’expression et d’expérimentation », comme il le précise lui-même. Cette expérimentation, marquée par l’enfance de Jérôme, se base sur une imagerie d’endroits abandonnés, de manoirs en ruines, de lieux oubliés et d’usines désaffectées. « Ce sont ces

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ambiances, ces impressions que je cherche à partager, à recréer à travers mes images. Mais depuis quelques années, je m’applique à repousser l’expérimentation colorimétrique et lumineuse dans ses retranchements, passer d’une série d’images très lumineuse (NOORD, GRAVITY DETAILS) à un clair-obscur poisseux (INTERNAL, DEVO). Pour moi, le traitement, la transformation de l’image est une partie à partentière de mon processus créatif, je passe plus de temps devant l’écran de mon PC que derrière mon appareil photo au final ». Ceci illustre le favoritisme de Jérôme concernant les Nouveaux Médias, la « démocratisation des outils de production photographique » et la retouche numérique avec le but de pouvoir « construire une identité visuelle, faire ses gammes, affiner son œil, trancher avec la profusion des images du net, sortir de la masse, trouver sa ‘patte’… tout cela prend du temps et ce n’est pas inclus dans les packs des reflex numériques ‘dernier cri’ ». Le résultat ne laisse pas indifférent. Chaque cliché photographique dévoile un souvenir. Le travail contrasté en couleurs ou en N&B crée une ambiance étrange et intrigante. Cette évocation du passé fait appel à un vieil album de famille qui a marqué l’esprit de Jérôme. « Des photos d’un autre temps, des photos floues à l’ambiance plus qu’étrange, une galerie de personnages énigmatiques, des lieux aujourd’hui disparus… J’ai consacré deux séries photos à cet album ‘I Love You But I’ve Chosen Darkness’ et ‘I See Clearly Now’. J’ai voulu le rendre ‘vivant’, remettre en ‘image’ les images comme un hommage aux photographes,

qu’ils aient été de ma famille ou non ». Le côté « photo posée » ressenti dans le travail de Jérôme est bien présent et ses œuvres, d’inspiration tant cinématographique que photographique, exposent ses influences visuelles. « Je n’ai pas de photographes fétiches même si pour ce qui est des portraits, je reconnais l’influence majeure de photographes comme Anton Corbijn ou Richard Dumas. En dehors des musiciens ce sont surtout des cinéastes, comme David Lynch, Lars Von Trier, Wim Wenders… Je ne vais pas te faire la liste mais l’imagerie de certains réalisateurs est aussi pour beaucoup dans le style de photos que je cherche à produire ».

Conseil de photographe : « Travailler, prendre des risques, persévérer, recommencer » La question piège que je voulais lui poser concerne le fameux ‘livre monstre’, question qui a permis à Jérôme d’aller direct au but de cette interview : « Oui je connais mais je n’utilise jamais ce terme de peur d’effrayer les gens ! Je parlerais plutôt de ce que l’on appelle plus communément un livre d’artiste ou livre objet. Je pense que ce type d’ouvrage est indispensable pour ramener le public vers l’objet physique et entretenir sa curiosité face au téléchargement et au tout numérique. Et c’est exactement ce qu’est TERRES NEUVES, le dernier livre que je viens de publier aux Editions de Juillet et en collaboration avec le label Str8line Records ». Ce livre objet autrement dit, ‘petit trésor’,


est conçu « sur la base d’une série de 25 polaroids couleur pour lequel une trentaine d’artistes et écrivains ont été conviés à donner leur vision musicale et littéraire de cet ensemble d’images ». Il inclut également un livre texte présenté au format d’un 33 tours qui s’ouvre sur trois volets ainsi que deux cd audio de 2x16 titres de 36 artistes internationaux, comme And Also The Trees, Xavier Plumas (Tue Loup), Richard Pinhas, Olivier Mellano, A Singer Must Die, Aswefall, Frédéric Truong, Press Gand Metropol, Morthem Vlade Art, Bruno Green, Sieben, Tue Loup, Marie Möör etc. Entre coups de cœurs musicaux et coopérations antérieures, Jérôme a vite repéré les groupes qui collaient à la peau de son projet. Terres Neuves constitue ainsi le deuxième portfolio de notre artiste,

après ‘Commodore’ ; son premier livre photo qui a vu le jour en 2008. Terres Neuves mettra trois ans à voir le jour. « C’est aussi et surtout grâce à l’intervention d’Yves Bigot et de Richard Volante des Editions de Juillet ainsi qu’à celle de Paul Estève du label Str8line… J’ai aussi reçu l’aide et le soutien infaillible de certains souscripteurs et participants comme Manuel Ferrer (A Singer Must Die), Frédéric Truong, Xavier Plumas (Tue Loup), Cyril Lorant (Lambwool), Richard Pinhas… sans toutes ces personnes, cette énergie, il n’y aurait purement et simplement pas de Terres Neuves ». Les médias en parlent déjà beaucoup et Terres Neuves se vend très bien. Tiré à seulement 500 exemplaires, il serait peut-être temps de passer commande !

POINTS DE VENTE Colette - Paris Blind Spot - Rennes Sur internet : www.editionsdejuillet.com

EXPOSITION

La première exposition officielle TERRES NEUVES au Carré d’art à Chartres de Bretagne du 29 mai au 30 juin 2013. www.photographique.fr

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ART

EXPOSITION

PROPOS RECUEILLIS PAR : CÉDRIC NEIGE VISUELS : PIERRE LLAMAS

Qui es tu ? Je suis né à Nantes, j’ai pas mal démenagé avant d’y revenir pour faire mes études de graphisme. Puis j’ai debarqué à Hossegor pour le travail. J’ai toujours eu un crayon dans la main, et de pouvoir en vivre est une grande satisfaction pour moi.

Après Mythografia à Tours en décembre dernier tu exposes à Hossegor chez toi, peux-tu nous parler de cette expo ? C’est un peu une suite à Mythografia, il aura les quatre sérigraphies de cette expo, mais aussi quelques tableaux et des t-shirts. Tout reste dans le même esprit, toujours avec une vision décalée de la nouriture de type “fast food“. Pour le lieu, c’est L’Appart, un bar sympa qui ce trouve au milieu des differentes boites “boardsport“ d’Hossegor .

Comment te viennent les idées ? En ce moment elles sont vraiment toutes

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centrées sur une experience perso. Il y a deux ans j’ai demenagé pour la Californie à Costa Mesa, toujours pour mon travail, Après un an j’ai commencé à faire des allergies alimentaires au point d’aller visiter les urgences locales. Mais ça a eté un mal pour un bien, ça m’a vraiment permis de me lacher sur ce sujet, comme pour exorciser la chose.

Tu as une façon de travailler ? Je n’ai pas vraiment de schéma, une idée peut me venir d’une discution, d’une situation... de temps en temps mes idées sont construites, réflechies et d’autres fois très spontanées. Après pour les supports c’est assez similaire, ils varient selon les envies.

Tu travailles aussi pour Rip Curl, quelle est ta fonction ? Je suis Graphiste textile de formation, je fais des motifs pour des t-shirts, vestes, shorts de bain et bien d’autres. À mon retour des États-unis je me suis mis à mon compte, ça m’a permis de découvrir d’autres compagnies toujours dans

cette industrie des sports de glisse.

Le surf, le snow sont tes hobbies, ça paraît le spot idéal pour travailler ? Oui, pour le coup c’est l’endroit parfait ! Un lieu a deux identités, le coté hiver avec les montagnes à portée de mains, le calme, les sessions glaciales de surf. Et le coté été avec l’animation d’un lieu touristique, les longues journées au soleil, le surf dans des eaux rechauffées .

Quels sont les talents du coin qu’il faut absolument découvrir ? Ah ! Pour ça le mieux c’est de venir voir, prendre une bonne semaine de vacances en juillet et profiter de l’animation. Il y a toujours un endroit qui va te proposer une expo en été. Les bars ouvrent leurs portes aux petits groupes locaux. DU 30 MAI AU 6 JUIN Exposition « FREAK FOOD » Du 30 mai au 6 juin - L’Appart - Soort-Hossegor www.pierre-llamas.com


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EN COUV

MUSIQUE

APRÈS L’OLYMPIA...

PROPOS RECUEILLIS PAR : JIMMY SHOCHAK PHOTOGRAPHIE : CÉDRIC NEIGE

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Quand a commencé l’aventure de Chill Bump ? Chill Bump : Chill Bump a officiellement commencé avec le premier morceau “Lost in The Sound” il y a moins de deux ans. Après avoir volé de nos propres ailes, chacun de son côté (Bankal a fait des compétitions de scratch et Miscellaneous a beaucoup tourné avec Fumuj et Rytmétix), nous nous sommes réunis avec cette envie commune de faire du rap, de revenir à nos sources.

La rencontre ?

Miscellaneous : J’avais 13 ans et je débarquais tout juste du Royaume-Uni. Bankal était le meilleur ami de mon cousin. Nous étions de grands fans du wutang au collège. Nous avions un petit crew, nous faisions du rap et du basket afin d’égayer les journées monotones sur Amboise. Bankal s’est ensuite tourné vers les platines et j’ai continué à débiter dans un micro. Nous nous sommes perdus de vue pendant des années.

Vous avez fait la première partie de Wax Tailor à l’Olympia, le kiff ?

Miscellaneous : Oui ! Monsieur Tailor a lancé un concours et nous a sélectionné, à notre grande surprise. Même ma mère a fait le déplacement, pour voir jouer le fiston pour la première fois ! Une des premières choses que nous avons dit sur scène, chacun son tour : « Bonsoir l’Olympia ! Ça va ?... On peut mourir tranquillement maintenant » Le public a rigolé... Bankal : C’était vraiment une expérience inoubliable, mais c’était très stressant. Il y a une atmosphère particulière dans ce lieu, on sent que c’est chargé d’histoire. On a essayé de profiter au maximum de ce moment et c’est passé très vite ! Nous avons eu la chance de pouvoir enchaîner les deux soirs et de peaufiner ce que nous avions fait la veille. Ça donne forcement envie d’y revenir pour rester un peu plus longtemps sur scène... Espérons!

Un remix de C2C

Miscellaneous : Nous avons eu l’honneur d’ouvrir pour C2C aux Zéniths du Havre et de Lille. Ces riches expériences ont été le fruit de superbes rencontres (notamment avec Pigeon John). C’est 20syl qui nous a twitté, pour nous informer du concours de remix. On ne pouvait pas refuser. Le système de “votes” sur internet nous séduit moyennement, mais il faut jouer le jeu. Bankal : Si nous avions pu choisir un morceau à remixer sur leur album , nous n’aurions

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certainement pas opté pour le titre “Happy” mais ce fut justement un exercice intéressant, ce n’est jamais facile de travailler sur un thème imposé, avec en plus une contrainte de temps.

l’année dernière, et c’est là que nous avons créé les trois premiers EP. Nous aimons retourner dans le secteur régulièrement pour une bonne bière au Pale.

Vous êtes productifs et créatifs comment sentez-vous la suite ?

Comment vous vient l’inspiration ? qui fait quoi ?

Chill Bump : Nous sommes en plein dans la création de notre premier album qui devrait sortir en 2014. Nous avons pu sortir quatre EPs sur la toile au courant de l’année et se créer un répertoire pour partager notre musique sur scène. Dernièrement, cette accumulation de concerts a freiné la création. Nous allons continuer à tourner jusqu’en septembre. L’album sortira quand il sera prêt, lorsque nous serons pleinement satisfaits.

Miscellaneous, tu es également chanteur du groupe de Fumuj et de Rytmétix. ça ne doit pas être évident à gérer niveau timing, non ?

Miscellaneous : Oui, ce n’est pas simple, en effet. Je ne suis pas la personne la plus organisée de la planète. Je ne répond jamais au téléphone, ce qui ne facilite pas les choses. Nous avons essayé d’alterner les périodes de création et de tournées/sorties d’albums entre Fumuj et Chill Bump, mais tout ne peut pas être aussi lisse. Je me fais taper sur les doigts régulièrement. Je salue Fumuj et Rytmétix en passant !

Quels artistes kiffez-vous ?

Chill Bump : Dernièrement, nous avons beaucoup écouté l’album de Kendrick Lamar (Good Kid, Maad City), celui de Schoolboy Q (Habits & Contradictions) et Ces Cru (Constant Energy Struggles). Nous aimons les nouveaux talents comme Black Milk, Danny Brown et Action Bronson. L’album d’AltJ a beaucoup tourné dans nos posts ces derniers temps. On peut enchaîner des morceaux de Fela Kuti, Justin Timberlake, Edan, Queens of the Stone Age et un bon vieux wutang sans que ça nous pose problème. Si vous voulez de la nouveauté, on vous incite à aller regarder les vidéos de Mary-L et Philip Buty sur Youtube. Vous ne serez pas déçus !

Vous avez déjà réalisé plusieurs clips, on y reconnaît la rue Colbert, c’est votre QG ?

Chill Bump : Benoit Dogniez a réalisé la quasi totalité de nos clips. Il habite également à Tours. Nous avons utilisé notre ville comme décor, naturellement. Bankal habitait rue Colbert

Chill Bump : Notre quotidien, tout comme celui de notre entourage, peut être une réelle source d’inspiration. Nous aimons laisser place au hasard également, en fouillant dans des bacs à vinyles attrayants. Nous n’avons pas qu’une seule méthode de travail. Miscellaneous peut apporter un texte, un thème ou un extrait de film, ou tout peut découler d’une boucle de Bankal et d’une idée de flow qu’il a en tête. Nous construisons tous les morceaux ensemble et accordons une grande importance aux détails.

Le rêve absolu ?

Chill Bump : Juste pouvoir vivre décemment de la musique et créer librement ce qui nous passe par la tête. Continuer de faire ce qui nous plaît d’une manière ou d’une autre. C’est déjà beaucoup.

Bankal, on a pu te voir mixer lors du vernissage de l’exposition de Renar et Johsé au shop Monsieur Chris. On sent un réel soutien entre la scène urbaine tourangelle. Ton ressenti ?

Bankal : Ce fut un réel plaisir de venir soutenir Renar pour son exposition, il nous aide pour Chill Bump, alors dès que je peux lui rendre la pareil je le fait. Certains acteurs de cette scène urbaine Tourangelle sont avant tout des amis et des personnes avec lesquelles nous aimons partager humainement parlant. Sam Tach’, Dees Chan, DJ Fan, Biga, ODG, on les croise souvent, Tours est une petite ville. Miscellaneous : J’en profite pour saluer Radio Béton, le Temps Machine, Ez3kiel, Colotis Zoé, Bad Billy, la Saugrenue et tous les groupes que nous croisons régulièrement dans le vieux... PROCHAINS CONCERTS : 25 MAI - LA CIGALE - PARIS 8 JUIN - AUCARD DE TOURS - TOURS www.chill-bump.com


SELECTION ALBUMS

LA PLAYLIST

RED PARTY #3

BRASSENS

RIMCASH

DOUBLE PIGEON

Echos d’aujourd’hui

Vie d’ordure

Fanon Records

Musicast

www.doublepigeon.fr

www.myspace.com/asingermustdie

https://soundcloud.com/rimcash

Georges Brassens. Un des premiers artistes dont j’ai entendu parler lors de mon arrivée en France. Ravie d’avoir fait la connaissance avec ses chansons qui ont forcément accompagné une soirée entre potes ou bien qui ont nourri la guitare acoustique d’un être solitaire. Et malgré son absence physique, son âme brille toujours grâce un deuxième tribute tout frais, interprété par plusieurs artistes comme Yaël Naim, The Fool, Rodrigo Amarante, Lianne La Havas. Echos d’aujourd’hui, sorti en avril 2013, fait suite à Echos du monde (2011). Or, contrairement à ce dernier, on découvre des titres plus rares de Brassens. Les reprises réservent une concrète originalité et les seize titres ainsi que la pochette colorée avec le portrait de Georges Brassens, s’accompagnent d’un mélange jazz-rock-reggae. Envie de liberté d’expression ? Vive le soleil et la moustache !

Omniprésent depuis plus de deux ans, Rimcash a sorti son premier album le 22 avril. Après l’avoir découvert au côté de Didaï, entendu sur des morceaux de Grems et adopté depuis l’aventure Djunz, le rappeur de Montreuil pond Vie d’ordure. Un premier album beaucoup plus personnel où il se dévoile. Connu pour son humour, Rimcash raconte cette fois ses tribulations. Vie de galère, rêves déchus mixés à une irresistible envie de faire la fête sous fond de drogue douce. On retrouve le label Didaï à la prod sur cet album réussi. Mention spéciale au mélancolique Cowboy Solitaire et au plus festif Mothafuckabunk.

1

ZOMBIE ZOMBIE Driving This Road Until Death

2

JOE Untitled

3

OUTKAST Prototype

Juksbowl / ...

4

www.chatodo.com

MOUNT KIMBIE Maybes (James Blake remix)

5

GREMS Aspect Chrome

6

J DILLA Don’t Cry

7

CRAZY BALD HEADS First Born

8

FCL More Than Seven

9

PANGAEA You & I

Mix & Lives 28 & 29 juin

Max Livio Duo / The Riots / DJ set reggae / Yoyoyo Acapulco / Chacha Boogers / Rich Aucoin / Weshokids / Comix DelBiagio /

Chato’do 113 av. de Vendôme - BLOIS / Licences 1-1001567 - 2-1001568 - 3-1001569 / Photo : Charles bonnet

JIMMY SHOCHAK

VIKI K.

10 FRANZ LISZT Hungarian Rhapsody

ÉDITION ART

BD

IDENTITÉ

ODÖ

GEORGES CLOONEY

LOGOBOOK

Spacejunk

Editions Delcourt

Tashen

En vente : 10 €

En vente : 28,46 €

En vente : 39,99 €

En septembre dernier Odö était en couverture de Louis. Spacejunk, la galerie qui l’expose en ce moment à Grenoble jusqu’au 22 juin a eu la bonne d’éditer un catalogue d’exposition. Ses nouvelles œuvres y sont à découvrir.

Georges Clooney est un superhéros peu commun, sans rapport aucun avec l’acteur américain. Son super-pouvoir ? Exploser des cheeseburgers, éclater la gueule d’une serveuse de Domac, doubleniquer une tortue ninja... L’équipe de Louis s’est bien marré !

Logobook fait suite au court-métrage Logorama récompensé par un Oscar et conçu par l’atelier de design H5. 7 000 logos sont référencés dans cet ouvrage, accompagnés d’informations sur leurs créateurs, année de création, pays, marque et entreprise.


LOUIS XI  

Magazine culturel

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