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LE CANAL ROYAL DE LANGUEDOC le partage des eaux

MICHEL ADGÉ PHILIPPE DELVIT ROBERT MARCONIS JEAN-LOUP MARFAING SAMUEL VANNIER

LOUBATIÈRES


Nous tenons à remercier les institutions qui nous ont apporté leur soutien dans ce projet éditorial : les Voies Navigables de France, Monsieur Jacques Noisette, Monsieur Samuel Vannier, qui a rédigé le texte qui clôt cet ouvrage ; les Archives Départementales de la Haute-Garonne, Monsieur Jean Le Pottier, Madame Marie-Hélène Bernard et Monsieur Guy Jungblut ; la ville Toulouse et son député maire, Monsieur Pierre Cohen, la ville de Narbonne et son député maire, Monsieur Jacques Bascou ;

les villes d’Argens-Minervois, de Colombiers, Homps, Montgiscard, Montréal, Mirepeisset et Sorèze ; le Musée et Jardins du Canal du Midi ; le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement de la Haute-Garonne, à l’origine du projet de 1991, et son directeur, Monsieur Philippe Monmayrant, qui nous a permis d’engager cette réédition ; Jean-Loup Marfaing, architecte au CAUE 31, qui avait alors coordonné l’ouvrage et qui a bien voulu superviser sa mise à jour. Que les auteurs soient aussi particulièrement remerciés ; leurs textes réactualisés redonnent vie aux archives qui nous sont parvenues et nous aident à mieux comprendre le caractère exceptionnel de l’œuvre de Riquet.

ISBN 978-2-86266-575-7 © Nouvelles Éditions Loubatières, 2009 10 bis, boulevard de l’Europe – BP 27 31122 Portet-sur-Garonne Cedex www.loubatieres.fr


Le Canal Royal de Languedoc le partage des eaux MICHEL ADGÉ enseignant

PHILIPPE DELVIT p ro fesseur à l’université d e sciences so ciales d e To ulo use

ROBERT MARCONIS p ro fesseur à l’université d e To ulo use le Mirail

JEAN-LOUP MARFAING architecte au Co nseil d ’architecture, d ’urbanism e et d e l’enviro nnem ent d e la Haute-Garo nne

SAMUEL VANNIER archiviste aux Vo ies navigables d e France

Loubatières


E

n 1991, Voies Navigables de France, prit avis auprès du Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement de la Haute-Garonne (CAUE) sur l’état du bâtiment des Archives du Canal. Cette rencontre fortuite avec l’architecture rigoureuse de Jean Polycarpe Maguès, polytechnicien de l’une des toutes premières promotions, et donc élève de Jean Nicolas Louis Durand, et l’extraordinaire dépôt d’archives qu’abrite son bâtiment reste un souvenir inoubliable. Réunies dans ce petit temple crépusculaire, ces archives gardent vivantes toutes les mémoires du canal. Ce panorama exceptionnel de l’évolution de la représentation graphique, des savoirs appliqués des ingénieurs et architectes sur une période de trois siècles, incita le CAUE 31 à prendre l’initiative de la première édition de cet ouvrage en 1992. Parmi les très nombreuses publications sur le « Canal du Midi », la singularité de celui-ci est d’être avant tout dédié à ce trésor des archives. Images et documents qui jalonnent l’itinéraire de Toulouse à Sète font la première partie de l’ouvrage. Les modifications partielles des textes thématiques qui constituent la deuxième partie tiennent surtout compte des événements qui, depuis la première parution, ont marqué l’histoire du canal, et sont liés à son classement par l’UNESCO au Patrimoine mondial de l’Humanité. Le texte de Pierre Gérard qui a fait l’objet d’une publication séparée a été remplacé par un texte de Samuel Vannier, archiviste du canal – une fonction heureusement rétablie – qui anticipe, nous l’espérons, sur la restauration du bâtiment des Archives et une véritable mise en valeur du fonds d’archives. Robert Marconis a actualisé son texte, évoquant les seize années écoulées depuis sa première rédaction. Enfin, pour ajouter un bref post-scriptum au texte d’ouverture de la première édition sur les Trois miroirs, la sauvegarde des pierres du canal étant désormais assurée, je voudrais une fois encore rappeler qu’il s’agit d’un cas de figure tout à fait exceptionnel de monument historique, une entreprise vivante, où l’avenir des hommes à son service et ses usagers dans toute leur diversité doivent trouver leur place dans le destin patrimonial du canal. J.-L. MARFAING

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SOMMAIRE Trois miroirs 9 Jean-Lo up Marfaing

Division de Toulouse 19 Division de Naurouze 53 Division de Castelnaudary 67 Division de Trèbes 83 Division du Somail 107 Division de Béziers 137 Division d’Agde 159 L’art de l’hydraulique 181 Michel Ad gé

Un canal au Midi 200 Philip p e Delvit

L’architecture des ingénieurs 220 Jean-Lo up Marfaing

Un avenir incertain pour une voie d’eau historique 227 Ro bert Marco nis

Les archives des canaux du Midi 235 Sam uel Vannier

Crédit iconographique 241

Les d o ubles p ages d e d ébut d es chap itres « d ivisio ns » so nt illustrées p ar un d étail d e la Carte d u Canal Ro yal d e la Pro vince d e Langued o c gravée p ar Chalm and ier en 1773 et d éd iée à Arthur Richard Dillo n, archevêque et p rim at d e Narbo nne, p résid ent d es États.

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Division de Toulouse


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division de toulouse

La carte générale du canal dressée par Jasserieu en 1825 avec ses écluses et le profil du dénivelé ainsi que le réseau d’alimentation en eau donne un aperçu très clair de l’ensemble de l’ouvrage.

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Longtemps les plates-formes des portes d’écluses et leur éperon recevront un platelage en bois plus résistant à l’arrachement que de médiocres assises de pierre de taille, jusqu’au jour où un plan d’appareillage stéréotomique parfait permettra l’abandon de cette technique.

L’embouchure du canal dans la Garonne est exposée aux caprices du fleuve. L’aménagement d’un bassin en aval de l’écluse de Garonne met les bateaux à l’abri de trop forts remous. Le fort épi maçonné qui protège ce bassin a souvent été endommagé. Le 10 juin 1712, la Garonne a même rompu le lit du canal à plus de 300 mètres en amont de ces ouvrages.

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Ce détail de passage de la porte d’aval de l’écluse de Garonne représente une manœuvre de halage à bras d’homme. Il n’était pas rare d’user de la traction humaine au-delà du passage des ouvrages, sur les sections courantes du canal.

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Les droits de navigation dépendent de la valeur des marchandises et des quantités transportées. Il est donc nécessaire d’installer, là où les bateaux entrent sur le canal, à l’embouchure de Garonne, une pesée commode à l’abri des intempéries.

Les États du Languedoc qui ont échoué dans leur tentative de rachat du canal aux descendants de Riquet réalisèrent entre 1770 et 1776 le canal Saint-Pierre (Brienne). La conception de l’ouvrage d’art des Ponts-jumeaux en 1768 par J.M. de Saget, directeur des travaux de la province à la sénéchaussée de Toulouse, est plus que l’expression d’une parité formelle des deux canaux, une véritable mainmise urbanistique offrant le cadre d’une mise en scène monumentale de l’autorité symbolique des États du Languedoc sur les canaux. Le bas-relief de F. Lucas confirme le geste monumental des États du Languedoc aux Ponts-jumeaux. Admiratifs devant l’œuvre du sculpteur, les parlementaires envisagèrent d’exhausser son installation, afin de la rendre plus visible et de la surmonter d’une « pyramide ». On désigne ainsi l’obélisque, ornement alors très en vogue.

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Rien ne permet d’affirmer que ce bateau ait navigué sur le canal, mais la date du projet, sa présence dans les archives invitent à imaginer qu’il fut utilisé pour l’inauguration solennelle du canal de Brienne en 1776 et, un an plus tard, lors de la visite du Canal Royal de Languedoc par Monsieur, frère du roi Louis XIV.

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La création du canal de Saint-Pierre (Brienne) assure la continuité de navigation sur la Garonne en amont et en aval du Bazacle et met enfin commodément en communication le cours pyrénéen du fleuve et le canal du Languedoc. La vocation industrielle des terrains entre Garonne et canal de Saint-Pierre se confirme sur ce plan de 1818. Mais la navigation sur le canal sera éphémère et les projets de modification de ses écluses, bientôt superflus. Tardif, l’aménagement du port de l’Embouchure est lié à l’ouverture du canal latéral à la Garonne dans les années 1840.

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Le projet de reconstruction de maison d’écluse, en 1812, est fidèle au modèle courant depuis le début du XVIIIe siècle, avec sa façade sur le canal percée d’une porte encadrée de deux fenêtres identiques. Mais l’écurie, qui à l’origine occupait l’une des deux salles, laisse place à deux chambres, nette amélioration du mode de vie dans le logement. Le plancher surélevé, sur cave, assure à la réserve à provisions une atmosphère saine.

Cette lettre en 1670 informe P. Paul Riquet de l’achèvement de la barque qu’il a commandée à Bordeaux. Onze ans plus tard, richement décorée, elle participera au voyage inaugural du canal.

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le canal royal de languedoc La dénivellation d’une écluse double permet la construction de deux moulins, le canal de fuite du moulin d’amont constituant le bief d’alimentation du moulin d’aval. En amont de l’écluse, la construction par J.M. de Saget, entre 1760 et 1763, du nouveau pont des Minimes s’inscrit dans la politique d’amélioration de grands chemins de la province. Les plans d’alignement au XIXe siècle imposent aux ingénieurs du canal des démolitions et des reconstructions. Le moulin d’amont a été déjà abandonné au profit de l’extension du moulin d’aval. Les colonnes élevées depuis peu sur le parapet du pont ne marqueront jamais le seuil de la place d’entrée de ville projetée sur ce plan en 1847.

Le moulin compte trois niveaux, celui des rouets actionnés par la force de l’eau canalisée dans les coursières, celui des meules et enfin celui du chargement des meules par les trémies, qui sont figurées en plan, dans le plancher.

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LE CANAL ROYAL DE LANGUEDOC le partage des eaux

ISBN 978-2-86266-575-7

39 €


Le canal royal du Languedoc  

Nouvelle édition du livre paru en 1992 et introuvable depuis le milieu des années 1990. Cette nouvelle édition reprend l’essentiel du conten...

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