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Chil i-B ent oliv re ciel ie & ter re


Vous rêvez d’espaces infinis où faire le vide, de déserts de sel à perte de vue, de paysages originels où vagabonder ? les régions chilienne de San Pedro de Atacama et de Potosí, sa voisine bo l i v i e n n e , d e v r a i e n t combler vos attentes audelà de vos espérances.


A

mateur d’arbres et d’autres corps photosynthétiques, passez votre chemin ! Je m’apprête en effet à vous conduire dans une région minérale à souhait, rocailleuse, poussiéreuse et désertique, mais néanmoins d’une richesse surprenante et d’une beauté à couper le souffle (à moins que ce ne soit le manque d’oxygène…). Non, finalement, restez !

SPA pour les intimes Tout commence à San Pedro de Atacama (SPA), petite ville-oasis du nord du Chili cernée par une chaîne volcanique, dont le splendide Licancabur, et plantée à 2 400 m d’altitude dans le désert d’Atacama, connu pour être le plus aride et le plus haut au monde. La Nasa y teste les robots qu’elle envoie sur Mars pour y déceler des traces de vie : c’est dire si cette région bien terrestre respire l’hospitalité…


Cela n’arrête pas les voyageurs pour autant, qui, tels des pèlerins en quête d’infini voire de sens, convergent toute l’année vers San Pedro, point de départ de dizaines d’excursions allant de quelques heures à plusieurs jours. Certains, littéralement happés par les 4 000 heures d’ensoleillement annuel du village aux maisons en adobe et les panoramas que cette région, coincée entre Cordillère des Andes et Tropique du Capricorne, offre, restent piégés des semaines durant dans cet espace-temps singulier.

Désert à thèmes Passer par une agence (et elles sont des dizaines !) est quasiment inévitable pour accéder facilement aux divers sites environnants. Entre visite privée en 4x4, minibus, truck, canasson et même VTT, chacun trouve transport à son pied. Quant aux visites, il y en a aussi pour toutes les envies ! Petit inventaire à la Prévert… Aquatique ? Chercher l’équilibre dans les eaux ultra salées de la Laguna Cejar, version sud-américaine de la Mer Morte, puis se jeter dans les eaux douces des Ojos de Salar, littéralement les yeux du salar ; ou encore se décontracter dans les eaux chaudes des Termas de Puritana… Un peu plus épique : rejoindre une expédition d’alpinistes pour gravir l’un des volcans voisins d’où s’échappent parfois quelques fumerolles ou dévaler des dunes géantes en sandboard… Explosive ? Direction El Tatio pour un lever du soleil au milieu des cheminées de vapeur d’un


champ de 80 geysers bouillonnant à 4 300 m de hauteur sublimé par le choc thermique d’une fin de nuit glacée cédant sa place au début d’un jour chaleureux ! Un peu de culture, peut-être ? Le musée archéologique Gustavo Le Paige à San Pedro, la ville de Socaire avec son église coloniale au plafond en bois de cactus ou les ruines de Pukará de Quitor, ancienne forteresse précolombienne bâtie au XIIe siècle, sont faites pour vous. Géologique, naturellement : le Valle de La Luna avec ses airs de paysage satellitaire, point d’ancrage idéal pour un coucher du soleil inoubliable ; le Valle de la Muerte et de Tres Marías, canyons étroits, formations rocheuses torturées et dunes de sable fin compris, et bien sûr, le Salar de Atacama avec sa grande étendue de sel blanc, vestige d’un lac évaporé depuis des milliers d’années… Animale aussi : la Laguna de Chaxa où vivent trois espèces de flamants roses, les abords des Lagunas Miñiques et Miscanti où vagabondent lamas, vigognes et autres foulques cornues. Féérique enfin : quand tombe la nuit, à l’abri de la luminosité et du bruit parasites de nos cités occidentales, le ciel se pare d’un manteau étoilé comme vous en aurez rarement vu. Il suffit de tendre le bras pour le plonger avec gourmandise dans une Voix Lactée plus que généreuse. Pour approfondir le plaisir stellaire, quelques agences proposent des visites guidées du ciel, télescopes et chocolat chaud à l’appui.


A l’assaut d’Uyuni… Vous êtes sous le charme de ce que vous venez de découvrir mais pas encore totalement rassasié ? Vous avez bien raison ! Après avoir certainement parcouru des milliers de kilomètres pour arriver dans ce qui demeure un no man’s land, quelques centaines de plus ne devraient donc pas vous arrêter. Il ne vous reste plus qu’une chose à faire : franchir la frontière bolivienne et filer au Salar de Uyuni, le plus vaste désert de sel au monde. S’il est parfois légitime de s’interroger sur la pertinence de tel ou tel superlatif pour qualifier un site, aucun doute sur celui-ci. Perché à près de 3 700 m d’altitude, le Salar couvre plus 10 000 km2, l’équivalent de la région Ile-de-France. Ceux qui ont choisi de s’y rendre connaissent virtuellement ses dimensions étourdissantes, sa blancheur virginale, son ciel d’une extrême pureté et sa beauté potentiellement réflexive où terre et ciel ne forment plus qu’un tout hypnotisant et vertigineux. Plusieurs agences de San Pedro proposent des virées de 3 ou 4 jours en 4x4 jusqu’à Uyuni. Passé l’improbable poste frontière bolivien, au pied du Licancabur et de ses 5 916 mètres bien tassés, vous ne quitterez plus les pistes, vous ne croiserez aucun panneau de signalisation, vous laisserez la civilisation derrière vous... Si l’arrivée au Salar est, aux yeux de ceux qui en ont rêvé, l’acmé de cette aventure oscillant entre 2 500 et 5 100 m d’altitude – d’où l’intérêt d’arriver dans la région quelques jours avant pour s’acclimater à


ces hauteurs inhabituelles et apprécier le voyage dans son entièreté –, les paysages traversés les jours précédents n’en sont pas moins majestueux, hauts en couleurs voire totalement surréalistes.

La Nature à l’état pur Voyage dans le temps aux premiers jours de la Terre ou débarquement sur une planète inhabitée, difficile de savoir... Ici, des lagunes aux couleurs verte (Laguna Verde), rouge (Laguna Colorada où se reproduisent les flamants des Andes), blanche (Laguna Blanca) et j’en passe… Là, des blocs de roches volcaniques parsemés sur une colline comme s’ils étaient tombés du ciel : l’endroit a, de fait, été baptisé Rocas de Salvador Dali en écho aux toiles du maître espagnol. Là encore, d’étranges formations de pierres élimées par le vent et le sable, des geysers et fumerolles, des volcans aux sommets enneigés, d’immenses pleines désertiques… Les mirages apportent une touche de magie à ces lieux déjà enchanteurs où le regard se projette loin. Et puis, il y a ce ciel, immense, où valsent nonchalamment altocumulus et cirrostratus, nappes de blanc sur une palette céleste bleu azur. Quand vous arrivez finalement au Salar de Uyuni, votre taux de globules rouges a fait un bond olympique et vous vous sentez déjà tout petit. L’horizon se dégage peu à peu, le soleil n’est pas encore levé, le froid est glacial mais impossible de détacher votre regard de l’Est, troquant,


minute après minute, son bleu nuit étoilé contre un bleu clair, tandis que, de l’autre côté, à l’Ouest, les montagnes se parent des couleurs pastels de l’aube. Ça y est, l’astre brillant s’élève et se reflète sur le Salar partiellement inondé, le monde prend une nouvelle couleur, les âmes se réchauffent, à défaut des corps. Le cortège de 4x4 s’enfonce alors sur le Salar, gisement inépuisable de sel et réserve très convoitée de lithium. Sur cette étendue incroyablement plate où tout n’est que blancheur immaculée, les repères ont complètement disparu. Et pourtant, une île finit par apparaître au loin et grossir de l’autre côté du pare-brise. C’est Isla Incahuasi. Une étrangeté parmi d’autres. L’île, qui n’en est pas une au sens strict sauf quand elle est cernée d’eau quelques jours par an, est l’hôte d’immenses cactus candélabres dont certains millénaires. De son sommet, les dimensions incroyables du Salar se dévoilent sans complexe, ramenant l’homme à sa vraie dimension : infinitésimale. Et en même temps, extrêmement précieuse.


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Chili - Bolivie, entre ciel et terre  

Vous rêvez d’espaces infinis où faire le vide, de déserts de sel à perte de vue, de paysages originels où vagabonder ? Les régions chilienne...

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