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BIMESTRIEL

NUMERO

SPÉCIAL FEMME Magazine des transports et du tourisme Antilles-Guyane - N° 7

Août-Sept. 2017

MARITIME

Pilote marime de haut vol

PORTRAIT Mme Carpin, une célibattante Lorrinoise au cœur du transport

HISTOIRE Bessie Colman première aviatrice noire

TOURISME Le pitt a coqs, c’est ma vie

Prix : 4 €


EDITO

SOMMAIRE

S

elon les données de l’ONU, 61.5% des femmes travaillent dans le secteur du service contre 13.5% dans l’industrie et 25% dans l’agriculture. Quant aux postes à direction, elles ne représentent que 4%. Ces chiffres laissent apparaitre qu’il y a une ségrégation dans la société liée à des dogmes, des doctrines, des clivages culturels et structurels ne permettant pas à toutes les femmes dans le monde d’accéder à un emploi décent. Heureusement, il y a des femmes qui s’appuient avec foi sur le créateur du Monde, elles s’adaptent à l’évolution du monde du travail avec agilité. Autrement, elles devraient attendre 2030 pour que leurs compétences soient reconnues. « Qui trouvera une femme de valeur ? Son prix dépasse beaucoup celui des perles. Le Cœur de son mari a confiance en elle, […] » Salomon Proverbe 31 V 10 à 12 Car elle « travaille d’une main joyeuse. Elle est comme un navire marchand, elle amène son pain de loin. Elle se lève lorsqu’il fait encore nuit, elle donne la nourriture à sa maison. […] Du fruit de son travail, elle plante une vigne. Elle met à ses reins la force comme ceinture et elle affermi ses bras. […] Elle est revêtue de force et de dignité, elle se rit de l’avenir » Salomon proverbe V 13 à 15 : 17 : 25 «  La Femme qui craint l’Eternel est celle qui sera louée » Salomon proverbe V 30 C’est en ces termes que le Tag Mag a voulu mettre à l’honneur ces femmes qui endossent des métiers dits : « masculins », celles qui créent, celle qui lèguent, celles qui transmettent, celles qui prennent soin et rendent un service appréciable à la communauté. Félicitations et bonne continuation à toutes. Une Femme digne d’Être y

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Actualité ......................................4 Terrestre ......................................6

Comment devenir transporteur ? ................................6 Mme Joachim, une Femme de vision et de détermination...7 Mme Carpin, une Lorrinoise au cœur du transport .........9 Mme Néron, une femme de caractère au volant de son poids lourd..............................................................10 Mme Opic, une passionnée sur la route du sud ...........11 Forum.....................................................................12 Mme Julisson à l’assaut du BHNS ..............................13 Mme Polydore :«... mes salariés ... font l’entreprise » ..15 Taxi Lina une affaire qui roule...................................16 Rouler et évoluer .....................................................17 Conventions collectives et accords de branche du transport routier de personnes .........................................18

Tourisme ...................................19

Mme Paulin-Pyram, guide touristique .........................19 L’art de l’accueil, selon Fabienne ..............................20 Mme Carius, la formation professionnelle touristique en question..................................................................22 Le pitt a coqs, c’est ma vie.......................................23 ITV Tournicoti parapluies ..........................................24

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Aérien .......................................26

Vision d’un PNC.......................................................25

Maritime ...................................26

Pilote maritime de haut vol .......................................26

Histoire .....................................28

Bessie Colman, première aviatrice noire....................28

Bon plans ..................................29 Petites annonces........................30

TAGMAGAZINE

Revue bimestrielle Prix : 4 €

DIRECTEUR DE PUBLICATION

Laurent LORTO

REDACTEUR EN CHEF Laurent LORTO

Toute reproduction d’articles et photos parus dans la publication est interdite sauf autorisation de la direction.

COLLABORATION ET REDACTION

Magazine des Transports et du Tourisme Antilles-Guyane

Léïla GONIER Gilliane CORBIN N’Nekka J-L

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REPORTER PHOTOS

REGIE PUBLICITAIRE

CREATION GRAPHIQUE / MAQUETTE

CREDIT PHOTOS

Laurent LORTO

Carole LAMBERT

EDITION

L’AS TOUR

IMPRESSION Veoprint

L’AS TOUR 0696 788 309

Tag Magazine Shutterstock Nicolas Cortès Pixabay /123RF N° ISSN en cours TAGMAGAZINE est diffusé à 2500 ex.

AOÛT / SEPTEMBRE 2017 TAGMAGAZINE

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ACTUALITES

ACTU DU TAG INFOS

EN BREF Conflit de la marque Ava Air Un conglomérat de compagnies aériennes constitué aux Etats-Unis revendique a dénoncé une violation des droits internationaux de marque de la part d’Ava Air. Cependant, la compagnie Ava Air ne devrait pas changer de nom pour autant.

Renault : renouvellement de la direction générale au Brésil et en Colombie Le 1er juillet 2017, Luiz Pedrucci accède à la direction générale de Renault Brésil et celle de Renault Colombie sera placée sous la responsabilité de Mathieu Tenenbaum.

Nouvelle périodicité du contrôle technique pour les camping-cars PLs

Les véhicules de plus de 3,5 tonnes disposant de la mention « collection » sur leur certificat d’immatriculation ne sont plus soumis au contrôle technique.

Le Tour des Yoles

Le Tour des Yoles 2017 s’est déroulé du 30 juillet au 06 août. C’est l’évènement sportif le plus important : cette régate existe depuis plus de trente ans. Initialement dédiées à la pêche, les yoles rondes (embarcations traditionnelles) sont les grandes vedettes du Tour des Yoles. Cet évènement a des retombées économiques importantes (mécénat / sponsoring, afflux de touristes étrangers et de résidents locaux). Ce grand moment culturel fédère tous les milieux sociaux.

Brève sur le TCSP A la suite d’une marche à blanc d’une durée de cinq mois, la Cacem a envoyé un rapport à l’Autorité Organisatrice des Transports (AOTU) de Martinique avec des élèments importants. Tout d’abord, techniquement, ce rapport précise que le TCSP est en mesure de rouler et d’assurer la desserte surtout son tracé de Carrère à la Pointe Simon et de Mahault à la Pointe Simon. Des élèments concernant l’exploitation du réseau TCSP font également

Corsair propose une nouvelle ligne entre Paris et Cuba La compagnie ouvre une nouvelle ligne à destination de la Havane à partir du mois d’octobre 2017. Au départ de Paris, Corsair élargit son offre vers Cuba à raison de deux fréquences hebdomadaires.

Le Pont du Prêcheur

TABLEAU DE BORD Le Pont du Prêcheur, une œuvre de l’architecte Soberco, est présentée comme une prouesse architecturale et devrait constituer une attraction touristique. L’ouvrage très futuriste doit être livré cette année. Ce pont, long de 65 mètres, sans appui dans la rivière, est retenu par une arche aérienne. Son coût qui est à la charge de la CTM avoisine les 9 millions d’euro.

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partie de ce rapport. Dans un premier temps, du tarif du ticket du TCSP dépend la part des collectivités dans les coûts d’exploitation. D’autre part, la liaison que les taxis collectifs entre les gares du TCSP (Carrère et Mahault) et les communes devraient desservir n’a toujours pas été définie. Pour la CTM, c’est à la CACEM et à la CFTU que revient la gestion de la mise en route commerciale des BHNS qui ne seront plus en service et l’AOTU n’a toujours pas récupéré l’ensemble des porte-feuilles inhérent au fonctionnement du transport en Martinique.

CARBURANT Gazole 1,08 euro/Litre Soit - 0,2 cts

Sans Plomb 1,31 euro/ Litre soit + 0,2 cts Baril de Pétrole 51,45$ SEPTEMBRE 2017

GaZ

Gaz 21,53 € la bouteille de gaz de 12,5 kilos soit + 0,39 cts Social TRanSPoRT Smic horaire 9,76 €/heure Remunérations mensuelles : 1480,27 € brut, 1139,81 € net


LES INSOLITES DU TAG

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PHOTOS DU LECTEUR

AOÛT / SEPTEMBRE 2017 TAGMAGAZINE

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TRANSPORT

COMMENT DEVENIR TRANSPORTEUR ? E

n 2013, le poste « transports » représentait 148,2 milliards d’euro parmi les ménages. Le secteur du transport connaît une croissance du transport de personnes puis-qu’il est porté par le développement du transport de

personnes grâce aux applications des smartphones. De nombreuses personnes se tournent donc vers la création d’une société de transport. Pour créer une entreprise de transport, vous pouvez opter pour la capacité de transport : capacité de transport de personnes ou capacité de transport de marchandises. Le secteur du transport est très règlementé : on ne peut pas devenir transporteur du jour au lendemain. Il s’agit d’une profession soumise à de nombreuses règles et créer une entreprise de transport nécessite un formalisme bien précis.

Capacité financière : • Déposer le capital en banque joindre les statuts et le justificatif du siège social • Justifier de la capacité financière auprès de la Deal

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L’agrément : • Envoi de la demande d’agrément à la Deal avec les pièces justificatives • Votre siège social doit être en France • Ne pas être interdit d’exercer certaines professions et ne pas avoir été condamné

Démarrez votre activité :

• Envoi d’une copie du K-bis à la Deal • Vous pouvez démarrer votre activité

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Obtention du Kbis : • Enregistrement de votre société au registre des transporteurs de la DEAL • Immatriculation de votre société au RCS • Obtention de votre K-bis (il vous sera envoyé par le greffe)

Devenir transporteur marchandises : Capital minimum de 1800 euro pour chaque véhicule dont le tonnage est inférieur ou égal à 3,5 tonnes Au-delà de 3, 5 tonnes, la capacité financière doit être égale ou supérieure à 9 000 euros

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-Obtention du numéro Siret de l’entreprise et le Code d’activité APE délivrée par l’INSEE, preuve de l’inscription au Répertoire National des entreprises. -Obtention du document de l’immatriculation au Registre du Commerce et des sociétés (et l’extrait K pour les entreprises individuelles ainsi que l’ extrait Kbis pour les sociétés) délivré par le greffe du tribunal de commerce.

Réalisation de la déclaration d’existence Choix du statut juridique : SASU, SAS, EURL et du choix du régime fiscal auprès des services fiscaux

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Inscription auprès des organismes sociaux : Urssaf, Régime Social des Indépendants (RSI) pour la protection sociale et l’assurance vieillesse des travailleurs indépendants, des caisses sociales concernant les salariés ( régime général ) ainsi que l’inspection du travail, si l’activité démarre avec des salariés.

Ils vous délivrent immédiatement et gratuitement un Récépissé de Création d’Entreprise (RDCDE). Dès lors que le dossier d’immatriculation est complet, il est valable jusqu’à la notification de son immatriculation par le greffe et au plus tard jusqu’à l’expiration d’une durée d’un mois à compter de sa délivrance.

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Capacité de transport en marchandises Stage suivi dans un organisme agréé Formation de 105 H - Examen de 3H (centre agréé) Dispense pour les titulaires du bac pro Transport 2 ans d’expérience : dirigeant dans le transport public routier de marchandises*

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1 Démarches au CFE

Les formalités à entreprendre

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L’attestation de capacité de transport • soit en passant un examen • soit en justifiant d’une expérience professionnelle • soit par équivalence de diplôme • un stage dans un centre de formation

Gilliane CORBIN y


TRANSPORT

MME JOACHIM, UNE FEMME DE vISION ET DE DÉTERMINATION

Mme Marie-Anne Joachim

M

me Marie-Anne Joachim est à la tête, avec son époux, de la LMAE (Laboratoire Martiniquais Applications Electroniques). Tandis que son mari s’occupe du développement de d’autres

affaires auxquelles elle collabore activement, en femme courage, elle gère la LMAE avec rigueur et discrétion. Cette société a pour vocation la création de systèmes électroniques embarqués en

tout genre. Aujourd’hui les produits finis que proposent la boîte sont divers et variés. Sont assurés le contrôle chronotachygraphe des poids lourds, la pose de limiteurs de vitesse, d’éthylotest, de taximètres et de caméras de recul sur tous les véhicules professionnels. Le regard franc et déterminé, Mme Marie-Anne Joachim résume ainsi cette « aventure » : « Il est vrai que l’histoire du démarrage de l’activité et de de son développement est un tout, un récit de vie et de persévérance. Nous étions un jeune couple sans le sou  ; nous

avons cru en notre projet, nous y avons travaillé sans relâche, avec humilité… Et nous y sommes parvenus »... En effet, si l’on revient sur la genèse du projet, on se rend bien compte qu’il s’agit d’une ascension par étape, faite d’abnégation, de vision et de constance dans l’action. Quand Marie-Anne rencontre son actuel mari, il est professeur d’électronique, et elle est à la recherche d’un emploi. Ils ont une vingtaine d’années. «  Mon conjoint s’occupe naturellement de la

partie technique du projet, tandis que moi, je m’attèle à l’aspect communication et gestion de la future boîte. En somme, je me charge de la demande et du prospect afin de développer l’affaire (...) Nous avons conçu notre bébé et avons donc décidé de lui donner vie». L’entreprise naît en Mars 1989.  La LMAE se positionne, dès le départ, comme une société de création de systèmes électroniques  : elle est donc habilitée à répondre à n’importe quelle demande, n’importe quel type de réalisation de

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TRANSPORT

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cet acabit. « Nous avons par exemple fait face à une commande pour « La course Caraïbe », un jeu télévisé de l’époque. Nous nous sommes occupés de toute la partie animation des systèmes utilisés : il s’agissait précisément de donner vie à une boule électronique qui tournait et s’allumait, de permettre l’affichage instantané de scores. En fait, notre rôle consistait, et consiste encore, à trouver et concevoir des réponses électroniques à des besoins précis. Nous voulions, en fait, dans ce domaine, mettre à la portée des Martiniquais des systèmes sur mesure, répondre à la demande locale ». Pendant les neuf premières années, les Joachim se consacrent donc à la conception pure. Puis, un client-taxi sollicite le couple pour la confection d’enseignes lumineuses, de petits panneaux publicitaires servant à signaler un groupement de taxis de places. C’était en fait le besoin d’une corporation rassemblant une cinquantaine de taxis  : Martinique taxis. Cette nouvelle expérience les introduit, alors dans le monde de l’électronique embarquée et

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marque véritablement le début de la grande épopée. « Nous avons pu dès lors nous constituer un carnet d’adresses intéressant, nous avons noué de très bons contacts avec les professionnels du secteur. Notre activité a donc naturellement pris une direction précise ; les ordinateurs de bord deviennent notre cheval de bataille, notre spécialité. Par la suite les demandes n’ont eu cesse de fuser dans ce sens ». On en veut pour preuve : aux alentours de 1993, la société développe la partie contrôle-taxi. Elle assure l’installation de taximètres qui sont des compteurs électroniques servant à calculer le prix de la course en fonction du temps écoulé depuis le départ. « On fait désormais appel à nous pour toutes sortes de systèmes électroniques embarqués comme nous l’avons précisé. Nous restons à l’affût des législations nationales et européennes, afin de satisfaire au plus vite ce secteur professionnel », ajoute Madame Joachim. Sous l’impulsion de la DRIRE, en octobre 1997, la LMAE est appelée pour le contrôle chronotachy-

graphe des poids lourds en janvier 1998. L’entreprise relève le défi et s’agrandit, s’équipe structurellement d’outils à haute valeur technologique pour mettre en place un centre de contrôle des poids lourds. Au jour d’aujourd’hui, on peut affirmer, sans trop se risquer, que la LMAE a parcouru un long chemin. Elle part d’une initiative familiale forte et courageuse, porte le visage d’une femme déterminée, volontaire. Mme Joachim veille à la souplesse d’adaptation de l’entreprise face à une législation toujours changeante. « Nous guettons de toutes les tendances nouvelles en termes d’électronique embarquée, les normes nouvelles, nous ne laissons rien passer ». C’est une femme d’engagement qui tient la barre. Elle se dit très attachée à l’idée du travail bien fait : c’est le cœur et le corps du métier. Elle mène sa tâche quotidienne avec responsabilité et respect du client qui peut se laisser conduire les yeux fermés. Leïla GONIER y


TRANSPORT

MME CARPIN, UNE CÉLIBATTANTE LORRINOISE AU CœUR DU TRANSPORT

Mme Nicole Carpin

J

eune femme de 29 ans, En bon patron, elle est à la tête de elle. Elle ajoute : « il faut être au mère d’un enfant, notre Madin Transport. Elle démarre son front à tout instant ». business accompagnée d’un cabi-

Malgré un petit noyau de collabo-

tion, elle participe activement à

et en compétence de transporteur

faire face à la concurrence et développer de nouveaux marchés. Selon Mme Carpin, le métier du « transport à sec » nécessite une diversification de l’activité. Elle propose un combiné de prestations de services autour du déplacement qui consiste à proposer un « pack ». Le métier de transporteur requiert une capacité organisationnelle, « ne pas avoir peur de se lever tôt » dit elle et des qualités telles que « la patience, le dynamisme et l’ouverture aux autres » précise-t-

restent courtois et agréablement surpris de voir des femmes manœuvrer avec dextérité des engins du groupe lourd.

Femme du jour est issue d’une net conseil pour les démarches rateurs machistes, Mme Carpin en famille de transporteurs. Elle d’investissements. Femme d’ambi- qualité de dirigeante d’entreprise

nous dévoile son parcours de l’entreprise familiale et intègre un logisticien a gagné le respect de Directrice générale au sein de groupement d’entreprises pour ses confrères masculins. Ceux-ci Madin Transport. Leader d’une entreprise a toujours été un rêve qui l’animait. Sa première expérience salariale dans le secteur du transport lui a permis de confirmer son projet professionnel. Elle peaufine celui-ci en validant ses qualifications dans le secteur du transport et de la logistique. Pour une plus grande polyvalence, elle opte pour une formation complémentaire en gestion d’entreprise.

Déterminée, notre ambassadrice du transport de voyageurs ne restera pas en si bon chemin, elle envisage de créer de nouveaux marchés pour se faire une place dans le secteur du tourisme en autocar sur l’artère Nord Atlantique.

Gilliane CORBIN y

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TRANSPORT

FRANÇOISE NÉRON, UNE FEMME DE CARACTèRE AU vOLANT D’UN POIDS LOURD

Mme Françoise Néron

F

rançoise Néron est une post), chez les particuliers, les ma- entières avant d’intégrer la société gasins ou les grandes surfaces.

FISER en 2003.

les déchets sont triés, on doit veiller à l’acheminement des débris aux endroits spécifiquement prévus selon les types de matériaux. Nous amenons les déchets verts au Robert par exemple, tout ce qui est DIC, c’est-à-dire ordures ménagères, ça va à l’usine, les métaux vont à Métal Dom à Dillon, les encombrants sont menés quant à eux à la décharge ». Par ailleurs Françoise réalise aussi le nettoiement  tel que le  débroussaillage, l’élagage, le balayage et le lavage manuel ou mécanisé, fauchage et autres. Pour revenir sur les débuts de Françoise Néron dans le métier, c’est dans l’entreprise EVEA qu’elle fait ses premiers pas. Elle y entame une véritable mise en pra tique de son savoir théorique de la profession, y passe deux années

cette carrière. Dès l’enfance, elle est fascinée par les véhicules imposants. Quand elle prend les bus scolaires, elle se met à observer les gestes des conducteurs avec une attention particulière. Ainsi lui naît l’envie de passer son permis poids lourd. « J’ai sû donc très tôt que c’est cette activité que je voulais exercer. Ma vocation était née. » Vient alors un long cheminement vers la formation de la jeune femme, puis vers son intégration dans une profession dite masculine. Au moment où elle embrasse véritablement ce travail en 2001, les femmes sont très peu représentées. Elles sont difficilement acceptées. Et si la relation aux clients a toujours été fluide pour Françoise, le rapport aux collègues n’a pas toujours été de toute évidence. Françoise Néron doit par-

femme chauffeur poids lourd, «En réalité, nous transportons un Françoise évoque d’abord l’orid’une quarantaine d’années. peu de tout. Maintenant comme gine du désir qui la pousse vers Elle exerce son métier au sein de la société FISER. Elle manie son camion d’envergure avec dextérité ; la grue n’a pas de secret pour elle. On est d’emblée séduit par sa joie de vivre contagieuse, son rire franc, sa passion du métier qu’elle nous relate avec enthousiasme.

Madame Néron occupe sa fonction de chauffeur poids lourd depuis 2001. Aujourd’hui, son métier consiste précisément en la collecte de déchets industriels  (métaux, gravats, bois et cartons) ainsi que les  déchets ménagers  (résiduels, encombrants, bio-déchets et com-

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TRANSPORT

fois faire face à des remarques déplacées de la part de ses collègues. « Mwen pa la pou fomin moun » (« Je ne suis pas là pour former les gens »), cette phrase elle l’a souvent entendue. Mais elle ne se laisse pas faire et s’impose auprès de ses pairs. « J’ai sû faire valoir mes compétences, me créer une place » dit-elle en souriant. Aujourd’hui, au bout de seize ans de pratique du métier, la jeune femme s’y sent à l’aise. Au départ, elle avait tendance à cacher sa féminité, à se déguiser en homme pour ne pas être vue : « je mettais des couvre-chefs et des tenues larges pour ne pas attirer l’attention des délinquants dans les quartiers chauds que je traversais de nuit. A présent que je travaille plus de jour, les choses ont changé, je n’hésite pas à être moi-même, à être féminine, à porter mes bijoux,

mes ongles longs, mes foulards à la tête. J’ai sans doute aussi gagné en assurance », affirme- t-elle. La relation aux confrères hommes s’est apaisée au fil du temps. Avec l’expérience, Françoise décide de lâcher prise, de faire son métier du mieux qu’elle le peut, tout en gardant le sourire coûte que coûte, et en restant la plus discrète possible. Leïla GONIER y

MME OPIC, UNE CONDUCTRICE PASSIONNÉE SUR LA ROUTE DU SUD

M

me Opic est une jeune femme qui se trouve au volant du véhicule. Les jours qui suivent, elle

mère de famille d’une décide d’entamer des démarches trentaine d’années qui sillonne au Pôle Emploi qui s’avèrent les routes du sud depuis plus d’un an. Elle nous raconte son quotidien de conductrice avec

passion. Madame Opic a passé son permis D (permis transport en commun) en 2007. Elle a dix ans d’ancienneté en qualité de chauffeur de bus. Avant d’intégrer la société Unité Sud, la conductrice a travaillé pendant huit ans pour le réseau Mozaïk à Fort-de-France. Le déclic lui vient le jour où son véhicule tombe subitement en panne. Alors contrainte de prendre le bus, elle s’aperçoit que c’est une

concluantes. Madame Opic entreprend alors une formation pour devenir chauffeur de bus. Après l’obtention de son diplôme, la jeune femme a postulé au Réseau Mozaïk et a été recrutée aussitôt. « Je m’épanouis dans mon métier » confie-t-elle car « j’apprécie le contact avec la clientèle ». La conductrice affirme qu’il faut être passionné pour exercer ce métier. En effet, elle avoue, lorsqu’on se trouve sur la route, qu’il faut faire preuve d’une grande prudence  : «  il faut conduire pour soi et pour les autres » L’exercice de son métier ne lui pose pas de difficultés particulières si ce n’est une vigilance de

Mme Opic tous les instants. Madame Opic est fière d’ être une femme conductrice. Elle estime que c’est un métier totalement accessible aux femmes. Elle les encourage donc à se lancer dans cette activité. Gilliane CORBIN y

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FORUM

FORUM TRANSPORTS SCOLAIRES Forum autour du thème des

transports scolaires qui interroge trois élèves sur la ponc-

tualité des chauffeurs de bus,

leurs qualités humaines ainsi que la propreté à l'intérieur des bus.

Arlène 2nde Générale, 16 ans - Gros-Morne. Est-ce que les bus passent toujours à l’heure ? - Le bus arrive toujours à l’heure sauf quand il pleut mais globalement il arrive tout le temps à l’heure Est-ce que les chauffeurs sont agréables avec vous ? - Les chauffeurs sont agréables et l’ambiance est conviviale. On s’amuse, on rigole, on parle. Est-ce que les bus sont propres ? - Les bus sont tout le temps propres mais il y a aussi des élèves qui lâchent des choses comme des papiers de bonbons ou des bouteilles de jus. Mais les cars sont toujours propres.

Maureen 3ème Prépa Pro, 16 ans -Sainte-Marie. Est-ce que les bus passent toujours à l’heure ?  - ça dépend. Parfois le bus passe tôt, parfois il passe tard. Est-ce que les chauffeurs sont agréables avec vous ? - Bof, parfois Est-ce que les transports vous coûtent cher ? - Le tarif est convenable.

Jocelyne, 2nde Générale, 16 ans - Gros-Morne. Est-ce que les bus sont propres ? - Les bus sont propres.  Est-ce que les transports vous coûtent cher ? - Non, ça ne me renvient pas cher  Propos receuillis par

Gilliane CORBIN y

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TRANSPORT

DIANA JULISSON, A L’ASSAUT DU BHNS

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Mme Diana Julisson

ulisson Diana entre à vingt- encore réussi son examen et

l’aventure qui devait durer un mois

trois ans dans le domaine s’est prolongé pendant onze ans. du transport. Elle exerce d’a- Diana Julisson pense alors, à bribord la fonction de chauffeur de taxi collectif au Lamentin, en ayant en tête l’objectif d’arriver à terme au transport touristique.

Julisson Diana entre à vingt-trois ans dans le domaine du transport. Elle exerce d’abord la fonction de chauffeur de taxi collectif au Lamentin, en ayant en tête l’objectif d’arriver à terme au transport touristique. Dès ses débuts, elle doit se battre pour obtenir les outils nécessaires à la pratique véritable de son métier. Alors qu’elle s’initie au véhicule de personnes sur la commune lamentinoise, elle travaille aussi dans la canne afin de pouvoir s’offrir le permis de transport en commun. Dès qu’elle l’obtient, la pro vidence semble lui ouvrir spontanément des portes. En effet, elle a l’opportunité de conduire le bus d’un collègue qui, lui, n’avait pas

guer un nouvel emploi. Elle semble vouloir gagner en stabilité et en stature professionnelle et décide donc de postuler à la CFTU en 2004. La requête est acceptée : pendant un an, elle remplace quelqu’un en arrêt de maladie. Nouvelle circonstance favorable à son expansion professionnelle, nouvelle chance : la personne ne reprend pas son travail. Diana Julisson est donc restée à cette affectation durant treize ans, jusqu’à aujourd’hui. Pendant tout ce temps passé à la CFTU, elle désire évoluer dans son métier. L’employée modèle fait le nécessaire pour obtenir de la CFTU qu’elle puisse passer le permis poidslourd et super poids-lourd. Et plus tard, dans le cadre du projet TCSP, des bruits de couloirs, émerge le nom de cette nouvelle technologie qu’est le Bus à Haut Niveau de Service (BHNS). Nul doute que son nouvel objectif est de le conduire: « c’était la joie, affirme-telle, j’ai tout de suite voulu à tout prix rou-

ler le BHNS ». A force de détermination, la salariée réussit à atteindre ce but, ce qu’elle vit comme une consécration. Elle participe même à l’inauguration du nouveau moyen de transport, le 23 mars 2017, avec le président de la Collectivité Territoriale de Martinique Monsieur Alfred Marie-Jeanne, confie-elle fièrement : « mes chefs et les élus étaient satisfaits  ; ils m’ont félicitée ». En définitive, le passage au BHNS marque un véritable envol dans la carrière de Diana Julisson  : c’est l’occasion pour elle de développer de nouvelles compétences ayant trait à la conduite de véhicules plus modernes, plus sophistiqués que les bus traditionnels. En effet, nous précise-t-elle, le maniement de ces nouveaux modes de transport diffère beaucoup des anciens en service. De nombreuses variations techniques sont observables : « Les bus habituels sont des automobiles isolées. Cela signifie que l’on peut rouler droit dans les virages, suivre simplement les courbes de la route. Pour le BHNS, le fonctionnement est autre : il faut rouler complètement à droite, et lorsque l’on aborde un tournant on doit veiller à ce que le troisième essieu passe. Si dans le rétroviseur ce dernier franchit le virage, le reste de l’attelage suivra ». Par contre, explique Diana Julisson, au niveau du freinage, le principe est le même que sur les bus traditionnels, il n’y a pas grand changement. Ce qui diverge le plus, c’est la signalisation des feux bien plus complexe que sur les circuits usuels : il y a par exemple un voyant bleu qui signifie qu’il faut se préparer et lorsqu’il se met à clignoter, le BHNS est appelé à démarrer. En outre, la gestion du gabarit de de ce moyen de transport reste une des plus grandes difficultés. Diana nous avoue avoir AOÛT / SEPTEMBRE 2017 TAGMAGAZINE

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TRANSPORT

PUBLI-REPORTAGE

été gênée au départ par le maniement du mastodonte accordéon. Elle confie aisément être rassurée par la présence de caméras, à droite, à gauche, devant, fixées sur les côtés de l’engin (il n’y en a pas à l’arrière). Elles peuvent être intérieures et extérieures. Le chauffeur peut, en effet, visualiser les alentours du véhicule sur plusieurs écrans situés sur le tableau de bord. Ce dispositif permet en fait de voir, par exemple, si un piéton s’engage devant le BHNS. Il semble bien qu’il faille redoubler de vigilance lorsque l’on se trouve au volant de ce bus particulier. Les difficultés à anticiper sont nombreuses au regard du fait que les automobilistes ne sont pas habitués à ce type de fonctionnement avec le site propre. Il faut être très prudent au moment des croisements, y apporter une attention particulière au-delà des priorités

de passage afin d’éviter les accidents. « On doit rouler pour eux et pour nous » conclut Diana Julisson. La conductrice se dit épanouie dans ses fonctions, elle a hâte de réellement commencer son service au volant du BHNS. Diana Julisson peut être fière, elle s’attelle au maniement d’un instrument noble qui a vocation à remplir un service public d’envergure. La fonction compte une femme sur dix hommes. Elle est l’orgueil de ses deux filles et de ses proches. Sa mère lui a dit avec une joie certaine : « Ma fille je suis fière de toi, si demain on me dit que tu conduis un hélicoptère, je ne serai pas étonnée », nous a-t-elle confié, amusée.

Leïla GONIER y

Avec la société SA Clim, im l C a S un jeune couple se lance dans la belle aventure de la climatisation L’entreprise " SA CLIM vient à vous " a fêté ses un an. Cette SARL est dirigée conjointement par Mme Laurianne Samos qui est en charge de la partie administrative et commerciale tandis que son époux gère la partie technique de l’entreprise. Cette structure intervient dans la climatisation d’automobiles, d’engins BTP et agricoles. "SA CLIM" un nom facile et « cool » à retenir pour les clients qui s’acclimate très rapidement. Chef d’entreprise émérite, elle jongle entre sa casquette de dirigeante et son organisation familiale. Elle nous décrit une journée type qui est un véritable défi contre la montre. Elle effectue l’ouverture de l’atelier pour l’accueil de la clientèle et s’assure de la programmation des prestations à fournir tout en remplissant sa fonction de gestionnaire comptables. Malgré son humilité, Cette femme tient tête dans un secteur occupé majoritairement par des hommes où elle s’impose sur un marché qui était jusque-là inoccupé dans le secteur nord atlantique. Son audace « vient à vous » pour rafraichir l’habitacle de votre automobile, pensez à faire diagnostiquer votre véhicule pour savoir si SA CLIM.

Tél. : 0696 799 899 / 0596 580 496

ZAC du bac - LA TRINITÉ Email : saclimviensavous@gmail.com

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TRANSPORT

MANUELLA POLYDORE : « CE SONT MES SALARIÉS QUI FONT L’ENTREPRISE »

passe bien, pour gagner en respect et en bien être.

De quelle manière gérez vous la concurrence ?

A

A30 ans, Manuella Poly- frère, Colimat express, en tant que

stagiaire dans un premier temps.

dore, dirige l’entreprise Ensuite, j’ai passé une formation de transport de marchandises de capacité de transport marchande son frère, Karulog transport basée à Baie-Mahault dans la zone économique de Jarry. Que transporte votre entreprise ?

ous livrons sur toute la Guadeloupe des produits secs : farine, sucre, biscuits… Nous avons sept camions et autant de salariés. Des véhicules de 19 tonnes pouvant transporter vingt palettes. Nous travaillons avec différents entrepôts trois donneurs d’ordres, à Jarry, Baie-Mahault et aux Abymes.

Quelle est votre formation ?

J’ai obtenu mon diplôme de BTS assistante de gestion en 2010. J’ai donc intégré l’entreprise de mon

dise et il m’a confié le poste de gérante de sa deuxième société Karulog transport. J’avais alors 25 ans ! Je me suis vite imprégnée du fonctionnement. J’ai rapidement progressé dans ce milieu pourtant très masculin.

Comment managez-vous vos salariés ?

Je cherche toujours à ce que la communication passe, qu’il y ait une bonne entente. Ce sont les salariés qui font l’entreprise. C’est grâce à eux que je suis là, que la société marche. Alors c’est le bien être de mes salariés d’abord. Pour moi c’est une réalité. ON est une famille. Alors on organise souvent des sorties, deux à trois fois par an. Je suis jeune, une jeune femme, mes chauffeurs sont plus âgés. Donc je fais en sorte que tout se

Il y a beaucoup de concurrence. Et c’est assez difficile dans le secteur des produits secs. Certains cassent les prix et la qualité ! Le sec, c’est rentable mais moins que les produits frais. Ce qui nous sauve, nous c’est la qualité de notre service. Nos chauffeurs sont respectueux, nos camions sont très ré gulièrement entretenus. Nous avons toutes les réglementations à jour et les licences nécessaires, c’est pas le cas de certaines entreprises ! Nous sommes connu pour ce d’ailleurs, notre qualité. Je ne fais d’ailleurs pas de pub, on fonctionne avec le bouche à oreille.

Comment optimisez-vous votre trésorerie ?

J’organise les plannings de manière cohérente. Je trace les trajets les plus logiques. Je demande aux chauffeurs de bien entretenir leur camion afin d’éviter les mauvaises surprises, les pièces coûtent chères. Et pour le gasoil nous avons une cuve que l’on remplit tous les mois.

Auriez-vous imaginé occuper ce poste petit fille ?

Non, quand j’étais petite je voulais être gestionnaire de banque. J’ai toujours aimé le contact avec l’argent. Je rendais des services à ma mère contre un peu d’étrennes. Mes premiers moments de négociations ! Bénédicte JOURDIER y

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TRANSPORT

TAXI LINA UNE AFFAIRE QUI ROULE

L

ina a obtenu sa licence de taxi il y a 7 ans maintenant. Elle a suivi la route de son mari, sur le secteur de Saint-François. Et

prochainement, ils vont créer leur entreprise familiale.

Après avoir eu ses deux enfants, Lina ne pouvait concevoir de rester à la maison. Très vite elle a trouvé un temps partiel, dans une école. Mais ce qu'elle aime le plus, c’est quand elle prend le volant de son véhicule. C’est en 2004 que son mari l’initie au métier. Au début elle ne fait que des petits trajets. Aujourd’hui elle connait bien les routes et surtout les raccourcis de la Grande Terre. En 2006 Lina suit une formation à l’IRFMA, (Institut régional de formation des métiers de l’artisanat), et obtient avec facilité son diplôme. Sa licence en poche, elle commence en 2010. A son compteur, aucun accident, aucune contravention, aucun problème avec la clientèle qu’elle récupère pourtant tard, certaines nuits. Ses journées peuvent commencer dès cinq heures du matin avant d’assurer sa permanence à l’école à 8h. L’après midi elle reprend la route pouvant aller jusqu’à Goyave, Basse-Terre ou l’aéro port; la destination la plus demandée.

semble au sein d’une même entreprise. Objectif, limiter les taxes et les charges. Car c’est une affaire qui roule à condition de bien communiquer. Son mari taxi depuis trente ans, est obligé de refuser du monde pendant la haute saison. Principale clientèle : les touristes. Lina prends ses congés en janvier et février pour être 100% disponible. A la saison basse, elle passe plus de temps avec ses enfants, qu’elle n’a malheureusement pas vu grandir : « Ils ont passé beaucoup de temps chez ma mère, ou ma sœur ».

Une course à 300 euros

Tous les jours Lina travaille, et même les jours fériés. Avec le

Limiter les taxes

Artisans; elle et son mari, ils comptent s’installer, cette année, en-

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Lina

temps elle s’est spécialisée dans les déplacements pour raisons médicales: « Un rendez-vous au CHU peut rapporter jusqu’à 300 euros » précise Lina, « Seule condition, être rigoureux dans la gestion des feuilles de soin ». La jeune femme vérifie tout ; « adresse, attestation, et numéro de sécurité sociale », avant chaque commande. Pour se faire connaitre, Lina laisse ses cartes dans les pharmacies ou chez les médecins. Mais sa meilleure pub reste le bouche à oreille. Douce, attentive et bavarde Lina met à l’aise ses clients et s’adapte à eux. Pour être bon taxi, selon Lina il faut être vigilant, disponible, gentils, ponctuel, débrouillard et avoir une bonne mémoire ! Rien que ça. Des qualités qu’elle a su mettre au service de son métier. Ils sont une dizaine dans la profession sur le secteur de Saint-François, dont trois femmes. « Depuis cinq six ans, elles sont plus nombreuses dans la profession ». Une bonne nouvelle pour Lina qui n’insiste pas sur le sujet : « Il n’y a pas de métier réservé aux hommes ou aux femmes ». Bénédicte JOURDIER y


TRANSPORT

ROULER ET ÉvOLUER La conductrice a grandit en Guadeloupe et a vue évoluer les infrastructures de l’île. « Les bus sont plus réguliers aujourd’hui ». Des règles strictes ont été imposées. « On est obligé de quitter les arrêts à des horaires précis pour être à l’heure ». « Le service est ainsi plus fiable mais a perdu de son charme », ajoute Virginie. « A l’époque il y avait une vie. Beaucoup de personnes prenaient le bus et se connaissaient il y avait une ambiance chaleureuse que l’on a perdu de nos jours ».

Mme Virgine Michalon

V

irginie Michalon aime conduire et surtout transporter les

gens, les rencontrer. Conductrice de bus depuis 10 ans au-

jourd’hui elle travaille pour Pajamandy, une société basée à

Sainte-Rose. De Deshaies à Sainte-Rose, Virginie connaît bien les routes et les établissements scolaires. Elle commence très tôt, à 5h du matin avec la tournée des lycées. Puis c’est autour des collégiens. Les mal aimés, ou les mal polis diront certains. « Ce sont les pires », ajoute la conductrice « Ils sont durs à cet âge là, mais avec moi ça se passe bien. Je suis une femme, conductrice, mère de trois enfants. Je les considère comme les miens. Je les corrige, certains se confient à moi. Il y a comme une sorte de confiance ». Et ils peuvent avoir confiance, au moins pour la conduite. Virginie

est très prudente. « J’anticipe toujours. Le code de la route est rarement respecté. Les petites voitures ont du mal à comprendre le fonctionnement des gros engins. Ça peut être catastrophique . Mais Virginie ne connaît pas les contrariétés de la route. C’est une passionnée, elle pilote aussi des motos, de grosses cylindrées et à aussi son permis C. Alors elle a un avis précis de la voirie de l’île : « Les routes ne sont pas aménagées pour les transports réguliers. C’est dommage. Il y a beaucoup d’embouteillage. Ça serait bien qu’on est des voies dédiées aux bus ».

Mais la jeune femme reste optimiste. Il y a de l’avenir dans le transport. Elle rêve d’une société ou les bus seront plus nombreux, et par souci écologique les guadeloupéens préféreront les transports en commun. « J’aimerais moderniser le transport. Nous pourrions créer de l’emploi, améliorer le service, susciter des vocations ». Les idées fusent dans la tête de la jeune femme. Elle aimerait proposer des cours d’anglais aussi pour les conducteurs afin de mieux répondre aux clients étrangers de plus en plus nombreux en haute saison. L’occasion pour elle d’aborder la reconnaissance salariale, trop faible à son sens aux vues de la formation, des responsabilités et des risques du métier. Passionnée Virginie défend son métier. Une profession qu’elle a découvert très jeune. Son père était livreur à paris, pour la presse. De temps en temps avec sa sœur elle accompagnait son papa. « C’est ce grand écran qui m’a plus » Virginie parle ici du parebrise. « Mon frôlait les trottoirs, connaissait les raccourcis, roulait avec assurance. Et je me disais en le voyant : un jour j’espère que je ferai ça ! » AOÛT / SEPTEMBRE 2017 TAGMAGAZINE

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INFORMATION

CONvENTiONs COLLECTivEs ET ACCORds DE BRANCHE DUTRANSPORTROUTIER DE PERSONNES

C

omment le droit s’applique-t-il aux transports urbains

D’abord, la convention collective nationale des transports routiers fixe un salaire minimum garanti cords de branches et conventions collectives régissent le sec- pour les travailleurs du secteur. teur ? Ainsi, il s’agira de s’intéresser aux principaux traits Le niveau le plus bas correspond  au montant du  Smic. législatifs qui orientent la profession au niveau national, Cette convention collective met pour ensuite toucher de plus près aux spécificités locales. en place quatre grilles de salaires différentes révisées anNous analyserons leurs enjeux politiques et nous verrons nuellement, pour les ouvriers, comment sont mises à exécution au niveau régional les in- les employés, les techniciens et agents de maîtrise, ainsi que jonctions administratives d’Etat. pour les ingénieurs et cadres. Ensuite, elle garantit le maintien un certain nombre de principes, de salaire dans les transports • Accords de Branche, con— prévues par ces textes, adminisroutiers, couvre ses employés ventions collectives  : leur trent et précisent l’organisation place dans la réglementa- du secteur, en plus des prescrip- malades ou accidentés. Tous les tions relevant du droit du travail salariés du secteur bénéficient, à tion. partir d'un an d'ancienneté pour Tout d’abord, qu’est-ce qu’un ac- général. les accidents de travail et de trois Comment s’applique cord de branche ou convention collective ? Quels sont ceux qui donc le droit aux transports rou- ans d'ancienneté pour les arrêts se rapportent au domaine du tiers de personnes, aux vues du maladie, d'une indemnisation code du travail et des accords de (prestations maladie + indemtransport de personnes ? L'accord de branche ou branches. Quelle réglementa- nité complémentaire de la part la convention de branche est un tion spécifique les régente au- de l'employeur) qui devra être égale à 100 % ou à 75 % de leur texte contractuel conclu par les jourd’hui ? rémunération habituelle selon représentants des salariés (synles cas. Ce pourcentage dépend dicats) et des employeurs pour • Convention collective du des entreprises (dirigeants) d'un transport routier du 21 dé- de la période d'arrêt ainsi que de même secteur d'activité. Une cembre 1950 et ses annexes la catégorie à laquelle appartient le salarié absent (ouvriers, emconvention peut être nationale, successives jusqu’en 2017. régionale ou départementale, Le texte à jour de la convention ployés, techniciens et agents de catégorielle (par exemple pour collective  du transport routier, maîtrise, ingénieurs et cadres). Par ailleurs elle déterles cadres) et sectorielle. Elle vise datant de 2017, contient la vermine, pour chacune des catégoà traiter l'ensemble des élé- sion intégrale de la convention ries de salariés, la durée de ments relatifs aux conditions collective nationale des transd'emploi et de travail, à la forma- ports routiers et activités auxi- la période d'essai qui peut être tion professionnelle et aux ga- liaires du transport du 21 exigée par l'employeur, celle-ci ranties sociales. Ces conventions décembre 1950. Il comprend no- ne pouvant être renouvelée permettent, en fait, de compléter tamment des règles applicables qu'une seule fois et dans la liles règles du droit du travail ap- au préavis, aux indemnités de li- mite d'un mois. Les durées maxiplicables aux salariés en fonction cenciement, au travail de nuit, à males des périodes d'essai dans des caractéristiques propres à un la  démission, à l'apprentissa- le secteur sont égales à :  métier, à une branche profes- ge ou au paiement d'une prime - 1 mois pour les ouvriers/personnel de conduite ; sionnelle, à une zone géogra- d'ancienneté.  2 semaines pour le reste du phique. Ainsi, dans le domaine Ce libellé prévoit l’encadrement personnel ouvrier ;  du transport comme dans tous de l’activité sous plusieurs as1 mois pour les techniciens et autres domaines professionnels, pects.

et non urbain de personnes en Martinique ? Quels ac-

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agents de maîtrise des groupes 1 à 5 ; - 2 mois pour les techniciens et agents de maîtrise des groupes 6à8; - 3 mois pour les ingénieurs et cadres.  La convention collective nationale donne aussi un cadre précis en ce qui concerne les heures supplémentaires  d’ailleurs fréquemment pratiquées dans la profession. Ainsi, toute heure de travail effectif accomplie à la demande de l'employeur ou avec son accord, au-delà de la durée hebdomadaire légale (35 heures par semaine), est considérée comme une heure supplémentaire et sera majorée de 25 % à partir de la 36e heure jusqu’à la 43e, et de 50 % au-delà de la 43e. Elle prévoit, en outre, des périodes de préavis spécifiques en cas de démission de ses salariés. La démission d'un salarié en CDI doit s'effectuer via une lettre de démission. Ces  préavis dépendent de la catégorie à laquelle appartient le salarié démissionnaire (ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise, ingénieurs et cadres). Pour la catégorie « ouvrier », la durée du préavis s’élève à une semaine. Pour celle « employé » elle est d’un mois. Concernant la section «  techniciens et agents de maîtrise » des groupes 1 à 5, le délai est de un mois et de deux mois pour ceux des groupes 6 à 8. Enfin « ingénieur et cadre  » bénéficient d’une échéance d’avertissement de 3 mois. ••• Suite au prochain numéro


TOURISME

MME PAULIN-PYRAM, GUIDE TOURISTIQUE

Mme Marie-Annick Paulin-Pyram

M

me Paulin-Pyram, guide touristique chevronnée, partage avec nous ses défis, son quotidien et les problématiques

de sa profession.

Elle est née et a grandi à Toulouse. Elle a poursuivi toute sa scolarité dans la ville rose et a choisi la filière LEA à l’université. Elle exerce le métier de guide touristique en Martinique depuis 1991. Cette professionnelle du tourisme est à la fois hôtesse d’accueil et guide touristique. La guide professionnelle possède le statut d’auto-entrepreneur depuis 2009 et sa société s’appelle Shannick Tradi kari-BN ; elle fait partie des acteurs incontournables du secteur touristique dans le domaine de l’excursion, de visite de ville et site privatif. Contrairement à quelques « guides marrons » en exercice, notre guide professionnelle est trilingue. Son métier est méconnu et aussi non admis. Hors, c’est une profession qui requiert une grande patience ! En effet : « j’ai souvent en charge des groupes de plus de cinquante personnes » précise-telle, « s’adapter à son public cela

nécessite une très bonne culture générale, ainsi qu’une bonne élocution, il faut savoir synthétiser les informations à transmettre, pour le bon déroulement d’un circuit » car elle côtoie des personnes de tous horizons. Elle nous explique que :  « Cette mission demande un esprit d’initiative et d’observation pour anticiper sur les besoins de la clien tèle ». « Dans beaucoup de mentalités l’activité de guide touristique est un « job » argumente-t-elle. Alors qu’il s’agit d’un métier à part entière. Même si beaucoup de « guides marrons » pratiquent cette activité pour arrondir leurs fins de mois, d’autres l’exercent par vocation. « Etre guide touristique demande de l’exigence » précise-t-elle. Notre invitée nous interpelle sur le travail de recherche qui est produit en amont et qu’une certaine clientèle sous-estime. Les études de

documents, les repérages sur le terrain, la veille des actualités du monde et du secteur touristique, autant de tâches nécessaires à l’adaptation de son discours. Pour Mme Paulin-Pyram, être femme guide touristique ne soulève aucune polémique. En revanche, la saisonnalité du secteur présente une précarité qui doit être anticipée par la mise en place de prestations innovantes. Enthousiaste et déterminée, Mme Paulin-Pyram est une guide touristique éprouvée qui porte l’étendard de la profession avec brio. Elle s’est donnée pour défi d’obtenir la reconnaissance des guides touristiques martiniquais par leurs pairs et d’arriver à faire représenter ce corps de métier dans le tourisme lors des échanges avec les institutions locales. Ainsi, par sa maîtrise du terrain en collaboration avec ses confrères, elle désire redorer le blason de cette profession. Cette démarche aboutirait par un projet d’association de guides professionnels. Gilliane CORBIN y & N’Nekka J-L y

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DECOUVERTE

L’ART DE L’ACCUEIL, SELON FABIENNE

Fabienne fait partie de la charmante équipe de 6 femmes chargées d’accueillir les visiteurs au musée du rhum Saint-James. La quinquagénaire est fidèle à son poste depuis 27 ans.

Fabienne Claude, attachée commerciale au Musée du Rhum Saint-James

F

abienne Claude travaille au musée du rhum depuis 27 ans.

Elle fait partie de cette charmante équipe de 6 femmes qui

vous y accueillent du lundi au dimanche. Créé en 1981 et amé-

nagé dans une authentique maison d’époque qui est nichée dans le parc de la distillerie Saint-James, ce musée est l’un des sites les plus visités du Nord de l’île. Touristes et résidents s’y arrêtent tous les jours par dizaines, parfois par bus remplis et sont accueillis par Fabienne et ses collègues, pimpantes dans leurs magnifiques robes inspirées des tenues traditionnelles martiniquaises. Son Bac littéraire en poche, la samaritaine se lance sans grande conviction dans des études de droits. Et au bout de la première année Fabienne comprend que cette filière n’est pas faite pour elle. La jeune femme décide alors de se réorienter vers un BTS tourisme.

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Elle ne le sait pas encore, mais ce choix va s’avérer déterminant. Elle se sent tout de suite plus à son aise dans ce milieu du tourisme... Cette formation qui allie savoirs théoriques et découverte pratique des métiers, est ponctuée de nombreux stages en entreprise. C’est à la suite d’un de ses stages


DECOUVERTE à l’office du tourisme de SainteMarie que Fabienne, 54 ans, a eu vent, par l’un des administrateurs de l’association, d’une offre d’emploi au Musée du Rhum. En effet, la responsable des hôtesses d’accueil du musée devant s’absenter quelques temps pour des raisons personnelles, les dirigeants de la structure étaient à la recherche d’une personne, pour renforcer l’équipe pendant ce laps de temps. Fabienne postule, sa candidature est retenue… Ainsi débute la grande aventure. La nouvelle recrue prend tout de suite son rôle très au sérieux. Elle accomplie les tâches qui lui sont confiées avec beaucoup de professionnalisme, si bien qu’à la fin de son contrat, ses dirigeants décident de la garder définitivement dans l’équipe. Ces derniers avaient été conquis par son charme, ses qualités et ses compétences. Heureuse surprise! Visites guidées

du musée du rhum, de la maison de la distillation et de la distillerie (seulement pendant la période de récolte de la canne à sucre) ; dégustation et vente des produits de la maison… deviennent alors le quotidien de cette néo-professionnelle du tourisme.

De l’empathie et un bon physique Plusieurs qualités et compétences sont requises pour ce poste clé dans la stratégie de développement de l’entreprise. « L’hôtesse d’accueil est la première vitrine de la marque. Elle doit avoir de très bonnes notions en anglais, maîtriser les techniques d’accueil, posséder une bonne culture générale et notamment de solides connaissances en histoire, géographie et culture locales… Mais il faut surtout de l’empathie, avoir beaucoup d’aisance dans la relation avec l’autre et plus surprenant en-

core, de bonnes aptitudes physique » tient à préciser Fabienne. En effet, l’équipe du musée doit souvent gérer des rushs de visiteurs : « parfois plusieurs bus arrivent en même temps et ce sont des dizaines de personnes qu’il faut prendre en charge, expliquet-elle. Il faut tenir le choc physiquement, tout en faisant preuve de beaucoup de maîtrise de soi, car chaque client arrive avec son caractère, son humeur, etc. ». Aujourd’hui, forte de sa longue expérience, Fabienne maîtrise parfaitement les ficelles du métier. Mais au delà de son professionnalisme irréprochable, elle avoue, avec un large sourire, être motivée tous les jours par la fierté de participer pleinement à l’effort de promotion de l’image de la Martinique. S. SUN y

C’est la rencontre avec l’autre que Fabienne Claude apprécie avant tout dans son métier d’attachée commerciale au Musée du Rhum. AOÛT / SEPTEMBRE 2017 TAGMAGAZINE

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FORMATION

LA FORMATION PROFESSIONNELLE TOURISTIQUE EN QUESTION

M

adame Francine Carius est présidente de l’IMFPA, l’Institut

Martiniquais de Formation Professionnelle pour adultes.

C’est un établissement d’Etat qui a un contrat de service public

avec la CTM pour la mise en place de la formation professionnelle sur le territoire Martiniquais. Dans cette perspective, une attention particulière est portée aux métiers du tourisme, enjeu important de l’île. L’organisation des apprentissages est régie chaque année par un programme de formation établi aussi bien dans le secteur tertiaire, que dans l’industrie et le tourisme. L’IMFPA tente toujours d’adapter les contenus d’enseignement qu’il propose aux réels besoins des professionnels du terrain. Aussi des préparations aux métiers du tourisme se développent sur de nombreux sites du territoire. Des cours de langue, en restauration pour devenir agent, sont dispensés. L’étude du métier de guideaccueil touristique est aussi assurée. « Mais, que nous soyons d’accord, prévient madame Carius, l’IMFPA ne s’occupe pas que des métiers du tourisme ». L’IMFPA a en même temps qu’une mission de formation (Service Public Régional de la Formation : SPRF), une mission d’orientation (Service Public Régional de l’Orientation : SPRO). Ainsi, dans le cadre du Service Public de l’Orientation, des personnes n’ayant pas encore défini leur projet professionnel sont reçues selon un dispositif élaboré. L’institution travaille avec elles leur projet pour, en définitive, les orienter au mieux vers les secteurs porteurs de l’île. Il s’agit de tenir compte de leur niveau réel d’une part et de la réalité du marché local d’autre part. « Ce qui est important, c’est que Service Public d’Orientation et le

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Conseil de l’Evolution Professionnelle (généré par la loi du 5 mars 2014), oriente ces gens vers des filières qui leur permettront de s’insérer dans la vie professionnelle. Nous cherchons avant tout à agir sur le taux de chômage qui reste élevé dans l’île », nous explique Francine Carius. L’IMFPA qui existe depuis le 23 janvier 2017, a organisé depuis le début du mois de février une conférence avec l’ensemble des acteurs intervenant dans le champ de la formation en Martinique. Les missions locales, la DIECCTE (Direction des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l'Emploi), les chambres consulaires, le pôle emploi, les communautés d’agglomération, les PLIE (Plans Local pour l’Insertion et l’Emploi) se sont ras semblés afin de débattre ensemble des solutions possibles pour l’amélioration de l’emploi sur l’île. Toutes les institutions qui accueillent les publics concernés et qui ont pour mission ou de les orienter ou de construire avec eux un parcours professionnel ont été mises en liaison par le biais de cette conférence. Le principe de réalité relève donc d’une solide posture ontologique de la structure même. De plus, au débutde l’année 2016, Mme Francine Carius a pu personnellement s’enquérir des besoins

Mme Francine CARIUS spécifiques de la filière touristique. Elle a eu précisément à rencontrer les professionnels du secteur qui lui ont fait part des manquements notamment en matière de main d’œuvre. « Ce qui est ressorti de cette rencontre c’est qu’il reste à améliorer la compétence », affirme-t-elle. On remarque un fort besoin des guides touristiques, de plus l’accueil est souvent lacunaire. Le problème majeur, selon elle, reste le réajustement et la modernisation des compétences du personnel qui travaille depuis un certain temps dans le domaine. Fort de ces constats, l’IMPFA propose dans son calendrier des actions de formation spécifiques. Chaque année, il travaille sur les besoins du territoire dans le cadre de son programme. Les exigences des spécialistes sont exprimées, notamment par des enquêtes menées par le Pôle Emploi et par des études prospectives dirigées par la CTM. Mme Francine Carius est une femme engagée. Son militantisme syndical et social s’affirme tout au long de sa carrière politique. Nul doute que son combat éclaire l’entreprise de formation dans la filière touristique. Leïla GONIER y


DECOUVERTE

A

Mme Dolores Belair

© Nicolas Cortès

© Nicolas Cortès

LE PITT A COQS, C’EST MA vIE

Morne-à-l’eau, Dolores Belair a repris le pitt à coqs de son en fin de semaine. « J’aime parta-

ger, je cueille un fruit à pain et fait

père il y a 28 ans. Et elle partage sa passion avec foi. Une découvrir aux touristes, je leur femme de conviction et de caractère qui fait perdurer une tradi- montre ma vie. Je suis très patriotion vieille de 500 ans. « Le respect de la parole donnée », formule incontournable du Pitt à coqs, Dolores en a fait sa devise. C’est toute la culture autour du combat de coqs qui a séduit cette femme poto mitan. Alors qu’elle travaillait à Paris, pour la sécurité sociale, Dolores a changé de vie radicalement, pour maintenir ouvert le gallodrome familial. Une arène ouverte depuis 1942. Il en existe encore douze en Guadeloupe, deux à la Désirade et un à Marie-Galante. Le pitt à coqs a bercé son enfance et rythme aujourd’hui son quotidien. Tous les matins, elle se lève avant 6h, pour préparer le petit déjeuner des coqs et leur séance de gymnastique ! Au programme, pain mouillé, saut en longueur et en hauteur, pompes et équilibre sur cordes. Pratiquement tous les coqs ont un nom d’homme politique Macron bien sur, Lepen, Sarkozy, Obama… « Je me prends pas au sérieux, mais pas les hommes politiques » plaisante Dolores.

Toujours un petit mot pour faire sourire. Dolores sait recevoir. A 9h les premiers touristes arrivent. 7 euros la visite pour une ou deux heures et souvent plus. La femme est bavarde et répond voire rétorque avec plaisir aux nombreuses questions et critiques. Car le combat de coqs divise. Il y a ceux qui n’y voient qu’un acte de barbarie et ceux qui retrouvent les traditions. Cette Mornalienne s’est d’ailleurs beaucoup investit pour que la loi n’interdise pas l’activité des gallodrome encore existant en France. Et même si elle ne considère pas le pitt à coqs comme un commerce, au fil des années celui-ci est devenu une véritable structure touristique. Un musée retrace l’histoire de René Belair, père de Dolores et grand tenancier renommé de pitt à coqs. Le gallodrome est ouvert tous les jours, la gérante organise aussi des balades en charrette. Le vendredi les gourmands peuvent même y manger avant les combats qui ont lieu

tique et défend mes traditions ». Et visiblement, les touristes apprécient. « Parfois le pourboire dépasse 3 à 4 fois le prix de la visite ».

L’adresse est connue. « A part le routard, je suis dans tous les guides ». Sa très petit entreprise gagne en renommée. Mais les bénéfices sont limités. Dolores gagne à peine un smic... « Je ne veux pas que mes enfants reprennent ». Elle explique le regard triste : « C’est ce qui me chagrine le plus, mon pitt est déclaré, je fais ça dans les règles mais je paye beaucoup d’impôts. C’est trop de galère ». Dernièrement elle a acheté dix coqs en provenance de métropole. De nouvelles volailles pour de nouveaux combats encore plus fort. A 62 ans, cette femme dirige avec poigne ce pitt à coqs dans ce milieu très masculin. « J’ai relevé le défi, Le courage c’est oser prendre des risque, non ? ». A l’entendre, elle n’est pas prête d’arrêter. Bénédicte JOURDIER y AOÛT / SEPTEMBRE 2017 TAGMAGAZINE

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DECOUVERTE

INTERVIEW, TOURNICOTI PARAPLUIES

M

adame Cinélu, gérante et créatrice de l’entre-

prise Tournicoti parapluies nous a ouvert les portes de son atelier. Depuis novembre 2009, elle y travaille à la commande pour fabriquer des parapluies sur mesure. Ce sont ses enfants qui lui ont suggéré le nom : Tournicoti en référence à l’émission télévisée « Tournez manèges ».

Cette belle aventure a débuté après un déclic lié à deux évènements. Ayant connu une longue période de chômage à la suite d’un licenciement économique,

Mme Cécile Cinélu elle fait la rencontre d’un fabriquant de parapluies installé en France hexagonale. En retraçant son parcours entrepreneurial, elle souligne son grand désarroi face aux difficultés d’assistance et d’orientation en qualité de chef d’entreprise. Pas à pas notre chef d’entreprise en artisanat expérimente les rudiments de la gestion financière avec des charges quotidiennes cès onéreuses. Achats de matières tant premières provenant au nide l’extérieur ainsi veau du marché que du temps de falocal qu’auprès du ses enfants qui lui brication non néglipublic touristique. geable, autant d’in ont suggéré le nom Tour- D’ailleurs, sa collecgrédients nécessaires nicoti tion est commandée à une bonne rentabipour les cadeaux lité. Un challenge aud’entreprise. quel notre Dame parapluie n’était Mesdames, Le Tag Mag vous inpas préparée. vite à sortir en Tournicoti pour être Toutefois, notre artiste de Tourni- élégante à l’abri du soleil et de la coti dresse un bilan plutôt positif. pluie. Elle n’a pas à envier les accessoiristes de mode parisien puisque le Gilliane CORBIN y produit de sa confection a du suc-

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AERIEN

UNE PASSION AVION, AIR CARAïBES Vision d’un PNC *

Audrey

A

udrey, 33 ans revient sur

son expérience d’hôtesse

de l’air à Air Caraïbes à Paris. Après avoir été agent à l’enregistrement des bagages, à la vente de billet, et à l’aprèsvente pendant plusieurs saisons dans une autre com-

pagnie, elle embrasse une carrière d’hôtesse à Air Caraïbes. Elle nous fait part de son vécu au sein de de cette ligne aérienne. Après avoir obtenu un diplôme d’AES (Administration Economique et sociale) à Toulouse, Audrey se rend compte très vite que la fonction publique ne lui convient pas. Elle intègre donc le secteur privé.

La jeune femme enchaîne plusieurs saisons dans la compagnie Air France, à l’aéroport de Fortde-France en tant qu’hôtesse au sol. Elle assure plusieurs fonctions dans le cadre de son métier. Elle est agent à l’enregistrement et à la vente de billets, mais s’occupe aussi de l’après-vente. Cette dernière activité consiste à gérer les difficultés que peuvent rencontrer les passagers, notamment les cas de vols ratés, les dysfonctionnements en tout genre. Audrey explique que ces offices relèvent de formations distinctes, mais qu’elle arrive à mener de fronts ces différent aspects de la profession d’agent commercial au sol. Cette première expérience se termine après plusieurs saisons avec l’arrivée de la crise économique de 2008. Par la suite, Audrey tentera une nouvelle fois de rejoindre le monde administratif. Elle intègre durant deux ans le ministère de la culture à Fort-de-France, en tant que chargée de mission pour la gestion des Fonds Européens. Elle en arrive à la conclusion qu’elle préfère travailler dans le privé. Elle devient assistante manager dans une start-up en Martinique dans le e-commerce. « J’adorais ce boulot, les relations avec les collègues étaient très satisfaisantes, avec les clients aussi. Ça se passait très bien… Et puis la boîte a coulé ». C’est à ce moment-là qu’Audrey songe à suivre une formation d’hôtesse de l’air. Elle embrasse véritablement la carrière d’hôtesse de l’air à l’âge de 31 ans. « 31 ans cela semble un peu tard, mais je n’étais pas la seule dans ce cas. Dans ma promotion se trouvait une fille de 38 ans. » Certaines compagnies sont plus à cheval que d’autres sur les critères physiques : taille, aspect physique. D’autre sont plus attachées au profil com-

mercial du candidat, à sa maîtrise des langues. Pour ma part, il me semble que mon expérience de deux ans à Londres, mes antécédents dans le domaine commercial, ont bien dû jouer en ma faveur. Il faut savoir aussi convaincre les recruteurs » précise Audrey. Elle ajoute que ses débuts ont été délicats. Il faut s’adapter très vite à ce métier. « On n’a pas vraiment droit à l’erreur. On doit être capable de veiller à la sécurité des passagers. Un malaise cardiaque peut survenir, ou alors un accouchement prématuré... Nous sommes heureusement formés aux premiers secours ». En définitive, aux dires d’Audrey, on comprend que la performance commerciale du métier est certes la plus connue, la plus évidente mais que bien d’autres qualités sont nécessaires à la pratique de cette fonction. La formation médicale est aussi très importante. II est aussi souhaitable d’avoir des aptitudes relationnelles : il faut une bonne entente entre les membres d’équipage, PNC (Personnel Navigant Commercial : hôtesse de l’air, Stewart) et PNT (Personnel Naviguant Technique  : pilote, co-pilote, technicien de l’air). L’escorte changent à chaque vol. Audrey nous spécifie que, de plus, il faut être malléable. Par exemple le service en classe économique, en classe intermédiaire (classe économique premium) et en première classe, est différent. Il faut aussi pouvoir s’adapter aux décalages horaires, à une mobilité de tout instant…En somme être hôtesse de l’air est un métier qui demande polyvalence, adaptabilité et sourire. Un large programme parcourir des « miles ». Leïla GONIER y AOÛT / SEPTEMBRE 2017 TAGMAGAZINE

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MARITIME

PILOTE MARITIME DE HAUT vOL

Mme Véronique Seremes

V

éronique Seremes exerce

un métier singulier pour

une femme : celui de pilote ma-

ritime. Cela consiste à donner des instructions au commandant des navires de plus de 50 mètres de long, quand ceux-ci entrent et sortent du port. Originaire de la Guadeloupe, Véronique regagne le 18 août 2014 l’équipage du pilotage de la Martinique. C’est le deuxième femme pilote maritime de France, après Catherine Cornu exerçant à la Station de Pilotage de Rouen. 26

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La pratique de cette activité relève indéniablement d’un parcours d’excellence : le pilote des stations de pilotage des ports de commerce français est recruté sur concours ; il doit être pourvu d’un brevet de capitaine et posséder une expérience en mer d'une dizaine d'années en moyenne. De plus, l'âge limite est officiellement de 35 ans pour accéder au poste. Autant dire que le pilotage maritime n’est pas une fonction acquise d’avance. Il semble nécessaire, pour y arriver, d’avancer de façon rectiligne et déterminée, avec ambition et persévérance. Il s’agit, en effet, de gravir de façon régulière et continue les différents grades de la marine marchande. Aussi madame Seremes a dû « accrocher sa charrue à une étoile ».

Il est vrai que Véronique a toujours été une élève consciencieuse et rigoureuse. Elle passe un Baccalauréat technologique (bac E à l’époque), puis elle suit deux années d’études scientifiques en Guadeloupe. Dès le lycée, elle rêve déjà d’océans et d’horizons lointains. Malgré certaines réticences de son milieu familial, elle entame son parcours naval en France hexagonale, à l’Ecole Supérieure Nationale Maritime du Havre. Au fil des années, Véronique se forge une longue expérience en mer. Elle devient notamment second capitaine sur des navires de la SNCM pendant quinze ans, à Marseille. Elle y pilote des naviress scientifiques ; cette expérience lui permet de faire le tour du monde. Véronique Seremes revient sur les étapes précises de son chemine-


MARITIME

ment : « J’ai d’abord été lieutenant, puis je suis devenue officier pont, officier mécanicien (les deux relèvent du même brevet polyvalent), puis j’ai été second, capitaine, second mécanicien. Il ne me restait que la dernière étape  : commandant et chef. » Finalement, une opportunité se présente à la femme de 38 ans : un concours s’ouvre suite au départ à la retraite de Michel Joseph-Mathurin, président de la station de pilotage locale. Après une période de stage de six mois durant lequel elle s’illustre avec brio, Véronique Seremes, titulaire du plus haut brevet de la marine marchande (capitaine de 1ère classe), réussit et accède au poste de pilote maritime de la Martinique. Elle dessert désormais principalement le port de Fort-de-France, mais aussi ceux de Bellefontaine, de Saint-Pierre, du Marin, et du Robert. Aujourd’hui, elles ne sont pas plus de trois femmes dans la Caraïbe à exercer ce métier : « la Dominique, Trinidad et Tobago et la Martinique sont les seules îles à compter des femmes au rang de pilote maritime » nous précise-t-elle. Assurément, la fonction exige non seulement un haut niveau théorique, mais aussi une longue expérience en mer, en plus d’une connaissance parfaite des eaux d’accostage des navires. En effet, le pilote connaît précisément le balisage des fonds marins  : il emprunte un chenal spécifique en fonction du tirant d’eau du navire qu’il dirige. De plus, s’il doit conduire les manœuvres d’accostage et d’appareillage, il coordonne aussi le déploiement des intervenants portuaires  : barreur, lamaneur, remorqueur… En définitive, les femmes n’ont que très rarement la possibilité de réunir tous ces facteurs déterminants, car elles sont souvent rattra-

Station de pilotage à Fort de France pées par une vie de famille, des obligations sociales qui les en éloignent. « C’est un milieu très masculin », nous confie-elle. En effet, dans la marine marchande, elles sont souvent une à deux femmes sur le volet technique dans des escadrons de plusieurs centaines de personnes. L’équipe sur la passerelle, les chefs de pilote, sont souvent surpris d’avoir comme collaboratrice une femme. « Avant que ne s’opère la rencontre de visu à bord, le pilote maritime et la commanderie du bateau sont mis en contact radiotéléphonique VHF. Le commandant demande souvent confirmation à son personnel que le pilote est bien une femme, au fur et à mesure que nous nous rapprochons du navire ». Mais arrivée à bord, l’équipage se rend vite compte de l’expertise de Véro-

nique, de son professionnalisme, de son pouvoir rapide de décision. La tension tombe naturellement, et le commandant exprime souvent sa satisfaction. Il précise la plupart du temps, avec un soulagement non dissimulé, affirme- telle, que c’est la première fois qu’il se fait piloter par une femme. Aujourd’hui, Véronique Seremes confie aisément que sa carrière professionnelle occupe une place centrale dans sa vie. Malgré des horaires de travail compliqués, la mer et la technique maritime n’ont cessé d’être sa passion. La forte pression inhérente à la responsabilité du pilote maritime qui veille à la bonne conduite des navires de plusieurs millions d’euros n’est rien quand on considère la satisfaction que procure une manœuvre réussie. Leïla GONIER y

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HISTOIRE

BIOGRAPHIE>>>>>>>>>> Dixième d'une fratrie de treize enfants, Bessie Coleman a vu le jour le 26 janvier 1892 dans l’état du Texas. Ses parents, George et Susan Coleman, se sont installés dans cette ville pour répondre aux besoins de main-d'œuvre de l'industrie du  coton. Lui est métis, ayant trois grands-parents  choctaw ou cherokee et un grand-parent noir ; elle est noire. Peu après sa naissance, les Coleman partent s'installer à Waxahachie, à une cinquantaine de kilomètres au sud de  Dallas, là où les perspectives de développement et d'emploi sont plus attrayantes. En 1901, son père décide de quitter le Texas, ne supportant plus la  ségrégation raciale  instaurée

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par les lois Jim Crow, sa condition de Noir étant aggravée par ses origines amérindiennes. Il décide de se rendre dans l'Oklahoma, alors dénommé  Territoire indien, d'où sa famille est originaire et où la pleine citoyenneté est accordée aux descendants d'Amérindiens, mais Susan refuse de le suivre. Peu après, deux des frères de Bessie Coleman quittent à leur tour le foyer familial. John, âgé de 15 ans part rejoindre son frère plus âgé Walter à  Chicago  où il travaille comme bagagiste chez Pullman et Isaiah part s'installer au Canada et devient un fermier prospère. Susan Coleman élève alors seule ses quatre petites filles, Bessie, Elois (née en 1894), Nilus (née en 1896) et Georgia (née en 1898). Elle est embauchée comme cuisinière par un couple de Blancs, Mr. et Mrs. Jones, qui lui viennent en aide matériellement. Lorsque sa mère travaille chez les Jones, Bessie s'occupe des tâches ménagères à la maison, fait la babysitter pour ses petites sœurs et manque de ce fait régulièrement l'école. Quand vient l'été, les Coleman comme l'ensemble de la population noire de la région participent à la récolte du coton et les écoles pour Noirs sont fermées tant que dure la récolte. Afin d'échapper au travail dans les champs de coton, Bessie envisage de poursuivre des études supérieures. En 1910, après avoir mis de l'argent de côté, elle part pour Langston dans l'Oklahoma et s'inscrit en classe préparatoire à la  Colored Agricultural and Normal University mais ses économies s'avèrent insuffisantes et après moins d'un an passé à Langston, elle doit retourner à Waxahachie où elle travaille comme blanchisseuse.  Arrivée à Chicago, elle s'installe chez son frère Walter qui vit là

© Photo de George Rinhart / Corbis via Getty Images

© Bessie Coleman. Michael Ochs Archives / Getty

BESSIE COLMAN, PREMIèRE AvATRICE NOIRE

Bessie COLMAN avec son épouse, en cohabitation avec son autre frère John et sa femme puis se fait employer comme manucure. Parmi ses clients figurent Robert Sengstacke Abbott, fondateur et éditeur du Chicago Defender qui défend la cause des Noirs et Jesse Binga, promoteur immobilier et banquier qui influenceront tous deux sa carrière. Lorsque les États-Unis entrent en guerre aux côtés des Alliés durant la Première Guerre mondiale, Walter et John sont incorporés dans le corps de l'armée et participent aux combats sur le sol de France. Bessie Coleman découvre alors dans la presse les exploits des aviateurs français et américains tels que Eugene Bullard, premier pilote de chasse afro-américain. Sa fascination pour tous ces modèles la pousse à embrasser une carrière d’aviatrice. Gilliane CORBIN y Bibliographie>>>>>>>>>>>>>>> http://www.lisapoyakama.org https://fr.wikipedia.org


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