Page 1

Leila Marmelade

NOUVELLE

Orgueil et Préjugés


Orgueil et Préjugés


Orgueil et Préjugés Tous droits réservés Copyright © 2017 — Leila Marmelade


Cette nouvelle est gracieusement offerte par l’auteure à ses lecteurs. Elle est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé. Conformément à l’article L 335-2 du Code de la Propriété Intellectuelle, toute représentation intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droits ou de ses ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque. Pour obtenir l’autorisation de l’auteure, la joindre sur ses réseaux sociaux (Twitter, Facebook), son site internet (leilamarmelade.com) ou par email via leilamarmelade@gmail.com.


Leila Marmelade

Orgueil et Préjugés NOUVELLE


Leila Marmelade - Orgueil et Préjugés

Idris se demandait toujours pourquoi on parlait de Libreville la belle plutôt que de Libreville la verte. Des arbres, il y en avait à perte de vue alors qu’on se trouvait en pleine capitale. Il n’aurait pas su tous les nommer mais ce qui était sûr, c’était que leur feuillage luxuriant donnait du peps au panorama. S’il avait fallu ne compter que sur les maisons à moitié bâties ou les villas non peintes, le résultat aurait été moins… chatoyant. Il mit le volume de la radio à fond et bougea la tête en rythme en contemplant le paysage. A force de vouloir différencier les manguiers des badamiers, la voiture fit une embardée et sa poitrine cogna douloureusement le volant lui arrachant un juron bien senti. Tous les voyants lumineux s’éteignirent de concert.Apparemment, il venait de caler le moteur. Il avait voulu jouer au plus malin en prenant un raccourci pour éviter les embouteillages du centre-ville et voilà qu’il se retrouvait piégé dans un quartier où le bitume avait dit bye bye à la population depuis les indépendances. "Libreville la sans route" serait peut-être plus approprié se dit-il en descendant pour vérifier les dégâts. Il écarquilla les yeux de terreur en constatant la longue éraflure qui ornait désormais le flanc de la berline. Il s’humidifia le pouce de salive et essaya tant bien que mal de faire disparaitre ce qu’il pouvait. Avec un peu d’insistance, les traces finirent par disparaitre et Idris put de nouveau respirer librement. Il posa un baiser sur ses doigts et caressa la peinture métallique en remerciant le ciel. Il se remit au volant avec entrain et démarra l’engin. Rien ne s’alluma, aucune lumière clignotante, aucun doux ronronnement, rien. Son cœur manqua un battement. Quinze minutes plus tard, il dut s’avouer vaincu. Cette maudite voiture flambant neuve était tombée en panne. Il sortit d’une main tremblante son iPhone de sa poche et lança un appel.

— Tu te rappelles du type qui a dit en direct à la télé : je suis mort, je suis foutu ? demandat-il à son ami dès qu’il décrocha. — Y’a quoi ? — Bah je suis mort ! — Donc là tu essaies de me faire croire qu’il y a le réseau en enfer ? Je suppose que c’est de là que tu m’appelles ! — Je suis dans la merde et tu fais de l’humour ? Je suis en plein quartier Akebe. La voiture… La voiture, putain de merde… commença–t-il àbégayer.

6


Leila Marmelade - Orgueil et Préjugés

Son interlocuteur éclata d’un rire sonore signe qu’il avait compris que le problème était vraiment grave.

— Vous les Gabonais vous êtes comme ça ! Vous habitez des maisons en planches et conduisez des voitures dernier cri dans des quartiers populaires. On va bien te braquer les jantes de la voiture là ! — Tu me trouves une solution ou tu continues ta leçon ? demanda Idris en jetant de rapides coups d’œil inquiets aux alentours.

Déjà, de petits garçons apparus de nulle part, torses nus, culottes noircies par la crasse chuchotaient entre eux en désignant la voiture en panne. Idris se sentit de plus en plus nerveux. Il imaginait déjà ces garçons donnant l’alerte à leurs aînés qui rappliqueraient vite fait pour le dépouiller de tout ce qui avait de la valeur dans et sur la voiture.

— Bon soyons un peu sérieux. Si tu es à Akébé vas chez Manu et Fils. Ils font des merveilles avec les Lexus. Manu a réparé la Hummer d’Alexis, il n’y a pas longtemps. — Donc tu veux que je confie cette voiture qui vaut au bas mot 15 ans de ton salaire… à quelqu’un qui a ouvert son garage dans Akébé ? — 15 ans du salaire de qui ? Moi ? Un ingénieur de haut niveau qui commande les expatriés comme moi ? Tu es fou !

Cette fois-ci ce fut au tour d’Idris de rire de bon cœur. S’il y avait bien une chose dont Cédric son ami, était fier c’était d’être mieux payé que les expatriés français du secteur pétrolier dans lequel il officiait. Pour lui c’était comme d’être un esclave affranchi possédant tout un ranch dans l’Amérique de la traite négrière. Le numéro du garage lui fut envoyé par messagerie et il les contacta. Malheureusement aucun camion de dépannage n’était disponible. À sa grande surprise, ce furent les ados du coin qui l’aidèrent sans qu’il ne le demande en poussant la voiture jusqu’au garage. Une fois sur place, ils acceptèrent qu’il leur paie une tournée de soda chez le boutiquier du coin et le quittèrent heureux de cet argent si facilement gagné.

Le garage dénommé

« chez Manu et Fils » n’était pas à proprement parler un garage, juste

un vaste terrain avec un portail qui tenait à peine debout. Pour en faire un garage digne de ce nom il aurait fallu des aménagements que le propriétaire n’était semble-t-il pas disposé à faire. Il aurait peut-être aussi fallu ramasser toutes les mangues mures 

7


Leila Marmelade - Orgueil et Préjugés

tombées au pied du portail de fer, afin de rendre l’endroit moins délabré. Idris interpela l’homme en débardeur qui se battait avec les roues d’une moto de course.

— Excusez-moi ! Vous pouvez m’aider pour la voiture ?

L’homme, à la barbe bien fournie et au corps d’athlète jeta un rapide regard à la berline avant de cracher à coté du pneu enfin démonté. Idris se retint de faire un commentaire désobligeant. Il appela un autre garagiste qui bricolait une Toyota Carina tellement vieille que le Ta de Toyota avait disparu.

— Les berlines automatiques c’est du ressort de Manu, ces trucs-là c’est fragile et les pièces coûtent chères, expliqua ce dernier. Va vers là-bas, dit-il en lui indiquant la gauche où étaient entassés des moteurs de voitures ainsi que des pare-chocs en mauvais état.

Quel accueil ! Idris prit son mal en patience et se dirigea vers le coin où était censé se trouver ledit Manu. De dos il put constater que Manu était un type plutôt gringalet, pas très grand, qui portait une casquette à l’envers sur une énorme touffe de cheveux crépus. Estce que cet homme était même capable de soulever une roue de voiture ? Il s’éclaircit la voix et appela le fameux Manu.

— Ouep ? Y’a quoi ? demanda Manu sans se tourner pour autant.

Il bricolait le moteur d’une Mercedes. Idris se fit la réflexion de leur faire des remarques sur leur accueil plus que non professionnel dans ce garage d’amateurs. Et puis c’était quoi cette voix de femmelette ?

— Lexus en panne. On m’a dit de m’adresser à vous. — Vous avez du cash ? Parce que j’ai eu beaucoup de chèques sans provision ces derniers temps. — Oui, j’ai du liquide. — J’arrive. je finis avec la Merco. — Je n’ai pas le temps d’attendre. Faut vous en occuper maintenant. C’est urgent.

Manu se retourna. Et la casquette tomba. Idris leva les sourcils de surprise et Manu comprit qu’elle avait à faire à un de ces guignols plein aux as qui aimaient chipoter pour pas

8


Leila Marmelade - Orgueil et Préjugés

grand-chose.

— T’es une femme ! s’exclama Idris sans s’en rendre compte. — Ah je ne l’avais pas remarqué. Un point pour toi, répondit Manu ironique.

Idris tourna les talons sans rien ajouter. Cette voiture, il ne pouvait pas la confier à cette bande d’amateurs. Il retrouva le bonhomme musclé qui essuyait la moto.

— Mais vous m’avez dit que Manu était là. — Oui. Manuella. Tout le monde l’appelle Manu. — C’est écrit Manu et fils… depuis 1980. — Ah oui. Le garage était à son père Emanuel Mvou. On l’appelait tous Manu. Le nom est resté.

Les épaules d’Idris se voutèrent, il n’était pas sorti de l’auberge. L’homme en face de lui comprit son indécision, habitué qu’il était aux réactions misogynes des clients.

— Petit, ta voiture là, avec tout ce qu’il y a d’électronique dedans… Ce n’est pas n’importe qui, qui doit la toucher. Manu te la répare en deux temps trois mouvements. Mais si tu n’as pas confiance, tu peux toujours aller à la maison mère payer 5 millions pour une petite panne de rien du tout. Comme vous les enfants d’aujourd’hui vous ne faites confiance qu’aux blancs.

Manu s’approcha d’eux, un petit sourire méprisant aux lèvres. Avec son afro indisciplinée, Idris lui trouva un air de militante pro vote noir.

— Patrick laisse le partir. Je ne cours pas derrière les clients, ajouta-t-elle d’un petit air suffisant qui exaspéra Idris.

Comment pouvait-elle affirmer avec autant d’aplomb ne pas courir derrière les clients alors que le garage était décrépi. Elle croisa les bras sur sa poitrine invisible sous la combinaison de travail de couleur bleue. Idris se gratta le sourcil afin de se calmer avant de reprendre la parole. Après tout, il avait réellement besoin qu’on jette un coup d’œil à la voiture.

— Est-ce que tu peux s’il te plaît jeter un coup d’œil à la voiture ?

9


Leila Marmelade - Orgueil et Préjugés

— Pourquoi vous passez au tutoiement ? — Pardon ? — Tout à l’heure vous pensiez que j’étais un homme vous m’avez vouvoyée. Je me suis tournée et maintenant c’est

« tu ». Parce que je suis une femme ?

Idris leva les yeux au ciel.

— Non c’est parce que je me suis rendu compte qu’on avait probablement le même âge. De dos je pensais que tu étais Manu père, pas Manu fils, enfin fille. — Hum ! — C’est bon maintenant ? Tu peux s’il te plaît regarder la voiture ? — C’est ma pause-déjeuner. — Donc ? — Je pourrai la regarder après ma pause.

Elle alla prendre un vieux sandwich entamé et mordit dedans comme une affamée. Patrick se mit à rire et Idris comprit qu’elle le prenait pour un con. Il desserra sa cravate car il commençait vraiment à étouffer. Il remarqua qu’elle avait du mal à quitter des yeux la berline. Il en déduisit qu’au fond d’elle, elle mourrait d’envie d’examiner la voiture mais s’en empêchait pour faire perdre patience à Idris. Mais manque de pot pour elle, prendre son mal en patience, il savait faire. Il braqua donc ses yeux sur l’écran de son téléphone et fit mine de ne pas remarquer qu’elle s’avançait vers la Lexus comme si de rien n’était. Elle posa son sandwich sur le toit de la voiture et en fit le tour en guettant l’intérieur. Patrick siffla doucement Idris qui leva les yeux de son écran. Il lui fit un petit signe de tête puis bougea sa main fermée de droite à gauche pour mimer une clef. Idris sourit lorsqu’il comprit le message discret et sans quitter son écran des yeux, déverrouilla à distance la voiture. Manu sursauta et reprit son sandwich en prenant bien soin de mâchonner chaque bouchée avec lenteur. Il était presque fini et elle avait bien l’intention de le manger pendant encore une bonne trentaine de minutes, histoire de faire mariner Monsieur-je-suispropre-sur-moi. Mais cette Lexus LS 600h L était une pure merveille ! Même si elle les réparait, elle savait que pour le moment elle ne pouvait s’en offrir une comme ça même si elle en connaissait les caractéristiques par cœur. Cette voiture pouvait monter à 250 km/h et consommait 8,6 litres tous les 100 kilomètres. Elle caressa des yeux la calandre trapézoïdale soulignée de chrome et ne put s’empêcher de ressentir un frisson de plaisir devant cette coupe aussi

10


Leila Marmelade - Orgueil et Préjugés

racée que luxueuse. Un grand écran multimédia et un système de sécurité pré-collision bien utile avec les chauffards fous de Libreville. À bout, elle finit par engloutir le dernier morceau épais dans sa bouche pour se libérer les mains et ouvrit le capot avec dévotion. Idris s’adossa au portail branlant, abimé par la rouille et la regarda faire. Elle fit plusieurs aller-retour et ressortit à chaque fois avec des outils différents dont il ne connaissait même pas l’utilité. Elle pianota aussi sur son téléphone, se gratta la tête, grogna une tripotée d’injures plus que salaces. Une trentaine de minutes plus tard, avec un chiffon imbibé d’un produit spécial, elle essuya les dernières traces de poussière puis s’arrêta pour admirer son travail. La voiture ronronnait comme un fauve prêt à bondir.  

— Oui ma belle, c’est toi la plus belle, l’entendit murmurer Idris au véhicule.

Ce qui était sûr, c’était qu’elle connaissait son métier sur le bout des doigts et le faisait avec passion. Il se rapprocha d’elle un peu moins enclin à critiquer son côté brut de décoffrage. Elle avait finit par nouer le haut de son blouson de travail sur ses hanches quand la voiture avait refusé de démarrer suite à ses premiers ajustements mécaniques. Idris essayait donc de ne surtout pas faire descendre son regard sur ses petits seins fermes dont les bouts pointaient à travers le tissu du tricot. Il accrocha son regard à celui de Manu. À présent de petites traces de salissures zébraient sa joue mais ça lui donnait plus un air candide que brouillon.

— Ce n’est pas ta voiture… — Comment tu le sais ? — Je le sens c’est tout. J’espère que tu ne l’as pas volé hein. Je ne veux pas aller en tôle pour ta belle tête.

Idris dut se mordre la langue pour ne pas lui faire remarquer qu’elle venait d’avouer qu’elle trouvait qu’il avait une belle tête.

— C’est la voiture que ma patronne vient d’acheter. C’est une femme d’affaires très influente. Ce soir c’est l’anniversaire de son mari et j’étais censé emmener la voiture chez une décoratrice qui devait orner la voiture avec des rubans pour qu’elle lui offre ça ce soir. C’est pour ça que j’ai failli avoir une crise cardiaque quand elle s’est arrêtée. J’étais à cran. — C’est une manière de t’excuser de m’avoir tutoyée? — On ne va pas revenir sur cette histoire de tutoiement ! Si ?

11


Leila Marmelade - Orgueil et Préjugés

— Etant donné que je viens de te sauver les miches… Tu devrais même être en train de me baiser les pieds. — Oh... — Quoi oh ? — Non rien.

Etonnamment, il aimait bien sa manière de s’exprimer. Sans manière.

— Donc t’es chauffeur ? demanda-t-elle en essuyant une dernière poussière imaginaire du rétroviseur. — Non secrétaire. — T’es secrétaire ? Genre secrétaire comme les femmes ? — Secrétaire ou assistant si tu préfères. Et toi t’es garagiste, genre garagiste comme les hommes, répliqua-t-il en souriant. — Un point pour toi, accorda-t-elle en souriant à son tour.

Le cœur d’Idris fit une embardée comme la voiture quelques heures auparavant. Elle avait un de ces sourires lumineux ! Des lèvres qui s’ourlaient de manière très sensuelle en laissant apparaître de belles dents blanches. Il dut se forcer à la regarder de nouveau dans les yeux. Manu se dit qu’elle l’avait peut-être mal jugé quand il lui avait sourit. Il aurait pu mentir, essayer de paraître plus important qu’il n’était et elle l’aurait cru. Avec sa belle veste grise, elle aurait cru n’importe quoi venant de lui. Elle lui fit signe de patienter une petite minute et alla récupérer le ruban rouge qui ornait une voiture de mariage qu’elle avait dépannée une semaine auparavant. Elle se débrouilla avec quelques bouts de scotch et le résultat final était vraiment appréciable.

— Merci, dit poliment Idris — Ne dit pas merci, je vais te le facturer aussi, rétorqua-t-elle aussitôt. — Bon je retire mon merci alors.

Ils éclatèrent de rire tout d’eux avant qu’Idris ne jette un coup d’œil à sa montre. Le soleil se glissait timidement dans son antre à l’horizon et baignait d’or l’atmosphère. Il était temps de partir. Mais il n’en avait pas envie. Il avait envie de découvrir comment ce bout de femme d’à peine 50 kilos à vue de nez avait développé ce talent incroyable avec des

12


Leila Marmelade - Orgueil et Préjugés

voitures. Mais il n’en avait pas le temps. Il se résolut alors à mettre fin à leur conversation.

— Ça fera combien ? demanda Idris en sortant des billets de son portefeuille. — 475… 410… 390… 350… 310 000 francs CFA, égrena Manu avec toujours aux lèvres son magnifique sourire. — Pourquoi tu baisses le prix comme ça ? — C’est ton sourire qui le fait baisser, répondit-elle avec aplomb. Je suis raide dingue des voitures et des hommes avec les dents du bonheur, expliqua-t-elle en pointant du menton son visage. Donc quand tu souris… Ça me rend gentille. Et puis c’est moi la boss, je fais ce que je veux… — Vraiment ? — Ouep. Mais j’aime les mecs qui savent ce qu’ils veulent… ajouta-t-elle de manière très énigmatique.

Elle l’avait dit en plantant son regard dans celui d’Idris qui lui sourit de plus belle. Autant de cran et de confiance en soi… ça devait faire des étincelles dans une chambre se dit-il bien malgré lui.

— Oui c’est toi la boss mais c’est la première fois que tu baisses le prix comme ça, intervint Patrick en bougonnant.

Ils l’avaient complètement oublié. Ils se résolurent à enfin se quitter des yeux.

— D’ailleurs viens payer ça chez moi, ajouta Patrick en lui montrant un carnet de quittances. C’est quoi cette histoire de dents du bonheur! — L’espace qu’il y a entre les dents du devant, expliqua Manu. — Mtchrrr. Si j’avais su que tu aimais ça, je me serai cassé les dents du devant plus tôt hein, argumenta Patrick.

Manu fit peu cas de lui et quitta les deux hommes pour aller ranger ses outils avant de se ridiculiser encore plus. Elle et sa grande gueule ne savaient jamais rester tranquilles. Idris régla la facture qui lui fut présentée et s’éclaircit la gorge pour faire sa demande, vu que Manu s’était éloigné d’eux.

— Euh, vous n’avez pas de carte de visite ?

13


Leila Marmelade - Orgueil et Préjugés

— Pourquoi ? demanda Patrick en plissant les yeux. — Bah… — Si tu veux le numéro de la petite c’est sur la facture au lieu de tourner autour du pot.

Idris lut le numéro et le mémorisa de suite.

— Merci. — Mais c’est moi qui réponds aux appels hein, expliqua –t-il en éclatant de son rire tonitruant. Et surtout quand on lui fait du mal c’est moi qui casse la gueule, prévint Patrick en faisant bouger ses pectoraux pour influencer Idris.

Idris se contenta de sourire. Pour aujourd’hui c’était grillé mais il comptait bien revenir même s’il ne savait pas trop sur quel pied danser avec Manuella. Il prononça encore mentalement ce prénom qu’il adorait déjà. Manuella ne devait pas être du genre restau de luxe. Ça tombait bien parce qu’il aimait cuisiner. Peut-être pourrait-il à son tour l’impressionner avec du poisson frais braisé accompagné de pommes de terre sautées. En récupérant un flyer publicitaire, Idris vit un marqueur posé sur la table brinquebalante qui faisait office de bureau et s’en empara. Puis sans se soucier de salir sa belle veste de costume, il empila des pneus sur lesquels il grimpa. Cela lui permit d’être à la bonne hauteur. Il lut à haute voix : Chez Manu et fils et secoua la tête. Il modifia donc l’inscription de l’enseigne du garage avec son marqueur. Le résulta lui plu. Patrick le vit faire, étonné qu’il se permette de gribouiller sur une enseigne qui ne lui appartenait pas. Mais à la lecture de la nouvelle inscription, il sourit à son tour.Ça faisait bien dix ans qu’ils auraient dû y penser. Idris remit les pneus en place, passa même un petit coup de balai car il avait horreur du désordre ambiant. D’ailleurs, si sa patronne n’arrivait pas à se passer de lui c’était surtout pour ses compétences organisationnelles et son soin du détail. Il fit un petit salut à Patrick car Manu n’était plus dans les parages et s’éloigna pour monter dans la Lexus et s’en aller.

Patrick appela Manu en criant que le client venait de faire une bêtise. Manu ferma le capot de la Mercedes se reprochant d’avoir été trop amicale avec Idris.Elle essaya de contenir sa fureur jusqu'à ce qu’elle rejoigne Patrick et lève les yeux sur l’inscription.

Il était désormais écrit : Chez Manu et filsle. Depuis 1980. (Chez Manu et fille. Depuis 1980) -

13


Du même auteur

VAUDACE 1 – FIGHTING TEMPTATION 2 – GINVING IN TO TEMPTATION (A PARAÎTRE)


Retrouvez Leila sur son site internet : www.leilamarmelade.com Facebook : Leila Marmelade Twitter : @LeilaMarmelade Instagram : @leilamarmelade

Rejoignez la communauté des Mugulais (pour Muguland, le pays de Mugusi) sur la fan page de la série :

Welcome to Muguland, le pays d'un roi et d'une impératrice de légende une page créé par des fans, pour des fans !

Orgueil et prejuges une nouvelle de leila marmelade  

Que se passe-t-il quand un homme rencontre une femme qui défie sa conception de la place des femmes et de leurs capacités mécaniques ?

Advertisement