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C’est l’histoire d’une histoire


Au début, c’est inattendu. Elle l’aperçoit, l’envisage.


Et la nuit naĂŽt


Lui, il a un bel ĂŠquilibre ailleurs, qui lui appartient. Elle le respecte, cela est.


Mais cet ĂŠquilibre se fragilise, indĂŠpendamment du reste, et se brise.


Ils prennent du temps tous les deux pour s’y faire, d’autant qu’elle doit faire aussi un profond deuil de son côté


Dans leur histoire, c’est plus facile pour elle, car elle n’a rien perdu. Mais elle respecte profondément cette étape.


Puis un week-end à Belle île, une traversée chaotique, les huitres s’en souviennent encore. La mer est déchaînée, leurs corps aussi. Ils s’aiment sous la couette et les paniers d’Annick Paulic. Il lui apprend à conduire, elle manque d’écraser une vache. Plein soleil. Parenthèse enchantée.


Eprise, elle commence à s’oublier. Au fond d’ellemême elle le regrette, mais veut tellement que ça marche qu’elle s’accroche à ce qui lui est le plus cher, en surface: lui.


Elle plonge, petit Ă  petit


Elle commence à boire la tasse, sans l’avaler. Elle s’accroche aux bulles d’air…qui petit à petit s’amenuisent


Ils se séparent, se revoient, recommencent…

Ils ne se comprennent plus sur les sujets qui les habitent, mais poursuivent quand même, au nom du potentiel initial si prometteur, et des souvenirs déjà créées.

Jusqu’à ne plus y croire.


La vie leur met alors entre les mains un projet d’avenir


Dichotomie suprême de ce que leur amour aurait offert avec sens, mais qui n’a plus lieu d’être.

Ils se quittent.

Violence.


Elle ne sait plus qui elle est. Depuis quelques temps déjà. Perdue entre la crevasse de ce qu’elle a senti possible, et l’échec final.


Elle a besoin de se retrouver, au fond d’elle. De repartir à sa propre rencontre.


Elle accueille pour cela dans sa vie la bonne personne


Le travail commence. C’est un sacré chantier, dont chaque fil se délie de jour en jour, dénouant des trésors, des blessures, des envies qui s’affrontaient intimement depuis l’enfance. Elle les accueille, sans les opposer. Tout cela fait partie d’elle. Mais doit aujourd’hui la faire avancer, non plus freiner.

C’est une révolution.


Ce travail, purement personnel, l’éclaire aussi sur leur histoire. Elle a besoin de partager avec lui certaines découvertes, sur un coup de tête. Cela doit sortir.


Il comprend son geste. Un dialogue reprend entre eux. Alors qu’elle pensait ne plus jamais avoir envie de le revoir, cet échange de respect l’apaise infiniment. Et lui offre un profond bonheur, comme elle n’avait pas ressenti depuis très longtemps.


Aujourd’hui, elle a l’impression, pour la première fois, que leur histoire, la vraie, à la hauteur de ce qu’ils sont, peut commencer. Continuer et renaître.


Elle a envie de voir celui qu’elle n’a jamais réussi à voir, et qui se redessine aujourd’hui, dans sa perception nourrie du passé et d’une nouvelle réflexion, puisée au fond d’elle-même. Elle en a la force.


Elle a peur aussi, le vertige, en repensant au passé. Mais il y a ce nouveau souffle, qu’elle croit chasser mais qui revient, qui lui paraît plus fort et inextinguible. Ce truc stupide des papillons dans le ventre, pour la première fois.


C’est sans doute fragile, car soudain. Mais quelque chose en elle ne lui laisse pas le choix. Un cri du cœur, une nouvelle voix. Elle veut vivre ce qu’elle s’est interdit pendant des années. Elle veut vivre. Aimer. Et l’inviter à le partager. Le chemin n’a qu’à peine commencé. Mais elle veut, aux côtés de sa quête personnelle, qu’il soit son partenaire de vie.


Tant de potentiel


Sera-t-il du voyage ?


C’est l’histoire d’une nouvelle histoire

?


Projet Loraine