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A CTUALITÉ

Du blog à l'entreprise : quand la blogosphère féminine se professionnalise Démarrer un blog dans son salon pendant sa grossesse pour partager ses création de bijoux ou de vêtements et réussir à en vivre, à être édité ou à monter un groupe de presse et d'événementiel : c'est le parcours de blogueuses amateurs qui se professionnalisent.

D

es trajectoires différentes, et, au bout, une forme de consécration. Pourtant, Muriel, Nathalie et Leslie sont toutes parties d'un simple blog. "Avec ses enfants à la maison, même si on les adore, tout d'un coup, on est coupée du monde. Le blog, c'était une façon de reconnecter. Les nuits d'insomnie, entre deux tétées, on a l'impression de ne plus être seule", raconte Nathalie Aflalo, qui a ouvert son blog en 2005. A 40 ans, cette ancienne cadre dans l'industrie du verre venait d'être licenciée durant son congé maternité pour son troisième enfant. Elle, qui avait toujours "aimé faire quelque chose de ses dix doigts", se prend au jeu. Blouses à motifs, bavoirs et tabliers à pois pour petits, créations en tissu... elle publie les photos de ses premières créations faites à la main. Très vite, elle est contactée par un grand magasin parisien de la rive gauche, qui lui passe une première commande. Aujourd'hui, sa société Linna Morata compte 5 salariés, livre ses articles (bijoux, vêtements, décorations) dans des grands magasins à Paris, Londres ou des boutiques au Japon et a réalisé près de 600 000 euros de chiffre d'affaires en 2012.

Valorisant

"Au départ, j'ai investi 80 euros. Financièrement, tout ça, je ne le dois qu'à moi-même", tient à souligner Nathalie Aflalo. Elle a d'ailleurs dû vendre son bien immobilier pour investir dans sa société, car les banques ne "suivent pas les entrepreneurs". "C'est ces freins à l'entrepreneuriat féminin qu'il faut lever", a déclaré mercredi Najat Vallaud-Belkacem, la ministre des Droits des femmes, présente au deuxième salon "e-fluent mums", qui a réuni

"La couture, la broderie, le craft... Grâce à ces femmes, qui utilisent internet pour en faire leur métier, ces activités, souvent considérées comme non productives, sont en train de retrouver leurs lettres de noblesse", a-t-elle ajouté. En France, les femmes ne représentent que 30 % des créations d'entreprise et seules 10 % des entreprises innovantes nouvellement créées sont dirigées par des femmes, rappellent-on au ministère où l'on souligne que "la

350 parents blogueurs influents et des marques du secteur de la petite enfance.

France est en retard par rapport à ses voisins". Fin août, des mesures de soutien financier et d'accompagnement ont été présentées dans le cadre du plan national pour l'entrepreneuriat féminin. L'organisatrice du salon "e-fluent mums" a elle-même débuté avec un webzine ouvert en 2004 pour "partager ses bons plans et trouver des réponses à ses questions de jeune maman". Issue de l'univers de la finance, Leslie Sawika est désormais directrice du groupe Mayane (15 salariés) qui édite également Parole de mamans, un magazine dédié aux jeunes mères. Autre forme de reconnaissance, la maman auteur d'un blog qui est

repérée par une maison d'édition. C'est le cas de Muriel François, 34 ans. Professeur des écoles dans les Vosges et mère de trois filles (deux de 3 ans et une de 5 ans), elle a débuté son blog "Des étoiles et des pois" en 2009 pour "partager avec des passionnés de couture". Son premier livre, dédié aux vêtements en jersey et crochet, doit paraître fin janvier 2014. Il fera partie d'une collection rédigée par des blogueuses et coéditée par Eyrolles et Abracadacraft, un portail qui référence les meilleurs blogs créatifs et les met en relation avec des marques. "Je n'ai jamais cherché à être vue plus que ça. Quand je publie un billet, j'ai tout de suite 1500 visites dans la journée. Ca m'épate. C'est grisant et valorisant à la fois. Mais, surtout, ça donne envie de continuer", explique celle qui "grappille du temps" sur ses heures de sommeil pour assouvir sa passion.

Tupac Pointu

Les jouets pour enfants, sous haute surveillance à l'approche de Noël S'étouffer avec un doudou défectueux, absorber le plomb d'un jeu en plastique, s'électrocuter en chargeant la batterie d'une petite voiture : à trois semaines de Noël, les jouets sont sous haute surveillance pour éviter aux parents et à leurs chérubins ce genre de cauchemar.

C

omme chaque année, les agents de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) sont mobilisés dans tout l'Hexagone depuis fin novembre et jusqu'à mi-janvier pour intensifier leurs contrôles sur les produits liés aux fêtes, et en particulier les cadeaux qui termineront sous le sapin. "Il n'y a rien de plus tragique pour un papa ou une maman que de découvrir que les jouets qu'ils ont achetés pour leur enfant puissent être dangereux. (...) Noël, c'est trop important pour qu'on prenne le moindre risque avec la santé des enfants", a souligné Benoît Hamon, ministre délégué à la Consommation, en

visite jeudi dans un magasin de jouets parisiens du XIIIème arrondissement, aux côtés d'agents de la DGCRRF.

Moins de dangers depuis 6 ans Les premiers résultats de la campagne de contrôle 2013 ne sont pas encore connus, mais en France, le Père Noël peut faire confiance à la qualité de sa hotte. Le taux de jouets non conformes (absence du marquage "CE", manuel en langue étrangère par exemple) ou dangereux dans les produits analysés chute continuellement depuis six ans. La proportion s'élevait à 35 % en 2007 et s'est graduellement réduite jusqu'à 17,8 % en 2012, selon les chiffres de la DGCCRF. Ce taux ne reflète heureuse-

ment pas la proportion exacte de jouets dangereux sur les étals des commerçants. Il ne porte que sur les jouets examinés par l'administration, qui effectue des contrôles lorsqu'elle nourrit déjà des soupçons. "Par exemple, nous contrôlons en priorité les nouveautés, car la politique commerciale agressive de certaines marques peut influer sur la qualité des jouets. Ceux destinés aux moins de 36 mois, qui sont plus vulnérables et mettent les jouets à la bouche, concentrent aussi toute notre attention", explique Jean-Bernard Baridon, directeur de la direction départementale de la protection des populations (DDPP) de Paris, branche locale de la DGCCRF.

Risque sanitaire Les dangers principaux sont connus : ingérer des petites pièces, absorber certains composants comme le plomb (notoirement toxique) et les phtalates (cancérigènes à haute dose) présents sur les jouets en plastique, ou s'électrocuter à cause de produits défectueux. Et malgré les contrôles, le risque zéro n'existe pas. "Malheureusement, des accidents graves, il y en a chaque année", déplore le directeur adjoint de la DDPP de Paris Philippe Rodriguez, un œil sur les voitures télécommandées, l'autre sur les Lego. Environ 2000 enfants âgés de

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moins de six ans sont victimes d'un accident de la vie courante chaque jour, et nombre d'entre eux surviennent alors qu'ils manipulent des objets spécialement fabriqués pour eux, selon la Commission de sécurité des consommateurs. "Les parents doivent aussi être vigilants. Ils peuvent contrôler l'aspect visuel du jouet en tirant sur les yeux des peluches, ou les bras des poupées, pour vérifier qu'ils tiennent bien, par exemple", conseille Jean-Bernard Baridon. Noël ne doit pas devenir une source d'angoisse pour autant. Les agents à l'œuvre dans

les rayons rappellent que "l'immense majorité des jouets mis sur le marché respectent les règles". Le bon sens des parents permet de faire le reste. "Pour éviter les mauvais surprises, il suffit de privilégier les circuits de distribution classiques, de vérifier l'étiquetage français ou européen des jouets, car les normes sont plus strictes, et d'éviter de commander sur des sites Internet non reconnus", conclut une inspectrice. Romain Fonsegrives

Vendredi 13 décembre 2013 - N° 3115

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L'Opinion Indépendante, hebdomadaire d'annonces légales.

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