Page 32

dd C’est ainsi que le texte nous rappelle simplement que ces citoyens du Québec, et plus largement du Canada, sont les premiers experts, les plus légitimes, auxquels on doit s’adresser pour parler de leurs propres cultures. Il ne viendrait à l’idée de personne de parler du génocide arménien ou de la Shoah sans avoir rencontré et recueilli les témoignages des intéressés; espérons que dans l’avenir, il ne viendra à l’idée de personne de définir à la place des peuples autochtones de la planète ce que leurs cultures doivent être, ce que sont leurs arts ou leur raison d’ être.

Les arts comme vecteur de reconstruction identitaire

Musique Nomade est, en quelque sorte, le petit frère de Wapikoni Mobile. Cet autre organisme à

but non lucratif promeut et soutient la production musicale autochtone traditionnelle et surtout contemporaine au Canada comme au Québec. Il occupe une place majeure dans la reconstruction identitaire de ces populations et agit comme un moteur social. Plusieurs autres organismes font la promotion et soutiennent la relève artistique autochtone ; par exemple Productions Onishka, une organisation artistique interdisciplinaire qui échange et partage avec les peuples premiers du monde entier. Les Productions théâtrales Menuentakuan, quant à elles, créent, produisent et diffusent des spectacles à la jonction des arts de la scène autochtone québécoise et des cultures d’ailleurs. Depuis août 2018, un nouveau programme de soutien aux arts autochtones a été annoncé par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). Re-connaître a été créé afin de soutenir et promouvoir la création des arts autochtones. i

Photo : DR

Tous ces contretemps n’empêchent pas les peuples autochtones de faire avancer leur cause. Comme dans bien des cas, c’est par les arts et les artistes que la reconstruction identitaire et la défense des droits pourront se réaliser. Depuis 1990, Présence autochtone, un festival organisé par Terres en vues, s’est donné pour mission de célébrer les cultures des peuples autochtones des trois Amériques. Il se tient annuellement au mois d’août depuis 28

ans. Des artistes de la relève musicale autochtone s’y produisent. L’édition 2018 a réuni Jerry Cans, Béatrice Deer ou encore Don Amero et Northern Voice Singers, pour ne citer que ceux-là. Plusieurs organismes partagent la mission de faire découvrir la relève autochtone. Le Wapikoni Mobile en est un exemple. Fondé en 2004 par Manon Barbeau, cinéaste canadienne de renom, avec l’appui du Conseil de la nation Atikamekw et du Conseil des jeunes des Premières Nations, l’organisme de médiation et de formation audiovisuelle intervient auprès des jeunes autochtones afin de lutter contre le taux élevé de suicide, les décrochages scolaires et la toxicomanie qui gangrènent ces communautés. Leur site Internet comporte plusieurs courts métrages de fiction et des documentaires porteurs d’un message qui dénonce et défend la place qu’occupent les peuples autochtones. Tous sont réalisés par de jeunes cinéastes de talent. Le site permet de mesurer la qualité et la créativité de cette jeunesse qui défend son identité et ses droits. (dk6.re/z9ceJ)

32 Longueur d’ondes N°90

Profile for Longueur d'Ondes

Longueur d'ondes N°90  

Les cultures autochtones : entre passé et devenir

Longueur d'ondes N°90  

Les cultures autochtones : entre passé et devenir

Advertisement