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chroniques musique

maXis, eP’s, 45 tours… CHERRY PLUM “Stick bay” (Auto) Il y a du blues dans ces quatre folk-songs mélodiques et gracieuses, mais aussi des effluves de country et de bossa. Conçues autour de Sébastien Chevillard et Samuel Galienne, têtes pensantes du groupe angevin, ces berceuses douces et emportées mènent tout droit vers les pistes de danse. E. MARCEAU

CLICHÉ (Microqlima) Si vous êtes passé à côté des papillons sur le titre Hélicon qui a tourné en boucle sur les radios cet automne, une piqûre de rappel s’impose. Voilà quatre garçons prêt à en découdre avec la french pop, dans un univers rêveur et captivant. Les mélodies douces et apaisantes se dessinent comme des bulles de champagne, rendant l’imaginaire à une scène musicale parfois aseptisée. Un peu de rêve ne fait pas de mal. KAMIKAL

G. BONSON “The dust and the incense” (TFTC Records) Du beatmaking à la marche d’un éléphant, il n’y a qu’un pas… Figurant une musique rentre-dedans, ce premier EP de G. Bonson laissera poussière derrière ses poursuivants, écrasant à coup de boutoirs électroniques les corps les plus frêles. La formule saura sporadiquement s’émanciper de cette gravité contagieuse, en singeant par de multiples samples, une atmosphère qui flirte plus avec l’Inde de Gandhi que l’Afrique de Madiba, sitar en tête et en fête… J. NAÏT-BOUDA

THOMAS BELHOM

BLIND THORNS

BUDAPEST

Maritima

s/t

Alcaline

Ici d’Ailleurs

Cheap Satanism Records / Mandaï

N.Ö.H Prod

Pour son quatrième album en solo, le batteur de feu Amor Belhom duo poursuit sa quête musicale, usant à l’envi de collages sonores audacieux illustrant avec un goût affirmé ce qui peut s’apparenter à un recueil d’éléments biographiques évoqués avec sensibilité. Car Maritima est de ce tonneau-là ; un parcours atypique usant de chemins de traverse, loin des standards musicaux. Il convient de se souvenir que le musicien, multi-instrumentiste de talent, a beaucoup fréquenté la scène de Tucson, collaborant entre autres avec Calexico et Giant Sand. Il en reste des traces dans sa folk élaborée à partir de multiples sonorités, sorte de fusion complexe entre le courant “tucsonien” et les compositions épiques de Yann Tiersen, particulièrement pertinente sur le titre Krayola. Alternant instrumentaux finement orchestrés et titres chantés (en français ou en anglais), ce nouvel opus à la production léchée, s’avère d’excellente compagnie. On notera sur le titre Souvenir hanté, la présence au chant de Xavier Plumas. ALAIN BIRMANN

La fin propice à tous les excès. Si ce trio cosmopolite enregistré à Genève ne lésine jamais sur la charge vibrante de psychédélisme déconstruit, voire transe, l’opus s’achève par un délire record de 20 minutes. D’abord terrifiant, puis agité de rythmes marteau-piqueur, Gambling with the wrong dice (“Partie jouée avec dés pipés”, si l’on traduit) se poursuit par une improbable BOF western, avant de plonger dans le chaos définitif. La mise constamment renouvelée, se joue sur un tapis sous haute tension. Blind Thorn plante ses épines fort dans les tympans, afin d’expulser la routine. Il faut dire qu’Antoine Lang éructe un “chant” guttural des plus agités. Ne vous privez pas de ses séances exutoire en concert. De multiples portevoix sortis d’un coffre mystérieux, il tire des sons incroyables sans jamais perdre son souffle, mais à couper le nôtre. VINCENT MICHAUD

Après un EP prometteur Grenade, sorti en 2011, et quelques sessions live les ayant mené en France et en Angleterre, le quintette toulousain revient en force, livrant un premier album détonnant et secouant. Si l’on apprécie l’énergie débordante et l’aisance de composition du groupe (batterie, guitare, clavier), c’est principalement à deux voix mixtes garçon et fille que les chansons s’affirment. Entre puissance rock et fragilité, les mélodies riches et variées, empreintes de trip-hop, voire de quelques notes jazzy, sonnent comme un voyage charismatique et auréolé. Seules des écoutes répétées permettront de livrer tous les secrets de cet univers en clair-obscur. Nul doute qu’Alcaline est une pépite musicale convaincante et mystérieuse, à découvrir les yeux fermés et les poings levés ! KAMIKAL

CYCLORAMA

OLIVIER DEPARDON

FAADA FREDDY

Astral bender

Les saisons du silence

Gospel journey

Chez Kito Kat

Vicious Circle

Think Zik

Ne pas se méprendre : aucune histoire de vélo ne se cache derrière ce projet initié par Sébastien Laas, musicien luxembourgeois qui n’y va pas par quatre chemins pour présenter son univers sonore. Dès les premiers titres de ce troisième disque - qui succède à Soundwave EP paru en 2011 - les guitares gorgées de reverb et de distorsion sont légion, tout comme les ambiances progressives, planantes ou tempétueuses (Climatic). Shoegazing, new wave (Frozen sea), fulgurances post-rock et atmosphères légèrement électroniques mâtinent ces neuf titres de space-rock instrumental. Dans son écriture fougueuse, le musicien et son batteur Pit Reyland convoquent My Bloody Valentine (Overcast), qui joue ici dans la même cour que M83, Jesus and Mary Chain ou Spacemen 3. Une plongée électrique dans une musique voyageuse, qui érige la puissance à un haut niveau de qualité. EMELINE MARCEAU

Deux ans après Un soleil dans la pluie, l’ex-leader de Virago n’a pas mis d’eau dans son vin pour ce deuxième disque enregistré en prise live. Cet ode à un rock français vif et sans concession se situe à mille lieues des formations stéréotypées qui se préoccupent d’abord de leurs passages radio ou de leur look avant leur qualité artistique. Cette musique caresse, serpente, puis ondule et s’intensifie jusqu’à exploser dans un dédale d’électricité. Quant à la plume, elle est toujours aussi saillante, fine et frontale, et sa voix semble même avoir gagné en aplomb comme avec Sans un bruit. Si les guitares distordues et abrasives sont légion (À jamais fait, Tout arrive), des paysages post-rock (Laisse agir), ballades (Une histoire) et de fins arrangements (cuivres incandescents sur Attrape, cordes sur le tendu Un inventaire et sur Impression soleil dedans) tapissent aussi le décor agréable du Grenoblois et viennent enrichir l’univers de ce disque plein de fougue et de sensibilité. EMELINE MARCEAU

De son passé de rappeur, Faada Freddy aura gardé son amour du chant, au point de ne garder (presque) que celui-ci sur cet album organique. C’est au Sénégal que Daara J (son premier groupe) fera ses premiers pas et s’imposera comme l’un des meneurs de la scène rap avec Positive Black soul. À l’instar d’un Bobby McFerrin ou du moins connu groupe islandais Human Body Orchestra, Faada abandonne tout instrument et construit des chansons uniquement à la force de la voix et de claquements divers sur le corps qui est ici utilisé comme une percussion. On parlera ici plutôt de réadaptations, car sur onze titres, deux seulement sont des originaux. Freddy donne certes une autre dimension aux titres d’Irma, Imany et Sia, mais on aurait aimé encore plus de création. Quitte à être différent, autant l’être jusqu’au bout ! Mais la force de cet album est qu’il nous entraîne dans un doux tourbillon sonore empreint d’une certaine religiosité. OLIVIER BAS

IN THE CANOPY “The light through” (Auto) Après leur premier EP Never return, sorti en 2012, et un accueil très chaleureux, le quintette parisien revient avec six titres en forme d’apothéose, le regard toujours pointé vers le ciel et la cime des arbres. Le groupe livre un pop rock entre fragilité et force, comme si sa musique prenait de la hauteur au fil des compositions. Un paysage musical à 180 degrés, entre canopée et lumière. KAMIKAL

MOUNT ANALOGUE “Yama”(AB Records) Un regard jeté en direction des masques nô de ce binôme et une première vision s’échappe : celle d’un Japon traditionnel affublé de nombreux rites. Une oreille suspendue sur les trois titres de ce maxi et c’est un paysage néo-futuriste qui se dévoile. Un hiatus temporel perturbant et dépositaire d’un délirium aux vibrations électroniques fiévreuses. J. NAÏT-BOUDA

NÏATS ”Antares” (Banzaï Lab) Cet artiste inspiré est obsédé par la relation entre l’image et la musique. Ingénieur du son émérite et amateur de cinéma, il distille un melting-pot d’influences dans la lignée froide et abstract d’Amon Tobin et la puis- e

40 LONGUEUR D’ONDES N°74

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Longueur d'Ondes n°74 (hiver 2015)  

Pascal Nègre - L'avocat du diable ?, Molécule - L'homme qui prend la mer, Husbands, DJ Oil, Ostyn, Mountain Bike, Last Train, Chinese Army,...

Longueur d'Ondes n°74 (hiver 2015)  

Pascal Nègre - L'avocat du diable ?, Molécule - L'homme qui prend la mer, Husbands, DJ Oil, Ostyn, Mountain Bike, Last Train, Chinese Army,...

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