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LES HURLEMENTS D’LÉO Erwan Naour et Jean Nicolas Saillan sont respectivement chanteur et batteur du groupe de “java-chanson-punk-caravaning”, Les Hurlements d’Léo. Après la parution d’un double album best-of et inédits 13 ans de caravaning en 2009, le prochain opus arrivera en janvier 2011. Erwan est néanmoins très clair : “La priorité, c’est maintenant George Sound.” Un projet qu’il était pourtant bien loin d’imaginer il y a quelques mois. “J’ai été assez flatté que l’on fasse appel à moi. Je ne pensais pas que ce que je faisais depuis dix ans pouvait intéresser d’autres gens, d’autres univers. Je ne me considérais pas comme un chanteur.” Erwan et Jean Nicolas collaborent également dans le cadre d’un projet qui reste assez confidentiel : Heroes de Puta, avec notamment la violoncelliste Gatha. Une expérience électropunk puissante et écorchée. myspace.com/leshurlementsdleo, myspace.com/heroesdeputa

ous les cinq viennent de trois univers relativement fermés : le rocknoise, le hip-hop, la chanson alternative. Mais en se rencontrant au sein de George Sound, ils opèrent plus qu’un simple mélange. Ils font sauter les verrous pour produire une expérience inédite. Il serait tentant de définir naïvement la recette de ce groupe. Un tandem issu des Sleeppers, deux gaillards des Hurlements d’Léo et un rappeur pour agiter le tout. Au menu : un mix de hip-hop, de chanson, de rock, d’électro et même de pop. L’ensemble sur fond de textes tantôt chantés, tantôt scandés. L’écoute de leur premier album, Bouts de thérapie (voir encadré), révèle bien plus que cela. Une alchimie émerge. Un nouveau groupe est né, avec son propre son.

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Et si chacun d’entre-eux possède encore son propre groupe ou ses propres projets (voir encadrés), tous s’accordent pour donner désormais à George Sound la priorité. Pour eux, il ne s’agit absolument pas d’un coup, mais bien de la création d’une formation appelée à se prolonger et à progresser. De nouveaux albums devraient donc donner suite à Bouts de thérapie : “Nous n’avons pas monté ce projet pour ne réaliser qu’un album. On veut faire évoluer ce groupe et nous allons sûrement enregistrer le second album l’an prochain, tout en prenant notre

temps”, confirment-ils. Cinq à six morceaux nalement Frédéric Girard (Sleeppers, Les sont déjà en préparation. Touffes Krétiennes) qui rejoindra le duo.

AUBAINE BORDELAISE En attendant la suite, la formation basée à Bordeaux est bel et bien présente, sur scène et dans les bacs. Leur réunion n’avait pourtant rien d’évident. La colonne vertébrale de George Sound, c’est d’abord le hasard d’une rencontre. Celle de Laurent Girard (Sleeppers) et Damien Davidoff. Leur entremetteur : Jean-Paul Roy, bassiste de Noir Désir. S’il n’est pas membre du groupe, “il se sent un peu comme le papa ou le parrain du projet et de certains morceaux” confient les George Sound. C’est en effet avec ce dernier que Damien a fait ses premières armes en dehors de l’univers restreint du hip-hop bordelais : “On a fait quelques maquettes. On faisait des morceaux qui, pour moi, sortaient du pur hiphop, tout en empruntant au style.” Bloqué dans leur travail, Jean-Paul Roy appelle rapidement son vieil ami, Laurent des Sleepers. Laurent, Damien : la base de George Sound est née. Ils sont ensuite rejoints par Nini (Denis Barthe, le batteur des Noir Déz), mais la collaboration ne durera pas : “C’était encore trop rock’n’roll”, explique Laurent. Il leur fallait quelqu’un pouvant jouer des machines électroniques. C’est fi34

Laurent, Damien et Frédéric commencent alors des auditions. L’objectif : construire un collectif où de nombreux featurings viendront enrichir un album fait de voix différentes. Erwan Naour, chanteur des Hurlements d’Léo, est invité à prêter la sienne sur l’un des morceaux : Les mauvais choix. Il restera pour faire partie du groupe à part entière : “Damien au hip-hop, moi au chant. Voilà ce que nous avons défini”, précise-t-il. Ne restait plus qu’à recruter le cinquième élément : Jean Nicolas Saillan, lui aussi des Hurlements. Dès le premier concert, George Sound est contraint de progresser plus vite que prévu. Pas de bars pour se roder ; le 1er novembre 2008, ils sont invités en première partie des Svinkels au festival des Vibrations Urbaines, à Pessac : “C’était quand même une belle salle pour nous, témoigne Erwan, une véritable chance pour un groupe qui débute. Un gros challenge !” Car malgré une réputation déjà bien ancrée pour certains d’entre-eux, “on recommençait tout à zéro.” Pour Damien : “Cette date a été un starter. Il fallait construire le projet scénique.” Et notamment retrouver sur scène les arrangements électros de l’album, tout en faisant

Longueur d'Ondes n°54 (Avril-Juin 2010)  
Longueur d'Ondes n°54 (Avril-Juin 2010)  

Sommaire : George Sound, Casey, Jeanne Cherhal, Dossier Brest, Lewis Furey, Agnès Bihl, Buzy & Nilda Fernandez, Katel, Boogers, Jim Murple M...

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