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Vladimir Wegener

oN Y CRoiT

Pony Taylor

D.R.

“Entre3villes” - Optical Sound myspace.com/2kilosandmore Pénétrer le territoire Entre3villes entretenu par ce duo électronique, c’est oublier le monde parfait couplet / refrain et embrasser une quête synesthésique. Visite guidée par Séverine, moitié de 2Kilos&More : “Notre musique pourrait être l’expression d’impressions, de couleurs, de ressentis, de paysages que l’on a à l’intérieur de nous.” La perte de repères se retrouve aussi dans la méthode de composition. Entre3villes, titre de l’album, traduit ainsi l’errance géographique pendant l’enregistrement, un jeu de pistes sonores entre Paris, Berlin et Essen. Outre les collages électros, ce disque perpétue un monde gothique, matérialisé par des réminiscences des architectures cold des années 80, celles de Bauhaus ou de Norscq (The Grief) qui prête ici son chant, tout comme Flore des Von Magnet. Les voies tracées ne dédaignent ainsi pas les voix mélodiques, mais après avoir “joué de longues heures au puzzle avec elles.” Comme aime à le dire Séverine, leur duo réunit “des rockers à laptop (NDR : musique assistée par ordinateur), même si notre musique est ambient et introspective et que le public ne pogote pas.” Cependant, après le jeu de construction en studio, 2Kilos&More mettra à mal le confort de la salle de concert. Présentation des plans par Hugues : “Nous voulons nous tourner vers la performance en nous insinuant dans le décor, par exemple dans une structure, comme une bulle de tulle où des vidéos seraient projetées en permanence. Nous serions donc moins présents, mais par moments les invités comme Flore Magnet et Black Sifichi, ou d’autres, viendraient perturber ce cocon. J’ai toujours beaucoup de mal avec les concerts. Je pense que notre musique et notre jeu ne conviennent pas à une formule “classique” : le groupe sur scène et le public en face. A nous de trouver un système pour mettre le public dans une position d’écoute et de regard différente, assez simple pour s’adapter aux différents lieux.” Vincent Michaud

D.R.

2Kilos&More

Des Fourmis dans les Mains “On entendra chanter les loups” - Autoproduit / La Chaudière myspace.com/desfourmisdanslesmains “C’est l’histoire d’un jeune paysan, avec ses joies et ses peines”, explique Laurent Fellot. Dans ses textes d’inspiration autobiographique, c’est effectivement une ruralité paradisiaque qui est exaltée par le chanteur, auteur et compositeur du groupe. A travers cette célébration de la nature, c’est aussi un engagement pour l’Homme qu’il distille. “On nous apprend à nous méfier. Cet album veut faire le contraire : être dans la contemplation, s’ouvrir aux choses simples.” Mais Laurent ne veut pas s’enfermer dans le militantisme : “Ce n’est pas politique. On propose juste une échappatoire.” Le message est d’autant plus ouvert qu’il est chargé de poésie et de mystère. Elaborés notamment autour des cinq sens, les textes prennent une force polysémique : “Des messages différents peuvent être compris. Quand je parle des migrations d’oiseaux, j’évoque les déportations de populations qui fuient, mais ce n’est jamais explicite.” Et s’il récite ses textes sur la musique, Laurent refuse l’appellation “slammeur” : “On nous a rapidement collé cette étiquette, mais je ne me revendique pas comme tel. Chez nous, la musique n’est pas au service de l’écriture. Je suis d’abord un compositeur.” Et c’est bien la force de ce groupe : la poésie musicale n’a rien à envier à celle du texte. Inspiré de funk comme de cool jazz, enrichi de chœurs vocaux, le style est magnifiquement travaillé et arrangé. Sur scène, Laurent Fellot est accompagné d’Heiko Wilhem, Damien Sanlaville et Guillaume Chosson pour un spectacle très rock. Après avoir sorti en 2007 Route 595, une démo de huit titres, cet album promet au groupe un bel avenir.

Christophe Payet 7

“Eleven safety matches” - SuperHomard myspace.com/ponytaylorband On les avait presque oubliés. Apparus en 2001 dans un paysage musical français frileux à leur pop psychédélique en anglais, les quatre garçons pourtant bien dans le vent avaient déjà fait leur petit effet outre-Atlantique en s’attirant les faveurs du label Rainbow Quartz. L’album Odorama avait laissé un goût divin à tous ceux qui lui avaient prêté l’oreille, mais The Strawberry Smell - comme on les appelait alors - devaient splitter en 2004 après dix ans d’existence. Christophe Vaillant, chanteur et guitariste de Pony Taylor, raconte comment s’est passé le nouveau départ : “Courant 2005, avec mon frère Olivier, nous avons commencé à composer et enregistrer quelques morceaux, puis Cyril et Laurent nous ont rejoint mi-2006. Jouer avec un vrai groupe commençait à nous manquer.” De fil en aiguille, de nouveaux titres sont mis en boîte et la troupe ainsi formée assure la première partie du Spinto Band avec l’aide d’Alex le cinquième larron. Trois ans plus tard et après un premier EP discret mais remarqué, Pony Taylor (qui assure avoir trouvé son patronyme bien avant la vague des groupes hippiques, à cause de coupes de cheveux chevalines) livre, sur son propre label - “parce que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même…” - cet enfilage de onze titres power pop à la sauce Mods. Une influence plutôt rare à l’heure du revival 80’s qui les gonfle particulièrement. Même s’ils aimeraient faire davantage de scène (“le seul moyen pour se faire connaître quand tu n’as pas les moyens”), les Avignonnais / Toulousains pensent déjà à un deuxième album, forcément dans la même lignée car “on a toujours fait la même chose depuis le début, que ce soit à la mode ou non. Certains y voient un manque d’ambition, nous on appelle ça l’intégrité.” Julien Deverre

Longueur d'Ondes n°52 (Hiver 2009-2010)  

Sommaire : Rencontre Imbert Imbert / Carmen Maria Vega, Tue-Loup, Eiffel, X-Makeena, Stereo Total, Thierry Romanens, Randy Mandys, Rageous G...

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