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Installé à Radisson depuis seulement sept ans, Éric Landry offre des services en installation et réparation d’équipement de télécommunication à la grandeur du Nord-du-Québec. Son entreprise Solutions Nordik a le vent dans les voiles! C.E.N. – Il y a 10 ans, vous habitiez Montréal et n’envisagiez pas l’entrepreneuriat. Que s’est-il donc passé?

C.E.N. - Y-a-t-il des particularités dans l’obtention des contrats avec les communautés autochtones ?

Éric Landry - Tout a débuté lors d’un voyage de pêche à Radisson. Ma conjointe et moi avons aimé la tranquillité de la place et ses habitants. Nous sommes venus nous y installer sur une base temporaire, croyant pouvoir me placer rapidement en télécommunication dans l’une des grandes entreprises, telle Hydro-Québec. Comme je ne recevais pas d’appel, j’ai décidé d’enregistrer Solutions Nordik et de commencer à effectuer des petits contrats de maintenance informatique, de pose de système d’alarme, etc.

É.L. - Quelle que soit la communauté d’origine, le client regarde d’abord le prix inscrit à votre soumission. Il faut toutefois être prêt à s’acclimater à quelques différences. Je remarque d’une part que pour mes clients autochtones, la dimension de l’écoute est très importante. C’est pourquoi j’essaie de développer une communication authentique en m’intéressant autant à leur mode vie qu’à leurs besoins. Ils deviennent alors plus réceptifs à nos conversations d’affaires. Autre constat, plus on monte dans le Nord, moins il y a de stress! La météo et les délais vont certainement changer votre réalité, alors il ne faut pas espérer faire les choses aussi vite qu’en ville.

C.E.N. – À votre avis, comment a évolué l’entrepreneuriat au Nunavik? É.L. – Le sens des affaires est de plus en plus présent. Quelques entreprises ont démarré au cours des dernières années et la dynamique change peu à peu. Désormais, ce sont eux qui vont chercher l’expertise dans le Sud et la main-d’œuvre demeure locale. C.E.N. – Quels sont les principaux défis que vous avez rencontrés ?

É.L. – Au village, je voyais régulièrement passer des camions de diverses entreprises. C’est ainsi que j’ai pris conscience du potentiel de la sous-traitance. Je me suis donc mis à offrir mes services et à représenter des entreprises de l’Abitibi, de Québec et du Saguenay-Lac-St-Jean. Conséquemment, je suis devenu un véritable touche-à-tout, livrant des services de câblage structuré pour l’un, d’interconnexions par satellite pour l’autre et ainsi de suite.

É.L. – Mon principal défi est de savoir où mettre mon énergie. J’ai dû apprendre à lâcher prise sur les choses pour lesquelles je n’avais pas de contrôle, tel le manque de temps et de maind’œuvre. À mes débuts, ça n’a pas été facile d’arrêter de faire du résidentiel. Je me sentais coupable de ne plus répondre à certains appels. Mais il m’est désormais plus facile d’avoir un horaire stable et une vie familiale.

C.E.N. – Et cela, sans être un spécialiste dans tous les domaines relatifs aux télécommunications?

É.L. - Je me suis incorporé en 2010 car je cherchais à avoir des employés et un partenaire qui partagerait ma vision. En vain. Je tends maintenant à renverser l’ancienne tendance : aujourd’hui, c’est moi qui engage en sous-traitance mes anciens clients! C’est la manière la plus efficace que j’ai trouvée pour le moment de répondre à la demande.

É.L. – La sous-traitance m’ouvrait la porte à de nouvelles connaissances! J’entreprenais parfois des projets dans lesquels je n’étais pas tout à fait à l’aise, sachant qu’au besoin, j’allais recevoir le soutien technique approprié. C’est d’ailleurs cette période en tant que sous-traitant qui a le plus aidé au développement de mon entreprise. D’une part, la soustraitance m’a permis de découvrir les attentes du marché, de l’autre, j’ai gagné en débrouillardise et développé une grande confiance en moi.

C.E.N. – Vous n’avez donc pas d’employés ?

C.E.N. – Que souhaitez-vous pour votre entreprise dans les années futures ? Éric Landry Propriétaire de Solutions Nordik

C.E.N. – De qui se compose aujourd’hui votre clientèle ? É.L. - Je dirais que les Inuits et les Cris représentent chacun 35% de ma clientèle. Toutes communautés confondues, environ 70% de mon chiffre d’affaires provient du secteur commercial. Au cours des dernières années, j’ai entre autres branché des camps de prospecteurs, interconnecté les bâtiments municipaux de Chisasibi, aidé au déploiement du nouveau système informatique des aéroports du Nunavik, etc. Cet été, les contrats ont tellement déboulé que j’ai passé seulement 7 journées à Radisson.

C.E.N. - Considérez-vous votre proximité géographique avec les Cris et les Inuits comme un avantage concurrentiel ? É.L. - Oui, puisque je sauve du temps de déplacement. Ça me permet de soumissionner plus bas et de répondre rapidement à l’appel. Par contre, je suis tout de même perçu par les Inuits comme un entrepreneur du Sud. Je remarque qu’ils connaissent l’aéroport La Grande, mais ne savent pas où se trouve Radisson. Par ailleurs, les coûts de déplacement vers le Nunavik sont tellement élevés qu’il est pratiquement impensable de juste

É.L. - Mon but initial était de me créer un gagne-pain. Maintenant, je suis en train de bâtir mon entreprise de sorte à ce qu’elle soit prospère. J’ai plein d’idées en tête qui vont favoriser le développement de l’entreprise sans toutefois avoir à diversifier davantage les connaissances requises. En espérant trouver entre-temps un partenaire ou des employés afin de me libérer de certaines tâches. Par Martin Loiselle

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C.E.N. – Vous avez alors pris la voie de la sous-traitance pour des entreprises du Sud. Racontez-nous.

y aller pour discuter. Lorsque j’y monte pour un contrat, je m’annonce à l’avance et j’en profite pour aller saluer des clients potentiels et m’assurer de la satisfaction de mes clients assidus.


2014 - L'entrepreneuriat au nord du 49e parallèle  
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