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N° 49 Octobre 2014

Spécial Angleterre le meilleur de londres Rencontres r aZane Jammal Charles YousseF aleXandre paulikeVitCh mihr an Chamelian Metropolitan Art Society Carte BlanChe À k amel mennour Haute couture impertinente lilY mcmenamY

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The Golden Arches Logo is a trademark of McDonald’s Corporation and its affiliates used with permission. Moschino is proud to support Ronald McDonald House CharitiesŽ


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sommaire

NEWS

L’édito — page 40 TENDANCE

STYLE

Sophie Salamé — page 42

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Le supplice est devenu un délice. Le charme réservé et classieux des uniformes des écoles anglaises s’impose au-delà du Channel.

Lubies — page 64

réalisation lisa jouvin, stÉphanie nakhlÉ

Tendances: Oxford Street — page 68 De haut en bas et de gauche à droite : Chapeau Gucci. Gants Bottega Veneta. Robe Étoile Isabel Marant. Manteau Proenza Schouler. Écharpe Saint Laurent par Hedi Slimane. Cape Saint Laurent par Hedi Slimane. Pull Saint Laurent par Hedi Slimane. Sac Céline. Sac Burberry Prorsum. Chaussures Stella McCartney. Chemise Miu Miu. Blouse Marc Jacobs. Jupe Oscar de la Renta. Casquette Stella McCartney. Chaussures Valentino. Sac Prada.

QCM, les it-accessoires — page 79

PHOTOS dR

OxfOrd Street

Tendances: Carnaby Street — page 70

Tendances — page 72

Le choix de Rebecca Zaatar— page 76

Le choix de Georgia May Jagger — page 78

Anatomie d’un sac : Le Shopper De Balenciaga — page 80

Caprices — page 82

Razane Jammal — page 92

La Cape — page 98

Haute joaillerie : White Light White Heat — page 102

Anatomie d’une montre : “Faubourg” d’Hermès — page 106

Archi Dior — page 108

Un Automne À L’anglaise — page 114

Beauty Confidential — page 118

L’agence Next : chasseur d’étoiles — page 120

BIJOUX

Charles Youssef — page 100

3 créateurs : les joyaux de la couronne — page 112

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La métamorphose, une histoire Hermès

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sommaire

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éDITo MoDe Et si une heure en moins

pouvait générer une décennie d’avance ?

À Londres, c’est une leçon de mode que l’on prend moins sur les podiums que dans la rue.

Excentriques, classiques

LA MOdE

ou romantiques, les Anglaises assurent le dépaysement. C’est pourquoi nous avons confié notre vision de la haute couture si parisienne à la Francoaméricaine élevée à Londres Lily McMenamy, véritable pont anticonformiste entre les cultures. Mais l’Angleterre c’est aussi le goût de la nature, des plages où l’on aime s’emmitoufler face aux éléments, le chic d’une jeune fille bien née comme Petra Palumbo. À l’heure des débats outre-Manche contre l’Europe, nous appuyons les séparatistes. Restez entre vous, sur votre petite île pluvieuse et isolée, les Anglais… Vos différences nous apportent trop ! Vanessa Bellugeon

L’édito mode — page 131

Suki Waterhouse : Alice in Wonderland — page 132

Old School — page 138

The Monochrome Set — page 150

LA VIE

« Carte Blanche » À La Metropolitan Art Society — page 206

Élégantissimo “Diorissimo” de Dior — page 164

Haute couture : Lily à Paris — page 168

Sage Petra — page 184

Échappées : London’s calling — page 212

Leurs Adresses À Londres — page 214

Melting Pot Britannique À Beyrouth — page 218

Chamélian Ménage Ses Montures — page 220

Nourrir D’amour — page 224

Smart Living avec Diesel — page 226

Un Après Midi Avec Un Faune— page 228

Design : l’effet Pierre Paulin — page 230

Ma Nuit Au « O Monot »— page 232

Dans La Pinède De Bkassine— page 234

L’horoscope — page 250

Playlist — page 252

Fleurs Et Couronnes, So British ! — page 242

Brigade mondaine — page 244

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n° 49 — oCToBRE 2014

EditEur

Ton y Sa l a mE GRoup TSG Sa l Rédaction rédac tri cE En ch Ef

FiFi a Bou DiB

r é d a c t r i c E E t c o o r d i n at r i c E

STÉph a niE na k hlÉ Département artistique d i r E c t r i c E d E c r é at i o n

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éDITO Beyrouth c'est… la robe rouge d'Amal Alamuddin qui flamboie dans Venise; l'orchidée géante de Marc Quinn, une version blanche de "Burning desire", sexe floral épanoui au croisement des rues Bayhum et Moutran. Beyrouth c'est un cargo qui passe entre deux immeubles, dans la perspective qui s'ouvre sur la mer indigo. Ce sont des gens ordinaires qui tâchent de mener des vies ordinaires dans un environnement qui ne l'est pas. C'est le boutiquier Abou Ali qui vous tend ce que vous venez demander sans que vous l'ayez demandé. C'est le chat Antar, adopté par les gars de la sécurité et qui se prend lui aussi pour un gardien. C'est le mot "Art", en arabe "Fan", calligraphié en huit sculptures posées dans l'eau du bassin, place Samir Kassir. C'est Kamel Mennour qui reçoit "Carte Blanche" pour exposer ses artistes à la Metropolitan Art Society, sous les lambris du palais Abdallah Bustros. Ce sont déjà les premiers achats de l'automne qu'on ramène dans de beaux sacs avec les yeux qui brillent, sous la première pluie. Beyrouth, c'est faire semblant que tout va bien jusqu'à ce que tout aille bien. "Fake it till you make it", une maxime surement inventée par un Libanais. D'ailleurs tout finit par aller bien, ça, Beyrouth le sait.

illustration leslie DaviD

Fifi Abou Dib


hommage

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SOPHIE SALAMÉ UNE FIGURE MÉMORABLE DE LA MODE A BEYROUTH

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Par F.A.D.

ans la fratrie Salamé, fondatrice du groupe Aïshti et célèbre au Liban pour son esprit d'initiative et d'entreprise dans les domaines de la mode et du luxe, Sophie était un personnage à part. Volontaire, indépendante, cette liane brune d'une élégance légendaire avait réussi à créer, avec l'aide d'une poignée d'associés, un concept bien à elle sous cette enseigne qui en dit long: "Sophie's Choice": Le titre d'un roman de William Styron adapté au cinéma, et qui tourne autour d'un dilemme des plus cruels. De fait, la vie n'a pas toujours été simple pour Sophie Salamé, souvent confrontée à des choix difficiles, et plus souvent qu'à son tour victime d'accidents graves. La maladie fulgurante qui l'a emportée n'effacera pas le souvenir de cette créature lumineuse et souriante que l'on pouvait croiser aux Souks de Beyrouth où se situe sa boutique. Elle avait, dans un premier temps, aménagé en marge de son espace de vente un café-cafète. Un coin confortable, raffiné et enveloppant qui était devenu le rendez-vous des cadres supérieurs de ce quartier de la ville apparenté à la "City", avec ses banquiers et divers hommes d'affaires. Affectueuse et douce, cultivant l'amitié comme un principe souverain, elle n'en était pas moins forte et déterminée, exigeante sur les détails. Styliste née, avec une maîtrise en gestion des affaires, elle entretenait avec ses clientes une relation de conseillère et de confidente. Attachée par dessus tout à l'aspect relationnel de son métier, les événements qu'elle créait –on retiendra surtout la party qu'elle avait donnée en l'honneur de Goga Ashkenazi- étaient à son image: décontractés et chaleureux. Vivant avec plusieurs projets d'avance, elle parlait de tournages de films, d'émissions de télévision. Elle était une madone pour les jeunes stylistes qu'elle avait plaisir à soutenir, orienter et faire connaître. Sophie-toute-seule, Sophie-courage, Sophie élégante et digne n'a pas toujours eu le choix. Mais si Beyrouth est aujourd'hui reconnue comme une des plaques tournantes de la mode internationale malgré un environnement difficile, c'est en partie grâce à de grandes figures dont elle fut l'une des plus audacieuses. Le vide qu'elle laisse sera difficile à combler. Ce numéro de L'Officiel Levant est dédié à sa mémoire.


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news

PIERRE DE COULEUR

Il a fallu de nombreuses années pour rassembler les pierres inouïes – seules capables de supporter les critères d’exigences de la maison De Grisogono – qui composent les nouvelles pièces de joaillerie sur lesquelles rayonne l’esthétique aussi raffinée qu’affirmée de Fawaz Gruosi. H.D. Bague en or jaune, saphir jaune, 9 diamants blancs, 317 diamants bruns, De Grisogono. www.degrisogono.com

T h I E R Ry, O h , O U I !

Oui, yes please, quitte à mettre des cuissardes, c'est celles-ci qu'il nous faut. Le genre qu'on suit des yeux de bas en haut avec un regard qui en dit long. Le genre en cuir très souple et très doux, légèrement grainé, mais suffisamment ferme pour ne pas jouer au niveau des chevilles. Le genre "Thierry" de Jimmy Choo.F.A.D Jimmy Choo, avenue Fakhry Bey, Centre-Ville, Beyrouth +961 1 99 11 11 ext.595

ETRO, ES-TU LÀ? Etro, c'est peu dire, nous en met plein la vue. A chaque sortie de

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collection, on a l'impression d'assister à un déchargement de caravanes après une longue expédition sur la route de la soie. Brocards, cachemires, vertige de couleurs épicées, curcuma, safran, paprika, plus qu'un dépaysement, la nouvelle collection automne hiver de la marque est une téléportation aux confins de l'Orient. F.A.D Etro, avenue Fakhry Bey, Beirut Souks, Centre-Ville, Beyrouth +961 1 99 11 11 ext.590

TA I LLE PR I N C ESS E

Marina Rinaldi, rue Allenby, CentreVille, Beyrouth +961 1 98 00 24

N O S N U I T S AV E C D I O R

La nuit, certaines dorment, d'autres ont mieux (ou pire) à faire. Sauf que quand on ne dort pas, c'est prouvé, on vieillit plus vite. Dior, qui nous aime la nuit, a réfléchi à la question. Et c'est dans la rose, sa fleur fétiche, que la marque a trouvé la réponse. Neuf années d'expériences et de croisements ont été nécessaires pour créer cet élixir de jeunesse qui vous fait la peau fraiche comme un pétale au lever du jour (ou du lit). F.A.D Dior beauté en vente chez Aïshti, rue El Moutran, Centre-Ville, Beyrouth, +961 1 99 11 11 ext.104

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On ne dit plus "Marina Rinaldi habille les grosses". On ne dit pas non plus "Marina Grimaldi", même si la marque italienne la plus tendre avec les "débordantes" (mais de féminité), s'offre une communication autour de Grace Kelly et Charlotte Casiraghi. En cohérence avec le lifestyle des princesses monégasques, la marque XL décline désormais un vestiaire glamour pour le soir, cool et dynamique pour le jour. Elle propose même des pantalons et des blousons de moto! F.A.D


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My Burberry À Moi

Parce que depuis quelques années, il est plus commun de dire "Mon Burberry" que "mon imper", la marque issue du ciré rendu célèbre par les premières guerres de tranchées vient de créer un parfum simplement baptisé "My Burberry". Avec une fragrance évoquant un jardin londonien sous la pluie, l' élixir or et miel, couleur typique du trench de la marque, est enfermé dans un flacon retenu par un petit nœud en gabardine. Devant l'objectif de Mario Testino, sous la direction artistique de Christopher Bailey, Kate Moss et Cara Delevingne jouent autour du parfum comme une Fée Clochette dédoublée. C'est magique, il ne manque que les étincelles! F.A.D My Burberry en vente chez Aïshti, rue El Moutran, Centre-Ville, Beyrouth +961 1 99 11 11 ext.104

NOT MADE FOR WALk IN '

Non, je ne mettrai pas mes Le Silla pour aller au travail, ni pour tout usage autre que celui de les afficher, pied cambré, à cette soirée S, ce jour J, ce moment M. Nées pour le glamour, les créations d'Ennio Silla s'apparentent davantage à des écrins pour le pied qu'à ce qui est communément appelé "souliers". F.A.D Le Silla en vente chez Aïshti, rue El Moutran, Centre-Ville, Beyrouth +961 1 99 11 11 ext.110

Intellectuel

Comment entendre le nom de Bloomsbury sans l’associer à Virginia Woolf, à cette maison de Gordon Square qui accueillit, tous les jeudis, à l’aube du 20e siècle, l’élite des écrivains de l’époque, autour de débats révolutionnaires et antivictoriens tels que l’union libre ou les droits des gays. L’esprit du sac Bloomsbury tient son ADN de ce milieu subtil. Burberry l’a conçu comme une toile de cuir ou de laine et l’orne tour à tour de motifs ethniques, graffitis artistiques ou tartan.Son format allongé fait de la place aux livres et à un ordinateur. F.A.D. Burberry, rue Allenby, Centre-Ville, Beyrouth +961 1 99 11 11 ext.455

PHOTOS Dr

MY BABY DON'T CARE FOR CLOTHES Comment imaginer Venise sans masques, sans brocards, velours

et soies, sans gondoles, sans carnaval? Comment imaginer un enfant sans déguisements, sans rêves, sans barques, sans châteaux? Cette saison, la collection baby Dior s'inspire de Venise, une ville "pas pour de vrai". F.A.D Baby Dior, rue Abdallah Beyhum, Centre-Ville, Beyrouth, +961 1 99 11 11 ext.588

PLUIE D'ÉTOILES SUR BEyROUTh

Pour sa 14e édition, le Festival International du Film de Beyrouth, sous la présidence d'Alice Eddé et la direction de Colette Naufal, a eu le privilège de présenter en avant-première Sils Maria, le film d'Olivier Assayas sélectionné pour la Plame d'Or 2014, avec Juliette Binoche, Kristen Stewart et Chloé Grace Moretz. Avec une projection de 78 films et la présence d'une centaine de personnalités du monde du cinéma, le BIFF qui se clôture le 9 octobre avec A Most Wanted Man d'Anton Corbijn a pris ses quartiers dans les salles Abraj, à Furn el Chebback. F.A.D


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news

VOiLÀ LE DALSTON

Alors voilà, c'est la saison du "D" chez Chloé et le nouveau sac Dalston sait tout faire. Avec ses clips et ses zips, il se réduit en clutch pour le soir et se déploie en baise-en ville pour le week-end. On plaisante, mais c'est presque ça. Et ce n'est pas par hasard si Claire Waight Keller, la directrice artistique de la marque lui a donné le nom de son village d'origine: noble et authentique, élégant en toute circonstance, il se laisse chahuter sans prendre un pli. F.A.D Chloé, rue Fakhry Bey, Beirut Souks, Centre-Ville, Beyrouth +961 1 99 11 11 ext.580

news BELgiTUDE

Le petit musée de la mode d’Anvers est un nid de trésors. Il suffit pour s’en convaincre de visiter sa nouvelle exposition dédiée aux créations contemporaines de son propre fond. Avec des talents locaux, souvent originaires de son académie des Beaux-Arts, comme Dries Van Noten, Martin Margiela, Walter Van Beirendonck ou A+F Vandevorst, ce centre d’exposition part avec une longueur d’avance… P.C. Au MoMu, Nationalestraat 28, Anvers, du 25 septembre au 4 janvier. www.momu.be

L'â Me d'un producteur?

Yasmine Ghorayeb est une cinéaste débutante. Son court métrage, Saudade, a été sélectionné par vingt festivals internationaux et gratifié de sept prix. Elle revient aujourd' hui avec un documentaire engagé, "Amal", un nouveau court basé sur des témoignages réels autour de la violence domestique. Le script a été primé par un comité de sélection newyorkais et nécessite un appel de fonds pour voir le jour. Pour participer au crowdfunding : http://www.zoomaal.com/ projects /amal/2364?ref=1801163 Pour découvrir les travaux de la jeune cinéaste: www.yasmineghorayeb.com F.A.D

Avant même d'obtenir son diplôme de styliste, Dionea Orcini avait déjà à son actif deux collections, deux défilés et une présence dans les principales boutiques de sa ville. Passionnée d'histoire, elle embarque pour Prague où elle étudie l'histoire du costume et se fait ensuite costumière de théâtre à Vienne. On la retrouve ensuite à Saint Martin dans les Caraïbes où elle conçoit des meubles et des fresques, ce qui la conduit en Californie où elle se spécialise en architecture d'intérieur à UCLA. Pour boucler la boucle, la voilà enfin au Brésil où elle s'éprend d'une tourmaline verte qui détermine sa vocation pour la création de bijoux. A l'arrivée, les bijoux de Dionea Orcini résument ce parcours éclectique et nous associent à leur légende. F.A.D Dionea Orcini en vente chez chez Sylvie Saliba, Achrafieh, Beyrouth +961 1 33 05 00

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TOUTE UNE hISTOIRE


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Oh GEORGE!

Avec une 4ème génération à la tête de la maison, l'enseigne Georges Hakim, l'une des plus anciennes bijouteries de la place de Beyrouth, poursuit avec fluidité son parcours créatif. Les nouvelles collections déploient jade ciselé, agates violettes, diamants noirs montés sur or noir. Beaucoup d'audace pour une maison qui sait rester classique sans tourner le dos à l'innovation. F.A.D. Georges Hakim, Beirut Souk Mall, Centre-Ville, Beyrouth +961 1 97 59 85 Créations Courrèges par Willy Rizzo, en 1965.

gUCCi-gUCCi

C'est une bourse ultra chic en cuir embossé de diamants eux-mêmes alignés en losanges. Le nouveau sac Diamente de Gucci joue sur les textures et fait jouer sous nos doigts, en alternance, le lisse et le relief, comme pour dire que le luxe est indissociable de la volupté. En turquoise, il flashera dans la sobriété des palettes hivernales. F.A.D

TA LO NS VISIONNAIRES

Autre fleuron du pôle métiers d’arts de Chanel, le bottier Massaro ajoute à son univers sur mesure, dirigé par Philippe Atienza, un volet prêt-à-porter en collaboration avec Laurence Dacade. Cette association du savoir-faire ancestral et de la créativité contemporaine prend la double forme d’une première collection de prêt-à-chausser et d’une boutique éphémère. De l’audace raisonnée qui ne devrait pas conduire les shoes addict à un comportement trop raisonnable… P.C. Massaro, 19, rue Cambon, Paris 1er. www.massaro.fr

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Gucci, rue El Moutran, Centre-Ville, Beyrouth +961 1 99 11 11 ext.200

AUTOUR DU "V" La cinquième collection de

Pendants d’oreilles en or gris rhodié, opales, saphirs et diamants LV star cut, collection “Haute Joaillerie Acte V”, Louis Vuitton. www.louisvuitton.com

Sexy pelotas

Il avait déjà collaboré avec Camper sur plusieurs collections. Romain Kremer est désormais le directeur créatif de la marque espagnole de chaussures confortables. Revamper la Pelotas? Pari tenu avec la collection automne hiver 2014-2015 présentée dans le nouveau concept CamperLab: des boutiques au décor futuriste et une activité soutenue sur les comptes instagram @camperlab ou Tumbler: camper.tumbler.com. F.A.D Camper, Aïzone, Beirut Souks, Centre-Ville et Beirut City Center, Hazmieh +961 1 28 71 87

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haute joaillerie présentée par Louis Vuitton exprime autour du V un savoir-faire saisissant qui restitue l’esthétique de l’abstraction et la puissance avant-gardiste d’un lexique inventé pour les femmes émancipées. H.D.


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Les Jumeaux Se Multiplient

Le duo de créatifs canadiens Dean et Dan Caten, plus connus sous l'étiquette Dsquared2, icône absolue du casual chic depuis 20 ans, vient de s'offrir un espace monumental de deux niveaux sur Rodeo Drive, à Beverly Hills LA. Bois d'Okoumé, sièges tapissés de velours ocre, une ambiance inspirée des forêts canadiennes pour un concept store où la totalité des collections de la marque sera disponible, y compris lunettes et parfums. F.A.D. Dsquared2 en vente chez Aïzone, rue El Moutran, Centre-Ville, Beyrouth +961 1 99 11 11 ext.140

news La Mer VeILLe

à Beyrouth, sur la très élégante rue el-Moutran. Du rouge, sa couleur fétiche, au blanc dont il fit une collection en hommage à Jackie Kennedy, Valentino Garavani le "Divino", le "Sheik of Chic", aura marqué d'une griffe indélébile la mode du 20e siècle. S'il a tiré sa révérence en 2007, sa succession artistique est désormais fidèlement assurée par Maria Grazia Chiuri et Pier Paolo Piccioli, avec l'aide de l'ensemble de l'atelier et des petites mains restés en place. Du rouge, du blanc, du noir et ce raffinement reconnaissable entre mille. Les modes passent, le style demeure. F.A.D Valentino ,en vente chez Aïshti ,Centre-Ville, Beyrouth +961 1 99 11 11 ext.130

La Mer en vente chez Aïshti, rue El Moutran, Centre-Ville, Beyrouth +961 1 99 11 11 ext.104

hISTOIRE D’EAU

Claire Dévé-rakoff, la directrice des créations Chaumet, enchante les pierres strictement sélectionnées par Pascal Bourdariat pour les transformer sur douze nouvelles parures de haute joaillerie, en gouttes crépitantes qui semblent étinceler sous un ciel étoilé. H.D. Boucles d’oreilles en or blanc et jaune, serties de diamants taille brillant et fantaisie, de saphirs bleus et jaunes ronds et taille baguette, de deux saphirs jaunes poire et de deux saphirs bleus ovales de Ceylan, collection “Lumières d’eau”, Chaumet. www.chaumet.com

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CONTiENT DE LA gRÂCE Valentino annonce l'ouverture imminente de sa boutique

Toutes les crèmes promettent des choses, des miracles, des effets radicaux, mais en attendant qu'elles tiennent leur promesse, le temps passe et elles s'essoufflent à en rattraper les dommages. Le "Masque Lift et Fermeté" La Mer, avec ses composants organiques puisés dans la Grande Bleue, tient parole sur le champ. Liftant et raffermissant, il se pause une fois par semaine et garde la peau jeune et nourrie jusqu'à la prochaine séance. F.A.D


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news

DOCTEUR DIAMANT

Elle s'appelle Audrey Savransky, elle a 28 ans, elle est Belge et représente dans sa famille une quatrième génération de marchand de diamants. Ce qui la pose en connaisseur, non seulement de l'origine et de la pureté des pierres, mais de leur pouvoir de consolation et de guérison. C'est pourquoi, mi-figue, mi-raisin, elle présente ses créations dans des écrins en forme de pilules. Avec l'avertissement suivant: un usage immodéré peut provoquer des éblouissements et des crises de jalousie dans l'entourage. On adore sa collection AS29, symbole chimique associant ses initiales et son numéro fétiche. Traitement disponible à Beyrouth chez Sylvie Saliba. F.A.D AS29, en vente chez chez Sylvie Saliba, Achrafieh, Beyrouth +961 1 33 05 00

news NEw HOLLYwOOD Bel avenir pour le glamour à Hollywood : les stars montantes

de la nouvelle génération, immortalisées par la photographe Clairbone Swanson Frank avec le soutien de Michael Kors, n’ont rien à envier à leurs illustres aînées ! Actrices, parmi lesquelles Marie de Villepin, Imogen Poots (en photo) ou Amber Heard, scénaristes ou stylistes se livrent en soixante portraits dans des mises en scènes intemporelles inspirées de l’âge d’or du cinéma. Ces pauses qui révèlent leur assurance et leur sens de la sophistication nous prouvent que la machine à rêves hollywoodienne a encore de beaux jours devant elle ! Éloi Perrin-Aussedat Young Hollywood, de Clairbone Swanson Franck (éd. Assouline).

Le souvenir de Jean Giono s’esquisse et s’écrit en une nouvelle Hermessence, sous la plume légère et inspirée du maître-parfumeur JeanClaude Ellena. Bel hommage à la tradition Hermès, Cuir d’Ange magnifie de délicates senteurs de cuir… A.S. Eau de toilette Cuir d’Ange (100 ml) Hermès.

BACK TO THE FUTURE Vous êtes cette riche américaine à la fin des années 50. Vous

embarquez à bord d'un Caravelle pour aller à Paris. Vous avez mis votre toilette de voyage, un bibi pour tenir votre coiffure, un décolleté sobre, une jupe plissée à mi mollets, taille étranglée, un manteau et des gants, un nuage de Shalimar. Autour, il y a ces femmes qui toisent votre sac, non pour ce qu'il contient mais pour ce qu'il est. Il s'appelle Saffiano, légèrement rectangulaire, sans rabat, anses longues avec fini en boucles de ceinture. Elégantissime, fait par Prada. Pas de chance, il n'existera pas avant une soixantaine d'années. F.A.D Prada , rue El Moutran, Centre Ville, Beyrouth +961 1 99 11 11 ext.130

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news

BLACK SwAN On connaissait le truc des make-up artists de

backstages et studios, à savoir tordre la brosse de leur mascara pour atteindre tous les cils en évitant la peau et de faire des paquets. Lancôme lance la première tige col de cygne avec son nouveau mascara Grandiôse qui étire et lifte les cils même les plus courts, et permet de maquiller le fameux deuxième œil d’habitude compliqué à atteindre grâce à son ergonomie et sa nouvelle gestuelle. Le top pour copier les regards félins de l’égérie Penélope Cruz (en photo) et des défilés Gucci, Prada, Rochas ou Versace… Marion Renard Mascara Grandiôse Noir, Lancôme,

ultra Glam Un condensé de la mode, des

Oscar de la Renta (éd. Assouline, chez Galignani à Paris).

talisman Parce qu’elle a rejoint

les bancs de la Central Saint Martins de Londres pour terminer son master, Noor Fares vient d’affoler les acheteurs chevronnés avec sa collection de fin d’année, dans laquelle la créatrice libanaise exprime la quintessence de son art basé sur l’exploration des sens, la recherche des proportions parfaites et l’amour des bijoux sacrés. H.D. Pendentif “Mandorla”, quartz, cristal de roche, améthystes, chaîne en or, Noor Fares. www.noorfares.com

LA NEW NEW BALANCE

Le saviez-vous, New Balance a inventé les running shoes avant Chanel! Et ce n'est pas parce qu'elles ne sont pas en tweed et qu'elles courent plus vite qu'elles ont moins de style. A la rédaction, on adore le modèle furtif à semelles techniques rose fluo et dessus argent. F.A.D New Balance en vente chez Aïzone, rue El Moutran, Centre-Ville, Beyrouth +961 1 99 11 11 ext140

news Le fisc c’est chic Après les Daft Punk, un nouveau Français cartonne aux ÉtatsUnis. La surprise est qu’il s’agit d’un économiste, loin d’être libéral de surcroit ! Thomas Piketty, auteur du Capital au XXIe siècle où il dénonce l’accroissement des inégalités, caracole en tête des ventes. Son livre de 700 pages est le nouvel objet de luxe intello chic qu’on expose sur sa table basse. Moins cher qu’un Basquiat et personne ne vérifiera si vous l’avez lu en entier ! É.P.A. Le Capital au XXIe siècle, de Thomas Piketty (éd. du Seuil).

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inspirations et de la vie ultraglamour d’Oscar de la Renta est rassemblé dans cet ouvrage. Photos, dont beaucoup inédites, citations de stars et images de ses créations depuis le lancement de sa maison éponyme en 1965 brossent le portrait de cet homme à l’élégance inégalée. Un bel hommage à une légende vivante de la mode américaine née en République dominicaine il y a 82 ans. Frédérique Dedet


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news

SUPERChARMÉS

Longtemps considérée par les Beyrouthins comme une sorte de "supermarché" du bijou, en raison de l'abondance de son offre, l'enseigne Tufenkjian continue par ailleurs à développer sa recherche dans le bijou d'élite et se montre de plus en plus inventive. Pour preuve, ces incroyables boucles d'oreilles qui se posent sans se clipper et ne nécessitent aucun piercing. Inspirées de la vigne, elles s'enroulent autour de l'oreille et l'ornent d'un feuillage surnaturel. F.A.D LE PLUS BRIT

Il tient son nom de cette petite ville côtière de Cornouailles, battue par les vents, sertie dans un paysage éblouissant. Devenue le paradis des artistes et des céramistes, Saint yves est si intimement associée à la créativité que Burberry s'en est inspiré pour ce nouveau sac, si British avec son côté doctor's bag en plus souple, en plus allongé, orné de motifs arty. Notre futur indispensable. F.A.D.

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Burberry, rue Allenby, Centre-Ville, Beyrouth +961 1 99 11 11 ext.455

À la fois chanteuse, mannequin et actrice, Rita Ora est également la nouvelle image spectaculaire de Roberto Cavalli. Personnage phare du prochain film Cinquante nuances de Grey, dont la sortie est prévue en février 2015, elle pose ici sous l’objectif de Francesco Carrozzini. Un mélange explosif du mythe de Marilyn et de la fraîcheur d’un premier rendez-vous platine. Stop ou encore ?… P.C. www.robertocavalli.com

La chair de l’orchidée Après Black Orchid, mythe d’une fleur

imaginaire et tentatrice, Tom Ford crée Velvet Orchid, une fragrance opulente dans de riches effluves orientaux. En cœur de bouquet, s’épanouit l’orchidée – l’équivoque cattleya chère à Marcel Proust – chauffée de miel et d’un rhum puissant, caramélisé au sucre de canne. La sensualité enveloppe le fond d’une riche douceur : vanille (autre type d’orchidée), myrrhe aux accents orientaux et daim animal. Une sensualité de velours pour parfum de mille et une tentations. A.S. Eau de parfum Velvet Orchid (50 ml), Tom Ford

news LINGERIE C A R ITATI V E

Porter de la lingerie n’évite pas hélas, de contracter le cancer du sein, mais acheter celle imaginée par Stella McCarney ce mois-ci peut contribuer à le prevenir. C’est en effet afin de supporter ‘The Linda McCartney Center’ que sa fille lance cette ligne rose fluo durant le mois anglais du ‘Breast Cancer Awareness’. Un pourcentage des bénéfices de ses ventes mondiales participera à l’achat d’un nouveau matériel de mammographie. Plus généralement ce centre assure un peu de réconfort aux patientes atteintes du fléau, dans le cadre du royal Liverpool University Hospital. Lorsque Kate Moss elle-même en assure la promo, comment s’en passer ? P.C. www.stellamccartney.com et dans les boutiques de la marque.

PHOTOS rAyA FArHAT, Dr

L’ora d’un mythe


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ENTRéE LUBIES TENDANCES STYLE BIJOUX BEAUTé

"CAPRICE" PAR BACHAR SROUR page 82


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lubie

la nouvelle ève Réalisation Lisa Jouvin PhotogRaPhie adrien toubiana concePtion iLL-studio

Gants en cuir d’agneau et serpent, Diane von Furstenberg. Sac en python multicolore, Dolce & Gabbana. Bottines en python et mors en métal argent, Gucci.


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peluches De prix RĂŠalisation Lisa Jouvin PhotogRaPhie adrien toubiana concePtion iLL-studio

Sac en fourrure, valentino Garavani. Sandales en velours, veau velours et fourrure de renard, Fendi.


lubie

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Baskets en tweed et PVC, chanel. Casquette, marc Jacobs men.

Gym to n ic RĂŠalisation Lisa Jouvin PhotogRaPhie adrien toubiana concePtion iLL-studio


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TENDANCE

Le supplice est devenu un délice. Le charme réservé et classieux des uniformes des écoles anglaises s’impose au-delà du Channel. réalisation lisa jouvin, stÉphanie nakhlÉ

De haut en bas et de gauche à droite : Chapeau Gucci. Gants Bottega Veneta. Robe Étoile Isabel Marant. Manteau Proenza Schouler. Écharpe Saint Laurent par Hedi Slimane. Cape Saint Laurent par Hedi Slimane. Pull Saint Laurent par Hedi Slimane. Sac Céline. Sac Burberry Prorsum. Chaussures Stella McCartney. Chemise Miu Miu. Blouse Marc Jacobs. Jupe Oscar de la Renta. Casquette Stella McCartney. Chaussures Valentino. Sac Prada.

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OxfOrd Street


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TENDANCE

L’énergie de la rue la plus fashion du Swinging London dessine un nouveau vestiaire vintage. Un mélange victorien et hippie chic à équilibrer avec nonchalance. réalisation lisa jouvin, stÉphanie nakhlÉ

De gauche à droite et de haut en bas : Chapeau Saint Laurent par Hedi Slimane. Manchette Mayet. Lunettes de soleil Miu Miu. Bottes Valentino Garavani. Perfecto Saint Laurent par Hedi Slimane. Combinaison Lanvin. Blouse Chloé. Blouse Burberry Brit. Chaussures Céline. Chaussures Gucci. Sac Fendi. Jean J Brand. Jupe Saint Laurent par Hedi Slimane. Sac Chloé. Bottes Saint Laurent par Hedi Slimane. Sac Diane Von Furstenberg.

PHOTOS dR

Carnaby Street


A B C D B AY E H M A L L , G R O U N D F L O O R , L E B A N O N T. 0 4 4 1 7 2 1 7


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tendances

Marc by Marc Jacobs

Charlotte Olympia

Miu Miu

Dolce & Gabbana

Burberry Prorsum Valentino Dsquared2

hybride

Une fusion de deux éléments de natures différentes, c'est la mode hybride... Réalisation MÉL ANIE DAGHER, STÉPHANIE NAKHLÉ

Alice & Olivia

Miu Miu

Fendi

Olympia Le-Tan Miu Miu

Dior

PHOTOs dr

Stella McCartney


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Stella McCartney

Gucci

Fendi

Burberry Brit

Marc Jacobs

Moncler Gamme Rouge

JOGGiNG

Marc Jacobs

Stella McCartney

Stella McCartney

Droit ou large, le jogging n'est plus réservé au sport… Réalisation MÉL ANIE DAGHER, STÉPHANIE NAKHLÉ

Miu Miu

Moncler

Chanel

Helmut Lang


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tendances

Saint Laurent

Gucci

Burberry Brit

Prada

Valentino Burberry London Marc by Marc Jacobs

pruNe

Une couleur chaude et profonde autrefois nommée bordeaux… Réalisation MÉL ANIE DAGHER, STÉPHANIE NAKHLÉ

Jimmy Choo

Dolce & Gabbana

PHOTOs dr

Miu Miu

Tory Burch

Etro

Chloé


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Rag & Bone

Saint Laurent

Jimmy Choo Stella McCartney

Stella McCartney

Victoria by Victoria Beckham

Balenciaga

Mykita

viril

Altuzarra

Vestes à double boutonnage, pantalons à plis. C'est la femme qui prend la relève cette saison... Réalisation MÉL ANIE DAGHER, STÉPHANIE NAKHLÉ

Hermès

Michael kors

Gianvito Rossi Miu Miu

Michael kors

Gucci


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style

MeS SoUlieRS

“J'adore les bottes Balenciaga,elles vont avec tout !”

Une SilhoUette

“J'ai craqué pour ce look Chloé, classique et confortable” Un chapeaU

"Ce chapeau Rag and Bone, mon accessoire style"

Mon Sac M aRni

“La taille est juste parfaite pour un sac de tous les jours !"

LE CHOIX DE… REbECCa ZaataR Designer et créatrice,passionée de voyages

DeS SoUlieRS

“Je me suis offert mon coup de cœur de cet hiver, des talons Casadei”

et d'aventures, Rebecca Zaatar est inspirée par tout ce qui l'entoure, surtout la photo, la peinture et la mode.Elle nous dévoile ses secrets de style et ses coups de cœur de la saison.

M a veSte RobeRto c ava l l i

“Un basique glam rock dans mon armoire”

Par StÉPhanie nakhlÉ

LES BASIQUES

Une chemise blanche Balenciaga.

Un FoUl aRD FenDi

Toutes les occasions sont bonnes pour mettre un foulard."

La montre Ballon Bleu de Cartier. Ma ceintURe

“Ma ceinture en cuir Balenciaga pour tous les jours.”

Des boots Balenciaga. Les bijoux Céline.

DeS bijoUx

“Mon obsession du moment : un bracelet Saint Laurent.”

PHOTO maTT irwin, dr

Une cape de chez Chloé.


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style

Une SilhoUette

MeS bot teS

“Isabel Marant, classique et casual, parfaite pour l’hiver qui approche.”

Mon Sac r ag & bone

“C’est sans doute l’accessoire dont je ne pourrais plus me séparer. À la fois pratique et mode, le sac à dos a fait son grand retour depuis déjà quelques saisons. Il reste mon incontournable du moment.”

LE CHOIX DE… gEOrgIa may jaggEr Inspiré par l’esprit britannique, son style se veut rock et confortable. La nouvelle égérie de Minelli nous dévoile ses secrets mode et nous livre ses envies du moment. Par Noëmie Beltr aN

“Je ne quitte plus mes cuissardes Minelli, je pense qu’aujourd’hui les femmes ressentent un réel besoin d’être sexy sans talons.”

Mon chapeaU

“Un Maison Michel, signe d’élégance intemporelle.”

MeS SoUlierS

“Encore et toujours à plat dans mes ballerines Minelli.”

LES BASIQUES

Mon looK DU Soir

“J’ose la couleur, parfois à la limite de l’extrême, il faut savoir prendre des risques !”

“Angel de Thierry Mugler, mon parfum du moment.” “Des produits de beauté bio.” “Un T-shirt col rond classique d’Alexander Wang.” “Mon rouge à lèvres et mon indispensable mascara.” “Le cabas et les bottines blanches Fendi de la collection automne-hiver 2013/14.”

MeS bijoUx

“Mon obsession du moment : les bouches de Yazbukey.”

PHOTO maTT irwin, dr

Zadig & Voltaire

“Un jean taille haute Saint Laurent par Hedi Slimane.”


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style

Chaque saison, nos griffes préférées espèrent lancer de nouveaux hits. Nous avons sélectionné les candidats, il ne vous reste plus qu’à choisir le modèle… RÉALISATION LISA JOUVIN, StÉphANIe NAkhLÉ

QUESTIONS

PHOTOs DR

À C H O I X M U LT I P L E

Les bottines MIU MIU

Les lunettes de soleil MYKITA

Bottines en PVC et nylon.

Lunettes de soleil en acier.

Les babies SAINT LAURENT PAR HEDI SLIMANE

Les gants DIOR

Le sac FENDI

Babies en cuir ou tissus.

Gants longs en agneau et veau velours.

Sac “By the Way” en cuir, fourrure ou python.


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anatomie d’un sac

Ce sac minimaliste se laisserait presque prendre pour un de ces manchons ouatés en fourrure précieuse, accessoire typique des élégantes du 19e siècle par grand froid. En castor, avec son fermoir en métal doré et ses anses en filin d'acier, il joue les contrastes entre chaud et froid, primitif et futuriste. Par F.A.D.

Le “shopper” de baLenciaga STYLE.

Inspiré du sac de courses avec sa forme légèrement en trapèze, le Shopper de Balenciaga se la joue luxe et volupté avec la douceur imperméable et chaude du castor contrastant avec des détails métalliques contemporains.

TECHNIQUE

Castor teinté, origine Canada, ouverture clippée et poches zippées à l'intérieur, doublure satin, plaque en métal doré du fermoir gravée du logo et anses coupées dans des câbles en acier torsadé partiellement revêtues d'une tubulure chromée.

COUP DE CŒUR

Sans doute le It Bag de la saison tant il est emblématique. D'abord parce qu'il annonce un retour définitivement décomplexé de la fourrure dans les vestiaires de l'hiver, ensuite parce qu'il décline avec fidélité les codes Balenciaga.

PHOTO DR

ORIGINE

Avec le retour en grâce de la fourrure. Alexander Wang, directeur artistique de Balenciaga depuis 2012, n'a pas boudé son plaisir. Il décline en castor la forme simple d'une besace et en fait l'accessoire fétiche d'une femme qui n'a pas froid aux yeux.


©2014 TuMI, INC

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style

Chaussures, STELLA McCARTNEY.


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CAPRICES On veut des boucles et des escarboucles, des derbies montées sur plateformes et des mocassins à bouts qui tuent, on veut que ça brille, on veut que ça feule, on veut des peaux de bêtes fantastiques et des sacs en dragon. Vu?

Stylisme

amine jreissati

Photos

bachar srour

Realisation

melanie dagher et layla naamani

Lieu

liza


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style

Sac en cuir crocodile, Saint laurent.

Chaussures Ă talons, gianvito roSSi.Sac, Saint laurent par Hedi Slimane

Chaussures, Balenciaga.


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Bagues, Balenciaga. Gourmette, Saint laurent par Hedi Slimane. Bracelet, Balenciaga.


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style

Bottes, Saint laurent par Hedi Slimane.


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Sac bandoulière en cuir, cÉline.

Sac, cÉline. Étole, miu miu.

Bottes, dior.


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style

Sac dreW, cHloÉ.

Bottes, cHloÉ.

Sac, marni.


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Bracelet, dior. Sac, Balenciaga.


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L’OfficieLLe du MOis

Talent précoce et énergie féroce, Razane Jammal, actrice, 27 ans, nous raconte son parcours et ses projets entre Beyrouth, Le Caire et Hollywood qui vient de lui offrir un rôle aux côtés de Liam Neeson.

Razane Jammal Par

Photographie

GILLES KHOURY

TONY ELIEH

a la surprendra peut-être mais ne la contrariera pas, vu son goût pour le cinéma américain : Razane Jammal nous fait penser irrésistiblement à l’actrice Megan Fox. Cette peau translucide, cette chevelure de jais, ces lèvres vermillon, ce regard (chez elle bleu gris) impassible. Cette présence très fixe surtout, d’un calme intimidant et hypnotique que renforce une voix claire. Intimidante oui, mais aussi très souriante. Elle invite à partager le canapé où elle est installée jambes croisées, dans une posture à l’élégance mesurée. Quand elle se lève pour saluer, elle déplie un corps d’une souplesse féline, d’une sensualité troublante, même enveloppé dans une combinaison en soie aux motifs japonisants. La belle est volontaire, l’instant est reposant et ce que cette Libanaise de naissance raconte d’elle-même conforte cette impression. Elle ne dit pas « Le travail, c’est la santé », mais presque : « C’est la vitalité par excellence. J’ai été élevée comme ça. » . Pas à la dure, on comprend, mais dans l’idée du devoir à accomplir. Une famille, un cocon « aimant » avec des parents et une sœur très présents. Les week-ends et pendant ses temps libres, des cours de théâtre « C’est peut-être un cliché, mais j’ai toujours voulu être actrice » et, à 13 ans, une proposition de publicité pour un soin de cheveux «chose qui a moyennement plu à mes parents» rit-elle. Deux ans plus tard, elle joue dans son premier spot

publicitaire. Elle a 15 ans à l’époque, et «c’était pour moi comme une immense cour de récréation, gorgée d’émotions. J’observais tout, et je n’avais aucune envie que cela se termine.» De fait, Razane ne tarde pas à intégrer ce circuit. Elle réussit à négocier avec ses parents le droit d’ « entrer dans ce monde » uniquement les week-ends, du moment que cette nouvelle passion n’empiète pas sur ses études. Le bac ES avec mention joliment survolé à 17 ans, Razane part pour Londres. Elle jonglera aisément entre sa licence en gestion de Kings College, ses cours de théâtre, le cours Florent à Paris et le mannequinat. « Ce n’était pas mon objectif, je faisais ça dans le but d’être présentée à des réalisateurs. » explique l’actrice. En 2010, alors qu’elle suit encore des cours à Londres, on lui propose un premier film, Carlos. « Le film n’a pas eu le succès qu’il méritait, mais j’ai pris tellement de plaisir à y travailler et développer mon personnage que j’ai voulu aller au bout de mon ambition… » . Car Razane est une working girl jubilante, gourmande au propre comme au figuré. Son meilleur ami Joe parle d’elle : «Elle est très attachante. Il y a chez elle un truc chaleureux, et en même temps de l’inquiétude dans son regard. C’est une battante, elle a galéré sans jamais perdre espoir ! ».

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La prochaine étape sera celle des Etats-Unis, ce rêve américain qui continue à faire briller les yeux, inlassablement. C’est à Los


L’OfficieLLe du MOis

Angeles en particulier que Razane s’installe. Elle passe des auditions et se voit retenue pour un rôle éprouvant dans un film d’horreur, « Djinn », tourné à Dubaï. « Je ne pensais pas, avant Djinn, que j’étais capable d’entrer aussi profondément dans un film. » confie Jammal. « Ce rôle m’a tellement éprouvée, tellement habitée que j’en ai fait une dépression. Ce n’était pas très joyeux ! ». Et là, on ne sait plus si elle rougit ou éclate de rire... Car tout est comme ça : personnel et vivant, parce qu’elle absorbe tout et que l’expérience qui lui tient désormais lieu d’apprentissage n’est pas donnée à tout le monde. On lui demande: «C’est quoi une vie normale? « Un silence, puis: « Une vie normale c’est avoir le temps. Le temps est devenu tellement précieux, un luxe ! ». « Je me sens souvent seule, c’est un peu le prix à payer. » confie Razane. « Mes amis me manquent aussi, mais je fais l’effort de garder le contact ! ». Elle ne trouve plus le temps de faire la fête. Elle a trop de cinéma à découvrir, de visages à imaginer, de livres à feuilleter, pour se plier aux diktats des soirées mondaines. Et puis, en rêveuse invétérée, faute de temps, elle donne libre cours à sa mélancolie, pelotonnée dans les sièges de ces avions qui sont sa deuxième maison. Car depuis l’expérience Djinn, tout s’est enchaîné. De Cruel Summer, où elle joue aux côtés de Kanye West « un homme incompris, tellement talentueux ! » , à la série libanaise «Mamnou3», sur la censure, Razane n’a cessé de déployer la palette de son talent, le déclinant dans toutes les langues et tous les registres. D’ailleurs, quand elle parle de son travail, les réponses fusent, nerveuses et musclées. Deux fois, elle dira : « Ce n’est pas facile de parler de soi.». Elle s’interrompt. Elle est là, devant vous, et elle installe un vide. Elle ne parle plus et cela crée un interlude où se promènent des fantaisies colorées. Elle ne dit rien, et cela fait du bien, ce temps suspendu. Après un moment, il peut lui arriver de dire : « Je ne sais pas ». Mais le plus souvent, elle sait. Ce qu’elle veut, ce qu’elle ne veut pas, ce qu’elle apprécie, ce qu’elle refuse. Ses proches moquent ses essais vacillants d’«hypercontrôle» comme ils reconnaissent son refus des lumières crues, son besoin de s’asseoir dos à l’avidité des regards. Elle contrôle sa page Facebook, son compte Instagram. Elle dit : « Je ne veux pas entrer dans la rapidité. » Parlant de rapidité, cette année, Razane Jammal a passé trois mois en Egypte, pour une première série intitulée Embratoreyet

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L’OfficieLLe du MOis

Meen (Un Empire pour qui?), produite dans le dialecte local. Une expérience commentée prudemment : «J’ai été jetée à l’eau, sans aucune préparation. Avec un script en égyptien. J’ai dû bosser dessus sans répit. Mais c’était drôle ! ». Dans ce téléfilm égyptien, elle modernise les caprices hautains d’une belle Arabe. Elle en fait une pipelette allumeuse, une sensuelle exigeante qui n’en fait qu’à sa tête. Cloitrée dans ce nouveau registre ? « Pas du tout ». Avec pertinence et ardeur, elle aligne la sortie de ce téléfilm avec celle de A Walk Among the Tombstones, où elle joue aux côtés de… Liam Neeson. « Sans doute le plus grand moment de ma carrière… Surtout que je joue dans un film américain, sans avoir le rôle d’une pute ou d’une terroriste ! ». Rires. Il est 19h. Razane a bu son café pour se réveiller et enchaîner sa soirée. Elle nous embrasse et disparaît gracieusement. Dans une autre vie, elle aurait voulu être publicitaire. On l’imaginerait plutôt peintre, étalant des gouaches aux couleurs de sa lenteur sensuelle. SIGN E S DIST I NC T I FS Film(s) culte(s). Children of Heaven, Holy Motors, Hiroshima mon amour, A Streetcar Named Desire et Cat on a Hot Tin Roof. Que trouve-t-on dans votre iPod? Beaucoup de playlists que j’ai chipées chez mes amis! J’écoute le plus souvent du Indie quand je suis chez moi, du Jazz et de la musique classique quand je me prépare avant un tournage, de la house quand je fais mon sport et du pop/hip hop quand j’ai envie de danser ! Que trouve-t-on dans votre DVDthèque? On y trouve autant de films cultes que de films commerciaux. Je les trie par réalisateur et par acteur: Hitchcock, Fellini, Kubrick, Tarantino, Lars von Trier, Wes Anderson, Almodovar et les films avec Bettie Davis, Elizabeth Taylor, Audrey Hepburn, Marilyn Monroe, Grace Kelly et Nathalie Wood… Artistes préférés? Andy Warhol, Romero Brito, Dali, René Magritte, Joan Miro, Matisse, Anish Kapoor, Murakami, Marina Abramovic, Alex Prager et Miles Aldrige. Un musicien Je suis folle de Freddie Mercury! Un acteur/une actrice Presque toutes les actrices de l’âge d’or d’Hollywood! Un acteur/actrice avec qui vous rêveriez de jouer Deux imbattables: Daniel Day-Lewis et Meryl Streep.

« Je joue dans un film américain, sans avoir le rôle d’une pute ou d’une terroriste ! ».


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Un ou une créatrice de mode Coco Chanel Une pièce que vous ne jetterez jamais Un sac Bottega Veneta qui appartenait à ma sœur. Elle me l’a offert comme cadeau de Noël. Vacances idéales Une detox d’ayurveda au Kerala en Inde, ou une retraite yoga et surf au Costa Rica. Contre le stress? Yoga, méditation, sport, bonne compagnie et surtout rire. Allergie? Le mensonge, la malhonnêteté, l’arrogance et les airs de supériorité. (Et la pollution et la saleté!). Et les abeilles ! J’ai été piquée il y a longtemps, et je ne m’en suis jamais remise! Spécialité culinaire Tout ce qui est sain et rapide à cuisiner comme mes dips d’avocats que je dévore avec du pain sans gluten. Plus beau compliment reçu« Merci de m’avoir aidé à être de nouveau moi-même » Votre livre de chevet? Le Bhagavad Gita et The Power of Now. Un bijou La bague que ma grand-mère portait avant de nous quitter. Un héros/une héroïne L’écrivaine nigérienne Chimamanda Ngozi Adichie. Un lieu que vous aimezLe Peace Pagoda au Battersea Park à Londres, avec sa vue sur le pont Prince Albert. Une rue Christopher Street a New York Un restaurant Gjelina à Abbot Kinney, Los Angeles Dans vingt ans ? Toujours une carrière chargée, sans domicile fixe, entourée de mes parents, de mes meilleurs amis, d’animaux, de mon partenaire et de nos enfants (dont un certainement adopté).


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FOCUS

LA CAPE Courte, munie d’un capuchon, avec sa couleur vermillon elle a immortalisé le Petit Chaperon Rouge dans les souvenirs d’enfance de plusieurs générations. Longue, flottante, en tissu léger et couleurs primaires, elle est l’accessoire emblématique du super héros des Marvel comics. Argentée, elle protège Harry Potter de la Mort en le rendant invisible. Plus talismans que vêtements, la cape, la pèlerine, le poncho reviennent en force dans la garde-robe de cet hiver. Par F.A.D.

saint laurent

photos dr

S

’il y avait un degré zéro du vêtement, c’est dans la cape qu’il faudrait le chercher: Un grand pan de tissu (ou de fourrure, aux temps primitifs) qui se passerait aisément de couture: il suffirait de l’attacher par un cordon ou le nouer autour du cou pour le faire tenir. La cape a traversé toutes les époques. Couvrante, protectrice, elle facilite la dissimulation, sert de couverture pour dormir à la belle étoile ou dans une auberge, sur les grands chemins. Soutenue par un bâton de pèlerin, elle ferait même office de tente. A Venise, avec ses énormes capuches et ses longueurs démesurées, elle a ce côté sulfureux qui permet, en temps de carnaval, de faire ce qu’on veut sous les porches en toute discrétion et impunité. Prisée par les sociétés secrètes, tout en étant paradoxalement très voyante, elle assure l’anonymat. Le Fantôme de l’opéra luimême n’apparaît jamais sans la sienne. Décidément pleine de ressources, la cape est aussi un vêtement d’apparat. Sa large surface de tissu est un support idéal, une véritable toile vierge, pour toute forme d’expression, peinture ou broderie. Elle se fait aube pour les prêtres. Sur le dos de l’officiant, tel un rideau de scène, elle est ornée des symboles de la cérémonie du jour. Karl Lagerfeld lui-même n’a pas résisté à la tentation, dans sa collection haute couture printemps été 2015, d’ajouter à sa robe de mariée une cape blanche d’un faste inouï, rebrodée


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hermÈs

burberry

giambatista valli

Dolce & gabbana

paul & joe

DsquareD2

emilio pucci

de fil d’or. Pour impressionner et cacher leur jeu, les magiciens de foire et de music hall en ont eux aussi fait leur costume, inséparable du haut de forme huit reflets. On pense aussi irrésistiblement au kitsch cinématographique, entre le genre péplum où l’on voit flotter des capes rouges aux épaules des empereurs romains et les représentations modernes de certains contes de fées, à Peau d’âne, surtout, campée par Catherine Deneuve dont la cape est justement une peau d’âne et le capuchon la tête de la bête. Et comment oublier, dans le même film de Jaques Demy, le délirant Jean Marais qui joue le roi avec ses majestueuses capes de velours brodé, si démesurées aux épaules qu’elles ressemblent à des ailes… Parce qu’elle est marquée du sceau du mystère, la cape, très victorienne, est devenue l’accessoire par excellence du romantisme gothique. Passées les deux guerres mondiales où elle fait son service sur le dos des infirmières, elle disparaît avec l’armistice pour des raisons évidentes d’économie de tissu. Comme prévu dans ces cas-là, voici que la cape réapparait dans les milieux cossus et les grandes soirées mondaines. Signe de richesse, elle complète la robe du soir dans les années 50 à 80, ces fameuses trente glorieuses au cours desquelles l’Europe a retrouvé sa prospérité économique. Laissons donc aux économistes l’interprétation de sa réapparition en force, cet hiver 2015, et ne nous privons pas du plaisir coquin de nous “embobeliner” (le mot est de Flaubert) dans ces doudous pour grandes filles pas sages.


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ZOOM

La presse fashion américaine, à la veille de la semaine de la mode de New York, l'a désigné comme l'un des nouveaux talents à suivre de cet événement planétaire. Charles Youssef n'est pas un "bleu" pour autant. En 2010, alors qu'il achevait son master à CSM, à Londres, Lady Gaga a acheté la totalité de sa collection de diplôme pour sa tournée au Japon. Par f.a.d.

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CHARLES YOUSSEF


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N

é à Beyrouth, Charles Youssef grandit à Manhattan. Avec une mère styliste et une passion dès l'enfance pour toute forme d'art, sa vocation pour la mode s'affirme très rapidement. A l'édition digitale de Dazed, il confie qu'à l'âge de cinq ans, il avait déjà fait ses premiers pas de mannequin pour une collection junior créée par sa mère. A l'âge de choisir une carrière, c'est tout naturellement qu'il s'inscrit à la Parson's School of Design dont il sort parmi les majors. Après cinq années de stages et de collaborations, notamment pour Ralph Lauren et Calvin Klein à New York, Gareth Pugh à Londres et Cerruti à Paris, il décide de quitter New York pour Londres où il prépare un master en Womenswear à Central Saint Martins. Londres est un peu son Eldorado, la ville où tout se passe, où l'énergie circule comme nulle part ailleurs, où l'on crée autrement, plus librement. Et la magie de Londres, conjuguée à son incroyable talent, ne manque pas d'opérer. A peine terminée la présentation de son défilé de diplôme, il est contacté par les stylistes de Lady Gaga. La chanteuse a "a-do-ré" sa collection. Elle prépare une tournée au Japon, elle veut tout, c'est tout. Expérimentale, cette collection ne ressemble d'ailleurs à rien de déjà vu, à part qu'elle rappelle vaguement un portrait de Klaus Nomi dans les années 80, dans un costume surdimensionné noir et blanc où les volumes se déclinent en triangles. En véritable explorateur de la géométrie, Charles Youssef a déjà en tête de faire de "l'art combiné avec le corps humain". Ses robes sont structurées avec des formes basiques: trapèzes, rectangles, triangles, étoiles. Il privilégie les tissus secs tel que le crêpe pour faire tenir ces fragiles édifices. Il dit avoir pensé aux cocottes en papier de son enfance. L'origami est chez lui une obsession. Cet art du pliage lui permet de produire des reliefs, des cônes, de la 3D, des formes inédites. Il affectionne les couleurs sobres, le plus souvent du noir, pas d'imprimés: il y a trop de travail couture pour autoriser d'autres effets. "d i v i d ed l i g h t"

Pour sa première participation à la New York Fashion Week, Charles Youssef s'est visiblement attaché à établir fermement son identité et ses codes personnels. Le thème de sa collection est inspiré des travaux de l'artiste James Turrell, un ancien pilote de l'armée américaine, objecteur de conscience et photographe qui a beaucoup travaillé sur les percées lumineuses. Déclinant à loisir le vocabulaire de la fente et des ouvertures, déployant pour le plaisir ses origamis vestimentaires, Youssef a même osé introduire dans ses robes un boutonnage

lumineux à base de LED. Mais nul ne s'est hasardé à critiquer ce parti-pris risqué car anecdotique, devant la perfection des coupes et la virtuosité de la couture. Au cœur de cet espace industriel divisé par des arches en acier équipées de projecteurs, les mannequins zigzaguaient dans une atmosphère inquiétante, mais la beauté des modèles éclipsait tout le reste. Quatre couleurs: noir, blanc, gris et rose pâle restituaient en toute sobriété l'élégance des mouvements d'une jupe à godets et la pureté des lignes d'une collection très élaborée, où chaque découpe est justifiée par l'harmonie de tout un ensemble, où aucun détail, malgré les apparences, n'est gratuit. Véritable coup de cœur de cette saison américaine, le couturier d'origine libanaise, labellisé britannique, est clairement au seuil d'une splendide carrière.


L’éclat tellurique du diamant illumine ces créations cristallines de haute joaillerie. Des parures dépareillées afin de mieux paraître.

white light w h i t e h e at

Photographie

CHRISTOPHE BOUQUET

Réalisation

emily minchella

Cartier Bracelet XL en or gris et diamants, collection “Juste un clou”.


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Chaumet Collier en platine et cristal de roche serti de diamants et de diamants taille poire, collection “Lumières d’eau”.


bijoux

repossi Manchette “Antifer” en or blanc pavé de diamants.

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Bulgari Collier haute joaillerie “Serpenti Ultimate Temptation’’ en or blanc avec un diamant taille poire, 94 diamants taille brillant, 13 diamants et pavé de diamants.


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anatomie d’une montre

Style

S avo i r- fa i r e

15.5

1912

Un diamètre taille fillette comme un concentré d’allure pour exprimer sa vision du temps en toute simplicité.

Année phare qui marque le départ d’une histoire plus que séculaire entre Hermès et les horlogers.

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Rose, gris, jaune : la collection s’épanouit dans tous les ors, sertis ou non de diamants.

Nombre minimum de manipulations nécessaires à la naissance d’un cadran Hermès.

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2000

Une montre hommage à l’adresse mythique du faubourg Saint-Honoré pour illuminer toutes les heures de la vie d’une femme.

Superficie grandiose en mètre carré de la maison suisse Joseph Erard qui conçoit pour Hermès des boîtiers parfaits.

“Faubourg” d’Hermès 15, 5 m m

Boîtier et Br acelet en or griS

Finesse extrême, élégance éternelle, finitions luxueuses : la nouvelle montre féminine du célèbre sellier traduit avec délicatesse et légèreté l’esprit du faubourg Saint-Honoré. Par Hervé Dewintre

caDr an l aqué Bl anc Serti D’un Diamant

PHOTO dr

Diamètre


VISIT OUR A誰SHTI STORES EL MOUTRANE STREET, BEIRUT, TEL 01 99 11 11 New York

London

Paris

Milan

Rome

Madrid

Moscow

Tokyo

Hong Kong

Shanghai


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bijoux

La nouvelle collection haute joaillerie de Dior, "Archi-Dior", a été conçue par Victoire de Castellane comme un hommage aux lignes révolutionnaires créées par Christian Dior dès ses débuts. Chaque bijou fait référence à un détail couture, ou plutôt à l'architecture d'une robe, son mouvement, ses volants, ses tourbillons exprimés en pierres précieuses et camaïeux lumineux. par F.A.D.

"ARCHI DIOR"

Robe de la ligne Cocotte Haute couture Printemps-Été 1948 et les bagues en diamants saphir rose.


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credit photo

Robe de la ligne Francis Poulenc Haute couture Printemps-Été 1950 et les bijoux diamants verticale plissé jaune.

Robe de la ligne Marly Haute couture Printemps-Été 1949 et les bijoux en diamants jaune trompe l'oeil.


bijoux

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Robe de la ligne Junon Haute couture Automne-Hiver 1949 et les bijoux en diamants, Milieu du siècle.


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Robe de la ligne Aladin Corolle Haute couture Automne-Hiver 1947 et bijoux en diamants et emeraudes.

L

a couture est affaire de construction: devenu couturier après s'être rêvé architecte, Christian Dior n'a eu de cesse de concevoir ses robes comme des édifices de tissu, rigoureusement structurés. Avec les courbes voluptueuses du corps féminin pour seules fondations et les dessins du créateur en guise de plan, robes et tailleurs sont échafaudés dans les ateliers de la Maison avec une rigoureuse précision, bâtis et montés pièce par pièce avec le plus grand soin. Dès lors, chaque collection est pour Christian Dior l'occasion de créer une nouvelle architecture: au fil des saisons, de Corolle en 1947, à Verticale en 1950, en passant par Zig-Zag, Ailée ou Trompel'œil, les proportions des vêtements sont bouleversés selon une nouvelle géométrie, une nouvelle "ligne". En joaillerie aussi, chaque pièce est une construction, un précieux édifice monté pierre après pierre par les meilleurs ateliers

joailliers parisiens. Et c'est précisément cette idée de création architecturale, cet esprit infiniment Dior – "Archi-Dior, dirait-on – qui a inspiré à Victoire de Castellane sa dernière collection de haute joaillerie: "J'ai voulu créer chaque pièce comme les robes que Christian Dior pensait en architecte, comme si les bijoux étaient des tissus sculptés, volantes, plissés, ceinturés, drapés…", explique la créatrice. Chaque pièce de la collection Archi Dior emprunte ainsi le nom d'une ligne ou d'une robe iconique, adaptant le mouvement particulier des étoffes au langage de la haute joaillerie: de même que les drapés sculpturaux de la haute couture ne se laissent pas embrasser d'un seul regard, de même les bijoux qui les revisitent offrent de multiples facettes. L'une après l'autre, les pièces de la collection Archi Dior étalent leurs plissés précieux, offrant au regard leur silhouette ceinturée de pierreries; l'une dévoile au passage un ruban de diamants, une autre tournoie légèrement pour laisser entrevoir les volants d'un jupon de rubis… "Certaines pièces imitent le mouvement du bas d'une robe qui se soulève au

rythme des pas d'une femme", souligne la créatrice. " Ce sont des bijoux qui défilent comme des robes de bal". Comme une évidence, ce sont des créations inspirées de la ligne Corolle, présentée par Christian Dior lors de son tout premier défilé, le 12 février 1947, qui ouvrent ce bal joaillier. Somptueux comme des robes haute couture, ils apparaissent d'abord tout en volutes de diamants et d'émeraudes, puis en superpositions de jupes roses. Viennent ensuite la manchette et la bague Bar, précieux hommage au tailleur iconique de la Maison. Tout au long de ce défilé de bijoux, des exubérants volumes aux incroyables dégradés de couleurs de la ligne Ailée, du drapé piqué d'un dimant jaune de la bague Envol au tourbillon de pierres multicolores de la ligne Trompe-l'œil évoquant "les plis d'une robe qui tournent autour de la taille", en passant par les lignes géométriques complexes des bijoux Zig-Zag, Victoire de Castellane opère la transmutation du tissu en pierres précieuses, et de la haute couture en haute joaillerie.


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BIJOUX

Formées à Londres pour la plupart, les créatrices de bijoux libanaises se distinguent par leur culture innée de l’ornement. Tout ce qui brille est or ou le devient entre leurs mains. Par F.A.D.

LES JOYAUX DE LA COURONNE 4 1

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Joanna DahDah

L ’a t e L i e r n aw b a r

sabine ghanem

L’édition 2010 de la London Jewellery Week porte bonheur à Joanna Dahdah en la classant parmi les 100 nouveaux créateurs de bijoux à suivre. Aussitôt, on parle d’elle dans Vogue Italia et elle remporte en 2012 un prix de la jeune création à la Semaine de la joaillerie de Paris. Lancée simultanément à Londres, en Italie et à Beyrouth, sa marque éponyme est aujourd’hui diffusée dans son showroom à Achrafieh. Ses bijoux inspirés de Klimt sont juste réjouissants.

Filles, petites-filles et arrières petitesfilles de bijoutiers, Dima et Tania Nawbar sont aujourd’hui aux commandes d’un concept store créé sur le site d’un ancien club de billard. Dans ce décor zen et tout blanc sur deux étages, on vient comme on est, avec une idée, un projet. Dima et Tania élaborent et dessinent. Les artisans, présents, exécutent. On se découvre créateur. Leurs bijoux nous donnent du talent.

Aujourd’hui basée à Londres, Sabine Ghanem a d’abord vécu entre Beyrouth, Genève et New York où elle a étudié la gemmologie et le design de bijoux. Ses créations arachnéennes, apparentées à des tatouages tout en arabesques, ont séduit Bergdorf Goodman, Maxfield, Montaigne Market, Brown et Matches. Son idée d’un bijou qui a une âme et se transmet de génération en génération est une synthèse entre Orient et Occident.

Joanna Dahdah, immeuble hermitage,Furn eL hayek

L’atelier nawbar,immeuble Kourasani,rue hamra.

www.sabineg.com

achrafieh,beyrouth,Liban. tél.+961 1 21 68 01.

tél:+961 1 74 48 28.

et de rubis. 8. Boucles d’oreilles “Relic ” en or rose 18ct

1. Pendentif en or jaune “Large drop”. 2. Bague

Ensemble de bagues en or 18ct. . 6. Manchette

doté de deux diamants en forme de coeur. 9.Bague

en or jaune 3. Bague en or jaune«Twister».

en or jaune et émeraude.

«Heart to heart»sertie de diamants et rubis.

PHOTOs dR

7. Boucles d’oreilles en or rose 18ct et serti de diamants 4. Bague de la collection “Living Vintage”. 5.


Beirut Souks, Souk El Tawileh - Beirut City Center, Hazmieh, Level 1 Also available at all A誰zone stores in Beirut, Dubai, Amman

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beauté

Comme chaque automne, une chose est claire: on rallonge les manches et on enfile son cachemire préféré .Côté teint on préfère les textures mates pour rester nature et on pose sur les pommettes un fard à joues rosé pour piquer aux Anglaises leur teint délicat.

Un aUtomne à l ’a n g l a i s e Réalisation STÉPHANIE NAKHLÉ ET LAyLA NAAmANI Photographie RAyA FARHAT


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1. Chaussures Dolce & Gabbana. 2. Serum correcteur pigmentaire, yves saint laurent. 3. Crème hydratante clarté, le Blanc, chanel. 4. Vernis 030, lancÔme. 5. Lunettes de soleil, Gucci. 6. Bague, roberto cavalli. 7. Mascara, Dior. 8. Le masque lift et fermeté, la mer. 9. Coquetier pour oeuf, GeorG Jensen. 10. White Patchouli, tom forD. 11. Pochette, charlotte olympia.


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beauté

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1. Chaussures, Jimmy choo. 2. Lunettes de soleil, mykita. 3. Vernis nuit d’Azur, lancÔme. . 4. Parfum, polo ralph lauren . 5. MagnaScopic, Maximum Volume Mascara, estée lauDer. 6.Figurine chien, Gaia & Gino. 7. Illusion d’ombre, 91 apparition, chanel. 8. Tag Valise, tumi. 9.Pochette, botteGa veneta.


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1. Chaussures, Gianvito rossi. 2. Vernis 475 Dragon, chanel. 3. Rouge à lèvres, GiorGio armani . 4. Pochette, praDa . 5. Gloss , bobbi brown. 6. Sérum détoxifiant régénérateur, One essential , Dior. 7. Lunettes de soleil, marc Jacobs. 8. Parfum Hypnotic Poison, Dior. 9. Bracelet, Delfina Delettrez. 10. Porte cartes, tumi. 10. Livre London, eDition taschen.


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beauté

Elle est brodeuse et mannequin . Moitié Libanaise, moitié Anglaise. Visage angélique, regard bleu, elle nous confie ses astuces beauté.

beauty confidential Petra Palumbo

PORTRAIT MARcus LAMbeRT

Par StÉPhanie nakhlÉ


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Quels sont les produits de beauté dont vous ne pouvez pas vous passer ? J'adore les produits issus de la mer Morte, comme le « Advanced mud mask » (masque de boue) par Dolmen. Le « triple oxygen instant energizing face mask » par Bliss. L'eau de rose de Pukka et le «Bio-Oil ». Votre Parfum fétiche ? Le parfum de ma mère « K de Krizia », Malheureusement ils en ont arrêté la production. Quelle est votre routine beauté et combien de temps y consacrez-vous? Ma routine beauté est simple et ne dure que quelques minutes. Je commence par purifier ma peau, je tonifie et finis avec une crème hydratante Caudalie. Quelle est la partie de votre corps ou de votre visage que vous trouvez la plus avantageuse? On me complimente souvent sur mes yeux ou mes cheveux. Quelle est la tendance beauté que vous n'adopterez pas ? « Le lifting du vampire » une pratique étrange qui consiste à prélever du sang du bras pour le réinjecter dans le

visage ! Déjà l'idée me fait peur ! Quelles sont les meilleurs conseils que vous avez retenus d'un pro du maquillage et du cheveu durant vos années de mannequinat ? On ma conseillé de mettre de l'huile de coco une fois par semaine sur mes cheveux et laisser toute la nuit. Un très bon moyen pour rendre mes cheveux lumineux et les maintenir en bonne santé. On ma parlé d'un démaquillant Bioderma. Je l'ai vite acheté et je n'en ai plus changé depuis. 6 confidences d'une vie de mannequin

Comment vous faites pour garder la ligne et rester en forme ? Je mène une vie assez saine et cherche autant que possible mes vitamines dans mes aliments. Par contre j’ai un faible pour les sucreries et je ne m'en prive pas le weekend. Pour rester physiquement et moralement en forme, je m'entraine souvent, quelque chose que j'aime bien faire, heureusement. Quand je suis à Londres j'ai un très bon entraineur personnel: Tyrone de « BeTheFittest » et je prends aussi des cours de Pilates et heartcore fitness. A quel moment vous considérerez-vous

à l'apogée de votre carrière ? Je viens de terminer mes études au London College of Fashion et pour être honnête, je considère que ma carrière vient de commencer. J'ai beaucoup de projets. Quels sont vos destinations de rêve ? Une randonnée dans l'Himalaya. Une balade à cheval à travers la Mongolie. Visiter une usine de textiles à Jaipur, en Inde. Vos icônes? Marlene Dietrich et Louise Brooks sont mes ultimes icônes de style. Vos adresses fétiches à Beyrouth ? Le restaurant Casablanca; Orient 499 pour des vêtements incroyables, cousus main; le studio Trainstation pour une séance de sport; Lazy B pour une journée à la plage; la forêt des cèdres du Barouk. Et à Londres ? La boutique de ma mère « Tapisserie » sur la rueWalton www.tapisserie.co.uk. Le restaurant Wilton's pour une délicieuse cuisine traditionnelle anglaise. Les Kew gardens pour une agréable promenade. La Roller Disco Vauxhall. Le musé Victoria and Albert.


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Derrière les plus belles filles de ce numéro, de Suki Waterhouse à Lily McMenamy, se cache Saif Mahdhi, président Europe de Next Model Management et agent ultra-protecteur de ses diamants. Un métier de l’ombre dont l’un des brillants représentants voit enfin la lumière… Par Louis Bompard

chasseur d’étoiles Comment devient-on un des agents le plus influent au monde ? Saif Mahdhi : “Il n’y a pas de chemin tracé. Tout a commencé pour moi par un heureux malentendu. J’avais 18 ans, je cherchais un contrat d’alternance dans une agence de publicité. En arrivant au rendez-vous, mon interlocuteur me parla de booking, de ‘Mick et Jerry’… Je m’étais en fait trompé d’étage, mais je suis finalement resté un an dans cette agence de mannequins, You. Je suis ensuite parti pour Marilyn, où je me suis occupé des toutes jeunes Carla Bruni, Kate Moss ou Helena Christensen pendant trois ans. J’avais leur âge et étant le seul garçon, je suis devenu leur chouchou. Puis j’ai passé treize ans à la tête du booking de Viva, avant d’arriver chez Next, en tant que président Europe.” Et pourquoi avoir accepté de rejoindre cette nouvelle aventure il y a quatre ans ? “Par loyauté envers mes anciens employeurs, je ne répondais jamais aux demandes. Mais quand Faith Kates (lire ci-contre, ndlr) m’a appelé, j’ai pensé que l’heure était venue. Bien sûr, le listing des tops représentés par Next fait rêver : Arizona Muse, Abbey Lee, Ana Beatriz Barros… Mais la raison principale de ma venue, c’est que j’avais besoin de représenter des gens qui ne sont pas uniquement beaux…” C’est-à-dire ? “Nous avons ici la chance de représenter des

personnalités d’univers extrêmement variés. Je dois m’occuper de chanteuses comme M.I.A. ou Lana Del Rey, mais aussi des Twins, des danseurs qui tournent désormais avec Beyoncé, ainsi que d’une journaliste comme Caroline Issa ou d’un acteur comme Jérémie Elkaïm. D’ailleurs, aujourd’hui, la plupart ont un lien avec la mode…” À quel moment avez-vous appris ce qui est devenu votre spécialité : façonner une star ? “Lorsque j’ai rencontré Audrey Marnay. Elle avait 15 ans et demi et sortait complètement des codes de l’époque, elle me faisait penser à une baby Kate. Si personne ne croyait qu’elle pouvait se faire un nom, j’en étais sûr. Je l’ai proposée à Alexander McQueen, qui présentait sa première collection couture pour Givenchy. Il l’a adorée. Puis Miuccia Prada l’a fait défiler pour Miu Miu. Steven Meisel la remarque et là, effet boule de neige, plus rien ne l’arrête. C’est la première fois que je voyais vraiment la construction d’un mannequin de A à Z.” Aujourd’hui, vous connaissez les recettes miracles pour répéter un tel succès ? “Le travail est différent pour chaque personnalité. Mais la première des choses est d’en faire des professionnelles, en les ouvrant au monde. Quand Raquel Zimmermann venait à Paris, je l’emmenais au Centre Pompidou et je lui faisais

saif mahdhi

ci-dessus, saif, caroline de maigret, anthony vaccarello et brice compagnon. page de droite, saif entouré de ses amis pour son 40e anniversaire.


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Fa ith K ates, Fo n datr i c e d e n e x t Par Léa TrichTer-parienTe

Le concept de next

“Gérer la carrière globale de nos clients. Next a été la toute première agence à proposer un service complet.” La spéciaLité

“Rester les leaders dans la recherche de nouveaux visages est notre but ultime car c’est l’avenir de notre business et de l’agence.” La devise

acheter des livres de Guy Bourdin ou de Richard Avedon, je lui prêtais des DVD de grands classiques… Lorsqu’un styliste évoque une série très Belle de jour, il faut que la fille sache de quoi on parle. Surtout que j’ai souvent des filles très jeunes qui n’ont pas forcément été plus loin que leur village…”

photos ezra petronio, stéphane feugère, dr

Vous parlez de Natalia Vodianova, dont vous vous êtes occupé auparavant, par exemple ? “Oui, c’est vrai, Natalia était vendeuse de fruits dans sa ville natale, ce n’est pas une légende. Mais elle est arrivée avec une maturité supérieure aux autres. Elle avait tellement connu et vu de choses difficiles que les petits problèmes du quotidien d’un mannequin ne paraissaient rien à ses yeux. C’est une rencontre inoubliable.” Savez-vous tout de suite quand une jeune fille va devenir une star ? “Je le sais rapidement, avec l’expérience. Karolina Kurkova, même lorsqu’elle avait 15 ans, dégageait en marchant dans Paris une aura qui ne trompe pas. Je sais également ce qui plaît aux designers avec qui j’ai l’habitude de travailler. Lorsque j’ai rencontré Lily McMenamy, c’était forcément pour Hedi Slimane. Et ce jour-là, il a voulu la photographier frénétiquement pendant une heure. À la fin, il lui a dit : ‘Vous me faites penser à Kristen McMenamy.’

Elle lui a répondu, un peu gênée : ‘C’est possible… C’est ma mère.’” On vous sait très proches de certains de vos talents. Caroline de Maigret, par exemple… “Avec Caroline, cela fait dix-huit ans que l’on travaille ensemble, on a même débuté ensemble. Et puis comment ne pas tomber sous le charme de cette femme talentueuse, aventureuse, si élégante, qui dévore la vie et ce qui se présente à elle ?” On dit souvent de vous que vous êtes un “agent star”. Vous comprenez cette image ? “Je suis un agent de stars, pas un agent star. Lorsque j’assiste à un défilé, si je suis bien assis, je donnerai toujours ma place à un talent auquel je crois beaucoup. C’est assez récent que, comme vous, on propose de m’interviewer. Après, c’est vrai, je dois reconnaître que mon métier me fait beaucoup voyager et me donne accès à des moments inoubliables. C’est la bonne contrepartie d’un travail qui me prend 365 jours par an.” Votre plus belle rencontre ? “Disons que parler avec Karl Lagerfeld reste à chaque fois quelque chose d’unique. Cela ne fait que quelques années que je lui parle directement, alors que je travaille avec lui et ses équipes depuis très longtemps. Je n’osais pas vraiment l’approcher. Le jour où on a été présenté, avec sa politesse incroyable, il savait très bien qui j’étais.”

“Donner le meilleur de soi-même, être toujours tendance, résolument moderne et ne jamais compromettre son intégrité.” Les chiffres

• 6 bureaux à Los Angeles, Miami, New York, Paris, Londres et Milan. • 300 clients que nous représentons dans le monde entier. • Plus d’une centaine de couvertures de magazine l’an dernier. Les grands noms de L’ h i s t o i r e d e L a m a i s o n

Lisa Taylor, Beverly Johnson, Yasmeen Ghauri, Milla Jovovich, Rebecca Romijn, Arizona Muse, Kendra Spears… L a pa rt i c u L a r i t é

“Nous ne sommes pas qu’une agence de mannequin. Nous travaillons avec des coiffeurs, des maquilleurs, des stylistes, des acteurs, des musiciens et des chefs cuisiniers.” c e q u i a fa it L a d i ffé r e n c e

“Ma grande amie Liz Tilberis a un jour mis en couverture du Harper’s Bazaar une actrice, bien avant que ce soit la mode. Je savais qu’elle était à la page en faisant cela. À cette époque, il n’y avait en couverture des magazines que Cindy, Claudia, Christy, Naomi et Linda. Les marques ne pouvant pas toujours s’offrir ces filles, j’ai eu l’idée de proposer des célébrités. Les premiers ont été Faith Hill et Gary Oldman. Nous avons été pionniers dans ce domaine.” La nouveauté

“La représentation de chefs cuisiniers, ce sont les nouvelles rock stars, de vraies personnalités médiatiques et sociales.” La fierté personneLLe

“Que Next ait 25 ans et une réputation intègre.”


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aLexa chung

La gaLaxie Next

Par Léa TrichTer-parienTe

a

insi, sur les murs parsemés de composites des bureaux parisiens de l’agence, une paroi présente des visages que l’on a forcément vus quelque part. C’est celui des “talents”. Les chanteuses Lana Del Rey, M.I.A. et Rita Ora partagent leur rangée avec leurs confrères Theophilus London ou les sensations A$AP Rocky et Woodkid. Alexa Chung, présentatrice télé désormais multi-slasheuse, fait elle face aux rédactrices Caroline Issa ou Miroslava Duma. Les Twins, des danseurs français dont Beyoncé ne peut plus se passer, sont aussi là, juste à côté du coiffeur star John Nollet. Melvil Poupaud et Isabelle Adjani représentent le 7e Art, quand Langley Fox Hemingway, mannequin aux talents d’illustratrice, a pour voisine Alice Dellal. Enfin, Louis-Marie de Castelbajac complète cette piste aux étoiles en démontrant que le champ des talents de Next n’a pas de limites : le beau gosse parisien est désormais célèbre pour produire un des meilleurs armagnacs de France et de Navarre.

aLice deLLaL

Âge : 26 ans Nationalité : brésilienne Où la trouver : à Londres Profession : mannequin Contexte familial : sœur de la créatrice de chaussures Charlotte Olympia Mentor : Karl Lagerfeld Caution mode : égérie Chanel En projet : l’ébauche d’un travail photographique

theophiLus London

Âge : 28 ans Nationalité : trinidadienne Où le trouver : à Brooklyn Profession : musicien Fait d’arme : il a connu le succès avec son album Timez Are Weird These Days Caution mode : il a fait la campagne Gap et a participé au projet Little Black Jacket de Chanel photos dr

Comme le souligne Saif Mahdhi, l ’agence Next ne représente pas seulement les plus belles filles du monde. Elle s’est enrichie de talents d’univers divers ayant comme point commun de briller en toutes circonstances. C’est comme cela que naît une constellation…

Âge : 30 ans Nationalité : anglo-chinoise Où la trouver : à New York Fait d’arme : elle a remporté trois années de suite le British Style Award Caution mode : le sac “Alexa”, qu’elle a imaginé pour Mulberry, a battu des records de vente En projet : la préparation d’une collection pour AG Jeans


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rita o r a

Âge : 23 ans Nationalité : kosovare Où la trouver : à Londres Profession : chanteuse Fait d’armes : son dernier single I Will Never Let You Down est rentré à la première place des charts britanniques Caution mode : elle a fait une campagne DKNY et dernièrement celle de Roberto Cavalli En projet : une collaboration avec Adidas

Les twins

Âges : 25 ans Nationalités : française Où les trouver : à Paris Profession : danseurs Caution mode : mannequins pour H&M En projet : une tournée avec Beyoncé

m.i.a.

Âge : 39 ans Nationalité : sri lankaise Où la trouver : à Londres Profession : musicienne, réalisatrice, peintre et activiste Fait d’arme : nominée pour un Oscar et deux Grammy, elle a fait une apparition remarquée lors du Super Bowl 2012 en compagnie de Madonna Caution mode : elle a imaginé une collection capsule pour Versus by Versace

Lana deL rey

Âge : 29 ans Nationalité : américaine Où la trouver : à Los Angeles Profession : pop star Caution mode : une campagne H&M En projet : une tournée mondiale

céciLe casseL

Âge : 32 ans Nationalité : française Où la trouver : à Paris Profession : actrice et musicienne Fait d’arme : elle se fait remarquer dans la série Sex and the City ainsi que dans Les Amours d’Astrée et Celadon d’Éric Rohmer. Come Back to Me est le premier album de son groupe Hollysiz Caution mode : elle vient d’être choisie pour être le visage du parfum Secret de Rochas. En projet : une tournée avec Hollysiz


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r adioscopie

DemaiN Leur appartieNt Elles sont le futur qui fait déjà frémir le présent. Voici les 7 “new faces” que Next promet d’emmener très vite tout en haut de l’affiche.

ola rudnick a

19 ans, polonaise

La liste des créateurs qui sont tombés sous le charme de cette passionnée d’histoire parle d’ellemême : défilés Chanel, Dior ou Louis Vuitton, campagne Prada shootée par Steven Meisel…

Par Louis Bompard

Bruna rosa

20 ans, brésilienne

Et si la nouvelle panthère, c’était elle ? Après avoir été remarquée surfant près de chez elle, la belle s’est retrouvée propulsée sur le podium d’Anthony Vaccarello en mars dernier. daphnE simons B i n x Wa lto n

18 ans, hollandaise

Difficile de parler de “nouveau visage” lorsque l’on évoque Binx tellement elle semble installée depuis longtemps sur les podiums. Premier mannequin de couleur à faire une campagne Céline, elle prend cette saison la pose avec Cara Delevingne pour celle de Chanel.

Commencer une carrière avec une exclusivité pour le plus important show de la saison, à savoir Louis Vuitton par Nicolas Ghesquière, est généralement un bon présage. Il y a fort à parier qu’on va se familiariser avec le nom de cette jeune Hollandaise au corps dessiné par des années d’athlétisme.

19 ans, américaine

EsmEr alda s E ay- r E y n o l d s

17 ans, américaine

Un esprit créatif et décalé dans un corps de porcelaine. Illustratrice et inspirée par l’univers de Tim Burton, elle travaille sur différents projets avec Chanel et Louis Vuitton. Gr acE hartzEl

GEorGia hilmEr

Si le fashion business d’aujourd’hui a perdu la notion de muse, ce n’est pas le cas d’Hedi Slimane. Égérie de la campagne précollection Saint Laurent, Grace partage avec le designer une relation forte dans laquelle s’entremêlent mode, musique et vintage.

Qui a dit que les mannequins ne se nourrissaient pas ? Allez faire un tour sur le compte Instagram de Georgia ! Passionnée de cuisine, la beauté aux lignes marquantes est partageuse et photographie chaque plat qui sort de son four. De quoi nous mettre l’eau à la bouche.

20 ans, américaine

photos dr

18 ans, américaine


WWW.AISHTIBLOG.COM


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Sydneys_WomenEntrance_officel224x297.pdf

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9/22/14

2:06 PM


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éDITo MoDe Et si deux heures en moins pouvaient générer une décennie d’avance ? À Londres, c’est une leçon de mode que l’on prend moins sur les podiums que dans la rue.

Excentriques, classiques ou romantiques, les Anglaises

assurent le dépaysement. C’est pourquoi nous avons confié notre vision de la haute couture si parisienne à la Francoaméricaine élevée à Londres Lily McMenamy, véritable pont anticonformiste entre les cultures. Mais l’Angleterre c’est aussi le goût de la nature, des plages où l’on aime s’emmitoufler en maille et fourrure face aux éléments, le chic bohème d’une jeune femme bien née comme Petra Palumbo. À l’heure des débats outreManche contre l’Europe, nous encourageons les différences. L’originalité anglaise nous apporte trop ! Vanessa Bellugeon


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front row

Devenue star mondiale en moins de temps qu’il ne faut pour prononcer son nom, Suki Waterhouse brûle les étapes autant qu’elle hypnotise. Tentative de décryptage d’un phénomène anglais aussi fashion que réservé.

alice in wonderl and

Par

Louis Bompard

Photographie

Laurence eLLis

Stylisme

Vanessa BeLLugeon


Poncho en laine et cachemire brodé, robe en soie imprimée et chaussures en cuir peint à la main, BurBerry Prorsum. Bracelet et bague en métal, & other stories.


Manteau en chèvre, Gucci. Pull en laine et cachemire, Valentino. Pantalon en velours imprimé, Blugirl. Ras du cou en or rose, Eddie Borgo. Babies compensées en cuir, Prada.


Teddy en laine 135 bouillie, Fendi. Col roulé en cachemire, anthony Vaccarello. Jupe en drap de laine, dsquared2 . Sac “Peekaboo” petit modèle en cuir et chèvre, Fendi. Collant en coton et élasthanne, WolFord.


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front row

L

orsque l’on demande à Suki Waterhouse ce qu’elle a de plus anglais, elle répond, avec une moue presque gênée : “La retenue, cette manière qu’ont les Britanniques de garder les choses en eux.” Sur ce point, impossible de lui donner tort. Désormais star mondiale surexposée, elle génère pourtant autour d’elle bien des mystères, sur sa personnalité, sa carrière, son ascension fulgurante et même sa vie privée. Mais qui est vraiment Suki Alice Waterhouse ? Brit Girl

La plus facile des réponses est celle à la portée du commun des mortels (possédant une connexion internet !), la version “officielle”. Suki Waterhouse, fille d’un chirurgien plastique londonien réputé, est née en 1992, a trois frères et sœurs plus jeunes et a grandi dans un classicisme qu’elle confesse elle-même : “J’ai passé une enfance des plus normales ! Ma seule petite folie était de vouloir monter un girls band, sans pour autant être obligée de porter des belly tops (des hauts découvrant le nombril, ndlr).” Celle dont le prénom signifie “aimer” en japonais est repérée par une agence de mannequin dans un pub à 16 ans. Elle entame tout de suite sa carrière et décide de s’y consacrer à fond. C’est à cette époque qu’elle cultive son premier paradoxe : sous ses traits de porcelaine et sa fraîcheur d’héroïne de conte pour enfants qui captivent le monde de la mode, se cache alors un garçon manqué qui rêve de devenir championne de karaté (elle a d’ailleurs été disqualifiée d’une compétition pour avoir cassé le nez d’une adversaire). Ce tomboy va pourtant faire fondre Christopher Bailey, grand manitou de Burberry, qui la choisit pour devenir le visage du parfum Brit Rhythm en janvier dernier. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée sur le podium de la marque anglaise lors du défilé pour l’automne-hiver 2014/15, vivant, selon elle, l’expérience la plus stressante de sa vie. “Imaginez ce que c’est pour une Anglaise de défiler pour Burberry ! C’est plus qu’une institution, c’est un mythe. En plus, ma mère était dans la salle”, avoue-t-elle. Bien entendu, cette alliance avec la maison anglaise va révéler Suki Waterhouse au grand public.

Geek Girl

Pour autant, ça ne suffit pas à expliquer pourquoi la jeune Anglaise est devenue plus qu’un mannequin, un phénomène, suivi sur Instagram par plus de 400 000 followers ! C’est justement sur ce réseau social que l’on peut trouver des éléments de réponse. Car depuis près d’un an, Suki s’y affiche régulièrement au milieu d’une bande de copines déjantées pas vraiment ordinaire : Georgia May Jagger, avec qui elle était à l’école, Mary Charteris ou encore Cara Delevingne. Bref, tout ce que le Royaume compte de nouvelles icônes. Et comme sur la blogosphère “les amies de mes idoles sont mes idoles”, Suki Waterhouse a rapidement endossé le rôle de FAAS (fille à absolument suivre)… Mystery Girl

Malgré tout, si elle a pris l’habitude de montrer sa vie à son immense tribu de fans et qu’elle s’affiche sur des 4 par 3 publicitaires dans le monde entier, l’Anglaise de 22 ans ne veut pas forcément qu’on lise en elle comme dans un livre ouvert. Suki Waterhouse brouille les pistes. Plus que ça, elle se refuse à en donner. Un plan de carrière ? No, sir. “Pour moi, seul le présent compte”, affirme-t-elle, ferme. Ne voulant pas se dire actrice (“Je suis mannequin, n’en faisons pas trop, c’est déjà assez bien !”), elle a pourtant récemment joué dans deux films, Love, Rosie, qui sort outre-Manche en ce mois d’octobre, et dans le blockbuster Divergente 2 : L’Insurrection, prévu lui pour l’hiver prochain. Lorsqu’on lui demande ce que ce succès a changé à son quotidien, elle répond qu’elle n’a “absolument pas changé de vie”. Pourtant, cette dernière intéresse désormais la presse, notamment à cause de sa relation avec Bradley Cooper. Là encore, communication fermée et parfum de mystère. On murmure qu’ils se seraient mariés en secret… Et même lorsque l’on veut savoir où elle habite désormais, chou blanc. “Un peu partout, ici et là…” (On a tout de même appris qu’elle partage sa vie entre Londres et les États-Unis.) Il n’est donc pas facile de savoir qui est vraiment Suki Waterhouse. Alors faisons comme bien d’autres avant nous : regardons-la dans les yeux et laissons-nous hypnotiser.

“Imaginez ce que c’est pour une Anglaise de défiler pour Burberry ! C’est plus qu’une institution, c’est un mythe.”


Robe imprimée gansée de cuir et écharpe en crêpe de soie, Prada. Sac en lézard, Bally. Bottes en agneau plongé, Jimmy Choo. Modèle : Suki Waterhouse chez Next Coiffure : Karin Bigler Maquillage : Shinobu Assistants photo : Sarah Louis Stedeford et Tom Ortiz Opératrice digital : Nathalie Gordon Assistante stylisme : Lola Tirand Remerciements à l’ hôtel Connaught, à Londres, pour leur accueil très chaleureux.


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Dans ce vieux collège réaménagé en hôtel, on joue tour à tour à la maîtresse et à l'écolière. Dans la cour, manteau trois boutons jeté sur les épaules, blouse à carreaux, jeans déchirés et cachemires sensuels, tuniques au ras des genoux et twin-sets bien sage…mais le soir les talons montent, les décolletés descendent, l'or étincelle et la fourrure se fait douce.

OLD SCHOOL Photographie

rayan ayash

Stylisme

amine jreissati

Realisation

mÉlanie dagher et layla naamani

Lieu

deir el oumara


Total look cÉline


Total look Prada


Total look Valentino


Total look Miu Miu


Total look dries Van noten


Total look Saint LAurent


Manteau Gucci


Total look Gucci


Total look Dior


Total look saint laurent. Boucle d'oreille delfina delettrez Modèle, Nigina chez VelVet Model ManaGeMent Coiffure: �Day Spa Maquillage: Ivana


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the MonochroMe Set Maille et fourrure sont les deux matières fétiches de l’ hiver, association ultime de douceur et de confort. À adopter en volumes généreux et harmonies minérales moelleuses. Pour des vestes cocon et refuges anti-froid.

Photographie

LAURENCE ELLIS

Stylisme

ANNE SophIE ThomAS


Cape en agneau de Mongolie, pulls, jupe et pantalon en laine et cachemire c么tel茅s, Sonia Rykiel.


Veste croisée et pantalon en flanelle de cachemire et laine, Michael koRS. Long pull et pull noué à la taille en laine chinée, Stella MccaRtney.


Manteau en cachemire et laine, BRunello cucinelli. Pull col roulé en laine bouillie et cachemire, FoRte FoRte. Jupe en plume d’autruche, n• 21. Derbys en similicuir cuir, semelles en bois et caoutchouc, Stella MccaRtney.


Manteau en fourrure fantaisie tricolore, lanvin. Pull en laine, Bottega veneta. Pantalon, écharpe et pull noué à la taille en tweed et cachemire, MaRc JacoBS.


Blouson zippé en maille XXL torsadé et pantalon en lainage bouilli, BaRBaRa Bui. Pull col roulé en laine, cachemire et mohair, geRaRd daRel. Derbys en similicuir cuir, semelles en bois et caoutchouc, Stella MccaRtney.


Long gilet en laine, mohair et cachemire chiné et T-shirt en coton, iSaBel MaRant. Top en cachemire, heRMèS. Pantalon en maille de laine côtelée, Sud expReSS. Derbys en similicuir cuir, semelles en bois et caoutchouc, Stella MccaRtney.


Manteau en cachemire, FaรงonnaBle. Long pull en cachemire et mohair, Max MaRa. Jupe en laine, strass et plume de cuir, MaRni. Derbys en similicuir cuir, semelles en bois et caoutchouc, Stella MccaRtney.


Manteau en laine mélangée et col en cuir, eleven paRiS. Pull col roulé en laine et cachemire, SeSSùn.


Manteau en tweed, long pull et pantalon évasé en laine, céline. Derbys en similicuir cuir, semelles en bois et caoutchouc, Stella MccaRtney.


Manteau Ă godets en laine bouillie et mohair, MaRni. Pull en laine, iceBeRg. Pantalon en cachemire et soie, nina Ricci. Derbys en similicuir cuir, semelles en bois et caoutchouc, Stella MccaRtney.


Plaid en cachemire sur l’épaule, éRic BoMpaRd. Manteau en lainage et Néoprène, pinko. Pull en cachemire côtelé, Bally. Pantalon large taille haute en laine, haideR ackeRMann.


Pull XXL torsadé en laine, a.F. vandevoRSt. Écharpe en renard et mouton retourné, SpRung FRèReS.


Manteau en flanelle de laine, doudoune en Nylon, Sacaï. Pull col bénitier XXL en mohair et laine bouillie, acne StudioS. Jupe en cachemire, allude. Derbys en similicuir cuir, semelles en bois et caoutchouc, Stella MccaRtney. Modèle : Crista Cober chez Next Coiffure : Hélène Bidart Maquillage : Anthony Preel Opérateur digital : Harry Celle Assistant photo : Mikael Fakhri Assistantes stylisme : Justine Bodin et Pauline Moreira


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La pureté des grands classiques Dior et le charme d’un contraste inédit de coloris : le sac “Diorissimo” s’impose autant par la sensualité de son toucher que par ses formes.

élégantissimo

Photographie

adrien toubiana


Sac à rabat “Diorissimo” en veau lisse noir, détails contrastés bleu jean et vermillon, DIOR.


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Sacrée, la haute couture ? Pas lorsqu’on s’en empare avec la fantaisie de Lily McMenamy. La fraîcheur excentrique d’un jeu d’enfant, contre les règles trop sages des devoirs d’adultes.

Photographie

magnus unnar

Stylisme

jennifer eymère

Texte

Patrick cabasset


Blouson en agneau plongé havane à col de castor rasé, blouse en satin double de soie, pantalon en crêpe de soie rebrodée de sequins, turban en velours et bottines en veau velours, Schiaparelli haute couture.


Robe en soie, velours et tulle avec incrustation de dentelle, Rani Zakhem.


Bustier en résille et cristaux Swarovski, longue jupe drapée en satin, atelier VerSace. Lunettes de soleil en acétate vintage.


Robe Ă capuche en velours de soie, corset brodĂŠ de pierres et strass Swarovski, Jean paul Gaultier couture.


Robe en filet de paillettes avec bustier et bretelles brodĂŠs de cubes de bĂŠtons et de paillettes, chanel haute couture. Lunettes de soleil en acĂŠtate vintage.


Manteau en soie et voilettes de résille, Giorgio Armani Privé. Lunettes de soleil en acétate vintage.


Robe en tulle rebrodé de sequins, Valentino haute couture. Tennis “All Star” en toile de coton, Converse.


Robe en mousseline de soie, elie Saab haute couture. Tennis “All Star� en toile de coton, Converse.


Manteau en soie brodĂŠe et top et pantalon en laine, Christian Dior Haute Couture.


Robe en satin de soie et dentelle perlĂŠe, Zuhair muraD.


Robe en crêpe sable et capelette de tulle, Jean Paul Gaultier Couture.


Ensemble en dentelle chantilly rebrodée “anémones”, jupe pailletée ceinturée gros grain, GiambattiSta Valli. Tennis “All Star” en toile de coton, Converse. Modèle : Lily McMenamy chez Next Maquillage : Saraï Fiszel Coiffure : Philippe Mensah Assistante photo : Sarah Staiger Assistantes styliste : Marie Gibert et Kenny Guetta


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FILLE à MAMAN

“B

elle comme un ange… mais sotte comme un panier !” écrivait la Princesse Palatine au sujet de la Duchesse de Fontanges (dernière favorite de Louis XIV, peut-être à l’origine du concept de top modèle). Un “compliment” que Lily McMenamy n’aura sans doute jamais eu à affronter. Mais avec ses grands yeux bleus-gris étonnés, sa bouche en O surdimensionnée, sa bouille de bébé et son mètre 80 dégingandé, cette beauté de 20 ans en a entendu bien d’autres au sujet de son physique… Des chuchotements féroces d’abord, dans les couloirs des écoles privées londoniennes qu’elle fréquente sans trop d’assiduité : “Je traînais avec les filles populaires, mais elles ne m’invitaient pas aux fêtes, parce que j’étais la fille bizarre du groupe”, se souvient-elle. Lorsqu’elle débute sa carrière de mannequin en signant avec l’agence Next en 2012, ce sont des déclarations plus embarrassées – et embarrassantes – qui se succèdent. Un florilège de jugements de valeurs, reflet des

limites de ceux qui les dictent. Mais côté esthétique, Lily sait de qui tenir… Sa mère, la “jolie-laide” Américaine Kristen McMenamy avait déjà été rejetée de toutes les agences de mannequins au début des années 1980. Surnommée “ le squelette” au cours de ses années scolaires en Pennsylvanie, son allure de vampire androgyne rencontrera la vague grunge et séduira bientôt Karl Lagerfeld, Jean Paul Gaultier ou Donatella Versace au début des années 1990. C’est à Paris en 1993 qu’elle rencontre Hubert Boukobza, alors dirigeant des mythiques Bains, ex-Bains Douches. Lily naîtra de leur relation tumultueuse. La moue boudeuse des podiums

Lily apprend de ses deux parents. À Londres, elle vit avec Kristen, désormais mariée au photographe Miles Aldridge, et leurs autres enfants. À Paris, où elle passe toutes ses vacances scolaires, elle est gâtée par Hubert. Du coup, elle

Les nuits des Bains : Hermine de Clermont Tonnerre, Hubert Boukobza, Carla Bruni et Vincent Perez, en 1993. Kristen McMenamy et Hubert Boukobza, ses parents, en 1993.

Lily mène la danse.

Alexandre Devoise, Hubert Boukobza, Lily et Jean-Luc Delarue, en 1998.


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Lily en couverture du Jalouse d'avril 2013.

Au défilé printempsété 2014 Saint Laurent Paris.

devient parfaitement bilingue : une rareté sur l’autre rive du Channel… Et dès son premier âge, elle prend la pose sous l’objectif d’Herb Ritts avec maman, pour une campagne de pub DKNY. Elle défile également un peu plus tard avec elle pour Chanel : “Mais je ne m’en souviens pas…” avoue-t-elle aujourd’hui, avec sa moue boudeuse à peine sortie de l’enfance. Karl Lagerfeld, qui accompagnera sa mère à l’autel lors de son mariage avec Aldridge, la fait défiler en octobre 2012, toujours pour Chanel. C’est son deuxième show professionnel, au lendemain du défilé Saint Laurent Paris, où elle a été choisie par Hedi Slimane. “Avant que nous ne fassions connaissance, Karl était mon lointain parrain et Hedi mon lointain héros”, déclarait-elle récemment. “Ainsi, nos rencontres étaient chargées d’une grande importance symbolique, et aucune ne m’a déçue.” Depuis, les contrats s’enchaînent : couverture de Jalouse en avril 2013 et de i-D en mai de la même année. Performance dansante dans les rues de New York sur la vidéo We Like the Zoo de la photographe KT Auleta. Campagne Marc Jacobs automne-hiver 2013/14, héroïne sage de la publicité A.P.C. cet hiver ou égérie hipster pour Benetton. On parle également d’un tournage pour le prochain film des frères Cohen, avec Tilda Swinton et Ralph Fiennes…

photos Baldini/Bestimage, angeli-garcia/Bestimage, Jean-Baptiste credit photo mondino, dave m. Benett/getty images, marcio madeira, dr

La campagne automne-hiver 2014/15 d'A.P.C.

Libre impertinence

Comme elle le démontre dans notre série haute couture, impossible de faire sans son tempérament décomplexé. Ambassadrice d’un nouveau courant de top modèles, Lily possède le profil de grenade dégoupillée qui correspond bien à l’impertinence des filles du moment. Ainsi, même plus âgées qu’elle, les héroïnes de Lena Dunham dans la série Girls sont à son image. Affichant leur trop-plein d’assurance et leurs fragilités, elles témoignent de comportements plus libres que ceux de leurs aînées. Après des générations de protagonistes coincées, pour ces nouvelles stars du quotidien, le psy, c’est non merci… Il fallait bien qu’elles trouvent leur héroïne. Lily est sans doute aujourd’hui le top sans inhibitions dont elles rêvaient : le vilain petit canard de la hype !

Avec Marc Jacobs.


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Jeune Londonienne bien née, Petra Palumbo sait mélanger la sagesse des bonnes pièces de la saison avec un soupçon d’excentricité anglaise. Une approche détachée qui lui permet d’associer chemisiers sages, capes bohèmes, peaux lainées et écossais country. En toute liberté.

Photographie

MARSY HILD

Stylisme

HALA MOAWAD

sage petra


Veste en laine, top en soie avec col brodĂŠ, Louis Vuitton.


Veste en coton et chèvre velours, Delphine Delafon. Chemise en coton, CotÊlac. Autour du coup, ruban en soie, MOKUBA. Leggings en laine, Marc Jacobs. Ceinture en cuir, BA&SH.


Manteau en laine, etro. Nuisette en satin, La perLa. Chapeau en feutre, Bates LonDon. Écharpe en coton, isaBeL Marant. Ceinture en cuir, Ba&sh. Chaussettes en laine mélangée, roseanna. Bottines en cuir grainé, CroCKett & Jones.


Blouson en mouton retourné et laine, Burberry PRORSUM. Pull en laine mélangée, Iro. Pantalon en mousseline de soie, Chanel.


Cape avec capuche amovible en drap de laine, Sessùn. Robe en coton, Replay. Chemise en coton, Rochas. Broche en métal et émail noir, Chanel. Sac “Present Box” en coton tissé et broderies faites main, tapisserie. Chaussettes en laine, Falke. Bottes en caoutchouc, Dunlop.


Cape en laine mĂŠlangĂŠe, Vivienne Westwood. Robe en laine et cachemire, Philipp Plein.


Manteau en drap de laine et sacoche en coton et cuir, polo ralph Lauren. Robe en mousseline de soie, Paul Smith. Collant en laine, Falke. Chaussures en cuir verni, Saint Laurent par Hedi Slimane.


Poncho en organza, ceinture en cuir de veau et bottes en cuir, Chanel. Chemise en jean épais, Levi’s. Jupe en drap de laine, Rochas. Sautoir en perles de nacre, Ginette NY. Autour du cou, lien en cuir vintage.


Manteau en tweed peint, Chanel. Pull en laine mélangée, Maliparmi. Pantalon en velours, J Brand. Casquette en feutre et plumes, Lanvin. Chaussures en cuir, crockett & Jones.


Gilet en laine mélangé, Iro. Chemisier en soie, 0039 ITALY. Short en satin, La Perla.


Manteau en mouton retourné et laine, BA&SH. Chemise en laine et écharpe en laine, Isabel Marant. Pantalon d’ homme en coton, Carhartt. Chapeau en feutre, Bates London. Bottes en caoutchouc, Dunlop.


Cape en laine et fourrure appliquée, broderies en soie et velours, capuche en vison, Dolce & Gabbana. Chemise en jean, Levi’s. Modèle : Petra Palumbo Maquillage : Desmond Grundy Coiffure : Charley McEwen Opérateur digital : David Lau Assistant Photo : Alex Craddock Assistante Stylisme : Jeanne Segalen


JEAN SEBASTIEN & ROLIEN EN COUPLE DEPUIS 4 ANS

148 SAAD ZAGHLOUL STREET - DOWNTOWN BEIRUT


Foch Street · AiShti Downtown · AiShti SeASiDe · AiShti VerDUn · Aizone ABc · Aizone intertinentA MzAAr · Aizone city MAll · BeirUt city center


"CARTE BLANCHE" KAMEL MENNOUR ŒUVRES DE: MOHAMED BOUROUISSA, MARIE BOVO, DANIEL BUREN, DAVID HOMINAL, ALICJA KWADE, LATIFA ECHAKHCH

OUVERT DU MARDI AU SAMEDI DE 11 HEURES À 19 HEURES METROpOLITAN ART SOCIETy , RUE TRABAUD, ACHRAFIEH, BEy ROUTH, INFO@MASBEIRUT.COM, T: 70.366.969


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LA VIE ART LIEU STREET STYLE NUITS

"STREET STYLE" PAR LORD ASHBURY page 242


la vie

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En ce mois de septembre, la Metropolitan Art Society (MAS) fait sa rentrée sous le sceau de la liberté. Pour sa 5ème exposition, la galerie des galeries accueille dans son magnifique espace beyrouthin une proposition curatoriale de Kamel Mennour, surnommé par ses pairs “ le sonar de l’art contemporain”. Sous l’intitulé “Carte Blanche”, le galeriste parisien réunit les œuvres de sept créateurs, entre figures de l’ histoire de l’art contemporain et acteurs prometteurs de la scène internationale : Mohamed Bourouissa, Marie Bovo, Daniel Buren, David Hominal, Alicja Kwade, .Latifa Echakhch et Claude Lévêque par Claire Azuélos

photos dr

“Carte Blanche” à la Metropolitan Art Society

P

hotographie, peinture, ready made, œuvres “situées” ou “installées” : les langages artistiques articulés à travers les espaces de la MAS confèrent à chacun des artistes présentés une identité différenciée, avec cependant une grammaire commune. Mohamed Bourouissa, Marie Bovo, Daniel Buren, David Hominal,

Alicja Kwade, Latifa Echakhch et Claude Lévêque manifestent ensemble la nécessité d’une alternative à une représentation monolithique du réel. Leurs œuvres complexifient notre compréhension du monde en interrogeant ses principes et ses valeurs. Elles nous exhortent à percevoir, ressentir et formuler à rebours ce qui nous entoure. L’exposition de la Galerie Kamel Mennour

est une “Carte Blanche" à ses visiteurs, une invite à déconstruire la réalité pour l’augmenter, à coups de créativité. “Carte Blanche”, Metropolitan Art Society, rue Trabaud, Achrafieh, Beyrouth. Du 21 mai au 31 juillet 2014. Horaires d’ouverture : mardi à dimanche, de 11h à 19h. http://www.masbeirut.com http://www.kamelmennour.com


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la vie

"La cour intÉrieure" par Marie Bovo.

MohaMed Bourouissa

Série - Screen 1 et Screen 4 (caissons lumineux, 2011) Né en 1978 à Blida, Algérie. Vit et travaille à Paris. La série Screen résulte d’un accident. Le jeune artiste natif de Blida en Algérie avait conçu comme projet de photographier un mur de téléviseurs qu’il avait méthodiquement installés dans un paysage urbain. Le jour de la prise d’images il retrouve les appareils saccagés. L’artiste s’empare de cet acte banal de sabotage, un peu potache, insignifiant, en photographiant en gros plan les écrans. Les clichés des TV crevées fonctionnent d’emblée en narration à contre-courant. Ils évoquent déjà pour certains une émeute de banlieue, un acte hautement contestataire. Mohamed Bourouissa dissèque le téléviseur, machine à simulacres, et le donne à voir à de nouveaux téléspectateurs : les visiteurs de la galerie.

Marie Bovo

Série 1 - Cour intérieure, 6 juillet 2008 (tirage chromogénique, 2008) et Cour intérieure, 11 octobre 2009 (tirage chromogénique, 2009) Série 2 - Grisailles 123 (2010) et Grisailles 217 (tirages chromogéniques, 2010) Série 3 - Jours blancs 02h28, Jours blancs 23h57 (tirages chromogéniques, 2012) Née en 1967 à Alicante. Vit et travaille à Marseille. Marie Bovo nous donne à découvrir 3 séries photographiques : Cour intérieure, Grisailles et Jours blancs. Cour intérieure. Ironie de l’Histoire. Initialement destinés à des résidants argentés, ces immeubles haussmaniens de la zone portuaire de Marseille sont devenus l’asile de migrants sans le sou, arrivés majoritairement d’Afrique du Nord par voie maritime. Les cours intérieures sont si étroites et les bâtiments

qui les ceignent si chargés visuellement (rendement excessif des espaces, dégradations) que le regard doit rechercher une échappée en se détournant vers le ciel. Les Grisailles prolongent la narration. Espaces dégradés également, ils fonctionnent comme des négatifs architecturaux. Paul Klee disait du gris qu’il était une couleur non localisable, non dimensionnelle, une couleur entre les dimensions, à leurs intersections. Les Grisailles sont des espaces interstitiels, des pans chargés de nécessité (branchements électriques, canalisations), désinvestis esthétiquement. Leur unique fonction est de nous attirer vers l’ailleurs. Jours blancs. Photographies en dégradés lessivés, épuisés. Ciel, mer, sol se partagent l’image, tels des aplats, saturés de blanc. Avec cette série Marie Bovo fait basculer le paysage vers la nature morte et semble convoquer le thème de la vanité.


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"DÉrivEs" par Latifa echakhch et "eaDeM Mutata 11" par aLicja kwaDe.

daniel Buren

Série 1 Quand les carrés font des cercles et des triangles : Hauts-Reliefs situés – A (2010) Quand les carrés font des cercles et des triangles : Hauts-Reliefs situés – D (2010) Quand les carrés font des triangles : HautsReliefs situés – D (2010) Quand les carrés font des triangles : HautsReliefs situés – E (2010) Série 2 Etendard électrique – Vert A1 (2012) Etendard électrique – Rouge A2 (2012) Né en 1938 à Boulogne-Billancourt, France. Vit et travaille in situ. Le travail in situ est constitutif de l’œuvre de Daniel Buren. Il prolonge avec sa

série de Hauts-Reliefs ses recherches sur les Cabanes, (anti)monuments de l’art contemporain. Le protocole de l’artiste – scander un lieu bien défini de formes récurrentes mais néanmoins sujettes à de légères variations – est générateur d’une infinité de perspectives et transforme l’espace en le démultipliant. Par ailleurs, selon l’artiste, notre appréciation d’un lieu peut totalement changer en fonction de sa lumière ou de son éclairage. Ainsi les draperies en fibres optiques (Etendards électriques) transforment l’œuvre et son environnement à chaque instant. david hoMinal

Série de 3 œuvres - Sans titre (acrylique

sur toile, 2014) Né en 1976 en France. Vit et travaille à Amsterdam. David Hominal s’est fait remarquer en 2007 par la série Fumoir. L’artiste avait installé des toiles vierges dans le fumoir de la boucherie de son père. Après plusieurs semaines, les toiles imprégnées de sang et de fumée exhalaient une odeur de saucisse. Les toiles présentées à la MAS attaquent une fois encore la peinture dans sa texture et fragilisent son statut. Sommaires, extrêmement maîtrisées malgré leur apparente grossièreté, “érudites mais pas savantes” (Stéphanie Moisdon) - et connues pour être toujours exécutées en un éclair - ces toiles relèvent pour la critique de l’ “abstraction primitive”.


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la vie

"Écran 4" par MohaMeD Bourouissa.

"Les toiLes De coton" par DaviD hoMinaL. L'instaLLation "Matter of opinion" par aLicja kwaDe.


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alicja Kwade

Matter of Opinion (installation, 2012) Atropa Belladonna (ready made, 2013) Eadem Mutata 11 (installation, 2014) Heavy times 10 am (installation, 2014) Heavy times 4 pm (installation, 2014) Née en 1979 à Katowice, Pologne. Vit et travaille à Berlin. A partir d’objets pour la plupart chinés puis détournés, Alicja Kwade remet en question les principes de notre compréhension du monde. Brouillage savant des notions de réalité et d’illusion, les œuvres présentées relèveraient presque de la prestidigitation. Ainsi fonctionnent Eadem Mutata, porte enroulée sur elle-même, ou Matter of Opinion, jeu de miroirs artificieux. Le temps passe également au crible du doute méthodique pratiqué par l’artiste. Elle nous conduit à nous interroger sur sa matérialité, sa valeur, son sens et sa destination (Heavy times 10 am). Le ready made Atropa Belladonna, en liminaire de l’exposition, questionne à son tour dans une facture esthétisante la valeur de l’argent. L’œuvre, des plus attrayantes, n’est en fait qu’un rebut de fabrication à l’intitulé mortifère. "quanD Les carrÉs font Des cercLes et Des triangLes" par DanieL Buren.

"MurMures" par cLauDe LÉvÊque.

latifa echaKhch

Dérives (acrylique sur toile, 2011) Née en 1974 à El Khnansa, Maroc. Vit et travaille à Martigny, Suisse. Lauréate du prix Marcel Duchamp en 2013, Latifa Echakhch se situe toujours à la frontière entre le signifiant et le signifié. Le triptyque Dérives décline un ornement classique de l’architecture marocaine. L’artiste précise que ce motif est reproductible à l’infini et touche ainsi au divin et à l’absolu. L’agencement chaotique du motif, chromatique détraqué, remet ici en question son principe en affirmant la singularité de l’artiste. claude lévêque

Murmures – bateau (installation, 2013) Murmures – ivre (installation, 2013) Murmures – poudre (installation, 2013) Né en 1953 à Nevers, France. Vit et travaille à Montreuil et Pèteloup, France. Emanation de la Biennale de Venise (Palazzio Tiepolo 2013), Les Murmures sont l’assemblage simple d’un objet trouvé (avatar du miroir vénitien) et d’un mot en néon. Le miroir accroché reflète l’image du visiteur, surtitré de mots évocatoires du lieu de monstration. A Beyrouth, ce sont les mots “bateau”, “ivre” et “poudre” qui s’affichent dans la fébrilité de l’écriture infantile… de Romaric, le neveu et collaborateur scribe de l’artiste. Les mots se dédoublent sur le miroir, à la limite du lisible. Ils composent un portrait impressionniste de la ville tout en nous illuminant de leur propre force poétique.


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échappée

London caLLing S’il y a bien une ville qui sait réinventer l’ hôtellerie, c’est Londres. La preuve par cinq nouveautés.

Par Alice d’OrgevAl

Qui ? Cara Delevingne, Kate Moss, Daphne Guinness, Damien Hirst, Alexa Chung. edition-hotels.marriott.com

t h E B E a u m o n t, M ay fa i r : l e P l u s t r a d i - a r t y,

Derrière une façade edwardienne, le gourou du boutique hôtel Ian Shrager s’est amusé à fusionner genres et époques. Boiseries, tableaux d’époque et œuvres contemporaines cohabitent avec chic dans le lobby et le restaurant (chef Jason Atherton), un zen absolu s’impose dans les chambres.

www.thebeaumont.com

h a m Ya r d, s o h o : le Plus looney tunes

Voilà un hôtel qui aurait plu à Alice du pays des merveilles : tout ici semble se jouer des codes, voire de la réalité. La dernière adresse de Tim et Kit Kemp ressemble à un grand cartoon déluré où l’on navigue de surprise en surprise. That’s all folks ! Qui ? David Gandy, Tracey Emin, Samuel L. Jackson, David Furnish, Kiera Knightley.

Jackman, Bill Clinton, Adele, Kate Moss. chilternfirehouse.com

www.firmdalehotels.com

C h i ltE r n Fi r E h o us E, M arybelone : le Plus PeoPle

Dans une ancienne caserne de pompier, un hôtel riquiqui (28 chambres avec cheminées) gonflé par un name dropping de haut niveau. Quand André Balazs, l’homme du “Chateau”, ouvre sa première antenne en Europe, il met carrément le feu. Ambiance club privé, déco super low profile tirant vers le rétro old school british. Carte craquante signée Nuno Mendes (ex-El Bulli). Qui ? David Beck ham, Samantha Cameron, Kate Perry, Lindsay Lohan, Cara Delevingne, Hugh

mondrian, south bank : le Plus nautique

Le siège de la Sea Containers reprend du service sous la baguette magique de Tom Dixon. Attendez-vous à clamer des oh et des ah : le designer british qui signe ici son premier hôtel n’a pas ménagé ses effets. Pièce iconique : une immense vague tapissée de cuir qui court du lobby au restaurant. Qui ? C’est trop tôt pour le dire mais le Tout-Londres est annoncé. www.morganshotelgroup.com

Photos Nikolas koeNig, tim CliNCh, Firmdale hotels, dr

E d i t i o n , P i c a d i l ly : le Plus d éc a lé,

De facture classique, cet hôtel (73 chambres, spa, restaurant) ouvert en septembre par les restaurateurs londoniens Jeremy King et Chris Corbi cache une perle : la suite Room du Turner Prize Antony Gormley. Imaginez un géant en métal assis sur l’hôtel qui devient à l’intérieur une chambre tapissée de chêne fumé, éclairée d’une seule petite fenêtre. Pour une expérience intime, waouh assuré. Qui ? Vous le découvrirez bientôt.


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échappée

Leurs adresses à Londres

Libanais pur jus transplantés Outre-Manche, ils ont adopté les couleurs, les folies et le rythme de la City. À Londres comme une rondelle dans le gin, comme l’angélique dans un cake, la confiture sur un scone, bref, comme des poissons dans l’eau, ils ont ces repères qui font qu’une ville s’appelle «home».

PHOTOs DR

par F.A.D. et S.N.


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c a RO L e cO R m

Diplômée de Harvard, journaliste, notamment pour Monocle, Carole Corm s’occupe surtout, depuis 2011, de Darya Press, une maison d’édition anglophone spécialisée dans le voyage, l’histoire et le design du Moyen-Orient. L e m ei L L eu R Res TO ?

Barrafina a Soho. Je ne suis pas très tapas mais ce restaurant espagnol est incroyable. Tout est frais et délicieux, c’ est d ailleurs pour cela qu’ il y a toujours une queue interminable, mais ca vaut le coup avant un théâtre ou tard après un film à Soho. Barrafina, 54 rue Frith, Londres W1D 4SL

prêtresse de l’art contemporain pour me guider dans les expos. Victoria & Albert , rue Cromwell, Londres SW7 2RL

sO L D es ?

Même si ça en vaut la peine, c est trop la foire d’empoigne. 5 O’cLO ck T e a ?

A l’Orangerie de Kensigton Gardens, dans Hyde Park. The Orangerie, Kensington Gardens, Londres W8 4PX

en T ê T e - à -T ê T e ?

J’aime bien Koya, à Soho pour un japonais délicieux et sans chichis, bien que très branché... Koya, 49 rue Frith, Londres, W1D 4SG

u n LO b by D’H ôT eL ?

Egerton Hotel - le vrai hôtel anglais avec un super barman et un high tea comme il se doit, dans un petit sitting-room très british. Egerton Hotel,17-19 Egerton, Knightsbridge, Londres SW3 2BX

Pi ck- u P sa n Dwi cH ?

Une portion de kubbideh de chez Mohsen, un bon resto iranien qui fait aussi des plats à emporter. En attendant que Kabab-ji ouvre à Londres...

av ec L es P OT es ?

Daquise, un restaurant polonais à South Kensignton. Il ne paie pas de mine de dehors mais c’est un excellent restaurant, authentique, pas modeux. Tous les produits viennent de la ferme des propriétaires en Pologne. Le tartare, les harengs, la purée de pomme de terre...même si je n’avais pas une très bonne idée de la cuisine de l’Europe de l’ Est, ce restaurant a fait taire mes a-prioris.

Mohsen, 152 rue Warwick, Londres W14 8PS

Daquise, 20 rue Thurloe, Londres SW7 2LT

Œu v Res D’a RT ?

u n v eRRe ?

Un jour de pluie, rien de mieux que de visiter les collections permanentes du Victoria & Albert museum. L’étage des porcelaines, peu fréquenté, est rempli de merveilles. L’année dernière, à l’ occasion du Design Festival, il y avait une superbe installation - un énorme portail fait de petit moulins à vent en papier de la libanaise Najla el Zein. Ils auraient du la garder - tout le monde s’extasiait. Sinon je fais confiance à ma sœur Tamara, grande

Si vous êtes membre du club Lulu’s, le Dirty Martini avec une très grosse olive y est très bon. Sinon, dans le vieux Chelsea, j’aime bien le Pig’s Ear ou le Surprise, deux pubs assez old school. Lulu’s,5 rue Hertford, Londres W1J7RB The Pig’s Ear, 35 rue Old Church, Chelsea, Londres, SW3 5BS

u n b Ru n cH ?

L’éternelle question....Sans conteste

Bill Granger’s à Notting Hill qui fait les meilleurs œufs brouillés de la ville, mais il faut y aller en semaine sinon il y a trop de monde. Granger & Co, 50 rue Sekforde, Londres EC1R 0HA

saT u RDay n i g H T ?

Je n’aime pas sortir le samedi, trop busy. L e D i m a n cH e ?

Un saut a Battersea Park pour changer, surtout s’il y a la foire des antiquaires qui est vraiment très sympathique. PRO m en eR L es en fa n Ts?

Hyde Park, j y passe mes journées avec mon fils! s e cH O u cH O u T eR ?

Chez Naim à Beauchamp Place, la mémoire de la coiffure libanaise... Un salon chic où l’on peut lire Paris Match en sirotant un café turc! Naim, 62 Beauchamp PI, Londres SW3 1NZ

u n e PâT i s s eRi e ?

Un scone avec beaucoup de clotted cream et de la confiture de fraises. LO n D Res c’es T…

Incontestablement les parcs. «Yaaret» on investissait plus dans la verdure à Beyrouth, cela calmerait les esprits!


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échappée

L Ri cH a RD k a Hwag i

DJ / Directeur de création à Small Media Vit à Shoreditch e m ei L L eu R Res TO ?

Un délicieux curry est la base de la cuisine britannique. Dishoom est certainement mon restaurant indien préféré à Londres. Arrivez tôt pour éviter la file d’attente énorme; et si vous êtes chanceux, vous aurez une table sur leur magnifique “Bombay café” véranda. À commander: Black House Daal (mijoté pendant plus de 24 heures.) Dishoom Shoreditch, 7 Boundary street, Londres E2 7JE

Pour un plat plus traditionnel, SaintJean est connu pour son « nose-to-tail ». Situé dans un ancien fumoir près du marché de Smithfield, ses plats combinent haute sophistication et authenticité rurale. St John, 26 St John street, Londres EC1M 4AY

u n LO b by D’H ôT eL ?

Vous ne me trouverez pas dans les lobbies d’hôtel, mais le lobby du Ace Hôtel est assez impressionnant. Ace Hôtel, 100 Shoreditch High Street, Londres E1 6JQ Pi ck- u P sa n Dwi cH?

Facile! Le sandwich poulet grillé de Ruby (un petit café italien) ou un sandwich steak argentin de chez Constancia, une sandwicherie ambulante (food truck) Délicieux ! Ruby, 35 Charlotte street, Shoreditch, Londres, EC2A Constancia, 187 Shoreditch High Street, Londres E1 6HU

Œu v Res D’a RT ?

Le Tate Modern

Tate Modern, Bankside, Londres SE1 9TG

sO L D es?

Acheter en ligne, ce serait pour moi la fin ... 5 O’cLO ck T e a ?

Maison Trois Garçons, un bistrot excentrique et flamboyant où on trouve un concept-store avec une touche vintage victorienne. Maison Trois Garçons, 45 Redchurch street, Londres E2 7DJ

en T ê T e - à -T ê T e ?

La Sketch Gallery a confié à l’architecte David Shrigley, nominé au Turner Prize, le soin de transformer son espace en une expérience dinatoire rose et pleine d’humour ainsi qu’un lieu d’expositions. Si je voulais impressionner quelqu’un, c’est là que je l’emmènerais. Croquis, 9 Conduit street, Londres W1S 2XG

u n Res TO av ec L es P OT es ?

Potes = Pizza. Ce lieu qui abritait autrefois un grossiste de sacs et de chaussures des années 1980 est maintenant l’adresse incontournable pour de délicieuses pizzas et des cocktails happy hour. Ils ont gardé l’enseigne d’origine d’où le nom loufoque «DreamBagsJaguarShoes». Dreambagsjaguarshoes, 32-36 rue Kingsland, Londres E2 8DA

u n v eRRe ?

Je traîne habituellement à The George & Dragon ou The Owl & Pussycat. (J’adore les noms des pubs anglais!) Mais un verre au bar du Sushi Samba, au 39e étage de Heron Tower avec une vue de 360° sur toute la ville, la nuit, c’est à couper le souffle. The George & Dragon, 2 Hackney Road, Londres E2 7NS Sushi Samba, Heron Tower, 110 Bishopsgate, Londres EC2N 4AY

u n b Ru n cH?

A The Book Club: saucisse de porc, bacon, œufs sous toutes les formes, tomates, haricots, champignons, pain grillé. The real deal. The Book Club, 100-106 Leonard St, Londres EC2A 4RH

saT u RDay n i g H T ?

N’importe quelle soirée DJ annoncée. L e D i m a n cH e?

Londres m’a fait aimer le dimanche! Un bagel de chez Beigel Bake Brick Lane est un incontournable pour commencer la journée. Les meilleurs bagels en ville, et la boulangerie (avec les femmes qui crient derrière le comptoir) me rappelle beaucoup Beyrouth. Et une bonne dose de Horse Meat Disco à Vauxhall pour terminer un dimanche parfait: «Do a little dance, make a little love, get down tonight» Brick Lane Beigel Bake, 159 Brick Lane, Londres E1 6SB Eagle London, 349 Kennington Lane, Londres SE11 5QY

s e cH O u cH O u T eR ?

Je peux passer des heures à Rough Trade. Je trouve mon confort dans ce magasin de disques entre les rangées de musique et de livres. Rough Trade, 91 Brick Lane, Londres E1 6QL

LO n D Res c’es T…

L’aventure au coin de la rue.


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cH a RL es yO us s ef

Créateur de mode. Né à Beyrouth, il a grandi à Manhattan mais a choisi de vivre à Londres. En 2010, sa collection a été entièrement achetée par Lady Gaga pour sa tournée au Japon. L e m ei L L eu R Res TO ?

J’aime beaucoup le Tokyo Diner à Newport, l’endroit me rappelle mes années d’études à Central Saint Martins. Tokyo Diner, 2 Newport PI street, Londres WC2H 7JJ

u n LO b by D’H ôT eL ?

Le lobby du Town Hall hôtel à Bethnal Green est assez impressionnant. Il a sa propre identité. Charmant et confortable. Town Hall Hôtel ,Patriot Square, Bethnal Green, Londres E2 9NF

Pi ck u P sa n Dwi cH ?

Pork Belly Buns.

Œu v Res D’a RT ?

L’installation de Dean Flavin au Tate Modern. Tate Modern, sur la Tamise, Londres, SE19TG

SolDeS ?

Si je faisais les soldes, ce serait chez Retro Man, une boutique en plein cœur du quartier chic de Notting Hill. Une boutique vintage pour hommes où l’on trouve tous types de costumes, chaussures, chemises et accessoires. Retro Man , 34 Pembridge street, Londres W11 3HL

5 O’cLO ck T e a ?

Certainement à l’ Automat Automat, 62 Frith street, Londres W1D 3JN

en T ê T e - à -T ê T e ?

Une promenade dans Hampstead Heath parc. Hampstead Heath, Gordon house street, Londres NW5 1Q R

u n Res TO av ec L es P OT es ?

Café Bohem pour une cuisine française traditionnelle

u n b Ru n cH ?

Le restaurant Aubaine est l’endroit parfait pour un brunch. Aubaine, 82 Hampstead street, Londres NW3 1RE

saT u RDay n i g H T ?

Dans le E8 district L e D i m a n cH e ?

À Camden ou Barnet s e cH O u cH O u T eR ?

Café Bohem, 17 Old Compton street, Londres W1D

Un chalet isolé au bord de la mer.

u n v eRRe ?

u n e PâT i s s eRi e ?

Georges and Dragon,2 rue Hackney,

LO n D Res c’es T…

George and Dragon, tant qu’à boire sur le trottoir Londres E2 7NS

La Durée Tout


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LIFESTYLE

MeltinG pot britannique à beyrouth

Quels sont les spots en vue des Brits au Liban ? Où passer un moment 100% UK en compagnie de cette communauté d’expats ? Visite guidée. Par PhiliPPine de Clermont-tonnerre

I l s a I m en t … R a d I o B eI Ru t e t C a fé l eI l a

Pour les Libanais comme pour les expats, la rue Gouraud reste le premier point de rencontre. Les ressortissants du Royaume Uni ne font pas exception à la règle. Mais dans cette artère, qui s’étend de Gemmayzé à Mar Mikhael, certains bars ont plus la cote que d’autres auprès des Britanniques. L’estaminet le plus apprécié est sans doute Radio Beirut, pour ses tarifs abordables et son cachet authentique. «On apprécie la valeur de l’argent, nous avons cela en commun. En général, les Britanniques aiment les lieux où les prix sont raisonnables et où l’on peut en même temps découvrir la culture libanaise», relève Roohi Malik, expert linguistique au British Council pour le projet « Accessing Education ». Il y a aussi le Café Leila, au début de Gemmayzé. Un coup de cœur garanti pour tout ressortissant de passage à Beyrouth. «Les Anglais adorent cet endroit parce que c’est authentique et que la nourriture est bonne», remarque cette trentenaire installée depuis un an au Liban. Egalement très prisées des Britanniques, les enseignes proposant des « happy hours », ce fameux rituel de décompression de fin de journée ( à prix souvent réduits) auquel ils s’adonnent volontiers dans leur pays. Pour ses « after work », Roohi ne jure que par le Kayan : «J’adore cet endroit. Ils font des happy hours, les boissons et le service

sont de qualité».

Plu tôt «tawl e t» q u e «G Reedy G o os e»

«Au Royaume-Uni, nous n’avons pas vraiment d’héritage gastronomique, c’est un pays très multiculturel, souligne la responsable du British Council. Un jour, on dîne italien, le lendemain chinois, et le surlendemain indien. On ne fait plus vraiment de fish and chips ! C’est un stéréotype démodé». A Beyrouth, les Brits seraient donc plus enclins à se réunir à la cantine libanaise Tawlet qu’au Greedy Goose, le pub de la rue Monnot où l’on sert justement des spécialités comme le Fish and chips et les Sausages and mash, arrosés d’une bière pression Guiness ou d’un Pim’s Limonade. Les Britanniques du Liban se prêtent en revanche volontiers aux «Pub Quizz», jeu de questions-réponses motivé par le gain d’un «jackpot» à la fin et, tout au long de la partie, de «bonus matches». Le Coup d’Etat, bar ultra cosmopolite où ont l’habitude de se retrouver les expats, en organise régulièrement sur son roof top de la rue Pasteur. L’ambiance, la bière aidant, est toujours conviviale et bon enfant. Si les nouveaux venus sont, dès leur arrivée, naturellement aspirés par le flux d’animation de l’axe Gemmayzé-Mar Mikhael, les expats avisés sortent davantage des sentiers battus d’Achrafieh. «The oldies», c’est ainsi que les Britanniques désignent la vieille génération,

installée au Liban dans les années 80. Le week-end, la classe des «old school» se retrouve au Mayflower. Situé à Hamra, cet hôtel a toujours été très fréquenté par les Britanniques. Certains visiteurs sont d’ailleurs restés célèbres dans les annales de cette artère, à l’instar de l’illustre agent double Kim Philby, de l’écrivain Graham Greene, ou encore du pilote Graham Hill. B Ro u m m a n a o u «t h e Co u n t Ry sI d e»

Parmi cette catégorie d’expats de longue date, beaucoup ont aussi fait le choix de sortir de Beyrouth. A 20 km de la capitale libanaise, le village de Broummana, perché à 700m d’altitude, comprend une importante communauté anglophone, dont les enfants fréquentent en général la Broummana High School. «Avoir un jardin est quelque chose de très important pour les Britanniques, c’est pourquoi ils sont nombreux, en particulier les plus anciens d’entre eux, à s’installer à la montagne», indique Roohi Malik. Là haut, les ressortissants britanniques retrouvent un peu de cette atmosphère campagnarde et feutrée propre au cottage anglais. Quelques spots, comme le Bustan Hotel, avec son Scottish Bar surplombant Beyrouth et son Salon ottoman où l’on sert le thé à l’anglaise, évoquent l’âge d’or des années soixante, quand le Liban était le rendez-vous de la jet set internationale. Le dimanche, les Britanniques de la


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région s’attablent aux restaurants Mounir à Beit Mery ou Fadel à Bikaya, ancien QG des journalistes anglais durant la guerre, pour un « brunch » qui dure en général jusqu’en début d’après midi. Adeptes de cuisines du monde, et friands de cuisine libanaise, les Britanniques aiment toutefois s’octroyer quelques pauses culinaires locales. « On fait nos achats au Spinneys à Achrafieh. On y trouve la marque Tesco et beaucoup de produits de chez nous dont les « baked beans », note la responsable du British Council. Les Anglais sont aussi « très attachés à leurs marques », affirmet-elle. Notamment McVitie’s, concepteur des biscuits Digestive, ou encore le liquide vaisselle Fairy, deux produits de surcroit très populaire au Liban. e m Pl e t t es à d o R a e t «Cu RRy’s n I G h ts»

En fait, un vrai repas britannique, ce serait plutôt un bon plat de curry à la maison entre amis. Les curry’s nights sont une tradition bien ancrée dans la culture anglaise. Au Liban, celle-ci fédère une grande partie des ressortissants britanniques. Le concept : une dizaine de convives rassemblés autour d’une recette de curry, la plus fameuse de toutes étant le poulet Tikka Masala. A Beyrouth, ces soirées culinaires ont lieu en cercles restreints. «On se retrouve entre nous, c’est vraiment 100% British !», confie Roohi. Mais si le souper se place sous le signe du drapeau national, la préparation, elle, évoque davantage le melting pot urbain de Londres. C’est dans une des rues marchandes accrochées au rond-point de Dora que les Britanniques font leurs emplettes à la veille de l’événement. Les échoppes, tenues par des Sri-Lankais, des Bangladeshi

ou encore des Pakistanais, offrent une grande variété d’épices. «On achète du curry, des piments, de la coriandre sèche, ou du « gram flour», une farine de légumes faite à base de pois chiches très utilisée pour la cuisine indienne», indique Roohi qui tient quant à elle la recette de sa mère pakistanaise. to u Rn o I s de CRI Ck e t d él I Ces s RI - l a n k a I s

et

Au Liban, les Britanniques entretiennent, de par leur histoire, des liens privilégiés avec les nombreux ressortissants d’Asie du Sud Est que compte le pays. «Nous ne sommes pas tous blonds aux yeux bleus, nous sommes une nation avec une culture très riche et une grande diversité ethnique», rappelle l’expert linguistique. Au pays du Cèdre, le tournoi du Saint Georges Cricket Club en est l’exemple le plus marquant. Rendez-vous incontournable des Britanniques du Liban, ce tournoi fut créé en 2013 pour permettre

aux ressortissants Sri Lankais de pratiquer le cricket, un sport national au Sri Lanka, et égayer leur quotidien souvent difficile. Une compétition a lieu tous les six mois rue Huvelin, sur le parking situé derrière l’église des Jésuites. Ses bénéfices sont reversés aux travailleurs migrants. Elle rassemble près de 150 joueurs pour plus de 500 spectateurs. «La majorité des participants sont Sri-Lankais. Moins nombreux, car c’est une petite communauté au Liban, les Britanniques sont présents et toujours très enthousiastes. Je suis le premier Occidental à m’être investi dans le projet, aujourd’hui il y a une vraie connexion entre ces deux communautés», indique William Dobson, instigateur de l’évènement et professeur à la Broummana High School. L’intérêt du spectacle n’est pas seulement sportif. En partenariat avec le marché Souk el Tayyeb, plusieurs Sri-Lankaises cuisinent pour l’occasion. Un buffet, agrémenté de bières, que les Britanniques ne voudraient rater pour rien au monde !


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LA VIE

C’est une adresse qu’on se passe quasiment sous le manteau, une boutique nichée dans un de ces centres commerciaux vieillissants de Zalka, dans la banlieue nord de Beyrouth. Mihran Chamelian, Mario pour les intimes, saxophoniste, clarinettiste et accessoirement lunettier, propose une collection de lunettes digne d’un musée du design du 20e siècle. Ce trésor a une histoire. Par f.a.d. PhotograPhie tony elieh

CHAMÉLIAN MÉNAGE SES MONTURES


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M

ihran, cheveux blancs mais sans âge, bougon, doux amer comme le café qu’il vous ordonne sans quoi il ne vous dirait rien, vit entouré de centaines de bésicles dont la plus jeune paire doit remonter aux années 80, mais qui semblent droit venues du futur. Sur les branches, des signatures qui font rêver: Mikli, Gucci, Lanvin, Versace, Vuarnet, et des marques dont on n’entend plus parler, Ted Lapidus, Francesco Smalto… Ce qu’elles ont en commun? Elles furent, en leur temps, si audacieuses qu’elles n’ont jamais trouvé preneur. Papillons démesurés ou petits binocles ronds barrés d’une baguette, toutes les formes possibles de la géométrie, même dans l’espace, les lunettes de Chamélian ne font pas dans l’ergonomie, bien au contraire. Symptomatiques de leurs époques, voici les coquines baby boomers des années 60, les hublots peace and love des années 70, les arty des années 80 où l’on se donnait des genres hypersexués pour occulter la nouvelle phobie du sexe provoquée par l’apparition du sida. A leur sortie, elles étaient déjà «trop»… extravagantes, surréalistes, zombiesques, extraterrestres. Trop grandes, trop petites, trop colorées, trop tourmentées, en un mot trop visibles. Or des lunettes, à priori, c’est fait d’abord pour voir plutôt que pour être vu. La preuve, l’arrivée, en force et par

réaction, des lunettes sans monture dans les années 90: juste des verres attachés par un filin d’acier ou de nylon, un arc et des branches. Quelle tristesse! Mais on est vite revenu à de meilleurs sentiments, de bien meilleurs, et Chamélian en fait aujourd’hui ses choux gras, lui qui s’est donné pour principe, dès ses débuts dans ce commerce, de n’acheter «que les lunettes qui ne se vendaient pas». Le moyen le plus sûr de se spécialiser dans la perle rare et de réunir autour de soi une clientèle de connaisseurs désinhibés. Après avoir roulé sa bosse sur tous les continents, très souvent acheté plus de lunettes qu’il n’en vendait et joué de la clarinette pour vivre entre deux affaires parfois mirobolantes, Chamélian semble avoir aujourd’hui jeté l’ancre à Beyrouth, son port de départ. Sa minuscule boutique de Zalka est séparée en deux espaces: celui des lunettes qui se bousculent pêle-mêle sur la feutrine de quelques tiroirs vitrés, et celui de la musique, un sas où trône un petit bar donnant sur l’agora du centre commercial. Le soir, Chamélian joue pour ses amis, lui qui a parfois accompagné l’orchestre d’Aznavour et animé les nuits étincelantes de Beyrouth dans les années 60 et plus tard celles des cabarets de Paris. Sauvé deS eaux et de l’armée

«Je suis né au camp Charchabouk», raconte Mihran, Mario de son nom

d’artiste. Un camp de réfugiés situé dans la banlieue nord de Beyrouth, entre mer et fleuve, qui accueillit en son temps les premiers exilés arméniens fuyant les persécutions turques. «Au printemps, mon père m’attachait à un arbre avec une longe, ajoute-t-il, de peur que le fleuve en crue ne m’emporte». Son père, soldat et clarinettiste dans l’armée française du Levant, l’initia à la musique. Le bac en poche, le conseil familial décréta qu’il devait à son tour rejoindre les rang de l’armée ou de la gendarmerie. Or Mihran n’a aucun goût pour l’obéissance. Sa clarinette, il en fera autre chose que sonner le lever du drapeau ou accompagner les fanfares militaires. Déjà, une troupe de théâtre libanaise lui propose de l’accompagner en Finlande, tous frais payés, à l’invitation de l’ambassade. Il embarque avec ses compagnons à la gare de Mar Mikhaël, et le train les emporte, via Alep, à travers la Turquie et la Russie, jusqu’à Helsinki où le jeune homme est étourdi par la liberté qu’il découvre dans ce paradis où il allait «avec deux filles à chaque bras». Sa vocation de saltimbanque confirmée, il revient au Liban où il est embauché par l’un des plus célèbres opticiens de la place. Il apprend les arcanes du métier et ouvre sa première boutique non loin de l’actuel Starco, au centre-ville. Mais comme pour tous les jeunes de son époque, la guerre civile


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LA VIE

vient interrompre cet élan fulgurant. Il tient bon, cependant, jusqu’à ce qu’un obus s’écrase au pied de sa maison, tuant une dizaine de personnes mais l’épargnant comme par miracle, ainsi que sa femme et ses enfants. danS la france deS annéeS 80

Il décide alors de «prendre le bateau» avec sa famille. Un cargo, en l’occurrence, qui accoste en Italie d’où il espère entrer en France. Sans visa, c’est presque sans espoir, mais Mihran est sauvé par sa faconde et sa force de persuasion. Que faire avec 10.000 FF de l’époque (un peu plus de 1000 Euros)? Il convainc un homme d’affaires de s’associer avec lui pour l’achat d’un stock de lunettes de marque à prix cassé, expédie la cargaison à son frère à Beyrouth. La marchandise est happée, la mise triplée et une nouvelle carrière commence. Mihran fait les salons, rencontre les designers, s’intéresse aux plus fous, aux puristes,

à ceux qui comme lui ne jurent que par la corne, l’écaille, le bois, le titane, les matériaux nobles. Il abhorre le plastique qu’il appelle «nylon», trouve absurde que certains acceptent de porter au milieu du visage un objet de petite facture. Il se lie d’amitié avec les plus grandes signatures de l’industrie, raconte cet épisode où, à la fin d’un salon, il visite le stand d’un de ces artisans de génie qu’il trouve en plein désespoir. La mère de ce dernier lui explique que la banque lui a fixé un chiffre de vente en deçà duquel elle refuserait de le suivre. Il était bien loin de l’avoir atteint. Sans réfléchir, Mihran s’engage et revient avec un chèque. Il achète la totalité de la marchandise exposée. Les plus belles lunettes que l’on puisse imaginer, mais aussi les plus difficiles à vendre en ces années 80 où la société est tiraillée entre conservatisme frileux et esprit de fête débridé. Le sida vient d’emporter ses premières victimes, le sexe fait peur, trop de visibilité fait mauvais genre et

Mihran ne cultive pas le genre austère. Ce designer est aujourd’hui l’un des plus grands noms de la lunette fashion, et Mihran n’est pas peu fier d’avoir pu, à ce moment-là, lui donner une chance de poursuivre son ascension, même si luimême a enchainé par la suite les revers de fortune («je ne suis pas commerçant», dit-il, désabusé). Aujourd’hui, Mihran a tout de même trois points de vente dans le GrandBeyrouth, dont l’un au centre le Mall, à Dbayeh. Mais il affectionne tout particulièrement sa petite échoppe taverne de Zalka où les fashionistas se rendent sur la pointe des pieds avec les yeux qui brillent, comme qui aurait découvert l’Île au Trésor. Etrangement, leurs trouvailles ne sont d’ailleurs pas hors de prix, et pour comble, elles rappellent irrésistiblement les «It shades» de la nouvelle saison. Normal, Mihran, cet homme pressé, a toujours eu quelques longueurs d’avance sur son temps.


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LA VIE

NOurrir d’amOur Graphiste et publicitaire de formation, Pascale Habis s’est aventurée hors des sentiers balisés de la gastronomie et autres hautes cuisines prétentieuses pour consacrer un livre « à la nourriture ordinaire, celle de gens qu’elle aime, celle de son Beyrouth, celle de tous les jours ». «Beirut Cooks, inside inspiring kitchens » présente un paysage culinaire méconnu et pourtant captivant par Gilles Khoury

genèse de son projet comme un «déclic, un coup de tête survenu un beau matin». L’envie de parler de « gens inspirants qui représentent son Beyrouth », en les faisant passer aux fourneaux. Dans l’heure qui suit, elle décroche des « OK » de trente sept « chefs, amateurs de cuisine ou de gens qui réussissent bien un ou plusieurs plats ». La règle du jeu : entrer dans la cuisine de ces « well-seasoned cooks » et les shooter pendant qu’ils concoctent un ou plusieurs plats de leur choix avant de s’attabler avec eux et racler les assiettes. Pendant un an et demi donc, les journées de Pascale s’organisent en un marathon discipliné. La gestion des séances photos –trois par semaine-, le travail sur les textes, la réalisation de la maquette ; et puis le tri parmi plus de 50 000 clichés attrapés dans les filets de l’objectif des talentueux

Johanne Issa et Yves Attala. Elle rit : « c’est un peu comme l’organisation de deux ou trois dîners par semaine .» Pourtant, on referait bien avec elle cette tournée pendant laquelle pas mal de bonnes bouteilles ont dû accompagner de non moins succulents repas. Car sur le fond, ces chefs sont tous des bons vivants. Ce n’est pas tous les jours que des « personnalités » troquent leurs tenues de ville pour de jolis tabliers. Et il fallait bien toute l’amitié et la sensibilité de cette journaliste improvisée pour emmener à confesse trente sept « chefs », qu’elle fait mijoter avec tact dans l’intimité de leurs cuisines. Pour toutes ces raisons, Beirut Cooks, de Pascale Habis, est un régal d’écriture, de portraits, de bruits de tables et de tintements de verres. Alors

PHOTOS nini

O

n lit et relit Beirut Cooks de Pascale Habis avec cette curiosité légère et insouciante que nous procuraient les encyclopédies imagées de l’enfance. Non pas tant pour concrétiser ses recettes, car ce beau-livre ne s’adresse pas uniquement aux amateurs de cuisine, que pour explorer l’assiette, l’ustensile, les ingrédients ou simplement les tables des trente sept personnes figurant dans cet ouvrage impeccablement réalisé. Il s’offre plutôt comme une délicieuse manière de découvrir « Un Beyrouth qui cuisine et reçoit comme aucune autre ville au monde ! » raconte Pascale. Avec ses beaux yeux bleu gris et son faux air de Vanessa Paradis on la verrait bien entonner « L’Eau à la bouche » ! Lorsqu’on parle de « Beirut Cooks », Pascale décrit la


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Page de gauche, Pascale habis.Page de droite, À droite la couverture du livre beirut cooks.À gauche une recette du livre. ci dessous À gauche le gateau de caline et Youmna. en bas À gauche la citronnade de rabih et kamal. À droite les bouchees Parmesan et thYm de rania.

beirut cooks INSIDE INSPIRING KITCHENS

Pascale Habis

on soulève le couvercle de cette chaudrée de caractères pour humer l’humeur et les plats de ces personnes issues d’horizons différents : il y a un architecte déluré, une designer pétillante, un méticuleux créateur de vêtements, un banquier, une sculpturale responsable d’ ONG, des couples, et « quelques chefs tout de même. » Au menu, des recettes héritées d’une maman, trouvées dans des livres puis twistées, ou inventées de bout en bout. On retrouve dans ce très bel ouvrage le mélange de légèreté, de gravité, de drôlerie et de sensualité des hôtes qui l’habitent. Pascale Habis aime les couleurs dans ses photographies comme dans sa cuisine. Elle propose donc des menus arc-en-ciel, « légers ou consistants, mais toujours faciles à préparer pour nourrir les amis ou la famille. Du poulet, du poisson, de la viande, des desserts, un peu de tout quoi !». Traditionnelles, contemporaines, hivernales, estivales ou exotiques, les recettes sont fiables et décrites avec précision. Rien de compliqué, donc, on cuisine sans aucun complexe selon son humeur. On peut aussi ne rien faire et juste savourer les images délicieuses -de Johanne Isa et Yves Attala- Les grignoter du regard, au fil des chapitres. Ou carrément, les croquer. * La signature de « Beirut Cooks » aura lieu jeudi 9 octobre, de 16 heures à 21 heures, à The Food Dealer, Mar Mikhaël.


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savoir vivre

smart Living Après avoir révolutionné l’univers du jean, Diesel tente désormais de s’imposer dans le design d’ameublement avec une collection intitulée “Diesel Living”. Par Olivier reneau

www.diesel.com/living

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a

près une première collection capsule en 2009 avec l’éditeur de design Moroso, Diesel a décidé de passer à la vitesse supérieure en présentant pour la première fois au Salon du meuble de Milan une gamme d’objets et de meubles beaucoup plus vaste intitulée “Diesel Living”. Un stand de quelque 350 m2, au cœur du hall abritant le top des maisons de design, donnait en effet un avant-goût de ce que pourrait être un habitat en total look Diesel : mobiliers, luminaires mais aussi équipements pour la cuisine et produits textiles dont la conception va bien au-delà de la simple apposition d’un logo sur un objet. Car la marque de mode n’a aucunement cherché à dissimuler le lieu de production de ses créations. Bien au contraire, un partenariat avec des maisons expertes dans chacun des domaines était clairement affiché : Moroso pour les meubles, Foscarini pour les produits d’éclairage, Scavolini pour l’univers de la cuisine et enfin Seletti pour le textile. Dans chacun des cas, l’équipe créative de Diesel a travaillé en tandem avec les équipes techniques de chaque éditeur pour élaborer des produits qui revendiquent certes un esprit Diesel mais s’affirment aussi comme de véritables objets d’ameublement, indépendants des gammes habituelles distribuées dans des showrooms de design multimarques. Pour Renzo Rosso, président de Diesel : “Les consommateurs nous choisissent non seulement pour nos produits mais aussi pour ce que diesel représente : un mode de vie, des valeurs, une approche ironique, créatrice et inattendue. Nous avons décidé de leur offrir la possibilité de personnaliser leur maison avec des produits qui leur ressemblent. Et nous avons tout mis en œuvre pour trouver les associés à même de satisfaire nos besoins en termes de qualité et de savoir-faire.” Le but n’était pas d’aller chercher des designers stars venant servir de caution. Et le partenariat avec chacune des maisons est assuré pour les quatre années à venir. “Diesel Living” permet à Renzo Rosso de poursuivre son ambition : faire de Diesel une marque de lifestyle.


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TeTiere la vie

UN APRÈSMIDI AVEC UN FAUNE

Le cours a déjà commencé. Une dizaine de stagiaires de tous âges observent Alexandre Paulikevitch, short noir, marcel noir, curieusement ceint d’un petit foulard jaune à sequins. Ses lourdes boucles disciplinées en chignon, il avance les bras ouverts, sur la pointe des pieds, et c’est comme si sa frêle silhouette enlaçait l’espace pour accueillir toutes les bonnes vibrations de la vie. Par F.A.D.

PHOTOS DR

L

a musique est lancée, flûtes et tambourins. Le groupe de femmes avance. Imitant le maître, elles glissent sur un pied, ramènent l’autre, prennent appui sur une jambe qui agit comme le pivot d’un compas. Le deuxième genou, jeté en arrière, fait basculer la hanche; en avant, il anime le bassin d’un mouvement circulaire. Les bras sont étendus et ondulent. «Stop!» Alexandre a vu quelque chose: «on ne fait rien avec les doigts, ordonne-t-il. Les mains doivent rester sobres, ouvertes et immobiles. On peut les tourner vers le haut, vers le bas, mais les doigts ne bougent pas». La musique reprend, et de nouveau, le petit groupe évolue en cadence, bras ouverts. On dirait des oiseaux sacrés, des ibis en parade amoureuse déployant leurs ailes, des vestales en prière dans un temple sans dieu. Les femmes sourient. Il y a du bonheur dans cette danse-là. Le «baladi», communément appelé «danse du ventre» est à la fois chaste et impudique, solitaire et profondément érotique. Une danse de femmes enseignée par un homme? Alexandre rit de son rire en grelots. Il a commencé sa vie d’adulte sur les bancs de la faculté de Droit de la Sorbonne, mais ses jambes bougeaient malgré lui. Cherchant une voie moins austère, il s’inscrit à l’École hôtelière de Paris. Entre temps, il fréquente un cours de flamenco au Marais. Un jour, il arrive un peu plus tôt, à l’heure où se termine un autre atelier. Derrière la porte on entend les derniers accents d’une musique orientale. «Mon cœur s’est emballé, affirme le danseur. Estce parce qu’à cette époque, jeune étudiant libanais englouti dans Paris, j’avais besoin de retrouver mon identité, de revenir à mes sources? J’ai tout de suite eu le pressentiment que j’y consacrerai ma vie». Depuis ce jour, Alexandre Paulikevitch n’a plus cessé de danser. Il a fait du théâtre, s’est intéressé à d’autres danses du monde, notamment le buto japonais qui, dit-il, a provoqué en lui «une réflexion profonde sur l’esthétique du corps et la relativité de la laideur». Mais le «baladi» est resté son cheval de bataille. Cette danse de femmes dont il souligne qu’elle a été «adaptée au corps féminin pour le plaisir érotique de l’homme», il s’en sert comme d’un vocabulaire à part entière pour véhiculer des messages forts,


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politiques et sociaux, contre la guerre et les injustices; celles faites aux femmes, précisément, et à la communauté homosexuelle, dans un Orient notoirement intolérant. Alexandre danse sa révolte, il danse ses frustrations, ses peines, ses colères, ses triomphes et ses joies, sa solidarité et sa compassion. Souvent, il danse comme on pleure, comme il l’a fait au lendemain de la guerre de 2006 sur les ruines de Bint Jbeil. Chaleureusement ovationné au Festival d’Avignon, il ose danser entièrement nu, simplement vêtu d’ombres et de lumières: «A l’étranger, je reçois la reconnaissance que mon pays me refuse, mais le Liban me donne aussi beaucoup d’amour, et ça, ça n’a pas de prix». Il précise que le «baladi» a été aussi dansé et chorégraphié par de grandes figures masculines et cite Ibrahim Akef, Mahmoud Reda (Reda Troupe) ou Mo Geddaoui, mais surtout «l’immense» Tito Seif et «le sublime» Tommy King, tous Egyptiens. D’ailleurs, Alexandre se rend chaque année en Egypte pour s’entraîner auprès des plus grands professeurs de sa discipline. Et s’il est un public devant lequel il rêverait de danser, dont il attendrait la consécration, c’est bien le public égyptien, «l’Egypte étant pour moi la référence ultime, presque

un challenge!». Et de préciser que la danse dite «orientale» se décline en trois styles: le libano turc, le tribal fusion et le baladi égyptien, cette danse étant la mère de toutes les autres, «la source, donc la plus noble». Et à ce propos, le danseur nous confie qu’il a reçu dans cette discipline une formation quasi initiatique en Egypte, la tradition du baladi n’ayant jamais été écrite ou théorisée. Sauf que danser n’est pas tout, pour cet activiste dans l’âme. Pour Alexandre qui honnit la vulgarité, il ne suffit pas d’un déhanchement mièvre et lascif pour faire un danseur ou une danseuse. Rigueur et attitude sont ses maîtres mots, et s’il place Tahia Carioca en tête de ses icônes, c’est parce qu’en plus d’être une immense artiste, celle-ci fut une militante sans concessions: «J’aimerais beaucoup marcher dans ses pas, affirme-t-il, mais j’éviterais quand même la prison, parce qu’elle, elle en a fait!». Il sourit et défait le foulard jaune à sequins dont il s’est ceint les hanches: «Avec le temps, les sequins ont remplacé les pièces de menue monnaie que les danseuses de rues recevaient des passants et cousaient sur leurs foulards pour les protéger du vol. Le foulard a essentiellement pour fonction de serrer les hanches et permettre au danseur de sentir ses mouvements».

Danseur à plein temps, cet elfe passe ses loisirs à soigner ses plantes, s’extasie de l’éclosion inopinée dans son jardinet d’une pastèque qu’il ne se souvenait plus avoir plantée. A part ça, lire, manger sainement, faire de l’exercice tout en se désignant «roi du farniente», rien de mieux pour rester en forme! Et ce goût pour les plaisirs simples de la vie est sa meilleure définition du luxe, de même que l’attitude est pour lui le seul corollaire de l’élégance. L’injustice et la bêtise le mettent dans des états de colère homériques, mais il s’en protège en s’entourant de gens qu’il aime. Qu’on lui demande de quoi il a peur, il répond sans hésiter: de l’échec. Alexandre Paulikevitch prépare en ce moment une chorégraphie sur une musique de Joëlle Khoury. La représentation «Palais de Femme» est prévue à l’Institut Français du Liban. En attendant le lever de rideau, il se souvient de ce spectateur qui lui a dit un jour «Vous m’avez fait pleurer», le plus beau compliment qu’il ait jamais reçu. Certes, il y a du mélo dans l’art égyptien du spectacle, mais il y a aussi beaucoup de courage en Alexandre. Secouez-le, il est sans doute plein de larmes, mais il a le talent de les métamorphoser en grâce.


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art de vivre

L’effet Pierre PauLin

S

amedi 17 mai à Monaco : une architecture en verre et métal a été temporairement dressée devant le palais princier pour accueillir la première collection croisière de Louis Vuitton signée Nicolas Ghesquière. La salle a été entièrement scénographiée et les invités sont installés sur de tentaculaires sofas “Amphis” de Pierre Paulin, ou plus exactement sur un modèle réédité et mis en forme dans une version XXL pour l’occasion. Un mois et demi plus tard : défilé Miu Miu resort au Palais d’Iéna à Paris. Les invités sont de nouveau assis sur du Pierre Paulin. Ici, la proposition est presque une évidence puisque le designer français a signé, en 1987, l’aménagement de la salle Péristyle du LoLa bessis.

par Olivier reneau

bâtiment et créé des fauteuils reprenant les formes géométriques dessinées par Auguste Perret, l’architecte du Palais. Ces deux défilés n’ont aucun lien de cause à effet mais tout de même. Un effet Paulin serait-il en train de s’amorcer, comme il y a eu un effet Prouvé, qui se poursuit si l’on en juge par le projet de Bally à Art Basel en juin dernier. Le designer français, né en 1927 et décédé il y a cinq ans, n’a pas eu toute la reconnaissance qu’il méritait et que l’on devrait aujourd’hui lui accorder en France. Actif pourtant depuis les années 1960 avec l’aménagement du foyer de la Maison de la Radio, Pierre Paulin va concevoir durant cette décennie toute une série d’assises devenues des icônes (“Mushroom”,

“Tongue Chair”, “Ribbon Chair”) qui l’établiront comme l’un des pères du design organique. En puisant notamment dans les propriétés élastiques du jersey pour littéralement habiller ses meubles et leur donner des formes toujours plus improbables. Pour bien mesurer sa cote de popularité d’alors, notons qu’il sera choisi par les présidents Pompidou (1971) et Mitterrand (1984) pour aménager des salles de l’Élysée. Alors, à quand une grande rétrospective Pierre Paulin au Centre Pompidou ou aux Arts Déco ? En attendant, les amateurs pourront parcourir la monographie à paraître le 2 octobre. Pierre Paulin, l’homme et l’œuvre, de Nadine Descendre (éd. Albin Michel).

Les fauteuiLs pauLin du défiLé miu miu ressort au paLais d’iéna, à paris cet été.

PHOTOs lOuis vuiTTOn, virgile guinard, miu miu

Les canapés pauLin du défiLé croisière de Louis vuitton, à monaco cet été.

Le designer français vient de se retrouver “au premier rang” de deux défilés de grandes maisons de mode. Y verrait-on le signe d’un retour de ce grand monsieur du design ?


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J’y étais

Ma nuit au "O MOnOt"

Tout en bas de la célèbre rue Monot, à un jet de pierre du centre-ville de Beyrouth, impossible de ne pas remarquer ce bâtiment tout neuf au design moderne et minimaliste. O Monot est un nouveau boutique-hôtel de luxe qui comprend 41 chambres, installé dans un des mes quartiers préférés depuis quelques mois. J'y ai passé une nuit.

L

a rue Monot fut, dans les années 90, le véritable cœur battant d'une ville dont la reconstruction n'était pas encore achevée. Bien avant Gemmayzé et Mar Mikhael, c'est sur cette ancienne ligne de front de la guerre civile que s'alignaient alors les bars les plus célèbres, les restaurants les plus créatifs et les lieux sans lesquels la nuit n'était pas la nuit. Un peu à l'abandon aujourd'hui, elle n'a rien

Par Stéphanie nakhlé

perdu de son énergie et ses anciens habitués continuent à croire à son come-back imminent. L'ouverture de l'hôtel O Monot en est d'ailleurs la preuve. Dans cet immeuble rénové des années 30-40, derrière une banale façade blanche, se cache un véritable cocon de luxe et de volupté. Je n'ai pas poussé la lourde porte en bois miel: elle s'est ouverte presque instinctivement à mon passage avant que je n'aperçoive

le chasseur souriant, et qu'un agréable réceptionniste m'accueille au comptoir. En attendant mon check in, je déposes mes sacs dans le lobby et déambule, fascinée, dans un couloir étroit qui mène à un bar. A ma droite une table dressée pour un jeu d'échec attire mon regard. L'éclairage, à base de grands bulbes descendant du plafond, donne une ambiance chaleureuse et feutrée à ce lobby rehaussé par des œuvres d'art et


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tapissé d'un bois sombre qui lui confère une touche de modernité subtile. On m'accompagne à ma chambre, au 3ème étage. Une "Executive room" dans laquelle je vais passer la nuit. Dès l'entrée, je suis impressionnée par les dimensions généreuses de l'espace, le décor tout blanc avec de délicates touches lilas. Le lit, un queen size pourtant, est loin d'occuper toute la chambre. Celle-ci est séparée de la salle de bains par une paroi vitrée qui peut être masquée par un rideau. Je suis bluffée par l'abondance de détails délicats, à tel point que je n'ai même pas remarqué la petite boîte de macarons posée sur un guéridon avec un gentil mot de la direction me souhaitant un agréable séjour. La nuit tombe. Je prends l'ascenseur pour monter au dernier étage, sur le toit de l'hôtel où se trouve le restaurant avec son bar plein ciel bénéficiant d'une vue magnifique sur le centre ville et la mer. La terrasse est divisée en deux parties: d'un coté un espace en retrait, réservé aux personnes souhaitant rester au

calme, et de l'autre une piscine éclairée par des lampes flottantes. Je commence par un délicieux sauvignon blanc Los Boldos, recommandé par le sommelier, accompagné d'un panier de pain tout chaud. En entrée, une savoureuse salade Thai aux crevettes. Le chef me conseille un délicieux saumon à l'unilatérale accompagné de légumes sautés et une sauce roquette basilic. J'ai eu raison de l'écouter, le mélange chaud tiède, fondant croustillant, est un bonheur. Pour terminer l'expérience avec une touche sucrée, j'opte pour les profiteroles vanille, chocolat et caramel, le choix parfait pour une fin de soirée magique sur ce toit hors du monde. Huit heures du matin. J'ai juste envie de passer ma journée dans ce lit, un vrai piège tant il est douillet. Je me lève quand même, direction l'ascenseur pour regagner le restaurant où le petit déjeuner est déjà servi. Le serveur me sourit et vérifie sur mon visage l'effet "O Monot". Il me propose une table avec vue: les voitures filent à toute vitesse sur le "ring", la ville s'anime avec frénésie, ce qui rend

plus intense ma sensation de détente absolue. De jour, on remarque mieux la finesse de la décoration et la qualité des matériaux, les tables en marbre, la cheminée et les canapés Chesterfield qui donnent envie d'être en hiver. Le personnel, discret et attentionné, m'apporte mon petit déjeuner, des viennoiseries croustillantes, une omelette qui fond en bouche, une salade de fruits fraiche, je vais prendre de mauvaises habitudes! Il est temps de retourner à la réalité. Triste de devoir quitter l'hôtel après ce séjour bref mais réjouissant, je rends ma clé. Ô Monot, faites que je revienne! Sur le trottoir, j'observe la rue qui se réveille. Elle a un cachet indéniable, avec ses bars à l'anglaise, ses karaoké, son vieux bistrot libanais qui sert des laitages fermiers accompagnés d'olives maison, le Conservatoire national d'où s'échappent quelques accords de piano et les murs centenaires de l'ancien collège des Pères jésuites. Aucun doute, son énergie est intacte.


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lieu

«La Maison de la Forêt» est un lieu magique, enfoui au cœur de la pinède la plus célèbre du Liban après celle de Beyrouth. C’est à Bkassine, au Liban sud, dans une région enchantée par une végétation méditerranéenne luxuriante, que se niche ce complexe écologique, paradis des amateurs de sports de plein air et de détente entre ciel et vert. par F.A.D.

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DANS LA PINÈDE DE BKASSINE


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A

u départ, «la Maison de la Forêt», complexe installé sur un terrain offert par la municipalité de Bkassine, a été conçu comme une référence régionale pour l’écotourisme et financé par l’Union européenne sous la direction de l’OMSAR. Vu sous cet angle, on s’attendrait à un camp scout pas très avenant pour un public ayant dépassé les fantasmes rustiques de l’adolescence. Sauf qu’en 2013, l’Union européenne a décidé de créer une entreprise d’investissement, «Knee Roots», dont la mission est d’élargir le domaine et d’en assurer la durabilité. C’est grâce à la SAL ainsi créée que de nouveaux actionnaires ont versé les capitaux nécessaires à l’amélioration du niveau des services et l’augmentation de la capacité d’accueil du domaine.

Depuis juillet dernier, la Maison de la Forêt est redevenue, en mieux, ce rendezvous rêvé avec la nature, cette parenthèse verte qui fait du bien quand les nerfs ont été trop éprouvés par le rythme urbain. Avec son hôtel bucolique, ses 15 bungalows et quelques tentes pour les amateurs (en tout une centaine de lits) et son restaurant tenu par «Tawlet Souk el Tayeb» sous l’enseigne «Tawlet Bkassine», le confort y est presque douillet. Et si en plus vous aimez escalader les rochers, grimper aux arbres, marcher, monter à cheval ou faire du canotage, et surtout, surtout, faire de longues randonnées à bicyclette, ne donnez cette adresse qu’à vos meilleurs amis, vous êtes ici chez vous. Le sentier de vélo de montagne est long de 20 kilomètres. Il a été inauguré par «Bike

Generation», et sa filiale «Outdoor Generation», qui organisent des randonnées inoubliables dans la région de Jezzine et offrent leur expertise. Bike Generation organise aussi des séjours petit-déjeuner compris à La Maison de la Forêt avec des circuits de marche ou de vélo à la clé. Avant de regagner la ville, n’oubliez pas de ramener les produits du terroir préparés par les femmes de la région sous l’étiquette «Dekkenet Bkassine». En plus de prolonger les senteurs et les saveurs de ce séjour dense et bienfaisant, ces créations gastronomiques aussi ancestrales que raffinées vous donneront simplement envie de revenir. La Maison de la Forêt waypoint@gmail.com, T: +961 3 823447 +9613694891


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STREET STYLE

FLEURS ET COURONNES, SO BRITISH! PAR LORD ASHBURY RÉALIsATION MÉLANIE DAGHER

Notre photographe a traqué les belles Anglaises durant la London Fashion Week. Comme leurs mères et grand-mères, elles aiment les écussons à couronnes et les motifs fleuris, le patchwork et le tartan. Inconditionnelles du trench Burberry, elles n’ hésitent pas à arborer la couverture de selle de la marque. Des clichés qui nous rassurent.


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party

COCk tAIl kARlItO ChEz FENDI

Pietro Beccari, président de Fendi, et Karl Lagerfeld, Benn Northover, Lily McMenamy en Fendi, Alexandra Richards en Fendi, Elisabeth von Thurn und Taxis en Fendi, avec Harry et Peter Brant, Eugenie Niarchos, en Fendi

OÙ avenue Montaigne, Paris QUAND le 8 juillet

BRIGADE MONDAINE PAR FRÉDÉRIQUE DEDET ET HÉLÈNE NATTER

lANCEMENt Du pA R Fu M lOv E StORy DE ChlOé OÙ la terrasse de l’Institut du monde arabe, Paris

Mélanie Laurent en Chloé, Géraldine Pailhas en Chloé, Héloïse Letissier, alias Christine and the Queens, en Chloé, Karin Viard en Chloé, Jean Mortier, président de Coty Prestige, et Clémence Poésy en Chloé, Marie-Josée Croze en Chloé

PHOTOs iNsTAGRAM, DAViD ATLAN, sTéPHANE FEuGèRE, GETTy iMAGEs, DR

QUAND le 2 juillet


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lES 40 ANS DE RICCARDO tISCI OÙ Los Olivos, Ibiza QUAND le 2 août

MAX MARA FêtE SA NOuvEllE EGéRIE OÙ au Viceroy, New York QUAND le 15 juillet

sophie Auster, Amy Adams, nouvelle égérie Max Mara, Leigh Lezark en Max Mara, Toni Colette en Max Mara et Giorgio Guidotti, Miranda Kerr en sportmax

Kanye West, Kim Kardashian, Kate Moss et Naomi Campbell, Maria Carla Boscono, Riccardo Tisci et Naomi Campbell, Justin Bieber, Kim Kardashian et Kendall Jenner

DéFIlé hAutE jOAIllERIE BulGARI & COCk tAIl DîNAtOIRE OÙ chez Apicius, Paris QUAND le 8 juillet

Arizona Muse en Emilio Pucci, Carla Bruni-sarkozy parée par Bulgari, Poppy Delevingne, shu Pei Qin, Olivia Palermo, Eric Bana, Jared Leto, Lilly sayn-Wittgenstein


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party

SOIRéE “kNOt” DE BOttEGA vENEtA OÙ Saint-Tropez QUAND le 31 juillet

Arizona Muse, Hanneli Mustaparta, Gala Gonzales et Polly Morgan, Caroline Winberg et Marissa Montgomery, yi Zhou et Maryvonne Pinault, Tallulah Harlech, Mary Charteris et Robbie Furze

WAt E R M I l l CENtER SuMMER BENEFIt OÙ Watermill, Long Island, New York QUAND le 26 juillet

Amanda Hearst, sheikha Paula Alsabah et isabelle Huppert, Michaela et simon de Pury, Jim Jarmush, Kim Cattrall, Robert Wilson, Jay Mcinerney, Constance Jablonsky


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GARDEN pA R t y S t E l l A McCARtNEy OÙ le jardin de sculptures sur Elizabeth Street, New York QUAND le 5 juin

stella McCartney entourée de Jourdan Dunn et Cara Delevingne, Amber Heard en stella McCartney, Liv Tyler aux côtés de Justine et Jeff Koons, Helena Christensen en stella McCartney, Maggie Gyllenhaal en stella McCartney, Malgosia Bela

SOIRéE NOuvEllE vAG u E D E lANCôME OÙ au Palais Brogniard, Paris

PHOTOs WATERMiLL, BFANyC.COM, DR

QUAND le 9 juillet

Alexandra Richards, Alma Jodorowsky et Alexandre Vauthier, Lily McMenamy, Jeanne Damas et simon Porte Jacquemus, Daria Werbowy et Caroline de Maigret, Kate Winslet, égérie Lancôme


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addresses

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AS29, chez Sylvie Saliba +961 1 33 05 00 ALICE & OLIVIA, chez aÏShTi +961 1 99 11 11 eXT.140

ESTÉE LAUDER +961 1 99 11 11 eXT.105

MICHAEL KORS, chez aiShTi +961 1 99 11 11

ETRO +961 1 99 11 11 EXT.590

eXT.130

F,G, H

MIU MIU +961 1 99 11 11 eXT.130 MONCLER, chez aÏShTi +961 1 99 11 11 eXT.130 MOSCHINO +961 1 99 11 11 eXT.130

FAÇONNABLE +961 1 99 11 11 eXT.525

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LA MER +961 1 99 11 11 eXT.105

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RALPH LAUREN PARFUM, chez aÏShTi +961 1 99 11 11 eXT.105

SAINT LAURENT +961 1 99 11 11 eXT.562 STELLA MCCARTNEY +961 1 99 11 11 eXT 575 SYLVIE SALIBA +961 1 33 05 00

T, U, V

DELFINA DELETTREZ +961 1 99 11 11 eXT.105

LA PERLA +961 1 98 88 85

DIANE VON FURSTENBERG chez aÏShTi +961 1 99

LANCÔME +961 1 99 11 11 eXT.105

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TORY BURCH +961 1 99 11 11 eXT.140

DIESEL +961 1 99 11 11 eXT.450

LOUIS VUITTON +961 1 96 68 10

TUMI, chez aÏShTi +961 1 99 11 11 eXT.151

M, N, O

VALENTINO, chez aÏShTi +961 1 99 11 11

MARC BY MARC JACOBS +961 1 99 11 11 eXT.148

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W,X,Y, Z

DIOR +961 1 99 11 11 eXT.592 DIOR BEAUTÉ +961 1 99 11 11 eXT.105 DIOR PARFUM +961 1 99 11 11 eXT.105 DOLCE & GABBANA +961 1 99 11 11 eXT.555 DRIES VAN NOTEN, chez aÏShTi +961 1 99 11 11 eXT.130

MARNI, chez aÏShTi +961 1 99 11 11 eXT.130

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250

horoscope

BÉLIER

TAU RE AU

GÉMEAUX

21 m a r s – 2 0 av r i l

21 av r i l – 21 m a i

2 2 m a i – 21 j u i n

du stress dans l’air, ressourcezvous en faisant du sport. A M O U R : une rencontre déclenche un coup de foudre. Si vous êtes déjà en couple, attention danger… V I E S O C I A L E : un emploi temporaire pourrait devenir durable, la bataille est rude, vous triomphez mais au prix d’une grande fatigue… M O N C O N S E I L : dans la précipitation, ne vous surmenez pas… FORME :

une vitalité au top, avec des astres dynamiques à l’horizon. Vous vivez à cent à l’heure ! A M O U R : Vénus s’ancre dans votre ciel et vous fait vivre des instants magiques ; vous découvrez de nouvelles émotions, une passion peut vous transformer… V I E S O C I A L E : quelques difficultés d’organisation mais les astres renforcent votre efficacité. M O N CO N S E I L : jouez de votre charme juvénile ! FORME :

CANCER

LION

VIERGE

22 juin – 22 juillet

23 juillet – 23 août

24 AOûT – 23 SEpTEMBRE

L’énergie revient… profitez-en pour faire du sport ! A M O U R : peu de temps pour les dîners aux chandelles. Les discussions familiales autour des enfants sont à l’ordre du jour. V I E S O C I A L E : vos actions donnent un coup d’accélérateur à vos projets. Vous pouvez aussi prendre du galon en suivant une formation. M O N CO N S E I L : gardez votre image de femme forte !

un peu sous tension, relaxez-vous ! la pression quotidienne ne vous laisse pas le temps de rêver. Inventez un monde magique, vous avez assez de talent pour qu’il devienne réalité. V I E S O C I A L E : votre loyauté incite des personnes croisées dans le passé à vous soumettre un projet important. M O N CO N S E I L : soyez attentive aux questions administratives !

un manque d’énergie, de la morosité dans l’air… A M O U R : vous êtes en osmose avec votre partenaire, vous vous comprenez sans avoir besoin de vous parler. Célibataire, ouvrez l’œil dans votre champ professionnel. V I E S O C I A L E : Jupiter vous inspire, intuition d’un côté, charisme de l’autre, votre entourage approuve vos idées. M O N CO N S E I L : aérez-vous les neurones ! FO R M E :

FORME :

FO R M E :

AMOUR :

BALANCE

SCORpION

SAGIT TAI RE

24 septembre – 23 octobre

24 octobre – 22 novembre

23 n ov e m b r e – 21 d é c e m b r e

en dents de scie, dopez-vous en vitamines ! A M O U R : des problèmes que vous pensiez résolus refont surface. Vous dites alors ce que vous avez sur le cœur. V I E S O C I A L E : trouvez la juste distance avec vos collaborateurs afin de préserver vos liens. Vous gagnez une somme d’argent suite à un remboursement ou à un jeu. M O N CO N S E I L : apprenez à lâcher prise !

vous avez du mal à vous lever le matin, essayez de changer de rythme. A M O U R : des questions financières froissent vos relations, cessez de jouer les fortes têtes. V I E S O C I A L E : Jupiter favorise l’émergence de projets créatifs, l’inspiration vient naturellement. M O N CO N S E I L : quittez votre environnement, vous gagnerez au change…

FORME :

de légers coups de fatigue, f lânez, promenez-vous… A M O U R : Vénus étanche votre soif d’idéal, une rencontre fortuite et vous cédez à la passion. V I E S O C I A L E : sous l’effet d’astres bienfaisants, votre vie sociale évolue dans le bon sens. Vous planchez sur des sujets passionnants et lucratifs. M O N CO N S E I L : faites vos bagages ! FORME :

CApRICORNE

VERSEAU

pOISSONS

22 décembre – 20 janvier

21 j a n v i e r – 19 f é v r i e r

20 février – 20 mars

votre ciel est lumineux, alors place à l’action ! A M O U R : vous êtes en quête de sensations fortes mais attention aux fausses notes qui pourraient compromettre l’harmonie. V I E S O C I A L E : des opportunités et de nouveaux appuis vous entraînent dans un tourbillon de projets passionnants. M O N C O N S E I L : révélez votre côté avant-gardiste !

des hauts et des bas, optez pour une thalasso, vous l’avez bien méritée. A M O U R : un climat riche en émotions fortes. Vous qui n’aimez pas les frictions pourriez bien tout balayer sur votre passage. V I E S O C I A L E : usez de votre charme pour faire évoluer votre situation, temps et rigueur sont encore nécessaires. M O N C O N S E I L : apprenez vraiment à dire non !

mangez lentement pour éviter les troubles digestifs. A M O U R : avec vénus dans votre signe, octobre rime avec partenaire. Vous restez avec lui sous la couette. V I E S O C I A L E : de nombreux rendez-vous avec une personne qui pourrait faire évoluer votre carrière, ou vous associer à ses projets. MO N CO NSEI L : favorisez les rencontres ! FORME :

FO R M E :

FORME :

FO R M E :

par Chrystèle dessoy

ILLUSTRATIONS SO-ME

un moral digne de votre tempérament de feu ! A M O U R : vous pouvez tout obtenir de votre partenaire à condition d’y mettre les formes. Célibataires, vos désirs sont exacerbés, vos exigences excessives. V I E S O C I A L E : vous démarrez une activité ? Vos soutiens financiers vous donnent le feu vert. M O N C O N S E I L : évitez les bavardages et les indiscrétions, surtout dans le travail. FORME :


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playlist

Pas de mouvement sans rythme; pas de message, pas de densité, pas d’atmosphère sans habillage sonore. Pas de catwalk sans musique. En cette saison où les fashion weeks se bousculent et nous annoncent déjà les couleurs du printemps prochain, de Strauss et Pourcel à M.I.A et Florence and the Machine en passant par les Rolling Stones, le son se fait couture. Par Mélanie dagher

Clocks Go Forward -James Bay, pour Burberry Kiss Me (Maggot Brain) -Psychic TV & PTV3, pour Prada Addicted to Love (remix de la chanson de Robert Palmer)-Florence and the machine, pour Tom Ford Warm Water (Snakehips Remix)-Banks, pour Matthew Williamson God Save the Queen -Sex Pistols, pour Vivienne Westwood Red Label Snakes Crawl (East Village Mix)-Phil Kieran Feat. Bush Tetras, pour Gucci L’Aventure Fantastique -Fantastic Plastic Machine, pour Moschino Be My Baby -The Ronettes, pour Michael Kors New Dorp. New York (feat. Ezra Koenig)- SBTRKT, pour Victoria Beckham Ashes to Ashes –Warpaint, pour Anna Sui Gooey -Glass Animals, pour Tory Burch Crosstown traffic -Jimi Hendrix, pour Tommy Hilfiger Le Beau Danube Bleu- Franck Pourcel and Johann Strauss II, pour Marc Jacobs Heaven -The Rolling Stones, pour Zac Posen I’ve seen that face before -Grace Jones,pour Bottega Veneta Baddygirl 2 (Flawless Remix)-M.I.A & Beyonce, pour Dsquared2 Strange Entity- Oscar and the Wolf, pour Dries Van Noten Sea Within a Sea- The Horrors, pour Carven

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L'Officiel-Levant, October Issue 49  

Titled "British Beyrouth," the October issue of L'Officiel-Levant celebrates all things British. From the best spots in London to Burberry m...

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