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la vie 15

Page de droite 12. Aya Haidar, Dwelling Site, 2013, Installation 13. Kameel Hawa, Beirut, 2012 courtesy Al Mohtaraf 14. Nabil Nahas, Untitled, 2010, Collection Privée Ci-dessus 15. Philippe Pasqua, Vanité aux papillons 2012

L

es organisateurs, dont Laure d’Hauteville, fondatrice et directrice de la foire et Pascal Odille, le directeur artistique, ont su garder vives les motivations pour recevoir les 47 galeries venant de 14 pays du Moyen-Orient – avec le Liban à l’honneur- d’Europe, des deux Amériques, de l’Asie du Sud et du Sud-Est. Avec la première participation de pays tels que Singapour, l’Indonésie, les Philippines, la Thaïlande et la Malaisie, un pont des plus intéressants s’est établi pour le marché de l’art entre le Moyen-Orient et l’Asie. En retour, l’équipe de la Beirut Art Fair emmènera des galeries du Liban et du Moyen Orient à la Suntec Singapore Convention & Exibition Center, où est prévue une foire d’art contemporain du 27 au 30 novembre 2014. Une autre première cette année, l’exposition de photos intitulée Generation War qui a réuni les travaux de six photographes reporters libanais, nés dans les années 60. George Azar, Patrick Baz, Jack Dabaghian, Aline Manoukian, Samer Mohdad et Roger Moukarzel, aujourd’hui tous reconnus internationalement, ont

partagé leur vécu de la guerre avec des instantanés saisissants. Plus de sept mille visiteurs, rien que le premier jour, ont pu apprécier les deuxmille œuvres d’art proposées dans cette foire métissée où même skateboards et snowboards sont transformés en supports artistiques avec le consentement de créateurs comme Damien Hirst ou Jeff Koons pour la reproduction de leurs œuvres. Ces grands artistes participent ainsi à une action humanitaire, puisque 20% des recettes de la vente sont reversées à une ONG pour les enfants d’Afghanistan et du Cambodge. Mais l’exposition s’est aussi transposée au-delà des murs du Biel, pour se propager dans les rues du centre-ville et créer une effervescence culturelle autour de sculptures monumentales, d’installations et de street art. Artistes et collectionneurs ont prêté leurs œuvres pour tracer ce parcours magique où l’on pouvait croiser dans les allées du Souk, en poussant la porte d’une boutique ou au détour d’un chemin une création surprenante. “The Horse” de Xavier Veilhan a remplacé “Shark ” du même artiste au croisement de la rue El-Moutran. Un cèdre “Untitled” de Nabil Nahas se découvrait chez Hermès. Une compression de Matthew Monahan trônait chez Elie Saab parmi les mannequins vêtus des créations de l’automne hiver 2013-2014 du grand couturier. Ainsi de suite, une sculpture calligraphie, “Beirut”, s’élevait sur l’esplanade de l’hôtel Le Gray, une sculpture en bronze d’un muletier sans tête d’Ahmad Askalani se frayait un chemin sous le restaurant Momo’s et une vanité en marbre de Philippe Pasqua faisait du lèche-vitrine. Entre œuvres permanentes et exposition éphémère, 25 étapes étaient proposées au total, pour le plus grand bonheur des passants et des riverains venus en famille jouer le jeu et redécouvrir la ville. Enfin, Beirut Art Fair aura surtout révélé des artistes « inspirés par leur héritage et les bouleversements de leur histoire, créant leur œuvre loin de l’agitation de la globalisation, des courants de mode et du star system », ainsi que l’ont fermement souhaité les organisateurs. OcTObre 2013

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L'Officiel-Levant, October Issue 39  

The October issue of L'Officiel-Levant asks Beirut: what's new? The answer comes in the form of art, food, music and fashion.

L'Officiel-Levant, October Issue 39  

The October issue of L'Officiel-Levant asks Beirut: what's new? The answer comes in the form of art, food, music and fashion.

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