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la vie

l’ ÉCHEllE dE dAMAS Voilà un film qui fera beaucoup parler de lui cette année, notamment parce qu’il a été tourné en Syrie au début de la guerre, et qu’il invite le spectateur à vivre de l’intérieur les préoccupations et les émotions d’une jeunesse hétéroclite qui cohabite dans un même foyer. “L’échelle de Damas”, coréalisé par Mohamad Malas et Samer Mohamed Ismaïl a été produit par Georges Schoucair (Abbout Productions), l’un des principaux producteurs du binôme Joreige-Hadjithomas. Il fait partie entre autres de la sélection officielle du Festival du Film de Toronto et celle du BFI de Londres.

Z

eina s’est noyée le jour de la naissance de Ghalia. Ghalia a toujours été hantée par le passé de Zeina. Pour tenter de comprendre, la jeune femme décide de se rendre à Damas et s’inscrire à la Faculté d’art dramatique. C’est là qu’elle rencontre Fouad, un étudiant en audiovisuel qui la prend sous son aile et lui trouve une chambre dans un foyer. Dans cette vieille maison damascène construite autour d’un patio vivent des jeunes de tous horizons. “Le peuple veut…” La grogne du printemps arabe commence à toucher la Syrie et les check points de l’armée se multiplient à travers le pays. “Où vas-tu, d’où viens-tu, que transportes-tu? “ la vie des étudiants est rythmée par ces questions incessantes. Il devient difficile de se déplacer et petit à petit, à mesure que la vie se fait plus étroite les rêves se font plus vastes. Fouad est amoureux de Ghalia, Ghalia est envahie par le souvenir de Zeina. Dehors, l’univers se décompose, le chaos commence à devenir incontrôlable, la tension monte et l’espoir disparaît. Porté par une génération d’acteurs brillants, notamment Najla el Wazza, Bilal Martini, Gianna Aanid, Mohamad Zarzour, Ziad Kalsoum, Naouar Yussef, Roula Falhout, Lara Saade, Izzat Abou Jabal, Mustafa el Mustafa, Rana Malas, Hussein Al Shazli et Hussein Marii, ce film arrive à point nommé pour lever le voile sur la réalité douce-amère d’un pays peu connu en occident avant d’être secoué par une guerre sanglante 150

OCTOBRE 2013

qui ne trouve pas d’issue. Auteur et réalisateur syrien, Mohamed Malas est issu du cinéma russe, ayant fait ses études à l’Institut Gerasimov de Moscou. Avec une dizaine de films à son actif, Malas, né en 1945 à Quneitra (Syrie) a été primé à plusieurs reprises depuis les années 80, notamment aux festivals de Carthage, Beyrouth, Fribourg et Marrakech. Son style réaliste, parfois cruel, mélange souvent le rêve et le réel, le documentaire et la fiction, le tout dans une lumière et une atmosphère dramatiques. L’une des locomotives du cinéma libanais et régional, Georges Schoucair a fait ses études à l’ESRA de Paris (Ecole Supérieure de Réalisation Audiovisuelle). De retour au Liban au début des années 2000, il décide de s’investir exclusivement dans la production locale. C’est grâce à son soutien que le couple Joreige-Hadjithomas a pu faire aboutir “A perfect day”, “Je veux voir “ et “The Lebanese rocket society”; Ghassan Salhab “Le dernier homme” et “La Montagne”; Elie Khalifé “Yanoosak”, pour ne citer que ces titres. En plus de sa société de production, Schoucair, viceprésident de la fondation Metropolis et sa salle d’art et essai, a créé MC Distribution pour la circulation des films arabes dans la région. Depuis 2010, sa société est partenaire de Lucky Monkey Pictures et de la maison de production argentine Travesia.

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P a r F. A . D .

L'Officiel-Levant, October Issue 39  

The October issue of L'Officiel-Levant asks Beirut: what's new? The answer comes in the form of art, food, music and fashion.

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