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jasé, peut-être parce qu’il y a 7-8 ans, on trouvait ça trop osé. On m’a souvent demandé pourquoi je faisais des nus. Je n’ai pas de réponse. C’est une évidence. Un corps nu est beau. Tout simplement. » Il y a 9 ans, Laya Rahman a eu envie d’autre chose. Envie de créer des objets. Elle aime les chaussures. Ce sera des chaussures. « À cette époque, il y avait un gap entre les grandes marques de luxe et les enseignes comme André ou Bata. J’avais envie de faire des chaussures entre les deux. Dans le middle range comme on dit. J’ai fait des voyages, rencontré des producteurs en Espagne et en Inde. Une copine tente l’aventure avec moi. On a fait une petite ligne de ballerines et de sandales. » Les chaussures s’appelleront Cindy Glass parce que leur conceptrice n’aime pas les idées reçues, les contes de fées qui donnent de fausses idées aux jeunes filles et les phrases toutes faites. Elle fait donc des chaussures drôles et abordables. « C’est intéressant de vivre ses rêves. Pour ma chance, ça a marché. On n’était que deux et on travaillait chez moi. On faisait des ventes privées aux copines. Et un jour, je décide d’aller voir Zadig & Voltaire. Je leur présente mes modèles et ils me disent oui. Oui pour deux modèles. » Entre temps, Laya Rahman fait les salons, le Tranoï. Ses chaussures plaisent, la presse suit. Elle distribue dans plusieurs magasins, chez AB33 dans le Marais qui vendait tous ses modèles dans ses 4 boutiques. Elle collabore avec une boutique à Notting Hill, un peu avec le Bon Marché et pendant 4 ans chez Berioska en Russie. « Je m’amusais à tourner un peu partout. Puis je suis passée aux escarpins. J’ai fait des bouts ovales qui faisaient penser aux chaussures de Minnie. » Suit une collection capsule de bottes à pans. Sa production se fait en Inde. En 2007, la jeune femme en a marre de distribuer quelques modèles par ci par là. Elle ouvre un pop up store rue Charlot à Paris. « En terme d’"exposure" c’était très bien, commercialement moins. » La même année, en revenant de Dubaï, elle imagine Burj Khalifa en talon. Puis quand l’avion survole Paris, elle pense à la Tour Eiffel. « C’est un cône à l’envers. Il m’a fallu 6 mois pour créer le prototype. Un modèle dans le genre James Bond Girl à Paris. Je montre le modèle au Tranoï en 2008, il ne retient pas l'attention. Je m’amuse, 3 mois plus tard, à exécuter des modèles colorés de ces chaussures Tour Eiffel. Et là, la mayonnaise prend. Je reçois des commandes du Japon, des US, d’Australie. » Le modèle est devenu en quelque sorte sa pièce phare. Elle présente le modèle en 2009 à l’expo anniversaire de la Dame de Fer. Objet insolite, la chaussure prend son envol. La même année, Laya ferme sa boutique parisienne. « Le monde de la chaussure a changé. En 2010, je me suis demandé ce qu’allait être l’avenir de Cindy Glass dans un monde où la chaussure a été vulgarisée. Tout le monde en faisait. Je me suis dit, que finalement ma marque c’était aussi un life style. Je pouvais donc élargir ma gamme et me diriger maintenant vers le MoyenOrient. » Un an plus tard, Cindy Glass ouvre à Beyrouth, à l'étage d'une vieille maison libanaise. Cette année-là, Laya Rahman se marie (dans la grotte de Jeita), s’installe et ouvre son showroom. Depuis, elle crée deux collections par an. « C’est le plus fatigant. L’enchainement des collections. Surtout que je vais vers le e-commerce maintenant. On me trouve sur mooda.com entre autres. » Bien évidemment, Laya Rahman n’a pas arrêté la photo. Avant de présenter une expo solo intitulée « The last of the Polaroid » avec les différents formats types de la fabrique 144

octobre 2013

L'Officiel-Levant, October Issue 39  

The October issue of L'Officiel-Levant asks Beirut: what's new? The answer comes in the form of art, food, music and fashion.

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