Page 1

NEWSLETTER DE L’OLSC - FRENCH BRANCH

SOMMAIRE

NO.9

JUIN 2011

1 - Editorial, par Rodo................................................................................ p. 2 - Liverpool France’s talking to You, par Phildk........................................ p. 3 - Actualité : On ne change pas une équipe (dirigeante) qui gagne ? NESV, par Rafa la Bamba............................................................................ p. 4 - Le débat 4a - Mon bilan sur Hodgson, par Naboleon24........................................... p. 4b - Pauvre Roy, par M’sieur le Marquis................................................... p. 4c - Itinéraire d’un échec annoncé, par Candy......................................... p. 4d - Roy est parti, vive le King, par Rodo.................................................. p. 5 - Le squad actuel, par Candy.................................................................... p. 6 - Au coin du feu, par Rafa la Bamba......................................................... p. 7 - Quelle histoire ! 7a - Liddellpool, par Crazy Horse............................................................. p. 7b - Torres, par Henry Chinasky.............................................................. p. 8 - Des histoires de supporteurs 8a - Je ne marcherai jamais seul, par Fred Jepigepo................................ p. 8b - Je ne marcherai jamais seul, par Bva................................................ p. 9 - Pepe, The « Bold » Hero, par Bugsy...................................................... p.

ÉDITORIAL

PAR

RODO

As time goes by…

Des mois se sont écoulés entre la huitième édition de cette newsletter et celle-ci, et pendant ce temps, notre cher club a connu des changements importants. Je peux même dire TRES importants.

4 6 7 9 11 13 15 16 18 20 22 23

en place de King Kenny dans le dugout. Il est juste de mentionner que des voix s’élevaient aussi pour soutenir le Londonien, évoquant le Liverpool Way et le devoir de soutien inconditionnel du Kop au manager. Rien que sur le forum de la French Branch, les discussions s’animaient pour défendre ou attaquer Roy Hodgson. Difficile était aussi

« Red pour Toujours » numéro 8 a paru en septembre et nous étions en novembre quand j’ai lancé un appel à contribution pour cette nouvelle édition. A ce moment-là, nous, supporteurs, nous posions la question de savoir qui était ce bonhomme, Roy Hodgson, qui reprenait l’équipe. Déjà en novembre, l’ancien manager de Fulham et de l’équipe suisse, qui avait succédé à Rafa Benitez, commençait à montrer des limitations cristallisées par des résultats décevants. Liverpool sombrait dans la deuxième moitié du classement, flirtait avec la relégation et montrait un jeu indigne de son statut de club de haut niveau. Des voix s’élevaient déjà pour son éviction et la mise LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

1 3

- 1 -

Juin 2011 - n°9


d’oublier Rafa et son passé chez nous, ses succès, ses échecs et son parcours à l’Inter, qui s’est fini prématurément et abruptement, juste après avoir gagné la Coupe du Monde des Clubs avec l’équipe lombarde.

retard, nous revoici, encore plus forts, secoués mais encore en bonne forme. Bien coiffés, bien propres et avec des articles de qualité, comme d’habitude…

En septembre, le Kop de Walton Breck Road avait la tête ailleurs, occupé par d’autres soucis plus prenants encore. Parce qu’entre temps, une autre tempête s’abattait sur Anfield, Melwood et tous les organes sportifs et managériaux de LFC : la menace de la faillite, la mise en place d’une administration bancaire et la reléga tion par la voie administrative. Et quelques uns d’entre nous étaient TRES préoccupés par ces nuages épais qui obscurcissaient le futur du club. Ces nuages étaient personnifiés par les propriétaires du club, Tom Hicks et George Gillett. Après une saga judiciaire digne des meilleures séries américaines du genre, RBS à travers le CEO désigné pour la vente, Sir Martin Faulkner Broughton a cédé les parts du club à New England Sports Ventures (NESV). A la tête de cette corporation, propriétaire des Boston Red Socks, son CEO, M John W Henry, n’a pas seulement et selon ses dires, acheté Liverpool FC avec des livres sterlings, mais aussi payé une bonne partie des dettes du club. Ils ont également promis de réfléchir au nouveau stade et d’investir dans l’équipe. Mis à part cela, qui est NESV ?

En janvier, après confirmations et démentis, Roy Hodgson est parti, nous laissant en 12e position du classement de la PL. Exit Roy. Enter King ! Mesdames et messieurs, Kenneth Mathieson «Kenny» Dalglish revient au premier plan de la scène liverpudlian, qu’il avait quittée en février 1991. Et en quelques mois, Liverpool est arrivé à la 5e position du tournoi (pour finalement terminer 6e), a amélioré la différence de buts de -3 et jusqu’à +18 (+15 à fin mai), et tout cela en battant Chelsea, Manchester United, et Manchester City. La confiance est de retour et les joueurs voués à partir insistent aujourd’hui pour rester (José «Pepe» Reina en est le meilleur exemple) ; l’équipe qui ne dépendait que de 2 joueurs (la moitié des buts de l’ère RH avaient été marquée par Torres et Gerrard ainsi que pour une bonne partie dans la période RB) a parcouru la deuxième moitié de la saison avec 10 joueurs qui ont marqué, au moins 3 joueurs comptabilisant plus de 5 buts.

Comme cela avait été fait pour Rafa, il était nécessaire de donner aux membres la possibilité de s’exprimer sur Roy Hodgson. Pour cela, j’ai gardé au chaud depuis novembre des articles des contributeurs sur le londonien, et j’ai proposé de les mettre à jour quand le manager est parti. L’histoire si riche de Liverpool est rappelée avec un excellent article de notre cher Crazyhorse sur Billy Liddell, l’idole du club dans les années 50. Et pour parler d’histoire…

Torres a quitté le navire pour le ciel cockney. Vous vous souvenez de lui ? Celui qui avait confessé son amour pour le club et la ville pour présenter deux semaines plus tard sa demande de transfert à Chelsea. Henry Chinasky nous a concocté un très bon article sur le parcours du buteur espagnol du côté de la Mersey. La fin de cet article vous la connaissez, sans aucun doute…

L’herbe commence à être plus verte dans les pelouses d’Anfield et alentours, où le cœur rouge bat de tout son sang. _________

Edition retardée dans le temps. Des simples retards, des retards pas si simples, des attentes infructueuses, des découragements, des relances et enfin la sortie… Voilà donc cette newsletter dans sa neuvième édition. Mais enfin et avec du LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

Pour parler aussi d’histoire, des belles histoires de supporteurs dans le résumé du livre Redmen A Season On The Drink, au cas où vous cherchiez

- 2 -

Juin 2011 - n°9


de la bonne lecture pour cet été ; et des supporteurs plus connus de nous, des French Branch members nous feront partager aussi leurs débuts de passion par LFC. Dans l’actualité de l’équipe, vous trouverez une belle analyse de Candy sur l’équipe sous Hodgson et comment il souhaitait la voir évoluer. Et pour parler French Branch, le Responsable de la Région Nord Pas de Calais se présente à vous.

John W Henry, CEO du groupe propriétaire de Liverpool est venu nous charmer avec ses promesses mesurées et surtout avec sa souriante et belle épouse, Linda Pizzuti. Mais qui est NESV et qui est la nouvelle équipe dirigeante ? Rafa la Bamba nous présente cette équipe et nous fait rêver d’un futur plus prometteur. Prometteur et pas seulement pour Liverpool mais aussi pour cette édition de Reds pour Toujours. Merci à Phildk, Naboleon, M Le Marquis, Candy, Rafa La Bamba, Crazyhorse, Henry Chinasky, Fred, Bva et Titus pour leur apport. Et j’espère vous voir à nouveau dans cette merveilleuse aventure !!

LIVERPOOL FRANCE’S TALKING TO YOU J’ai presque 10 ans ce 16 mars 1977, comme la plupart des Français ce soir-là je supporte «les Verts». En quelques minutes tout bascule, le KOP, l’ambiance, le Rythme, Keegan, C l e m e n c e , Fairclough : je suis subjugué.

PAR

PHILDK

Depuis ce jour, c’est décidé, je suis supporteur de Liverpool, du LIVERPOOL FC, l’ogre du football dont je ne connaissais rien il y a 2 heures. Cependant, supporter les Reds dans les années 1980, il faut y croire. Nous sommes loin de l’ère Internet et des satellites. Les seules infos et résultats concernant LFC sont la BBC (que l’on capte dans le nord grâce à l’immense mât sur le toit), Stade2, les mensuels Onze et Mondial dont je découpe tous les articles et photos (un sacrilège pour ma collection quand j’y repense), les différentes retransmissions TV des finales des Coupes d’Europe. Durant des années, je suis donc un supporteur du LFC en catimini (non pas que j’aie peur de le dire, mais parce que je pense être le seul Français dans ce cas) avec des périodes plus ou moins intenses selon les aléas familiaux et professionnels.

Avant de finir et de vous laisser à votre lecture d’été, Ant, notre cher chairman, m’autorise à vous communiquer sur deux événements proches et très importants dans la vie de notre association : La version 4 de la Kop Cup, organisée par la French Branch le samedi 2 juillet où les associations de supporteurs français se retrouvent pour disputer un tournoi de football au meilleur style Champions League (l’argent en moins. Mais les sandwichs sont bons !!) ; Comme les années précédentes, le tournoi aura lieu sur les terrains synthétiques du Port-aux-Cerises, à Juvisy. Et surtout, l’AGM 2011 de notre Association Liverpool FC supporters - French Branch, qui aura lieu le dimanche 3 juillet à partir de 13h. Tous les membres auront plus d’information sur le lieu dans les prochaines semaines. \ \ \ RODO Bonne lecture et bon été à tous !! LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

L’année 2005 sera le déclic pour le « Redman » qui sommeille en moi, je suis l’épopée des Reds en Champion’s league jusqu'à cette demi-finale contre Chelsea et ses 5 dernières minutes inter-

- 3 -

Juin 2011 - n°9


minables dans une ambiance indescriptible jusqu’à la délivrance. C’est fait, le LFC est en finale, et quelle FINALE ! Cette victoire me procure une immense joie et en surfant sur le net, quelle fut ma surprise : Une Association Française du LFC. Je n’y crois pas. Je ne suis donc plus SEUL.

ON

Après avoir goûté à la French Branch Family, je m’étais promis de faire un déplacement en Europe. Histoire de voir comment se passe un avant-match, le match et l’après match avec les Scousers. Les choses ne traînèrent guère (ça en devient même une «Red dépendance») et, quelques mois après, je faisais Marseille, Atlético, Eindhoven, Real, Fiorentina, Lyon, Debreceni, Lille, Atlhetico. Hum, les Away, c’est magique.

Lorsque j’ai découvert l’existence de la French Branch, je me suis posé beaucoup de questions auxquelles Ant a gentiment répondu. Donc fort de mes 5 ans au sein de la FB et de mes quelques déplacements, j’ai accepté le poste de Responsable Régional. En effet, je pense qu’il est important d’être proche et à l’écoute de nos membres ou futurs membres, et de leurs expliquer les rouages de la French Branch (Adhésion, All Red, Forum, Kop Cup...), de les aider dans certaines démarches pour les déplacements, de réaliser quelques rassemblements pour mieux se connaître et discuter de notre passion et aussi attirer d’autres passionnés des REDS. Actuellement, dans mon secteur Nord-Pas de Calais-Picardie, nous sommes environ 34 personnes. Nous n’avons pas encore de point de ralliement attitré car nous sommes tous éparpillés et il n’est pas évident de trouver un établissement qui diffuse les matchs des Reds de façon régulière. Car notre région possède 3 club en ligue 1 et au moins un club joue en même temps que LFC. Les pauvres résultats de nos Reds l’an dernier n’arrangent rien en ce sens. Nous avons quand même bloqué une date le 18 décembre à Lille à l’Events Café pour le Match Liverpool–Fulham. Venez nombreux ! \ \ \ PHILDK LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

NE CHANGE PAS UNE

(DIRIGEANTE) GAGNE ? NESV

ÉQUIPE

En deux temps trois mouvements, je suis membre de la French Branch, ainsi que toute la famille. Enfin je peux dialoguer de ma passion avec des vrais accros des « Reds ».

L’annonce d’un nouveau stade accentue mon désir d’aller à Liverpool. Impossible pour moi de ne pas connaître ANFIELD, « le stade mythique ». Quelques mois plus tard et un budget bouclé, toute la famille s’apprête à vivre un moment inoubliable en faisant un déplacement groupé avec la French Branch durant 3 jours en mars 2008. Ce fut magique : les rencontres avec les membres, le match LFC-Newcastle, la visite du stade et du musée… En rentrant le seul mot d’ordre était : ON Y RETOURNE QUAND ?

ACTUALITÉ

QUI

PAR

RAFA

LA

BAMBA

LFC s’est donc choisi, après moultes péripéties, une nouvelle équipe dirigeante pour prendre la suite des désastreux H et G. Après avoir pratiquement fait le tour du monde concernant la nationalité de nos éventuels repreneurs (des intérêts chinois ou syrio-libanais ont été un temps évoqués), le board (ou plutôt les banques créancières) est revenu aux fondamentaux du Liverpool du troisième millénaire, c'est-à-dire des hommes d'affaires américains ayant déjà une expérience marquée dans l’industrie du sport, à l'instar de nos duettistes préférés H et G… Les nouveaux propriétaires : New England Sports Ventures

New England Sports Ventures (NESV) est une société basée à Boston, fondée en 2001, spécialisée dans l'industrie du sport et du divertissement. Ses principaux actionnaires sont John W. Henry, Tom Werner, Les Otten et la société propriétaire du New York Times.

Outre LFC, NESV est propriétaire de la légendaire équipe de baseball des Red Sox de Boston, de son stade le Fenway Park, d'un groupe de marketing sportif ainsi que de 80% de New England Sports Network, une station régionale de chaînes sportives, et de 50% d’une écurie automobile s’alignant dans la Nascar, Roush Fenway Racing. La valeur financière de la compagnie est estimée à 1,5 milliard de dollars, dont l’actif le plus saillant

- 4 -

Juin 2011 - n°9


reste évidemment les Red Sox, classés comme la dixième marque la plus rentable de l'industrie du sport par le magazine Forbes, et qui dégage un profit annuel de 40 millions de dollars.

Le principal actionnaire, John W. Henry, a construit sa fortune comme trader à Wall street. Fils de fermiers, il a étudié la philosophie à l’Université de Californie mais n'en fut jamais diplômé en raison d’une fréquentation trop assidue des groupes de rock locaux...

Il commença sa carrière en spéculant sur les marchés du maïs et du soja et devint rapidement multi-millionnaire grâce à son propre fonds d'investissement. Sa fortune était estimée à 1,1 milliard de dollars en 2009 même si, crise oblige, elle a décliné depuis puisque Henry n’apparaît plus dans la liste des milliardaires du magazine Forbes. Il a rapidement et parallèlement investi dans l'industrie du sport avec le rachat de différentes équipes de baseball ou de basket, dont le couronnement a été le rachat des Red Sox puis de LFC.

Son principal associé, Tom Werner, a connu un parcours similaire dans l'industrie du sport même si, diplômé d’Harvard, il est, à l'origine, un producteur de séries TV renommées telles que le « Cosby show » ou « Roseanne ». Il est depuis le président des Boston Red Sox et du Liverpool Football Club.

- NESV a l’habitude de renflouer les dettes de ses acquisitions, cela a été le cas avec les Red Sox (40 millions de dollars) et devrait l'être avec LFC, - les Boston Red Sox ont retrouvé leurs lustres d’antan en gagnant deux fois en 2004 et 2007 les séries mondiales, après 86 ans de disette (vingt ans peut parfois sembler court...), brisant ainsi la

«malédiction de Bambino», qui voulait qu'après le départ de Babe Ruth au New York Yankees, les Red Sox ne gagneraient plus les World Series, - des investissements significatifs (plus de 50 millions de dollars) ont été réalisés à Fenway Park, pour maintenir ce stade historique de baseball désormais le plus ancien des Etats-Unis, - John W. Henry, privilégiant une approche scientifique basée sur l'évaluation statistique des joueurs, s'est rapidement appuyé au Red Sox sur un manager général, croisement entre l'entraîneur sportif et le directeur général, chargé de privilégier les jeunes joueurs à fort potentiel, - il a enfin développé, de manière exponentielle, le merchandising des Red Sox. Une nouvelle équipe sportive

Dans cette optique, Damien Comolli est devenu le nouveau directeur sportif de LFC. Damien Comolli est un ancien footballeur professionnel, qu'une grave blessure a contraint d'arrêter sa carrière dès 16 ans. Il se reconvertit alors en entraîneur de jeunes et remporta notamment le titre de champion de France des moins de 16 ans à Monaco au début des années 90. Il obtient son diplôme d’entraîneur en 1995.

Au regard de leurs pratiques antérieures, certains espoirs peuvent être permis : LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

Il s'orienta ensuite vers une carrière de «scout», qu'il débuta à Arsenal entre 1996 et 2003, où il contribua à découvrir Kolo Touré, Emmanuel Eboué ou Gaël Clichy. Il rejoint Saint-Etienne en 2004 en tant que directeur sportif qu'il quitte dès 2005 pour prendre la suite de Frank Arnesen à Tottenham comme manager général, en charge du secteur médical, de la formation et du recrutement. Son bilan fut contrasté même si quelquesunes de ses signatures se sont révélées plus que

- 5 -

Juin 2011 - n°9


fructueuses (Gareth Bale, Luka Modric ou Dimitar Berbatov). Il est démis de ses fonctions avec l'arrivée d'Harry Redknapp et revient à nouveau à Saint-Etienne comme directeur sportif en 2008 où son passage, certes dans le cadre d'une gestion présidentielle bicéphale, ne laissera pas de souvenirs impérissables.

Il aura pour tâche de développer l'approche «scientifique» voulue par Henry (il est d'ailleurs ami avec Billy Beane, l'inventeur d'une méthode statistique pour le base-ball à Oakland et qu'Henry voulait débaucher à son arrivée au Red Sox) afin de miser sur des jeunes à fort potentiel, permettant un gain à la revente, et non plus des joueurs en milieu de carrière aux prétentions salariales élevées (Joe Cole par exemple ?).

Le retour de King Kenny ne peut laisser personne indifférent. Il n'a certes plus entraîné depuis dix ans et son échec au Celtic, mais tout fan un peu âgé des Reds, outre son palmarès exceptionnel comme joueur et entraîneur, se souviendra de la qualité du jeu pratiquée lors de la saison 19871988, notamment par le trident offensif BarnesBeardsley-Aldrige qui malheureusement n'a jamais pu être confronté au Milan AC des Van Basten, Gullit et Rijkaard...

DÉBAT ROY OR NOT ROY ? ________

MON

BILAN SUR

PAR

HODGSON

NABOLEON24

Roy Hodgson sortant de deux bonnes avec Fulham (une 7e place en 2009 puis une finale d’Europa League en 2010) est notre nouvel entraîneur depuis cet été. Cette arrivée me semble adéquate, d’autant plus qu’il n’y avait personne sur le marché, à mes yeux, digne de succéder à Rafa. Suite à son arrivée, certains joueurs sont venus par son intermédiaire (Meireles, Cole, Poulsen, Konchesky) et d’autres par celle de Rafa (Jovanovic, Wilson). Le premier bilan que je peux tirer de ces recrues est que Konchesky n’est pas au niveau, que Meireles doit faire mieux même s’il s’améliore au fil des matches, que Cole doit retrouver l’envie dont il faisait preuve en début de saison, que Poulsen peut être utile en tant que remplaçant s’il accepte ce rôle, que Jovanovic est là par défaut même s’il peut être, lui aussi, un remplaçant correct et enfin je ne peux pas me prononcer sur Wilson car nous ne l’avons vu qu’une ou deux fois.

Côté départs, celui d’Aquilani était inévitable suite à une mauvaise saison. Deux joueurs voulant partir : Mascherano qui se morfond aujourd’hui sur le banc du Barça à notre grand désespoir et Benayoun ont vu leurs souhaits exhaucés. Insua a malheureusement été prêté au profit de Konchesky. Après 17 journées, le bilan est décevant mais pas catastrophique. Au niveau des points positifs, je dirais que nous sommes capables de bonnes choses. Le premier match de la saison contre Arsenal est encourageant : sans une erreur de main de Reina, nous aurions pris trois points face à un concurrent direct pour la Champions League. En Europa League, nous sommes encore qualifiés et invaincus (malgré des compositions d’équipe mixtes).

Liverpool ne semble donc plus en 2011 être «dans de mauvaises mains», même s'il convient, après la douche froide infligée par H et G, de rester mesuré dans l'analyse et d'attendre les premières décisions importantes de la nouvelle équipe pour se forger un jugement plus précis. \ \ \ RAFA

LA

LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

BAMBA

Certains joueurs ont plus de temps de jeu que sous Rafa et en profitent (Maxi, Ngog, Kelly). Mais notre principal défaut est d’être irrégulier. Nous pouvons faire de très bons matches et gagner (Chelsea et Aston Villa), perdre en ne le méritant pas (Tottenham), enchaîner des séries de victoires (Blackburn, Bolton, Napoli, Chelsea), comme de mauvais résultats (Manchester United, Northampton, Sunderland, Utrecht, Blackpool, Everton).

- 6 -

Juin 2011 - n°9


Mais cette inconstance est-elle seulement la faute d’Hodgson ? Je ne pense pas. Des joueurs comme Skrtel ne cessent de faire des erreurs qui nous coûtent très cher, Torres ne joue plus que pour lui et son départ l’été prochain me paraît inéluctable si nous ne terminons pas dans les 4 premiers. Les blessures de joueurs importants sont toujours là (Agger, Gerrard, Carragher). De plus, si certains lui reprochent peut-être la défaite contre Everton je ne suis pas sûr que la semaine mouvementée qui précédait le match, avec des rebondissements dignes de Dallas, ait aidé.

quand je vois les résultats de son successeur (Mark Hughes) à Fulham, je me dis qu'il aurait pu nous apporter quelque chose.

Je regrette quand même qu'il n'ait jamais été totalement accepté par certains joueurs et certains fans, et son intervention sur le soutien d’Anfield était certainement fondé et c’est sans doute ce qui a accéléré sa chute. Mais maintenant, place à Kenny Dalglish. Sur ses premiers matches, je mettrai les deux premiers de côté (Manchester United et Fulham) car il ne pouvait pas changer grand-chose. Depuis qu’il est là, une cohésion avec les fans et l’ensemble de l’équipe paraît faite. Il fait confiance aux jeunes (Kelly, Spearing) et n’hésite pas à sortir certaines «stars» quand elles sont mauvaises (Torres par exemple), et ça c’est un point positif. J’attends aussi de voir le retour de Gerrard et Carragher qui se chargeront de relayer son message. Côté points négatifs, si Skrtel continue à être titulaire et que Torres n’en veut toujours pas plus, nous aurons toujours des difficultés. Mais ceci est un autre débat, so wait and see… Le Roy est mort, vive le King ! \ \ \ NABOLEON24

PAUVRE ROY PAR

Avec ce bilan, nous nous demandons aujourd’hui si Roy Hodgson doit rester ou partir. Moi, je crois qu’il doit au minimum terminer la saison. Comment un entraîneur qui a fait du très bon travail à Fulham peut-il réussir à faire de bonnes choses chez nous ? Avec du temps et de la sérénité. Depuis l’arrivée de NESV, cela semble sur la bonne voie, même si quelques changements dans le fonctionnement du club sont encore à prévoir. Bien que cela risque d’être très compliqué, nous sommes encore en lice sur deux tableaux (FA Cup et Europa League) et la 4e place est encore possible si nous arrivons à enchaîner les performances car Tottenham va perdre des points en se concentrant sur la Champions League et Manchester City risque de subir quelques troubles avec son effectif (départ de Tevez annoncé). Et puis, comme nous le savons tous, même si nos rêves sont maltraités, gardons espoir dans nos cœurs. Bon, vu que Roy est parti avant que la newsletter soit diffusée, il faut que je change quelques petites choses... Son départ ne m'émeut pas plus que ça, mais je pense qu'il aurait au moins dû finir la saison. Pour moi, sa qualité d'entraîneur n'est pas en doute. Tout d'abord parce que je ne suis pas sûr que Dalglish fasse mieux, et ensuite LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

M’SIEUR

LE

MARQUIS

A l'heure où je me penche sur le mauvais traitement que subit notre entraîneur, nous sommes le 8 décembre 2010 et nous venons d'étriller une pauvre équipe de Villa.

Notre début de saison a été catastrophique à tous points de vue et pourtant je ne peux m'empêcher d'espérer, qu'en ce jour de l'immaculée conception, nous retrouvions une virginité, non seulement footballistique mais aussi spirituelle. Je n'y crois pas par principe ou par aveuglement, mais en me penchant sur la réalité et des faits. Depuis la première journée, il nous est arrivé de

- 7 -

Juin 2011 - n°9


toucher le fond à plusieurs reprises. Mais de l'avis unanime, l'humiliation suprême a été ressentie durant le derby, à Goodison. Mais depuis, que s'est-il passé ?

Il y a eu 8 journées et je viens de faire les comptes : sur cette période, Arsenal a pris 18 points, ManU 17 (un match en moins), Man City et les Spurs 12 points chacun et Chelsea 11. Et nous dans tout ça ? 16 points ! C'est à dire que depuis deux mois, nous sommes sur le rythme que les prétendants au titre. Pas si mal, quand même.

Pas mal comme contexte ! Bien sûr, Roy savait où il mettait les pieds, mais le pire était à venir : s’il y a une chose à laquelle il ne devait pas s'attendre, c'est le lynchage par une partie des fans, bien décidés à lui faire payer ce pour quoi il n'était pas responsable : une année de misère bénitezienne, le machiavélisme des Américains et peut-être aussi la modestie d'un nom pas assez ronflant. Que ces fans, que l'on a considéré pendant longtemps comme les meilleurs du monde, pas uniquement pour leur chants, mais aussi et surtout pour leur connaissance du football, pour leur fidélité et leur sérénité, commencent à le lâcher, ça c'est honteux ! Fatale impatience, tout va trop vite, je déteste toujours autant !

On me rétorquera que c'est bien beau de défendre Hodgson, mais que pour l'instant je n'ai pas parlé de football et que la qualité du jeu pratiqué n'est pas son meilleur avocat. Soit ! J'en conviens, mais aujourd'hui, je m'en fiche. Au-delà de ses compétences (si, si, il en a ...), Hodgson a été choisi pour son calme et son expérience, pour stabiliser un bateau à la dérive, dans une des tempêtes les plus sévères de son histoire. Et je crois qu'il est en train d'y arriver. Il est encore trop tôt pour l'affirmer, mais il se pourrait que son Liverpool FC soit né le 6 décembre 2010 contre Aston Villa. Alors bien sûr, on peut critiquer la manière, le coaching etc. Mais ces jugements ne sont-ils pas proclamés dans l'urgence ? Où est la légendaire patience du kopite ? Pourquoi ses détracteurs n'accordent pas à Hodgson ce qu'ils ont accordé à ses prédécesseurs : le temps de s'installer ?

Réponse le 22 mai 2010, au soir de la dernière journée, et j'espère qu'il y aura la fête dans les rues de Liverpool.

Tout, tout de suite et au diable nos valeurs ? un monde sans pitié avec juste ce qu'il faut de pitoyable compassion pour se donner bonne conscience ? Ce n'est pas ce qui m'a fait aimer ce club.

Juillet 2010 : Rafa est viré, un nouveau manager arrive et prend en main une équipe laminée par une saison à l'ambiance, au jeu et aux résultats désespérants. La confiance, si essentielle à toute grande performance sportive, a disparu, le doute, sournois et sordide, s'est immiscé à tous les niveaux du club, les cadres reviennent de la CM épuisés ou blessés, Mascherano veut partir cirer le banc du Barça et nous fait un bon gros caprice en refusant de jouer à City, les jeunes, qui nous qualifieront plus tard en Euroleague, explosent contre Northampton et pour couronner le tout, les caisses sont vides, les dirigeants sincères mais de passage, et par-dessus tout, nos misérables propriétaires, avides et méprisants, affichent une indifférence coupable pour notre histoire, notre présent et surtout notre avenir. LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

Appendice : Puisque notre rédacteur en chef nous y invite, je me permets, en ce 2 février 2011, d'ajouter quelques mots : Roy a été viré et l'arrivée de tout autre manager que Dalglish

- 8 -

Juin 2011 - n°9


ITINÉRAIRE D’UN

m'aurait indigné. Mais, soyons franc, le retour du King à Old Trafford et saluant le Kop les bras levés, a été un de mes plus beaux moments de supporter. Longue vie au roi ! Et puis voilà qu'aujourd'hui, Torres a rejoint Chelsea et son brusque départ éclaire un peu plus la période Hodgson. Personne ne me fera avaler que son transfert fut entériné en trois jours. Voilà ce que je pense. Comment ne pas croire, que Torres avait décidé de partir longtemps avant et vraisemblablement avant la Coupe du Monde, quand Benitez était encore au pouvoir et que le jeu et les résultats s'étaient déjà délités. Seulement, alors que le club était à vendre, Hicks et Gillett (en réalité Broughton) ne pouvaient l'imaginer nous quitter, sous peine de dévaluer fortement notre valeur marchande.

Fin juillet, alors que la rumeur de son transfert se faisait de plus en plus insistante, Torres réaffirma son allégeance au Liverpool FC et à ses supporters. En réalité, je suis aujourd'hui certain qu'on lui imposa de rester, ce qu'il fit à contrecoeur, laissant les futurs propriétaires se débrouiller avec lui, c'est-à-dire assumer l'impopularité du départ déjà programmé de ce joueur emblématique ; et c'est ce qu'il advint.

ANNONCÉ

ÉCHEC PAR

CANDY

Si, au départ de la saison 2009-2010, on vous avait dit que Roy Hodgson serait le manager de Liverpool FC 12 mois plus tard, l’auriez-vous cru? Soyez honnêtes. C’est une question délicate et voici un petit article expliquant ma vision neutre (et sans à priori) des événements.

Au printemps 2009, Liverpool FC venait de finir 2e du championnat en lançant un réel challenge pour le titre (en ne le «perdant» mathématiquement qu’à 2 ou 3 journées de la fin). Pour beaucoup de fans, la saison 2009-2010 devait être l’année ou jamais pour le titre. Ce devait être l’année pour Liverpool FC de ramener (enfin) le titre à Anfield après 20 ans d’attente.

Mais entre temps, et pour parvenir à ce mercato hivernal qu'il devait attendre avec impatience, il y eu la période Hodgson, durant laquelle, chacun a pu s'interroger sur son fameux «body language» c'est-à-dire cette attitude navrante qui marquait son désintérêt pour le présent et l'avenir du club. Je n'irai pas jusqu'à dire que «Torres, Hicks et Gillett : même combat», mais quand même, ces derniers mois, où de toute évidence il a lâché son club, son manager, ses coéquipiers et ses fans, auront entaché sa réputation et l'admiration que j'avais pour lui. Encore une excuse pour ce bon vieux Hodgson ? Oui ! Encore une excuse, et pas des moindres.

Malheureusement rien ne s’est pas passé comme prévu pour les Reds, loin de là, et le club a fini à une médiocre 7e place en championnat au printemps 2010, sans parler d’une élimination prématurée de la Champions League et d’un parcours honorable en Europa League (éliminé par le futur vainqueur en demi-finale). La faute à qui, à quoi? Chacun y est allé de son explication.

Quand je repense à ce match contre Villa, Torres ne jouait pas ... \ \ \ M’SIEUR LE MARQUIS

Sachant que la situation extrasportive du club était plus que précaire (le club était en train de chercher des repreneurs), était-ce vraiment la décision la plus sage, la plus réfléchie de changer de manager en cette période de transition ? Même si on peut reprocher certaines choses (beaucoup de choses ?) à Rafa Benitez, je trouve cette décision très surprenante encore aujourd’hui.

LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

Quoi qu’il en soit, un responsable («coupable» ?) fut désigné. Certains dirigeants (voire un dirigeant en particulier, suivez mon regard vers «Cecil» Purslow) ont décidé de trouver le coupable idéal et ont choisi de se séparer du manager, Rafa Benitez.

- 9 -

Juin 2011 - n°9


Comme je viens de l’écrire, Liverpool FC était, durant cet été 2010, dans une situation extrasportive très précaire. Le club était en passe d’être vendu, mais cette vente se ferait certainement après la période de transferts. Connaissant cette incertitude sportive, les joueurs (surtout les cadres) allaient-ils rester ? Quelles garanties pouvait-on leur offrir ? Quelles garanties le club pouvait-il offrir au nouveau manager, aux futures recrues et surtout aux fans ? Bref, durant la Coupe du Monde, le club naviguait à vue (ou presque). Le choix du nouveau manager était crucial. Il fallait quelqu’un pour stabiliser Liverpool FC et le maintenir (si possible) dans le haut du classement, sachant qu’il était en période de turbulences en dehors du terrain. Certains noms plus ou moins sérieux ont été cités. Guus Hiddink, Didier Deschamps, Roy Hodgson, Kenny Dalglish et j’en passe. Et finalement, c’est l’outsider (?) qui a gagné le gros lot. C’est Roy Hodgson qui a décroché la timbale.

Roy Hodgson sortait d’une saison mitigée. Il avait surtout amené Fulham en finale d’Europa League, mais aussi à un modeste 12e rang de Premier League. Son parcours européen lui a quand même permis de gagner le titre de meilleur manager de la saison 2009-10. Etait-ce sur la base de cette récompense que Roy Hodgson a été choisi pour succéder à Rafa Benitez ? On ne le saura certainement jamais. Mais bon, «Cecil» Purslow devait savoir ce qu’il faisait… M. Hodgson arriva donc le 1er juillet à Liverpool (avec quelles conditions ?, serais-je tenté de demander). De l’autre côté, Hodgson a-t-il vraiment demandé grand chose pour rejoindre Liverpool FC ? Je veux dire que, lorsque l’on regarde son parcours, hormis l’Inter Milan, il n’a jamais managé (ou entraîné) de «grand» club européen. A 63 ans, un club de la stature de Liverpool FC allait-il revenir dans un an, dans deux ans, dans cinq ans, pour lui proposer un contrat ? J’en doute. De l’autre côté, les dirigeants du club sortaient d’une relation difficile avec Rafa Benitez, ce même Rafa qui menait une «gué-guerre» vis-à-vis des dirigeants surtout par rapport à leur gestion faite de promesses non tenues. Certains fans ont apprécié l’attitude de Rafa, car le manager espagnol disait fort ce que certains pensaient tout bas. Il avait une réelle relation avec les fans. Bref, les dirigeants ne voulaient plus d’un tel manager «hyper populaire» et Roy Hodgson correspondait bien au profil qu’ils recherchaient. Il était en quelque sorte un «Yes Man» qui n’allait pas trop embêter médiatiquement les dirigeants et, au contraire d’un Kenny Dalglish, n’avait pas forcément le soutien aveugle du Kop («Cecil» Purslow, si tu me lis, je ne te salue toujours pas). LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

Roy Hodgson arriva donc dans un club qui était dans une situation difficile. Il devait savoir qu’il n’aurait par forcément tous les pouvoirs. Mais bon, comme je l’ai indiqué plus haut, l’occasion de venir dans un club comme Liverpool FC ne se représenterait certainement plus. C’était une offre qu’il ne pouvait pas refuser.

Arrivé à Liverpool, Hodgson était confronté au fait que certains joueurs étaient déjà en instance de départ (Insua, Benayoun) et on avait certains doutes pour d’autres joueurs (Torres, Gerrard, Mascherano). Durant le mercato estival, comme je l’ai écrit précédemment, c’était difficile de clairement savoir quel était le réel «pouvoir» d’Hodgson, tant au niveau des départs que des recrues. A mon avis, il donnait son opinion, mais celle-ci ne pèserait pas vraiment lourd. Les matchs amicaux ont commencé avec des résultats plus que mitigés, mais «rattrapés» grâce aux tours préliminaires de l’Europa League. Quand la saison de Premier League débuta, les premiers résultats et surtout les performances de ces premiers matchs calmèrent beaucoup les ambitions.

En ce début de saison, même si le classement des Reds laissait à désirer, les fans n’étaient pas encore trop critiques vis-à-vis d’Hodgson, car la situation extrasportive n’était toujours pas réglée. Les fans donnaient davantage de voix contre Gillett & Hicks pour que le club soit vendu au plus vite, ce qui fut heureusement chose faite en octobre.

La situation dans les coulisses enfin réglée, tout le monde a enfin pu se concentrer à nouveau sur la vérité du terrain, mais le mal était là. Au moment de la vente du club, Liverpool FC était en position de relégable (!). C’était le plus mauvais début de saison depuis plus de 50 ans ! Certaines vives critiques commençaient à se faire entendre vis-à-vis d’Hodgson. Certaines rumeurs et d’autres questions aussi. Oncle Roy fut-il vraiment un choix judicieux ? Depuis la vente du club

- 10 -

Juin 2011 - n°9


en octobre 2010 jusqu’à ce début d’année 2011, les résultats s’améliorèrent quelque peu (sans pour autant être extraordinaires), les performances furent toujours en dents de scie (moyennes à bonnes à domicile et vraiment médiocres à l’extérieur), la liste des déclarations d’Hodgson commençait aussi à faire le buzz, car elles furent loin d’être judicieuses !

Roy Hodgson s’est-il rendu compte de l’histoire du club, de son palmarès, de sa culture ? Avait-il vraiment la stature pour manager un club comme Liverpool FC ? Le costume de manager de Liverpool FC est-il trop grand pour Roy Hodgson ?

Quoi qu’il en soit, même s’il n’est pas arrivé dans les meilleures conditions au club, six mois après son arrivée, les doutes que les fans avaient à propos de Roy Hodgson se sont confirmés ; il n’était pas fait pour ce job, pour ce club, notre club. On peut dire qu’il a «assuré l’intérim» jusqu’à la vente du club, mais maintenant Roy Hodgson peut s’en aller et laisser sa place à un manager qui remettra le club sur la voie du succès. Finalement, ce qui devait arriver, arriva. Roy Hodgson fut donc licencié suite à une défaite à Blackburn où Liverpool fut une nouvelle fois imprésentable. Certaines rumeurs ont même fait part d’un clash entre les joueurs et Hodgson dans le car entre Liverpool & Blackburn.

Quelque part, c’était prévisible…… Le divorce était consommé. Les nouveaux propriétaires ont proposé un contrat jusqu’à la fin de la saison au seul et unique «King» Kenny Dalglish. Le Roy est mort, longue vie au (vrai) roi ! YNWA \ \ \ CANDY

LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

ROY

EST PARTI,

VIVE LE

KING !

PAR

RODO

En six mois, Roy Hodgson a réussi ce que Rafa Benitez n’avait réussi à faire en cinq ans à la tête de Liverpool : obtenir la presque unanimité de l’opinion des fans. Si, pour Rafa, le Kop était divisé entre « pour » et « contre » l’Espagnol, selon une enquête d’opinion parue sur le site Empire of the Kop, plus de 90% des personnes ayant répondu souhaitaient le départ du manager londonien. Analyser l’ensemble de son œuvre est difficile, et ce d'autant plus que l’on ne souhaite pas critiquer Liverpool. Mais finalement pourquoi ne pas tenter l'exercice ? Les critiques les plus justes et les mieux intentionnées ne viennent-elles pas des meilleurs amis, des personnes qui nous aiment le plus ? Et nous aimons tous Liverpool FC. Et Roy Hodgson a fait du mal à Liverpool FC.

M. Hodgson et M. Benitez s'étant succédé sur une durée très courte, avec une composition d'équipe presque identique, une comparaison s'impose.

Pour commencer, le jeu. Force est de constater que la presse anglaise n’aimait pas l'Espagnol et elle a été plus rapide à attaquer l’ancien entraîneur espagnol qu’à voir les erreurs du Londonien. Andy Gray, Richard Keys (qui avaient traité Rafa de « Fat Spanish waiter » et refusaient de voir que le marquage par zones marchait) et Jamie Redknapp ne le portaient décidément pas dans leur cœur. Eux, tout comme Roy Hodgson, étaient proches de Steve Bruce («…he’s got a big fat head…»), Harry Redknapp et… Alex Ferguson. Mais le Kop n'a pas eu besoin des médias pour se rendre compte qu’après le départ de l’Espagnol si décrié, l'équipe ne jouait pas bien. Les season ticket holders d'Anfield Road End n'ont pas eu besoin de Sky Sports pour se demander pourquoi Reina balançait la balle à plus de 50 mètres de lui au lieu de chercher un coéquipier plus proche. Les Kemlynites n’ont pas attendu que cela apparaisse dans les journaux pour se demander pourquoi les milieux de terrain regardaient les balles passer au-dessus de leurs têtes sans qu'elles passent par leurs pieds. Les abonnés du Centenary Stand n'ont pas attendu la presse pour s'inquiéter de voir Torres dos au but et sur la ligne médiane. Ne parlons même pas du travelling Kop qui voyait l'équipe reculer à l'extérieur, poussée par des équipes habituées à jouer dans le ventre mou du championnat. Les déclarations de Hodgson ont été fracassantes et n’étaient pas au niveau d’un club comme le nôtre : il a rabaissé le niveau de l'équipe, minoré les attentes des supporteurs, oublié de défendre

- 11 -

Juin 2011 - n°9


ses joueurs, et même attaqué le Kop. Il a dit tout et son contraire en quelques mois, il a aussi oublié la facilité avec laquelle une déclaration peut être retrouvée et réfutée grâce à Internet. La phrase very british, «today’s news is tomorrow’s Fish and Chips paper», qui était vraie il y a vingt ans, ne l'est plus aujourd'hui. Voici une courte liste, sans être exhaustif... - A l’arrivée de Joe Cole : «C'est nous qui l'avons ramené (avec Purslow), nous lui avons expliqué que nous le voulions pour des raisons footballistiques». Pour dire quelques mois après, une fois Purslow parti : «Bon, c'était vraiment Purslow qui l'a voulu, moi j'ai participé aux discussions, mais ce n'est pas comme si j'avais vraiment mon mot à dire...»

- Sur le jeu : «Les performances à l'extérieur ont été mauvaises depuis un moment, pas seulement depuis que je suis là» - il suffit de chercher le classement de 2009-10 pour savoir qu'on gagnait peu, mais plus qu’en 2010-2011. - Sa suffisance agaçante: «Fondamentalement, à moins qu'il y ait une arrivée massive d'argent dans le club et que l'équipe change radicalement, alors n'importe qui à ma place fera un boulot similaire avec des joueurs similaires» - Notre cher KK a réussi en seulement 7 sorties déjà plus que Roy (2 victoires pour le King contre une seule pour Hodgson) et tout ça en améliorant le jeu de passes (31 pour marquer contre les Wolves, 17 pour marquer contre Chelsea). - Ou son défaitisme, voire conformisme, quand on lui a parlé des critiques : «Ca ne me dérange pas, parce que je ne peux pas faire plus que ce que je fais, je ne peux pas travailler plus, je ne peux pas mieux travailler»... En 9 matchs à l'extérieur, on n'a gagné qu'un seul match, fait deux matchs nuls et six défaites. Oui, six défaites, vous avez bien lu ! Quand on ne gagne «que» 5 points sur 27 possibles, comment peut-on réellement viser une place dans les quatre premiers ? Profitons-en pour comparer ses résultats avec ceux de son successeur : en quatre semaines, Kenny Dalglish, qui avait été éloigné du management pendant dix ans, a ramené l’équipe de la 12e place où l’avait laissée M. Hodgson, à quatre points de la relégation, jusqu’à la 6e place, à cinq LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

points d’une place européenne. Plus qu’un changement d’entraîneur, ce fut un changement de culture. Une discussion, couramment abordée sur notre forum, indiquait que les joueurs n’avaient pas l’air d’essayer. Et si c’était parce qu’ils ne croyaient pas en ce qu’ils étaient censés essayer ? Ce n’est pas le travail d’un manager de motiver ses troupes et les inspirer ? En tout cas, son travail n’était pas de se plaindre face aux journalistes d'un supposé manque de soutien des supporteurs. Le Kop soutenait Dalglish dès le départ, mais parce qu’ils le connaissaient, lui et ses réussites. Comme ils n’ont soutenu Gérard Houllier et Rafael Benitez que quand ils ont réussi.

Maintenant, ajoutons des chiffres à ces paroles. La meilleure position que Liverpool ait réussi à faire sous Roy Hodgson c’était 8e, avec une moyenne de 12,35. Face à la 7e réalisée par Rafa et tellement critiquée. Sur les 20 derniers matchs de Roy, ses équipes ont eu en moyenne une possession de balle de 48,9% (contre 52,7% sous Benitez) et ils n’ont marqué les premiers que 49,5% du temps (53,3% avec l’Espagnol). Finalement, le manager anglais a gagné 41,7% des points en jeu face à 60% pour Benitez sur ces mêmes 20 derniers matchs. Ce 41,7% de Roy Hodgson montre un contraste important avec Kenny Dalglish et son 60,7% dans les années 80, et son actuel 70,4% en Premier League.

Roy Hodgson n’était simplement pas fait pour être l'entraîneur de Liverpool. Le manager, dont les méthodes se sont traduites positivement de Halmtads à Malmo à Orebro à Neuchatel Xamax et bien entendu à Fulham, n’a pas compris qu’elles étaient fondamentalement erronées pour l’un des clubs les plus en vue du monde. Depuis le début de l’année, les choses ne font que s’améliorer : les dinosaures sont partis, le football est revenu et finalement la révolution de Kenny Dalglish peut commencer ! \ \ \ RODO

- 12 -

Juin 2011 - n°9


LE SQUAD

ACTUEL PAR

CANDY

Une question me taraude depuis le début de la saison. Avec les joueurs à sa disposition, est-ce que Roy Hodgson les utilise au mieux?

Alors voilà, je me suis «amusé» à me mettre à la place d’Hodgson. Compte tenu de notre effectif actuel, quelle tactique mettrais-je en place ? Ferais-je évoluer des joueurs à d’autres positions ? Et, toujours dans le cas où j’étais le manager de Liverpool, quels joueurs mettrais-je sur la liste des transferts et dans quel secteur voudraisje des renforts ?

Commençons par le poste de gardien. Pepe Reina est indiscutable. Mais la question du numéro deux peut être soulevée. Jusqu’à cet été, Diego Cavalieri était la doublure de Reina. Puis on a recruté Brad Jones de Middlesbrough. Franchement, entre ces deux gardiens, je trouve que c’est bonnet blanc, blanc bonnet. Je pense que la question de la doublure mériterait d’être soulevée, surtout sachant qu’un gardien comme Shay Given a fait ses preuves en Premier League et ne joue quasiment plus à Man City. Je pense qu’on pourrait s’y intéresser tout en préparant certains de nos jeunes gardiens, Peter Gulacsi (en prêt à Tranmere) ou Martin Hansen, tous deux âgés de 20 ans. En défense, je trouve que notre effectif est très inégal dans cette section. Sur le côté droit, je pense que Glen Johnson est le choix numéro un. Martin Kelly a montré qu’il est un très bon backup (et même plus que ça) et Jamie Carragher peut aussi donner un coup de main de temps en temps.

ces joueurs sont fit, je pense que la paire centrale devrait être composée de Skrtel (en DC droit) et Agger (en DC gauche).

Bien entendu, cela sous-entendrait de laisser Carragher sur le banc. Mais il faut bien souligner que les récentes performances de notre vice-capitaine ne sont pas fabuleuses. Il doit certainement davantage sa place à son charisme et à sa présence, mais footballistiquement, il n’est plus un titulaire indiscutable selon moi, mais plutôt le troisième choix.

Sur le côté gauche, on a plusieurs joueurs à ce poste. Konchesky a été recruté cet été, Fabio Aurélio est revenu, Insua a été prêté et Agger peut aussi jouer côté gauche. Là aussi, si tout le monde est fit, je pense qu’Aurélio devrait être le premier choix. A terme, je ferais revenir Insua (en janvier, voire en été 2011 au plus tard). Parmi nos joueurs à ce poste, Konchesky n’a pas le niveau et Aurélio est régulièrement blessé. Konchesky peut repartir sans problème et Aurélio, s’il devait rester, devrait revoir son contrat à la baisse (pourquoi pas avec un contrat «pay-as-youplay»). Par exemple, un Reto Ziegler (sauf erreur en fin de contrat à la Sampdoria) pourrait être intéressant. A moins que Comolli ait des vues sur un joueur de Ligue 1. Passons au milieu de terrain, je pense que le duo Lucas-Meireles a véritablement éclos. Le Portugais est à mon avis la meilleure recrue estivale et, avec Lucas, il forme un duo qui fonctionne bien. Leur complémentarité a déjà été remarquée par plusieurs journalistes. Si l’un des deux

En défense centrale, de nouveau, on a l’embarras du choix. Entre Martin Skrtel, Daniel Agger, Jamie Carragher, Soto Kyrgiakos et Danny Wilson. Sachant que Martin Kelly peut aussi jouer à ce poste, on a de quoi voir venir. A mon avis, si tout LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

- 13 -

Juin 2011 - n°9


se blesse ou est suspendu, Gerrard peut descendre à cette position de milieu défensif/récupérateur. Et Spearing peut aussi rendre service, même s’il ne sera jamais mieux qu’un back-up à Liverpool. Après, il y a la question des ailes. Sur le côté droit, Kuyt s’est trouvé sa place et apporte toute sa vivacité. Steven Gerrard peut aussi jouer à droite. Maxi Rodriguez peut jouer sur les deux côtés. Babel peut jouer à gauche, ainsi que Joe Cole si celui-ci (re)trouve enfin son niveau. Jovanovic peut aussi donner un coup de main sur les ailes (plutôt à droite).

classe mondiale. Mais il est bien seul. Ngog est très bien, travaille beaucoup, est humble, mais le jeune David manque ce petit quelque chose. Pacheco a réussi un bon Euro Espoirs, mais parviendra-t-il à franchir le saut vers la première équipe ?

Et comme milieu offensif (en soutien de l’attaquant), Gerrard a vraiment sa place dans cette position. De nouveau, si Joe Cole (re)trouve son niveau, il pourrait être un back-up intéressant à notre capitaine.

Il est clair qu’il nous manque un véritable partenaire à Torres. Un joueur comme Crouch serait un très bon équipier comme joueur qui servirait de pivot pour Torres. Mais Crouch reviendra-t-il ? Malheureusement, les bons attaquants à bon prix ne courent pas les rues. Javier Pastore, l’attaquant argentin, commence à faire parler de lui en Italie. Un Miroslav Klose joue très irrégulièrement au Bayern et, malgré ses 32 ans (et s’il consent à des efforts financiers), pourrait aussi être un apport utile. A moins que son jeune coéquipier Thomas Müller (21 ans)…

Dans cette section de l’équipe, je pense que plusieurs joueurs peuvent prendre la porte. A commencer par Christian Pouslen qui n’apporte rien. Si une offre correcte arrive pour Babel, Jovanovic, Spearing et Cole, je ne serais pas contre l’idée de les voir partir. Au niveau recrutement, je serais ravi de revoir Aquilani, même si les chances de le revoir du côté d’Anfield avec un maillot rouge sont minces. Parmi les rumeurs de ces dernières semaines, il y en a deux ou trois qui me plaisaient pas mal, à commencer par l’éventualité de Charles N’Zogbia de Wigan. Sinon, David Bentley me plaisait bien à Blackburn et il s’est malheureusement un peu perdu à Tottenham. On parle aussi d’Elija Elia (Hambourg) que l’on a découvert à la dernière Coupe du Monde. Finalement, Adam Johnson de Man City semble aussi très intéressant, il nous avait causé mille misères en débuts de saison quand on a joué contre Man City en début de saison.

Au niveau offensif, Torres est un attaquant de

LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

Pour résumer, avec les joueurs que l’on a actuellement à disposition, voici à quoi ressemblerait mon équipe type (et le remplaçant entre parenthèses) : Reina Johnson (Kelly)

Skrtel (Carragher)

Kuyt Lucas (Gerrard, Shelvey)

Gerrard (Cole)

Agger (Carragher) Meireles

Aurélio

Maxi (Babel)

Torres (Ngog)

Départs souhaités : Poulsen, Konchesky, Cole, Babel. Départs probables : Johnson, Babel, Jovanovic.

Arrivées souhaitées : Bentley (s’il retrouve sa forme de Blackburn), Insua (retour), Ziegler, Aquilani (retour), Adam Johnson, Elia, N’Zogbia (?) et un attaquant de niveau international (difficile à trouver). Arrivées probables :?

Bref, il y a du pain sur la planche pour (re)construire l’équipe…….. \ \ \ CANDY

- 14 -

Juin 2011 - n°9


AU COIN

DU

PAR

FEU

RAFA

LA

BAMBA

Redmen – A season on the drink, par Jegsy Dodd et John Mackin

«Leur mission ? Faire ce qu’ils ont toujours fait : Voir les ‘boys’ en rouge gagner et, si ce n’est pas le cas, les encourager et, en tout cas, profiter d’une bonne bière» : voilà un quatrième de couverture accrocheur pour tout fan des Reds adepte des «away», surtout que l’ouvrage relate la saison 2008-2009, où de grandes nuits européennes ont côtoyé une quête malheureusement inachevée du n°19…

A travers le récit de tous les matchs joués par Liverpool à domicile et à l’extérieur durant la saison tant en championnat qu’en Ligue des Champions, FA Cup et League Cup (à l’exception du match à l’extérieur contre le PSV Eindhoven où chaque co-auteur pensait que son homologue y assistait…), l’ouvrage a le grand mérite de rappeler le quotidien du supporter qui veut faire des déplacements pour soutenir son équipe favorite :

pendant quinze minutes, de chants «we’re gonna win the league»…On peut alors même parler d’amour et de fierté quand un des auteurs, suite au 4-4 épique contre Chelsea en C1, reconnaît : «Tu sais quoi ? Je crois que je suis retombé amoureux de mon équipe ce soir…», - l’évocation de grandes figures du «Travelling Kop» comme le regretté Bobby Wilcox, décédé durant cette saison, ou les membres de la branche belge croisés à différentes reprises (aucune évocation malheureusement de la French Branch…), - le regret d’un certain exotisme de la Coupe d’Europe des Clubs Champions avec des déplacements originaux (Tbilissi, Reykjavik ou SaintEtienne…) tandis qu’avec la Ligue des Champions, les mêmes adversaires et déplacements reviennent trop souvent (PSV Eindhoven, Roma ou Chelsea),

- les bons trucs pour sortir du parcage avant les autres, en se faisant notamment passer pour aveugle et les paris hasardeux comme le supporter qui avait parié une victoire 3-0 contre le Real Madrid et 3-1 à Old Trafford et, qui, depuis, maudit chaque jour Dossena…

- les rapports toujours enrichissants avec les responsables de la billetterie à Anfield, quand il n’est plus trouvé trace d’un billet pourtant réservé un mois auparavant ou lorsque les preuves d’un déplacement ne sont pas jugées suffisantes pour l’obtention d’un ticket pour le quart de finale de Ligue des Champions à Stamford Bridge,

- la difficulté de convaincre son conjoint de l’utilité d’un déplacement à Portsmouth en plein hiver et les menaces associées de ne retrouver personne à son retour à la maison et, d’une manière générale, la solitude du supporter, aux confins parfois de la maladie mentale, lorsqu’il se retrouve dans le froid et la nuit en milieu de semaine à l’autre bout du pays à regarder son équipe B produire un spectacle pitoyable (1er tour de League Cup contre les Spurs), - la nécessité de jongler entre les différentes options offertes par les compagnies aériennes lowcost pour ne pas trop alourdir le coût de transport d’un déplacement,

- les moments de joie voire d’extase, lorsque le but de Benayoun à la dernière minute contre Fulham est aussi célébré que le doublé d’Owen en finale de la Cup contre Arsenal en 2001 et suivi, LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

Plus globalement, l’évolution de la fonction de supporter est jugée assez négativement. A la suite de huées subies par l’équipe notamment à l’occasion des trop nombreux matchs nuls à domicile, les auteurs soulignent que «si nous sommes supposés être le douzième homme, les onze mecs sur le terrain sont nos onze frères… C’est cela être un supporter : encourager, apporter confiance et croyance aux joueurs.»

Au contraire, un type de supporter, plus spectateur qu’acteur, est en train de se développer. Ils paient pour leur ticket et espèrent, en conséquence, la victoire mais sans chercher à l’obtenir par leur influence. La trinité d’Anfield manager/ joueurs/supporters est ainsi mise à mal : si tu ne fais pas ton travail, tu ne remplis pas la part du marché et tu n’appartiens donc pas à cette famille.

- 15 -

Juin 2011 - n°9


Le symbole de cette dérive est évidemment Manchester United et son Théâtre des Rêves. Ils sont devenus une industrie hollywoodienne dont les consommateurs confondent allègrement Denis Law avec Jude Law. LFC a encore quelque chose d’unique dans sa relation avec les fans, qui est envié dans toute l’Europe. Les auteurs avertissent néanmoins : à force de chercher à copier «l’âme noire» de nos voisins d’Old Trafford, LFC finira comme eux avec un stade plein mais rempli de «dickheads».

QUELLE HISTOIRE ! ________

LIDDELLPOOL PAR

CRAZYHORSE

Son nom ne vient pas immédiatement à l’esprit lorsqu’on évoque «La Sainte Trinité» de Liverpool FC (Shankly, Paisley, Dalglish) car il n’a pas été associé aux grandes heures du club. S’il fut classé 6e joueur de l’histoire par les fans, pour une certaine génération Billy Liddell demeure même le plus grand joueur de l'histoire du club avec un rôle plus important que son palmarès ne l’illustre. N’avait-il pas eu comme honneur d’être surnommé «Liddellpool» ?

«Liddell was some player...He had everything. He was fast, powerful, shot with either foot and his headers were like blasts from a gun. On top of all that he was as hard as granite. What a player ! He was so strong – and he took a nineteen-inch collar shirt !». C’est en ces mots que le grand Bill Shankly a défini Billy Liddell. Mais qui est ce légendaire «Liddellpool» ?

Face à ce phénomène de marchandisation croissante, qui trouve notamment son expression dans le «marché noir», qui peut conduire deux touristes japonais revêtus d’un maillot de MU à entrer dans un parcage visiteurs rempli de supporters de LFC, certains choisissent le repli. Au Sandon, un certain nombre de fanatiques, qui pourraient aller au match, préfèrent désormais le regarder au pub car ils refusent la dérive marketing. Dans leur esprit, ils sont au match sans dépenser de l’argent pour «le produit LFC», comme l’a identifié Ian Ayre le directeur commercial.

L’ouvrage se conclut sur la croisée des chemins, qui attend Liverpool à la fin de la saison 20082009 : une certaine frilosité tactique, conduisant à de frustrants matchs nuls à domicile, a coûté le titre et a fait passer le rapport de force avec MU de 19/17 à 18/18 au plus grand plaisir de «Bacon face» (aka Sir Alex). Deux modèles sont envisageables pour la saison suivante : Ferguson 1992 ou Houllier 2002 ? Cantona ou Diouf ?

Dix-huit mois après, tout supporter de LFC peut malheureusement constater quelle voie a été prise par le club même si cela ne l’empêchera pas de toujours chérir ses «Redmen»… \ \ \ RAFA LA BAMBA LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

William Beveridge «Billy» Liddell est né le 10 janvier 1922 en Townhill près de Dunfermline, donc écossais comme Shanks. À l’âge de 15 ans, alors qu’il jouait pour Lochgelly Violet, il fut repéré et recommandé par Matt Busby – un autre célèbre Scottish, qui évoluait à cette époque à Liverpool en tant que joueur avant de devenir ce fameux manager de Manchester United après la seconde guerre mondiale.

- 16 -

Juin 2011 - n°9


Billy arriva à Liverpool en juillet 1938 et neuf mois plus tard, signa un contrat professionnel, pour y faire toute sa carrière. Avant de signer pro au club, il fut embauché comme comptable à la Simon & Jude Webb à Liverpool. Ses parents avaient mis une clause dans le contrat pour que Billy soit autorisé à poursuivre ses études parce qu'ils voulaient que leur garçon ait quelque chose si cela n'avait pas fonctionné. Il fut le seul joueur de Liverpool à occuper deux emplois. Mais la seconde guerre mondiale éclata et il fallut attendre 6 ans pour voir les débuts officiels de Liddell sous le maillot rouge. Durant la guerre, il s'enrôla au sein de la Royal Air Force en tant que navigateur, et comme beaucoup de footballeurs professionnels, Billy essaya de jouer autant de matchs que possible au cours de la guerre. Il fit desapparitions pour Chelsea, Linfield, Cambridge Town, Toronto Scottish et Dunfermline. Il joua son premier match non officiel avec Liverpool et marqua son premier but lors du Nouvel An 1940, contre Crewe lors d’une victoire sans appel 7-1.

Il fit aussi ses débuts internationaux pour l’Ecosse contre l'Angleterre à Wembley en 1942. Ses coéquipiers furent entre autres… Bill Shankly et Matt Busby. Ces caps internationaux pendant la guerre ne seront pas pris en compte lors du bilan de sa carrière. Billy représentera aussi deux fois la Grande-Bretagne contre l'Europe, en 1947 puis en 1955, lorsque Liverpool jouait en 2e division, ce qui démontre la qualité du joueur. Seuls Billy et Stanley Matthews réussiront à être choisis pour jouer ces deux matchs, autre preuve de sa valeur. Apres la guerre il retourna à Liverpool pour faire ses débuts officiels. Il manqua pourtant la pré-saison car il était toujours dans la Royal Air Force. Liverpool joua déjà deux matchs quand il fit ses débuts. Ce fut pour la victoire contre Chelsea sur le score de 7 à 4… où il marqua deux buts. «Flying Scotsman» joua un rôle prépondérant, inscrivant 7 buts en 35 matchs et remportant au final le 1er championnat de l’après-guerre, le 5e de l’histoire du club au côté d’un autre joueur qui allait aussi prendre part au destin de LFC, Bob Paisley, mais ça c’est une autre histoire…

Cela sera sa seule ligne au palmarès, car ce titre ne sera pas suivi par d’autres et ce, malgré quelques promesses durant les saisons qui suivirent - il fut donc malheureusement de l’équipe qui a perdu la finale de la FA Cup en 1950 face à Arsenal (les fans devont attendre 15 ans de plus pour voir leurs favoris lever la 1ère Cup de l’histoire du club sous la houlette de Bill Shankly, Liddell étant déjà retiré depuis 4ans), qui constitua aussi le 1er match du club dans le temple de Wembley - cela se termina presque toujours en milieu de tableau, avant finalement d'être relégué en 1954, et de mettre fin à 49ans de présence dans l’élite. LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

Evoluant principalement au poste d’ailier gauche, sa polyvalence lui permettra de jouer facilement sur l'aile opposée ou au poste d'attaquant. Liddell était devenu célèbre pour ses qualités athlétiques et techniques que furent sa force physique, ses accélérations tranchantes, ses tirs puissants et précis, et son attitude emprunt de professionnalisme et de bonne conduite sur le terrain.

Une réputation telle qu’il recevra des sollicitations de la part de dirigeants venus du championnat de Colombie qui avaient pour projet de créer The SuperLigue Mondiale des clubs avec les plus grands joueurs de la planète, où évoluera un certain DiStefano. Il reçut donc une offre alléchante de £2000 pour aller exercer son métier en Amérique du Sud. S’il l’envisagea sérieusement un temps, l'international écossais déclinera poliment la proposition compte tenu du jeune âge de ses deux fils jumeaux et de son attachement au club, au grand soulagement de ses fans. Billy Liddell décidera donc de rester à Liverpool, et ce malgré des offres lucratives. Il sera promu capitaine lors de la saison 1955/56, et malgré 115 buts en 2e division dont 33 en 1955-56, ne connaîtra jamais les joies de la montée vers l’élite (le club végètera 7 saisons en D2, de la saison 5455 à 60-61, la promotion sera pour la saison d’après, 61-62). Le 9 novembre 1957, il dépassa le nombre de matchs joués d’Elisha Scott, gardien et légende de l’entre deux guerres, quand il joua son 430e, record qu’il repoussa jusqu’à 537. Ce record restera d’actualité 18 ans jusqu'à ce que Ian Callaghan, son successeur sur le terrain, le dépasse (record de « Callie » avec 857 matchs).

La saison suivante, Billy ne sera plus un premier choix pour la première fois de sa carrière et, un an plus tard, il prendra sa retraite à 39 ans, quand la révolution Shankly était sur le point de prendre son envol. On se dit qu’il est juste dommage que la carrière de Liddell ne coïncida pas avec la présence de Shankly. S'il cela avait été le cas, qui sait l’impact que cela aurait eu ?

Il se retirera en 1961, ayant marqué 228 buts en 534 apparitions toutes compétitions confondus avec LFC, meilleur buteur du club durant huit des neuf saisons de 1949 à 1958, et international écossais à 28 reprises (6 buts). Il reste un joueur qui est toujours tenu en haute estime par les fans plus d'un demi-siècle après l’arrêt de sa carrière, en ayant été seulement spectateur des grandes heures du club. Après sa retraite, Liddell restera dans les sphères du club dans un rôle de secrétaire permanent adjoint, n’ayant jamais eu l’ambition de s’investir côté terrain. Il mourut le 3 juillet 2001, à l’âge de 79 ans, des suites de la maladie d'Alzheimer.

S’il garde une place à part dans le cœur des fans alors qu’il n’a pas écrit les heures glorieuses du

- 17 -

Juin 2011 - n°9


club, c’est justement qu’il s'est fait connaître dans les ténèbres des années 1950, la relégation, et les sorties humiliantes en Cup où le Kop avait peu de raisons de sourire.

Car bien que sa modestie ne lui ait jamais permis de l'admettre, sans Liddell, les Reds auraient bien pu sombrer dans les profondeurs obscures de la troisième division. Et si cela avait été le cas, qui peut dire que le club aurait connu les succès des 60’s aux 80’s, ou tout simplement s’en serait peut être jamais relevé ? Il incarna le club durant les heures difficiles, et on mesure mieux son surnom «Liddellpool».

Intronisé au Hall of Fame du football écossais en novembre 2008, le Liverpool Football Club inaugurera, le 4 novembre 2004, une plaque à Anfield à la mémoire de Billy Liddell, en la présence de Phyllis, la veuve de Billy, Tommy Smith et Ian Callaghan. Vous pouvez trouver cette plaque à l'intérieur du Kop par l'entrée au musée du club.

FERNANDO TORRES :

UN DÉPART EN QUESTIONS PAR

HENRY

CHINASKY

«I will never play for another Premiership club other than Liverpool». Voilà ce qu'a déclaré Fernando Torrès le 7 mai 2010, «The Kid» répondait alors aux spéculations autour de son possible transfert à la fin d'une mauvaise saison de son club Liverpool.

Malgré de nombreuses rumeurs à son sujet lors de l'été 2010, Torres décide donc de rester à Liverpool, réaffirmant son attachement au club et à ses supporters qui l'idolâtrent. Pourtant quelques mois plus tard et lors du dernier jour du Mercato, il signe à Chelsea pour environ 60 millions d'euros. Fernando Torres s'est révélé face à Chelsea, et il s'en va... à Chelsea. La boucle est bouclée comme disent les journalistes... Mais que reste-il du Kid ? Des stats incroyables Arrivé avec l'étiquette du «plus gros transfert de l'histoire du club», Fernando Torres n'a pas déçu. Lors de sa première saison, il inscrit 24 buts en Championnat, ce qu'aucun joueur de Liverpool n'avait réussi à faire depuis Robbie «God » Fowler à une époque où la Premier League avait un niveau bien différent... Le tout avec une pression forte, le statut de plus gros transfert de l'histoire du club, un changement d'environnement complet (de Madrid à Liverpool il y a une sacrée différence)...

On peut y lire : «The great Billy joined Liverpool from Scottish Junior football in 1938. After RAF wartime service he made his League debut in 1946, winning a title medal that season and an FA Cup runners-up medal in 1950. His loyalty, versatility and consistency illuminated Anfield's gloomy era in the old Second Division. His deeds were such that the club was dubbed ‘Liddellpool’. He and Sir Stanley Matthews were the only players to appear in the two Great Britain teams to take the field. Exemplary sportsman, he was never booked throughout his career. He trained only twice a week due to his accountancy work. ‘Billy would be beyond price in any era’, proclaimed his fellow legend Bob Paisley.» \ \ \ CRAZYHORSE LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

Son adaptation se révèle très rapide et il explose lors d'un match en championnat face à Chelsea, en célébrant son but devant les fans, tout le

- 18 -

Juin 2011 - n°9


monde est unanime, ce joueur a quelque chose ! Il effectue alors une saison exceptionnelle, marquant 33 buts toutes compétitions confondues (en 47 matchs).

La saison suivante, Liverpool connaît une des saisons les plus exceptionnelles de ces 15 dernières années et, malgré des blessures, Torres marque 17 buts en tout, il participe activement à plusieurs matchs incroyables : la victoire 4-0 face au Real à Anfield en février et la raclée d'Old Trafford face à Manchester United 4-1 en mars. Il est alors l'un des joueurs préférés du Kop, si ce n'est le préféré !

Seulement quelques temps après son arrivée, une véritable Torres-mania s'est abattu sur Liverpool, cela va des coupes de cheveux aux nombreux produits dérivés. Il remplace même Steven Gerrard comme effigie du club pour certaines affiches publicitaires.

Liverpool connaît ensuite une saison décevante sur le plan sportif et Torres n'est pas épargné par les blessures. Ses statistiques n'en restent pas moins impressionnantes : il marque 22 buts. L'été qui suit cette décevante saison 2009-2010 est marqué par le départ de Benitez, en poste depuis 2004 et son remplacement par Roy Hodgson, mais aussi par d'importantes rumeurs sur l'avenir du «Kid». Il décide de rester. Ses performances sont à l'image de Liverpool, mauvaises. Un changement de coach en cours de saison, chose rare à Liverpool, arrive. Le retour de Kenny Dalglish sur le banc à la place de Roy Hodgson. Voilà un signe fort de la part des nouveaux propriétaires. De quoi rassurer Torres sur les ambition du club, car depuis quelques temps il réclame des investissements pour renforcer l'équipe, tout en soulignant son attachement au club. Son attitude depuis la reprise de la saison semble changée. Il n'a plus la même détermination, ni la même habileté à scorer. Tout d'abord, ce comportement trouve certaiLFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

nes justifications. Un été compliqué : la Coupe du Monde, une nouvelle blessure... Mais peu à peu, le constat est évident : Torres n'a plus la tête à Liverpool, il est ailleurs. Il marque peu, rate certaines occasions qu'il n'aurait sans doute pas manquées auparavant. Le 23 janvier, il signe un doublé face à Wolverhampton. Le «Kid» est de retour, le match suivant face à Fulham, même s’il ne marque pas, il manifeste plus d'envie sur le terrain, de plus son état physique semble être de mieux en mieux. Cependant, les rumeurs d'un départ vers Chelsea reviennent dès le lendemain. Durant les deux jours qui suivent, tout s'emballe littéralement, on compte autant d'idées sur l'avenir du striker des Reds que de sites internet consacrés au football. Tout redmen est alors comme «suspendu», restera-til ? Est-ce un bluff pour voir son salaire revalorisé comme pour Rooney ? Oui, c'est cela, Torres ne peut pas partir, ou alors pas avant la fin de la saison... Un départ cet hiver ne lui ressemblait pas, voilà ce qu'avait en tête la grande majorité des fans vendredi en début de soirée. Et pourtant samedi matin très tôt, le site officiel de Liverpool annonce que Torres, oui Torres, a bien adressé une demande de transfert au club. Tout le peuple red tombe de haut, très haut.

Mais rapidement il se souvient, Gerrard par le passé a failli partir lui aussi à Chelsea. Les footballeurs, si exceptionnels qu'ils soient sur le terrain, sont aussi des êtres humains, comme nous. Ils subissent de grandes tentations et, au bout du compte, ils sont peu nombreux à résister. Torres est parti, vive Torres ?

Malgré un départ assez inattendu, Torres ne laisse pas un vide à Liverpool. En effet, le club a recruté deux jeunes joueurs : Andy Caroll, grand espoir du football anglais, et Luis Suarez, l'une des révélations de la dernière Coupe du Monde (le handball était déjà à la mode...). La ligne d'attaque de la Red Army semble alors bien fournie pour finir cette saison assez chaotique.

Mais en ce qui concerne le ressenti, ce rapport si intense entre les fans et les joueurs, que reste-t-il du «Kid» ? Dès l'annonce fracassante de sa volonté de partir, puis celle de sa destination, une partie des fans a bondi, et il est difficile de leur en vouloir, contre ce «traitre». Si son choix de club est assez discutable pour tout fan de Liverpool, il a néanmoins certaines raisons, comme arriver dans une équipe qui dispute la Ligue des Champions et, bien sûr, une revalorisation salariale conséquente.

- 19 -

Juin 2011 - n°9


JE

Mais on peut alors s'interroger sur ce qu'il restera des années de Fernando Torres passées à Liverpool ? Il est peut-être trop tôt pour le dire mais globalement deux tendances se dégagent.

NE MARCHERAI

JAMAIS SEUL

(ACTE 1) PAR

JEPIGEPO

J’ai 15 ans, je m’endors ce soir et je rêve… je foule le gazon d’Anfield... vêtu de Rouge… Kevin est là et me salue… Ce rêve-là, qui ne l’a pas fait… ?

La première est celle du rejet. Un certain dégoût pour un départ qui ressemble à tout ce que détestent les supporters : déclarations ambiguës, choix d'un club détesté, etc. Certains arrachent leur flocage Torres sur leur maillot du «Kid». Les forums s'agitent et globalement un message clair se dégage : «Merci de nous avoir mentis et dupés, le club est plus fort que tout (ce qui est bien sûr vrai), bon vent !»

La seconde arrivera sans doute plus tard, il s'agit d'un lyrisme certain, une vision romantique qui va au-delà des événements de ces derniers jours. A grand coups de montage youtubesques, elle montre les années Torres. C'est à partir de là que revient une image forte, celle d'un joueur qui a changé Liverpool ces dernières années, qui a grandement contribué au développement de son image. Car il faut bien le dire, même si cette image est ternie en raison des évènements de ces derniers jours de janvier, Fernando Torres était une sorte de porte-drapeau, d'étendard que pouvaient brandir les supporters de Liverpool à la face du monde en chantant la fameuse «Torres-song» et clamant : «nous avons l'un des joueurs les plus populaires du monde ! Il est à nous !» Cette vision sera surement celle de ceux qui ont appris à aimer Liverpool avec «El-Nino», ceux qui auront bien du mal à se remettre de son départ.

Mon Liverpool est naît en 1977, comme nombre d’anciens du forum. '77 pour les plus jeunes, les téléphones portables se trouvaient au rayon science fiction, Internet sentait le roman d’Orwell, la télévision ne comptait que 3 chaînes nationales. 1977, j’avais 15 ans.

Liverpool représentait à mes yeux un port lointain, incapable de le situer sur une carte, la patrie des Beatles... et ça s’arrêtait là. Le LFC, jamais entendu parler. Alors Everton... ! Fils d’ouvrier italien, le seul foot admis à la maison : le Calcio et la Juventus. Donc en cette année 77, je suivais le peu de matchs retransmis. A 15 ans, on ne choisit pas ses programmes TV. Enfin pas chez moi, avec un père supporter de la Vieille Dame. Puis vint le miracle stéphanois, le chaudron vert !

Je vous le dis, du LFC, j’ignorais tout, alors lorsque je découvris des Thompson, Neal, Smith, cela fleurait le nom d’emprunt. Puis un lutin sur le terrain. Un mec tellement doué techniquement, avec une vision du jeu tellement surnaturelle. Monsieur Kevin Keegan !! Scotché à l’écran, incapable de détourner les yeux ne serait-ce une seconde de ce spectacle.

Comme le rappelle si bien cette histoire de transfert, pour un supporter c'est le club qui compte, les joueurs passent, le club reste.

Dès dimanche, Fernando Torres aura l'occasion d'affronter ses anciens coéquipiers, nul doute que l'accueil sera réservé voire hostile. Les fans des Reds présents à Stamford Bridge auront l'occasion de montrer leur nouvelle version de la Torres-song et les fans des Blues la leur (n'est-ce pas Ludo ?). Et si Fernando Torres avait aujourd'hui plus d'importance dans les tribunes que sur le terrain ? Réponse à Stamford Bridge ! \ \ \ HENRY CHINASKY LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

Aussi loin que je me souvienne, c’est bien la seule fois où je suis passé du Vert au Rouge sans l’orange. Ce jour-là, ce quart de finale 77, je me suis mis à rêver de ce club, et ce rêve dure toujours. Fin de l’année 77, une seule chose en tête : revoir Liverpool !

- 20 -

Juin 2011 - n°9


D’un côté je faisais parti des privilégiés. Certes le foot anglais ne trouvait que rarement sa place sur nos chaînes nationales, mais habitant près des frontières, je captais les émissions belges et allemandes, moins avares sur le championnat anglais.

des 476 chaînes mises à disposition via les satellites? Pas de problème, la SMS Letter est là…

Non pas que je sois contre ce progrès, car j’en profite également, mais cela atténue la préciosité d’un déplacement à Anfield… 31 ans, j’ai patienté, 31 ans pour entrer dans le temple… j’ai pleuré en me retrouvant devant ce stade, juste devant ce lieu mythique, juste en pénétrant dans l’enceinte… je me rappelle m’être éloigné du groupe pour laisser couler mes larmes… je levais les yeux et tout mon passé défilait... Keegan... Dalglish... tous mes rêves prenaient forme. Me suis effondré assis dans le Kop. Me suis relevé pour soutenir une banderole déployé par des Scousers, ignorant totalement le message inscrit, en pleurant et pleurant encore… 31 ans de larmes, d’ émotions contenues (je me souviens très bien ne pas avoir été le seul à verser ces larmes, mais comme moi, il s’agissait d’un «vieux»… désolé d’avoir oublié ton prénom). Je n’ai jamais pu chanter le YNWA; trop d’émotions, une boule dans la gorge. 31 ans de rêve, d’attente, d’espérance, à pouvoir enfin hurler comme les autres supporters. Sur le forum, beaucoup n’ont pas encore atteint l’âge de 31 ans. Cela représente une vie pour eux ! Alors vous les jeunes, vous les impatients, vous les nantis de cette évolution informatique, vous qui parfois vous permettez le luxe d’assister à telle ou telle rencontre, vous qui vous exprimez sur ce forum, pensez-y !

Ma passion s’amplifia au fil des matchs, au fil du temps. Pas facile de se tenir au fait d’un championnat étranger lorsque vous habitez en pleine campagne française, où les journaux anglais sont impossibles à dénicher. Mon premier maillot de Liverpool, mon père me l’offrit le jour de mon anniversaire.

Cela paraît si simple, désuet aujourd’hui. Il avait fait venir ce trophée directement d’Angleterre par un copain routier. Dans ma campagne, les magasins de sport ne poussaient pas comme des champignons avec leurs étalages de maillots du bout du monde. Un maillot tout simple, juste rouge, avec son Liverbird. Les flocages et autres patchs n’existaient pas. Ce maillot je l’ai porté pendant de très longues années, je l’exhibais fièrement comme tout môme de 15 ans se prenant pour Keegan. Je dormais avec par moment… 77 jamais je n’oublierai. Aujourd’hui tout paraît facile. Acheter un maillot, simple comme un clic, le flocage, tu as le choix, personnalisé à loisir… trouver un billet pour Anfield, 3 ou 4 mails vers la French Branch et le tour est joué. S’organiser un séjour à Liverpool, les compagnies aériennes low-cost sont là, un souci sur une réservation d’hôtel, un choix de visite, une traduction, la French Branch vous répond. Tu ne peux pas suivre un match en direct sur une LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

Remerciez Ant (sans oublier «Chairman Georges») et tous ces membres de la French Branch, qui vous rendent ces déplacements si faciles, qui se décarcassent pour maintenir le forum actif et faire vivre notre passion, parce que sans eux, vous seriez encore en 1977 !

J’ai près de 50 ans. Je m’endors ce soir et je rêve… je foule le gazon d’Anfield… vêtu de Rouge… Jamie est là et me salue… Mon rêve ne s’effacera jamais. Il continue... \ \ \ JEPIGEPO

- 21 -

Juin 2011 - n°9


JE

NE MARCHERAI JAMAIS SEUL (ACTE 2) \

PAR

BVA

Je m'en souviens comme si c'était hier. Le 3 mai 2005, puis le 25. Depuis mes sept ans, je suis passionné par le football. Ce 3 mai, j’en ai quatorze, bientôt quinze. Jusqu’ici, le football pour moi se résumait au terrain, au jeu. Depuis sept ans, mon cœur bat pour un club français, dont je tairai le nom, car le sujet n’est pas là. Il est 20h50 et des brouettes, j’arrive en retard pour le match. Ce soir là, c’est la demi-finale retour de la Ligue des Champions, qui oppose Liverpool à Chelsea. Au match aller, à Stamford Bridge, les deux formations se sont quittées sur un match nul, zéro à

zéro. Tout va donc se jouer à Anfield. Accélérons un peu la soirée. Coup de sifflet final. J’ai pris une claque, littéralement. Le stade explose. Le stade hurle sa joie, chante. Un chant que je ne connais pas à ce moment. Je me précipite alors sur l’ordinateur de la maison, pour me renseigner. Ce chant s’appelle You’ll Never Walk Alone. Je comprends alors que le football ne se limite pas à vingt-deux joueurs, trois arbitres et un terrain. Non, c’est bien plus que ça. Pour la première fois, j’ai compris ce qu’était la ferveur autour d’une équipe. J’ai compris qu’un simple match de football pouvait déchainer les passions. Les joueurs, dont Steven Gerrard, qui applaudissent ce stade et ce Kop. C’était magnifique. Trois semaines plus tard, hors de question pour moi de manquer l’entrée des joueurs. Entre temps, j’ai compris et appris les paroles de ce LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

chant. Je suis fin prêt pour la finale de la Ligue des Champions. Liverpool–Milan. Ma soirée va d’abord tourner au cauchemar. Quelques secondes de jeu suffisent à Maldini pour ouvrir le score. L’arbitre siffle la mi-temps sur le score de 3-0 pour les Milanais, qui fêtent déjà un titre pas encore acquis. Un match de football dure 90 minutes, et j’y crois encore. Puis vient ce coup de tête, par Steven Gerrard, qui catapulte le cuir dans les filets de Dida. C’est à ce moment que Liverpool est vraiment rentré dans ma vie. Je me suis levé, totalement envouté par l’âme de cette équipe. La suite, vous la connaissez. Baros qui effleure le tir de Smicer, Alonso qui transforme un pénalty. 3-3 après 90 minutes. Prolongations, tirs au but. Liverpool mène la séance 3-2 avant l’arrivée des cinquièmes tireurs. Schevchenko ne marque pas, c’est fini, Liverpool remporte sa cinquième coupe aux grandes oreilles. Et je suis ravi, je saute partout.

De ce jour à aujourd’hui, j’ai fouillé le net pour apprendre l’histoire de ce club. Qui était Bill Shankly, qu’était Hillsborough, le Heysel, et tant d’autres personnalités ou faits qui ont écrit la légende. A l’heure où j’écris ces quelques lignes, j’ai vingt ans et je ne suis pas comme les autres jeunes de mon âge. Ce que je souhaite le plus au monde, ce n’est ni une chérie, ni réussir mes études, ni trouver un p’tit boulot, ni avoir une voiture, ce n’est pas non plus le tout nouvel appareil d’Apple. Non, ce que je souhaite le plus au monde, c’est pouvoir vivre une fois cette passion de l’intérieur, chanter fièrement cet hymne dont les initiales sont gravées à jamais en moi. Ce n’est pas un simple rêve, c’est bien plus. Ce que je souhaite plus que tout au monde aujourd’hui, c’est vivre un match à Anfield. Et qu’importe le reste.

- 22 -

\ \ \ BVA

Juin 2011 - n°9


THE

PEPE : « BOLD » HERO PAR

BUGSY

Le 6 décembre 2010 était un jour particulier à plus d’un titre pour les Reds. Ce soir-là, Gérard Houllier, artisan du renouveau du Liverpool Football Club dans les «noughties», revenait pour la première fois à Anfield en tant que manager d’une équipe adverse – Aston Villa en l’occurrence. Mais ce même soir, Pepe Reina, gardien emblématique des Reds depuis cinq ans, écrivait sa propre page dans l’Histoire du club, en atteignant 100 «clean sheets» en 198 matches, suite à une tranquille victoire 3-0 aux dépens des Villans. Pepe, capitaine en l’absence de Jamie Carragher et Steven Gerrard, battait ainsi le record du légendaire Ray Clemence. C’était là l’aboutissement d’un long chemin parcouru par le portier espagnol chez les Reds, un chemin certes semé d’embûches, mais sur lequel Pepe a toujours fait preuve d’un enthousiasme et d’un professionnalisme sans bornes ! Barça Hours

José Manuel Reina Paez naquit le 31 août 1982 à Madrid. Son père, Miguel Reina, est un ancien gardien de buts international, qui a officié sous les couleurs du F.C. Barcelone et de l’Atletico Madrid. Très tôt, le petit José suit les traces de son père : il est d’abord inscrit à l’école de Football «Madrid Oeste», avant de rejoindre, à 13 ans, la fameuse Masia du F.C. Barcelone. Dès lors, il s’impose dans les choix de Albert Benaiges, coordinateur des équipes de jeunes, grâce à sa précocité et à un potentiel énorme. À la même époque, un autre

jeune gardien, ancien pensionnaire des petites classes du Barça, rentre des îles Canaries avec sa famille : Victor Valdès. Une longue et saine rivalité commencera entre les deux garçons au sein de la Masia. En 1997, Frans Hoek, qui est toujours au club, est désigné entraîneur des gardiens. Il teste les jeunes gardiens pour se faire une idée de leur LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

valeur. «J’eus immédiatement le sentiment que ces deux garçons avaient le potentiel pour s’imposer en pro», rappelle-t-il lors d’une interview sur timesonline. «Ils n’avaient tous les deux que 15 et 16 ans, mais il n’y avait pratiquement pas de différence entre les deux, ils étaient très bons». Les deux gardiens alternent donc dans les buts de l’équipe de leur catégorie, et font une superbe saison à l’issue de laquelle l’équipe ne déplore qu’une seule défaite. En conséquence, Llorenç Serra Ferrer, directeur du football du club, demande à Benaiges de désigner un jeune gardien à promouvoir. «C’était une décision impossible à prendre», rapporte Benaiges. La rivalité permit aux deux joueurs d’être très compétitifs, et ainsi de jouir d’une bonne émulation.

Finalement, Reina est promu dans l’équipe réserve, le F.C. Barcelone B, à 17 ans. Quelques mois plus tard, il accède à l’équipe A, après que Dutruel et Arnau se sont tous les deux blessés en l’espace de cinq jours seulement. Il y retrouve… Victor Valdès qu’il supplantera au poste de numéro 1. En effet, il est soumis le soir même de son inclusion dans l’équipe A à l’épreuve du feu : il est gardien titulaire lors du match contre le FC Bruges en coupe de l’UEFA, sous le regard des impitoyables spectateurs du Camp Nou. Le jeune Reina ne s’en sortira pas trop mal, n’encaissant qu’un seul but. La rencontre débouchera sur un match nul suffisant pour la qualification du F.C. Barcelone pour le quatrième tour de la compétition. Le Barça continuera son périple jusqu’en demi-finales, où il se fera éliminer par un club qui nous est plutôt familier : le Liverpool F.C. qui renaissait en Europe. De façon doublement ironique, Pepe se fera éliminer par son futur club, en encaissant un pénalty – exercice qui plus tard deviendra sa grande spécialité. Mais ce jour là, le tir létal de Gary Mac ne lui laissa aucune chance… Puis vint l’époque où les entraîneurs valsaient sur le banc barcelonais. En trois ans, le club eut quatre entraîneurs différents. Cette instabilité impliqua la valse des titulaires au poste de gardien de but : Vitor Baia, Ruud Hesp… Le retour de Van Gaal au club sera décisif : il altèrera complètement la hiérarchie. Une offre arriva de Villareal pour Valdès en 2002, le club catalan refusa et proposa à la place Reina en prêt. Notre portier y fit de telles étincelles que l’option d’achat adjointe au prêt fut vite levée. Pepe continua d’évoluer

- 23 -

Juin 2011 - n°9


de façon constante, et effectua une saison 2004/2005 complètement folle avec le «Yellow Submarine», réussissant à arrêter sept coups de pied de réparation sur neuf, ce qui l’assit définitivement comme un spécialiste de cet exercice. C’est alors qu’il tapa dans l’œil d’un entraîneur fraîchement sacré champion d’Europe, Rafael Benitez, qui cherchait à trouver une bonne alternative à un Jerzy Dudek certes héroïque le soir du 25 mai 2005, mais tout à fait irrégulier. Rafa le recrute dès l’été 2005, le présentant comme «le meilleur gardien d’Espagne». Off the record

Pepe dispute sa première rencontre lors d’un match de troisième tour de Ligue des Champions disputé contre le TNS FC, alors auteur d’un doublé coupe-championnat au pays de Galles. Le match est facilement remporté par les Reds, grâce à un triplé de Steven Gerrard. En août 2005, Reina décroche sa première sélection nationale, lors d’une victoire 2 à 0 en amical contre l’Uruguay. À partir de là, le portier espagnol prend l’habitude de battre des records. Dès décembre 2005, à l’occasion d’un match contre Wigan, il garde sa cage inviolée pour la sixième fois consécutive, battant ainsi le record de David James qui datait de la saison 96/97. Cette série continuera, et il établira ainsi de nouvelles références : 8 clean sheets en Ligue – série qui s’arrêtera lors du Merseyside Derby de décembre 2005 – et 11 clean sheets toutes compétitions confondues, avant d’encaisser un but contre le Mineiro de Saõ Paulo en Coupe du Monde des Clubs.

Le 13 mai 2006, le Liverpool F.C. dispute la finale de la plus vieille compétition du monde, la F.A. Cup. Ce jour-là, Reina rate complètement son match : il encaisse d’abord un but imparable contre son camp d’un Carragher très peu inspiré. Ensuite, sur un tir anodin d’Etherington, il relâche inexplicablement le ballon sur Dean Ashton, qui n’a plus qu’à pousser le ballon dans les filets. Il boira le calice jusqu’à la lie, encaissant un lobe, certes superbe, mais tout à fait négociable, de Paul Konchesky, qui allait rejoindre les Reds quelques années plus tard. Ces regrettables erreurs furent heureusement rattrapées grâce, notamment, à un but de Djibril Cissé, mais surtout grâce à un Steven Gerrard d’une classe immense qui inscrivit un doublé. Les équipes disputèrent ainsi les prolongations sans se départager, et on atteignit l’épreuve fatidique des tirs aux buts. Là, Pepe laisse pleinement s’exprimer son don pour cet exercice : il arrête d’abord le tir de Bobby Zamora d’une manchette rageuse ; puis, confronté à nouveau à Konchesky, il s’impose cette fois-ci, et parachève l’œuvre en détournant le dernier tir d’Anton Ferdinand. Reina se rachète ainsi, et remporte son premier –et seul, à ce jour – titre sous le maillot Red.

Spot-King

Pepe continuera à enchaîner les coups d’éclat : dès avril 2016, il assure un clean sheet contre les Rovers de Blackburn pour son cinquantième match, et devient le gardien Red qui a le moins encaissé de buts en autant de parties disputées. En fin de saison, il décroche le «Golden Glove», récompense qui couronne le gardien qui a totalisé le plus de clean sheets de la ligue. Récompense qu’il remportera d’ailleurs les deux saisons suivantes. LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

La saison 2006/2007 voit Reina définitivement assis comme gardien de but titulaire du club, après que le héros d’Istanbul, Jerzy Dudek, certes très peu aidé par Peltier, Paletta et Hyypiä, eut concédé neuf buts en F.A. Cup et Carling Cup, dans la même semaine, face à Arsenal. Cette saison-là, Liverpool progresse en championnat et doit, comme lors de la campagne de 2005, vaincre le Chelsea F.C., pour accéder à la finale de la Ligue des Champions. Lors du match aller, les Reds s’inclinent par la plus petite marge, mais Pepe délivre une copie époustouflante, empêchant à deux reprises Frank Lampard d’aggraver le score sur des tirs à bout portant. Lors du match retour, il parvient à garder ses cages inviolées, et ainsi, valoriser le but de Danny Agger qui mène les deux équipes aux tirs au but. Et une fois de plus, il se met en évidence en stoppant les tirs de

- 24 -

Juin 2011 - n°9


Geremi et Robben. Les Reds atteignirent ainsi la finale de la compétition. Reina suivait les traces de son père qui était parvenu à ce niveau avec l’Atletico Madrid en 1974, et fut ainsi le troisième joueur à avoir connu cette situation, après Paolo Maldini et Manuel Sanchis. Malheureusement, les Reds allaient perdre la finale de 2007 à cause d’un Filippo Inzaghi cruellement réaliste… Cette défaite ne freine pas Pepe, au contraire, il continue sur sa lancée et, en février 2008, il devient le gardien de Liverpool qui aura atteint le plus rapidement la barre des cinquante clean sheets.

S’ensuit une très bonne saison 2008/2009, lors de laquelle les Reds manquent de très peu le titre. La saison suivante sera moins glorieuse, le club étant plongé dans une atmosphère administrative complètement irrespirable. Malgré tout, Pepe, le plus «scouser» des étrangers du club d’après Jamie Carragher, décide de prolonger son bail à Anfield pour six saisons supplémentaires, déclarant qu’il ne voyait aucune raison de quitter le club. Des propos qui tout de même ont été nettement pondérés après le début de saison catastrophique et une prétendue mésentente avec Roy Hodgson, qui pousse Reina à déclarer qu’il ne ferme pas la porte à un éventuel départ. At the end of the storm…

Le poste de gardien étant très ingrat, Pepe Reina reste l’un des meilleurs à un poste très exposé, où on n’est jamais à l’abri d’une petite faute de main, ou d’une sortie hasardeuse – son principal point faible, d’ailleurs. Il fait ainsi partie de l’actuelle génération dorée espagnole, championne du monde et d’Europe. Si en 2008 il dispute un match lors de la campagne européenne de la Furia Roja, en 2010, il ne jouera pas un seul match, même si Casillas lui attribue tout le mérite pour un pénalty crucial qu’il sauve contre le LFC French Branch - www.liverpoolfrance.com

Paraguay, en suivant les conseils d’un Reina qu’il décrit comme un «phénomène». Toutefois, à la fin de chacune des deux compétitions, Pepe assure le «show» et amuse l’Espagne et le monde, démontrant une fois encore l’importance de son caractère fédérateur dans le vestiaire espagnol, longtemps miné par des conflits régionaux. De même, à Liverpool, il est salué pour son impressionnante capacité d’adaptation, son esprit de leader, son coté boute-en-train très positif, s’imposant définitivement comme un potentiel capitaine de l’équipe – Roy Hodgson lui confie d’ailleurs le brassard pour la première fois en Europa League face au Steaua Bucarest, en l’absence de Gerrard et Carragher. Malgré toutes ses qualités, il a le malheur d’être de la même génération qu’Iker Casillas, gardien exceptionnel qui fait preuve de plus d’assurance que le portier Red, même si la confrontation en huitièmes de finales de Ligue des Champions en 2009 avait tourné à l’avantage de Pepe – il faudrait tout de même rappeler qu’un Casillas de grande classe avait limité les dégâts lors du match retour à Anfield, empêchant son équipe d’encaisser plus de quatre buts. On peut aussi regretter le fait que son palmarès chez les Reds ne soit pas plus fourni, et que son talent ne soit pas récompensé à sa juste valeur. Espérons qu’il fera partie intégrante du renouveau «liverpudlien» promis par les nouveaux dirigeants, et qu’il continuera à enrichir sa page personnelle de

l’histoire du club, pour le plus grand bonheur de l’équipe et des fans, en réalisant ce qu’il sait faire de mieux : battre des records… \ \ \ BUGSY

RED POUR TOUJOURS

LIVERPOOL FRANCE 10 rue Jules Verne, 93400 St Ouen - France Email : info@liverpoolfrance.com Directeur de la publication : Ant Directeur de la rédaction : Rodo Mise en page : Fencerdam

- 25 -

Juin 2011 - n°9

RPT No. 9  

Le 9e newsletter de la French Branch de supporters de Liverpool FC, par les fans pour les fans !

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you