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13 FÉVRIER AU 13 MARS 2014 // VOLUME 58, NUMÉRO 08

WWW.JOURNALINTERET.COM L’INTÉRÊT - HEC MONTRÉAL

LE JOURNAL DES ÉTUDIANTS DE HEC MONTRÉAL


Édito//

SOMMAIRE L’INTÉRÊT AFFAIRES - Les théories économiques - Fuite des talents

L’INTÉRÊT DÉVELOPPEMENT DURABLE - Live in this protected Bulle

DOSSIER SPÉCIAL ÉCHANGES - 3 étudiants à l’étranger - Concours photo HECHANGE - Témoignage d’une finissante - 5 Questions, 3 Exchange Students

SAOUD MAHERZI

saoud.maherzi@hec.ca

L’INTÉRÊT ÉTUDIANT - Gestion et innovations sociales à HEC - MAP: un nouvelle ONG

Aujourd’hui, je suis le seul infâme dans l’édito. Et j’ai la nostalgie du racisme. Cette haine viscérale qui ronge les âmes humaines, frileuses de différence, avares de prêter leur terre, qu’ils ont volé un soir de Thanksgiving, ou une nuit de Pâques. J’ai la nostalgie de la rage, du combat homérique de ces nationalistes. Mais merde! Où sont-ils ces « bougnoules », ces « youpins », ces « tantouses », et ces « sales noirs »? Où sont ces actes providentiels qui inspiraient des Martin Luther King, des Malcolm X, ou des Gandhi? Ces puretés de races ne sont-elles qu’utopies sorties tout droit d’un Mein Kampf? Il semble que oui. Et c’est dégueulasse. Pourquoi ne puis-je plus m’indigner? Ce serait un si beau sujet que de discuter d’un assassinat au mobile raciste. Un noir tué par un blanc sur le Plateau, un blanc tué par un arabe à Jean Talon. Non, plutôt, cette humanité que je conchie préfère accorder des droits à toutes ces différences abjectes. Mariage pour tous, laïcité, et égalité hommes-femmes. Il faut que je paye un billet 4000 piastres pour pouvoir être témoin d’une discrimination, ou d’un apartheid à ciel ouvert. En Arabie Saoudite. Ou en Israël (Oui, il fallait que je la glisse, celle-là). Sur quoi vais-je écrire? On apprend même aux chats et aux chiens à s’entendre. Mais quelle idée! Dans quelles immondices allons-nous tremper notre plume, nous, pauvres journalistes, pour vous faire écouler des sang d’encre? Que j’aimerais être en Alabama, dans les années 60. Sous les lois Jim Crow, pouvoir écrire pour le New York Times, et raconter sur des pages et des pages des faux procès, des pendaisons, de sales exactions. Au lieu de ça, l’ONU fait régner la paix, dit-on. Mais la paix, ça ne fait pas vendre. Heureusement, il y a encore l’Afrique. La famine, les guerres civiles, les amputés et les milices. Une muse pour tout journaliste qui se respecte. C’est pour cela, peut-être, que le FMI refuse de lui accorder des mesures trop efficaces, histoire de ne pas faire s’effondrer le milieu journalistique. Bref, pour m’apaiser, je vais me faire une coupe afro.

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L’INTÉRÊT TECHNO

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- Ludos / Omniprésence des écrans

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L’INTÉRÊT CULTUREL

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CRÉDITS Journal L’Intérêt HEC Montréal 3000, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Local RJ-781, Montréal, (Québec), H3T 2A7 | tél. : 514 340-6105 COMITÉ EXÉCUTIF Présidente : Catherine Lavery | VP Interne : Sébastien Keita | VP Externe : Victor Lheritier | VP Ventes : Erwan Leguennou | Webmaster : Clara Migeot | Illustrateur : Melki Melgarejo | Photographe : Andréa Monguilod | Graphistes : Antoine Delacressonnière (antoine@lemonadeagency.ca), Catherine Lavery COMITÉ RÉDACTIONNEL

Rédacteur en chef : Flavien Iszurin & Saoud Maherzi | Chef de pupitre-Politique : Sebastian Keita | Chef de pupitre-Culture : Maryse Boulos | Chef de pupitre-Environnement : Jérome Côté Blanc-Collomb | Chef de pupitre-Vie étudiante : Guillaume Charron | Chef de pupitre-Affaires : Jean-Louis Paya | Correctrice : Julie Salomon Journalistes : Violaine Rollin, Victoire Louis, Romain André, Audrey Taillefer, Saoud Maherzi, Flavien Iszurin, Guillaume Charron

Contributeurs : Ermita Passana, Victor Lhéritier, Jean-Louis Paya, Sarah Pelzman

Imprimeur : Hebdo Litho | Distributeur : Chad Ronalds Pour la rédaction : saoud.maherzi@hec.ca et/ou flavien.iszurin@hec.ca Pour la publicité : redaction.interet@hec.ca L’Intérêt est le journal des étudiants de HEC Montréal et il est publié par l’AEHEC. Il est membre de la Presse universitaire canadienne et du University-Wire. L’Intérêt est un journal d’opinion et, à ce titre, n’est pas tenu de présenter des articles neutres et impartiaux. Le contenu de ce journal est indépendant de la direction de HEC Montréal et des associations étudiantes. Les textes n’engagent que l’auteur et ne reflètent en aucun cas l’opinion de l’École, de l’AEHEC ou des autres collaborateurs du journal. Le matériel contenu dans L’Intérêt peut être reproduit avec mention de la source. Nous avons adopté dans ces pages la majeure partie des rectifications orthographiques recommandées par l’Académie française.

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L’iNtÉRÊt AFFAiRES//

LES THÉORIES ÉCONOMIQUES NE SONT PAS DES RÈGLES ABSOLUES :

JEAN-LOUIS PAYA

jean-louis.paya@hec.ca

Je discutais avec un étudiant de HEC du principe de concurrence pure et parfaite. En utilisant ses connaissances des 3 cours de base d’économie, il affirmait que dans un contexte de concurrence pure et parfaite, le marché tendait naturellement vers sa situation d’optimum. Cela maximisait le bien-être de la société. Mais comme le gouvernement veut satisfaire aux électeurs, est victime de la corruption, il intervient dans l’économie, impose des quotas de fabrication, fixe des prix qui nous éloignent de la situation d’équilibre et font diminuer le bien-être de la société. Conclusion : les pouvoirs de l’état devraient être très limités et nous devrions laisser la pure concurrence faire son travail.

lois. L’entité aurait aussi un pouvoir coercitif pour empêcher que l’on aille à l’encontre des règles, c’est-à-dire pour empêcher le droit du plus fort. On pourrait aussi apparenter cela à la justice et ses différents organes, comme la police. Ce que l’étudiant de HEC n’avait pas réalisé, c’est que le principe de la concurrence pure et parfaite sousentend l’existence d’un système étatique dans son rôle embryonnaire.

En 2010, deux économistes [...] publiaient un article qui affirmait, preuve à l’appui, qu’une dette publique supérieure à 90 % du PiB entraînait une chute importante de la croissance économique. Cette théorie a servi l’idéologie des politiciens européens qui ont cité cette étude pour défendre les mesures d’austérité.

Le deuxième problème est que les économistes peuvent faire des erreurs. Voici un exemple : en 2010, deux économistes, madame Carmen Reinhart (ancienne du FMI) et monsieur Kenneth Rogoff (ancien du FMI, professeur à Harvard) publiaient un article qui affirmait, preuve à l’appui, qu’une dette publique supérieure à 90 % du PIB entraînait une chute importante de la croissance économique. Cette théorie a servi l’idéologie des politiciens européens qui ont cité cette étude pour défendre les mesures d’austérité. Or des économistes de l’université du Massachusetts ont trouvé des erreurs dans la démonstration qui ont invalidé ce seuil Faisons attention à nos soit-disant grandes démonstrations fatidique des 90 %. économiques. A la fin du baccalauréat, nous aurons assisté à au moins 3 cours d’économie. Cela nous permet de comprendre le Le troisième problème est que, les théories ne sont pas des règles langage économique, d’avoir des pistes de réflexions mais en aucun absolues, elles ne sont pas toujours vraies. cas de bâtir des raisonnements complexes et de nous en servir pour justifier notre idéologie. Non seulement il La réalité économique est très complexe et est très facile de se tromper mais en plus il est impossible de comprendre l’influence l’économie n’est pas une science parfaite. de toutes les variables. Celles trouvées par les économistes permettent de déduire leurs Le premier problème est qu’en trois théories. Elles sont correctes et utilisées par cours, il est difficile de connaître et de les banques centrales qui obtiennent l’effet comprendre toutes les hypothèses aux escompté. Or il arrive un moment théories que l’on nous a apprises. où le contexte économique est si différent que les variables que Un exemple : on m’a appris qu’une des l’on pensait alors prépondérantes hypothèses implicites des théories de la deviennent secondaires ou même concurrence pure et parfaite est celle de n’ont plus aucune influence. l’existence des droits de propriété. Pour C’est à ce moment que la théorie garantir ce droit, nous avons besoin d’une économique devient fausse et que entité qui aurait les pouvoirs suivants : les économistes ont besoin d’en définir à qui appartient la propriété, créer une nouvelle. Un exemple empêcher son vol, sa dégradation, etc. De est celui de la crise de 29. manière simplifiée, cela correspond aux

À l’époque, les théories généralement acceptées étaient celles de l’école classique. Cependant, en les utilisant, les banques centrales n’obtenaient pas les effets qu’elles obtenaient habituellement. Pour pallier à ce problème elles ont utilisé (à raison ou à tort) les nouvelles théories de Keynes. Il existe un deuxième exemple qui montre que les banques centrales mondiales ont bien compris cette multiplicité des variables. Chaque banque centrale applique des théories différentes. Cela n’est pas complètement dû aux considérations politiques mais principalement au fait que chaque pays fait face à ses propres réalités, ses propres variables et que certaines théories ne sont pas applicables.

Les théories économiques restent donc cruciales pour les banques centrales ou les états pour savoir quelle direction prendre mais nous devrions tous les considérer pour ce qu’elles sont : des théories complexes, qui ne sont pas des règles absolues. Finalement, cela souligne aussi le danger de vouloir imposer la même politique monétaire à plusieurs pays. Ce n’est pas parce que la théorie a fait ses preuves aux USA ou au Canada qu’elle fonctionnera en Afrique.

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L’iNtÉRÊt AFFAiRES// MARYSE BOULOS

maryse.boulos@hec.ca

FUITE DE TALENTS

Le secteur privé retient et paie mal les femmes de talent, selon le dernier rapport du centre Catalyst, paru le 3 décembre 2013. L’étude laisse entendre que les femmes canadiennes à fort potentiel sont confrontées à l’inégalité salariale dès leur entrée dans le monde des affaires. Celles titulaires d’un MBA touchent un premier salaire de 8167 $ de moins que celui de leurs homologues masculins. De plus, elles se voient offrir moins de postes et d’opportunités susceptibles de propulser leurs carrières. L’écart des salaires et des positions occupées entre les genres n’est pas une nouvelle en soi. C’est de voir le secteur privé perdre des personnes de talent, qui préfèrent se diriger vers le secteur public, qui est alarmant, confie Alex Johnston, directrice exécutive de Catalyst Canada.

offrir de hot jobs que les Canadiennes. Ces hot jobs sont des positions permettant l’avancement rapide d’une carrière. Ils sont définis par trois critères : le budget alloué, le nombre de rapports directs et l’accès aux exécutifs. En moyenne, les hommes ont un budget deux fois plus élevé, trois fois plus de rapports directs et un plus grand accès aux exécutifs. Très tôt dans leur carrière, les femmes évoluent sur un trajet différent de celui des hommes. Nécessairement, elles n’obtiennent pas les mêmes types de promotions. Cependant, il est important de ne pas généraliser cette réalité pour tous les secteurs d’activité, met en garde Denis Chênevert, directeur de l’enseignement de la gestion des ressources humaines et profes-

Le rapport indique aussi que les Canadiens se voient davantage offrir de hot jobs que les Canadiennes. Ces hot jobs sont des positions permettant l’avancement rapide d’une carrière. ils sont définis par trois critères : le budget alloué, le nombre de rapports directs et l’accès aux exécutifs.

Le dernier rapport du centre Catalyst démontre que les Canadiens titulaires d’un MBA, en particulier les femmes, sont plus enclins à se tourner vers le secteur public que les autres personnes de même profil dans le restant du monde. Plus précisément, après la complétion d’un MBA, 19  % des Canadiennes et 8  % des Canadiens se dirigent vers le secteur non-corporatif. À titre comparatif, les titulaires d’un MBA ne choisissant pas le secteur corporatif, hommes et femmes confondus, représentent 3 % en Europe, 4 % aux États- seur titulaire à HEC Montréal. Unis et 5 % en Asie. Il y a un large écart entre la moyenne canadienne et celles des autres régions du monde. Le rapport révèle aussi que les femmes reçoivent moins De plus, le taux de départs volontaires du secteur des affaires d’opportunités leur permettant est de 29 % pour les femmes, comparativement à 10 % pour les d’acquérir de l’expérience sur hommes. le marché international. Les hommes ont 29  % de chances POURQUOI LE SECTEUR PUBLIC? d’obtenir un mandat à l’interSelon les participantes de l’étude, la sécurité est un élément national, contre 19  % pour les décisionnel lors du choix de carrière. Toutefois, il ne faut pas se femmes. contraindre aux clichés. Une autre raison plus subtile entraîne les diplômées à pencher du côté du secteur public : la représentation CONSÉQUENCES féminine dans les hauts rangs. Voyant des femmes occuper des Il est rare de voir une personne positions d’influence dans le secteur public, elles y sont davan- quittant le milieu corporatif tage attirées. « Le secteur public est fortement en avance com- décider d’y revenir, prévient parativement au secteur privé en termes de représentation des Madame Johnston. Le Canada femmes […] en particulier dans les rangs supérieurs », dit Ma- voit ses talents partir à un taux dame Johnston. plus élevé qu’à l’international. Dans un marché compétitif, Le rapport indique aussi que les Canadiens se voient davantage Il faut que les entreprises at04 // 13 FÉVRIER AU 13 MARS 2014 // VOLUME 58, NUMÉRO 08

tirent et retiennent leurs meilleurs effectifs. Il faut aussi tenir compte du facteur démographique, note Monsieur Chênevert. « Les entreprises ne peuvent pas se permettre de voir partir des talents de haut niveau lorsque la relève se fait moindre », affirme-t-il.

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L’iNtÉRÊt dÉVELoPPEMENt dURABLE// ANDREA HAWKES

andrea.hawkes@hec.ca

« AND UNLESS YOU LIVE IN THIS PROTECTED BUBBLE, THIS IS ABOUT YOU » CRYSTAL LAMEMAN

C’est important et c’est d’intérêt public, mais ce n’est pas nouveau. Et oui, je vous propose une vieille nouvelle, celle qui dure et qu’on endure depuis maintenant 46 ans : le développement des sables bitumineux d’Alberta. Que dire davantage? Le 26 janvier dernier j’ai eu le privilège d’entendre le témoignage d’une de ces femmes Cries qui vit l’exploitation des sables bitumineux au quotidien. Récipiendaire en 2013 du Grass roots HumanRights Award (décerné par l’organisation internationale des droits humains Global Exchange), Crystal Lameman venait à la Maison du développement durable nous partager la réalité de la Première Nation de Beaver Lake en Alberta. Mais, loin de se vouloir porte-parole de toutes les communautés autochtones, elle participait à cette tournée de sensibilisation à titre personnel : « Je suis d’abord une mère, nous dit-elle, les droits de mes enfants sont violés, et je ne voulais pas être de ces mères à qui ses enfants lui disent : Maman, pourquoi tu n’as rien fait? » Ce n’est pas la première fois dans l’histoire canadienne que le gouvernement utilise la tactique d’ignorance délibérée des Premières Nations. Uranium, un film de Magnus Isacsson (1990) nous rappelle trop bien comment la leçon d’histoire n’a pas été apprise. Le documentaire nous indique que le gouvernement provincial (Ontario) s’affairait à fournir de l’eau potable aux communautés caucasiennes vivant près de 12 mines d’uranium, alors que la Première Nation de Serpent River n’était pas desservie puisqu’il s’agit d’une « compétence fédérale ».

« Je suis d’abord une mère, nous dit-elle, les droits de mes enfants sont violés, et je ne voulais pas être de ces mères à qui ses enfants lui disent : Maman, pourquoi tu n’as rien fait? »

Ceci dit, le gouvernement fédéral n’était pas proactif dans toute l’histoire, en 10 ans il ne restait plus de poissons vivants dans le bassin versant, et ce ne sont pas seulement les amérindiens qui écopent.

À l’époque, le discours du gouvernement et des compagnies minières était que nous avions besoin de l’uranium et du radium pour les activités de la deuxième guerre mondiale et de la guerre froide. Il est bon de savoir qu’en contrepartie, les miniers ont écopés par des

taux de cancer du poumon allant de 2 à 4 fois plus élevés que la moyenne de la population. Eux n’avaient pas besoin d’uranium pour vivre. Le « gros bon sens », comme dit ma mère, n’est pas donné à tout le monde. La superficie de l’exploitation des sables bitumineux atteint aujourd’hui 840 000 km2 de ce qui était autrefois une forêt boréale. Ironiquement, la forêt boréale est reconnue par les scientifiques experts en la matière comme étant le plus vaste puit de carbone terrestre de la planète.

contemporaine pour justifier une émission de gaz à effet de serre 3 à 4 fois plus élevée que le pétrole conventionnel. Je me contenterai donc de la nommer « économie », mot d’un paradigme singulier, tout comme le mot « besoin » d’ailleurs. Selon Maclean’ s, le lobby le plus actif auprès du Bureau du Premier Ministre en 2013 fut celui de l’Association minière du Canada. Juste derrière, TransCanada Corporation qui propose de transporter le pétrole de l’Alberta vers l’Est (le projet Keystone XL dont Obama vient de repousser la décision de 90 jours étant données les répercussions climatiques).

Nous parlons donc de pétrole pour le Québec, mais aussi pour l’exportation aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Aucune réduction à la pompe prévue pour les contribuables. Toute cette extraction se Pour plusieurs d’entre nous, la forêt boréale est un magnifique fera de manière transparente et dans le respect mutuel selon Steendroit pour faire de la raquette ou du ski de fond, mais pour 327 phen Harper. espèces d’oiseaux, les caribous, les loups, les orignaux et les Premières Nations, il s’agit d’un mode de vie et de subsistance. En 1877, le traité no. 7 fut signé entre le gouvernement du Canada et les Premières Nations du Nord-Ouest afin de permettre la construcIl serait hasardeux ici de tenter de définir la formule discursive tion du chemin de fer transcontinental via le territoire de chasse VOLUME 58, NUMÉRO 08 // 13 FÉVRIER AU 13 MARS 2014 // 05


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SUITE 2/2 ANDREA HAWKES

andrea.hawkes@hec.ca

amérindien prévu par les dispositions de la Proclamation royale de 1763. Depuis, plus de 20  000 permis ont été délivrés à des compagnies minières et pétrolières malgré les exigences constitutionnelles canadiennes de consultation avec les Premières Nations peuplant le territoire.

Pour le gouvernement fédéral actuel, rien ne semble plus rationnel et convaincant qu’un simple rappel « patriotique » à la dévotion économique, et ce, malgré le fait que la Constitution soit écrite noir sur blanc.

Devant Goliath, la Première Nation Crie de Beaver Lake ne peut rester coite, il s’agit pour elle non seulement d’un acte illégal, mais d’un crime environnemental et humain. Elle traine donc le gouvernement fédéral et provincial (Alberta) devant les tribunaux où ils s’affronteront cette année (date à déterminer).

« Prenons un moment pour réfléchir sur ce qui est en train de se produire » nous interpelle Crystal Lameman au plein cœur de son discours. Les payeurs de taxe canadiens contribuent à hauteur de 1.38 milliard de dollars aux compagnies pétrolières par année. Pour le gouvernement fédéral actuel, rien ne semble plus rationnel et convaincant qu’un simple rappel « patriotique » à la dévotion économique, et ce, malgré le fait que la Constitution soit écrite noir sur blanc. Mais, le déséquilibre des forces économiques et politiques est flagrant et nous laisse perplexe. La communauté scientifique s’entend pour dire que la plus grande exploitation industrielle au monde (les sables bitumineux d’Alberta, eh oui) est une catastrophe environnementale, une supercherie économique, et une atteinte aux droits et liberté d’êtres humains selon la Constitution canadienne. Crystal Lameman s’adressait dimanche à chacun de nous qui peut encore s’émerveiller devant la grâce de la nature et qui ne peut tolérer qu’un espace quatre fois large comme l’Île de Montréal soit dévasté par un projet pétrolier qui ne nous rapportera rien à part un mot digne de changement dont les retombées concrètes ne pourront jamais être ni respirées, ni bues. Les Premières Nations du Nord-Ouest canadien signaient en 1877 un traité de partage des ressources de la Terre Mère, car selon leur conception de la réalité, une mère ne s’achète pas, ne s’approprie pas, on ne peut que partager ce qu’elle nous donne.

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gillet.remy@gmail.com

RÉMY GILLET

VIOLAINE ROLLIN

violaine.rollin@hec.ca

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VALISE/DÉPART Préparez sa valise est un atout! Symbole de voyage et synonyme de préoccupation pour certains, considérons la plutôt comme la coéquipière de notre prochain magasinage à Londres ou encore de nos lendemains de brosse au saké. Je vais en Corée et pour cela je dois garder dans ma valise une réserve de Tylenol. RENSEIGNEMENT PAYS Il faut savoir qu’en Amérique Latine, les saisons sont inversées. Ainsi, alors que le Québec est confronté à une vague de froid particulièrement intense, le continent sud-américain connait un été pluvieux et tempéré. Une des conséquences de ce retournement d’hémisphère est, qu’actuellement, les Chiliens, les Péruviens et les Argentins sont en vacances. Officiellement, la rentrée aura lieu début mars mais, en tant qu’étudiants étrangers, nous devrons arriver une semaine à l’avance pour participer à une période d’intégration. En ce qui concerne l’argent, il faut savoir que l’Amérique Latine a l’avantage d’être une destination où les Canadiens bénéficient d’un pouvoir d’achat confortable. Pourtant la première fois que l’on se trouve confronté à un prix chilien, on a une petite frayeur. Un plat dans un resto bon marché coute 5 000 $CH! (En effet, 1 $CAN = 489 $ CH.)Enfin au niveau du logement, Vina del Mar est connue comme étant une station balnéaire très prisée d’Amérique Latine. Ainsi en ce moment, tous les logements sont louables au jour et il faut attendre l’essoufflement de la saison touristique pour trouver des logements louables au mois. Je n’ai pas encore réussi à trouver quelque chose sur internet, malgré les groupes facebook d’étrangers cherchant eux aussi un logement. Cependant, une autre solution se présente aux étudiants : celle de recourir à une agence de location qui se charge de trouver un lieu convenable pour nous, en échange d’une contrepartie de 10 % de la valeur totale du loyer annuel. SÉCURITÉ/SANTÉ Il fait beau et c’est l’été, c’est naturel de vouloir partir visiter un peu les alentours. Mais ne soyez pas tête brulée! Surtout si vous n’allez pas en Amérique du Nord ou en Europe. Etes-vous à jour dans vos vaccinations? Quels sont les risques auxquels vous allez être exposés? Chaque pays a sa particularité et le plus simple et de contacter une clinique du voyageur. En ce qui concerne l’Amérique du Sud, le Chili et l’Argentine sont des zones sures mais le Pérou ou encore la Bolivie nécessitent des vaccins particuliers. Attention donc si vous comptez faire un road-trip. Allez chercher des infos... Le moustique n’est pas votre ami et méfiez-vous des zones de sables secs où les parasites prolifèrent.

Cela me permettra à la fois de gouter aux douceurs locales et d’être à 8h30 là où HEC Montréal m’a généreusement conduit : Sogang University. Loin de vous rappeler de ne pas oublier les bas couleurs Noël que votre grand-mère vous a offert, il faut penser pratique! Voyagez léger et restez digne à l’aéroport comme notre cher George a pu nous le montrer dans « In the air ». Même si votre mère insiste pour que vous emportiez 4 pulls alors que vous partez pour Mexico, soyez sélectifs et apporter seulement votre hoodie HEC, plus flexible, en plus, ça rend fier non? RENSEIGNEMENT PAYS Ensuite, soyez stratégique! Regardez le climat sur place, estimez les activités que vous serez amené à effectuer tel que la baignade. Le but est d’évaluer vos besoins. Il est toujours difficile de fermer sa valise, donc autant essayer d’en prendre le minimum. En plus, n’oubliez pas que vous allez surement ramener des souvenirs de votre voyage. Soit dit en passant, il est toujours possible de jeter votre vieux pull avant votre vol retour afin de gagner de la place. Puis, peu importe où vous allez, il y aura forcément du gel douche, par exemple, ce n’est pas la peine de risquer un surpoids avec ce genre de produit. Néanmoins pour les médicaments et les cosmétiques, il est préférable de faire son stock avant le départ. Pas facile de trouver un exfoliant quand c’est écrit en coréen! Enfin s’il est prévu que quelqu’un vous aide sur place, soyez reconnaissant, prenez un produit à l’érable au marché Jean Talon, la politesse et la gentillesse font céder bien des barrières! SÉCURITÉ/SANTÉ Au final, pensez sécurité! Vérifiez bien d’être assuré, et surtout, de comprendre votre assurance et d’avoir les moyens de vous en servir sur place sans appeler une plateforme téléphonique à 3 minutes de l’opération. Soyez aussi préventifs, regardez les risques, pensez aux vaccins (hépatite A par exemple) et aux médicaments contre la turista entre autres. Sinon, ça pourrait être encore plus gênant que de le demander à la pharmacienne sexy chez Jean Coutu. De plus, ayez tous les documents concernant vos assurances, comptes et cartes bancaires, identité et immigration soigneusement rangés ainsi que numérisés sur votre ordinateur. Prévenez votre banque de l’utilisation de votre carte bancaire à l’étranger et notez les numéros d’urgence en cas de perte ou de vol. Enfin garder sur vous les coordonnées du consulat canadien le plus proche ainsi que le numéro de téléphone. Ils acceptent des américains poursuivis par tout un peuple révolutionnaire (Argo) donc peu importe votre problème, ça ne devrait pas les déranger de vous aider! VOLUME 58, NUMÉRO 08 // 13 FÉVRIER AU 13 MARS 2014 // 07


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YANNICK MARTINEAU GOUPIL y.martineaugoupil@gmail.com

DESTINATION : SINGAPOUR UNIVERSITÉ : NATIONAL UNIVERSITY OF SINGAPORE Je tiens tout d’abord à souligner que l’échange étudiant est l’expérience d’une vie, mais cela, vous l’avez déjà entendu maintes fois. Après de longues réflexions, j’ai personnellement arrêté mon choix sur Singapour, une ville à la fois exotique et imposante. Les trois conseils qui seront énumérés dans ce court article seront donc spécifiques à cette ville, qui aura transformé mon cheminement universitaire. VALISE/DÉPART Quoi mettre dans ma valise? Réponse simple : des vêtements, et pas trop! En effet, ceux-ci sont très peu dispendieux dans les pays avoisinants Singapour. Pour ce qui est des fournitures domestiques (literies, vaisselles, etc.), il est beaucoup plus évident de se les procurer sur place, à un prix raisonnable. RENSEIGNEMENT PAYS Si tu as choisi Singapour comme étant ta ville d’échange, renseigne-toi sur les lois et coutumes du pays. En effet, à 35 heures d’avion de Montréal, les us et coutumes peuvent être bien différents. Par exemple, le chewing-gum à Singapour est interdit et est passible d’une amende plutôt salée. De plus, se renseigner permet de comprendre la culture du pays, élément qui pourra faciliter les premières relations avec les gens de votre pays d’accueil. SÉCURITÉ/SANTÉ Informe toi aussi sur les vaccins et autres médicaments à apporter. Si tu te diriges vers Singapour, c’est sûrement pour découvrir l’Asie du Sud-Est. À Singapour, tu n’encours aucun risque puisque la ville est incroyablement propre, mais ce n’est pas nécessairement le cas dans les pays environnants. Il est donc primordial de bien s’informer des risques de maladies, tel que la malaria par exemple, dans ces pays, et de se protéger en conséquences. Évidemment, n’oublie pas toute la paperasse concernant la demande de visa d’étudiant, le logement, et les choix de cours à ton université d’accueil. N’hésite pas à me contacter si tu as quelconques interrogations (y.martineaugoupil@gmail.com). 08 // 13 FÉVRIER AU 13 MARS 2014 // VOLUME 58, NUMÉRO 08

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doSSiER SPÉCiAL ÉCHANGES// LES ÉTUDIANTS EN ÉCHANGE À HEC MONTRÉAL ONT PARTICIPÉ À UN CONCOURS PHOTO.

CONCOURS PHOTO HECHANGE

Venus de divers pays, chacun a capturé un moment magique de la ville que l’on mériterait de découvrir, nous aussi, les rues que nous arpentons tous les jours. VOICI NOS TROIS VAINQUEURS.

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TÉMOIGNAGE D’UNE FINISSANTE Aujourd’hui fut pour moi un jour gabrielle.huppe@hec.ca spécial, un jour que j’avais besoin de vivre, un jour qui m’a fait replonger dans mes souvenirs de la dernière année. Aujourd’hui, j’ai rencontré une étudiante de deuxième année préparant soigneusement, et peut-être avec un peu d’insécurité, le départ de son échange à Jönköping, en Suède. Cette rencontre m’a permise de revoir en accéléré la progression de ma situation avant/pendant/après mon échange que j’ai vécu la dernière session au même endroit et d’apprécier GABRIELLE HUPPÉ

Que de souvenirs. Il y a un an, j’avais devant moi cette liste de tâches à accomplir : ces documents à envoyer, ces déplacements à faire pour l’obtention du Visa étudiant et les nombreuses assurances, ces questionnements à répondre, ces incertitudes à L’échange étuendurer, etc. Et tout cela pendant la période d’exadiant fût certes mens intratrimestriels! J’étais motivée, oui! À ce la plus belle période moment, j’appréciais énormément la disponibilité de ma vie. La plus riche, la d’anciens étudiants ayant vécu leur expérience plus intense, la plus chargée au même endroit pour répondre à certains de mes en émotions. J’ai partagé cinq questionnements plus spécifiques. Je captais dans mois avec 350 étudiants en leur voix une excitation, un bonheur qui était iméchange venant de partout possible de comprendre puisque je n’avais pas endans le monde. Comme dit core vécu l’expérience. Mais en y repensant, leur plus tôt, j’ai vécu dans une enthousiasme a su m’inspirer et me laisser bercer résidence que j’ai adorée ; j’ai par leurs conseils, qui au final m’auront donné tout vécu dans une maison avec 30 l’or du monde. En effet, je suis tellement reconétudiants internationaux princinaissante du type de résidence qu’ils m’ont suggéré, qui n’aurait palement venant de l’Europe de l’Est, de l’Asie et de l’Afrique. autrement pas été parmi ma liste de choix, mais qui pourtant Nul besoin de vous dire que j’y ai découvert un esprit de famille. grâce à eux a été la clé du bonheur de mon échange. Parmi tous ces gens, nombreux sont ceux que je rêve de revoir éventuellement dans ma vie. Et plusieurs ont pris une place très Je me rappelle très bien des premières minutes dans l’avion le importante dans mon cœur et le resteront à jamais. Partager notre jour de mon départ. J’étais certes excitée mais très fébrile. J’avais culture, manger, fêter, s’entrainer, se poser ou marcher près du cette envie de laisser la peur de l’inconnu m’emporter. Vous savez, lac, voyager, s’entraider, se reposer, célébrer les anniversaires, ce sentiment d’inconfort où l’on n’a plus le choix de faire marche etc. Tout, tout du quotidien représentait des moments de découarrière, ce sentiment où dorénavant on ne peut que foncer dans verte uniques, heureux et équilibrés. Cette atmosphère spéciale l’histoire. En l’espace d’un moment, je me suis ressaisie en me existait, car nous étions tous ces gens en mode ouverture d’esprit, rappelant de ma volonté à vouloir vivre ce semestre à l’étranger. en mode découverte et optimisation du temps qui, nous le savions, J’avais des objectifs à aller accomplir : la pratique de mon anglais, n’allait pas durer plus longtemps que ce semestre. Je suis fière de la découverte d’une culture différente, la connaissance d’individus dire, aujourd’hui, que j’ai vécu à fond tous mes moments, les plus différents. J’avais maintenant compris : l’inconnu devait, non pas calmes comme les plus mouvementés, et accompli mes objectifs. m’insécuriser, mais plutôt devenir mon allié. Et je devais user de l’inconnu en diminuant toujours mes attentes au minimum, car qui Mon échange étudiant m’a redonné, sans m’en rendre compte, dit peu d’attente, dit surprises et découvertes. Et l’avion atterrit, cette envie de foncer dans la vie, de passer par-dessus mes peurs, le train parti, j’arrivai à Jönköping et mon échange défila rapide- de prendre confiance et d’entreprendre mes projets. Je suis revement. nue ici à Montréal avec une force indescriptible. Cet été, j’étais

J’ai vécu dans une maison avec 30 étudiants internationaux principalement venant de l’Europe de l’Est, de l’Asie et de l’Afrique.

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décidée à me servir de mon bien-être acquis en Suède pour repartir différemment à mon retour. Car depuis l’échange je vois les choses autrement. Je suis davantage recentrée sur moi-même, je me connais mieux, je connais mes limites et je sais relativiser les évènements qui normalement m’auraient stressée. J’ai fait du chemin et je ne conçois la possibilité, aujourd’hui, de recommencer mon quotidien comme il y a un an. Pour ceux qui ont vécu l’expérience, vous pourrez comprendre mon état. Pour ceux qui partent en échange, j’espère à tout le moins vous avoir donné cette petite flamme de vouloir foncer dans l’inconnu et de tenter de nouvelles expériences dans de nouveaux contextes. Vous serez dans une atmosphère qui sera tellement propice à vivre ainsi. Mon conseil : sans attente particulière, laissez-vous bercer par les opportunités qui s’offriront à vous comme sur un plateau d’argent! Finalement, je tiens à ajouter ceci : avant notre départ pour l’échange, je crois qu’il est difficile de réaliser cette chance que l’on a de pouvoir s’aventurer de la sorte. Mais je pense qu’il est important de prendre conscience que tout cela est possible grâce à l’organisation qui se trouve derrière cette opportunité en or. Passant du support reçu lors de notre préparation, à la disponibilité offerte au cours de l’échange, ainsi qu’à l’établissement de partenariat avec l’université internationale que nous avons fréquentée lors d’un semestre. Alors, j’en profite maintenant pour remercier HEC Montréal et Passeport pour le Monde, son programme d’échange international, de nous ouvrir les portes pour nous permettre de vivre une expérience de telle envergure, l’expérience d’une vie. - Gabrielle Huppé, Étudiante finissante de HEC Montréal


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5 QUESTIONS

S T N E D U T S E G ! 3 EXCHAN E C N E I R E P X E L ERFU AND ONE WOND

MARYSE BOULOS

maryse.boulos@hec.ca

CATHERINE LAVERY

catherine.lavery@hec.ca

Q

Traveling gives you the opportunity to discover breathtaking places and to meet extraordinary people. These experiences, all together, change our way of thinking. L’Intérêt had the chance to sit down with three exchange students and ask them about their experience so far being in the city of Montreal for this current semester. It is interesting to learn new perspectives on things that we usually take for granted. Leandro Del Roio, Tannia A. Zavala and Veronika Lipar shared their adventure with us.

What surprised you the most about people in Quebec?

LDR : “When I ask for directions, people actually stop and answer me. A Stranger on the street spending his time to give me directions is a thing that never happened to me in Argentina. It’s very surprising to me. I find it charming.”

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R

TAZ : “Canadians are very warm. People from different nationalities tend to get along together really well.”

VL : “People don’t care how they look. As long as they’ re warm, it’ s fine! Another thing I noticed is that Canadians have a healthy lifestyle.”

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TAZ : “Canadians are also very responsible. When a teammate tells you that he’ll send his work on a certain day, he does it!”

R

LDR : “Students know how to work well in teams. Everybody work together on every single question of the assignment. They don’t only divide the work between them.”

R

R R Q

TAZ : “In my university it’s forbidden to eat in class. Here, I different. I’m not sure yet. I think I’ll need some time to figure it out.” see students eating a complete breakfast in class.” are the main differences between your Q What LDR : “It strange to have a party each Thursday in the university. courses at HEC Montréal and your courses at your But it’s so great! I will try to bring the idea back home.” home university? Do you think that Montreal is a good placeto live?

TAZ : “Oh yes! Definitively yes! Even though the temperature is very cold, everything is adapted to this kind of weather. So it’s O.K. Here, in Canada, there are a lot of natural resources, cultural : “My favourite place is definitively the Old Port. I went diversity, and many job opportunities. People are healthy. They are R LDR ice-skating there. With the lights and the music I felt like in conscious about the environment. They separate the garbage into a movie.” different categories. In my opinion, Montreal is a nice city to live in.”

Q

What is the nicest place you have visited in Montreal?

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TAZ : “Same for me. I really enjoyed Igloofest. I would have : “For me, it’s the best of both words. Everything is well R LDR never thought that a party in the middle of the winter could be organised. You can trust people. The trains and busses arrive possible. However, I was quite surprised and I loved it!” at the time they must arrive. But also, it’s easy to have fun here. There are lots of cultural activities. There are many parties. In other What is the strangest thing you have seen so far words, Montreal knows how to combine efficiency and fun. It’s a Q in Montreal? great place to live, besides the cold of course!”

R

R

VL : “I’ve seen a woman wearing a swimming suit in a metro station!”

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LDR : “In my home university it’s six hours per subject per week. Here, it’s three hours. Back home, I have to do lots of reading. The counterpart is that in HEC, the emphasis is on teamwork. Classes are oriented in a practical way instead of a theoretical way. You don’t only learn from your professor or from your books, but also from your classmates”

R

TAZ : “I thought that having only four classes wouldn’t be too hard to manage. However, I realized that during the time I’m not in class, I have to read or to meet friends to work on assignments. I’ve also noticed that Canadians come to class even if they’re not obliged to. They even print the slides and do the readings before coming to class.”

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VL : “In my case, it’s quite similar. The only difference is that one course is four hours a week and that lectures are separate VL : “I’m not sure if I would like to live here or not. In some from the practice. Here it’s a mix between practice and lectures.” ways, it is so similar to my country and in other ways, it’s so

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L’iNtÉRÊt ÉtUdiANt// MARC D. LACHAPELLE

marc-d.lachapelle@hec.ca

GESTIONS ET INNOVATIONS SOCIALES… DU NOUVEAU À HEC MONTRÉAL

HEC Montréal innove à la Maîtrise des sciences de la gestion (M. Sc.)! Le programme Études organisationnelles sera complètement révisé et deviendra dès cet automne Gestions et innovations Sociales. Coup d’œil sur ce cheminement pas comme les autres…

Q

Pourquoi la M Sc.?

Avant tout, la M Sc. se situe comme une suite au bac et il s’agit d’un moyen d’aller chercher une expertise particulière dans un domaine précis en entamant ses premières démarches de recherche. Contrairement au B.A.A., la M Sc. mise sur le développement des capacités d’analyse de l’étudiant et de l’exercice de son esprit critique. Bref, si vous pensez revoir la même matière à la M Sc., détrompezvous!

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Q

La particularité de Gestions et Innovations Sociales

Comme toute M Sc., Gestions et Innovations Sociales propose deux cheminements, mémoire ou projet. La particularité de ce programme demeure essentiellement dansles contenus des cours proposés.

R

En fait, il s’agit de revoir les modèles de gestion que nous avons, afin de comprendre la gestion de demain en y intégrant les enjeux environnementaux et sociaux. Ainsi, il est possible d’aborderdes thèmes comme les entreprises collectives, les innovations sociales, la responsabilité sociale ou encore le projet de décroissance soutenable. L’étudiant va ainsi toucher deux univers (très rapprochés) : celui des innovations sociales et celui de la gestion. Offert par le service de l’enseignement du management, Gestions et Innovations Sociales propose une approche pluraliste de la gestion. D’où le « s » ajouté à ce mot dans le titre du programme! La formation initiale des étudiants actuellement inscrits est par ailleurs multidisciplinaire : sciences sociales, sciences humaines, travail social, communication, sciences politiques, géographie… et gestion!

Q

Et après?

C’est bien connu de tous, le B.A.A. de HEC Montréal possède de très bons taux de placement. Alors, pourquoi prolonger ses études à la M Sc. et qu’est-ce qui nous attend après ces deux années?

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Tout d’abord, la M Sc. est avant tout un exercice personnel où l’étudiant décide de se spécialiser dans un domaine. Malheureusement, au risque de vous décevoir, la dernière année au B.A.A. ne fait pas de vous un spécialiste… il faut quelques années d’études de plus. Aussi, la M Sc.

demeure une valeur ajoutée… le nombre d’étudiants à la maîtrise (tout professeurs ou de groupes de recherches (CRISES, GRIDD-HEC…) programme confondu) est le tiers du nombre d’étudiants au B.A.A. dans ce domaine. Alors à la surprise de certains, il existe bel et bien un « autre » HEC, dans les mêmes édifices, qui innove et qui mise sur de La caractéristique de Gestions et Innovations nouveaux modèles de gestion pour Sociales est qu’elle permet aux diplômés de les gestionnaires de demain. se préparer àintervenir dans une multitude d’organisations (communautaires, coopératives, Un grand merci à Caroline Phan syndicales, humanitaires…) qui œuvrent en pour sa participation. Caroline transformation sociale. Il s’agit aussi d’une voie est actuellement inscrite à la M possible pour entamer un doctorat, un choix Sc. Études Organisationnelles, adopté par deux anciens diplômés de cette option. qui deviendra bientôt Gestions et Innovations Sociales. Q Un programme original? Elle a accepté de nous livrer des Aucun programme de M Sc. n’aborde à impressions sur la dynamique de R ce jour les thématiques de la gestion et la M Sc. et particulièrement sur le des innovations sociales au Québec (et peut-être nouveau programme. même au Canada). Alors, il n’y a pas de doute, HEC Montréal a décidé de jouer la carte de l’innovation Pour l’entrevue intégrale : dans ce programme de M Sc. Ajoutons à cela que www.journalinteret.com certains cours sont uniques en leur genre. DATES À NE PAS MANQUER : Le meilleur exemple est le séminaire sur la décroissance soutenable créé par Yves-Marie tGÏWSJFS SÏVOJPO Abraham (aussi responsable de l’option Gestions d’information sur la M.Sc. et Innovations Sociales), qui existe depuis septembre 2013 et qui fut suivi par des étudiants tGÏWSJFS SÏVOJPO de diverses universités montréalaises. d’information sur la spécialisation « Gestions et innovations sociales », organisée Q Pourquoi à HEC Montréal? par les étudiants et le responsable de l’option.

« Je pense que le nouveau programme Gestions et Innovations sociales se distingue davantage de l’option Management ou Stratégie par exemple grâce au remaniement des cours et à la planification de potentiels séminaires. Il y avait déjà une vision, une mission et certaines valeurs derrière la spécialisation Études Organisationnelles, mais j’espère qu’avec la nouvelle orientation et ce gain de visibilité, l’option Gestions et Innovations Sociales aura la chance de former des gestionnaires chevronnés et conscients des enjeux sociaux de la gestion! » - Caroline Phan, étudiante

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« À la M Sc. on apprend à comprendre tout ce qui se passe en coulisse : Quels sont les rouages de l’organisation? Quels sont les liens entre le management social et le management technique? Comment se diffuse la connaissance entre le monde académique et le monde des affaires? » Caroline Phan, étudiante

Certains me diront pourquoi un programme innovant et sur les innovations sociales dans une université qui semble si orientée vers la finance et comptabilité?

R

tNBST DMÙUVSFEFTEFNBOEFTEJOTDSJQUJPOQPVSMBTFTTJPO d’automne. POUR PLUS D’INFORMATIONS : http ://www.hec.ca/programmes_formations/msc/options/ gestions_innovations_sociales/index.html

Ma réponse serait : « Je n’aurais jamais vu ce programme ailleurs qu’à HEC Montréal! » RESPONSABLE DE L’OPTION : Yves-Marie Abraham, yves-marie.abraham@hec.ca Il s’agit d’un continuum logique à plusieurs initiatives déjà mises en place ; option développement durable au B.A.A., projet collectif d’agriculture urbaine, adoption d’un politique développement durable… De plus, HEC Montréal ne manque pas de


L’iNtÉRÊt ÉtUdiANt//

MAP : UNE NOUVELLE ONG FRANCO-CANADIENNE QUI COMPTE FAIRE LA DIFFÉRENCE ROMAIN ANDRÉ

romain.andre@hec.ca

Mobilisation Action Partage est une association caritative fraichement fondée par des étudiants du HEC, de Paris VI et de Sup de Co La Rochelle. L’intérêt s’est entretenu avec Paul Szernovicz et Éliot Roussely, cofondateurs et respectivement président et trésorier de ce qu’ils souhaitent être un nouveau mouvement communautaire.

MAP dit vouloir réduire les disparités et aider au consistera en la construction d’une école développement mondial. C’est très beau tout ça, dans le village d’Azzazam dans le Hautmais concrètement que faites-vous? Atlas.

Q

Nous agissons en partenariat avec différentes associations, notamment ABC au HEC, afin de monter des projets en commun. Notre objectif serait de réaliser un « grand » projet par an tout en en organisant de plus modestes durant l’année. Nous cherchons réellement à rassembler les différentes associations sur le terrain et ceux qui voudrait aider autrui.

R

Pensez à les suivre sur Facebook, à visiter leur site internet www.association-map. com et n’hésitez surtout pas à leur apporter votre soutien.

Nous avons tous commencé comme bénévoles dans différentes associations. C’est le plaisir d’aider les autres qui nous a poussés à nous investir toujours plus. C’est pourquoi nous croyons vraiment qu’il est possible de créer un mouvement en donnant aux autres l’occasion de s’investir dans le caritatif.

Q

Je suis un étudiant lambda qui lit cet article et j’ai envie de m’impliquer. Comment je m’y prends?

Nous aider ce n’est pas forcément s’enrôler et se dire qu’on va faire 3 heures d’humanitaire par semaine pour sa bonne conscience. En plus d’un grand projet annuel, en l’occurrence la mission au Maroc, nous organisons plusieurs évènements ponctuels pour lesquels nous aurons besoin d’aide. Le meilleur moyen est donc de regarder sur le site ou la page Facebook les projets en cours. On prépare par exemple un projet d’aide aux sans-abris sur Montréal. Si une cause vous tient à cœur, vous pouvez aussi bien nous contacter pour nous proposer vos idées.

R

Bien sûr comme toute association caritative nous avons besoin de financement, c’est pourquoi vous pouvez aussi participer à notre collecte de fonds. Pour cela nous proposons à nos contributeurs des pots d’épices rapportés du Maroc, des bonnets tricotés à la main ou encore des tirages de photos réalisés par l’un des membres de l’équipe lors de ses précédents voyages.

Q

On a évoqué précédemment le projet que vous préparez au Maroc. On peut en savoir plus?

C’est au départ de cette idée de mission qu’est née l’association. La première partie de celle-ci consistera à descendre en voiture depuis Bordeaux des fournitures pour aider des associations déjà présentes dans le pays. La collecte qui aura lieu en France et au Canada sera notamment effectuée à HEC avec l’aide d’ABC. La deuxième étape réalisée avec Teach4Morocco et Interface-IEP-Aix en Provence

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L’iNtÉRÊt tECHNo//

L’ELECTRONIC SPORT WORLD CUP Véritable révolution depuis maintenant quelques années, le sport électronique, aussi appelé eSport ne cesse de prendre de l’ampleur BENJAMIN MAUNIER benjamin.maunier@hec.ca auprès de nombreuses communautés et organisations. En témoigne l’évènement incroyable qui s’est déroulé le mois dernier au Stapple Center de Los Angeles. Plusieurs millions de dollars étaient en jeu pour l’incontournable League Of Legends où les meilleurs cybers athlètes du monde se sont affrontés. CPour rappel, l’eSport est une discipline où des joueurs s’affrontent sur des jeux vidéo multi-joueurs. Ils peuvent s’affronter bien entendu sur internet mais aussi sur un réseau local lors d’évènement organisés, aussi appelés LAN.

s’est déroulée comme à son habitude au sein du Paris GamesWeek, une nouvelle fois dans l’enceinte du parc des expositions de la Porte de Versailles. Pour cette nouvelle édition, 250 000 visiteurs étaient attendus pour venir voir les disciplines phares de cette compétition et encourager leurs équipes favorites ou encore leurs joueurs. En effet, la majorité des joueurs utilisent une page Facebook ainsi que parfois un compte Twitter pour rester en contact avec tous les fans. Certains joueurs ont même des dizaines de milliers de personnes qui suivent leurs actualités via les réseaux sociaux.

Un des fers de lance de ce phénomène du sport électronique n’est autre que l’Electronic Sport World Cup, plus communément appelée la Coupe du Monde des Jeux Vidéos. Gérée par la société Oxent SAS, basée à Paris et en place depuis 10 ans maintenant, cette compétition continue d’année en année à rassembler de nombreux spectateurs ainsi que de nombreux joueurs venant de tous les Que ce soit sur Call of Duty, Counter Strike, Shootmania, Trackmania, continents. Dota2 ou encore Fifa pour les plus connus, environ 470 joueurs, venus du monde entier, se sont partagés près de 115 000 dollars. Ils apportent à la communauté un véritable show afin de promouvoir Une somme tout de même encore loin d’un jeu tel que League of la pratique à haut niveau des jeux vidéo même si cela reste encore très Legends, qui en est déjà à plusieurs millions dollars. Outre l’argent, peu connu à ce jour. Du 30 Octobre au 3 Novembre, la dixième édition le titre de champion du monde est une véritable reconnaissance

pour tous ces joueurs qui s’entrainent durant de nombreux mois pour espérer soulever ce trophée. Durant les différents évènements, des commentateurs de sport électronique sont engagés sur place mais aussi sur internet afin de proposer les meilleures conditions de retransmissions de ces matchs. Par exemple pour l’ESWC, les organisateurs ont mis en place plusieurs TV en ligne dans de nombreuses langues afin de rassembler un grand nombre de spectateurs et faire découvrir les différentes disciplines. Même si ce n’est encore que très peu connu, le sport électronique n’en est encore qu’à ses balbutiements et devrait connaître une ascension phénoménale d’ici les prochaines années puisque de nombreuses enseignes très célères telles que RedBull, McDonalds ou encore Samsung commencent à investir dans ce milieu, notamment via le sponsoring d’équipes et d’évènements. Source : http ://www.eswc.com

L’OMNIPRÉSENCE DES ÉCRANS, UNE RÉALITÉ TANT OPPRESSANTE QU’ÉVOLUTIONNISTE «JE SUIS DÉPENDANT DU VIRTUEL, J’EN AI PLEINEMENT CONSCIENCE, SEULEMENT, JE NE PEUX LUTTER CONTRE… » C’est par hasard que je m’essayais à sarah.pelzman@hec.ca calculer le nombre d’heures que j’avais consacrées à ce si populaire réseau social, Facebook, en passant sur un article publié sur le Times qui te redirige sur un lien te permettant d’effectuer le décompte approximatif en fonction du nombre de publications et d’interactions émises sur le réseau des heures que tu as passées à naviguer sur Facebook. SARAH PELZMAN

Le résultat vous surprendra sûrement et est porteur d’une signification assez effrayante. Le réseau social célèbre cette année ses dix ans d’existence, et il est désormais utilisé quotidiennement par plus de 1,2 milliard d’utilisateurs qui échangent, publient et communiquent des informations sur les sphères de leurs vies tant personnelles que professionnelles. Une simple application réalisant l’estimation personnalisée de votre 014 // 13 FÉVRIER AU 13 MARS 2014 // VOLUME 58, NUMÉRO 08

temps passé ou « gaspillé » (à votre bon vouloir) sur Facebook débouchant sur une prise de conscience majeure : cet outil numérique a pris une importance non seulement indispensable mais aussi globale sur nos vies d’étudiant.

Ce n’est pas ici une pensée sceptique et arriérée qui est émise sur l’impact des mutations technologiques et l’adaptation de nos vies à celles-ci, mais simplement une légère prise de conscience.

Des exemples en fourmillent dans nos quotidiens, ne serait-ce que pour un professeur de défier la puissance attractive des plateformes numériques pour captiver ses élèves, ou même peut-être pour toi, lecteur lambda, d’obtenir l’attention complète Vouloir s’en dispenser par conviction anti-virtuelle ou par méfiance d’un ami lors d’une discussion altérée par ses interactions avec son de la nature potentiellement addictive du « social network » apparaît téléphone intelligent. désormais comme extrêmement difficile au sens où une partie croissante des activités tant divertissantes, culturelles, festives, Se sensibiliser au caractère à tendance addictif des réseaux sportives, associatives, étudiantes que professionnelles y sont sociaux et se questionner sur l’utilisation quotidienne que l’on en annoncées, organisées, planifiées et discutées. fait permettrait alors de prendre conscience de notre potentielle dépendance à ceux-ci et sans pour autant s’en sevrer comme un C’est donc au sein de ce puissant paradoxe qu’il convient de se fumeur qui déciderait d’arrêter de fumer, en faire une utilisation plus questionner sur l’influence de ce réseau de désocialisation sociale raisonnable et raisonnée. et à plus large échelle, de l’omniprésence des écrans et du virtuel dans nos vies 2.0. Triste est le sentiment déclenché par la réalisation Si toi aussi tu es curieux d’évaluer ton temps « gâché » sur Facebook, qu’il ne s’écoule plus une seule journée sans que nos yeux soient fais donc un tour ici : http ://techland.time.com/2014/01/27/howincessamment sollicités par la présence permanente d’écrans. much-time-have-you-wasted-on-facebook/


L’iNtÉRÊt CULtUREL//

LA VALEUR DES CHOSES : TOUJOURS PLUS L’AVOIR ET LA FOLIE Les premières minutes sont catherine.barette@hec.ca déroutantes. Des boîtes et des hommes. Les premières sont sans cesse manipulées, déplacées par les seconds. Pourtant, tous ces mouvements ramènent inlassablement à la case départ ; un amoncellement de boîtes anonymes.

DES ÉTOILES PLEIN LES YEUX: LE BALLET RUSSE AU THÉÂTRE OUTREMONT

CATHERINE BARETTE

MARC JULLIEN

marc.jullien@hec.ca

« Oh mon dieu, ça un second souffle au 17ème siècle, lorsque Louis XIV décide de créer m’a l’air plate cet l’Académie royale de danse, lui-même étant féru de cet art, et jouant dans de nombreuses pièces (et oui, on peut être roi et avoir le swag). article. Du ballet? » Le ballet est alors codifié, et les danseurs deviennent entièrement professionnels. Vers la fin du 18ème et au 19ème, le répertoire des pièces de ballet s’élargit, et cherche son inspiration dans les danses folkloriques et les légendes traditionnelles. Dans le même temps apparaît ce qu’on appelle aujourd’hui la tradition classique du ballet russe (à ne pas confondre avec les « ballets russes », une compagnie de ballet créée par Sergei Diaghilev, fameux au début du 20ème siècle à Paris).

Jusqu’à ce que l’un des quatre hommes en ait assez de simplement les manipuler, il veut les posséder. Posséder plus de boîtes que ses confrères. Il tend les bras pour en saisir un maximum, s’enfuit avec plusieurs, revient à la charge pour en avoir davantage, est pris d’une rage d’avoir encore, ne rien laisser aux autres, prendre sans penser, désir qui devient folie, posséder toujours plus. Plus de boîtes vides. De carton.

Le rideau se lève sur le théâtre Outremont ce 17 janvier au soir. Certaines des plus grandes étoiles du ballet russe d’aujourd’hui ont fait le déplacement à Montréal pour un spectacle réunissant quelques unsdes plus grands morceaux du ballet classique. Ce gala résulte de la coopération entre le Canada et le ministère fédéral russe de la culture dans la volonté de la Russie de promouvoir sa culture à l’international.

Présentée à Montréal en janvier dernier, la pièce La valeur des chosesde la compagnie Grand Poney a offert une réflexion surla valeur accordée aux produits, aux gens, aux relations et sur la consommation que l’on en fait.

« UNE COOPÉRATION….BIEN BIEN, MAIS QU’EST-CE La volonté des tsars de Russie de faire de la cour russe une des QUE JE VAIS MANGER À MIDI? TIENS, TIENS, Y’A DU grandes cours européennes, les entraînent à « importer » ce style de POULET À LA COOP » danse. Au début du 19ème siècle, le gouvernement russe accorde une attention spéciale au développement du ballet parmi les autres Les danseurs ont interprété de grands types de divertissement. Le théâtre du classiques du ballet russe, tels le pas de deux Bolchoï ouvre en 1825. Les compositeurs de la belle au bois dormant, mais aussi d’autres russes commencent à composer pour des passages de Schéhérazade, don Quichotte, le ballets. Lac des Cygnes, La Danse Russe, etc. Ksenia Barbacheva et Alexandre Taranov (solistes du On pense notamment à Piotr Tchaïkovski ballet de l’opéra national Tchaïkovski de Perm) qui a composé de grands ballets tels le Lac ont, entre autres, magnifiquement interprété des cygnes, Casse-noisette, la Belle au bois un Nocturne de Leonid Desyatnikov. Si vous dormant, etc., dont le livret est souvent tiré avez la chance de voir une de ces deux étoiles du folklore russe. Le célèbre chorégraphe de en concert, foncez! Tous les danseurs et danseuses étaient ces pièces est un Français, Marius Petipa. Chef chorégraphe à l’école excellents. impériale du ballet, le renouveau de ce divertissementest, pour une bonne partie, son œuvre. En effet, il a créé ce qu’on appelle le ballet « Non mais c’est qui Desykiejtilatnikov… bref l’autre quoi? Hum… académique, qui mêle danse et théâtre à travers une série de mimes Je devrais peut-être faire mes exercices de finance… Non je dansés. Les ballets russes classiques héritent donc de cette tradition plaisante. Bon allez je vais faire le sudoku »! Eh bien non sacré et de cette codification. Voilà pour ce court résumé de l’histoire du fifrelin (oui, j’aime les expressions moyenâgeuses)! Le sudoku, ballet! c’est le mal! Continue à lire! Pour en savoir un peu plus sur la culture russe et européenne, et parce que le ballet est vraiment Même si le gala ne se produisait qu’une fois à Montréal, plusieurs un spectacle superbe. Du coup pour toi lecteur, je me suis penché spectacles de ballet ont lieu bientôt. Les Grands Ballets vous sur l’histoire du ballet (si c’est pas du dévouement ça). Donc allez, proposent le 20,21 et 22 février la Bayadère de Léon Minkus, Rodin/ lis cet article, c’est bon pour la culture générale, et ça prouve que Claudel en mars et Marie-Antoinette en avril. Le Théâtre Outremont l’on apprend des choses formidables dans L’Intérêt. vous propose quant à lui Ombres de Violence du Théâtre Atlantique le 3 mai. Parenthèse fermée, ce spectacle me permet donc de revenir rapidement sur l’histoire du ballet, ainsi que son expansion en Je vous conseille vraiment d’aller voir un de ces spectacles, car Russie. même si on s’entend que pour un étudiant c’est moins attirant qu’un Le ballet est un style de danse, inventé au 15ème siècle (en concert au Centre Bell, ce sont réellement des très belles pièces, et pleine Renaissance) pour la cour d’Italie. Ce spectacle dansé va on ne regrette pas d’y être aller. rapidement connaître un grand succès, et la plupart des cours européennes vont adopter ce divertissement. Cependant, son VOILÀ JE TE LIBÈRE LECTEUR, LE SUDOKU T’APPELLE. prestige décline tout au long du siècle suivant. Le ballet connaît OU FACEBOOK (SACRÉ FIFRELIN).

COÛTS VERSUS BÉNÉFICES Une lettre adressée à Jacques. Le sujet : une séparation. Elle ne veut plus de lui. Leur relation a été rentable, mais après un moment, elle ne voyait plus d’avantage marginal à continuer. Le rendement espéré n’a pas été atteint. On met une valeur économique même sur ce qui n’en a pas. Poussée à l’extrême, cette lettre de séparation devient ridicule (quoi que très bien écrite), mais elle sert de miroir aux relations que nous entretenons avec les objets de consommation. Si ça ne convient pas, on le retourne au magasin. Il y aura toujours un nouveau produit qui est plus beau, plus intelligent, plus performant, comme en témoignent les courts extraits radio tout droit sortis des années 50. On met aussi une valeur économique sur ce qui en a comme nul autre : l’argent. Pourquoi le gouvernement canadien a-t-il cessé la fabrication du sou noir en 2012? Parce qu’il en coûtait alors 1,60 sous produire un bout de métal qui ne valait qu’un sou. Par ses questions soulevées, ses textes réfléchis, son humour inattendu et ses comédiens généreux, La valeur des choses ne changera pas la société et ne ramènera pas le sou noir dans nos portefeuilles. Elle aura toutefois le mérite de pousser le spectateur à remettre les choses en perspective et à divertir le temps d’une courte heure. On aurait aimé que la réflexion se poursuive.

Et oui, on peut être roi et avoir le swag.

VOLUME 58, NUMÉRO 08 // 13 FÉVRIER AU 13 MARS 2014 // 015


JOURNAL L'INTÉRÊT - PARUTION #8 (2013-2014)  
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