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13 mars au 03 avril 2014 // VOLUME 58, NUMÉRO 09

www.journalinteret.com L’INTÉRÊT - HEC MONTRÉAL


Édito//

SOMMAIRE L’intérêt POLITIQUE

- Élections Printanières / Révolution Ukrainienne

L’intérêt DÉVELOPPEMENT DURABLE

- L’avenir de l’industrie agroalimentaire - Des milliers d’étoiles : DOSSIER SPÉCIAL

L’intérêt AFFAIRES

- Snowtification / Itoys - J’ai fait HEC et je ne m’en excuse pas

L’intérêt CULTUREL

flavien iszurin

- Simon Boudreault, tel quel - Un féminisme lacunaire

flavien.iszurin@hec.ca

p.03 p.04 p.05 p.10 p.11 p.12 p.13

L’intérêt ÉTUDIANT

- De l’intérêt du vin à HEC / Comme chez ta mère! p.14 - SBIU / Quand performance rime avec coopération p.15

« L’optimisme est l’opium du genre humain! L’esprit sain pue la connerie. Vive Trotski! » C’est par ces mots rafraichissants que Ludvik, le personnage principal de La Plaisanterie de Milan Kundera, allait se retrouver embarqué dans une déchéance de la condition.

autorisant les européens à venir librement travailler dans ce pays. La Suisse est dans une crise déjà bien assez profonde donc pourquoi vouloir retrouver sa souveraineté face à une Union européenne en pleine croissance?

Nous sommes en 1950 en Tchécoslovaquie et le communisme se met en place. Les comités étudiants du parti commencent à appliquer le diktat de la pensée unique en pourchassant avec la plus grande véhémence tous ceux qui pourraient être accusés de déviationnisme. Ludvik, cherchant simplement à piquer au vif sa blonde par une carte postale ironique, allait en payer le prix en étant expulsé de l’université et incorporé de force dans une brigade en plein milieu de la Moravie.

En tant que français je suis très content que ce soient des technocrates non-élus de la commission européenne qui prennent toutes les décisions à ma place.

On se demande de quel droit les suisses appliquent la démocratie directe. Vous pouvez me croire que les européens ne voudraient surtout pas d’un système comme celui-là.

Je réalise par ailleurs que notre journal n’a pas fait assez d’efforts pour relayer correctement l’idéologie dominante. Certes nous avons fait en novembre 2013 une Une sur les Femen, ces braves femmes très pacifiques, très féminines, très respectueuses des religions, et C’est parce que nous vivons aujourd’hui dans une époque démocratique absolument pas financées par Georges Soros. que nous laissons la possibilité à ceux qui ne pensent pas comme il Cependant je constate qu’à aucun moment nous n’avons fait faut de faire amende honorable. d’efforts pour évoquer et dénoncer la présence encore hégémonique Ainsi, en ce mois de mars, L’intérêt se repend de ses péchés. Suivant des hétérosexuels au sein de l’université. les pas d’Andreï Sakharov, physicien et dissident soviétique interné en hôpital psychiatrique à Gorki pendant six ans, nous allons faire notre Nous vivons en 2014 donc les gens devraient comprendre que ce psychanalyse afin de réapprendre à penser en conformité avec les concept est largement dépassé, voyons! exigences de l’idéologie de la vague dominante. Chers lecteurs, je vous invite à plonger dans notre parution de mars Mon infâme coéquipier Saoud ne m’épaule pas dans cette mise ne qui comprend un dossier monumental sur le suicide, et pour la bouche car ayant une tendance à critiquer la politique du gouvernement première fois je ne suis pas ironique… et n’oubliez-pas : le monde d’Israël, nous avons jugé que son cas était désespéré pour la médecine est une vaste plaisanterie. classique donc nous l’avons envoyé se faire exorciser au Liban. En février nous avons été témoins d’une révolution populaire et spontanée en Ukraine. Le vent de la démocratie et des droits de l’homme a soufflé sur ce pays qui va enfin pouvoir se détacher de la tutelle du méchant voisin russe et voir les devises couler à flot de la part d’une Union européenne en bonne santé économique. Pilotée par Yulia Timoshenko, un martyr aux cheveux d’ange, Vitali Klichko, un grand intellectuel boxeur, et Oleg Tiagnibok qui n’est absolument pas néo-nazi, l’Ukraine se relèvera en douceur malgré l’agression inqualifiable de l’infâme Poutine en Crimée. En Suisse une majorité de gens ignorants et racistes a choisi de voter pour remettre en cause l’application de la convention de Schengen 02 // 13 mars au 03 avril 2014 // VOLUME 58, NUMÉRO 09

CRÉDITS Journal L’Intérêt HEC Montréal 3000, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Local RJ-781, Montréal, (Québec), H3T 2A7 | tél. : 514 340-6105 Comité exécutif Présidente : Catherine Lavery | VP Interne : Sébastien Keita | VP Externe : Victor Lheritier | VP Ventes : Erwan Leguennou | Webmaster : Clara Migeot | Illustrateur : Melki Melgarejo | Photographe : Andréa Monguilod | Graphistes : Antoine Delacressonnière (antoine@octaveoscar.com), Catherine Lavery Comité Rédactionnel

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Contributeurs : Ermita Passana, Victor Lhéritier, Jean-Louis Paya, Sarah Pelzman, Catherine Barette

Imprimeur : Hebdo Litho | Distributeur : Chad Ronalds Pour la rédaction : saoud.maherzi@hec.ca et/ou flavien.iszurin@hec.ca Pour la publicité : redaction.interet@hec.ca L’Intérêt est le journal des étudiants de HEC Montréal et il est publié par l’AEHEC. Il est membre de la Presse universitaire canadienne et du University-Wire. L’Intérêt est un journal d’opinion et, à ce titre, n’est pas tenu de présenter des articles neutres et impartiaux. Le contenu de ce journal est indépendant de la direction de HEC Montréal et des associations étudiantes. Les textes n’engagent que l’auteur et ne reflètent en aucun cas l’opinion de l’École, de l’AEHEC ou des autres collaborateurs du journal. Le matériel contenu dans L’Intérêt peut être reproduit avec mention de la source. Nous avons adopté dans ces pages la majeure partie des rectifications orthographiques recommandées par l’Académie française.

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L’INTÉRÊT POLITIQUE//

ÉLECTIONS PRINTANIÈRES Après des semaines de spéculation de la part des catherine.barette@hec.ca médias, Mme Marois a finalement donné le coup d’envoi de la campagne électorale le 5 mars dernier. Son gouvernement minoritaire n’aura duré que 18 mois. À l’époque, le Parti Québécois parlait d’instaurer des élections à date fixe…

RÉVOLUTION UKRAINIENNE : réalités au-delà des mythes

Catherine Barette

Niveau de popularité record dans les sondages, annonces d’investissement de plus de deux milliards au cours des derniers mois, le gouvernement Marois a présentement le vent dans les voiles. Tout semble aller pour le mieux. Tout, sauf l’adoption du projet de Charte de la laïcité ; alors qu’elle trouve un fort appui auprès de la population, la Charte n’obtient pas la majorité nécessaire en chambre. Il y a un blocage politique. La seule option possible pour le PQ devient alors l’obtention de la majorité. Ainsi, des élections sont déclenchées et d’importantes sommes dépensées pour un projet qui est loin de faire l’unanimité et même que certains accusent de diviser. Est-ce que tout ce processus est une réelle nécessité ou un simple caprice de Mme Marois et de son ministre Drainville? La question se pose. Il faut souligner que le PQ mise beaucoup sur un projet qui n’a pourtant pas encore passé le test des tribunaux. L’économie, un enjeu prioritaire Cette campagne électorale a toutefois le mérite de donner une voix à la population québécoise, de connaître ses préoccupations, dans un contexte où l’économie peine à croître. Un tel contexte a évidemment des répercussions sur les finances publiques et sur les secteurs clés que sont la santé et l’éducation, mais aussi sur la vie de bien des gens, pour qui la perte d’emploi est une réalité à laquelle ils ont dû faire face. Les taux de chômage l’indiquent clairement : ils sont en moyenne plus élevés au Québec que dans le reste du Canada. On espère ainsi que les enjeux abordés ne seront pas tant sur la Charte que sur la relance de l’économie et la création d’emplois, question d’insuffler un peu de vigueur à un Québec où le niveau de croissance reste insatisfaisant. Avis aux intéressés, le site internet de Radio-Canada offre à nouveau la Boussole électorale, un outil qui permet d’évaluer votre proximité à un parti en fonction de vos opinions politiques. Elle constitue par le fait même un bon moyen de confirmer ou d’infirmer les idées préconçues qu’on peut parfois avoir au sujet des partis.

flavien iszurin

flavien.iszurin@hec.ca

Pourquoi les événements de Kiev ne sont qu’un champ de bataille de la géopolitique mondiale

« Cessons de voir des complots partout! ». C’est par ces sages paroles que j’aimerai amener mes lecteurs à poser une grille de compréhension différente sur les événements en Ukraine. Pourtant, le souci est que la sagesse est souvent bien moins efficace pour appréhender la politique que le machiavélisme. Le « complot » reste donc la constante de l’histoire et ce sont les sentiments qui constituent l’exception, pas l’inverse.

[...] Il semble qu’un certain nombre de manifestants aient été payés entre 200 et 300 grivna par jour, soit entre 20 et 30 dollars par jour. Par qui? La Konrad Adenauer Stiftung, une fondation proche du CDU, le parti chrétien-démocrate d’Angela Merkel en Allemagne, et dirigée par Hans-Gert Pöttering, ancien président du parlement européen.

«  Complot  » est un terme mal connoté désignant une action en sous-main d’un groupe de personnes, d’institutions ou d’organisations œuvrant à la réalisation de leurs intérêts et ayant un plan précis pour y arriver, le tout ne devant pas être su du grand public. Je veux bien que les événements en Ukraine soient spontanés et populaires, mais il faut m’expliquer le sens humaniste de cette conversation interceptée le 25 janvier dernier entre Victoria Nuland, soussecrétaire d’État américaine et Geoffrey R. Pyatt, l’ambassadeur américain en Ukraine. Ceux-ci élaborent un plan pour déterminer avec qui s’appuyer dans le futur gouvernement ukrainien (adouber Yatseniuk et évincer Klichko) et comment s’assurer de chasser Yanukovich. Au passage les protagonistes expliquent comment Jeff Feltman, secrétaireadjoint aux Nations unies, promeut les intérêts américains. C’est lors de cette conversation que Victoria s’enorgueilli de termes fort peu flatteurs envers les européens.

Il faudra également m’enlever de l’esprit ce que l’économiste américain Paul Craig Roberts écrit le 17 février dernier sur son site. En effet il semble qu’un certain nombre de manifestants aient été payés entre 200 et 300 grivna par jour, soit entre 20 et 30 dollars par jour. Par qui? La Konrad Adenauer Stiftung, une fondation proche du CDU, le parti chrétien-démocrate d’Angela Merkel en Allemagne, et dirigée par Hans-Gert Pöttering, ancien président du parlement européen. Un autre nom revient avec insistance, celui de Viktor Pinchuk. Il s’agit de la deuxième fortune d’Ukraine. Marié à la fille de Léonid Kuchma, ancien président

de l’Ukraine (1994-2005), il a fait fortune dans l’acier et a établi de solides relations avec le couple Clinton aux ÉtatsUnis. Grand mécène et acteur philanthropique, il n’en oublie pas moins d’œuvrer aux intérêts politiques américains en fondant la Yalta European Strategy (YES), grand réseau politique mondial. Voici quelques noms de convives participant au dîner annuel à Yalta : Tony Blair, Georges Soros ou encore Dominique StraussKahn. «  les transformations démocratiques requièrent du temps et de la patience et un appui de l’extérieur comme de l’intérieur ». Voilà en substance ce qu’a déclaré Condoleezza Rice lors de la rencontre de 2012.

Les événements des dernières semaines en Ukraine, et leur épilogue, bien que présentés comme historiques et révolutionnaires, ne sont que la perpétuation d’une constante de l’histoire, à savoir qu’une révolution populaire et spontanée n’existe pas. Une révolution n’est qu’un rassemblement hétéroclite de personnes, liées temporairement par une volonté commune de faire tomber le régime, utilisées, instrumentalisées par des réseaux politiques, financiers et médiatiques. Une révolution n’est rien d’autre qu’une bataille interposée de puissances politiques et d’oligarques, envoyant le peuple se faire tuer à leur place. Pour que ce dernier accepte ou ignore son véritable rôle, il lui faut un prétexte : la démocratie, les droits de l’homme, et la lutte contre la corruption. J’invite finalement mes lecteurs à voir le reportage États-Unis : à la conquête de l’est. Celui-ci date de 2005 et montre comment les États-Unis ont soutenu les révolutions colorées en Géorgie en 2003, en Ukraine en 2004 et au Kirghizistan en 2005. Vous y apprendrez notamment l’action des fondations de Georges Soros et John McCain. VOLUME 58, NUMÉRO 09 // 13 mars au 03 avril 2014 // 03


l’intérêt DÉVELOPPEMENT DURABLE//

l’avenir de l’industrie agroalimentaire JÉROME COTÉ BLANC-COLLOMB VICTOR LHERITIER jerome.cote-blanc-collomb@hec.ca victor.lheritier@hec.ca

L’intérêt a suivi pour vous la conférence sur l’industrie agroalimentaire du 31 janvier 2014. Pour tout savoir sur cette industrie et sur les défis qu’elle rencontre!

Fonctionnement actuel : L’industrie agroalimentaire a une structure pyramidale où l’Agriculteur-pêcheur forme la base, au-dessus les distributeurs et enfin au sommet se retrouvent les consommateurs. Le problème c’est que les consommateurs recherchent toujours de plus petits prix, exerçant alors une pression sur le reste de la pyramide. Or, il y a seulement deux moyens ne nécessitant pas trop d’investissement qui permettent de réduire les coûts : soit on coupe les intermédiaires, soit on réduit le prix d’achat. La solution trouvée a été d’exercer une énorme pression sur les producteurs. Or ne sommesnous pas dans une société capitaliste prônant des valeurs telles que le droit de faire du profit à partir de son travail? Oui, mais paradoxalement, l’incroyable demande impose sa loi des petits prix à des producteurs éparpillés, impuissants, faisant face par la même occasion aux intermédiaires, aux producteurs extérieurs et aux marchés boursiers fixant des prix mondiaux. Dès lors, ces mêmes producteurs, qui ne font pas ou peu de profit, sont subventionnés par nos impôts pour pouvoir subsister.

Cette solution s’inscrirait dans l’idée de promouvoir les produits locaux au profit des agriculteurs locaux. Et par conséquent, permettre un rééquilibrage de la société, car on a un peu tendance à l’oublier, mais ces femmes et ces hommes sont aussi la base de nos sociétés. D’autre part, cela permet aussi de promouvoir l’identité culinaire québécoise : en effet, tous ces gens participent depuis toujours à la cuisine québécoise, des mères de famille d’antan jusqu’aux grands chefs cuisiner d’aujourd’hui.

Par ailleurs les conférenciers estiment que l’effort au niveau national pour promouvoir la culture culinaire québécoise n’est pas assez poussé. Il faudrait instaurer un réseau de distribution plus apte à ramener des produits québécois dans les assiettes, tel que le poisson de Gaspésie, etc. Également, certains estiment que l’instauration d’une appellation contrôlée pour des produits Seconde incohérence, la dictature de l’union comme le cidre du Québec est à des producteurs agricoles (UPA) sur l’enl’ordre du jour, car elle permetsemble des secteurs de l’agroalimentaire trait également de renforcer cette au Québec. Il est en effet obligatoire pour culture culinaire québécoise qui chaque agriculteur d’adhérer au syndicat est parfois remise en question. et de lui verser des cotisations. Ce dernier Enfin les producteurs agricoles aurait tendance à prendre des décisions qui auraient une certaine liberté synfavoriseraient les gros producteurs au détridicale leur accordant une indément des plus petits, qui eux se trouvent pendance et une liberté sur leurs déjà dans une situation précaire. Il exercerait par ailleurs un lob- choix de vie qui ne pourra qu’améliorer leur sort, et indirectement, bying qui permettrait de conserver des prix élevés sur le marché, celui des consommateurs. mais qui profiterait avant tout aux distributeurs plutôt qu’aux producteurs. Tendance future : Après la signature d’un traité élargissant la libéraAméliorations proposées : lisation des échanges avec l’Union européenne, de Face à ces défis, les parties prenantes ont proposé différentes nouveaux produits vont apparaitre sur le marché quésolutions : le modèle B to C, soit des producteurs aux consomma- bécois. Est-ce une menace? Oui, mais ça dépend pour teurs. L’avantage de ce modèle : finis les intermédiaires, établis- qui. L’ouverture des marchés du Canada sur l’Europe sement d’un cercle vertueux où toutefois il y a des inconvénients : ne nuira pas aux fromages québécois artisanaux, les habitudes des consommateurs, la distance et les volumes mais plutôt aux gros distributeurs québécois. que devraient assumer les producteurs s’ils veulent vendre direc- Les tendances futures sont difficiles à prévoir. Toutement aux clients. Il existe déjà des initiatives dans ce sens à tefois, certains mouvements indiquent une direction l’exemple des marchés ou encore de petites structures proposant que devrait prendre le secteur agroalimentaire. Des un approvisionnement dans les universités pour les étudiants. mouvances comme le dumpster diving et les mouve-

[...] De nouveaux produits vont apparaitre sur le marché québécois. Est-ce une menace? Oui, mais ça dépend pour qui. L’ouverture des marchés du Canada sur l’Europe ne nuira pas aux fromages québécois artisanaux, mais plutôt aux gros distributeurs québécois.

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ments décroissants, etc. luttent contre le gâchis. Les campagnes publicitaires gouvernementales développent aussi l’idée d’être en santé et donc de bien manger. Après tout, on devient ce que l’on mange n’est-ce pas? Les consommateurs exercent aussi une demande croissante de produit biologique et de transparence quant à la traçabilité des produits. Enfin un certain idéal à atteindre serait celui d’une société plus égalitaire, où la base de notre société, le secteur primaire, devrait recevoir tout le respect qu’on lui doit et pouvoir lui permettre de vivre plus décemment. Ainsi le secteur agroalimentaire devra tenir compte de l’ensemble de ces tendances pour initier un nouveau modèle mieux adapté. Acteurs Conférencier : Jérôme Ferrer, Chef et fondateur du Groupe Europea, Alex Cruz, Recherche et développement, Société Orignal, Véronique Bednarz, Directrice adjointe Provigo avenue MontRoyal, Sylvie Berkowicz, réalisatrice et directrice de l’émission Mixeur Paul André Piché, Chef propriétaire, P.A Gargantua Animateur : Jean Baptiste Herlem, Consultant stratégique en agroalimentaire chez Zins, Beauchesne et associés et chercheur en innovation à l’ITHQ. Remerciement à l’ordre des tabliers Qui est l’ordre des tabliers? L’ordre des tabliers est une association créée il y a 3 ans par des étudiants du second cycle. Cette association est principalement gérée par des étudiants du 2nd cycle dans des spécialisations très diversifiées. L’ordre des Tabliers a pour objectif d’initier les étudiants aux arts culinaires afin de leur faire découvrir les joies de la cuisine et de l’œnologie, de les préparer aux futurs repas d’affaires ainsi que d’utiliser la cuisine comme arme de réseautage auprès des professionnels.


L’INTÉRÊT DÉVELOPPEMENT DURABLE// andrea hawkes

andrea.hawkes@hec.ca

DES MILLIERS D’ÉTOILES POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

La souffrance individuelle

Have you ever thought, thought your heart would break ? Strophe : No. Phaedra : Wished you could open your chest tear it out to stop the pain ? Strophe : That would kill you. Phaedra : This is killing me. Strophe : No. Just feels like it. Phaedra :

Dans la pièce L’Amour de Phèdre de Sarah Kane, les souffrances psychiques de Phèdre sont viscérales. Elle est victime de viol, elle souhaite s’en libérer physiquement, la seule issue perçue comme possible est le suicide. Mark Henick a tenté de se suicider plusieurs fois. Conférencier à TEDx Toronto le 26 septembre 2013, il expliquait comment selon lui, être suicidaire, c’est comme avoir une perception du monde rétrécie, une perception atrophiée, qui tel des œillères pour un cheval, empêche de voir les choses de manière plus globale. Cette idée d’ouvrir sa perception, je l’avais déjà entendu d’Hubert Reeves. Alité à l’hôpital, il racontait sur les ondes de Radio-Canada comment il avait l’âme en peine. Un soir il regarda par la fenêtre à côté de son lit, et il vit les étoiles. Astrophysicien, il avait observé les étoiles déjà des centaines d’heures, mais cette fois il les voyait différemment. Il s’est senti petit à côté de cette immensité de l’univers, ses souffrances psychiques se sont envolées, comme si le changement de perspective le libérait.

La structure sociale Le sociologue Emile Durkheim publiait en 1897 une œuvre pionnière sur le suicide où il décrivait ce phénomène rare comme étant collectif. À la suite de son étude il décrivit cette typologie du suicide :

L’individu au sein de la société et son rapport à :

Caractéristique

Type de suicide

L’Intégration

Tissés trop serrés

Altruiste

Les liens dans la communauté, société, sont…

Ne sont pas assez tissés serrés

Égoïste

La Régulation

Trop contraignantes

Fataliste

Les normes pour règlementer le comportement sont…

Absentes, ou presque

Anomique

Ce tableau indique qu’il y aurait, selon Durkheim, une cause sociologique au suicide, due à une perte d’équilibre au niveau de la solidarité et de la réglementation en société. L’idée ici étant de contextualiser le suicide au sein d’une communauté ou d’une société. La typologie n’est pas une boîte fermée, au contraire, ce serait davantage expliqué par une gradation, tel l’axe des x pour la régulation et l’axe des y pour l’intégration (Figure 1).

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DES MILLIERS D’ÉTOILES POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

C’est ainsi que Durkheim s’intéresse aux causes sociales du suicide, c’est-à-dire la religion, la famille et la société politique. À l’époque, Durkheim avait par exemple observé plus de suicides au sein des populations catholiques que des populations protestantes. Est-ce toujours le cas? Le sociologue statisticien Éric Malenfant nous apprend que le suicide frappe davantage les francophones que les anglophones au Québec, et émet comme théorie la forte prévalence de l’encadrement religieux dans la société québécoise traditionnelle.

« [...] Il y aurait selon Durkheim une cause sociologique au suicide dû à une perte d’équilibre au niveau de la solidarité et de la réglementation en société »

INTÉGRATION

andrea hawkes

ALTRUISTE

Régulation ANOMIQUE

FATALISTE

L’émancipation de la femme aurait contribué à transformer le cadre moral, les hommes se retrouvant sans point de repère par rapport à leur rôle de pourvoyeur au sein de la société et auraient ainsi tendance à choisir le suicide. Ceci expliquerait selon lui pourquoi en 2003, 8 fois plus d’hommes que de femmes se suicidaient au Québec. Pourtant, M. Malenfant remarque lui même qu’un rétrécissement de l’écart des taux de suicide entre les hommes et les femmes est survenu au cours des dernières années, et ce, parce que les femmes se suicident davantage qu’auparavant. En fait, même si les femmes ne perdent pas la vie à chaque tentative, elles essaient, et ce, 4 fois tiennes) à éduquer les jeunes des Premières Nations et les rendre plus que les hommes. « civilisés », c’est-à-dire comme les occidentaux. Ainsi, pendant 100 ans, on a enlevé des centaines de milliers d’autochtones à leur faDurkheim avait noté à l’époque que les femmes se suicidaient moins mille, on les a contraints à oublier leurs traditions et leurs cultures, que les hommes. Il avait émis l’hypothèse que c’était dû à un manque et ce, malgré un très jeune âge pour plusieurs. d’éducation, conséquemment un manque d’esprit critique. Elles ne remettaient pas leur rôle en société en question. Le 3 mars 1819 est aussi le jour de la promulgation de la Loi sur l’abolition de la traite des esclaves par le Congrès Tout le contraire d’aujourd’hui non? C’est que Durkheim avait obser- américain. En 1824, le Bureau des Affaires Indiennes vé un taux de suicide supérieur chez les personnes instruites (et de voyait le jour au sein du Département de Guerre. classes supérieures) autant chez les protestants que chez les catholiques. Les protestants, misant davantage sur l’éducation pour lire Ces deux faits sont au mieux ironiques. Mais en fait, la Bible que les catholiques, avaient ainsi, selon Durkheim, davan- lorsqu’on observe un taux de suicide 2.5 fois plus tage développé l’esprit critique, plus habitués (depuis la Réforme) à élevé chez les Premières Nations des Etats-Unis, on remettre en question des doctrines. L’Église catholique avait plutôt ne peut que se demander s’il n’y a pas un lien à faire prôné la subordination des croyants au clergé, en ne traduisant pas avec la théorie de l’anomie de Durkheim. Au Canada, la Bible (en latin) dans une langue d’usage. Tout tiendrait-il de la les « écoles résidentielles » ont aussi fait leur lot de force du lien social? dommage. Nous avons environ deux fois plus de décès par le suicide chez les Premières Nations, et La perte de repères normatifs chez les Inuits, on parle plutôt d’un taux de 6 à 11 fois Le 3 mars 1819, le congrès américain approuvait la Loi relative au plus grand que dans la population canadienne généFonds pour la Civilisation (Civilization Fund Act) qui encourageait rale. Pour Laurence J. Kirmayer, auteur des études les « organismes communautaires » (des missions religieuses chré- sur le suicide dans les communautés autochtones du

ÉGOÏSTE Canada, le lien est clair : « le suicide est un comportement ou une action, ce n’est pas un trouble psychiatrique particulier […] c’est important de comprendre le suicide dans un contexte plus large de santé mentale et physique, de bien-être […] le suicide n’est jamais le résultat d’une seule cause, il se produit au sein d’un système complexe d’interactions individuelles et des circonstances sociales » (traduction libre).

« [...] Le suicide n’est jamais le résultat d’une seule cause, il se produit au sein d’un système complexe d’interactions individuelles et des circonstances sociales »

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L’INTÉRÊT DÉVELOPPEMENT DURABLE//

Écologique

VIVABLE

VIABLE DURABLE

SOCIAL

ÉCONOMIQUE ÉQUITABLE

« Récemment, l’armée américaine, devant l’insoutenable taux de suicide des vétérans, a reconnu avoir un problème. Ce problème, ils l’ont nommé : les leader toxiques. »

Au delà de la publicité sur la semaine de la prévention du suicide, les médias reviennent fréquemment au cas des jeunes hommes. Probablement parce que pour les 15-34 ans, le suicide équivaut à une grande proportion des causes de mortalité. Par exemple, entre 1991 et 2001 cela équivalait à 38 %. Chez les 20-34 ans, cela équivalait à 30  % (2008-2010). De plus, le taux de suicide chez les hommes de 20-34 ans était à un sommet inquiétant en 1995, mais heureusement celui-ci a diminué de 40 % depuis les 20 dernières années. Celui des jeunes hommes de 15 à 19 ans a diminué de 50 % pour la même période. Il y a vraisemblablement des actions qui fonctionnent très bien dans la prévention du suicide chez les jeunes hommes, il faut continuer.

Le phénomène est plus rare chez les hommes de 35 à 49 ans simplement car ils commencent à mourir d’autres causes. Mais le taux de suicide, lui, a par contre a légèrement augmenté. Cette tranche d’âge est la seule à avoir augmenté depuis les 20 dernières années, avec celui des jeunes femmes de 15-19 ans. Le portrait se complexifie. La gestion Récemment, l’armée américaine, devant l’insoutenable taux de suicide des vétérans, a reconnu avoir un problème. Ce problème, ils l’ont nommé : les leaders toxiques. Avec son style de leadership destructif, le leader toxique intimide, utilise des moyens coercitifs violents physiquement ou verbalement pour « casser » la personnalité d’une

Au Québec La semaine nationale de prévention du suicide avait lieu du 2 au 8 février 2014. Le slogan est « T’es important-e pour nous ; Le suicide n’est pas une option ». Sur l’affiche on voit un jeune d’environ 20 ans entouré de ce qui pourrait être ses parents, tous souriants, les 3 portant une épingle en bois « t’es important pour nous ». Le message semble relativement simple à comprendre : hey le jeune, tes parents t’aiment, ils sont là pour toi, fais pas ça. Même si les suicides étaient auparavant plus fréquents à Montréal, cela a bien changé. C’est en région (c’est-à-dire au delà de Laval, la Montérégie, et la Capitale-Nationale) que nous retrouvons le plus haut taux de suicide par habitant. La Côte-Nord et l’Abitibi-Témiscamingue ont les taux les plus hauts de la province, c’est-à-dire 22.5 par 100 000 personnes en Côte-Nord et 20.1 par 100 000 personnes en Abitibi, comparativement à 11.3 par 100 000 personnes à Montréal (sexes réunis, 2009-2011). Ceci dit, les taux varient d’une année à l’autre, mais une chose demeure constante : entre 2006 et 2011, les taux de suicide les plus bas sont à Laval, Montréal, et en Montérégie. Que se passe-t-il dans nos régions? VOLUME 58, NUMÉRO 09 // 13 mars au 03 avril 2014 // 07


L’INTÉRÊT DÉVELOPPEMENT DURABLE// andrea hawkes

andrea.hawkes@hec.ca

DES MILLIERS D’ÉTOILES POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

autre personne. Peut-être en avez-vous déjà rencontré sous forme d’employeur, de parenté, de chum, de blonde ou de collègue? Ou peut-être ce mot vous inspire des images du film Full Metal Jacket? Le 28 novembre dernier, les employés du chantier naval Irving en Nouvelle-Écosse entamaient un débrayage afin de dénoncer les conditions de travail, où l’intimidation semblait faire parti des tactiques des gestionnaires. Ce matin là, les 300 employés avaient appris la mort par suicide d’un collègue (53 ans, 30 ans de métier) qui s’était fait suspendre sous de faux prétextes le jour avant. Il avait, selon eux, subi de l’intimidation. Il fallait que ça cesse.

VIVABLE

« Nous avons besoin, tous et chacun d’entre nous, d’un monde équitable, d’un monde viable et d’un monde vivable. »

Notre avenir à tous Le développement durable, tel que défini dans Notre avenir à tous (1987) examine l’environnement, non seulement écologique, mais aussi humain. Les besoins des plus démunis sont ainsi déterminés comme la priorité et pour y répondre, la société et l’économie subiront une transformation progressive. Il s’agit d’une vision systémique des choses où les interactions et les interdépendances sont prises en compte. Plutôt que de percevoir le monde à travers la lunette économique, nous sommes invités à percevoir simultanément les multiples réalités économiques, écologiques et sociales.

Nous avons besoin, tous et chacun d’entre nous, d’un monde équitable, d’un monde viable et d’un monde vivable. Durkheim notait dans ses observations que le taux de suicide diminuait lors de révolutions populaires. Ceci est encore observable aujourd’hui. Il a plein de stratégies pour nourrir nos besoins. Choisissons-en plusieurs. En voilà une qui donne l’espoir en ce qui forme une société : les individus. Le numéro de Suicide Action Montréal : (514) 723-4000 À l’extérieur de Montréal : 1-866-APPELLE : 1 (866) 277-3553 Liée par des valeurs d’entraide et de solidarité, notre équipe de bénévoles et d’employés entend contribuer à la solution du grave problème du suicide au Québec. L’expérience acquise nous convainc que des changements en faveur de la vie sont possibles grâce à la démarche de ceux qui nous téléphonent, à l’appui de la communauté et à celui de nos partenaires. Quelle que soit votre situation en regard de la problématique du suicide, nous appeler est le premier pas faire si vous désirez notre aide.

N’hésitez pas! Nous prendrons le temps de vous accueillir, de vous écouter et de vous aider.

08 // 13 mars au 03 avril 2014 // VOLUME 58, NUMÉRO 09

VIABLE DURABLE

ÉQUITABLE


«J’ai l’assurance d’une carrière pleine de défis » Vous aimez la vente, la négociation et le service à la clientèle ? Lareau vous paie la formation pour devenir courtier en assurance de dommages. Grâce à votre formation aux HEC, ce sera un atout pour votre développement. Faites partie d’une équipe jeune et dynamique dans une entreprise en pleine croissance !

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l’intérêt AFFAIRES// jean-louis paya

Entrevue AVEC le gagnant du startup weekend. SNOWTIFICATION

jean-louis.paya@hec.ca

Nicolas Jolicoeur a terminé son baccalauréat en administration des affaires (marketing) à l’ESG-UQAM à la session d’automne 2013. Depuis le Startup Weekend, il se consacre à plein temps à son entreprise : Snowtification.

Q

Quel service propose Snowtification?

Nous proposons une interface web permettant aux déneigeurs résidentiels d’avertir facilement leur client avant leur passage, via messages textes ou appels téléphoniques. Nous favorisons ainsi une meilleure communication et coordination.

R

Q R Q R

Quelle est la situation financière de votre entreprise?

s’est formée. J’ai eu la chance d’avoir à mes côtés Ian Edigton, sont Q Quelles Stéphane Espinosa, Ashley Staton et Mathieu Lafrance tout au long les principales du Startup Weekend. La force de notre équipe vient de sa diversité. difficultés auxquelles L’équipe de Snowtification c’est de l’expérience en vente B2B et B2C, vous avez fait face dès une connaissance concrète du milieu de la construction, une vingtaine la fin du weekend? d’années d’expérience en programmation, un titulaire d’un bac en administration, et deux étudiants au MBA d’HEC avec des profils startup Weekend, R Le scientifiques. Tous les cinq, nous sommes encore actifs dans le projet. c’est un sprint. Par contre, la vraie vie d’une startup Vous avez gagné la première place. Quels prix c’est un marathon. Nous avons Q avez-vous obtenus? réussi à convaincre les juges, mais le vrai défi est maintenant de proposer un R Avec la première place viennent trois mois d’un espace de produit qui va satisfaire les déneigeurs. Et ça c’est un travail de longue travail gratuit, une campagne de marketing, le développement haleine qui demande de la persévérance. d’une application et trois billets pour NEXT en plus d’un repas avec Anges Québec. Q Voulez-vous rajouter un dernier point?

Vous pouvez visiter notre site snowtification.com pour plus de détail et pour rester à l’affut du projet. Si vous êtes dans le Nous avons la chance d’être autonomes financièrement. milieu du déneigement ou connaissez quelqu’un qui l’est, n’hésitez Qui sont les membres de votre équipe que vous R Oui, puisque nous avons gagné la première place plusieurs pas à entrer en contact avec nous au contact@snowtification.com. personnes veulent nous rencontrer et cela nous apporte de la Vous pouvez aussi nous suivre sur twitter au @snowtification et sur avez pu monter grâce au startup weekend? visibilité médiatique. Ce qui nous aiderait le plus pour l’instant est facebook. Je suis arrivé avec l’idée de Snowtification vendredi soir mais d’avoir des déneigeurs qui testeraient notre produit. ne connaissant personne. C’est donc le soir même que l’équipe

maryse boulos victor lheritier

maryse.boulos@hec.ca victor.lheritier@hec.ca

Le cours d’entrepreneuriat a changé leur perception du commerce et des entreprises. En effet, Claude Ananou, professeur de renommé, expert en PME, affirme qu’il existe un mythe autour de l’entrepreneur. Dans l’esprit collectif, pour devenir entrepreneur il faut avoir des qualités telles que : l’audace, la confiance, le leadership, la créativité, la flexibilité et encore bien d’autres. De même, on dit souvent qu’il suffirait d’avoir une seule et bonne idée pour se lancer en affaires. Selon Monsieur Ananou, aucune qualité particulière n’est requise, dès lors tout le monde peut devenir entrepreneur. Autrement dit, Il y aurait autant de types d’entrepreneurs qu’il y a de personnes. De plus, il est inutile d’avoir la meilleure idée du monde, si elle ne répond à aucun besoin, au contraire il faut penser en termes de solution à un problème. Toutefois, pour penser à cette solution il faut être capable de déceler les besoins encore non assouvis des consommateurs. Là réside le défi de l’entrepreneur ; trouver une solution qui plaise à un client dont les besoins sont de plus en plus complexes. 010 // 13 mars au 03 avril 2014 // VOLUME 58, NUMÉRO 09

Q

Avez-vous reçu d’autres aides indirectes grâce au startup weekend?

R

Itoyz est une entreprise qui a été fondée au mois de juin 2013 par Avi Benchimol et David Wolf, deux récents diplômés de HEC Montréal. Elle œuvre dans la vente de jouets télécommandés pour enfants ainsi que de gadgets électroniques. Les jeunes cofondateurs se dirigeaient au départ vers une carrière en finance des marchés. Toutefois les circonstances et certaines rencontres en ont décidé autrement. Les activités de l’entreprise La réussite du modèle Itoyz est l’adaptabilité de l’entreprise ainsi que la débrouillardise des cofondateurs ayant été capables de s’adapter à chaque situation. Étant donné que la vente de jouets est un marché cyclique dont 80 % du chiffre d’affaires se réalise pendant les fêtes, ils ont décidé de louer des locaux à la Place Rosemère seulement durant trois mois autour de Noël. Face à cette courte période de visibilité, Itoyz offre en contrepartie un service après-vente efficace et personnalisé par l’entremise de leur site Internet. Malgré sa récente fondation, Itoyz a offert, le 5 mars dernier, des jouets d’une valeur de 2500 $ aux enfants de l’Hôpital Sainte-Justine. À long terme, les cofondateurs envisagent une plus grande diversité dans les produits technologiques. Ils veulent rester dans ce domaine, car c’est une niche qui leur permet de se différencier de la concurrence. Leur stratégie de croissance se fondera sur une plus grande visibilité et s’appuiera sur leur stratégie de volume ; vendre beaucoup avec de faibles marges. Cela assure alors aux consommateurs des prix compétitifs.

Conseils Lorsqu’on se lance en affaires, il est possible de réduire les risques en analysant adéquatement la situation. Cependant, malgré les innombrables calculs, la peur d’échouer reste présente. Selon Avi Benchimol « il faut te lancer en affaires, sinon tu ne verras jamais les possibles bénéfices. » Par ailleurs travailler avec un partenaire d’affaires complémentaire augmente les chances de réussite. Selon David Wolf, face à « l’audace voire même l’insouciance quant aux risques d’Avi, je suis le conservateur » permettant alors au duo d’opter pour les actions justes et réalisables.


L’INTÉRÊT CULTUREL// catherine barette

catherine.barette@hec.ca

j’ai fait hec et je ne m’en excuse pas

Dans son livre J’ai fait HEC et je m’en excuse, Florence Noiville se penche sur le rôle qu’a joué l’enseignement dispensé par les grandes écoles de commerce dans la crise financière de 2008 – 2009. Étudiante à HEC Paris dans les années 80, l’auteure porte aujourd’hui un regard critique sur l’enseignement d’un système capitaliste où la réussite économique est reine et les valeurs sociales et morales sont trop souvent absentes. Noiville déplore que, malgré les failles observées d’un tel modèle, la remise en question des façons de faire et l’ouverture à un capitalisme alternatif peinent à intégrer le programme des grandes écoles de commerce. Ces propos recèlent en effet une grande part de vérité, notamment quant au besoin de changement du modèle économique actuel, qui passe par la responsabilité sociale des acteurs du marché. Toutefois, des nuances sont à apporter relativement au rôle accru qu’impute Noiville aux grandes écoles de commerce dans la crise de 2009.

qu’une autre, en réponse à la question de savoir si les écoles de commerce ont joué un rôle dans la crise de 2009, répond « Oui, en survalorisant la réussite économique ». Bien que voulant servir de critique à l’enseignement des grandes écoles de commerce, ces témoignages apparaissent plutôt comme des excuses utilisées par les gestionnaires pour tenter d’expliquer leurs actions parfois Si personne ne se sent entièrement coupable, personne n’est discutables sur le plan moral. entièrement responsable non plus. Bien sûr, les grandes écoles de commerce ont le devoir de transmettre les connaissances nécessaires Simplement blâmer l’enseignement pauvre en valeurs humaines pour former des futurs gestionnaires dignes de ce nom. Intégrer au apparaît trop facile. Noiville semble oublier, ou du moins programme des cours à caractère plus humaniste est certes une idée négliger, qu’ultimement, c’est l’ensemble des décisions prises qui doit être mise en œuvre et qui a le mérite d’essayer de changer individuellement par les financiers qui a creusé le fossé dans lequel les mentalités et les façons de faire déjà établies. l’économie a plongé.

et les interrelations quotidiennes. Ce qui fait qu’un gestionnaire endosse sa responsabilité sociale tient davantage des valeurs inculquées et développées au fil des ans que des théories étudiées dans le cadre d’un cours universitaire. Finalement, une mention spéciale doit être faite au chapitre Entretien avec le professeur Y, qui rend hommage au travail de Muhammad Yunus et à sa vision d’un capitalisme alternatif. Ce professeur à l’origine de la Grameen Bank, organisation offrant du microcrédit aux populations dans le besoin, est un bel exemple d’économie au service du bien commun.

Mais cette initiative a-t-elle réellement un impact, et surtout, doiton blâmer les écoles de commerce de ne pas avoir inclus ces cours plus tôt dans le cursus? Rien n’est si sûr. D’abord parce que ces cours n’intéressent, selon les propos de l’auteure elle-même, qu’une minorité d’étudiants en administration, ce qui en minimise l’impact.

D’accord, l’école est censée fournir les outils nécessaires pour permettre aux futurs administrateurs d’exceller honorablement dans leur domaine, mais cela ne signifie Ensuite parce que face à l’appât du gain, ce n’est malheureusement pas soudainement développer, pas les notions humanitaires vaguement retenues d’un cours suivi à un âge aussi tardif, une durant les années universitaires qui vont arrêter le financier moyen conscience morale chez les de placer les valeurs économiques au-dessus des valeurs morales. étudiants. Comme en témoigne un des anciens étudiants interrogés par Au contraire, cet exercice se fait Noiville, l’apprentissage de la profession se fait beaucoup plus tout au long d’une vie, à travers en milieu de travail que sur les bancs d’école. On peut en déduire les expériences extrascolaires que les décisions futures des gestionnaires sont d o n c fortement influencées par les apprentissages pratiques, et non par ceux réalisés dans le cadre scolaire. La responsabilité individuelle Tout au long du livre, Noiville soumet des témoignages d’anciens étudiants de HEC Paris. L’un constate que « À Jouy [campus HEC Paris], je n’ai trouvé que des techniques de base, sans hauteur de vues et une absence d’enseignement sérieux en relations humaines  », alors

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VOLUME 58, NUMÉRO 09 // 13 mars au 03 avril 2014 // 011

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L’INTÉRÊT culturel// catherine lavery

catherine.lavery@hec.ca

C’est au Théâtre d’Aujourd’hui que l’Intérêt a eu le plaisir de rencontrer l’écrivain et le metteur en scène de la pièce As is (Tel quel) qui sera présentée du 11 mars au 5 avril. Entouré d’un ramassis d’objets héréroclytes, Simon Boudreault nous a parlé de son expérience comme trieur d’objets à l’Armée du salut, expérience qui l’a inspiré pour As is, mais également de son parcours, de sa vision du théâtre et de ses projets futurs.

Q

Parlez-moi de votre nouvelle pièce As is (Tel quel)? c’était devenu normal. Je me disais que c’était quand même un drôle de surnom, moi je n’aurais pas aimé ça. On suit dans la pièce un jeune universitaire qui cherche sa R première job d’été en tant qu’étudiant, assez tard, à 19-20 ans. Q La pièce semble évoquer le fait de vouloir « aider » Il se rend compte qu’il n’a aucune expérience puisque c’est sa première les autres, mais de le faire pour soi. Pensez-vous job d’été, mais il va finalement être engagé à l’Armée du rachat, qui qu’il y a toujours une part d’égoïsme dans l’altruisme? est un genre de centre de tri, comme l’Armée du salut. On le suit dans sa première job. C’est un gars engagé socialement, qui a plein R Difficile de dire, peut-être pas tout le temps. On veut aider les de théories, qui étudie en philosophie politique et qui veut changer autres, parce que ça nous donne bonne conscience : on est fier les choses. Alors, c’est un peu le clash entre lui, qui veut s’impliquer d’agir, de dire je me suis impliqué en voulant aider, mais parfois est-ce dans sa société versus un monde ouvrier, avec tous les préjugés qu’il qu’on ne le fait pas de manière un peu maladroite? peut y avoir des deux côtés. Il est un peu comme un casque bleu en Afghanistan : il pense qu’avec sa morale, il peut tout changer mais sans Simon Boudreault me raconte alors une histoire qu’il connait, où jamais vraiment prendre le pouls de l’endroit où il est. Donc, il arrive un des hommes ont voulu inviter un itinérant afin de partager avec lui peu avec ses gros sabots. On va suivre son parcours dans cet univers- un très bon repas. L’itinérant, s’avérant être paranoïaque, s’est fait là, où il va rencontrer des personnes assez colorées. tout un scénario, convaincu que les hommes voulaient profiter de lui sexuellement. Un souper finalement tourné en désastre. Q On peut s’attendre à une pièce drôle? Dans le fond, c’est tellement venu d’un bon geste, mais quelle mauvaise J’aime ça toujours dans mes pièces mélanger la comédie, avec histoire. Probablement que maintenant, le gars, il ne veut plus d’aide R quelque chose de plus grinçant, de plus noir. En plus, dans de personne! Alors je pense que oui, on fait toujours les choses un peu cette pièce, il y a quinze chansons, donc c’est un théâtre musical. Par en fonction de nous. moment, les personnes se mettent à chanter. J’utilise des chansons à travers tout ça pour déconnecter de la réalité. J’aime mélanger les Q Qu’est-ce que vous aimez dans le medium du genres, alors oui, il y a un côté comique, mais il y a un côté un peu plus théâtre pour communiquer ce que vous avez à dire? sombre. R Ce que j’aime du théâtre, c’est l’expérience. Comme je dis La pièce est inspirée de votre propre expérience, toujours comme comédien et metteur en scène, quand il arrive Q quand est-ce que la pièce de théâtre a commencé à une erreur, il faut l’assumer. Si tu casses un verre, c’est le personnage prendre forme, que justement vous vous êtes dit, de cette qui a cassé un verre : c’est arrivé, tu ne peux pas faire semblant que expérience que j’ai vécue, je vais en faire une pièce de le verre n’est pas cassé. On l’a vu. Pour ce spectacle-ci, théâtre? on va mettre des objets dans le hall d’entrée, il va y avoir des musiciens qui vont jouer, je vais mettre C’est inspiré, oui et non. Moi j’ai travaillé à l’Armée du salut, des objets sur les sièges. J’aime ça l’idée que ça R nous ce n’est pas l’Armée du salut, c’est l’Armée du rachat. Oui, devienne vraiment une expérience, et je trouve je suis un intellectuel, c’est vrai. C’est un peu inspiré de toutes mes qu’il y a quelque chose de vivant et d’éphémère. jobs d’été, j’en ai eu plusieurs d’étranges. Parfois, le clash était assez Je suis un gars d’impro : ce que tu as vu là, ça ne grand entre moi et les autres, c’était des fois difficile de se rencontrer, va pas se reproduire. On a assisté à ce moment de se comprendre. ensemble, spectateurs et joueurs et on partage quelque chose. Ça, j’aime ça. Le cinéma, c’est plus Simon Boudreault enchaine avec une anecdote qui me rappelle sa solitaire, mais c’est un autre art fascinant aussi. Ce que réponse précédente sur son approche, mélangeant le comique au j’aime du théâtre, c’est le côté vivant. grinçant. Simon Boudreault nous parle par la suite de comment il a abouti Par exemple, il y a un personnage dans la pièce qui s’appelle Pénis. dans le milieu du théâtre, un milieu qu’il n’a pas vraiment choisi Moi, j’ai vécu ça dans un emploi où il y avait un gars qui se faisait consciemment, mais où la vie l’a amené de façon naturelle. Il croit que appeler Pénis et tout le monde trouvait ça drôle. Moi je me disais, le théâtre est mal perçu par certains mais que, malgré les nouvelles pourquoi ils l’appellent Pénis, et personne savait vraiment pourquoi ; technologies et l’hégémonie américaine au niveau de la culture, le 012 // 13 mars au 03 avril 2014 // VOLUME 58, NUMÉRO 09

théâtre va demeurer mais qu’il sera amené à se réinventer. Lui-même mentionne qu’il fait du théâtre populaire, sans être populiste. Bref, il veut s’adresser à tout le monde, et surtout, aux réalités de notre époque. Il nous partage aussi sa vision du domaine des arts et de comment il est crucial d’encourager la créativité au sein de la culture Québécoise afin d’affirmer notre identité et de célébrer les talents d’ici.

Q

Finalement, travaillez-vous déjà sur d’autres projets et si oui, lesquels?

Je reprends l’année prochaine D pour Dieu que j’avais joué ici. On le reprend dans un entrepôt, ca va être vraiment trippant comme expérience. Nous, on fait reprise/création/reprise. Alors l’année prochaine on fait une reprise et après, on fait une création sur laquelle je travaille déjà. Pour voir l’intégral de l’entrevue, allez visiter notre site internet!

R


L’INTÉRÊT CULTUREL// Les Echos de Saoud :

un féminisme lacunaire saoud maherzi

saoud.maherzi@hec.ca

Le féminisme est une bataille de tous les jours, de celles qui déterminent la survie. Les femmes étaient des êtres de seconde zone partout dans le monde ; violées, excisées, mariées de force, et soumises aux volontés masculines. Depuis, ces maux atténués en Occident continuent à prospérer sous les pierres des talibans et des wahhabites, mais aussi sous l’emprise des proxénètes d’Europe de l’Est.

Face à cela, certains militants féministes semblent s’engouffrer dans une hystérie du prêt-à-penser, où se mêlent gauchisme libertaire et interprétations extrêmes. Haine du patriarcat et du machisme sous toutes ses formes, dédain des religions (en particulier l’islam) en ne voyant que leurs abus, et une certaine forme d’ignorance du problème central des femmes « libres » aujourd’hui.

[...] Dans un exemple excentrique, une femme voilée en respect de ses croyances peut être aperçue comme persécutée et prisonnière, alors qu’une actrice porno d’origine maghrébine serait vue comme une femme libérée de ses démons, symbole de progrès.

Patriarcat et Machisme Le patriarcat est un des combats les plus discutés par les féministes. C’est une vérité indéniable qu’une femme peut se choisir un chemin sans un homme pour la guider. C’est aussi une vérité que les pères, les frères, les cousins et les maris, ont eu - et ont peut-être toujours dans une certaine mesure - la croyance qu’ils peuvent s’ingérer dans les affaires personnelles de leur filles, sœurs, cousines et épouses. Il est enfin vrai que certaines de ces situations mènent à une violation des libertés des femmes concernées, et qu’il est de leur droit (certains diront de leur devoir) de s’indigner contre ce traitement. Le féminisme a permis d’importants progrès à ce sujet.

ment progressif des liens familiaux, où, dans les sociétés les plus avancées, il est de plus en plus coutume de se délier de sa famille. Sans oublier, bien sûr, un certain déterminisme capitaliste (car l’économie s’en mêlera toujours) menant sans cesse à l’individualisme abusif. pour leur ménage), mais des grandes entreprises qui emploient ces femmes, et dont l’augmentation des salaires est source de coûts Religions « évitables ». Le coupable n’est donc pas le collègue qui gagne plus, Pour certains féministes, les religions mais celui qui distribue les salaires. Don’t blame the player, blame se sont érigées en mal suprême des the game. femmes. Parce que dans le monde, les De plus, la mode et ses préceptes ne sont pas du fait des hommes en extrêmes choisissent une cause reli- tant qu’entité, mais d’un mécanisme qui mène les femmes à rester gieuse pour imposer d’horribles trai- soumises à un système où elles sont aliénées par la consommation tements de soumission des femmes, abusive. Cet engrenage de consommation crée et détruit au fur et un généralisme patent fait en sorte à mesure des besoins imaginaires chez les femmes, qui deviennent que toute source de religion est vue la première source de consommation. C’est donc le marketing et comme une menace. L’islam, auquel l’archétype de la femme parfaite « photoshopée », enduite de fonds s’ajoutent les préjugés du terrorisme de teint, et habillée d’une marque particulière qui constituent les et du sous-développement, fait une nouvelles causes d’asservissement des femmes. On retrouve là une cible encore plus facile à atteindre. idée d’individualisme poussée à l’extrême.

C’est ainsi que, dans un exemple excentrique, une femme voilée en respect de ses croyances peut être aperçue comme persécutée et prisonnière, alors qu’une actrice porno d’origine maghrébine serait vue comme une femme libérée de ses démons, symbole de progrès. Car la religion éloigne des décadences et approche d’un sacré éternel, démodé pour certains, et car elle a toujours été source de règles et donc de contraintes, elle peut facilement être utilisée à des fins liberticides. Néanmoins, lorsqu’elle suit un processus modéré de foi personnelle et volontaire, ce qui représente en soi une majorité silencieuse, elle permet d’accéder à la liberté. Certes, non pas une liberté conformes aux visions occidentales, mais la tolérance même dont doivent se targuer les mouvements libérateurs tels que le féminisme, se doit d’accepter ces autres formes de liberté.

Toutefois, le patriarcat a aussi ses qualités, qui sont toutes autant rejetées par un féminisme qui se veut souvent dans la négation totale des biens fondés de certaines traditions. Un système cohérent établi sur des siècles, il a certes développé des mentalités et des comportements révoltants, où la femme était sous-estimée par rapport à l’homme, où les libertés individuelles masculines étaient dissociées des féminines. Il reste pourtant dans le patriarcat une forme de structure où, par le respect de chacun et une équité des traitements, le développement social est possible, sans rupture avec les traditions qui construisent les civilisations et les différen- Problème Central des femmes aujourd’hui cient. Les femmes, fussent-elles libres au possible, restent victime d’une machination réelle d’un système non pas sexiste, mais économe. Le féminisme se développe malheureusement parfois en rejet total Si l’inégalité salariale est une tare sociale dont il faut se débardu patriarcat, en faisant croire que la rébellion contre les traditions rasser, les raisons de sa pérennité et de l’immobilisme social à cet et les fondements familiaux est une libération. Il semble ainsi que égard n’est pas du aux comportements machistes et réducteurs cette soi-disant libération féminine soit un facteur du démantèle- des hommes (qui ne cracheraient pas sur de meilleurs revenus

S’ajoute à cela l’idée que le travail est libérateur pour la femme. Certes, il peut l’être par sa faculté à émanciper financièrement la femme, et lui permettre de se délier de ses « chaines » sans tomber dans l’extrême pauvreté. Cette vision ne doit cependant pas être en négation absolue avec le concept de femme au foyer. Une mère qui reste à la maison pour assurer le bon fonctionnement de la famille est tout aussi respectable qu’une femme PDG. L’important n’est pas le mode de vie, PDG ou femme au foyer, mais la manière de le vivre, volontaire ou contrainte. Ainsi, sans nier les bienfaits du féminisme et ses apports majeurs à la société, il semble que certains féminismes voient des problèmes là où il n’y en a pas en ignorant les causes réelles d’une dépendance tacite au consumérisme trompeur et déterministe. Il existe toujours dans le monde des systèmes d’abus primitifs ; sans doute, il faut les combattre et mener à la libération de la femme. Toutefois, cette libération doit se faire dans le contexte propre aux civilisations et traditions, et non en accord avec une idée absolue et occidentale de ce qu’est la liberté. La liberté d’une femme à Rome n’est pas celle d’une femme à Islamabad, mais toutes deux peuvent s’entendre sans se dévoiler. VOLUME 58, NUMÉRO 09 // 13 mars au 03 avril 2014 // 013


L’INTÉRÊT ÉTUDIANT//

De l’intérêt du vin à Hec

COMME À LA CAFET?

Cela fait maintenant depuis plus de deux ans que le comité Le Vin HEC guillaume charron a été créé par un groupe de passionnés. Entrevue avec Thibault Leblais, guillaume.charron@hec.ca président de Le Vin HEC et étudiant en 2 année du BAA.

Jérôme Côté Blanc-Collomb

Q

jerome.cote-blanc-collomb@hec.ca

Quel bilan fais-tu de la première année de Le Vin HEC?

Non, Comme Chez ta Mère! C’est le nom donné à un service de traiteur lancé par trois étudiants du HEC, ayant pour but de vous livrer des repas dignes de ceux préparés à la maison.

L’association a été créée en Janvier 2012. Le premier événement que le comité a lancé était une visite de vignoble. En janvier 2013, j’ai pu assister à la première dégustation Vegas. J’ai alors intégré l’équipe de Le Vin HEC juste après cette dégustation et j’ai organisé la seconde. On a eu du succès, les deux événements étaient sold-out. Cette année le comité s’est rapidement développée : de 4 en septembre 2013, nous sommes aujourd’hui 18!

R

Q

Non, Comme Chez ta Mère!

Il vous suffit de vous rendre sur leur page Facebook et d’y placer une commande, et vous voilà 45 minutes plus tard avec votre plat servi dans un « pot » avec possibilité de se le faire livrer dans tout le quartier du HEC. Vous l’aurez compris, ils ont misé sur une proximité auprès des étudiants et sur la chaleurosité que représente un plat mijoté « maison ».

Et cette année?

Avec la fermeture de l’association WattsUp, notre comité a du retrouver un nouveau groupe d’intérêt. Nous avons alors décidé d’intégrer le nouveau Groupe AIDA (nouveau groupe d’intérêt en vente au stand Louis Colin le mercredi et vendredi de la reprise. qui se veut être un incubateur de projet). connaissance du vin est-elle essentielle dans le Q La Du coup, nous avons du trouver de nouveaux commandites, adopter monde des affaires? une nouvelle structure et trouver un nouveau financement, puisque les anciens commandites avaient signé WattsUp et non le Groupe AIDA. R Aujourd’hui, l’alcool du réseautage au Canada, et en règle À cause de cela, nous n’avons pas pu organisé la dégustation Vegas général dans les pays occidentaux, c’est le vin. S’y connaître en à l’automne, comme cela était prévu. Depuis, on a organisé pas mal vin, c’est un plus. Lors d’une négociation de contrat dans un restaurant, d’événements qui ont tous eu du succès. On a une forte cohésion dans si tu dois choisir un vin, c’est toujours bon de t’y connaître et d’en l’équipe, il y a vraiment une super ambiance. sélectionner un bon. Le comité Le Vin HEC est de plus en plus sollicité pour organise le service du vin dans les cocktails de réseautage de HEC. Q Quel est l’objectif du comité?

R

Avant tout de démocratiser le vin. Le vin n’est pas du tout un produit élitiste, il faut simplement s’y intéresser. Quand on cherche bien, on peut trouver une bonne bouteille entre 10 $ et 15 $. Nous voulons montrer qu’il n’y a pas que la bière au Québec. Dans le fond, une bière revient à environ 1 $50 ; un verre de vin revient à 2 $. Mettre 50 sous en plus pour de la qualité, ça ne fait pas une grosse différence. Nous voulons être plus présent à HEC, pour que les gens connaissent mieux le domaine du vin. En plus, nous ciblons vraiment toute la communauté HEC, du B.A.A aux professeurs, en passant par le certificat.

R

Q

En quoi consiste la dégustation Vegas?

La dégustation Vegas, c’est une dégustation à l’aveugle de 5 vins accompagnés de leurs tapas. C’est un événement pour apprendre à déguster de manière plus ludique. Chaque participant doit deviner les différents aspects du vin qu’il déguste. Il n’est vraiment pas nécessaire de s’y connaître en vin, les novices et les œnologues confirmés sont certains de s’amuser! Jessica Arnois (présidente de l’Association Canadienne des Sommeliers Professionnels), animera cette soirée en expliquant notamment comment déguster les vins. Ça se passe le 19 mars, ouverture des portes à 18 h 30, les billets seront

R

014 // 13 mars au 03 avril 2014 // VOLUME 58, NUMÉRO 09

Nos serveurs sont tous passionnés par le vin, et ont un avis sur les différents vins qu’ils servent et sont formés pour les présenter. En échangeant avec les participants lors de ces cocktails, on arrive à attirer les étudiants et à les intéresser à ce produit. Beaucoup reviennent nous voir par la suite pour en savoir plus sur les vins qu’on leur a proposés durant un de ces événements.

Q

Quels sont les futurs projets de l’association?

Le 25 mars d’abord, il y a la soirée Synesthésie. C’est une soirée Électro où nous allons présenter les vins d’une manière différente, pour montrer que le vin en soirée, c’est chill. Aussi, Le Vin HEC arrive au 4@7! Ce sera une occasion pour pouvoir réseauter d’une autre façon, sachant que le prix sera le même que la bière au comptoir. En plus, nous sommes les premiers à lancer le système Ecocup (verres à vin consignés et réutilisable) au 4@7, mais aussi lors de nos cocktails de réseautage et nos autres événements.

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L’année prochaine, on espère lancer un système de cotisation (le Millésime HEC) pour pouvoir assister à plusieurs de nos événements. On va aussi proposer des conférences sur le vin et des dégustations professionnelles.

Vous trouverez, également sur la page Facebook, qu’ils jouent bien le jeu en employant des phrases telles que « Parce que l’on en a qu’une de maman, laisse la s’occuper de toi et tu seras récompensé (e) » pour faire la promotion de leurs produits. Dans ses débuts, le trio envisageait de faire traiteur pour les associations et évènements se produisant à HEC. Mais de fil en aiguille, ils en sont aujourd’hui à discuter avec la Coop de HEC pour intégrer à la cafétéria de l’école les produits de Comme Chez ta Mère. Ce partenariat permettrait à la cafétéria d’aller récupérer une clientèle qui n’y consommerait pas normalement, soit les consommateurs préférant un repas maison, et permettrait également à la startup de s’offrir une place de choix auprès des étudiants. Le lancement officiel est dû dans les jours à venir, et peut-être bien juste à temps pour vous épargner quelques boîtes de Kraft Dinner lors des examens. Mais ne vous fiez pas à moi, voyez par vous-même et commander sur la page Facebook Comme Chez ta Mère.


L’INTÉRÊT ÉTUDIANT// Un 15 mars à ne pas manquer :

la 17ème édition de la SBIU Guillaume Charron

guillaume.charron@hec.ca Envie de jouer avec l’argent? Vous vous sentez Trader (opérateur de marché) mais n’avez jamais l’occasion de vous pratiquer dans des situations réelles? Vous aimez juste la Finance? Vous avez juste adoré le Loup de Wall Street/ Wall Street/ Wall Street (l’argent ne dort jamais)/Tout autre film de finance? Vous voulez ressentir la folle ambiance des parquets de bourse? La 17ème édition de la Simulation Boursière InterUniversitaire est votre prochain rendez-vous! La plus grande simulation interuniversitaire au Canada regroupe près d’une dizaine d’universités, et vous permettra de vous mesurer à 350 étudiants en gérant un portefeuille fictif de plusieurs centaines de milliers de dollars. Des universités tant Canadiennes qu’Américaines seront représentées dans cette compétition qui s’annonce déjà rude! Pendant la simulation, vous serez en charge de faire fructifier un portfolio d’environ deux cent mille dollars sur une année complète de transactions, divisée en quatre trimestres (période de 45 minutes à chaque fois). En équipe de 4 à 5 étudiants, vous devrez faire face à différents éléments de perturbation du marché (crises politiques, évènements politiques) ; à vous de suivre les bonnes options et actions offertes par les entreprises (fictives) présentes. De nombreux prix seront offerts à la fin de cette compétition, récompensant les participants par équipe mais aussi individuellement! Pour vous convaincre encore un peu plus, sachez que les participants n’ont pas besoin de connaissances particulières en finance pour cet évènement, la simulation boursière étant très intuitive. La journée se terminera par une soirée de clôture des marchés. C’est Quand? Le 15 mars 2014 au Centre des sciences de Montréal. À noter également, une formation (Finance 101) sera offerte le 12 mars de 12 h à 15 h à l’Amphithéâtre Lévis. Seront présents lors de la formation un professeur de finance, deux conférenciers de l’association des Arbitragistes institutionnels de Montréal (MIETA), ainsi que deux conférenciers du Bloomberg Institute. Les places sont, quant à elles, disponibles jusqu’au 14 mars au soir (Vous pouvez encore vous inscrire à la SBIU, soit en vous présentant au local de la SRA RJ.864, soit en ligne : http :// sbiu2014.eventbrite.ca. Mais faites attention, il ne reste plus beaucoup de places disponibles!). Des questions à propos de l’événement? SBIUHEC2014@gmail.com

Quand performance rime avec coopération L’Omnium Financier est une compétition académique très connue. Or, tant qu’on n’y christine.comeau-friset@hec.ca a pas participé, il est difficile de s’imaginer le déroulement de cet évènement qui réunit 10 universités canadiennes et plus de 300 étudiants passionnés de comptabilité et de finance. Afin de percer ce secret des dieux, l’Intérêt a rencontré Jonathan Brun, aussi membre du FPHEC. Christine Comeau-Friset

Pourrais-tu nous décrire brièvement la constitution Faire valoir les couleurs de ton université est une expérience qui te rapproche de ton école, qui te rend fier d’y étudier et te donne envie d’une délégation typique de l’Omnium? de la représenter au meilleur de tes capacités. R Plusieurs équipes représentent leur université. Cette année, chaque équipe du HEC était composée de 3 membres, et à Finalement, le lien qui m’a le plus marqué est bien évidemment celui chacune d’entre elles était assigné un cas proposé par l’Omnium. Ces qui te rallie à ton équipe. Faire partie de l’Omnium, c’est aussi investir cas embrassent divers domaines, tels que la comptabilité de gestion beaucoup de temps et d’énergie dans quelque chose qui nous tient à cœur, mais qui est tout aussi important pour nos collègues. Il faut alors et la planification financière personnelle. tenter d’unir nos talents et nos efforts vers un même but. était ton implication dans l’Omnium Q Quelle Q Que retiens-tu de ton expérience? Financier 2014?

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Je faisais partie de l’équipe « Finance de marché ». Dans le R Je retiens tout d’abord les nouvelles amitiés que j’y ai forgées. Je me souviendrai aussi de cette compétition comme étant une cadre de notre mandat, nous devions évaluer la situation expérience incroyable qui a animé encore davantage mon envie de d’une entreprise quant à son fonds de pension et développer diverses faire valoir le HEC, et, si possible, d’y ramener encore plus de trophées! stratégies de couverture à l’aide de produits dérivés. Nous nous sommes séparés les tâches pour nous assurer d’être le plus efficace L’Intérêt tient d’ailleurs à féliciter la délégation 2014 du HEC qui s’est possible. L’Omnium exige d’être performant en peu de temps! hissée au premier rang du classement général de l’Omnium Financier. qui t’a marqué en ce qui a trait à l’équipe En espérant que ce bref portrait donnera envie à d’autres de porter le Q Qu’est-ce et à l’atmosphère régnant au sein de la compétition? flambeau.

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De mon côté, j’ai apprécié le dynamisme de mon équipe et toute l’énergie qui s’en dégageait. J’ai ressenti un sentiment d’appartenance à plusieurs niveaux. Tout d’abord, de voir autant d’étudiants mus par le même désir d’excellence était inspirant. Bien que nous venions de différentes universités, nous étions tous animés par une même passion. Aussi, je me suis senti très lié au HEC.

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Trophée ou pas, on en retient que c’est une compétition dynamique qui pousse les étudiants à se surpasser et à faire de belles rencontres. Amoureux de la comptabilité ou de la finance, pourquoi ne pas vous lancer l’an prochain?

Les élections des comités de l’AEHEC se tiendront dans la semaine du 17 au 20 mars! venez découvrir les candidats et leurs profils sur notre site www.journalinteret.com et sur notre page facebook/L’Intérêt - HEC Montréal.

L’AEHEC est votre association étudiante, votez pour faire vivre la démocratie étudiante! VOLUME 58, NUMÉRO 09 // 13 mars au 03 avril 2014 // 015


JOURNAL L'INTÉRÊT - PARUTION #9 2013-2014