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" Je trouve que la télévision est très favorable à la culture. Chaque fois que quelqu'un l'allume chez moi, je vais dans la pièce à côté et je lis. "

Groucho Marx, cité dans Halliwell's Filmgoer's Companion.


INTRO

LITTÉRATURE

4

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ÉDITO N° 02

— EXTRA

LE FEU SACRÉ

LES NOUVELLES DU MONDE LIBRE

LA NOUVELLE LITTÉRAIRE

BD : MAXIME JOLIA-FERRIER ± CUBITUS

QUIZZ : H2EAU

THÉÂTRE

BONS PLANS

CINÉMA

DISCOURS DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE

HALLUCINATIONS COLLECTIVES 10

ÉCRANS MIXTES

32

14

— ART

SPACEJUNK

46

28

6

51

52

CADEAUX 54

LA SÉLECTION INCONTOURNABLE 56

MUSIQUE

HOROSCOPE 100% GARANTI

JOURNÉES GRAME 36

62

SCÈNES ROCK

16

LE RIZE

COURRIER DES LECTEURS

38

LA PHAZE

20

ULTRA JAIMIE

65

42

PLASTIC PEOPLE

22

44

LODZ 45

PUBLICATION ▲

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION ET DE LA RÉDACTION

LES SONS ÉTRANGES ISSN EN COURS, ▲ DÉPÔT LÉGAL À PARUTION PHILIPPE DESCHEMIN

CONTENU RÉDACTIONNEL ▲

PHILIPPE DESCHEMIN

DESIGN GRAPHIQUE

PUBLICITÉ

CONTACT

SÉBASTIEN PASCOT CONTACT@PETIT COSMOS.COM

CONTACT@LINCON TOURNABLE-LYON.FR

CONTACT@LINCON TOURNABLE-LYON.FR

REMERCIEMENTS : RUDY BOISSY, CINDY LEGRAND, HUGUES BERARD, SÉBASTIEN PASCOT, PHILIPPE DESCHEMIN, STÉPHANIE JOST, ALEJANDRA ADEIKALAM, PAUL SMITH, ET TOUS CEUX QUI DE PRÈS OU DE LOIN PARTICIPENT À L'ÉLABORATION DU MAGAZINE, SANS OUBLIER NOS AMIS ANNONCEURS ET VOUS TRÈS CHERS LECTEURS. SPÉCIALE DÉDICACE À MONSANTO QUI PENSE À NOTRE AVENIR. L'INCONTOURNABLE MAGAZINE EST UNE MARQUE DÉPOSÉE. TOUTE REPRODUCTION OU REPRÉSENTATION TOTALE OU PARTIELLE DES TEXTES ET DES CRÉATIONS GRAPHIQUES EST INTERDITE.

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02

Nous voilà ici et maintenant, face à vous, fiers et heureux. L'aventure continue, radieuse et pleine d'avenir. Nous évoluons et nous agitons dans la pénombre pendant les semaines de dur labeur nécessaires à la réalisation chaque numéro, pour ensuite revenir à la lumière lorsque vous ouvrez nos pages. La revue ne prend vie que sous la lumière de vos yeux, cette indispensable substance vitale. Connectées à votre cerveau, vos pupilles sont le soleil de notre photosynthèse.

Cette absence prise dans un moment de flottement témoigne du doute et d'une certaine forme d'ambivalence que nous imposent nos sociétés modernes. Le photographe interroge ici les bouleversements identitaires chez les jeunes générations en mal de repères. Après des études de cinéma à Lyon puis à Séoul, Paul Smith poursuit aujourd'hui un Master de photographie à l'école nationale supérieure des arts visuels La Cambre, à Bruxelles. Retrouvez d'autres photographies p. 10, 28 et 35. Contact : Pauljulesmith@gmail.com. Tél. +32 483 052 484 / 06 31 14 19 03

‹ Thierry ( série In between ), Paul Smith, 2012, photographie argentique moyen format.

M▲RS ▲VRIL 2●13

É D I T O Š  Par Philippe Deschemin Le lancement de la revue fut une véritable réussite. Nous avions travaillé des semaines et des mois durant pour tenter de vous offrir le magazine parfait. Cette perfection est encore loin, mais nous ne pouvons dissimuler notre fierté. Une fierté liée au fait d'être venu à bout du travail énorme qu'il a fallu fournir pour démarrer et vous apporter les quelques soixante dix pages qui composent le premier numéro de l'incontournable. On parle ici du travail physique : la production de la matière et de l'objet mais aussi du travail métaphysique. Un effort qui consiste à repousser les " a priori ", terrasser les ondes déclinologistes, épouser la crise pour la dépasser. La rendre immatérielle et irréelle. Il fallait remodeler la pensée, ouvrir le champ des possibles. Lutter. Nous sommes heureux, certes. Néanmoins cette félicité ne nous éblouit pas au point d'être victime d'une éclipse de la raison. Le premier numéro comportait son lot de


défauts, nous en avons pleinement conscience. Ce nouvel opus, on le souhaite, en aura corrigé certains. Nous n'allons ni nous endormir ni nous assagir, n'ayez crainte. Ce démarrage n'est que la mise d'un pied à l'étrier. Maintenant il faut tenir la monture, la dompter ( un peu seulement ) pour se laisser guider par un projet qui avec le temps finira par devenir une véritable entité qui s'affranchira de nous. Nous remercions infiniment tous ceux qui nous ont suivi sur Web faute de pouvoir se procurer un exemplaire ( abonnez-vous qu'on vous dit ! ). Le compteur de lectures du site qui héberge la version dématérialisée de la revue a atteint un score incroyable. On notera, malgré nos sollicitations, que nos chers confrères de la presse n'ont quasiment pas relayé l'information de notre arrivée. Nous en sommes véritablement déçus, mais en même temps aurait-il pu en être autrement ? Car l'essence même de notre naissance n'est elle pas une critique même de l'autosuffisance d'une presse pravda-isante au bord de l'agonie malgré les deux milliards d'euros d'aide accordée par l'état chaque année. Deux milliards d'euros pour un chiffre d'affaires global de douze milliards d'euros. On vous laissera faire le calcul et on se demandera si les journalistes précarisés par le régime de pigisme profitent bien de cet argent. Ce nouveau numéro est placé sous le signe de la dissidence et sous l'égide de la raison révolutionnaire. La Boétie est mort ! Vive La Boétie ! Vous aurez certainement reconnu ce bon vieux Étienne en couverture. Deux raisons ont motivé ce choix : la première est l'importance majeure du Discours de la servitude volontaire écrit par le grand ami de Montaigne. La seconde est la représentation en avril au Théâtre Jean Marais à Saint-Fons de l'adaptation de ce texte capital. Il aurait été criminel de ne pas écrire sur cet événement tant cette œuvre nous éclaire sur la valeur et le bien le plus précieux en ce bas monde : la liberté. Nous devrions nous réunir, débattre échanger autour de ce texte, le promouvoir, l'éditer par milliers, par centaines de millier, par millions et milliards. Puis peut être, qu'à ce moment nous sortirions grandis. Voila qu'en tapotant sur mon clavier je revois ce bon vieux Brother Mouzone de la série " The Wire " lancer un sarcastique mais véridique : " You know what the most dangerous thing in America is, right? Nigga with a library card ". Et oui mes frères et sœurs, cousins et consorts comme disent les yankees : " Brother Mouzone speaks the truth ". Si tant est qu'on ait les bons livres. Vous êtes tous ou presque au fait de l'arrivée de L'incontournable Emission. Le premier numéro de cette émission a inondé la toile en février dernier. Tout est arrivé si vite, si naturellement. Sans vouloir rentrer dans les détails techniques, nous avions laissé un exemplaire de la revue sur un vieux téléviseur à tube cathodique qui trainait dans

un coin de nos magnifiques bureaux. Il faut savoir que nous organisons des extraditions de téléviseurs, car notre société entreprend une politique génocidaire à l'égard de ses vieux engins au profit de tablettes et autres matériels extra-plats… vive le culte de la maigreur… Voila qu'un beau matin nous nous sommes rendus compte que le magazine et le vieux téléviseur s'étaient accouplés, ils avaient bibliquement fait connaissance. Là, au sol, gisait l'incontournable émission, fruit de cet acte purement impur. Nous avons recueilli le petit, l'avons élevé comme notre enfant en lui prodiguant tous les soins que nous pouvions lui octroyer. Depuis, lorsque nous le regardons, plein de vigueur, de vie et d'avenir, l'émotion nous submerge, en lui nous décelons comme un infini. Comme si tout était possible, comme si… bref. Nous l'aimons tellement que nous avons décidé de lancer un élevage. La vie étant bien faite, il s'avère que la gestation de cette bien étrange et nouvelle espèce dure exactement deux mois. Ainsi, très chers lecteurs, nous serons en capacité de vous présenter une nouvelle émission à chaque parution de l'incontournable magazine. Voila un superbe exemple de synchronicité que M. Carl Jung aurait certainement salué. Vous pourrez visionner votre programme culturel, l'incontournable émission sur notre site web confortablement installé dans votre fauteuil préféré lui-même idéalement installé dans votre lieu préféré ( pas au boulot, nous ne voulons pas être complices de la décroissance du pays ). Vous y verrez des reportages, entretiens, clips vidéo, etc. Le tout dans nos fameuses et incontournables thématiques : la littérature, le théâtre, les arts, la musique… Sachez que notre porte est ouverte. Amis lecteurs, vos courriers et suggestions sont les bienvenus, amis confrères si vous souhaitez collaborer, mutualiser les efforts, nous sommes là. Chers acteurs de la vie culturelle, L'Incontournable Magazine est à votre service. Le vrai changement c'est maintenant. Mais il n'aura lieu que si l'on fait, en même temps, dans la même direction, un pas, tous ensemble.

Bonne lecture.

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LES N●UVELLES DU MOND LIBR

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L

ar Anyway sortira son 1er maxi en mai prochain. Mélangeant sons électroniques et sonorités organiques le groupe sera en interview exclusive dans le prochain numéro de L'Incontournable Magazine.

es indés de l'imaginaire viennent de voir le jour. Un collectif d'éditeurs qui regroupe : Les Moutons Électriques, Actu-Sf et les Éditions Mnémos. Ces trois structures allient leur force pour le plus grand bien de tous les amoureux de la littérature.

D U

enis Bortek + Lizzie Saint Septembre + Johanna Hand donne Dégâts des Os de TK. Kim, projeté en avant-première dans le cadre du festival Écrans Mixtes le vendredi 8 mars à 20H00 au CNP Terreaux, en présence de Denis Bortek et de l'équipe du film. Plus d'infos sur www.festival-em.org.

n nouvel album pour Déjà Vu, Leptis magna, prévu pour le 18 mars. Le groupe sera en concert au Ninkasi Kao le 23 mai.

L

e Clacson lance un blog ! Vous y trouverez des vidéos, des pastilles sonores et des infos… Le 29 mars aura lieu la Voodoo Rythm Night  avec le Reverend Beat-Man ( photo ‹ ), Urban Junior et des surprises. Les 12 et 13 avril se tiendra le Stone Rising, festival de stoner rock ( 1er du genre ). Le 29 avril ce sera aux mythiques And Also The Trees de fouler les planches de la salle. Comme c'est au Clacson, ce sera forcement bon.

V

alérie Simon sera en rencontre-dédicace le samedi 23 mars à partir de 15H00 à la libraire Decitre, ( dans le centre commercial Auchan de Saint-Genis Laval ). Elle y présentera ses deux romans, Yanis déesse de la mort et Sinièn déesse de la vie, respectivement tome 1 et 2 du cycle d'Arkem aux Éditions du Riez.


L

es albums From the Void to the Infinite et A Decade in Glitter and Danger du groupe de rock-indus Porn sont dorénavant disponibles directement en commande depuis le site du groupe. Porn enregistre actuellement son troisième album au studio Interzone. Le Bloc Noir - Exonism devrait sortir fin 2013. Un condensé de rock puissant, raffiné et sulfureux. Porn sera en concert gratuit accompagné des Plastic people à la Marquise le 6 avril. Toutes les infos sur www.porntheband.com.

I

l est encore temps de participer au concours d'écriture pour jeunes auteurs Quelles nouvelles organisé par l'Espace Pandora de Vénissieux. Vous avez jusqu'au 30 mars pour envoyer vos nouvelles. L'Incontournable Magazine intègre cette année le jury du concours. L'Espace Pandora organise également son 15e printemps des poètes du 9 au 16 mars puis nous gratifiera de la 18e semaine de la langue française et de la francophonie : du 16 au 24 mars. Les informations relatives à ces trois événements sont sur www.espacepandora.org.


D

C

haos Danse, du 12 mars au 4 avril, c'est l'événement danse de ce printemps. Pour la 11e édition, 11 rendezvous à ne pas manquer ! Le programme est disponible sur www.theatre-astree. univ-lyon1.fr

iscours de la servitude volontaire. Adaptation et mise en scène de Stéphane Verrue et interprété par François Clavier. Cela se passe le 19 avril au théâtre Jean Marais de Saint Fons. Cette pièce est tout simplement incontournable. Infos : www.theatre-jean-marais.com www.cieavecvuesurlamer.org.

D

ans la lignée du romantisme, Martin Wittfooth ( photo ), Nicola Verlato, Billy Norrby et Jérôme Romain, ont étudié la peinture et s'y investissent à corps perdu. Assoiffés de détail, leur imagination débordante et leur technique les rendent libres ! The New Romantics, une exposition à ne pas manquer, jusqu'au 23 mars, à Spacejunk ( Lyon 1er ).

L E

n mars se tiendra la tentative de dépassement du record du monde d'entartage. Pour le moment nous ne savons pas où ni quand aura lieu la performance, plus d'infos sur Radio libre Tobrouk.

D

e New Deal Studios à Scorsese, une exposition à découvrir au Musée miniature et cinéma ( Lyon 5e ). Les États-Unis et l'Allemagne sont à l'honneur grâce aux deux pièces maîtresses de l'exposition : la locomotive du film Hugo Cabret de Martin Scorsese prêtée par New Deal Studio et le Galion Richelieu des Trois Mousquetaires, film de Paul W.S. Anderson qui est une des dernières acquisitions du musée et a été fabriquée dans les studios de Babelsberg à Berlin par l'équipe de Simon Weiss. Outre ces deux miniatures, figurent également la Tour Eiffel sortie elle aussi de chez New Deal Studios, le Capitole en provenance des studios Cinéma Production Services et une statue de la liberté sauvée de la destruction par Superman, alias Christopher Reeve. C'est par là que ça se passe : www.museeminiatureetcinema.fr

a 6e édition du festival de cinéma Hallucinations collectives organisée par l'association zone bis se déroulera du 23 mars au 1er Avril 2013. Toujours en grande collaboration avec le cinéma Comœdia, l'événement aura de nouveau lieu en ses murs pour la partie projection. Plus d'infos sur le site www.hallucinations -collectives.com.


8e

édition pour le Frako festival. Une semaine d'extravagance et d'excentricité dans le cadre d'une programmation Burlesk et Clownesk avec les élèves issus de la formation Fraco ( Formation Réservée à l'Acteur Comique ) de la Scène sur Saône et des nouvelles compagnies lyonnaises. Du 29 mars au 6 avril au Croiseur. www.scene-7.fr

L

a Médiathèque/espace culturel François Mitterrand de la ville de Meyzieu a programmé pour le mois de mars 2013 la 1ère édition du festival Les Oniriques, dont le thème cette année est Quêtes et Dragons. Cela se passe les 8, 9 et 10 mars. L'événement incontournable de tous les amoureux de l'imaginaire.

C

ette année le Centre Léo Lagrange fête les dix ans de son Gala des Arts Martiaux. Cet événement qui se veut populaire et festif vous permettra de découvrir ces arts séculaires tous aussi esthétiques que sportifs. L'édition 2013 est placée sous le signe des " Nouveaux Maîtres ". Un Maître est une personne qui domine un art, susceptible de l'enseigner. Aujourd'hui, une nouvelle génération de maîtres ont ouvert la voie à un enseignement moderne et respectueux des traditions insufflant un renouveau aux arts martiaux. Laissé donc au placard les " a priori débilesques " sur les arts martiaux ( Chuck Norris et cie. ), et profitez d'un spectacle unique dans la région. Si vous appréciez les sports de combat, la danse ou les spectacles atypiques, cet événement est incontournable. www.leolagrange-decines.org

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C I N É M A Š   E N T R E T I E N Š Zone Bis

H▲LLUCIN▲TI●NS C●LLECTIVES Le cinéma est-il hallucinogène ? Est-ce la substance cinématographique qui pousse à l'extrapolation sensorielle ou bien le rituel de projection collectif qui tient place dans l'obscurité des salles de cinéma. Autrefois, il était possible de communier autour d'un feu, les yeux orientés vers le ciel à contempler les étoiles et imaginer des monstres merveilleux tapis dans la voûte céleste. Aujourd'hui le cinéma nous invite à fixer l'écran ensemble. Parfois pour le meilleur, souvent pour le pire depuis son industrialisation meurtrière. C'est là que cette association créée par des passionnés prend quasiment une fonction de salut public. Il y a tellement de mauvais films de nos jours que l'on ne peut presque plus

Déjà dix ans d'existence ! Pouvez-vous nous présenter Zone Bis et les personnes qui composent l'association ?

Cyril : créée à l'aube des années 20012002, l'association Zone Bis va fêter cette année ses dix ans. Que de chemin parcouru durant cette décennie, car les débuts furent balbutiants. En effet l'association a été créée par Pierre-Yves Landron et moi-même afin de pallier à la disparition des Soirées Bis organisées alors à l'Institut Lumière par Julien Rousset, programmateur en ces lieux. Son départ de l'Institut a laissé un grand vide et l'envie pour nous de le combler. Tout d'abord dans un bar qui depuis n'existe plus, le Nebuchadnezzar, avec ➊ ‰ 

se fier à la bonne foi de tel ou tel magazine, de telle ou telle émission. L'intérêt économique a la primauté sur la mission de conseil. Un navet avec beaucoup de budget trouvera bien plus de tribune pour se vendre qu'un chef d'œuvre sans le sous. Oui, il y a des exceptions. Néanmoins elles ne font que confirmer cette règle. En véritable guide, Hallucination collective permet de redécouvrir des chefs-d'œuvre du patrimoine cinématographique et propose des avantpremières hallucinatoires. Ceux qui ont eu le privilège de découvrir grâce à eux l'extraordinaire et misérablement sous-médiatisé Insensibles du généreux Juan Carlos Medina, venu lui-même nous présenter son film au Comœdia, pourront vous le confirmer.

des projections de films peu vus sur Lyon et déjà à l'époque, une certaine exigence dans la programmation et la façon de présenter les films au public. Il y eut ensuite un bref passage au ciné club de l'INSA suivi d'une longue absence jusqu'en mars 2008. Entre temps l'équipe de Zone Bis s'est grandement étoffée et plusieurs personnes ont rejoint l'aventure ( Norman, François, Nicolas, Benjamin, Anne-Laure, Fabien ) ce qui permit l'organisation du premier Étrange Festival Lyon qui dura le temps de trois éditions pour donner ensuite naissance au festival Hallucinations Collectives à partir de 2011.

Regrettez-vous l'époque du Nebuchadnezzar, son côté intimiste et confidentiel ?

Franchement… non. Beaucoup de spectateurs ne doivent pas vraiment s'en rendre compte mais les conditions de projections à Hallucinations Collectives sont parmi les meilleures en France. On a commencé au Nebuchadnezzar pour se faire la main et très vite ( dès les premières minutes de la première projection ) on s'est dit qu'il fallait qu'on passe à la vitesse supérieure. Il a fallu attendre l'ouverture du Comœdia pour arriver à atteindre le but qu'on s'était fixé ( projections en pellicule, présence d'invités et nombre de films conséquents sur une semaine).

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Pouvez vous présenter à nos lecteurs le festival Hallucinations Collectives et dire un mot sur la prochaine édition ?

François : Hallucinations Collectives est le plus gros événement organisé par Zone Bis. C'est une manifestation qui présente au public des oeuvres cinématographiques, musicales, graphiques et littéraires. L'idée c'est de montrer des travaux que nous jugeons à part, boudés dans la grande cour de récréation de la distribution culturelle, parce qu'ils ne sont pas assez convenables, pas assez bankables, pas faciles à étiqueter. Par exemple pour le cinéma, qui a été notre plat principal jusqu'à présent, ça va du pur film d'exploitation au film d'auteur décalé en passant par des films jeune public artistiquement

ambitieux. On espère que le spectateur goûte une expérience qui se positionne en dehors des schémas dominants et prémâchés de l'industrie culturelle. Il en est du cinéma comme de la littérature ou de la musique : si on se limite aux têtes de gondoles des grandes enseignes, on tourne en rond très rapidement. Mais derrière, dans des rayons moins clinquants d'échoppes spécialisées moins markettées, une matière moins lisse et plus vivante attend qu'on vienne y plonger les mains. C'est ce qu'on tente de proposer à Hallucinations Collectives. Il est encore trop tôt pour s'avancer sur la prochaine édition, on peut cependant déjà vous annoncer que le festival s'axera autour de la thématique du White Trash.

Comment se fait le choix des films lors des Séances Hallucinées ?

Fabien : Généralement, les films s'imposent d'euxmêmes. Le but des Séances Hallucinées est de programmer tout au long de l'année des films que nous pourrions choisir pour le festival Hallucinations Collectives, mais qui sortent un peu trop tôt ou un poil trop tard. Parfois nous proposons au Comœdia des films que nous souhaitons vraiment défendre, parfois c'est le cinéma Comœdia qui nous propose un film qui leur semble être dans " l'esprit Zone Bis ". Les films programmés dans ce cadre sont rarement débattus, ils possèdent ou ne possèdent pas cette dose de folie, de frénésie, de vitalité, d'onirisme ou de poésie que nous recherchons.


Vous travaillez énormément avec le cinéma Comœdia. Comment se sont déroulés la rencontre et le choix de ce partenaire ?

Anne Laure : Pour nous, le Comœdia est le cinéma qui arrive à concilier au mieux, à Lyon, une programmation pertinente et grand public. Dès le début, le Comœdia a adhéré à nos idées. Il est aujourd'hui notre premier partenaire.

Zone Bis et l'Institut Lumière, quelles sont les connections ?

ZoneBis a travaillé avec l'Institut Lumière lors des Épouvantables Bis qui ont pris fin il y a peu. Tous les membres de ZoneBis apprécient l'Institut Lumière, nous nous y rendons souvent, notamment pour les Épouvantables Vendredis.

Les ambitions Permettre au autours de public de pouvoir Zone Bis ? découvrir toujours plus de films et faire venir des réalisateurs ! Nous souhaitons également proposer plus de concerts et d'expositions lors du festival.

Le cinéma dans la Fabien : Vu de culture et à Lyon, l'extérieur, Lyon quelle place ? semble être une ville très bien fournie en événements cinématographiques et en lieux défendant le 7e art. Cependant, si on y regarde de plus près, on se rend compte que depuis dix ans les cinémas indépendants locaux se sont incroyablement affaiblis ( fermeture du CNP Odéon, survie dans un contexte difficile des autres CNP, ainsi que du cinéma Opéra ) et que les centrales de gavage UGC / Pathé pullulent aux quatre coins de la ville. La seule donnée nouvelle et positive dans ce paysage, c'est la naissance du Comœdia en tant que cinéma indépendant d'art et essai, dont la programmation parvient à la fois à être pointue

tout en ne perdant jamais de vue l'idée du cinéma comme art populaire.

Et ce fameux Je ne suis pas sûr débat, cinéma : qu'il n'y ait jamais Industrie ou art ? eu débat, le cinéma est à l'origine une pure production de la révolution industrielle. La question de l'art ne s'est posée que quelques décennies après son invention. L'art dans la production cinématographique dépend totalement de l'économique, alors que l'inverse n'est pas vrai. Terrence Malick, Alexander Sokourov ou Jeff Nichols pourraient très bien disparaitre demain, des tonnes de films de studios continueraient quand même à sortir. La place de l'art dans le médium reste considérable, mais elle n'est pas innée. Et tant mieux, après tout. " Nous avons l'art pour ne point mourir de la vérité " fait dire Nietzsche à Zarathoustra. Ajoutons pour rire, et de manière peut-être un peu mélancolique que nous avons aujourd'hui le tout-venant de la production cinématographique pour ne pas mourir d'une trop grande exposition à la grâce des grandes images. C'est cette perpétuelle chasse au trésor qui nous pousse continuellement en salles et qui nous donne envie de continuer à organiser ce festival.

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L'agenda à ne Nous préparons pas pas rater ? mal de surprises à nos spectateurs : films rares, courts-métrages, avantprogrammes, cadeaux à gagner…

Festival Hallucinations Collectives, du 23 mars au 1er Avril 2013 au cinéma Comœdia, 13 Avenue Berthelot 69007 Lyon. WWW.ZONEBIS.COM WWW.HALLUCINATIONS-COLLECTIVES.COM FACEBOOK.COM/HALLUCINATIONSCOLLECTIVES FACEBOOK.COM/ZONE BIS

➊ Alice et Costanza, (détail) Paul Smith, 2012, photographie argentique moyen format.


C I N É M A Š   E N T R E T I E N Š  Ivan Mitifiot

ÉCR▲NS MIXTES Pour sa 3e édition, le Festival Écrans Mixtes nous a concocté une programmation détonante avec une carte blanche à Denis Bortek. Après avoir aiguisé ses crocs dans Jad wio, Denis nous revient avide de

Vous en êtes déjà à la 3e édition du Festival Écrans Mixtes. Pouvezvous nous parler des précédentes éditions, ce que vous en avez appris et de ce qui a motivé la création de ce festival cinématographique différent ?

À la création du festival en 2011, notre volonté était vraiment de toucher un public le plus large possible. Nous avons donc choisi de multiplier les lieux de projection en proposant une programmation éclectique ( classiques, avant-premières, documentaires, mais aussi ovnis cinématographiques ). Notre politique est de mettre en lumière des œuvres et des auteurs souvent oubliés des grands circuits de diffusion. Nous avons donc organisé en 2011 la première rétrospective dédiée au cinéaste Gregg Araki à Lyon et une rétrospective de huit films de John Waters en 2012. Nous sommes également attentifs aux dates anniversaires de grands artistes comme Jean Genet, à qui nous avons consacré une grande soirée à l'Institut Lumière en 2011, les vingt ans du film Les nuits fauves ou Jean Cocteau pour cette édition. L'adhésion toujours plus grande du public nous a conforté dans notre ligne éditoriale tout en restant à l'écoute de nos spectateurs.

Cette troisième édition se nomme Sweet transvestite. Qu'est ce qui nous attend ?

sang avec le singulier projet Mr. D & The Fangs ( en concert au Ninkasi Kao le 9 mars ). Cette troisième édition placée sous le signe du travestisme s'intitule sobrement mais efficacement : SWEET TRAVESTITE.

Le thème du travestissement au cinéma nous permettra d'aborder ce sujet sous des angles très différents : du burlesque, avec le délirant western Lust in the Dust où l'on retrouvera la célèbre Divine, ou le cultissime The Rocky Horror Picture Show accompagné en live par la troupe parisienne Les Sweet Transvestites, au documentaire Crossdresser sur le rituel du travestissement, en passant par le film très engagé Paris is burning, ou poétique comme Ocaña de Ventura Pons et Le baiser de la femme araignée de Hector Babenco… Pour le cinquantenaire de la mort de Jean Cocteau, nous proposons deux grands rendez-vous : une conférence sur Jean Cocteau par le biographe Henry Gidel, qui sera suivie de la projection d'un documentaire à la Maison du Livre, de l'Image et du Son de Villeurbanne jeudi 7 mars à 18H00, ainsi qu'une soirée à l'Institut Lumière, avec la projection des chefs d'œuvres Le sang d'un poète (1930) et Orphée ➊ (1950). Également au programme, une invitation au chanteur Denis Bortek, pour une Carte Blanche cinéma, une exposition et un concert de son nouveau groupe Mr. D and the Fangs. Des séances de documentaires sur le

Genre, en partenariat avec Le Point G, projetées dans les bibliothèques municipales de la Part-Dieu, des 1er et 7e arrondissements Jean Macé. Une soirée officielle à l'ex Opéra Mundi et beaucoup de surprises…

Le festival se déroulera dans plusieurs lieux ( Institut Lumière, Comœdia, Goethe Institut, Lavoir Public, diverses bibliothèques municipales…  ) Comment êtes vous arrivés à fédérer tous ces lieux ?

Dès la création de l'association en 2007, nous avons fait le choix de venir à la rencontre des gens et de proposer des événements dans toute la ville. C'est cette approche démocratique et non communautariste, s'adressant à un large public, qui nous a ouvert les portes des institutions comme la Bibliothèque Municipale de Lyon, l'Institut Lumière ou le Goethe Institut. Mais c'est aussi le fruit de rencontres décisives avec des personnalités très engagées dans le milieu culturel comme l'écrivain Didier Roth-Bettoni, Michel Chomarat chargé de mission Mémoire de la Ville de Lyon, le metteur en scène Olivier Rey, copilote du lavoir ou Sylvie Tomolillo, responsable du Point G, le centre de ressources sur le genre de la Bibliothèque Municipale de Lyon.


Lorsque l'on crée un festival comme le votre, comment faire pour ne pas sombrer dans une dérive " communautaire " ?

Le terme communauté dans le milieu LGBT prend ses racines dans la lutte contre les discriminations. Nous rejetons donc toute notion péjorative de ce terme. En ce qui concerne Écrans Mixtes, nous sommes dans le registre du cinéma, qui par définition est un des arts les plus populaires et qui s'adresse à tout le monde. Réserver l'accès du festival Écrans Mixtes aux seuls membres de la communauté LGBT reviendrait à dire que le festival Quais du polar ne s'adresse qu'aux seuls policiers ou bandits : dans notre programmation, comme dans les présentations qui accompagnent les films, nous mettons un point d'honneur à ce que le propos soit accessible au plus grand nombre, et pas seulement aux initiés, qu'ils soient cinéphiles, LGBT, ou cultureux. L'adhésion du public, toujours grandissante, nous a conforté dans notre ligne éditoriale.

Nous avons connu Bortek comme frontman de Jad Wio et on le redécouvre dans Mr D & the fangs, comment s'est effectué le choix de l'inclure au festival ?

Une partie de l'équipe du festival a grandi avec le groupe Jad Wio. Denis Bortek est un personnage à part sur la scène musicale française, et nous trouvons que son univers baroque est très

➋ cinématographique. Il est comme nous, un grand fan du film The Rocky Horror Picture Show, dont il reprend très souvent sur scène quelques titres de la bande originale, et notamment le célèbre Sweet Transvestite, qu'il a traduit en français. C'est donc tout naturellement que nous avons choisi ce titre pour notre nouvelle édition. Nous trouvions intéressant qu'un festival de cinéma demande à un artiste issu de la chanson, de s'exprimer sur un autre art que le sien. Nous lui avons donc donné une Carte Blanche cinéma et invité à se produire sur scène à Lyon, avec son nouveau groupe Mr. D & the Fangs. Cette carte blanche proposera un double programme : la projection de Liquid Sky ➋, véritable ovni cinématographique, sorte d'enfant de David Bowie, suivie d'un long métrage, Dégats des os de la plasticienne Tk Kim, qui entre documentaire et fiction, est consacré au chanteur. Enfin, une installation numérique autour de l'univers du chanteur, réalisée par Tk Kim, habillera le Lavoir Public durant la période du festival.

La programmation allie avec brio classiques ( Orphée, Les Prédateurs ) et œuvres décalées. Comment se déroule l'élaboration de l'affiche ?

Depuis la première édition du festival, notre volonté est de proposer une réflexion sur la Mémoire homosexuelle, avec la programmation de classiques

➌ et de documentaires, mais aussi, d'œuvres de réalisateurs moins connus, plus underground, dans lesquelles le regard homo est présent. Il nous semble intéressant de remontrer aujourd'hui des films classiques, considérés comme homophobes à leur sortie, comme La rumeur de William Wyler, Cruising de William Friedkin, ou Desperate Living de John Waters, pour les voir sous un autre angle, ce qui permet de remettre les choses dans leur contexte, et de mesurer l'évolution des mœurs. Un film comme Les Prédateurs ➌, qui fait l'ouverture du festival, honni à sa sortie en 1983, est aujourd'hui considéré comme culte. Nous avons des idées, des rêves et des envies de rétrospectives pour l'avenir : Kenneth Anger, Derek Jarman et Pier Paolo Pasolini entre autres génies du cinéma…

Que peut-on vous souhaiter pour cette nouvelle édition ?

Que le public soit curieux de notre proposition. Notre meilleure récompense est de voir un public toujours plus nombreux et mixte, qui se laisse guider par notre programmation d'invitations à découvrir ou redécouvrir des œuvres et des regards différents.

Festival Écrans Mixtes, du 6 au 12 mars à Lyon. FESTIVAL-EM.ORG

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A R T S Š   E N T R E T I E N Š  Jérôme Catz, directeur et créateur de Spacejunk

SP▲CEJUNK C NTR S D'ART  ( S )

Démarrant à Grenoble en 2003 pour maintenant compter quatre galeries dans quatre villes. Comment a démarré l'aventure Spacejunk et quelles sont les perspectives ?

Le projet Spacejunk a démarré d'une simple envie : celle de faire se rencontrer des artistes et leur public. Toute la jeunesse qui s'intéresse au graphisme, aux courants très pointus ou alternatifs, qu'ils soient musicaux, esthétiques ou sportifs, ne reçoit aucune proposition art plastique dédiée en France et encore moins en province. L'idée était de combler ce manque pour le public comme pour les artistes concernés qui sont nombreux.

Vous vous définissez comme un centre d'expression dédié aux plasticiens des cultures émergentes ( lowbrow, board culture, pop surréalisme, street art… ). Afin d'éclairer le profane, pouvez-vous nous en dire plus ?

Le lowbrow est un mouvement qui rassemble beaucoup de styles mais qui prend ses origines dans les cultures alternatives des années 60 aux USA. Robert Crumb et Robert Williams, Rick Griffin, Ed Roth, Gilbert Shelton en sont les parfaits représentants. Avec le temps, cette culture qui vient de la BD underground, de la Kuston Kulture ( tout ce qui touche ➊ ‰ 

de près ou de loin aux Hot Roads des années 40 - 50 aux USA ), des affiches de concerts psychédéliques, a agrégé les formes artistiques non académiques. Dans un sens très large le lowbrow englobe le street art par exemple… La Board Culture est la culture graphique associée aux board sports ( surf, skate, snowboard, ski depuis peu ) qui sont de très grands consommateurs de créations artistiques pour pouvoir décorer les planches. Outre l'aspect commercial pour les marques et les quelques rentrées financières pour les artistes, ces supports ont permis de véhiculer les styles des artistes dans tous les pays occidentaux simultanément. L'importance du skate dans la culture contemporaine est énorme, et cela commence à se voir au travers des références utilisées par les jeunes artistes, mais si l'on sait regarder, toutes les grosses expositions de street art qui ont une partie historique sont obligées d'en parler tellement ce médium est important dans ces cultures émergentes. Le Pop Surréalisme est un sous mouvement du lowbrow qui est en train de muter, de s'autonomiser et peut-être de changer de nom pour aller vers le " réalisme conceptuel ". En deux mots cela regroupe les artistes qui ont une très grande technique de peinture ( ce qui revient à fond ) et qui s'expriment sur des sujets contemporains de manière libre

sinon très créative, avec beaucoup de croisements de références à la culture populaire et une grande force dans l'expression même que dégage l'œuvre  ; les maîtres sont Robert Williams ( encore ), Todd Schorr, Mark Ryden, Ray Ceasar ( travail numérique ), Nicola Verlato, Dan Witz, Martin Wittfooth…

Comment s'effectue C'est une alchimie le choix des de jeunes artistes artistes exposés ? et de confirmés, d'expositions solos et de group show. Le critère de base est la qualité du travail, couplé avec ce que dégage l'artiste à nos yeux. Ensuite, comme l'idée de Spacejunk est de faire découvrir des personnes mais aussi des mouvements artistiques, il nous semble important de faire des sélections pour répondre à des thèmes comme l'exposition de Chris Mars et Chet Zar qui sont des artistes très reconnus et déjà présents dans ( des ) pas mal de musées aux USA et qui représentent un sous mouvement du lowbrow : le dark art. Si vous avez vu la qualité des œuvres c'est juste magique, mais le sujet est très dur et cela fait presque peur, néanmoins il y a beaucoup de gens qui aiment le mouvement gothique et qui ont découvert ces œuvres en nous remerciant ! Nous jonglons aussi avec les possibilités financières que nous avons, c'est une grosse contrainte que nous aimerions lever.

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➊  Projet Sunday happy sunday #2 ➋  Exposition OBEY, Spacejunk Lyon. ➌  Projet Venus, Spacejunk Lyon. ➍  Dédicace de l'ouvrage Women lightscape par Hervé All, Spacejunk Lyon. ➌


Nous allons nous faire l'avocat du diable : il y a énormément de galeries à Lyon, est-ce que Spacejunk est une galerie de trop ?

Si nous présentions les mêmes artistes, les mêmes courants, les mêmes styles que les autres galeries, je vous dirais oui ! Mais ce n'est pas le cas. Nous voulons faire découvrir, les artistes qui sont présentés sont pour beaucoup étrangers et ils acceptent de venir à Spacejunk car nous avons une vraie légitimité dans ces milieux qui sont tous en train d'exploser… les connaisseurs de ces courants saluent notre travail, et les artistes sont contents de faire découvrir leurs œuvres dans quatre espaces en France sur une durée d'au moins six mois quand nous ne les emmenons pas sur des gros projets comme Les Enfants Terribles ( Biennale 2011 ) ou l'ISPO en Allemagne. C'est un tout, mais nous avons de la chance qu'ils disent oui car ils n'ont absolument pas besoin de venir en France pour vendre leur travail… donc merci à eux !

Mes amis et ma famille ( surtout les amis de maman ) me disent sans arrêt que j'ai beaucoup de talent, du coup ça me parait évident d'être exposé chez vous. Que dois-je faire ?

Vous nous envoyez vos dix meilleures œuvres au format numérique et on vous répondra. Nous tenons à tout voir, car les jeunes talents se révèlent tôt et peuvent venir de n'importe où !

De quoi vit une Nous sommes un galerie d'art ? centre d'art, notre mission est d'éduquer, de travailler avec les scolaires et de faire que des projets comme Venus autour du cancer du sein, que nous portons depuis quatre ans, puissent exister, pour cela nous fonctionnons avec des aides publiques ( petites ), que nous couplons avec du mécénat et des prestations de service comme de la location d'exposition. Nous n'avons

pas de vocation commerciale mais les artistes ne vivent pas de notoriété alors si nous pouvons les aider en les mettant en relation avec des acheteurs c'est bien volontier que nous le faisons.

Aux États-Unis, nous avons vu arriver il y a quelques années le slogan " Art is resistance ", qui nous faisait quand même penser à une résistance molle, pas véritablement subversive. L'art peut-il encore être révolutionnaire ?

Tout dépend d'où on se trouve pour le regarder ! Que des artistes comme Shepard Fairey ou Ron English supportent des causes comme Occupy Wall Street, ou critiquent très ouvertement le gouvernement américain, je considère cela comme de la résistance et ils ne peuvent pas s'exprimer plus frontalement. Être subversif aujourd'hui c'est dire la vérité ou aider à la faire entendre, et la plupart des artistes lowbrow et pop surréalisme s'expriment sur ces sujets. Je pense que justement la place de l'artiste dans la société c'est de dire les choses d'une belle manière, de façon à ce que " ça passe " dans les esprits et la société. S'il y a des artistes qui s'engagent, c'est sûrement dans le grand milieu du lowbrow qu'il faut chercher plus qu'ailleurs !

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Les projets Sept expositions de 2013 ? prévues chez nous, une en Allemagne.Le projet d'ouvrir un nouvel espace à l'étranger, de monter une grosse expo hors les murs, de continuer à faire tourner la machine, de travailler avec plus de dix mille élèves en France, de voir le projet Venus aboutir dans quatre autres villes. Accueillir tous nos visiteurs avec le sourire, pouvoir leur consacrer du temps. Plus des choses encore secrètes… La routine quoi !

PS : Si des mécènes potentiels lisent ces lignes qu'ils n'hésitent pas à nous contacter !

WWW.SPACEJUNK.TV


S O C I É T É / C U LT U R E / B D

LE RIZE Empruntant son nom à un affluent du Rhône ( La Rize ), le Rize a fêté ses cinq ans le 15 février dernier. L'occasion pour nous de revenir sur cet événement particulier dans sa forme : le marquage de la ville sous une forme artistique, et sur la manière dont le Rize marque la vie Villeurbannaise par son engagement social et sociétale.

Voila maintenant cinq ans que le Rize œuvre à créer du lien et maintenir une cohésion sociale dans la ville. Fondé sur un projet datant du début des années 2000, l'idée était de créer un centre dédié à la mémoire ouvrière, multiethnique et fraternelle des villes du XXe siècle. C'est en 2008 que le Rize s'ouvre au public, aux villeurbannais, aux lyonnais et par extension au monde. On pourrait aisément considérer le Rize comme un média, car en lisant la présentation du lieu on apprend qu'il a pour vocation de transmettre un récit partagé de Villeurbanne, construit à plusieurs voix à partir d'archives du territoire, des mémoires des habitants et des travaux de chercheurs associés. Il est donc question de dialogue, et finalement cela tombe bien car c'est comme ça que se crée et se consolide le lien social : en dialoguant. Trois grandes thématiques sont explorées au sein du Rize. Le premier est Villeurbanne, le second la culture ouvrière, et enfin l'immigration. Véritable bouillon de culture, le lieu est un véritable centre de recherche ouvert à toutes les disciplines des sciences humaines et sociales. Ici c'est le passé, le présent et le futur qui s'entrechoquent pour éclairer notre quotidien. Peut-on rêver mieux pour un chercheur qu'un lieu ouvert sur le passé ( le lieu abrite les archives municipales de Villeurbanne ), sur le présent ( le Rize accorde


une importance capitale à la collecte de la mémoire orale des habitants par la conduite d'entretiens menés par les chercheurs et la participation des publics dans l'action culturelle ). Et le futur. Oui le futur, car qu'est ce qu'est le futur si ce n'est l'addition du passé et du présent ? En étudiant le passé on peut comprendre le présent. Il est ainsi possible d'apprendre des erreurs et des réussites, et de bâtir un avenir. Forger un destin commun. Car le monde que Clifford D. Simak avait imaginé dans une des nouvelles de son recueil Demain les chiens, ce futur dans lesquelles il n'y avait plus de société à proprement parler, où les villes faisaient parties du passé, où tous les individus de la planète habitaient dans des maisons individuelles distantes de centaines de kilomètres chacune… ce monde là n'est pas pour demain. Même si les démagogies électoralistes nourrissent les

préjugés et tentent d'élargir les espaces qui nous différencient ; nous sommes là, ici et maintenant ensembles et ce sont les lieux comme le Rize qui nous permettent de nous rencontrer, de conjuguer nos passés pour mieux vivre le présent. Ce sont des lieux comme celui-ci qui permettent de déconstruire les méfaits des idéologies libérales-libertaires qui nous poussent au chacun pour soi. Dans le cadre des cinq ans du Rize et avec l'aide de l'agence Paper Boys, le Rize a imaginé de marquer l'espace urbain de son empreinte par le biais du street art en customisant les passages piétons avec l'identité visuelle du centre. Depuis le 15 février et durant deux semaines, quinze passages piétons portent les couleurs du Rize ( de l'Avenue Henri Barbusse, au cours Emile Zola, en passant par la place Grandclément ). HTTP://LERIZE.VILLEURBANNE.FR

En résidence au Rize à Villeurbanne,  Gilles Rochier* vous invite à suivre l'aventure  sur un blog spécialement créé pour l'occasion  ¨  http://jesuisaurize.tumblr.com  Tu es en résidence au Rize. Que fais tu au juste et comment cela se passe pour le moment ?

Et bien j'observe l'endroit, la ville, je prends ce que veulent bien me donner les gens de cette cité. Je capte son tempo son rythme afin de voir comment elle fonctionne et j'évite de prendre des repères histoire de me perdre quand je me ballade. Ici une équipe logistique s'occupe de me faire rencontrer les gens actifs de cette agglomération je m'adapte et j'écoute, tout ça pour en faire un livre.

Tu es originaire de la région parisienne, connaissais-tu Villeurbanne ?

Pas du tout je connais son existence que par le palmarès de son club de basket.

Ta dernière résidence a eut lieu à la maison d'arrêt de Fresne. Si tu devais la comparer au Rize, en quelques mots ?

Tu plaisantes ! elle est en bois ta question… Disons que la bouffe au Rize est meilleur alors… mais non comment veux tu comparer un endroit enfermé sur lui même et un lieu ouvert sur les autres… disons que pour moi c'est juste un choc thermique émotionnel. Entretien approfondi dans le prochain numéro, vous apprendrez ce qui relie NTM, Benoit Poelvoorde, Gille Rochier, le breakdance, le Rize et L'Incontournable. * Gilles Rochier est un auteur de bande dessinée. Il a reçu le Prix révélation du Festival d'Angoulême 2012.

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L I T T É R AT U R E / B D Š   E N T R E T I E N Š  Virginie Dolle

ULTR▲ J▲IMIE Vous aviez découvert Ultra Jaimie dans L'Incontournable N° 1, place à Virginie Dolle, l'auteur et illustratrice qui se cache derrière ce personnage. Comment est Aussi loin que je née l'idée d'Ultra me souvienne, j'ai Jaimie ? toujours dessiné ( ouais je sais c'est hyper convenu comme début, mais j'vais pas te raconter que j'ai eu une révélation y'a deux ans et que je me suis mise à dessiner comme ça ). Les arts décoratifs, j'entend ceux pour décorer ton salon, ce n'était pas trop mon truc, ce que je voulais c'est raconter des histoires, pas forcément les miennes, parce ce que d'une, je n'ai pas la prétention d'avoir une vie de guedin, et de deux je suis dépourvue d'imagination. Ultra Jaimie est née du fait que je n'ai rien à raconter si ce n'est ma propre vie, Ultra Jaimie c'est moi le trait à peine grossit.( Inutile de t'expliquer que ça fait référence à super Jaimie, si ? ) Mais attention, Ultra Jaimie est aussi ma signature en tant qu'illustratrice, mais c'est un autre sujet.

Ce personnage est en quelque sorte l'archétype de l'anti-héroïne, pourquoi ce choix ?

Je n'ai pas eu à en faire une looseuse, il m'a juste suffit de raconter mon quotidien, sans museler la voix off que j'ai en permanence dans ma tête. Des références en BD ? Honte à moi, je ne suis pas consommatrice de bd, j'y penserai quand je ne serai plus

pauvre. J'investis de temps à autres : Lewis Trondheim, Manu Larcenet, Florent Chavouet… En revanche je me fais ma blogroll quotidienne, faut que je dise des noms c'est ça ? Margaux Motin, Penelope Baguieux, Leslie Plée, Hellen Jo, Renart, Lapin, Sanaa.K, et dans le coin on en a des pas mal qui arrachent : Isabelle Maroger et Diglee – elle c'est une pure tueuse, cette meuf j'sais pas quelle fée s'est penchée sur son berceau, mais elle a une putain d'aisance, elle écrit aussi bien qu'elle dessine, et genre elle a 24 ans la pute ! ( Diglee, si tu me lis, sache que " la pute ", dans mon vocabulaire, ça veut dire que j'suis trop jalouse de toi ).

Pourquoi avoir choisi le format blog pour narrer les aventures d'Ultra Jaimie ?

Je n'ai pas vraiment choisi, le truc s'est imposé de lui même, j'ai eu des sales périodes où je ne dessinais pas du tout, faut dire j'étais maître d'hôtel en restauration à cette époque, ça me laissait pas énormément de temps et d'énergie pour quoi que ce soit d'autre. Je me suis simplement dit, que si j'avais à tenir quelque chose de ce format, je n'aurais pas d'autres choix que de me sortir les doigts du fion et d'être rigoureuse. Ce qui est malencontreux avec le format blog,

c'est que non seulement ça te fait entrer dans la catégorie des blogueuses (ce qui n'est pas le truc super glorieux quand même), mais en plus on est quand même sacrément nombreuses à avoir eu la même idée au même moment… Lorsqu'il s'est agit de mettre le blog en place, je voulais que cela ait l'air d'un site sans que ça me coûte trop de thunes, du coup on a fait simple et efficace. Il faut quand même savoir que j'ai fait appel à des pros pour me faire Ultrajaimie.com et que je les ai payés en grosse partie en cookies et blagues douteuses, d'ailleurs tu sais ce que c'est une pute au régime ?… Bref, pour bien faire, il faudrait que je me penche sérieusement sur l'histoire, mais j'ai pas trop le temps, je suis en formation d'infographiste ( big-up Jean-Pierre ).

WWW.ULTRAJAIMIE.COM


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L I T T É R AT U R E Š   E N T R E T I E N Š  Cédric Denonfoux

LE FEU S▲CRÉ MAISON D' DITION

" Malheur à qui fait croître le désert ". C'est cette sentence Nietzschéenne qui nous accueille sur votre site. Mise en garde ou constat ?

Plutôt un pensebête. Avant tout destiné à nous-mêmes. Pour ne pas oublier ce contre quoi nous nous sommes constitués. J'aime beaucoup cette métaphore du désert. Il suffit de se balader rue de la République n'importe quel samedi après-midi pour se rendre compte que le désert croît, que notre monde a été intégralement remplacé par sa version parodique. Avant que l'occident ne devienne un vaste supermarché, il y avait un autre monde, que nous avons le vague sentiment d'avoir habité, et auquel nous pensons toujours avec nostalgie. Ce monde ne nous sera pas rendu, mais il est plus vrai que celui, matériel, trop matériel, dans lequel on prétend nous faire vivre. Les bons livres sont des interfaces qui nous reconnectent à lui. Tenter de les produire nous-mêmes revient ainsi à fournir aux bonnes volontés les pelles afin de repousser, bon an mal an, cette mer de sable qui avance.

Le Feu Sacré, Dans le monde qu'est-ce donc ? de la matière, une modeste maison d'édition. Dans le monde de l'esprit, un de ces projets qu'on crée pour upgrader son existence. Au quotidien,

un sacrifice financier, mais aussi une source de grande Joie. Dans le monde symbolique, Le Feu Sacré représente autant le Saint-Esprit, la foi - et pas nécessairement religieuse - que l'énergie vitale. C'est cette multiplicité d'interprétation qui nous a poussés à l'endosser comme identité, le fait que ce soit un symbole universel évoquant la force vitale, l'essence, l'âme.

Vous avez publiés Le livre d'Aurélien F.J. Ossang et Lemant Traum : Aurélien Lemant. Philip K. Dick, le martyr onirique est ce que nous pourrions appeler un essai poétique, très libre, qui propose une exégèse pour la moins singulière de l'œuvre de l'auteur de Blade Runner. Je n'aime pas proprement parler d'essai pour parler de ce livre étant donné que Traum pose plus de questions qu'il ne donne vraiment de réponses. C'est un essai, mais sans démonstrations, une divagation littéraire et onirique qui propose au lecteur une expérimentation vivante de l'oeuvre Dickienne, plutôt qu'une dissection de son cadavre. Dick est un levier, une formule magique, c'est un ouvreur de mondes. Plutôt que de retourner et d'examiner la clef dans tous les sens, Traum propose plutôt de partir à la recherche des serrures. Sous ses airs de livre spéculatif, c'est un mode d'emploi. Au lecteur de voir ce qu'il ouvre en lui.

Hiver sur les continents cernés de F.J. Ossang compile une série de textes issus de la revue littéraire CEE qui a existé entre 1977 et 1979, en pleine explosion punk ( et ça se sent ), jamais réédités depuis lors. Même si Ossang a écrit quelques textes avant de créer cette revue, ces pages représentent à nos yeux son véritable acte de naissance poétique. On y retrouve déjà son fiévreux et si particulier mélange de prose Burroughienne, à la fois post-Beat et proto-punk et où se croisent toutes ses préoccupations du moment ( qu'on retrouvera dans les 1er films qu'il réalisera quelques années plus tard ) : la mort de l'occident, la victoire du spectacle sur le réel, le sens et la place du terrorisme, de la langue et des flux d'images dans nos démocraties mourantes et désarticulées. C'est une réponse littéraire à la musique de Throbbing Gristle ou de P.I.L. Aucun de nos livres n'est vraiment classé dans une collection, nous avons pris dès le début le parti de ne pas enfermer les livres dans les carcans prédéfinis en usage dans ce milieu. Sous l'étiquette du Feu Sacré, sont et seront ainsi publiés des essais, des romans, de la poésie, ou des textes inidentifiables ou à la frontière des genres. Nous ne souhaitions pas prendre les gens par la main, plutôt les laisser définir eux-mêmes à quel genre se rattachait tel ou tel livre.

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Votre maison d'édition est toute jeune, où trouve t-on l'énergie et l'envie de se lancer dans une entreprise comme celle-ci alors que tous les signaux médiatiques nous confortent dans une réalité de crise économique ?

La recette est la suivante : beaucoup d'insouciance + un certain j'm'en foutisme à l'égard de la réalité économique + un manque total d'ambition financière - saupoudré d'une volonté de rester spontané et naïf. Le Feu Sacré, c'est une maison d'édition Punk. Le Feu Sacré, c'est une chanson des Ramones ou de Black Flag. Courte, agressive et chantée sachant qu'on sera peut-être mort demain. Nous sommes nés dans les années 70, notre génération enfile depuis lors les crises économiques comme des paires de chaussettes, si bien qu'elles n'ont plus sur nous aucun pouvoir pétrifiant. Le Feu Sacré n'est pas un plan d'épargne, c'est de l'énergie dépensée en pure perte (au sens Bataillien du terme : en vain, sans raison ni but), un projet qui répond à une volonté de brûler à un moment donné. Et puisqu'aucun feu n'est éternel… Le Feu Sacré cherche à subsister, à ne pas mourir trop vite, mais c'est un projet voué à se consumer.

Quelles sont vos sources d'inspirations, vos modèles ?

Du point de vue éditorial, ce sont surtout des maisons d'éditions des années 70 qui m'inspirent. Eric Losfeld, Le Terrain Vague, Christian Bourgois. Je trouve qu'à cette époque, il se publiait bien plus de choses intéressantes qu'aujourd'hui, et ce malgré un lourd contexte de censure ( il n'y a qu'à lire l'autobiographie de Losfeld Chargé comme une mule pour se rendre compte du courage dont il fallait s'armer pour être éditeurs de textes difficiles sous Pompidou ou Giscard ). Du point de vue esthétique, un certain nombre de maisons d'éditions forcent

Nietzsche semble détenir une grande place dans l'univers du Feu Sacré. Ce penseur est victime de nombre d'apriori souvent véhiculés par des médias qui feraient mieux de ne pas parler de ce qu'ils Comment ce sont Je ne pense pas ne connaissent pas. effectués les qu'on puisse parler On oublie trop soupremiers choix de choix, ces noms vent de parler de éditoriaux : se sont logiquement son amour absolu casse tête ou et naturellement pour la musique, coup de cœur ? imposés. Concerson amour pour nant F.J. Ossang, la vie , la liberté, nous connaissions son oeuvre littéraire son dégoût du et cinématographique depuis une pangermanisme vingtaine d'année, et j'ai toujours eu le qui préfigure le sentiment que je finirais par travailler nazisme à venir… avec lui un jour ou l'autre. Concernant Et aussi son refus Aurélien Lemant, c'était plutôt de l'ordre du totalitarisme de l'intuition. A part quelques nouvelles lorsque il parle et une poignée de critiques littéraires, de l'état comme il n'avait jusque là rien publié. Je " le plus froid connaissais une partie de son travail en des monstres tant que comédien et metteur en scène froids ". Qu'est-il ( avec la Carcasse, Bactérie Théâtrale ), pour vous ? notre admiration. Allia, Cent Pages. Dans un autre registre, j'aime beaucoup les livres de L'Arbre Vengeur, ou de chez Inculte, mais c'est à peu près tout. En France, les collections ont rarement des identités visuelles fortes. Il y a comme une peur que la forme prenne le dessus sur le fond, c'est dommage. Et plus les maisons d'éditions sont grosses, moins elles font des choix pertinents.

et j'ai eu le sentiment qu'il pourrait écrire un bon livre sur Philip K. Dick, un auteur dont nous avions souvent parlé ensemble. Traum : Philip K. Dick le martyr onirique est le premier ( et je pense le dernier ) livre que je me suis engagé à publier simplement sur la lecture de son pitch. J'ai eu beaucoup de chance, le livre tel qu'il existe aujourd'hui est bien meilleur que tout ce que j'avais pu imaginer et projeter sur lui.

Nietzsche marque ( ???) pour moi c'est la rencontre d'une authentique philosophie vitaliste, à un moment donné où mes propres batteries existentielles étaient complètement à plat. C'est sur le plan métaphysique que la lecture du vieux Friedrich m'a été salutaire. Je n'irai pas jusqu'à dire que la lecture du Gai savoir m'a sauvé la vie, mais elle a fortement contribué à ré-inspirer mon existence. Il faut savoir rester à l'écoute des morts, ils ont des tas de choses à nous dire. Pas besoin de faire tourner les tables pour ça, ouvrir un bon livre est largement suffisant. Dantec disait la même chose par rapport à sa lecture du journal de Léon Bloy, dans son premier Théâtre des Opérations. À l'époque j'avais trouvé cette idée fascinante mais vraiment exagérée. Aujourd'hui je comprends parfaitement ce qu'il voulait dire.

La littérature d'aujourd'hui. Qu'est ce qui vous excite ?

La littérature latino-américaine, surtout. Roberto Bolano en tête. Je tiens son 2666 pour le premier grand roman du XXIe siècle. C'est un roman comme je pensais qu'on n'en écrirait plus jamais : généreux, complexe, ample, ambitieux, écrit dans une langue chatoyante mais d'une forme malgré


tout assez classique. C'est un Crime et Châtiment contemporain. Un très grand et abyssal roman sur le mal. J'aime aussi beaucoup Rodrigo Fresan, même si son style plus " pop " me fatigue parfois un peu. Récemment, les livres de Juan Francisco Ferre paru chez Passage du Nord-Ouest m'ont bien stimulé, aussi. En France, c'est l'électrocardiogramme plat, hors des nombreux essais de Pacôme Thiellement que je dévore depuis deux ans. Côté Amérique du nord, j'ai une grande sympathie pour les trois derniers romans de Norman Spinrad Il est parmi nous, Oussama et Le Temps du Rêve, qui à 70 ans bande toujours très dur.

Où peut-on se Sur Lyon, dans un procurer vos certain nombre ouvrages ? de bonnes librairies : Le Bal des Ardents, Passages, Ouvrir l'Oeil, Vivement Dimanche, Temps Livres, entre autre. Sur Paris, à Parrallèles, Un Regard Moderne, Hors-Circuits, et dans tout un tas de librairies un peu partout en France. Mais il est aussi possible de commander nos ouvrages sur notre site internet ( www.lefeusacre-editions.com ) où nous proposons pour chaque volume les frais de port à un euro. Seulement un euro de plus qu'Amazon ! Il ne s'agit pas de tenter de concurrencer le géant de la vente du tout-et-n'importe-quoidans-votre-boite-aux-lettres, mais de ne pas freiner le lecteur potentiel devant les tarifs exorbitants de la Poste. Nous tentons aussi de faire comprendre à l'acheteur qu'il vaut mieux acheter directement le livre à sa maison d'édition plutôt que sur un site où celle-ci vend ses livres presque à perte.

Le futur du Plusieurs projets Feu Sacré ? sont sur les braises, mais rien que je puisse officiellement annoncer. Mais ce seront des textes bouillonnants et rock'n'roll, soyez-en sûr ! Nous avons aussi commencé à produire des versions audio-books de nos ouvrages. Je crois que c'est un médium mal exploité, qui n'est plus aujourd'hui seulement destiné aux circuits des médiathèques aux rayons destinés aux non-voyants, mais qui peut être un parfait médium pour l'amateur de littérature passant beaucoup de temps en voiture ou dans les transports en commun. Autant l'idée du livre numérique me laisse totalement froid ( nous y viendrons, mais probablement sous la contrainte ), autant l'audiobook me semble ouvrir des perspectives inouïes en matière de " mise en scène sonore " et d'expérimentations audiophoniques.

Lemant, Thevenot, Ossang © Xavier-Tschudi

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L A N O U V E L L E L I T T É R A I R E Š  Valérie Simon

L▲ VIE TRÈS ●RDIN▲IRE

DU COMPTABL J AN-LOUIS Tout a débuté un mois de janvier. Évidemment, on pourrait croire que le fait qu'il s'agisse du mois de janvier n'a aucune incidence sur cet événement purement personnel, je reste cependant intimement convaincu du contraire. Ce qui est arrivé en janvier n'aurait pas pu se produire un autre mois de l'année. Parce que janvier est le mois de la froidure, du brouillard, de l'humidité glaciale, du plaid sur le canapé, des nuits trop longues et de la solitude exacerbée. Janvier est le mois de la déprime, des amours inexistantes, et d'une certaine forme de lucidité. Janvier est le mois des malades qui trépassent après avoir perdu le goût de lutter. C'est aussi le mois des suicidés. Je vis seul. Non par choix, mais par contrainte : je suis insipide. C'est ainsi que je me décris. Insipide de la tête au pied. Ni grand ni petit, ni maigre ni gros, quelconque physiquement, avec un visage que l'on regarde comme s'il était transparent et qu'on oublie aussitôt. Je ne marque jamais les esprits. C'est ainsi depuis que je suis né. À l'école, j'étais celui qu'on oubliait. Jamais sollicité pour faire un exposé, encore moins pour compléter une équipe de foot. On me perdait lors des sorties et ma mère elle-même négligeait de me récupérer à l'heure des mamans. J'étais un élève moyen, je fus un étudiant moyen et je suppose que je suis un employé moyen. Depuis plus de dix ans, je travaille comme comptable dans une grande société où je ne suis qu'un numéro anonyme tapé en-tête de page d'une fiche de paie. Bien installé devant un bureau masqué par un paravent, entre une plante verte qu'on arrose avec soin et un calendrier dont les images changent tous les ans, j'offre ma compétence méthodique sans jamais me faire remarquer. J'ai la lucidité de dire qu'on ne me sollicite que pour remplir la cagnotte de mariage d'un collègue ou pour mettre l'appoint dans une grille de loto. Le reste du temps, je n'existe pas. Je ne le fais pas exprès. C'est ma nature la plus profonde, quelque chose de génétique peut-être… J'ai tenté de changer ➊ ‰ 

de personnalité, plus prosaïquement de vêtements… Mais je n'ai pu que constater à quel point le rose fluo ne change rien à l'affaire. C'est ainsi. Personne ne me voit. Personne ne se souvient de moi. J'ai la couleur de mon environnement, comme un caméléon dont la peau prend l'apparence du paysage qui l'entoure. Je suppose que je ne suis pas très heureux. C'est difficile à dire, je suis habitué à mon état depuis si longtemps. Et puis, j'ai suffisamment de jugeote pour m'octroyer des petits bonheurs éphémères : une tranche de foie gras à Noël, une crêpe au sucre à la Chandeleur, un œuf en chocolat à Pâques et de la soupe de potiron à Halloween. Je n'aime pas trop changer mes habitudes. Ma vie est réglée comme du papier à musique. Le soir, je rentre chez moi pour passer des soirées sans surprise. Les week-ends ne valent guère mieux. Je m'offre un cinéma ou une entrée dans un musée. J'apprécie l'art. Je n'ai pas d'autres loisirs. À part solliciter de temps à autre les services d'une professionnelle. C'est une question d'hygiène. Pour éviter de devenir fou. Je vis donc tel que j'en ai l'habitude, en correspondant sans doute à l'homme civilisé type qui vit sans trop savoir pourquoi mais à la finesse de ne pas se poser de questions. Des scientifiques prétendent qu'on ne peut vivre avantageusement que ce que l'on connaît parfaitement. Je suis donc un as de mon espèce. Je fais d'ailleurs des envieux ; mon patron me présente à ses collaborateurs comme un célibataire endurci et rit de ce qu'il appelle ma botte secrète : " Pas de femme avide de vison, pas d'enfants suceurs d'argent de poche, ha ha, mon cher Jean-Louis, vous avez une vie du tonnerre ! " Certes. Tous les soirs, en habitude immuable, je me prépare un plateau télé, je m'avachis dans le canapé et je grignote sans appétit mon sandwich au poulet devant un feuilleton américain. J'écoute de la musique ou je lis un roman. Je fais aussi des mots croisés. Ça me donne l'impression d'être intelligent. L'avantage de la solitude, c'est qu'on n'a pas de

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comparatif dans son entourage. Ce n'est pas plus mal. Mon patron a fait HEC. Il doit avoir raison. Ma vie est parfaite. Après tout, je suis sûr qu'il fait la même chose que moi. Avec du babillage en plus dans les oreilles. Seul hic dans cet engrenage bien réglé, ce fameux mois de janvier qui représente à mes yeux le mois le plus perturbant de l'année. J'ai survécu à Noël, à sa cohorte de bonnes intentions, de réveillons familiaux qui ne me concernent pas, de bonheurs sirupeux et de lumignons clinquants. Mais janvier… Mois monotone et gris, aux nuits noires comme des puits sans fond. Mois glacial sillonné par la bise, au ciel bas et lourd comme un couvercle, aux branches sombres torturées se découpant au cœur d'un brouillard livide, sans lumière, sans éclat, sans autre joie qu'une galette que l'humain est censé partager ! Janvier me déprime ; je trouve toujours la fève. Les ans passent, je mange continûment ma frangipane en solitaire et, tôt ou tard, je me casse la dent sur le petit Jésus de porcelaine. C'est irréversible. Et assez pathétique. Au quotidien, janvier me jette sur mon canapé encore plus tôt que les autres mois. Je m'enfouis dans mon plaid écossais, je grelotte stupidement devant une télé qui fait la part belle aux histoires d'amour. Rien ne me réchauffe, pas même le chauffage poussé à son paroxysme. Avec le recul, je m'en rends compte, une infime entorse à ce règlement immuable m'a fait basculer dans le plus étrange des cauchemars. Je n'aurai pas dû regarder ce film, c'est sûr et certain. J'aurai dû rester sur mes feuilletons policiers. Dès le début, le scénario était niais et sirupeux. Mais l'héroïne avait un joli minois et, peu à peu, je me suis laissé prendre à ses déhanchements ondoyants. Elle ôtait son chapeau en penchant sa nuque gracile. Elle ouvrait son manteau sur un décolleté dont les ombres étaient prometteuses de volupté. Le film avançait, ma respiration devenait oppressée. À mi-chemin, j'ai dû me lever pour aller me faire du thé. Dans la cuisine, j'ai tourné en rond, hagard, meurtri. Mon corps aspirait à quelque chose que je ne parvenais pas à lui offrir. On croit que ça n'arrive qu'au printemps, la sève qui monte dans les branches, les animaux qui se poursuivent et les garçons qui sifflent les filles dans la rue. Pour moi, c'est venu au mois de janvier, comme ça, d'un coup, et mon cœur affolé par ce manque sidéral s'est mis à espérer des caresses qui ne viendront jamais. J'aurais pu en sangloter. À la télé, le film continuait. La fille se déshabillait en offrant à son amant l'image d'un corps parfait noyé d'ombres sensuelles. Amour et passion. Baisers langoureux. Caresses voluptueuses. Violon. Je ne suis pas de bois. Mon rêve de famille devenait en cet instant aussi dur que celui de n'importe qui. Je ne voyais plus l'intrigue, au combien délétère, je me contentais de songer qu'il devait être bien agréable d'avoir une bouche rivée à sa bouche. J'imaginais cela comme une sorte de douceur attirante dont la chaleur

devait descendre jusqu'au plus profond des entrailles. Les professionnelles n'embrassent pas. Il ne faut pas tout mélanger. Mais elles offrent tout de même une oreille attentive et elles consolent avec de grands rires toute une flopée de pauvres types dans mon genre. J'ai marché de long en large. J'ai avalé un paquet de chips, une banane et trois barres chocolatées. J'ai regardé par la fenêtre pour me changer les idées. Dans le halo des réverbères, les trottoirs étaient brillants comme des diamants. De temps à autre, des phares trouaient la nuit. Il était tard et glacé. Des passants se hâtaient avant de s'engouffrer promptement derrière leurs portes cochères. Pourquoi la vis-je elle, spécifiquement ? Parce que c'était elle, parce que c'était moi ? Ha ha. Mon destin était-il devenu romantique, comme dans ces films à l'eau de rose dont la bande-son joue du violon pendant que l'homme et la femme se jettent l'un sur l'autre au ralenti ? Tout imbibé des humeurs du film, je la regardais un peu mieux. Elle ressemblait presque à l'actrice, avec une silhouette ondulante aux formes avantageuses. Malgré la distance, je voyais qu'elle n'était pas très belle, mais elle était jeune et possédait des atouts féminins là où un homme était en droit de les attendre. Elle était court vêtu et la seule concession accordée à la température étaient ces cuissardes zippées jusqu'aux cuisses dont il me semblait entendre résonner les talons hauts. Elle marchait le long du trottoir. Elle se penchait vers les voitures, s'arrêtait pour parler aux automobilistes. Même de loin, je voyais sa bouche rouge comme du sang qui s'ouvrait grande sur un rire provocant. Soudain, je l'imaginais se refermer chaude et douce sur… Sans réfléchir, je saisis mon paletot, mon cache-nez et mon bonnet, et je descendis de mon cinquième étage. Dans la rue, le brouillard me prit immédiatement à la gorge, je relevais mon cache-nez pour me protéger. J'hésitais quelques secondes. Il faisait vraiment très froid, il était encore temps de faire demitour. Je n'étais pas très fier de ma démarche. Il y a toujours quelque chose de honteux chez l'homme qui fait appel à son argent pour se payer ce que la nature devrait lui octroyer tout naturellement. Mais l'envie est là, sournoise, prenante… Je l'ignorais à ce moment, il était trop tard, mon destin était en marche. Je m'approchais de la fille. Elle m'avait vu depuis longtemps, avec cette sorte de prescience qui caractérisait ses semblables. Peut-être portais-je l'envie inscrite au fond de mes yeux, car elle me tourna aussitôt autour, me ferrant dans son rire sans espoir d'évasion. Sa croupe court vêtue tournoyait devant mes yeux. Même le miracle le plus inattendu n'aurait pu me faire lui échapper. J'étais fait comme un rat. Elle m'attira dans une ruelle adjacente. L'endroit était sombre et jonché de détritus. De temps à autre, alors qu'elle marchait devant moi pour me montrer le chemin, elle se retournait et d'une main légère frôlait mon pantalon tout en gloussant


insolemment. J'étais chauffé à bloc. J'aurais pu hurler comme une bête tellement l'envie de la prendre me vrillait les pensées. Mon sang martelait contre mes tempes. Mon ventre se tendait, dur comme un roc. Je respirais comme une forge et ne trouvait plus la nuit aussi froide. Elle me poussa sous un auvent, déverrouilla une porte et alluma un minuteur. Elle ne me parlait ni tarif, ni prestations. J'aurai dû me méfier. Mais j'étais obnubilé par ses gestes lascifs, cette façon qu'elle avait pour dénuder son buste arrogant en se caressant au passage. Devant ses seins dressés, je rejetais mon écharpe, ouvrais mon pantalon. Foutu mois de janvier ! Elle me mordit la gorge jusqu'au sang puis, tandis qu'il coulait, se mit à le laper bruyamment. Affolé, je tentais d'échapper à son étreinte, mais elle me tenait fermement, les cuisses accrochées à mes hanches, les mains enserrant mes bras. Elle était bien plus forte que moi. L'issue était courue d'avance : mon sang m'échappait, je me sentis devenir bien faible et bientôt je tombais à genou, exsangue. Elle me retint par le col de ma veste et son vaste regard vide comme celui d'un requin plongea vers le mien en me faisant frémir. Je n'avais plus aucune force, pas même celle de lever le coude pour tenter de me protéger de son implacable vindicte. Elle le savait, et elle en jouissait. Hypnotisé, je voyais de ses lèvres couler une goutte vermeille. Mon sang. Mon précieux sang. Une vampire m'avait choisi pour cible. " Allez-vous me tuer ? " parvins-je à articuler, mais elle éclata de rire, sauvage et cruelle : " Te tuer ? Pourquoi faire ? Aurais-tu la prétention de me pourchasser pour te venger ? " Je n'y avais même pas songé. Je n'ai pas le mental d'un assassin. Le comble de la déveine. Car cette femme inconnue a fait de moi ce que je suis aujourd'hui, un être étranger qui m'étonne tous les matins ; je ne peux plus me voir dans un miroir. Ce n'est certes pas une grande perte, le reflet qu'il me renvoyait ne me plaisait guère mais, tout de même, avouez que ce n'est pas ordinaire ! Je suppose que j'ai conservé le même physique ingrat, grisâtre, transparent, celui qui n'attire pas l'attention et fait que je puis me fondre aisément dans la foule la plus dense, y traquer ma proie et savoir avec une certitude inébranlable que personne ne se souviendra de moi. Je suis à l'abri de toute poursuite. Éternellement. Je me coule invisible parmi les badauds affairés, je n'ai pas besoin de me cacher. Mon visage si neutre le fait à ma place. Évidemment, je me demande pourquoi cette inconnue a fait de moi ce que je suis aujourd'hui ? Sans doute ne le saurais-je jamais. Je ne l'ai pas revue, elle tapine sur un autre boulevard, dans une autre ville, un autre pays. Je l'ai cherché un temps. Je voulais lui dire ma reconnaissance. Car au début j'aimais ce que j'étais devenu. J'aimais attraper ma victime, l'immobiliser dans l'étau de mes bras, me pencher vers l'odeur de sa peur et déchiqueter d'un coup de dents la peau fragile et douce qui masque le battement de la vie. Un

tel pouvoir était si grisant par rapport à la vie terne qui avait toujours été mon lot que j'avoue sans fausse honte en avoir été leurré. En peu de temps, j'étais devenu fort comme dix hommes, agile comme un singe, rapide comme un loup, vif comme un serpent. Infaillible. Invincible. Immortel. Le mot est lâché. Je ne peux plus mourir. Vous m'enviez. Au début, je m'enviais aussi. Fini la peur viscérale de l'inconnu, l'épée de Damoclès au-dessus de la tête, l'angoisse d'abandonner une carcasse débile ! Adieu rhume, grippe, choléra ou fièvre jaune ! Oubliés, les miasmes putrides de la dégénérescence, les flatulences immondes d'un corps vieillissant, l'autodestruction d'un être programmé pour ne vivre que dans l'idée de la mort ! Mais le temps passant me rend maintenant cette idée insupportable. À quoi bon vivre une vie imbécile si le sort ne vous en délivre jamais ? J'étais un mortel insipide satisfait de son sort, je suis aujourd'hui un immortel suicidaire. Je ne trouve plus le repos. J'ai essayé la lame et le poison. Le précipice et l'étang. L'héroïne et le tabac. J'ai attaché une pierre à ma cheville, et je me suis précipité dans le Rhône. J'ai gravi le plus haut cèdre et j'ai sauté à pieds joints. J'ai défié des voyous armés de pistolets, donné des gifles à des policiers. J'ai tiré la langue à un molosse, et sauté dans la fosse aux lions. Peine perdue. Mon corps est éternel, mon sang ne coule plus, ma chair est figée dans l'infini. Je ne vieillis ni ne me corromps. C'est terrible. Car le plus désespérant de cette aventure est que la métamorphose m'a fait demeurer ce pâlot que personne ne regarde, ce benêt insignifiant que les femmes ignorent et que, maintenant encore, pour assouvir ces désirs qui, au gré des saisons, en janvier surtout, me saisissent du ventre jusqu'à la gorge, je n'ai d'autre choix que celui de m'avachir sur le canapé, devant une romance sirupeuse passant à la télé, et de rêver en pleurant à la vie que, de toute façon, je n'aurai jamais eu, et que je n'aurai jamais. Fichu mois de janvier, tout rempli de violons !

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Pour être publié dans L'Incontournable Magazine, envoyez vos manuscrits à contact@lincontournable-lyon.fr. Tous les genres littéraires sont acceptés, les textes audacieux et subversifs sont préférés. ( Maximum 2600 mots. ) ➊ Sans titre, série "Workspace #1, Paul Smith, 2010. Travail mené au sein du Ministère de la communauté française à Bruxelles.

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T H É ÂT R E Š   À L'A F F I C H E Š  Théâtre Jean Marais

DISC●URS DE L▲ SERVITUDE V●L●NT▲IRE Vendredi 19 avril 2013 au Théâtre Jean Marais de Saint-Fons se jouera une pièce de théâtre qu'il ne faudra rater sous aucun prétexte : l'adaptation de l'immense Discours de la servitude volontaire par Stéphane Verrue, interprété par François Clavier.

➊ ‰ 

Écrit au 16e siècle par un jeune Étienne de la Boetie tout juste âgé de dix huit printemps, la justesse de ce texte résonne encore aujourd'hui de manière éclatante et percute une réalité à la fois effrayante et si palpable : celle d'une servitude quotidienne devenu légitime. Soyez résolu à ne plus servir et vous serez libre. Cela paraît simple dit comme cela. Mais il n'est pas si facile d'appliquer ce conseil avisé. Le texte transcende les époques et constitue une œuvre de référence sur la question de la légitimité du pouvoir politique. De prime abord on peut s'imaginer qu'il est seulement question d'une remise en cause du pouvoir mais l'étude de La Boetie est bien plus complète. Le jeune Étienne dresse un portrait sociologique ( socio-pathologique ? ) de la société, il en étudie les rouages et fini même par se questionner sur le penchant historique que le genre humain a pour sombrer inexorablement dans la servitude. En réponse il développe le concept de " malencontre " : " […] quel malencontre a été cela, qui a pu tant dénaturer l'homme, seul né de vrai pour vivre franchement [ librement ] ; et lui faire perdre la souvenance de son premier être, et le désir de le reprendre ? ". Ce texte ouvre la voie à Gustave Le Bon et son La psychologie des foules, à Bernays et son Propaganda , à Stanley Milgram et son Soumission à l'autorité, Thoreau et La désobéissance civile… la liste est sans fin. Dans cet ouvrage Étienne décortique les mécanismes qui entretiennent le Pouvoir. Partant de cette question simple : comment peut-il se faire que " tant d'hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n'a de puissance que celle qu'ils lui donnent ? ". En filigrane on comprend facilement qu'il vise la monarchie française qui à cette époque renforce considérablement son pouvoir. La Boetie ne citera jamais

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ouvertement le Roi mais usera d'analogie en prenant des exemples de " tyran " issue de l'époque antique. " […] Il y a trois sortes de tyrans. Les uns règnent par l'élection du peuple, les autres par la force des armes, les derniers par succession de race. Ceux qui ont acquis le pouvoir par le droit de la guerre s'y comportent- on le sait et le dit fort justement comme en pays conquis. Ceux qui naissent rois, en général, ne sont guère meilleurs. Nés et nourris au sein de la tyrannie, ils sucent avec le lait le naturel du tyran et ils regardent les peuples qui leur sont soumis comme leurs serfs héréditaires. Selon leur penchant dominant – avares ou prodigues –, ils usent du royaume comme de leur héritage. Quant à celui qui tient son pouvoir du peuple, il semble qu'il devrait être plus supportable ; il le serait, je crois, si dès qu'il se voit élevé au-dessus de tous les autres, flatté par je ne sais quoi qu'on appelle grandeur, il décidait de n'en plus bouger. Il considère presque toujours la puissance que le peuple lui a léguée comme devant être transmise à ses enfants. Or dès que ceux-ci ont adapté cette opinion, il est étrange de voir combien ils surpassent en toutes sortes de vices, et même en cruautés, tous les autres tyrans. Ils ne trouvent pas meilleur moyen pour assurer leur nouvelle tyrannie que de renforcer la servitude et d'écarter si bien les idées de liberté de l'esprit de leurs sujets que, pour récent qu'en soit le souvenir, il s'efface bientôt de leur mémoire. Pour dire vrai, je vois bien entre ces tyrans quelques différences, mais de choix, je n'en vois pas : car s'ils arrivent au trône par des moyens divers, leur manière de règne est toujours à peu près la même. Ceux qui sont élus par le peuple le traitent comme un taureau à dompter, les conquérants comme leur proie, les successeurs comme un troupeau d'esclaves qui leur appartient par nature. " Lorsqu'il nous parle de Cyrus, le tyran Lydien, on ne peut être qu'interloqué par une description qui pourrait être celle d'une époque que nous connaissons si bien. " […] Il y établit des bordels, des tavernes et des jeux publics, et publia une ordonnance qui obligeait les citoyens à s'y rendre. Il se trouva si bien de cette garnison que, par la suite, il n'eut plus à tirer l'épée contre les Lydiens. Ces misérables s'amusèrent à inventer toutes sortes de jeux si bien que, de leur nom même, les Latins formèrent le mot par lequel ils désignaient ce que nous appelons passe-temps, qu'ils nommaient Ludi, par corruption de Lydi… Le théâtre, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, le prix de leur liberté ravie, les outils de la tyrannie. Ce moyen, cette pratique, ces allèchements étaient ceux qu'employaient les anciens tyrans pour endormir leurs sujets sous le joug. Nous donnant quelques indices qui selon lui nous permettraient de briser les chaines de cette servitude il lâche : Or ce tyran seul, il n'est pas besoin de le combattre, ni de l'abattre. Il est défait de lui-même, pourvu que le pays ne consente point à sa servitude. Il ne s'agit pas de lui ôter quelque chose, mais de

ne rien lui donner. Pas besoin que le pays se mette en peine de faire rien pour soi, pourvu qu'il ne fasse rien contre soi. Ce sont donc les peuples eux-mêmes qui se laissent, ou plutôt qui se font malmener, puisqu'ils en seraient quittes en cessant de servir. C'est le peuple qui s'asservit et qui se coupe la gorge ; qui, pouvant choisir d'être soumis ou d'être libre, repousse la liberté et prend le joug ; qui consent à son mal, ou plutôt qui le recherche… Ce sont les monarchomaques protestants qui les premiers, face aux persécutions, décidèrent de publier ce texte en 1574 sous le nom de Contr'un car, après le massacre de la Saint-Barthélemy se posa légitimement pour eux la question de leur relation au tyran et de la nécessité de s'en libérer. Ce texte fût un véritable condensé de la pensée anti-absolutiste qui commença à se diffuser dans le royaume. Cette édition hâtée empêcha Montaigne alors grand ami de La Boétie d'en inclure le texte dans ses Essais. Nous n'irons pas plus loin et vous laisserons le plaisir de profiter de cette pièce le 19 avril prochain au Théâtre Jean Marais. En écrivant ces quelques mots, un frisson me traverse l'échine. Au fond c'est une bénédiction que d'avoir un texte comme celui-ci pour nous éclairer sur la société d'hier ( et d'aujourd'hui ), mais… La Boétie à rédigé ce texte en 1550…

Qu'avons-nous appris depuis ?

Discours de la servitude volontaire Par la compagnie " Avec vue sur la mer " Vendredi 19 avril à 20h30 au Théâtre jean marais : 53, Rue Carnot, 69190 Saint-Fons Tél. 04 78 67 68 29 WWW.THEATRE-JEAN-MARAIS.COM

Créé en 1986, la Cie Avec vue sur la mer est une structure conventionnée par le Ministère de la Culture depuis 1992. Outre la diffusion de ses créations, elle met en œuvre régulièrement des projets d'actions culturelles sur son territoire d'implantation via des ateliers théâtre ouverts à tous. WWW.CIEAVECVUESURLAMER.ORG

➊ Portrait de Étienne de la Boetie tenu par Alejandra, en haut de La Cour des Voraces à Lyon, © Petit Cosmos, 2013. ➋ Š Victor, ( détail ), série In between, Paul Smith, 2012. photographie argentique moyen format.


M U S I Q U E S / A R T Š   E N T R E T I E N Š  James Giroudon

J●URNÉES GR▲ME Les journées Grame 2013 ont débuté le 15 janvier. Un petit mot sur ce démarrage ?

Un départ comme " un retour en avant " avec les magnifiques chorégraphies d'Anne Teresa De Keersmaeker ➊ des années 80, des architectures de gestes et de sons qui vous feraient adorer la musique répétitive, si Steve Reich n'était pas votre tasse de thé musicale. Il y a une telle justesse et intelligence dans les calages/ décalages entre les deux univers, dans la construction de lignes et l'élaboration de perspectives qui se font et se défont… Je pense particulièrement à  Fase, mais cette impression a été permanente, portée par d'autres univers musicaux qui se sont succédés au cours des quatre spectacles : des musiques " maximalistes " au répertoire " musique contemporaine " avec les œuvres de Ligeti ou Bartók. Avec le second rendezvous des Journées Grame, on a pu pénétrer dans le domaine des arts visuels avec l'exposition de Dania Reymond à la galerie Artae, une exposition qui se prolonge jusqu'au 23 février. C'était la première présentation en France de Greenland unrealised ➋, une installation vidéo et son, réalisée au cours d'une corésidence de l'artiste dans les studios de Grame à Lyon et dans ceux du Digital arts center de Taipei. L'installation qui est construite à partir d'un scénario d'Antonioni a été créée au Digital arts festival de Taipei en novembre dernier.

Pour les néophytes, en quelques mots, qu'est ce donc que ces Journées Grame ?

Les Journées Grame 13, pour leur 7e édition, en alternance avec la Biennale Musiques en Scène, se déploient sur le premier semestre 2013 avec une quinzaine d'événements publics. Créées lors de la biennalisation du festival Musiques en Scène, à l'issue de l'édition de mars 2000. Les Journées se déclinent comme le temps fort d'une création musicale en mouvement, avec une dizaine de premières mondiales et françaises, réunissant de jeunes musiciens, danseurs et compositeurs aux côtés d'artistes confirmés. Des productions créées lors des Biennales Musiques en Scène précédentes ( Gran Cassa, de Michelangelo Lupone, Le royaume d'en bas, de Pierre Jodlowski ) seront également reprises au cours de ces Journées. Cette manifestation se déroulait sur une semaine en mars 2001, leur étendue sur plusieurs mois en 2013 confirme que ce dispositif s'est construit comme une solide alternance à la biennale Musiques en Scène. Les Journées se nourrissent des résidences et compagnonnages des compositeurs et équipes artistiques invités à Grame. Si les différentes éditions ont beaucoup varié en formes et durées, l'édition 13 prend ses aises en faisant le grand écart entre janvier et mai. Ce n'est ni l'envers, ni le côté pile ou face de la biennale, c'est plutôt un anti-festival,

en proposant une création musicale, en continu, sur toute une saison.

Musique, danse, installation… Cette année nous avons treize pays représentés, trente compositeurs et plasticiens, douze créations ! Comment s'effectue la programmation ?

Il est vrai que l'édition 13 prend quelques libertés avec l'idée de départ, celle d'être essentiellement une caisse de résonance de la dynamique de créations au sein des studios de composition à Grame. Les six soirées chorégraphiques et musicales à la Maison de la Danse, puis au Toboggan ( Anne Teresa De Keersmaeker et Michèle Noiret ) sont des productions invitées, sans lien direct de création avec Grame. Les Journées 13 inaugurent donc, en concertation avec nos partenaires, une série de spectacles associés qui manifestent la présence des écritures musicales contemporaines sur une saison lyonnaise. Je remercie la Maison de la Danse, l'Orchestre National de Lyon, le Théâtre de la Renaissance et le Cnsmd-Lyon, d'être forces de proposition et d'avoir conclu ces accords. C'est aussi une façon de prolonger les synergies mises en place dans le cadre des Biennales Musiques en Scène. Et il s'agit bien de pouvoir défendre, ensemble, des productions artistiques engagées dans des formes innovantes.


L'étendue de la programmation 2013, et aussi celles des éditions précédentes en 2011 et 2009, a permis en se situant sur une période élargie de tisser plus aisément des thématiques entre les divers éléments du programme. Pour 2013, on peut faire ressortir ce qui relève des rapports entre la création chorégraphique et musicale et ce qui est de l'ordre des nouvelles lutheries et du multimédia. Ce dernier point rassemble aussi bien des spectacles comme Feed drum ➌ ( Michelangelo Lupone ) que les soirées Sounds of ( e )motion  expérimentant des dispositifs de captation du geste, autour du Laboratoire Scène/recherche du Cnmsd de Lyon avec lequel nous avons entrepris une collaboration sur l'ensemble de l'année. Les concerts du mois de mai sont centrés, eux, sur un parcours traitant de la musique contemporaine en Corée, en lien avec nos actions internationales et coopérations avec des musiciens de Séoul. Il est vrai aussi qu'une des constantes de la programmation est d'explorer la transversalité des disciplines et expressions artistiques : ainsi, une part importante des programmes se situe autour des relations musiques et arts plastiques avec deux expositions, à la galerie Artae de Lyon et au Lux-scène nationale de Valence ( 17-24 avril ).

Pouvez-vous nous Les journées au parler des journées mois de mars de mars et avril ? proposeront deux rendez-vous autour des nouvelles lutheries, l'une au Théâtre de la Renaissance avec le duo Trip Tyk ( le 14 mars ), l'autre à la salle Varèse du Cnsmd avec des créations de la classe de percussions que dirige Jean Geoffroy autour du Feed drum conçu par le compositeur Michelangelo Lupone

( 29 mars ). Le compositeur définit ainsi son dispositif : " un grand instrument électroacoustique à membrane, sensible à la vitesse, à la pression et à la direction des gestes de l'interprète. Chaque son est sensible au geste qui le produit, à l'espace parcouru par la main du percussionniste sur la surface de la peau, à la vitesse de ses mouvements. Le musicien contrôle les processus de transformation : à partir du son court et percussif, typique des instruments à peaux, jusqu'au son long et modulé des instruments à cordes. " Le duo de Trip Tyk est formé par Anna Petrini ➍ ( Stockholm ) et Fabrice Jünger, soliste à l'EOC de Lyon. Ils sont tous deux spécialistes de la flûte contrebasse, mais sur des matières et physiologies différentes ( bois et pvc ) ; ils s'intéressent aux timbres particuliers et aux sons caverneux de cet instrumentarium, et incitent les compositeurs à les articuler aux moyens électroacoustiques, ce qui contribue à créer des univers vraiment inouïs. Enfin, le mois d'avril nous permettra d'entendre des créations de la classe de composition du Cnsmd-Lyon, toujours dans le cadre du Laboratoire Scène/ recherche, au Centre Chorégraphique National de Rillieux-la-Pape ( 12 et 15 avril ). Les danseurs du Cnsmd exploreront les nouvelles possibilités d'expression possibles grâce à l'utilisation de capteurs, amplifiant le mouvement, " l'augmentant ", toujours dans une démarche où la technologie est au service d'une pensée musicale et/ou chorégraphique.

© Michiel Hendryckx 2011

Pour rester dans les chiffres, quelles ont été les évolutions notables au cours de ces quatorze années d'existence ?

Un petit mot sur Le pass Journées le pass 5 Euros ? Grame permet l'obtention de tarifs réduits sur l'ensemble des concerts payants des Journées Grame. Il coûte 5 Euros, est nominatif et dure toute la durée du festival. On économise entre 5 et 8 Euros par concert grâce au pass, il est donc rentabilisé dès le premier achat !

➍ RENSEIGNEMENTS : 04 72 07 37 00 WWW.GRAME.FR

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DOSSIER Š MUSIQUES ACTUELLES

LES LIEUX INC●NT●URN▲BLES DE L▲ SCÈNE R●CK LY●NN▲ISE

Après avoir donné la parole aux groupes incontournables de la scène régionale, il nous est paru opportun d'aller voir du coté des salles de spectacles si l'herbe est plus verte. Nous sommes allés frapper aux portes de salles qui ne sont plus à présenter, comme le Marché Gare, mais aussi de lieux plus confidentiels comme le Clacson à Oullins. Nous avons souhaité mettre en avant la pluralité de ses

lieux de vie culturelle, leur complémentarité également car chacun de ces établissements possède une identité propre et une programmation singulière. De la même manière que dans notre précédent dossier, les questions posées sont quasiment identiques. Là où précédemment, on observait des réponses très différentes, ici il règne une relative homogénéité. Glissons nous derrière le rideau.


LE M▲RCHÉ G▲RE AU S RVIC D L' M RG NC CULTUR LL Le récent développement du secteur confluence a-t-il apporté un plus ?

La fréquentation n'a pas vraiment évolué depuis l'arrivée de nouveaux habitants et l'ouverture du centre commercial. La saison dernière s'est très bien passée, mais ce n'est pas dû à ce nouveau public potentiel. L'aménagement de la Confluence a fait parler du quartier si bien aujourd'hui, il suffit d'évoquer la Confluence pour que les gens sachent où se trouve la salle.

En coulisse, le Marché Gare c'est combien de personnes ?

C'est beaucoup et peu de monde. Il y a seulement trois salariés permanents ( sans oublier le rôle capital du Directeur de la MJC Perrache ), un employé homme-à-tout -faire, un éclairagiste intermittent qui fait un travail exceptionnel, une vingtaine de bénévoles sans qui l'organisation des concerts serait impossible et qui font du Marché Gare un lieu aussi vivant.

Le bilan sur les La fréquentation a dernières années ? fortement augmenté depuis cinq ans ; on a atteint un rythme de croisière particulièrement satisfaisant, avec un remplissage moyen de plus de 60%, et une activité d'environ soixante concerts et quinze résidences par an. La salle commence à occuper une place centrale dans le paysage des musiques actuelles local, mais aussi régional. À l'échelle nationale, les professionnels ont désormais une très bonne image de la salle.

Un magazine désormais habitué aux unes racoleuses titrait " La France des enfants gâtés "en citant les Intermittents du spectacle. Sont-il si gâtés ?

Cette couverture est honteuse. Ce genre de propos ne sert qu'à jouer des peurs issues du contexte de crise pour faire des ventes, en tirant des généralités vides de sens. On peut débattre de l'intermittence en tant que régime particulier, en débattre, le critiquer et améliorer certaines choses pour éviter les abus. Mais on ne peut pas stigmatiser des individus comme le fait cette couverture. Les intermittents que je côtoie dans les métiers de la musique, sont des personnes qui travaillent dur pour boucler leur statut, qui vivent des situations souvent précaires. Ils sont très loin d'être " gâtés ".

Dans votre programmation, quelle est la part de formation nationale, internationale et régionale ?

Nous accueillons aujourd'hui 60% d'artistes régionaux, pour 40% d'artistes internationaux. Quant aux rési-

dences, elles sont exclusivement réservées aux artistes régionaux. Le soutien à la scène locale signifie voir en quoi nos compétences peuvent participer à l'évolution d'un groupe. Soutenir la scène locale, c'est aussi soutenir les professionnels qui travaillent avec et pour les artistes locaux. Le Marché Gare a une vraie culture du travail collaboratif. L'idée est de valoriser le travail de ceux qui font la musique à Lyon. Les collaborations et la programmation reposent sur un principe de base, un coup de cœur initial. Dans un métier comme celui-ci, je continue de croire qu'il n'y a que lorsque l'on est passionné que l'on fait les choses bien.

Quels messages Nous avions souhaiteriez-vous beaucoup d'inquiéfaire passer ? tudes il y a encore un ou deux ans sur l'avenir de la salle. Heureusement la Ville de Lyon s'est beaucoup engagée à nos côtés. Un projet de réhabilitation du bâtiment est en cours. Rien n'est encore fait, mais les perspectives sont rassurantes. Notre économie est encore précaire, l'équipe permanente est trop peu importante compte-tenu de l'activité de la salle, mais nous n'avons pas plus à nous plaindre que les autres structures lyonnaises. Ce sont des métiers passionnants, mais difficiles. Bref, restons positifs !

Benjamin Petit Programmateur et coordinateur

LE MARCHÉ GARE : 34, RUE CASIMIR PÉRIER, 69002 LYON WWW.MARCHEGARE.FR

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LE CL▲CS●N UN LI U D VI INT RG N RATIONN L Le Clacson, C'est la plus vieille c'est quoi ? salle de concert de l'agglomération lyonnaise, créée en 1981 par la MJC d'Oullins à une époque où peu, voire pas de lieux existaient sur le territoire. La salle a petit à petit développé son projet en direction de ce qu'on a appelé d'abord les musiques amplifiées puis actuelles. C'est un club de 350 places, qui possède une programmation propre mais accueille également les acteurs lyonnais : labels, collectifs d'artistes, organisateurs sans salle…

En ce qui concerne les concerts, y a-t-il une orientation défini musicalement ?

Oui, le Clacson a toujours défendu une ligne artistique forte. Nous n'aimons pas trop raisonner en terme d'esthétiques mais plutôt en terme de "cultures", ici, celles issues du rock, qu'elles soient garage, noise, pop, surf, metal, hardcore, punk, folk, etc. Le fait d'être dans une grande agglomération nous permet de complètement assumer notre non-éclectisme et de travailler à la découverte d'artistes de niches, un peu comme des artisans spécialisés. Néanmoins j'aime à penser que nous faisons dans le "pointu mais populaire", ces musiques ne s'adressent pas qu'à des initiés mais bien à tous.

Quel est le bilan Le bilan est positif sur les dernières puisque la fréquenannées ? tation augmente chaque année. Nous avons également beaucoup de très bons retours sur la programmation et

laquelle certains travailleurs sont, non ils ne se la coulent pas douce ! Défendons ce qui devrait être une fierté nationale plutôt que de stigmatiser des gens.

Quelle est la part de formation locale en termes de prog ? Quelles sont les actions qui sont mises en œuvre afin de soutenir la scène locale ?

le fait que le Clacson a su retrouver un dynamisme et renouveler son identité artistique. C'est un enjeu majeur pour ce type de lieux qui doivent réussir le pari de garder une place sur un territoire changeant. Ces dernières années ont aussi été synonymes de luttes, notamment sur le plan économique. La survie de lieux comme les nôtres est une réalité de plus en plus dure à tenir et pèse fortement sur notre capacité à poursuivre nos actions sur le territoire local et notre soutien aux artistes.

Un magazine désormais habitué aux unes racoleuses titrait " La France des enfants gâtés " en citant les Intermittents du spectacle. Sont-il si gâtés ?

Il faut enfin arriver à se séparer d'un ensemble de fantasmes sur les intermittents ! Ce n'est pas un métier en soi, mais un statut. Celui-ci n'est peut être pas parfait, mais pour côtoyer un grand nombre d'intermittents et quand je vois les journées à rallonge et la pression, suivi de longues périodes d'attente, la précarité dans

50% de la programmation est composée de groupes régionaux, le reste se répartit entre groupes nationaux et beaucoup d'internationaux. Nous essayons de programmer systématiquement un groupe local en première partie d'un artiste plus confirmé. Nous répondons également présents aux propositions de co-productions autour de sorties d'albums, de plateaux locaux.

On imagine que vous avez des inquiétudes et/ou préoccupations ?

L'urgence est aujourd'hui d'arriver à pérenniser l'ensemble des postes de l'équipe et d'assoir un budget de fonctionnement décent, afin de travailler de manière plus sereine. Il y a bien sûr des négociations à mener avec les pouvoirs publics mais il faut aussi réfléchir à toutes formes de mutualisation et de coopération. Nous profitons de cette tribune pour redire aux associations et collectifs d'artistes qu'ils sont les bienvenus et qu'ils n'hésitent pas à nous soumettre leur projet. Marion Bornaz  Coordinatrice.

LE CLACSON : 10, RUE ORSEL, 69600 OULLINS WWW.CLACSON.FR


L'ÉPICERIE M●DERNE DIFFUS R & ACCOMPAGN R Votre programmation est plutôt orienté rock-indé, comment s'est dessinée et affirmée votre identité en terme de programmation ?

J'ai travaillé pendant cinq ans à l'Antipode à Rennes où je programmais déjà beaucoup de rock indé. En arrivant à l'Épicerie moderne j'ai pu continuer car ils avaient déjà développé un peu cette scène. Nous sommes des amateurs de musique et c'est très important de faire une programmation en étant encore " fan " des artistes que l'on programme. C'est comme ça qu'on arrive à avoir des artistes un peu rares. L'identité de la programmation est large malgré tout. Il y en a pour tout le monde et pour tous les âges.

En coulisse, l'Épicerie moderne c'est combien de personnes ?

Nous sommes neuf personnes : une directrice programmatrice, un administrateur, une comptable à mi-temps, trois régisseurs son et lumière, une chargée de production et d'accompagnement, une chargée de communication et une chargée de médiation culturelle.

Quel est le bilan Depuis l'ouverture sur les dernières fin 2005 l'Épicerie années ? moderne ne cesse de se développer. Il y a un peu plus de concerts, un peu plus de projets, d'expositions. Mais tout ça se fait doucement. Nous travaillons beaucoup sur l'accueil du public ( ouverture d'une boutique, mise en place de navette TCL pour le retour ) et sur la

Dans votre programmation, quelle est la part de formation nationale, internationale et régionale ?

programmation. Du coup, nous avons de plus en plus de gens qui viennent nous voir sur les concerts et le lieu est de plus en plus reconnu, c'est très positif pour nous et très encourageant.

Un magazine désormais habitué aux unes racoleuses titrait " La France des enfants gâtés " en citant les Intermittents du spectacle. Sont-il si gâtés ?

On ne peut pas dire que les intermittents sont gâtés car cela ne veut rien dire. Il n'y a pas un profil type d'intermittent. Qu'ils soient danseurs, techniciens sons en télé, en salle, en cinéma, acteurs, comédiens, chorégraphes, chanteurs lyriques, ils ont des problématiques différentes. Par contre, oui, le système permet des abus au détriment de ceux qui travaillent vraiment et qui ont vraiment besoin de ce statut pour créer, répéter, tourner. Oui, il faudrait regarder ce statut de plus près, mais ne surtout pas le faire disparaître.

La programmation est très internationale ( 50% ), mais les groupes locaux y sont très bien représentés ( 20% ). Il est très intéressant de pouvoir faire se rencontrer un groupe de Lyon avec un groupe du fin fond des États-Unis ou du Japon. Le soutien à la scène locale est de plus en plus difficile à mettre en place car beaucoup de groupes viennent avec leur première partie. Nous essayons de développer les accueils pour des résidences, des enregistrements d'album pour les groupes locaux.

On imagine que vous avez des inquiétudes et/ou préoccupations, quels messages souhaiteriez-vous faire passer ?

Les inquiétudes sont essentiellement basées sur les finances car il est difficile de prévoir l'avenir sur les subventions et le soutien des collectivités. C'est grâce au public que nous existons, si il ne peut ou ne veux plus sortir, l'avenir risque d'être difficile. Soyez curieux, continuez à sortir de chez vous pour venir écouter des groupes en live, pour rencontrer des gens, partager des moments!

Sophie Broyer Directrice et programmatrice.

L'ÉPICERIE MODERNE : PLACE RENÉ LESCOT, 69320 FEYZIN WWW.EPICERIEMODERNE.COM

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MUSIQUE Š ENTRETIEN R.I.P †

L▲ PH▲ZE EST M●RT VIV L A PHAZ  !

Le 15 décembre dernier vous tiriez votre révérence lors d'un ultime concert en Espagne. Quelle furent vos premières pensées une fois descendu de scène ?

Je me suis dit que le train était passé à toute allure. Tu montes un jour dans un camion de tournée et tu en ressors presque quatorze ans plus tard. Je crois qu'il y a eu une grosse boule au ventre également car lorsque le son s'arrête tu sais que ce sont les dernières sensations avec le groupe.

Pouvez-vous nous parler des origines et surtout ce qui vous a motiver à faire de la musique, créer un groupe ?

Nous nous sommes rencontrés en 99 avec Arnaud le guitariste, c'est un peu le hasard des choses qui nous a fait nous rencontrer. À mon niveau j'ai toujours fait de la musique depuis gamin, c'est ce qui m'a tiré de tous les mauvais coups et apporter les plus belles choses dans ma vie jusqu'ici. Faire La Phaze en 99 c'était la volonté d'associer des styles de musique assez éloignés comme le punk-rock et la drum & bass, et surtout nous n'étions pas là pour accepter les conventions, nous voulions casser les barrières musicales et parler de manière alternative, il y avait un fort sentiment

de ne plus appartenir à ce système de consommation de masse à cette époque avec des manifestations importantes qu'on a qualifié d'alter-mondialistes.

Avant de venir sur votre cas précis, qu'est ce qui selon vous motive habituellement les " arrêts de carrière " ?

Je ne sais pas, chaque groupe à son lot d'histoires internes, mais la fatigue des tournées et un certain désaccord entre membres fondateurs sont souvent les raisons premières.

Donc voilà, La Phaze s'arrête. Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs les raisons de cette mise en retraite ?

Je crois que le groupe était arrivé en bout de course que ce soit avec les nombreuses longues tournées sans pauses véritables ou que ce soit d'un point de vue artistique. À ce propos, Arnaud et moi n'avons plus vraiment la même vision des choses et je sentais les limites de notre entente à terme, pour ma part j'ai envie d'élargir le champ musical et d'aller vers quelque chose de plus simple et spontané, toujours énergique bien sûr ! Au niveau de notre discours comme je te l'ai dit les


revendications des gens ont bien changé ces dernières années, le jeune public est beaucoup moins sensible à ce qui ne va pas dans notre société et personne n'a vraiment l'intention de vivre en marge des médias puisqu'internet est roi dans notre fonctionnement quotidien, bref j'avais l'impression de combattre des moulins comme Don Quichotte de la Mancha et je ne voulais pas me répéter dans mes textes. Faire un nouvel album dans ces conditions n'aurait abouti à rien de bon.

Aujourd'hui est-ce que finalement l'acte subversif par excellence n'est-il pas de sortir du système, refuser la " collaboration " ? Un peu comme vous le faites. Ou alors pensez-vous malgré tout comme ce bon Cicéron que celui " qui n'empêche pas le mal le favorise " ?

Difficile de répondre, je ne sais pas si notre arrêt est un acte subversif je crois qu'il demande une certaine dose de courage et que beaucoup de groupes devraient prendre exemple là-dessus à mon avis au lieu de s'accrocher aux branches. On a une certaine responsabilité quand on fait un groupe et qu'on s'adresse aux gens à mon avis, je n'ai pas fait La Phaze pour toucher l'intermittence mais pour sortir de mes gonds, donner mon énergie et ouvrir ma bouche sur ce qui pouvait me toucher ou me mettre les nerfs. Nous avons agi comme des porte-voix à un moment où la jeunesse le réclamait c'est tout, après empêcher le mal… les choix appartiennent à chacun d'entre nous, notre rôle en tant que musiciens reste assez limité là-dessus.

La notion de cohérence semble avoir une importance particulière chez vous, mais de nos jours, est-ce encore possible ?

En effet, les prises de décision ont toujours été assez muries au sein du groupe, ce qui nous a valu de refuser certaines

opportunités de peur de se fourvoyer, perdre le contrôle de notre direction. De nos jours c'est chaud car vivre de sa passion est de plus en plus dur si tu refuses certaines contraintes. La musique est devenue un pur contenu dans un contenant, que ce soit sous forme d'un téléphone portable ou un ordinateur de salon, donc pour fournir ce contenu tu es obligé de passer par ces "tuyaux" et c'est un peu la ruée vers l'or. Les groupes qui prétendent fonctionner en marge sont de toute façon à un moment ou un autre coincés dans des problèmes de contradictions… ou réellement hypocrites ce qui revient au même. Mais la cohérence c'est peut être de prendre un peu plus son temps pour faire de bonnes choses et se démerder pour assurer le quotidien, la bonne musique pour moi c'est de faire un truc que tu assumes a 300%, que tu portes en toi.

Quel est le futur Je me suis remis au pour chacun boulot sur de noude vous ? velles chansons, je reste proche de l'esprit de La Phaze mais avec une ouverture plus large. Il y aura du son d'ici l'été 2013. Parallèlement j'ai écrit un album avec une chanteuse Barbara, le groupe s'appelle Mac Guffin ➊ ( facebook.com/ macguffinproject ) nous sommes en résidence actuellement pour le premier concert du 18 janvier. C'est un beau projet, tout en douceur proche de l'univers de Portishead ou Lana del Rey. Arnaud développe son propre groupe appelé Dead Hippies ➋ ( facebook.com/ deadhippiesdead ) plutôt orienté électrorock à guitares. Rouzman le batteur gère une marque de batterie ➌ ( thinkcustomdrums.com ) avec deux acolytes. Undergang qui nous a rejoint sur scène pour la dernière tournée de son projet solo ( theundergang.free.fr ).

Les Smashing Pumpkins étaient revenus aux affaires musicales après avoir annoncé un arrêt pour des raisons similaires aux vôtres. Auronsnous la chance de vous revoir en concert ?

Il est trop tôt pour parler de ça. Ce n'est pas du tout à l'ordre du jour en tous cas, le truc n'est pas fermé mais les routes se séparent pour l'heure.

43 ➊


MUSIQUE Š ENTRETIEN

PL▲STIC PEOPLE Nous vous avions connu sous le nom de " The Naked Man ". Pourquoi avoir changé de patronyme et qu'est ce qui a motivé ce silence de quelques années ?

The Naked Man était un duo avec Sandrine Cognet ( ex bassiste des Mémoires d'Automne dont l'album est réédité ces jours-ci ), le nom The Naked Man était lié à Sandrine et moi. Lorsque nous avons arrêté notre collaboration, il était évident que mon nouveau projet musical devait changer de nom. Sandrine a continué à écrire des textes sur les trois démos de ce nouveau projet. Après la composition des deux premiers cd (Good As You et Pink Narcissus), je suis parti à la recherche de musiciens afin de monter sur scène. La tâche s'est avérée plus compliquée que prévu, et a pris deux ans. La longue recherche valait le coup car j'ai trouvé les perles rares : Étienne Boisson ( batterie ), Valeria Pacella ( basse ), Rudy Centi ( guitare ), Estelle Gourinchas ( violon / harmonium indien )

Travailler à cinq : La formule duo casse-tête ou permet d'avancer valeur ajoutée ? très vite dans la composition et permet une logistique très simple pour les concerts et les répétitions. Par contre, l'utilisation des machines laisse peu de place à la surprise et à l'énergie des individus. Pour Plastic People, je voulais que les titres puissent être joués

Les influences En vrac : The Cure, musicales ? Siouxsie, Bauhaus, And Also The Trees, Nick Cave, PJ Harvey, Einstuerzende Neubauten, Cocteau twins, Sonic Youth, Pixies, Sex Pistols, the Clash, Lydia Lunch….et plus récemment : Moriarty, Anna Calvi, the XX, Balthazar, John & Jehn, The Irrepressibles, The Kills, Mark Lanegan Band, Robots in disguise… j'en oublie certainement !

en acoustique. Avec cinq personnes, les facteurs à réunir pour faire un bon concert sont beaucoup plus nombreux et cela est d'autant plus excitant. Après avoir composé seul pendant des années, l'échange avec les autres musiciens du groupe a été très motivant.

Ce nouvel album, Pink Narcissus est pouvez-vous né d'une réelle le décrire ? envie de faire entrer plus d'instruments acoustiques dans mes compositions. Il a beaucoup été influencé par l'achat d'un accordéon qui a fait naître de nouvelles mélodies. Il y a certainement des influences musicales, mais elles sont inconscientes. Un ami a qualifié cet album de cabaret post-punk imprévisible et halluciné ! J'aime bien cette description. Pour l'enregistrement, tout a été fait dans un home studio.

Des livres de Pas vraiment de chevet ? livres de chevet, mais sur Pink Narcissus un titre a été écrit à partir d'extraits du livre Le portrait de Dorian gray d'Oscar Wilde, cette histoire sur la peur de vieillir reflétait bien mon état d'esprit au moment de la composition du titre My picture. Deux poèmes anglais Invictus de William Ernest Henley et She walks in beauty de Byron ont été mis en musique sur le nouvel album.

La couverture de votre disque ne laissera pas indifférent l'homophobe qui peut sommeiller en nous.

Tant mieux si elle ne laisse pas indifférent. En cette période de " mariage pour tous " qui fait resurgir des idées primaires chez les cathos bien pensants, cette pochette arrive au bon moment !

MYSPACE.COM/PLASTICPEOPLEFR


MUSIQUE Š ENTRETIEN

L●DZ LODZ, chef-lieu de la voïvodie de Łódź en Pologne. Quel est le lien entre le groupe et cette ville ?

L'idée du nom du groupe est née durant le visionnage d'Inland empire de David Lynch. Certaines scènes d'extérieur ont été tournées là-bas. L'atmosphère de ces rues enneigées, l'ambiance du film, la folie Lynchienne et le pathos qui s'en dégagent collaient parfaitement à l'esprit des compositions du groupe. Ajoutés à cela, l'histoire très chargée de la ville et la sonorité du mot, courte et efficace ont fini de nous convaincre d'en faire notre patronyme ! Ce n'est pas la seule influence cinématographique du groupe, il n'est pas rare qu'au sein du groupe, on parle d'images ou de plans, plus que de notes ou de mots lors du processus de composition ou d'écriture des textes…

Le groupe évolue entre un rock aux consonances métal et un hardcore souvent mid-tempo que l'on pourrait presque qualifier de rock-doom. Quelles sont vos influences ?

Rock doom… Pourquoi pas ! En fait, Lòdz, et c'est un choix, n'est pas vraiment évident à classer dans une case… Nos influences sont assez variées : nous sommes fans de post-rock à la Caspian, This Will destroy You, Russian Circles, de rock/metal à la Deftones, Thrice ou A Perfect Circle, mais aussi

comme Stereotypical Working Class qui sont là depuis un bon moment et qui ont acquis une bonne notoriété.

L'avenir de Lodz ? Plein de belles

de genres plus " velus " comme le Sludge, le hard-core ou le doom. Des groupes comme Cult of Luna, Katatonia ou Ghost-Brigade font partie des groupes qui nous parlent beaucoup. Le dénominateur commun entre tous ces groupes est la recherche d'une ambiance, d'une expression cathartique à la fois intimiste et puissante, tour à tour introvertie ou épique.

La scène rock métal lyonnaise s'est appauvrie ces dernières années, comment l'expliqueriez-vous ?

J'ai l'impression que certains groupes disparaissent et que d'autres prennent leur place. Il vrai qu'on manque sans doute de " têtes de file ". Il y a de très bons groupes, c'est sûr, dans des styles très variés mais peut-être pas qui puissent prétendre à une dimension nationale voire internationale. Dans des styles très différents, on trouve quand-même des formations

choses ! La sortie de notre premier EP And then emptiness nous a ouvert pas mal de portes et permit de faire de très belles scènes dont le Sonisphere. On a pu signer un deal de booking avec My Reference Events et un contrat de distribution et promotion pour ce premier EP avec le label Send The Wood. Beaucoup de shows, de belles rencontres, de super retours de la part du public. On espère maintenant être bien armé pour la suite : on part en studio en février pour l'enregistrement de notre nouvel album. On espère pouvoir le défendre avec un bon label à nos côtés et des scènes encore plus belles ! Quels disques On va faire les conseillerez-vous chauvins en à nos lecteurs ? citant seulement des groupes français ! Les post-rockers de Lost in Kiev, Hord. Mais aussi Birds in rowet As we draw qui font partie de nos coups de cœur du moment.

WWW.MYSPACE.FR/LODZTHEBAND

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Maxime Jolia-Ferrier COQUINBD@GMAIL.COM

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Les nouvelles aventures de Cubitus. La guerre des boulons, Éditions Maxime Le Jolia-Ferrier Lombard

POUR ÊTRE PUBLIÉ(E) DANS L'INCONTOURNABLE MAGAZINE, ENVOYEZ VOTRE BD À CONTACT@LINCONTOURNABLE-LYON.FR

COQUINBD@GMAIL.COM WWW.LELOMBARD.COM

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QUIZZ Š INCONTOURNABLE

H2E▲U

➊ LE SIXIÈME SENS DES POISSONS EST : A La ligne latérale B La télépathie C La vision nocturne D La ligne verticale ➋ LES BRANCHIES D'UN POISSON LUI SERVENT : A À stocker de la nourriture B À respirer C À attraper des proies D À nager plus vite ➌ NOTRE FOSSE AUX REQUINS CONTIENT 480 000 L D'EAU, CELA ÉQUIVAUT ENVIRON À : A 4 800 kg B 24 tonnes C 48 tonnes D 480 tonnes

➍ SI LE REQUIN POINTE NOIRE S'ARRÊTE DE NAGER : A Il se repose B Il se noie C Il ne se passe rien D Il attire la femelle

➑ QUEL POISSON PRODUIT DE L'ÉLECTRICITÉ ? A Le poisson éléphant B La murène C La raie guitare D Le silure

➎ LES PÉRIOPHTALMES SONT DES POISSONS QUI PEUVENT SORTIR DE L’EAU : A Car une partie de la respiration s'effectue par la peau B Car ce ne sont pas des poissons C Car un tuyau les relie à l'eau D C'est faux, cela n'existe pas

➒ COMMENT APPELLE-T-ON LA DIVERSITÉ DU MONDE VIVANT ? A Le biotope B La biomasse C La biodiversité D La biologie

➏ LE PACU EST : A Une plante tropicale B Une boisson asiatique C Un piranha frugivore D Une monnaie indienne ➐ DANS UNE CHAÎNE ALIMENTAIRE, CHAQUE INDIVIDU EST APPELÉ : A La maille B Le chainon C Le pendentif D Le maillon

➓ À 10 M DE PROFONDEUR, LA PRESSION SUBIE PAR UN PLONGEUR EST : A Inférieure à celle que l'on subie en surface B Égale à celle que l'on subie en surface C Le double de celle que l'on subie en surface D Le triple de celle que l'on subie en surface

7, RUE STÉPHANE DECHANT, 69350 LA MULATIÈRE 04 72 66 65 66 WWW.AQUARIUMLYON.FR 1A / 2B / 3D / 4B / 5A / 6C / 7D / 8A / 9C / 10C

Berceau de nos origines, l'eau abrite un monde à peine connu, troublant de beauté et d'étrangeté. L'Aquarium de Lyon vous invite à faire un fabuleux voyage à travers les eaux du monde. Ces quelques questions vous permettront de tester vos connaissances sur ce monde extraordinaire.

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B●NS PL▲NS

Š LE PASS DÉCOUVERTES Dans le 1er numéro de votre revue préférée vous avez pu découvrir deux abominables initiatives vous permettant de bénéficier d'avantages dans le cadre de vos loisirs culturels : la carte Tip Top et les nouvelles formules d'abonnement qui réunissent le Marché Gare, le Clacson et l'Épicerie moderne. Pour ceux qui seraient passés à côté, le 1er numéro ( épuisé ) est consultable dans le sanctuaire sacré des archives précieuses de notre site hébergé sur le wild wild web.

L'ENFANCE DU MONSTRE Nous détenons peu d'informations à ce sujet. Finalement cela n'est pas si important. Un mystère brumeux et vaporeux entoure la création de ce Pass découvertes. Plusieurs rumeurs circulent, mais nous n'avons pas souhaité y accorder crédits. De nos jours trop de théories farfelues circulent à propos de tout et n'importe quoi. Par exemple il paraîtrait que les guerres d'aujourd'hui sont faites pour instaurer des démocraties. Non mais sérieux… Qui peut croire cela ? En ce qui concerne l'enfance de cette carte, nous ne spéculerons pas et allons simplement nous attacher aux faits. Même si les théories les plus crédibles invoquent une intervention divine, celle de la déesse Nanapourjalakoudibaouti, à l'incontournable on préféra s'abstenir de toute prise de position. C'est plus sûr. " Bons plans " mon œil ! Quelle cruauté… À ce rythme là c'est la mort du grand Capital.

Maintenant, place au théâtre ! Vous n'êtes pas sans savoir que cette discipline tient une place centrale dans notre ligne éditoriale, il est donc important pour nous de mettre en lumière des initiatives qui vous permettront de profiter dans les meilleures conditions possibles de cet art, car comme le disait si bien Molière : " Le théâtre n'est fait que pour être vu ". Notre traditionnel profilage criminel s'impose et la cible en est le Pass découvertes réunissant sept " scènes découvertes " du grand Lyon.

MODUS OPERANDI Bref revenons à nos moutons, sept scènes découvertes de la région ont mis en place le Pass Découvertes afin de permettre à leur public de découvrir d'autres expressions artistiques, d'autres salles du réseau à un prix attractif donc avantageux. Le prix du pass est de 32 Euros, non nominatif, il est valable pendant toute la saison 20122013 et donne accès à quatre spectacles dans sept lieux dédiés au théâtre, à la danse, au cirque et à la chanson. Vous avez donc pour cette modique somme, quatre places de spectacles valables dans sept lieux du grand Lyon ! Le pass est en vente dans chacune des salles, et est une excellente idée cadeau pour soi et pour autrui. Quelle infamie !

LES LIEUX COMPLICES À THOU BOUT D'CHANT Š ATHOUBOUTDCHANT.COM LE CROISEUR/SCÈNE 7 Š SCENE-7.FR L'ÉCOLE DE CIRQUE DE LYON Š ECOLEDECIRQUEDELYON.COM L'ELYSÉE Š LELYSEE.COM L'ESPACE 44 Š ESPACE44.COM LE THÉÂTRE DES CLOCHARDS CÉLESTES Š CLOCHARDSCELESTES.COM LE THÉÂTRE DES MARRONNIERS Š THEATRE-DES-MARRONNIERS.COM


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LE C●IN DES CADEAUX

L'Incontournable Magazine et ses partenaires sont heureux de vous offrir des cadeaux ! Pour en profiter, il suffit de répondre aux questions avant le 8 mars. La priorité sera donnée aux abonnés, alors n'attendez pas, abonnez-vous !

Envoyez vos réponses par email à contact@lincontournable-lyon.fr, avec comme objet " concours ".

‹10

lots de 6 bouteilles de vins à récupérer au Salon des vignerons indépendant, du 15 au 17 mars à Eurexpo. Il suffit de répondre par mail à la question suivante : pourquoi le vin blanc est il blanc et le vin rouge : rouge ?

‹5

maxis du groupe Astoria à gagner : Quel est le nom du deuxième titre qu'ils interprètent dans L'Incontournable Émission N° 1 ?

‹5

Albums du groupe Porn à gagner : Pourquoi OUI-OUI s'appelle t-il OUI-OUI ?

‹10

lots de 2 places à gagner pour le concert de Mr D. and The Fangs le samedi 9 mars à 19H00 au Ninkasi Kao.


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LA SÉLECTION Š INCONTOURNABLE

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BÉLIER Joyeux anniversaire !

BALANCE Il est temps de sortir

Où est-elle ? C'est ce que vous vous dites en vous levant ce matin. Nous parlons de la Croix Paquet ! Élevée en 1808 à la mémoire de Paquet, troisième préfet du Rhône, la Croix fût supprimée en avril 1882. Mais où est-elle  ?

du virtuel. Ça suffit les MP3 et le streaming. Votre mission du jour est d'acheter de vrais CD. Trois minimum en hommage au 1er salon du disque de Lyon qui eut lieu en octobre 1958.

TAUREAU Vous êtes au bout du rouleau, attention à la goute d'eau qui fera déborder le vase. Rappelez-vous qu'en 1856, le 13 mars Le Rhône déborda.

GÉMEAUX Il n'est jamais trop tard pour vous mettre aux nouvelles technologies ( tout en veillant à ne pas devenir dépendant ), par exemple c'est le 5 juin 1972 que fut installé le premier ordinateur à la Préfecture du Rhône.

CANCER Ce matin vous ressentez un manque. Comme en ce beau jour où ce pauvre 3e arrondissement a été amputé d'une partie de son territoire pour former le 6e. C'était le 12 juillet 1867 et ça vous pèse encore.

LION Rien c'est le néant,

SCORPION Ne vous laissez pas aller. On

EN PARTENARIAT AVEC

se bouge ! Une douche et du rangement s'imposent. On se croirait dans les rues de Lyon en novembre 78 lors des grèves des ramasseurs de poubelles de la Communauté urbaine ! Grèves qui durèrent près de trois semaines.

SAGITTAIRE Ne vous laissez pas marcher sur les pieds. Affirmez-vous ! Quoi de plus mieux que de bouter les voiture hors de nos rues comme ce fut le cas de la rue Saint-Jean qui devint piétonne en décembre 77 !

CAPRICORNE Imperturbable. Vous êtes de glace, tout comme la Saône en décembre 57 !

VERSEAU Aujourd'hui, ici, maintenant.

retournez vous coucher.

Faites-le. Vous savez bien de quoi nous parlons. Ne faites pas l'enfant !

VIERGE Il fait beau, profitez donc du

POISSON Joyeux anniversaire !

soleil aux terreaux en compagnie de la fontaine Bartholdi, inaugurée en septembre 1892. Initialement prévu pour la ville de Bordeaux, Char triomphal de la Garonne est finalement acheté par la ville de Lyon.

Le 15 mars 1982 Fuji lança le premier appareil photographique jetable… Il est temps de faire le tri, lancez-vous dans le grand nettoyage de printemps !


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chez vous au bureau à l'usine à l'hôpital en prison ailleurs… Bénéficiez tout au long de l'année d'avantages incontournables : des places de concerts et de spectacles gratuits, des réductions, une multitude de cadeaux ( cd, livres… )


COURRIER DES LECTEURS

H

ier, dimanche gris et froid, je suis tombée sur L'Incontournable alors que nous tentions d'égayer notre journée par une sortie en désespoir de cause. J'ai été frappée par la sympathie, l'honnêteté et l'exigence que nous avons lues dans ses pages. D'ailleurs la revue nous a bel et bien communiqué sa chaleur puisque nous sommes finalement restés sur la terrasse des Capucins à rire du quizz sur le temps puis à parler longuement de la nouvelle Mnesis et bien évidemment de tous ces groupes lyonnais qui animent nos soirées. Passionnée de lecture et d'écriture depuis mon enfance, je suis tombée sous le charme de votre revue, ce fut d'autant plus agréable que cela est rare ! Par son titre, et son engagement quelque peu similaire, L'Incontournable m'a fait penser à L'Impossible, journal parisien auquel je suis abonnée. LAURA

Concert narratif sous casques JEUDI 11 AVRIL À 19H30 C’est l’histoire de Clara, bébé de quelques mois dont les parents, juifs, sont arrêtés et déportés. Par hasard, par chance, elle seule n’est pas prise dans cette rafle. Son destin passe alors dans les mains de dix personnages, dix voix, dix " Justes " qui vont lui faire traverser la guerre. À la croisée de la pièce radiophonique, du concert instrumental et de l’installation sonore, ce spectacle s’écoute et se découvre en direct, sous un casque audio individuel, au milieu des artistes. D’après l’album jeunesse de Vincent Cuvelier. Plein tarif : 8 Euros, Tarif réduit : 6 Euros

S

ingulièrement Lyon qui connait un foisonnement culturel et une concentration étonnante de créateurs toutes disciplines confondues n'avait pas encore un véritable magazine culturel digne de ce nom. Merci d'avoir comblé cette lacune et bon courage, longue vie, le meilleur dès cette année nouvelle pointant en un si proche horizon.

u  Vous souhaitez publier un message ? Votre texte doit contenir au maximum 80 mots. Envoyez le à :

JACQUES

CONTACT@LINCONTOURNABLE-LYON.FR

DANS LE PROCHAIN NUMÉRO

N° 03

DISPONIBLE EN MAI

L’histoire de Clara

Œ  Gilles Rochier Jarring effect Arbitraire War Anyway Chœurs et solistes de Lyon Bernard Tétu Les Voraces et + encore


J'ai fin

Moi aussi Gonzagues, moi aussi‌ en faim du repos !


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LA REVUE BIMESTRIELLE CULTURELLE

LA CULTURE À L'INFINI ! Chaque parution de L'Incontournable Magazine est accompagnée d'une belle émission vidéo à découvrir sur notre site Web.

lincontournable-lyon.fr


L'incontournable Magazine 02