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Te r r i t o i re &

I d e n t i t é

Déclaration l’Artchipel Scène Guadeloupe

Nationale -

French

de

la

West

Guadeloupe Indies

-

Caraïbes

K

a r i b . Po u o n l ò t l a r è l , o n l ò t l y a n n a j onlòt tan rivé pou Bannzil-Karib. Ki sé pou lang, rèlijyon, kilti, idantité, vyé modèl rèlasyon an tan lontan-la ka mò pou onlòt lyannaj, on lyannaj pli yonn-a-lòt. Mi péyi-Karib, pèp ki viv menm déchoukaj a lèsklavaj kay wouvè zèl pou pwan lavòl. E v è m i s y é M o y i z To u r é , o n m è t a m a n n y ò k a téyat, nou té ké vlé vwé kijan, noumenm osi, nou pé rantré adan gran chouboulmanlasa, wouvé lawonn, asèlfen nou rivé gréfé kréyolité an-nou asi kréyolizasyon a tout l a t è : a y s a v, s a p é , n o u p ò t é o n l ò t s o u f , onlòt jan vwé. E dabò pou yonn, « l'Archipèl », Senn nasyonnal ka chèché vwè kijan pou dèmen an-nou pa fè nou obliyé y é . Pa d a v w a , h a k n i a y e n p a k a f è t , h a k p a

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araïbe. Avec le nouveau siècle, une nouvelle ère s'ouvre pour le continent Caraïbe. La mise en relation, de plus en plus grande au sein de l'archipel, de cultures, de langues, d'identités, de religions différentes, ouvre une brèche dans l'ordre des anciens modèles. Née de l'exil, du déracinement, de la traite et de la déportation, du marronnage, cette Babel se réassemble, s'échange, se rencontre selon de nouvelles lois. Avec notre allié Moïse Touré - metteur en scène associé - nous voulons être présents à ce laboratoire vivant, à ce métissage qui en créolisant le monde lui donne un autre souffle, une autre vision. Nous voulons être contemporains et accompagner l'émergence de cette culture dans son devenir. Tout d'abord l'Artchipel, Scène Na t i o n a l e d e l a G u a d e l o u p e , se mobilise pour


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Oued El-Oub

Guad-Al-Upe

Guadeloupe

Gwadloup


ka fléri, hak pa fwitayé si pa ni on mémwa pou di istwa jan sa pasé, o nou té yé, o nou yé, o nou kalé. pa ni sitèlman tan, nou sanblé moun « L'Archipel » pou nou té chèché suiv tras mawonnaj lésé adan sèvèl an-nou, tras nou ka touvé jik jòdi-jou adan s o s y é t é - l a n o u k a v i v a d a n - y l a . Me n m j a n nou gadévwè kijan, poukisa, sosyété g w a d l o u p t o u j o u r é t é k a b i g i d i a n t dé la r è l : l a r è l - l a l w a é p i l a r è l - m o n d o n g . No u t é k é vlé tout sé kalité kèsyonnman-lasa rivé, gras a téyat, gras a latilyé, gras a tousa nou ka fè, rivé jik adan tout popilasyon-la ; davwa, an final di kont, dapré nou, sé moun, sé fanm, sé nonm, ki bout a tout chimen. Si nou ka woulé, sé pou nou sa rédé toutmoun, kèlanswa sa yo yé, viv plibyen è v è y o m e n m . No u v l é w o u l é p o u t o u t m o u n , ki sé moun kotésit, ki sé moun lòtbò, chèché ba séla ki tousèl-tousèl a-yo, sa ki féba, lésèz yo pwan labitid lésé alamandisité, asi bòchimen ; ba-yo fòs-la, pou yomenm a-yo woupwan doubout. & Mi Péyi-la. K a l k i l f è t avan konté. On moun pa bizwen grangrèk pou vwé asi on'kat-jéografi, pou konpwann o nou yé : « L'Archipel », Bastè, 16° lat N ; 7000 km lanmé ka séparé-nou é p i Pa r i s , 2 5 0 0 k m è v è N y o u y ò k , 1 0 0 0 è v è Bénézwèl, 300 épi pòtoriko. Vlé pa vlé, idantité a on pèp ni rasin a-y ka plonjé a d a n t o u s a k i a l a n t o u a - y, j é o g r a f i a - y, c h o u b o u l m a n a t é a - y, v o l k a n , v a n , s i k l ò n , lanmè, è tout bannzil, tout tililèt ki an

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réinscrire la mémoire à l'arrachement premier dans le futur de l'archipel Caraïbe. Sans ce lien avec son histoire, rien ne pourra renaître, se transformer, s'hybrider, muter dans le troisième millénaire. Nous voulons reconstruire une identité qui a été brisée à plusieurs reprises par l'Histoire. Il y a peu, nous interrogions à l'Artchipel les « Traces d'esclaves dans la forêt de nos mémoires : les séquelles de l'esclavage dans la société contemporaine », tout comme « La société guadeloupéenne entre loi et sauvagerie ». Toutes ces questions nous voulons en être les porteurs, les passeurs, jusque dans les spectacles que nous décidons de montrer, les ateliers, nos actions et les rencontres avec le public. L'être humain doit être au centre de toutes nos préoccupations, de toutes nos démarches, si le théâtre ne va pas jusqu'à l'anthropologie, jusqu'à la question de l'homme, il n'y a aucune chance de modifier le rapport à la société, au monde. Mettons toutes nos forces pour aller vers l'altérité, le différent, celui qui n'a plus aucun recours, celui qu'on abandonne en l'assistant. & Territoire s. Il suffit de regarder une carte, pour lire les distances, les lieux dits, les noms d'origine, les villes et les estuaires, l'espace physique des terres, les fuseaux horaires, la longitude et la latitude des mers, les degrés et l'amplitude des fonds marins, la profondeur des forêts, la hauteur des plateaux, le cours des fleuves, la découpe des rives. La Guadeloupe, Basse-Terre, l'Artchipel se situent sur le 16° parallèle. Pour comprendre la géopolitique de l'île, sa singularité vis-à-vis de la France, il


b ò d a j a - y. S é a n n i s i i k a s è v i é p i a n c h o u k a j - l a s a o n p é p k a r i v é p a p è d - l a k a t . No u t é k é v l é , d a b ò pou yonn, ay kontré tousa ki pli pré nou, vansé si yo, ba yo sa nou si, chèché konnèt-yo, konpwann-yo, kanmenmsi, délè, sa pé rivé gawoulé lévé. Pé ké fo-nou vlé chèché simè pawòl-vérité ; mé pli souvaman chèché mété annaks téyat évè istwa pou rédé toutmoun k a l k i l é . Ep i , a t o u p a n n a n n o u k é a n m e n m , k é f o f è on mannyè pou sa ki pa ni labitid palé, rivé palé é di tout kwayandiz an-nou, ta pèp-Karib kon ta tout pèp. « L'Archipel » ké ni pou déplasé ; n o u k é n i p o u a y L é s e n t , M a g a l a n t , D é z i ra d , S e n M a t e n , S e n - b a t , n o u k é n i p o u a y a n Gra n n t è , a y a d a n l a k o u l é k ò l , a s i b i t a s y o n , a n k a z a l i v, a d a n lajòl, asi ti-laplas a ti-seksyon, adan pò marenp é c h è . & M i L a t è - To u t m o u n . Pa k w è d i c h è c h é anchoukaj-lasa adan lanviwonnaj péyi-la vlé-di rété toulongalé asi péché parès an-nou, ka gadé l o n b r i k a n - n o u . Aw a , a p a p o u h a k b a n n z i l a n nou ka touvé-y sé bannzil-lyannaj, sé péyi ola tout kalité ras-moun bouré, goumé, jikatan yo apwann sipòté-yo, yo apwann konpwann-yo. Kifè, anmenmditan, nou vlé wouvè-lawonnn, lilèt an lilèt, fè pou tout péyi-Karib-la bay lanmen é apiyé asi Lanmérik, ki sé Lanmérik pa anho, ki sé Lanmérik pa anba. Kanmenmsi n o u t o u t p a m e n m - p a r è y, n i l é s è z k a p a l é p a n n y ò l ,

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faut savoir que nous sommes à 2500 km de New York, à 1000 km du Venezuela, à 300 km de Porto Rico, et 7000 km de Paris. L'identité plonge aussi ses racines dans l'inscription géographique des éléments, dans leur soulèvement, leur fracture. Vents, cyclones, éruptions volcaniques, ont marqué de leur empreinte la Guadeloupe et ses entours archipélagiques. Nous voulons nous rendre dans tous les lieux possibles. Nous irons à la rencontre des terres de l'ensemble des îles. La proximité sera l'une de nos priorités. Il nous faut arpenter le territoire le plus proche, le maillage le plus local, approcher ceux qui vivent près de nous, au prix de l'étrangeté, au risque de la confrontation. Il ne s'agit pas de porter la bonne parole, mais de mettre en oeuvre, en théâtre, en prise de conscience, notre histoire. Nous nous devons de donner la parole à ceux qui en sont exclus, rendre visible les mythes des peuples Caribéens et d'ailleurs. L'Artchipel se déplace aux Saintes, à Marie-Galante, à la Désirade, à Saint-Martin, à Saint-Barthélémy, à Grande-Terre, dans les cours d'école et d'exploitation agricole, les biblio-thèques, les centres pénitentiaires, les places de communes, les ports maritimes. & Monde. Cet ancrage dans le paysage de la Guadeloupe ne signifie nullement un repli identitaire. Nous sommes l'archipel de la Relation, un endroit où des hommes que rien ne destinait à se rencontrer ont dû coexister, se croiser, s'affronter, depuis les commencements. Ainsi simultanément,


il nous est nécessaire d'ouvrir sur le monde, d'entrer en correspondance avec la grande Caraïbe qui va jusqu'à Carthagène ou Cayenne et la petite, qui forme la constellation d'îles allant d'Haïti à Cuba, de Trinidad à Grenade, à Tobago. Nous sommes tous distincts - d'origine hispanique ou anglophone, parlant le créole, le broken english - mais tous reliés par ce qui nous particularise. Ce qui est différent s'assemble, se cherche une communauté. L'Artchipel veut tendre des passerelles encore plus nombreuses entre ces îles. Nous voulons multiplier les échanges, même si nous mesurons qu'il nous faut encore plus de moyens. Déjà Cuba vient à nous, via des expositions, des pièces, des auteurs, le cinéma caribéen installe son festival dans nos murs, la danse insuffle ses affluents métis sur nos scènes. Quelque chose est en train de se bâtir à l'échelle de cet espace du Divers, du multiple. Une civilisation se fédère en se fondant sur la non-exclusion de l'autre. Il faut que nous puissions accueillir les créations de l'archipel, puis qu'en retour nos propres créations circulent, voyagent dans sa destination. Nous voulons être un lieu d'hospitalité. Nous ne pouvons échanger qu'en créant. Déjà en France des partenaires existent, nous soutiennent activement, comme la Rampe d'Echirolles à Grenoble, la Scène Nationale du Merlan à Marseille, la comédie de Valence, le Théâtre National de l'Odéon à Paris, d'autres encore. La Guadeloupe caribéennene doit travailler à parité avec toutes les métropoles, sans hiérarchie économique ni politique. & R é p e rt o i re . La reconnaissance des langues créoles nous ouvrira plus encore aux langues du monde. L'Artchipel a pour mission prioritaire de faire passer dans le créole un répertoire dramaturgique. Bientôt, il faudra aussi traduire notre théâtre des Caraïbes dans toutes les langues dominantes, il faudra créoliser l'univers majoritaire. Les auteurs de l'archipel, de Sainte-Lucie comme Dereck Walcott, d'Haïti comme Frankétienne, de Trinidad comme V.S. Naipaul, las Antilles Françaises comme Edouard Glissant, Patrick Chamoiseau ou Raphaël Confiant, de la Guadeloupe comme Maryse Condé, Simone Schwartz-Bart, Gisèle Pineau, Daniel Maximim, Ernest Pépin sont parmi ceux qui en disant leur territoire, au plus profond, disent le monde. Pour nous l'enjeu de la traduction est fondamental. Le répertoire créole que nous voulons fera l'objet de mises en scène.

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lésèz ka palé anglé, san konté noutout ka palé ki sé kréyol-fwansé, ki sé kréyòl-anglé. Sé jistèman pou sa, poudavwa nou ka sanm, san sanm, nou andwa vlé ankréyé ansanm-ansanm. « L'Archipel» té ké enmé lonji lanmen, rédé fè ti-pon, pou sa fèt. Kanmenmsa, nou plis ki sav sa ké mandé nou ni plis mwayen pou nou mwayenné, plis lanjan ankò. Mé mi Kiba ja ka bòdé koté-nou , èvè èspozisyon, pyès téyat, lotè ; mi fèstival siléma Lakarayid ka pyété kotésit, mi dansé-la ja ka déplawayé kò a-y asi senn an-nou pou di kijan limenm a-y ja kréyolizé. Douvan-jou ka lèvè, mizi an mizi, onlòt solèy kay w o u v é z y é a s i o n p é y i c h i k a y é , o n p é y i m é l a n j é , o n s è l b a r i - b o u t è y k r a z é . Po u r i v é f è s é t è - l a s a f è o n s è l - o n s è l , f o , d a b ò pou yonn, pa jen jété ponmoun, kèlanswa sa i yé. Ké fo-nou wousouvwé akaz an-nou sa yo ka fè adan larès a Bannzil-la, épi noumenm an-nou osi, ké fo nou ay montré sa nou ka fè ; davwa pou bok anté èvè lézòt fo voumenm a-w ou ni on d è k w a o u k a b a y. A n F w a n s m e n m , n o u j a n i d o t w a m è t p y è s k a b a n n o u o n b o n p a l , k i s é T é y a t G é r a r d P h i l i p p e k a t o u v é a S e n - D è n i , k i s é L a R a m p e d ' E c h i r o l l e s K a t o u v é - y a G r è n ò b ; é m e n m j a n S c è n e Na t i o n a l e d u M e r l a n k i l i a m a r s è y, é v è T é y a t l ' O d é o n k i a Pa r i , é p i d ò t a n k ò . G w a d l o u p n i p o u w o u l é b i t a - b i t a è v è t o u t g r a n v i l s a n c h è c h é v w è k i l è s a d a n - y o ki pou pran douvan. & Mi Pwogràm an-nou. Aprédavwa Gouvèlman-la ké di kréyol sé lang menmjan épi tout lang, « L'Archipel » kay ni pou fè pasé an lang kréyòl-la (poudavwa sé lang-lasa ka fè kò évè nanm a moun kotésit) pwogràm a t é y a t a - y. Ta l é n o u k a y n i p o u k r é y o l i z é t o u s a k i a l a n t o u a n - n o u , l é s è z k i t é p w a n l a b i t i d b a n - n o u t a - y o , s a n a s è p t é n o u b a - y o t a n - n o u . K a y f o - n o u r é d é m o u n k o n n è t k i s é D e r e c k Wa l c o t t k a t o u v é - y S e n t - L i s i , k i s é Fr a n k é t y è n a n A y i t i , k i s é V. S . Na i p a u l a Tr i n i d a d , E d o u a r d G l i s s a n t , Pa t r i c k C h a m o i s e a u , R a p h a ë l C o n f i a n t k a t o u v é - y o a n M a t i n i k , M a r y s e Condé, Simone Schwartz-Bart, Gisèle Pineau, Daniel Maximin, Ernest Pépin ki an Gwadloup ; yochak, yotout, lè yo ka d i s a k i a n d i d a n b w a y a p é y i a - y o , y o k a d i L a v i - t o u t m o u n . Fo n o u d i , p o u n o u m e n m a n - n o u , t o u t r é f l è k s y o n k a p r a n chimen tizi, lè i pa ka pasé pa chimen lang a moun, é téyat sé plibon mwayen pou sèvi évè lang a moun é rédé lèspri a-yo rété


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Porto Novo Catellina Desrosiers Georges Bataille Baron rouge A pa gran tan pou i pé viré Morne-Cézanne Hégésippe Légitimus Bwa ka fé flech Carine Kallychara Roselle Cayenne Azeus Wall street A'zent braguette Porte d'Enfer Pa manjé bèk, jouwé domino-la Boris Becker Yo ka sanm koupé kou Marc Kandassamy Florentin Quiquede Bay-Rhum June Clark Georges Député Yvon Villarceaux Kineko Coeur de chauffe Couple Domino Hernando Colon Yo ka fé kous a lajan Sony Labou Tansi Lazare Dorlyss Ravine Caraïbe Si ou mannyé-mwen, an ka koupé-w Louis Blanqui Jérôme Borel Lé i tann loraj-la i channda Walk on the wild side Ajoupa Moynac Cocuyo Gwo Ka Pointe Noire Bill Viola Macadam An ka désann Basté Anasthasie Babin Felix Eboué 4 février 1794 Carlos Roberto Gomez Beras Matoutou Vaval mô Vaval mô Vaval pa quité nou Terre-de-Haut Sé kouto sèl ki konnèt sa ki an tché giwonon Code Noir Neslon Mandela Alé-alé a-w, an pa'a manjé soup-an cho! Mur des Fédérés Talé ou ké tann papal Zephirin Varieux Guy Boissec Karramkan 27 avril 1848 Lelawatte Manoo-Rahming Négropolitains Fela Lé on moun mo, yo ka kouri-sikilié pou moun sav Lolo Charles Elliot Huggins Jean Moulin Trinidad Frère de la côte The humans are coming with their colour they butcher their brother muscles measured in shades of white Nathalie Van Doxell Yo La Barbade Ka fé Kous a lajan Seydou Keita Dien-Bien Phu Cyrille Bissette Domaine Mauduit Nègre-pays Hugo Boss Xac bi déllul si xac yi! Gisèle Govindama La voluntad del pueblo es vencer Marc Moreigne Jackie Brown Saint-Dominique Bouillante Artocarpus communis Morne-à-l'eau Bakoua Féroce Michel Leiris Car-pays Where are you come from, One dollar please El ron de Cuba Léopold Congo Mbemba Mohamed El Rimb Manoukian Joe Starr Air Liberté Isaac de Razilly Blancs-Matignon Schrub 1946 AIDS Lé on moun mo, yo ka kouri-sikilé pou moun sav Gagaire Sa sé pawol an bouch Les Abymes Cameron Bailey Clotaire Desfontaines Léocadie Kiavue Karl Marx Adrienne Shadd Franketienne Paloma Picasso Abossolo-M'Bo José Touré Caleinda Belize JeanMichel Basquiat Louis Michel Ou sé on fanm a fos é kouraj pou ou sa sipoté tousa Cyparis Serge Beausejour Maillefort Guénola Ciret Moniqua Larochelle Pointe à Vache Sang-Mêlé Lezama Lima Zot koupé sonmèy an-mwen La Couronne Armand Gracchus Deli Blanco Inès Tolentino Anne-Marie Meunier Marcos Lora Read Banque des Antilles Française Pa detourné pawol-la pou éséyé kouyonné-mmwen! Capesterre Belle-Eau Life's full shit Derek Walcott Biko Jean-Claude Charles Claire Malroux Mayito Antonio Ferrer Cabello Elie Pennont Cameron Diaz Marcel Griaule Todos a la plaza con Fidel Chabin Aurélie Bobon Toussaint-Louverture Z'Indiens Mar yse Condé Christiane Succab-Goldmann Robert Liensol Euzhan Palcy Karukera Nez-Cassé Témoins de Jéhova An tan kok ké ni dan Deshaies Bel-Air Mayoleur Anca Bertrand Ajoupas Câpre Renaldo Arenas Négus Rastafari Gros-Sirops John Coltrane Mulâtre Ti-Bonhommes Same old shit Soucougnans Eugène Revert Ariste Bazilet Jean-François Mifsud Manuela Morgaine Sous-commandant Marcos Kitan vo ké désann vwé-mwen? Patrick Gorce Marie-Line Manche Virapin Bassaya Jean-Christophe Bailly Lamentin Bouhainvillea glabra Kassav' An tan Dyab té ti-gason Pipiris Maison Régionale de la Formation et de l'Emploi Z'Oreilles Ou two voras, pli ou tini pli ou vlé? Taxi-Co Antoinette Marie-Louise Laghia Marie-Josée Perec 15 mai 1702 La Soufrière 15 août 1976 Queue-Rouge Aimé Césaire An tan lontan, Tann tan an ka atann vou Valentin Estrella Thierr y Paulin Saramaca Princesse Mounia Pristina Roussan Camille Pradel Pompilus Traité de Paris Antigua André Malraux Mangrove Tourment d'amour Frantz Fanon Victor Schoelcher Quand moin valé la bête moin ka senti dans tête ion joli ti tempête Safaa Fathy Quimbois Zouk la sé sel medikaman nou ni Contrat Etat-Région phaenomeria magnifica 22 mai 1848 Radio Basses Internationale Marie Waecker Matoutou-falaise Goré DOM-TOM Seattle Marigot Pif Gadget Si ou vwè i bénékaké, sé ké i pa asiré dè-y Michel Deutsch Heliconia caribea Diable-là ka mandé an ti manmaille Sévrine Batier Two years in the French Indies Coolies Kalinago Taux de chômage Madonna Ciccone Cyranise Goram Adolphe Navis Victorine Pluma Joven Incorporate estudio Trabajo Fusil Trou du Grand Souffleur Ti-fanm-lasa, asiré i ja manjé an kannari Passe de la Baleine Désirée Debranche Dadou Kodjo Kodjo koko Jules César Yo koupé kyé a-y Lucette Michaux-Chevr y Camille Bailly Jean Genet Sophie Perez Jean-Jacques Queyranne Christian Llacroix Hélène Gambin Gadé Zafé La Redonde Séanciers Coney Island Georges Passe-Coutrin Priva Onesta Severo Sarduy Gabrielle Grazzini Métros Alexandrine Cohen Emmanuelle Rivière Sainte-Rose Antillopole 1493 Matouba Jacques Derrida Emilien Ramothe Achille Prigal Evelyne Democrite 28 mai 1802 Etang Zombi Carlos Gardel Aurel Baron Yvon Kacy Max Jioumandan Jean-Marie Hordé You can't get always what you want Arthur Banos Maya Hoscar Hana Joëlle Valette-Coat Monique Blin Caya Makhélé Joris Lacoste Avoine Bergotha Saddam Hussein Monica lewinski Marcel Démocles Nazaire Janvier Guadeloupe Bob Wilson Location Goyave Pier Paolo Pasolini Catia Ricarboni Esther Williams Jean-Paul II MarieChristine Gbenou-Dupont Marlène Jokson Lé i santi zafé cho, i pran kouri ba-y Lara Fabian Ophélie Winter Manmzèl-lasa, an ka bay manjé an bout-a golèt Tabatha Cash Bour vil Anasthase Kalb Paradisio Marina Beauséjour Lafleur Alexis Léger Obser vatoire Vulcanologique des Antilles Lasana Mwanza Sekou Asé lofé la, traversé chyen-la pé ké modé-w Dionne Brand Baille Argent Quarteron Militar y Occupations David Damoison Puerto Rico Soy el ritmo del mundo elegante del pobre suburbio y del boulevard Hauke Lanz Che Guevara DRAC ou pé pa déréfizé-mwen sa Miossec Jean-Pierre Durix Wilfredo Lam Dominique Martin Mitaraka Simon le Vénérable Cuffy Mara Negron Kaselezo Gilles Deleuze Lidia Coblan François Bensignor René Cohen George Washington Car ver Saint Lucia Jean Métellus ONU Sarajevo Morne d'Inde Zouk-Machine François-Xavier Frantz Ou sé on tanbou a dé bonda Brooklin East Side M'sieu, ou ka parler bêtise! Béatrice I. Gardiner Pitt Nazahualcoyolt Napoléon Bonaparte Gosier Revenu Minimum d'Insertion Simon Bolivar Tupac Shakpur Bernardo Montet France-Lise Jovial Thomassine Lacluse France Roche Quetzalcoalt Luis Bunuel Elody Labansine Beaugendre Flavien Printemps Rosérita Marcellin Régine Bazilet Ay! Moun a bèl pawol a pa ayen i ké fé pou lé-pép Anasthasie Babin Fanm-la lagé-y, i ka manjé nanm a-y an salad Marie-Ange Delacaze Crésus Alejo Carpentier Yarqasqa runapa pisqonwan satichikunanpaq Arnaud Viviant Loi Deixonne Serge Saada Alvaro Mutis Adolphe Lysimaque Atallah Malaka Gérard Etienne David Zapparoli Soul In Ice Irilla Cardinal Colin Taylor Angela Lee Simon Njami Yo ka nsanm koupé kou James Baldwin 15 juillet 1943 Pointe de la Grande Vigie Quentin Tarentino Pisimyé on ti koulirou jodi ki on taz dèmen Les Galets Lao Tseu Bertin Gabali pou si kouri vini Bédick De-Laville-Margue Christelle Prosper Andrée Bazilet Eleuthère Kadmi Juliette Piedevache Aristide Bruant Jean Bertolino Nègre Marron Copi Anselme Maston désant-la pli rèd ki monté-la Jean-Claude Ramassamy Ignace de Loyola Raphaël Tardon Adeline de Reynal Le Boucan Père Labat Ouatara Z'Esprits Monchoachi Javier Cardona Simone Henr y-Valmore Soucougnans Maurice Mességué Martin Luther King Yan Ting I ka semb on vié kongo Casimir Laurent Fabius Afric Simone « Mambala, Mambala » Jacques Mesrine René Bousquet Carole Bouquet François Mitterrand Berlusconi Elisabeth Tessier Bernard Tapie Salvatore Adamo Josiane Antourel Guavaberr y José Bové Béké goyave Can'naval ka mô Montebello Gabriel Garcia Marquez Irène Gordon Emilio Zappata Jérôme Bel Prince Malek Oussekine Daniel Quiko Achille Prignal Huguette Rodrigue Massive Attack Versailles Bob Marley Erzulie Dahomev Hauteurs-Lézarde Jean Baudrillard Plis ou Véyé mwens ou vwé Blatt Gilbert de Chambertrand Henri Melon Jean Gosselin Hugo Pratt José Alpha Lebrun Bajazet Alice Nicaise Fromajé Ilet à Cabrit 4 novembre 1493 Los Santos Xavier Veilhan Le Trou à Diable Gueule-Grand Gouffre Yo ka di-w, pli pré légliz sé kloché Mao Tsé Toung La revolution con mucho gusto Dios creo el mundo en siete dias y al octavo la Harley Davidson Sonia Malonda Salman Rushdie Pousi Kouri vini Boniface Kancel Alexis Jean-Charles Légitimus Delifrance Plomberie Ser vice Rosette Quinouage Huguette Rodrigue Kingston Marcio veloz Maggiolo New York City Pa fé jé tèt anmwen, an plivyé ki-w tigason Martin Scorsese El negro carimbo marcado fue con hierro caliente si senor Ray Lema Département Guadeloupe Léopold Kadmi Marie-Roselyne Avril Louisiane Décorde Manu Chao Roland Azincourt Julien Green Corto Maltesse Béatrice Bessaya 28 juin 1635 Miami Vice Rhum Magalda Caye Plate Titouan Lamazou Marjorie Godefroy Thierr y de Peretti Général Custer Da Colombo Peter Falk Cyclone David Lapli Ka fifiné Bélélé France-Antilles Lucie-Morne Maliapin Garage Caraïbes France-Lise Jovial Tose Galipo-Nebor Jeny Alpha Awé pli bon ki sa sé gaté Théophile Madinecouty Arsène Bairtran Gladys Jérémie Burning Spear Florian Major Fortune Novar Trabendo Négresses vertes An sé on fanm sér yèz, pa dérèspèté-mwen Elody Labansine Prudence Sablon Ursula Mercedes Kalina Surfboards Symphorine Ballon Patrice Lumumba Gustave Mounichy Gérard Delacruz André Breton l'ARC Tamouls Franck Laroze Roserita Marcellin Anita Delsol Sp a n i s h H a r l e m To u t b i t o n s é p o u o n t a n , t a n n t a n a n k a a t a a n v o u G a b y M a d i Ic e Cu b e B u e n a V i s t a S o c i a l C l u b B e l l e v i l l e 4 a v r i l 2 0 0 0


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Parce que l'oralité du théâtre est le meilleur porte-parole de l'idiome de l'autre, de sons sens, de l'étoilement de sa pensée. les premières pièces à être traduites seront Pawana de J.M.G Le Clézio, Tabataba de Bernard-Marie Koltès, Loin d'Hagondange de Jean-Paul Wenzel. Ce répertoire s'étend aussi à des auteurs invités à écrire, à intervenir, à manifester leur présence à travers l'écriture. C'est la langue qui est ainsi mise au centre de l'action poétique de la Scène Nationale de Guadeloupe. Rendre à la parole son pouvoir, sa teneur de résolution des conflits, de transmission, est l'un de nos rêves pour les années à venir. Que chacun puisse s'emparer de cette parole, la faire sienne pour le restituer dans son propre destin, voilà notre programme. La langue libère l'esclave, défie tous les pouvoirs, les maîtrises, les impositions. D'où notre volonté de diffusion partout où elle a une chance de trouver un écho, où sa voix pourra être entendue comme un appel, un cri, un chant, un poème sans fin. D'autres créations - à l'Artchipel même - doivent nous permettre de faire venir à nous des publics pluriels, abolissant les frontières que les classes sociales, les états culturels, entretiennent par élitisme ou par conformisme. & Formation. Toute culture vivante se doit d'assurer la transmission des savoirs. Le contexte caribéen force à repenser les modèles, les outils, les techniques d'apprentissage, de pédagogie. Nous avons la nécessité absolue de former de nouvelles générations. Elles doivent acquérir de quoi nous donner une autonomie de créations, « greffer », « implanter », ce qui

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gyaka. E dabò pou konmansé, nou kay mété an k r é y ò l Pa w a n a o n p y è s a J M L e C l é z i o , Ta b a t a b a t a Bernard-Marie Koltès, Loin d'Hagondange ki ta J e a n - P a u l We n z e l . M e n m j a n n o u k a m a n d é d ò t moun ka ékri, vin jwenn-nou, poudavwa sé bèlté a pawòl nou té ké vlé ki sèvi poto-mitan a travay a Se n n n a s y o n n a l G w a d l o u p. R i v è f è , p o u Pa w ò l v i n on fòs ka rédé moun vansé doubout, rédé yonn konpwann lòt, on fòs ka rézoud chiraj, on fòs ka lyanné jénérasyon ; mi sé sa ki rèv an-nou pou sé lanné-la kay vin la. Lang sé baton é baton-lasa sé-y ka rédé-moun monté mòn, sé-y ki déchouké lèsklavaj, sé-y ka opozé tout kalité pouvwa rivé krazé sa ki féba ; sé lang ka ba-yo fòs kenbé doubout a-yo. Kifè, sé pou sa nou vlé simé toupatou ola i ni on chans lévé, ola yo ké tann-li ka d i l a v i , k a c h a n t é l a v i , k a h é l é l è s p w a . No u n i p o u fè-andidan - menm a « l'Archipel » - dòt kréyasyon kay menné-vini tout sòt kalité popilasyon, prinsipalman moun, jikalé, yo toujou koubaré. Vwé rivé chalviré dotwa bayè ka séparé moun : mi on jan w ò l n o u v l é j w é . & O n l é k ò l p o u a p w a n n . To u s a ka viv andwa fè-chenn pou transmèt jénérasyon an jénérasyon sa yo apwann, sa yo konpwann, sa y o k o n n è t . O n k i l t i , l è i k a v i v, n i p o u f è menmjan. Plis ankò kotésit, andan sé péyi karibla, ola nou oblijé wou-envanté ki zouti, ki modèl. Ki tèknik, asèlfen nou mété-yo annaks èvè


réyalité a péyi-la. A tout fòs, nou oblijé montré jenn jénérasyon artis ka vin, tousa nou apwann, tousa nou konpwann, tousa nou konnèt, pou yo rivé tousèl a-yo, gréfé, magoté, écritaj yo trapé èvè sa lézòt ka pòté-vini. Sansa, nou ké toujou rèsté bèkèkè, ka viv anba lòpsyon a dòt moun : sé isidan menm, an Gwadloup, moun ka viv kotésit, ni pou a p w a n n s a y o b i z w e n s a v. K i f è , « l ' A r c h i p e l » d é s i d é mèté doubout on pwogram-lékòl pou rédé moun a p w a n n . No u c h è c h é f è d i v è s s è k s y o n è v è p l i z y è s ò t k a l i t é c h a p i t . M é p e n g a ! No u r è s p o n s a b d o u v a n popilasyon-la ; davwa travay an-nou ka oblijé-nou ba, pli moun posib, sa yo bizwen, é ba-yo li, on mannyè yo ka konpwann. Sè épi lajennès nou désidé pwan chimen-lasa, épi lajennès-lékòl, davwa sé yo ka pòté, pou péyikarib, lèspwa a dèmen. Dayè pou yonn, plizyè lékòl ja mèt-anwouk èvè nou, ki

critique. Un travail est fait en direction de la jeunesse de notre île. Le théâtre peut être un lieu de formation du futur citoyen guadeloupéen. Apprendre le maniement du langage et des idées doit donner le sens de notre histoire, introduire à la fondation de nos identités futures et autonomes. L'Artchipel a aussi la volonté d'insérer ceux que la modernité a rejetés. Avec le programme TRACE (Trajectoire d'accès à l'emploi), nous luttons pour ceux qui sont en difficulté sociale, économique. C'est à l'être lui-même qu'il faut redonner l'évidence de sa singularité, de sa dignité. Nous voulons à l'Artchipel les associer à nos actions, tisser un lien que nous bâtissons avec eux, pour eux. Sans rien perdre de la place haute que nous assignons à l'art. Nous ne le socialiserons pas, il ne sera pas uniquement un instrument d'insertion, mais une voie pour celui qui cherche à ressaisir son existence. Il n'est pas question de dévaloriser notre travail de l'art, de

s é G w a y a v, P w e n t n w a , L é s e n t , Z a b i m , k a v i n j i s B a s t è , p o u k o n t r é - n o u . No u n i p o u n o u e n v a n t é onlòt jan lékòl. Mi on lékòl pou apwann konpwann on pyès téyat, é mi onlòt pou montré jennmoun kijan ou pé kritiké on pyès. Dapré-nou, asiré téyat pé sèvi pou fòwmé sitwayen a dèmen, an péyiGwadloup. Asifi nou chonjé an tan lontan, ni syèk é syèktan, adan vil Athènes, jis moun ki té lajòl té n i d w a n i o n p l a s t é y a t . Mo n t r é m o u n k i j a n p o u y o sèvi èvè lang a-yo, kenbé fil a lidé a-yo, kay oblijéyo touvé sans a pròp vi a-yo, sans a istwa a-yo, jikatan yo rivé konpwan kimoun yo yé, kimoun yo vlé yé. Menmjan « l'Archipel » té ké vlé èvè pwogràm TRACE (chimen pou rivé adan on travay) té ké vlé woulé pou moun mizé maré. Epi pou di, dapwé-nou, sé chakmoun ki ni pou konnèt limenm a - y k i j a n r è s p é i k a m a n d é y o r è s p è t é - y. No u , é k i p -

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vient d'ailleurs avec ce qui lui a été laissé en héritage. Sans cela nous serons toujours vassaux de l'ailleurs, ceux qui vivent ici doivent avoir la possibilité de se former en Guadeloupe. L'Artchipel a établi des programmes d'enseignements, de formation, ils ont des contenus pluridisciplinaires. Nous avons créé des modules pour activer cette démarche. C'est d'une responsabilité politique qu'il s'agit, il est de notre devoir de service public de tout faire pour que l'art devienne un enjeu dans ce sens. Nous devons le revendiquer comme tel. Nous allons vers les publics jeunes, les scolaires, les enfants, parce qu'avec eux nous pouvons construire l'avenir de la culture caribéenne. Déjà, les établissements de Goyave, Pointe Noire, les Saintes, les Abymes, malgré l'éloignement de Basse-Terre, viennent vers nous. Nous voulons inventer de nouvelles écoles. Déjà, en partenariat avec des collèges d'enseignement primaire, existent une Ecole du Spectateur, une Ecole du jeune


le ravaler au rang d'un assistanat qui maintient l'individu dans la dépendance. & Politique. Une nouvelle politique arrive avec cette émancipation. Depuis peu nos livres d'enseignement scolaire vont prendre en compte l'histoire propre aux Antilles, à l'archipel. C'est un premier pas vers la reconstruction de ce qui nous a toujours été ôté : la possibilité de choisir notre mémoire, notre destin économique et politique. Une identité créole advient avec ses revendications qu'il sera impossible de ne pas entendre. Seul, le monde de la techno-science ne peut nous gouverner, notre culture caribéenne l'a compris. Si les Caraïbes ont adopté le réseau INTERNET pour communiquer, c'est pour effacer les difficultés matérielles de rencontre. Il est plus facile de se rendre à Paris qu'à Trinidad. Nous voulons que notre travail artistique et culturel participe d'une évolution politique. La décision, la parole qui fait acte, le langage qui nous construit, doivent nous appartenir. L'Artchipel entend oeuvrer à l'émergence d'un théâtre en archipel, nationalement international : nous sommes guadeloupéens d'origine caribéenne et nous sommes caribéens d'origine de la Guadeloupe, notre territoire est le monde, le brassage, la mêlée planétaire. Nous voulons frapper d'un souvenir, d'un mémorial, ce combat pour la liberté. A Basse-Terre, le 27 mai 2002, la Veillée Delgrès viendra rappeler que depuis les commencements nous avons choisi de nous affranchir de toutes les tutelles oppressives, de tous les mépris. A travers la veillée si primordiale dans notre culture ancestrale, contre des morts, évocations des disparus, chants des vivants, rituel du passage vers l'au-delà, il sera fait mémoire de ce sacrifice : « La Guadeloupe saccagée et détruite, ses ruines encore fumantes du sang de ses enfants, des femmes et des vieillards passés au fil de l'épée (...) ; le brave et immortel Delgrès emporté dans les airs avec les débris de son fort plutôt que d'accepter les fers. Guerriers magnanime! » (Jean-Jacques Dessalines, Proclamation aux Haïtiens, 28 avril 1804).

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moun « l'Archipel », nou vlé mayé travay an-nou èvè ta-yo pou on lyannaj solid, san pousa nou jan obliyé s é B è l t é - l a v i n o u k a v i s é . Aw a , p a k o n p w a n d i n o u k a y b é s é b a , p o u n o u m n m e n o s i , n o u o p o z é - y o v a n s é , p o u yo wou ka rété timoun. & Mi politik-la. Onlòt larèl pou kilti, onlòt jan politik kay pwan lavòl Kotésit. Adan dotwa tan, liv-lékol ké ka palé istwa bannzil an-nou. Sé ké prèmyé fwa nou ké konmansé pyété asi pwa a kò an-nou, nou ké konmansé sav ka nou vlé chonjé, ki lékonomi é ki politik nous vlépou noumenm an-nou. V l é , p a v l é , k é f o r è s p è t é i d a n t i t é k r é y ò l a p é y i - l a . Fa p a m o u n k o n p w a n n d i y e n k i è v è t è k n i k y o k a y r i v é menné bannzil an-nou la yo vlé. Siwvwè tou sé peyi Karib-la ja ka branché asi INTERNET sé poudavwa yo j a k o n p w a n n j a n h a k p a k a y r i v é f è t s a n k o m i n i k a z y o n . No u j a s a v s a p l i f a s i l p o u m o u n k o t é s i t r i v é v i t m a n . Pa r i a v a n y o r i v é Tr i n i d a d . S a n o u v l é , s é o n t r a v a y a s i B è l t é , t o u v é - y a n m e n m d i t a n o n t r a v a y a s y l y a n n a j é asi vansé politik. On pawòl doubout-oka, ni pou bay lavwa : Eiiia ! Annou kouté ka montangn-la ka di : Matouba ! Annou gasé si nou ka maké 27 Mé 2002 ! On véyé-liberté ; On véyé pou dèlgrès, on veyé pou noutout chonjé kijan, dépi okonmansman pèp-lasa toujou chèché woté pyé a-y adan tout chimen-mépri, w o t é t è t a - y a d a n t o u t b o n n é k a t o u f é - y. O n v é y é , m e n m j a n a n t a n l o n t a n v é y é a m ò , v é y é p o u c h a n t é , p o u d a n s é , p o u v i v, p o u c h o n j é s a Ja k D é s a l i n t é k a d i : « G w a d l o u p y o d é c h è p i y é - w, y o d é k a l b o r é - w, y o k y o u y é t i m o u n a - w, k i t i m o u n , k i f a n m , k i v y é m o u n , s a n a - y o k a k o u l é k o n d l o . . . é D è l g r è s ! S o l d a - l a s a p é k é j e n mò, kanmensi kò a-y chitaké, volkannizé, davwa i té pisimyé mò alyé asèpté viré anba jouk a lèsklavaj ! ».


L'Artchipel, scène nationale de la Guadeloupe D i r e c t r i c e C l a i r e - N i t a L a f l e u r e t M e t t e u r e n s c è n e a s s o c i é M o ï s e To u r é

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B l d u G o u v e r n e u r G é n é r a l F é l i x E b o u é B P 2 1 0 B a s s e - Te r r e C é d e x 9 7 1 0 5 G u a d e l o u p e - F r e n c h We s t I n d i e s Te l : 0 5 9 0 9 9 2 9 1 3 F a x 0 5 9 0 9 9 2 9 2 0 e - m a i l : L A R T C H I P E L @ w a n a d o o . f r subventionné par le Conseil Général de la Guadeloupe, le Ministère de la Culture, la DRAC Guadeloupe

Conception rédaction Yan Ciret exécution graphique Rachel Godefroy - “ Limites LTD.”© - Photos Jean-François Manicom - Traduction créole Hector Poullet - Fabrègue Imprimeur BP 10, 87500 Saint- Yrieix-la Perche

& Présence à l'Artchipel. Bertène Juminer Claudia Philogène Claire-Nita Lafleur Suzy Bélair Guy Gabon Ketty Garçon Murielle Fifi Syeeda Théodore Josée-line Camalet Sabine Brice-Etilce Moïse Touré Fabienne Pourtein Jean Monder Jim Monder Bénédicte Marino Georges Blirando, Jacques Prunair Teddy Ozier-Lafontaine Benjamin Sarfati Dominik Bernard Patrick Dubois Joël Jernidier Gilbert Laumord Odile Broussillon Ester Myrtil Joby Georges Julienne Moïse Benjamin dit Benzo Médiathèque Caraïbes Arthur Lerus JeanClaude Antoinette Marcel Magnat Alex Nabis Michèle Montantin Max Rippon Gisèle Pineau Ciné-Théâtre Rosan Calvados Michel Vuillamy Gilbert Coco Rolland Louis Joël Nankin Richard-Viktor Sainsily Pierra Zamia Festival Noir tout couleurs Lydia René-Corail Teddy Isimat-Mirin Simone Schwartz-Bart Maryse Condé Sylviane Telchid Marie-Line Dahomay Jocelyn Menard Raymond Greco Jean-Michel Lesdel Jean-Michel Lavital Gérard Lockel Raymond D'Huy Raphaël Annerose JeanClaude Nelson Jean-Claude Bardu Philippe Calodat Centre des Arts et de la Culture Louis Garel Cyril Serva Léna Blou Hervé Denis JeanRené Lemoine Martine Maximim Salon du livre Brigitte Thouzeau Café musique Le Mahato Lucien Jernidier Luc Saint-Eloi Frantz Succab Jean-Michel Martial Swana Desvarieux Adolphe Catan Genny Alpha Gany Jérémie Joby Bernabé Alfred Mémel Jean Nanga Voukoum Akiyo Jean-François Manicom Hector Po u l l e t ( c r é o l i s t e ) Pa s c a l e Ba i l l y Ya n C i r e t

Déclaration L'artchipel 2  

Territoire et identité, plus qu'une revue, cette publication est un manifeste culturel de l'identité caraibéenne, créole et français.

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