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Compte-rendu de la Conférence Départementale L’orientation scolaire Jeudi 22 mars 2012 - Carbonne La Conférence départementale « L’orientation scolaire », organisée par le Point Info Famille de l’Union Départementale des Associations Familiales (UDAF) de la Haute-Garonne, en partenariat avec l’Union Départementale des Centres Communaux d’Action Sociale (UDCCAS) et l’Association des Maires de la Haute-Garonne (AMF 31), s’est tenue à Carbonne le 22 mars 2012. Cette conférence intervient dans le cadre de la restitution des résultats de l’enquête de l’Observatoire départemental des familles, portant, en 2011, sur Parents et Orientation scolaire. Trois professionnels de l’orientation, ont été invités à intervenir pour apporter leurs points de vue sur cette question et réagir aux résultats de l’enquête.

Accueil des participants : Maryse DE NADAI, directrice de l’UDAF 31 A la tribune : Régis LEONARD, Président de l’UDAF 31 Jean-Louis PUISSEGUR, Président de l’AMF 31 Guy LAURENT, Président de l’UDCCAS Aurélie LAVIGNE, sociologue au Point Info Famille de l’UDAF 31 Marcel RAZAT, ancien chef d’établissement Monique NEGREL, responsable du CIO de Muret Hélène HOMS, déléguée régionale adjointe de l’ONISEP et Inspectrice d’Académie chargée de l’information et de l’orientation.

Cette conférence a réuni 50 personnes, élus, représentants et professionnels du monde de l’éducation. UDAF 31 – Observatoire des familles – 2012


Ouverture de la conférence par Régis LEONARD, Président de l’UDAF 31

Je voudrais remercier Mr Hellé pour sa fidélité et son soutien au mouvement familial en nous accueillant régulièrement sur sa commune. Nous avons la responsabilité de représenter l'ensemble des familles de ce département. Nous réunir à Carbonne nous permet d’être présent de façon centralisée mais aussi d'aller à la rencontre des acteurs locaux, qui sont dans beaucoup de domaines des partenaires pour la cause familiale. Merci Mr Puisségur, Président de l’Association des maires de Haute-Garonne pour votre engagement dans ce partenariat avec l’UDAF. Nous devons développer cette synergie qui existe entre les municipalités du département et l’UDAF parce qu'elle est utile, nécessaire et même indispensable. Merci Guy Laurent président de l’UDCCAS, pour ton soutien et ta complicité avec l'UDAF, tu nous épaules dans nos manifestations. Nous travaillons ensemble depuis déjà de nombreuses années car nous sommes convaincu que les CCAS mis en place par les municipalités sont des outils formidables pour répondre au plus près possible des attentes sociales de la population. Pourquoi un Observatoire des familles à l’UDAF 31 ? Tout d’abord, il nous paraît indispensable d’être à l’écoute des familles afin de pouvoir défendre la politique familiale, qu’elle soit locale, départementale ou nationale et ceci en partant des constats locaux que chaque UDAF se doit de remonter, via son réseau à l’UNAF. Le choix de la thématique est fait au niveau national, il est travaillé avec les UDAF, avant d’être finalisé en un questionnaire particulièrement ciblé. Depuis 2010, les 8 UDAF de la région Midi-Pyrénées ont décidé de travailler dans un objectif commun afin de mutualiser leurs études pour permettre la création d’un Observatoire Régional. Au moment où je vous parle, Mr Mazenc Président de l'URAF de Midi Pyrénées présente au Comité Régionale de l'Habitat les résultats de l'enquête 2010 qui, je vous le rappelle, portait sur l'habitat. L’observatoire des familles de la Haute-Garonne en est à sa 5ème édition, la sixième est d’ores et déjà lancé pour 2012. Ces résultats sont, si vous le souhaitez, à votre disposition au siège de l'UDAF. En 2007, nous avions pour la première fois souhaité travailler sur une « photographie » des familles de la Haute-Garonne, de façon plus généraliste. Ce premier travail avait permis de cerner les problèmes des familles ou leurs inquiétudes. En 2008, nous avons décliné les préoccupations des familles dans la relation parents/enfants. L’enquête 2009 portait sur le Pouvoir d’achat des familles. Au cœur de la crise économique, l’UDAF ne pouvait rester indifférente aux problématiques financières rencontrées par les familles dans leur quotidien. UDAF 31 – Observatoire des familles – 2012


En 2010, c’est le thème de l’habitat qui a été retenu, véritable enjeu, notamment dans notre département qui accueille chaque année de nouvelles familles. L’orientation est un enjeu majeur pour le devenir des enfants et occupe ainsi une grande place dans le quotidien des familles. Les résultats qui seront présentés ce matin sont issus des réponses apportées par les familles à l’automne 2011 sur la question de l’orientation scolaire : - Les parents s’investissent ils dans l’orientation des enfants ? - De quelle manière ? - Connaissent-ils et utilisent-ils les structures et services d’aide à l’orientation ?… Après cette présentation par Aurélie Lavigne responsable de l'observatoire des familles de l'UDAF, nos trois intervenants : Mme Hélène HOMS, Déléguée régionale adjointe de l’ONISEP et Inspectrice chargée de l’Information et de l’Orientation. Mme Monique NEGREL, Responsable du CIO de Muret. Marcel RAZAT, Principal de collège à la retraite, que nous remercions de leur présence, réagiront à ces résultats et nous apporteront des éléments de réponse sur cette question.

Intervention de M. Jean-Louis PUISSEGUR, Président de l’AMF 31 L’AMF porte un intérêt particulier aux travaux menés par l’UDAF. Les communes interviennent, au niveau de l’éducation, sur un plan matériel et participent aux Conseils d’Ecole. Les budgets municipaux ont une grande importance dans la politique éducative. Au niveau du primaire, le budget par enfant est d’environ 1500€ pour une commune.

Intervention de M. Guy LAURENT, Président de l’UDCCAS

L’UDAF est un partenaire privilégié dans les Centres Communaux d’Action Sociale. Les CCAS reçoivent les familles les plus en difficultés qui représentent environ 15% des parents. Ces familles ont du mal à se consacrer à la question de l’orientation scolaire dans la mesure où elles ont des préoccupations prioritaires (besoins vitaux) et ne se projettent pas sur du long terme.

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Présentation des résultats de l’enquête Parents et orientation scolaire La synthèse et le rapport d’enquête sont consultables et téléchargeables sur le site Internet de l’UDAF 31 (www.udaf31.fr), rubrique Observatoire des familles ou sur demande au Point Info Famille (pif@udaf31.fr - 05 61 13 13 82). Présentation du thème et de la méthodologie d’enquête : -

Participation à l’enquête nationale proposée par l’UNAF sur le thème de l’orientation scolaire qui est aujourd’hui au centre des questionnements et des réformes, de la campagne présidentielle. L’orientation est un enjeu majeur dans l’avenir des jeunes et donc une grande préoccupation des parents. La manière d’aborder l’orientation scolaire et professionnelle a beaucoup évolué au cours du 20ème siècle et on parle aujourd’hui d’éducation à l’orientation, d’un processus tout au long de la vie. Différentes personnes interviennent : le jeune, sa famille, les professeurs, les conseillers d’orientation… C’est un sujet vaste, qui peut être analysé sous plusieurs angles. Nous avons choisi d’étudier le rapport que les parents entretiennent avec l’orientation scolaire. Leur rôle est primordial et est reconnu par la loi.

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L’enquête a été diffusée à l’automne 2011 à des familles du département ayant au moins 1 enfant à charge de plus de 11 ans, et donc concerné par la question de l’orientation, selon la méthode de l’échantillonnage aléatoire. L’échantillon est composé de 473 familles. Au niveau de la représentativité, une comparaison est effectuée avec la distribution générale de la population selon les derniers recensements de l’INSEE. Il apparait une sous-représentation des professions intermédiaires par rapport aux employés et aux cadres (liée au mode déclaratif) et une sur-représentation des plus de 40 ans (liée à la population cible).

Présentation des résultats autour de trois axes : 1/ Représentation du parcours d’orientation Pour les parents, la réussite de l’orientation passe par l’épanouissement de l’enfant qu’il soit personnel (45%) ou professionnel (47%). On aurait pu penser, en cette période de chômage massif de jeunes, que l’orientation serait d’abord pensée en terme de débouchés professionnels, mais cette proposition n’intervient qu’en 3 ème place : 41% des parents estiment que l’obtention d’un métier est une finalité importante. Cette représentation est partagée par l’ensemble des parents. Les parents se définissent très majoritairement comme les premiers acteurs de l’orientation de l’enfant (91%). L’entourage familial, amical ou professionnel occupe également une place importante dans l’aide apportée à l’enfant pour son orientation (30%), au même titre que l’équipe éducative (24% pour le professeur principal et 26% pour le conseiller d’orientation).

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Le recours à des intervenants privés (conseillers, psychologue, coach) reste très marginal (4%), tout comme les parents qui estiment que l’enfant n’a pas besoin d’aide pour faire ses choix d’orientation (6%). Pour la quasi-totalité (90%) des parents leur rôle dans l’orientation scolaire passe par le dialogue et l’échange avec l’enfant. Ils sont également nombreux à apporter une aide concrète en recherchant des écoles (63%) ou en appuyant l’enfant pour ses inscriptions (49%). Pour autant, malgré leur place importante, 57% des parents ne pensent pas avoir toutes les informations nécessaires pour guider l’enfant, notamment si celui-ci rencontre des difficultés scolaires. Du fait de l’enjeu de l’orientation et du manque d’information, l’orientation scolaire est source de préoccupations pour les parents et génère des interrogations (97%), des inquiétudes (91%), des difficultés (80%), du stress (75%) et peut être une source de conflits (28%). Hormis les interrogations qui sont partagées de manière égale par toutes les familles, les autres types de préoccupations interviennent plus fréquemment après le collège (pas encore tout à fait confrontés à des choix d’orientation concrets) et concernent plus les parents d’enfants qui sont en difficultés scolaires. Il existe également des différences selon le niveau de diplôme et la profession des parents Par exemple, plus les parents sont diplômés et plus ils occupent des positions sociales favorisées, moins le stress est élevé. Les parents se sentent plus capables de rassurer (52%) et d’encourager (50%) l’enfant que de le conseiller (45%) ou de le renseigner (41%). Ces difficultés peuvent être mises en lien avec le manque d’informations ou le fait que ces missions pourraient relever plutôt des professionnels de la communauté éducative. 2/ Représentation du choix d’orientation Pour les parents, l’orientation dépend avant tout de l’enfant. C’est en particulier son choix qui prévaut (85%), choix qui doit être validé par ses résultats scolaires (68%) et ses capacités personnelles (64%). Les conditions pratiques, telles que les places disponibles, le coût ou la proximité du lieu de formation n’entrent que peu en compte dans le choix de l’orientation. D’autres résultats vont dans le même sens et tendent à confirmer que, pour les parents, c’est le choix de l’enfant qui est déterminant : 78% des enfants ont choisi librement leur orientation et cette orientation convient à 85% d’entre eux. Là encore, des inégalités existent selon les difficultés scolaires, le niveau de diplôme, l’emploi des parents, et le manque d’informations. Par exemple, parmi les élèves qui ont rencontré des difficultés scolaires, 34% ont été contraints dans leur choix contre 22% en moyenne. 96% des enfants dont les parents exercent une profession intermédiaire suivent une orientation qui leur convient pour seulement 78% des enfants d’ouvriers et employés. L’enquête met en avant une demande d’information et de communication avec l’équipe éducative : UDAF 31 – Observatoire des familles – 2012


- seulement 34% des parents estiment être informés sur les possibilités d’orientation et - 39% être impliqués dans le choix d’orientation, alors même que les parents se définissent comme les mieux à même d’accompagner l’enfant dans son orientation. - Seuls 35% des parents pensent que l’équipe éducative accompagne l’enfant dans son choix d’orientation et un peu plus de la moitié d’entre eux (55%) indiquent que le choix de l’enfant est pris en compte. 3/ Représentation des dispositifs d’aide à l’orientation Les parents trouvent les services d’aide à l’orientation utiles : 92% pour la documentation, 90% pour les rencontres avec des professionnels, 85% pour les stages en entreprises et 66% pour les tests de culture générale, de personnalité ou d’évaluation. Dans l’ensemble, les parents expriment une satisfaction vis-à-vis de ces services. En ce qui concerne les structures d’aide à l’orientation, 5 ont été répertoriées (CIO, Mission Locale, CCI-CMA, PIJ, CIDJ). La structure la plus fréquentée par les jeunes est le CIO (70%), mais par seulement 34% des moins de 14 ans et plus de 80% des plus de 18 ans. Les autres structures sont beaucoup fréquentées en raison de leurs activités plus spécifiques et du public visé. L’utilisation des structures est dans l’ensemble assez importante et adaptée. 54% des parents ont déjà participé à des réunions d’information relatives à l’orientation. Il s’agit d’une moyenne. Dans le détail, cette participation concerne 17% des parents de collégiens, 74% de lycéens (général ou technologique) et 55% de lycéen en filière professionnelle. L’utilité des réunions d’information réside essentiellement pour les parents dans l’acquisition de connaissances sur les formations (68%) et sur les établissements scolaires (61%). Dans une moindre mesure, les parents y trouvent également des éléments d’information sur les débouchés (32%) et les différents métiers (26%). Enfin, parmi les raisons évoquées par les 46% de parents qui n’y participent pas, on retrouve essentiellement la méconnaissance (57%) et le fait que ces réunions ne soient pas proposées par l’établissement (29%), plutôt qu’un désintérêt ou une absence de besoin. En conclusion : - Des parents concernés par l’orientation et très impliqués dans leur rôle, à travers notamment des échanges avec l’enfant pour l’aider à définir son projet mais aussi en l’accompagnant concrètement dans ses démarches. Mais c’est un rôle pas évident qui suscite des préoccupations et des difficultés, sans pour autant être une source de conflit. - Des parents en demande de plus d’information et de plus de communication avec l’équipe éducative mais certains parents (par peur, manque de légitimité) qui ne se saisissent pas forcément des outils, structures et services à leur disposition, d’où l’importance de favoriser le dialogue pour plus sensibiliser les parents et les conforter dans leur rôle.

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Remarques/ Questions :

Mme Homs (Déléguée ONISEP- Inspectrice d’Académie) : le système scolaire français est très complexe. La proximité et le coût interviennent de manière importante dans le choix d’orientation. Par exemple, en Aveyron où le taux de réussite au bac est le plus élevé de la région alors que la proportion de jeunes aveyronnais dans les grandes écoles est plus faible. L’enquête pose aussi la question de l’ambition des familles, qui doit faire partie d’un accompagnement, dans lequel les collectivités locales ont un rôle à jouer. M. Razat (Ancien chef d’établissement) : importance de la mission d’orientation confiée à l’Education Nationale. Le défaut principal reste le manque de communication, même si cela a beaucoup évolué. L’orientation intervient trop tôt, les jeunes manquent de maturité pour faire un choix. Mme Négrel (Responsable CIO) : importance de la proximité des établissements dans le choix d’orientation (exemple de Muret). Nécessité d’accompagner les familles au niveau de l’orientation.  Les résultats de l’enquête porte sur les représentations des parents, pour lesquels la proximité ou le coût ne sont pas importants, même si ces facteurs pèsent sur le choix d’orientation. M. De Palaminy (Administrateur UDAF) : les parents sont les 1ers éducateurs des enfants. Ils doivent être aidés par les partenaires. Il aurait été intéressent d’avoir des comparaisons territoriales et temporelles sur cette enquête.  Les résultats des autres départements de Midi-Pyrénées seront publiés dans l’année. Il n’est pas possible d’avoir de comparaison dans le temps dans la mesure où c’est la 1 ère fois que cette enquête est diffusée. M. Oberty (Maire d’Ayguesvives – Sicoval) : au niveau de la répartition des compétences, les communes et intercommunalité ont une action en terme de politique éducative. Il est nécessaire d’avoir une réflexion avec l’ensemble des partenaires : acteurs sociaux, UDAF, acteurs de droit commun afin qu’il n’y ait pas de décrochage. Sans les collectivités, qui pourraient porter cette question ? Mme Guihur (FCPE) : rôle de retranscrire ou de décoder l’information relative à l’orientation pour qu’elle soit accessible au plus grand nombre de parents. Les filières sont difficiles à repérer. Dans les conseils locaux, les différentes étapes de l’orientation sont abordées en terme de de calendrier. Ces échéances ont lieu de plus en plus tôt (exemple : 1 élève de 4ème avec des difficultés scolaires). Mais les parents qui en ont le plus besoin n’y participent pas. Participant : un travail est à faire sur le regard porté sur les élèves en difficultés. M. Razat : afin de désacraliser l’Institution, il faut un coordonnateur extérieur à l’école. Mme Homs : la mission d’accompagnement des enseignants est nouvelle. Un travail sur les représentations doit être mené.

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Mme Négrel : il est demandé aux parents de récupérer en direct les bulletins scolaires, ce qui permet un 1er contact. De même, les parents sont de plus en plus souvent mis à contribution pour le suivi des vœux d’orientation. Il est nécessaire que les familles disposent des éléments d’informations. Mme Homs : Filières hiérarchisées et différenciation filles/garçons Participant (éducateur spécialisé) : les parents sont sollicités uniquement sur le mode de l’échec. Le jeune n’est perçu qu’à travers son statut d’élève alors qu’il serait important de porter un regard plus global, et pour cela développer le partenariat (travailleurs sociaux, infirmiers…). Participant (référent parent Pibrac) : beaucoup de possibilités existent aujourd’hui. Il y a eu beaucoup d’évolution. Le site de l’ONISEP est très bien fait et permet d’avoir plein d’informations. Participante (adjointe municipale) : les choix se font en terme de parcours de formation et non de parcours professionnel. De ce fait, les jeunes n’ont aucune représentation du métier. Il serait important que les jeunes fassent plus de stages pour se confronter aux différents métiers.

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Intervention de Mme HOMS : les enjeux de l’orientation La notion d’orientation renvoie à différents champs : - les procédures relatives à la répartition des jeunes dans les différentes filières - les processus qui permettent à chaque jeune d’élaborer son choix - l’ensemble des pratiques d’aide aux individus Il existe un véritable droit à l’orientation qui est stipulé dans le code de l’Education : « le droit au conseil en orientation et à l’information sur les enseignements, sur l’obtention d’une qualification professionnelle […], sur les professions ainsi que sur les débouchés et les perspectives professionnels fait partie du droit à l’éducation ». La proportion de bacheliers dans une génération est relativement stable depuis 1995 (date de mise en œuvre de la précédente réforme du lycée) et s’établit à environ 65%, après une forte croissance depuis le début des années 1970. Les sorties précoces du système scolaire concerne en moyenne 12,6% des jeunes mais beaucoup plus les hommes (15,2%) que les femmes (10%) et l’écart entre les 2 a tendance à se creuser. Les choix d’orientation selon les sexes sont particulièrement différenciés. Alors qu’en terminale S en 2011 la proportion de filles est de 46,8%, elles ne représentent plus que 32,2% des effectifs de classes préparatoires aux grandes écoles en filière scientifique et constituent 79% des effectifs des classes préparatoires littéraires. Le niveau social est également influent sur l’orientation. Les élèves issus de milieux sociaux défavorisés représentent près de 50% des élèves de 6 ème. Mais plus la scolarité avance, moins la proportion est élevée. Ainsi ils ne sont plus de 39,3% en seconde générale et technologique, 33,6% en terminale générale et 24,3% en classes préparatoires. L’obtention d’un diplôme préserve contre le chômage, contrairement à ce qui peut être véhiculé. Parmi les jeunes qui ont fini leur scolarité depuis moins de 5 ans, 20,1% sont au chômage en moyenne, mais cette proportion est de 44,3% pour ceux qui ne disposent d’aucun diplôme ou du brevet alors qu’elle n’est que de 10,7% parmi les diplômés du supérieur. Le taux d’adéquation entre la spécialité de formation et l’emploi varie selon les secteurs d’activités. Il est de 40% en mécanique/électricité pour plus de 80% dans la santé. Face à tous ces constats, les objectifs sont aujourd’hui d’élever les niveaux de qualification, de réduire les sorties du système scolaire sans diplôme et de réduire les inégalités dans les parcours. Pour cela, trois leviers ont été mis en place : - le Parcours de Découverte des Métiers et des Formations (PDMF) qui permet aux élèves scolarisés entre la 5ème et la terminale de découvrir les métiers et les formations et à acquérir des compétences pour bien s’orienter.

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- la rénovation de la voie professionnelle avec la mise en place du bac professionnel sur 3 ans, la mise en place de passerelles entre les parcours de formation et l’objectif d’assurer à tous les jeunes un diplôme de niveau V. - la réforme du lycée avec la possibilité d’un tutorat, d’un accompagnement pour chaque élève, l’accent mis en 2nde sur la découverte des parcours et l’approfondissement des choix en 1ère, avant une spécialisation en terminale. Les stages de remise à niveau et les passerelles entre les différentes filières sont également encouragés.

Intervention de Mme NEGREL : les CIO Le CIO (centre d’information et d’orientation) est un service public, gratuit, de l’Education Nationale, qui dépend de l’Inspection Académique. Le CIO met en œuvre les directives nationales et la politique académique. Le travail des Conseillers d’orientation psychologues (COP) se fait pour 1/3 au sein du CIO et pour 2/3 au sein des établissements, soit 1COP pour environ 1500 élèves. La Haute-Garonne dispose de 6 CIO (Muret, St-Gaudens, Toulouse centre, Toulouse Mirail, Toulouse Nord, Toulouse Rangueil), comprenant chacun une direction et des COP, et rattachés à plusieurs établissements. Au sein des CIO, tous les publics sont accueillis. En établissement, les COP assurent des entretiens, le suivi des élèves, des réunions d’informations (jeunes ou parents). L’objectif est d’informer sur les grands choix d’orientation et les procédures, notamment sur les grands paliers d’orientation (fin de 3ème, de 2nde, de terminale). Le choix d’orientation est un véritable processus qui dépend de multiples influences et dans lequel les parents ont un rôle fondamental. Afin que le jeune soit véritablement acteur de son choix, il est nécessaire de l’aider à développer des compétences pour qu’il apprenne à gérer ses choix à l’école mais aussi en dehors de l’école. Le CIO est également un centre ressource pour les équipes et un observatoire du bassin sur lequel il est implanté. Ils travaillent également en partenariat avec les équipes, participent aux conseils de classe et contribuent au Parcours de Découverte des Métiers et Formations. Les professionnels du CIO assurent aussi le suivi des jeunes en décrochage scolaire. Le décrochage concernait 3398 en Haute-Garonne en novembre 2011 (données fournies par le service interministériel d’échange d’information). Les jeunes bénéficient soit d’un entretien simple au CIO, soit d’un accueil commun (CIO, MGI, Mission Locale) pour rechercher des solutions.

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Il faut distinguer la décision d’orientation qui est prise par le chef d’établissement dans lequel l’élève est scolarisé, qui va déterminer la vois d’orientation, et la décision d’affectation qui se fait de plus en plus par gestion informatique, qui détermine précisément la formation qui sera suivie et l’établissement d’accueil.

Intervention de M. RAZAT

En raison du retard pris sur l’horaire prévu, je limiterai volontairement le contenu de mon intervention et je n’aborderai donc pas certains thèmes sur lesquels je souhaitais intervenir. Après une carrière de 10 ans comme Professeur en Lycée et de 27ans en tant que Chef d’Etablissement, je viens apporter mon témoignage du vécu de l’orientation. L’orientation est une des missions de l’Education la plus importante, la plus difficile et la plus complexe. Elle se veut le fruit d’actions concertées de tous les acteurs de notre système éducatif : Elèves, Parents, Professeurs, Institutionnels, Professionnels. Confucius a dit : « choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour » L’orientation doit être choisie et non subie, tant il est vrai que l’on se réalise, se motive, s’épanouit dans un travail choisi. Les procédures et les décisions d’orientation ont évoluées passant de décisions de l’institution à projet personnel d’orientation construit avec tous les acteurs du système éducatif. Il faut se garder de certitudes en matière d’orientation. Ainsi la réussite passe par une orientation individualisée et diversifiée. « Il n’y a pas de sot métier mais de sottes gens » disait la Fontaine. La réussite n’est pas toujours liée au diplôme et je cite souvent le cas de mon ami qui avec un CAP dirige une entreprise de plomberie de 7 ouvriers et a un niveau de vie supérieur au chef d’établissement avec son niveau d’étude BAC +6. Les choix d’orientation ont souvent une dimension culturelle chez les parents. J’ai toujours mesuré l’importance de la finalité sociale et professionnelle de l’orientation, et par conséquent l’impérieuse nécessité de développer le partenariat économie-éducation afin que l’élève puisse acquérir connaissance et culture économiques au cours de sa formation. Dans cet esprit, j’ai innové en 1994 dans ce domaine en envoyant en stage obligatoire d’exploration et de découverte des entreprises tous les élèves de 4e du collège que je dirigeais. François Bayrou, Ministre de l’Education Nationale en visite dans mon établissement s’est félicité de cette nouvelle initiative et a souhaité la généraliser à tous les collèges. J’aurais bien d’autres caractéristiques de l’orientation à évoquer, mais le temps qui m’est octroyé serait largement dépassé. Pour terminer mon intervention je vais aborder le thème soulevé par une personne, un éducateur, dans la salle : l’évaluation. C’est un outil essentiel qui entre en jeu dans toute décision scolaire : niveau, acquis, orientation, diplômes…Mon expérience me permet de dire que c’est sur l’évaluation que la nécessaire et fondamentale réflexion doit se porter et qu’une réforme doit être engagée. Tout au long de nombreux conseils de classes que j’ai eu à présider, je n’ai cessé d’essayer de transformer l’évaluation chiffrée des résultats de l’élève (évaluation normative par les notes) en UDAF 31 – Observatoire des familles – 2012


évaluation formative visant à mieux prendre en compte les points positifs, la personnalité, les capacités même partielles, les potentialités individuelles, les aptitudes objectivement manifestées ou décelées. L’évaluation est je pense la grande réforme essentielle et primordiale à mettre en œuvre, même si une partie des enseignants est réticente. Le scientifique et ministre de l’Education Nationale Claude Allègre l’avait abordé en son temps mais n’avait pas suscité l’adhésion. Pour moi l’éducation doit donner aux jeunes les capacités, les moyens et le goût d’entreprendre.

Remarques/questions : Mme Sbrugnera (Réseau social des Familles Monoparentales) : Est-ce que les conditions de vie des familles monoparentales ont un impact ou représentent des difficultés sévères voire des entraves à l'implication, l’investissement, le suivi et l'accompagnement à la scolarité de leur(s) enfant(s)? Est-ce que les conditions de vie des familles monoparentales influencent les choix et interviennent dans les potentialités de réussite ?

Clôture de la conférence par Régis Léonard

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Cette conférence a réuni 50 personnes, élus, représentants et professionnels du monde de l’éducation. Cette conférence intervient dans le ca...