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Le Journal N°4 - Vendémiaire, Brumaire, Frimaire CCXVI - 4e trimestre 2007

Trimestriel de la Libre pensée de Rodez

L’événement Avec une exposition sur la non-violence

La laïcité à l’Ecole attaquée... en silence Sommaire Evénement

La laïcité à l’école attaquée... en silence pages 1, 2, 3 et 4 Dossier

Variations autour du calendrier pages 5, 6 et 7 Lectures

Pour une approche scientifique de la notion de temps page 6 Actualités

La Libre pensée reçue par Marie-Lou Marcel page 7

En bref page8

“Le Journal de la Libre pensée de Rodez” est un trimestriel d’actualités et d’informations édité par la «Libre pensée de Rodez» qui relève d'une association loi 1901 déclarée en préfecture de Rodez sous le n°0122006660, publiée au Journal officiel sous le n°20040038 Directeur de la publication : la présidente de la Libre pensée de Rodez, S. Rioux Siège social : 31, rue des Moutiers 12000 Rodez Mél. librepenseerodez@free.fr Site :librepensee12.free.fr Imprimé par les soins de l’association numéro ISSN : 1952-8175 Prix : 1€. Abonnement annuel : 4€ Nombre d’exemplaires : 100

L

a violence ravagerait-elle les écoles en Aveyron ? Nos écoliers seraient-ils gravement menacés ? y a-t-il péril en la demeure ? A la veille de la rentrée, on peut se poser toutes ces questions et bien d’autres , en prenant connaissance de la campagne lancée avec force moyens par le Collectif aveyronnais de la décennie de la paix (Conflits sans violences-MAN12, C C F D , A C AT , Palestine12, Secours catholique , La vie Nouvelle) en direction principalement des écoles. La LP de Rodez, à son habitude, libreexamine. Qui est à l’origine de la décennie de la paix , 2001-2010 ? Elle fut proclamée le 10 novembre 1998 par l’UNESCO. Elle validait ainsi l’appel que relayaient les prix Nobel de la Paix en direction des chefs d’Etat des pays membres pour une culture de la non – violence afin d’alléger la souffrance des enfants du monde. L’initiateur de l’appel , est Pierre Marchand, fondateur de l’association « Partage », qui œuvre pour l’épanouissement de l’enfant en général , le respect des valeurs culturelles et spirituelles et le développement communautaire en particulier. Voilà pour le fondement de la manifestation aveyronnaise. Voyons le contenu et la forme. La première présentation faite dans la presse par le collectif aveyronnais s’est traduite par ce titre « Mieux contrôler la violence des petits » (la Dépêche du 4 juillet 07) Mais s’agit-il de violence, à l’école primaire, ou d’agressivité ? Ce n’est pas la même chose. Le choix du terme n’est pas anodin. Suite en page 2

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L’EVENEMENT

Le Journal

La

laïcité attaquée... en

silence

Suite de la première page

S’adr essan t prior itair ement à ces écoles on peut s’étonner que l’accent soit mis sur le contrôle de la violence des petits en lieu et place de leur éducation à la paix. Il rappelle de mauvaise mémoire un certain rapport de l ’INSERM p réconisant d e médicaliser les troubles des conduites enfantines dès 3 ans. Le contrôle est dans l’air du temps, certes, mais, médicaliser ou contrôler, éloignent singulièrement de l’environnement éducatif que demande la prise en compte de l’agressivité, naturelle chez l’enfant. L’exposition itinérante qui tourne depuis 1999 dans les régions et dont on ne sait, huit ans après, si son impact a fait l’objet d’un bilan, est-elle le meilleur et le seul outil ? La réponse est : non. Les pédagogies coopératives comme celle de Freinet , et celle de l’OCCE que les enseignants du public utilisent couramment dans leur classe en sont d’autres. Elles sont ,qui plus est, pertinentes. Elles opèrent au quotidien sur le vivre ensemble en classe et dans l’école et construisent lentement et patiemment chez l’enfant son rapport à la loi, un fondamental pour tout citoyen dans un Etat de droit. Le Réseau mondial du Système des Ecoles associées de l’Unesco qui

fonctionne sous son égide depuis 1953 en est un autre . Il offre divers supports à l’ en se ig na nt du pr im ai re et du secondaire qui en fait la demande, le laissant libre de construire seul ou en équipe son approche.

MAGNIFIQUE CAS D’ENTRISME Avant de rechercher des solutions et des outils pour les mettre en œuvre, ne conviendrait-il pas, en amont, de s’interroger sur les causes du problème ? Les enseignants savent bien, pour ce qui les concerne directement, que dans les écoles, l’environnement matériel mal adapté, notamment dans les cours de récréation, les rythmes biologiques malmenés, les besoins physiologiques ignorés, les classes surchargées, augmentent l’agressivité des élèves et les actes d’agression. Cela ne mériterait-il pas réflexion et concertation ? Puis avant d’ouvrir le dialogue avec eux, par animateurs spécialement formés par IFMAN – mais n’est –il pas déjà ouvert par leurs maîtres ?- ne conviendrait-il pas de donner aux élèves la capacité de s’exprimer correctement , des lieux pour 2

le faire, dans un temps et un moment adéquats, en acteurs, in situ, et non en consommateurs de séquences ludiques à l’occasion d’une visite éphémère à Viole nce lan d? Qua nt au rôl e des enseignants qui vont être sollicités (ou sommés), il nous vient des images allégoriques toutes pacifiques et naïves de poteries…. Quand on sait que l’objet prioritaire de la Coordination française de la décennie est de faire inscrire dans la loi d’orientation pour l’avenir de l’école un « programme pour l’éducation à la nonviolence et à la paix à l’école », quand on voit convoquer le ban et l’arrière ban des institutions et des associations, impliquer l’enseignement public en démarchant ses écoles par autorité hiérarchique interposée, bref, quand on voit imposer l’union sacrée pour promouvoir à milliers d’euros de fonds publics, lancée comme une semaine commerciale, une culture de « la nonviolence », terme connoté, qui renvoie à une idéologie spiritualiste, celle de l’alternative non-violente, la même qui portait aux élections législatives de 1978 un contre-projet au programme commun de la gauche , on peut se demander si ce n’ es t pa s là un ma gn if iq ue ca s d’entrisme dans l’école de la République laïque, une et indivisible.


L’EVENEMENT

Le Journal

La libre pensée a écrit à l’inspecteur d’académie La Libre pensée de Rodez a réagi vigoureusement à la manifestation “Silence la violence” en adressant le courrier cidessous à l’Inspecteur d’Académie de l’Aveyron. Cette lettre a été adressée en copie aux membres du Comité départemental d’action laïque (CDAL).

Par ailleurs nous sommes étonnés que le fin connaisseur de l’école que vous êtes probablement fasse l’amalgame entre « violence » et « agressivité. » Les exemples de violence en école primaire pointés par le Collectif aveyronnais (racket de petites vignettes, insultes) peuvent-ils s’inscrire dans la typologie de la violence telle qu’indiquée dans un rapport de l’OMS en 2001 ? A-t-on fait un état des lieux ? Apprécié le contexte ? Recherché les causes ? Si réellement la violence dans les écoles publiques aveyronnaises est à ce point problématique, ne vous appartient-il pas d’établir un plan d’action ou d’alerter le ministère via le rectorat ?

___________________________________________________ Monsieur, Une campagne offensive en faveur de la non-violence, « Silence la violence », principalement axée vers les élèves des écoles primaires va se dérouler en Aveyron. Vous en êtes le vecteur pour l’école publique. Nous en sommes consternés.

Enfin , nous ne vous apprendrons rien en affirmant que l’école publique a les outils pour gérer l’agressivité, naturelle chez l’enfant. Les pédagogies coopératives - comme celles de l’OCCE dont vos prédécesseurs, et vous-même peut-être ? ont été présidents d ’ h o n n e u r dép art ementaux - donnent aux maîtres des outils pour opérer au quotidien sur le vivre ensemble en classe et dans l’école. Elles aident l’enfant et l’élève à construire lentement et patiemment son rapport à la loi, fondamental dans un Etat de droit pour devenir un citoyen actif et responsable ; ce qui est tout autre chose que la visite ponctuelle d ’ u n e exposition , a u demeura nt plutôt niaise.

En effet le Collectif aveyronnais pour la décennie, qui en est l’instigateur, regroupe six associations qui se revendiquent des valeurs chrétiennes ; les mêmes qui sont au fondement de la nonviolence théorisée en France par Lanza del Vasto . Il n’est que de lire son livre « Technique de la non-violence » pour s’en assurer. Favoriser de quelque manière que ce soit la diffusion de cette doctrine auprès des élèves de l’école publique n o u s apparaît comme un manquement à la laïcité et constituer un grave cas d’entrisme. La présence active d’une association laïque, la FOL 12, vous aurait-elle induit en erreur ? Sa participation a été décidée à l’insu de son conseil d’administration, lequel a manifesté depuis mécontentement, voyant l’instrumen-talisation.

Et pour ceux que ces pédagogies rebuteraient, ils peuvent toujours accéder au réseau mondial du Système des Ecoles associées à l’UNESCO, que celle-ci a créé en 1953 et qu’elle anime depuis, pour promouvoir les droits de l’Homme, l’éducation à la paix et la protection de l’environnement.

s o n c l a i r e m e n t

Le label UNESCO vous a peut-être paru une garantie suffisante ? Il faut savoir que « l’inventeur » de la décennie pour la paix en est Pierre Marchand, qui représentait à l’UNESCO le MIR (Mouvement International pour la Réconciliation , mouvement non-violent et inter-religieux) et que les Prix Nobel pour la paix qui ont été ses relais dans son lobbying auprès de l’ONU, militent à qui mieux mieux au Mouvement alternatif non-violent (MAN), au MIR, à L’Arche.

Lanza Del Vasto écrivait : « Il faut distinguer les maîtres de la nonviolence et les soldats ou serviteurs de la non-violence. » Nous ne nous hasarderons pas à dire qui est quoi, mais nous formons le souhait, et nous vous demandons instamment une vigilance accrue, pour que l’école publique de notre République laïque se tienne à distance des uns comme des autres ; c’est, par exemple, dans l’immédiat, surseoir à votre décision de relayer activement cette opération ambiguë. 3


L’EVENEMENT

Le Journal

Notre comuniqué de presse

Ecole et violence Le communiqué de presse cidessous a été envoyé à l’ensemble des journaux quotidiens et hebdomadaires de l’Aveyron.

rassemblant, sur fonds publics entre autres, le ban et l’arrière ban des élus politiques de tous bords, l’académie et le diocèse, les structures associatives confessionnelles et laïques.

construire lentement et patiemment chez l’enfant son rapport à la loi, un fondamental pour tout citoyen actif et responsable dans un Etat de droit et un gage pour un vivre ensemble pacifique .

Vu l’ampleur de la campagne qui se déroule actuellement, on peut se demander si les écoles primaires aveyronnaises, premières ciblées, sont à tel point ravagées par les violences, que les experts de la nonviolence ambitionnent de drainer massivement les écoliers du département vers une exposition intitulée « Silence la violence ».

Loin de nous l’idée d’occulter la violence dans notre société. Mais parler de violences pour qualifier le vol de vignettes, les insultes et autres disputes du quotidien aveyronnais des écoles publiques est pour le moins excessif. Parler d’agressivité serait plus approprié. Mais alors exit l’espoir de « Mieux contrôler la violence des petits » ? ; exit la culture de non-violence dans les écoles ?

Quand on voit l’Ecole publique ainsi démarchée, par autorité hiérarchique interposée, pour y imposer une culture de « la nonviolence », terme connoté qui renvoie à une idéologie spiritualiste, on peut se demander si cette opération-là n’est pas un magnifique cas d’entrisme de cette idéologie dans l’école publique de la République laïque, une et indivisible.

Sans regrets en ce qui nous concerne. Car l’école publique sait déjà (par la pédagogie coopérative notamment)

La Libre pensée de Rodez

On ne badine pas en Aveyron : violence à la violence et catharsis à Violenceland. Ce qui expliquerait l’union sacrée qui s’est faite au chef-lieu,

VIOLENCE OU AGRESSIVITE ?

La violence Etymologiquement violare c’est agir de force sur quelqu’un ou quelque chose, violentus est un abus de force L’OMS la définit ainsi dans un rapport en 2001: « La menace ou l’utilisation intentionnelle de la force physique ou du pouvoir contre soi-même, contre autrui ou contre un groupe ou une communauté qui entraîne ou risque fortement d’entraîner un traumatisme, un décès, des dommages psychologiques, un maldéveloppement ou des privations »

Trois critères de différenciation Selon Brigitte Martel , psychothérapeute: L’existence d’un sentiment de puissance (dans le cas de l’agressivité), d’impuissance et de toute puissance (dans le cas de la violence) Le comportement avec le cadre compris comme l’ensemble des lois et des règles ; la violence s’exprime hors du cadre ; l’agressivité reste dans le cadre

L’agressivité Vient du latin ad-gressere : aller vers, c’est à dire entrer en contact, aussi rude soit-il « Aller vers » et « agir de force » ne recouvrent pas la même réalité

La notion de contact : dans l’agressivité , il y a la conscience de l’existence et de la rencontre de l’autre ; dans la violence il y a rupture de la relation l’autre devenant l’objet à détruire. 4


DOSSIER

Le Journal

VENDEMIAIRE

BRUMAIRE

FRIMAIRE

NIVOSE

PLUVIOSE

VENTOSE

GERMINAL

FLOREAL

PRAIRIAL

MESSIDOR

THERMIDOR

FRUCTIDOR

Variations autour du

calendrier

A quoi peut bien servir un calendrier, sinon à informer le quidam sur le temps qui passe ? A le rassurer (il connaît hier, aujourd’hui, demain)…ou à l’effrayer (il sait « au jour le jour » qu’il vieillit et que la mort approche inexorablement). Il sert aussi à uniformiser et renforcer l’appartenance à un groupe, avec bien des difficultés, toutefois. On entend encore souvent dire : « C’était l’année où la grange du voisin a brûlé » plutôt que : « C’était en 1976 ». Un calendrier « naturel » existe :il est fait de la rotation de la Terre autour du Soleil. Il vaut ce qu’il vaut, c’est-à-dire pas grand chose. Les autres planètes du système solaire, les autres systèmes solaires, les autres galaxies ont des calendriers « naturels » différents. Mais bon, nous sommes sur la Terre…Le hic, c’est que nous sommes incapables de dire exactement quand tout a commencé ! A la réflexion, c’est heureux ! Vous voyez le (la) préposé(e) à l’état-civil inscrire sur son registre : SACUTTI Elvire, née en quinze milliard trois cent vint-sept millions, huit cent six mille, neuf cent douze après le Big-bang ! (et on vous fait grâce des mois et des jours). On pourrait aussi considérer que le calendrier est une invention humaine et, donc, le faire remonter au premier humain. Oui, mais…un temps, ce fut Lucy , puis Abel , puis Toumaï, puis Orrorin… A partir de qui devrait-on commencer à compter : un

Propliopithèque ? un Kéniapithèque ? un Ramapithèque ? un Oréopithèque ? un Australopithèque ? Bonjour les débats ! Depuis belle lurette, l’Homme a tenté d’élaborer des mesures du temps. De nombreux calendriers sont parvenus jusqu’à nos. Encore plus nombreux sont , sans doute, ceux qui ont disparu. Ceux que nous connaissons ont des constantes : ils sont égocentriques et nombrilistes. Le calendrier en usage en France aujourd’hui est basé sur un événement prétendument capital : la naissance de « Jésus, le fils de Dieu ». Les arrangements, non seulement avec la vérité, mais aussi avec la vraisemblance, furent multiples, mais papes, souverains… et républicains imposèrent cette mesure du temps, qui n’a pas plus de valeur que celle des Aztèques, des Mayas, des Chinois, des Musulmans ou des Bachi-Bouzouks d’Anatolie septentrionale !!! Alors puisque l’être humain a envie et besoin de repères, acceptons le principe du calendrier. Mais la logique voudrait que nous utilisions le calendrier correspondant à notre système politique. La France est une république (ses habitants l’acceptent à la quasi unanimité) qui a instauré la séparation des églises et de l’état et la laïcisation des institutions. Employons le calendrier républicain. Certes, il est lui aussi nombriliste. Certes, il est désuet dans sa glorification des valeurs rurales, mais est-ce plus incongru de célébrer des fruits ou des animaux que de fêter Odilon, Fiacre, Zita ou Pélagie ?, Et la référence aux valeurs républicaines vaut bien la référence religieuse. 5


DOSSIER

Le Journal

Calendrier républicain

I

l a été officiellement adopté par la Convention le 3 brumaire de l’an II (24 octobre 1793). La C onv ent ion a dé cré té ( art icl e premier) : « L’ère des Français compte de la fondation de la République, qui a eu lieu le 22 septembre 1792 de l’ère vulgaire, jour où le soleil est arrivé à l’équinoxe vrai d’automne, en entrant dans le signe de la balance à 9 heures, 18 minutes et 30 secondes du matin, pour l’observatoire de Paris. » « Le commencement de chaque année est fixé à minuit, commençant le jour où tombe l’équinoxe vrai d’automne, pour l’observatoire de Paris.» L’année compte 12 mois de 30 jours : Vendémiaire, brumaire et frimaire pour l’automne ; nivôse, pluviôse et ventôse pour l’hiver ; germinal, floréal et prairial pour le printemps ; messidor, thermidor et fructidor pour l’été. Chaque mois est divisé en 3 parties égales de 10 jours : la première décade, la deuxième décade et la troisième décade.

L’année est terminée par 5 jours spéciaux appelés d’abord les sans-culottides, puis jours complémentaires devenant des fêtes de la vertu, du génie, du travail, de l’opinion et des récompenses. La période de 4 ans est appelée la Franciade et la quatrième année est dite « sextile ». Le sixiè me jour intercalaire qui la termine est « le jour de la Révolution » au cours duquel ser ont orga nis és d e s j e u x républicains en mémoire de la révolution française. Le jour, de minuit à minuit, est divisé en 10 heure s. Chaqu e heure compte « 100 minutes dé ci ma le s ». Ch aq ue mi nu te co mp te « 10 0 secondes décimales ». (Cette division décimale du jo ur ne fut appliquée que pour quelques actes publics et rapidement abandonnée). Le calendrier républicain fut utilisé pendant environ 13 ans, jusqu’au 11 nivôse, an XIV (premier janvier 1806), puis quelques temps sous la Commune (en 1871).

de

La carte de la Libre pensée de Rodez

XVI ue C C An bliq u p é la R

Les jours des décades sont appelés : - primidi, duodi, tridi, quartidi, qui portent des noms de plantes - quintidi, qui porte le nom d’un animal - sextidi, septidi, octidi, nonidi, qui portent des noms de plantes *Le 1er vendémiaire de l’an CCXVI correspond - décadi qui porte le nom d’un au 23 septembre 2007, équinoxe d’automne. instrument agricole.

y Valm

En ce 1er Vendémiaire*, les Libres penseurs de Rodez vous souhaitent une bonne année CCXVI,

et l’énergie

nécessaire pour défendre les valeurs républicaines et la laïcité dans toutes les institutions de la République.

LECTURES Pour une approche scientifique de vont tout simplement di sp a la pensée scientifique dans notre la notion de temps : raître de l’image civilisation et s’inquiète de physique de base la poussée actuelle de « Qu’est-ce que le du monde, de la l’irrationalité. temps ? qu’est-ce mê me fa ço n que l’espace ? », de que la notion « Le temps existe-t-il ? », Carlo Rovelli, de « centre de d'Etienne Klein, Editions Le Bernard Gilson l’univers » a Pommier éditeur. disparu de l’image Le temps existe-t-il ? Par quoi « Une nouvelle image scientifiqu s'impose-t-il à nous? Comment du monde qui est en e d u se faît-il qu'il soit si difficile de train de se mettre en monde. » répondre à ces questions ? place dans la physique Au-delà D'abord qu'est-ce que le temps ? de base est celle d’un du sujet, Peut-on seulement le penser ? monde sans espace et l’auteur s’interroge sur le Serons-nous un jour capables de sans temps. L’espace et sens et la valeur de la voyager dans le temps ? l e t e m p s q u e n o u s u tilisons connaissance scientifique, du rôle de 6


Le Journal

DOSSIER / ACTUALITES

CALENDRIER UNIVERSEL Georges Charpak, Roland Omnès : "Soyez savants devenez prophètes" (éd. Odile Jacob). (Les dates données dans cette table ne se veulent qu’indicatives.) - 14 milliards d’années : naissance de l’Univers ;300000 ans plus tard : apparition des premiers atomes ; après encore 1 milliard d’années : les premières étoiles - 6 milliards : formation du Soleil - 4,6 milliards : formation de la planète Terre - 3,5 milliards : la vie est déjà présente sur la Terre - 65 millions : disparition des dinosaures - 9 à –7 millions : les premiers hominidés, ancêtres lointains du gorille, du chimpanzé et de l’homme (via la lignée de l’australpithèque, de l’Homo habilis, l’Homo ergaster et l’Homo sapiens) - 500000 : Homo ergaster maîtrise le feu - 150000 : Homo sapiens (conventionnellement le début de l’époque paléolithique) - 10000 : fin de la dernière période glaciaire. Début de l’époque néolithique. Première grande mutation de la société humaine - 3000 : début de l’écriture - 500 : la philosophie, la logique, les mathématiques et de nombreux autres domaines de la pensée se précisent + 1600 : débuts de la science expérimentale et de la seconde mutation de la société humaine

“CALENDRIER” Farré Le comédien Jean Paul Farré a écrit et joue en solo une pièce : « L'illusion chronique ». A la fois, brillante, drôle, érudite , c'est la chronique chatoyante d'un calendrier dont le point de départ, l'année 0, est celle de la naissance de Jean-Sébastien Bach mais aussi celle de la révocation de l'édit de Nantes. Les dates se télescopent, entrent en résonance et au final ce texte foisonnant apporte un éclairage inattendu sur le temps qui passe et la subjectivité des repères qui le jalonnent.

Rencontre avec la députée de la 2e circonscription de l’Aveyron

La Libre pensée reçue par Marie-Lou Marcel

Marie-Lou Marcel à son bureau a reçu de la Libre pensée de Rodez le livre “Livre noir des atteintes à la laïcité.”

L

a Libre pensée de Rodez a été reçue à sa demande le lundi 3 septembre 2007 par MarieLou Marce l, député e PS de la de ux iè me ci rc on sc ri pt io n d e l’Aveyron. Dès son élection, Mme Marcel avait publié un texte sur la laïcité qui avait attiré l’attention de notre association. Il nous est donc apparu utile de rencontrer la parlementaire afin de faire un tour d’horizon de l’état de la laï cit é dan s le dép art eme nt de l’Aveyron. Une délégation de la Libre pensée a donc été reçue par Mme Marcel. A cette occasion, notre association lui a remis le “Livre noir des atteintes de la laïcité.” Cet ouvrage, dont la synthèse a été présentée le 9 décembre 2006 à la Bourse du Travail à Paris lors des Etats généraux de défense de la laïcité, est constitué du travail de tous les groupes et fédérations départementales de la Libre pensée.

Notre association y a naturellement pris part. Nous avons également remis à Mme Marcel un dossier présentant notre association et les derniers exemplaires de notre “Journal” trimestriel. Ainsi qu’une fiche explicative présentant l’association nationale des élus locaux “Les amis de la Libre pensée.” Nous avons fait part à la députée de notre inquiétude sur les atteintes à la laïcité en France et en Aveyron ; mais également sur la loi du 13 août 2004 qui oblige les communes à payer pour les élèves de leur territoire qui fréq uent erai ent un étab liss emen t privé d’une commune voisine. Nous avons également évoqué le rapport Machelon de “toilettage” de la loi de 1905. La Libre pensée de Rodez se félicite de cette entrevue et de l’écoute qu’elle a reçue de la part de Marie-Lou Marcel.

Retrouvez le site internet de la fédération nationale de la libre pensée : http://librepenseefrance.ouvaton.org Et le site de la Libre pensée de Rodez http://librepensee12.free.fr 7


Le Journal

ACTUALITES

En bref Rencontre régionale à Puycelci

Les contes de... Guaino

Le 1er septembre dernier,,des délégations de Libres penseurs de dix départements du Grand Sud se sont retrouvées à Puycelci, dans le Tarn. Cette rencontre s’est déroulée à l’initiative de Christian Déméautis, président de la LP81, en présence de Joachim Salamero, président d’honneur de la fédération nationale de la Libre pensée, et de Marc Blondel, nouveau président de la fédération nationale depuis le conogrès de Clermont-Ferrand de juillet 2007.

Il y a un mois, les médias ne bruissaient que de la « lettre aux éducateurs » arrivée le 4 septembre, à Blois. Le SGEN CFDT en retiendrait une pure opération de communication ; la FCPE s’inquièterait, s’ interrogerait mais y trouverait de nombreux principes auxquels elle est attachée ; l’Unsa Education y verrait des contradictions et parlerait de déconnection ; la FSU saluerait un texte brillant et le Snalc CSEN saliverait : « chiche ! » Plus souvent dubitatif que convaincu, chacun y est allé de son appréciation, plus ou moins laborieuse, souvent entre consternation et affliction et beaucoup sont restés de bois, se réservant pour des lendemains saumâtres. Les flamboyances, les envolées historiques et lyriques, les tirades sur la nation , l’identité, l’œil mouillé à l’évocation des mânes de Blum, de Jaurès ou de Guy Mocquet, toutes répétitions constitutives du conte, font une belle histoire. Mais face aux suppressions de postes, à la sélection, aux menaces sur le collège unique, elles finiront bien par lasser le citoyen comme la sempiternelle histoire que s’obligent à raconter maints parents, avant le coucher des enfants. Car nous en sommes là et cela porte un nom, c’est le storytelling. Il nous vient des Etats –Unis. Les conservateurs, les premiers, l’ont emprunté au marketing dans les années 80 . Ronald Reagan y excellait, Debeulyou itou, la plume du président de même . En gros cela consiste à communiquer sur une histoire plutôt que sur les produits pour charmer le client et le conduire à consommer. Stephen Denning expert en storytelling management a beau se référer à Roland Bartes. (Cocorico !) il y a fort à parier que les libres penseurs et beaucoup d’autres avec eux ne vont pas confondre le citoyen actif et responsable avec le consommateur captif et béat. Reste à savoir si la politique ne serait pas entrée subrepticement dans la sphère du marché, libre et non faussé , comme il se doit.

Joachim Salamero, Christian Déméautis, Marc Blondel.

Zut au scandale ! Sans surprise, on a pu voir réapparaître dans le Nouvel Observateur du 6 septembre, un classique marronnier : le scandale de l’illettrisme, imputé à l’école évidemment. En dix articles, le dossier enchaîne calamité sur calamité jusqu’à vouloir réveiller bon papa Jules Ferry avant de conseiller platement aux parents de reprendre le « Bled » et « Léo et Léa », petits cousins du Riri et Lili de mon enfance. Au passage on tord le cou à la dyslexie - ce qui sauve la note, s’il fallait en donner une - et on mélange illettrisme et échec scolaire. Voilà trente ans que le terme « illettrisme » a été inventé par ATD Quart Monde pour qualifier « le faible niveau de départ », les « insuffisantes connaissances des mécanismes de lecture » du sous-prolétariat. L’illettrisme devient le comble de la pauvreté pour ces bénévoles, hautement lettrés pour la plupart . En 1983 l’Etat prend le relais et crée, un an plus tard, le GPLI (groupe permanent de lutte contre l’illettrisme). L’illettrisme est devenu une affaire d’Etat… puis une auberge espagnole ou l’on trouve de tout : pédagogues en lutte contre l’échec scolaire, psychologues, orthophonistes, alphabétisateurs, formateurs d’entreprises, travailleurs sociaux, associations caritatives. tous labellisés « lutte contre l’illettrisme ». Vaste entreprise. Et si l’on redonnait à l’enseignement de la langue les heures que les réformes, réformettes et réformillettes lui ont ôtées au fil du temps ? Un petit coup de frein à la transversalité de son apprentissage, dilué dans les différentes matières? A méditer : « Une fois qu’un problème social a été suffisamment durci par plusieurs années de discours publics, d’enquêtes statistiques, d’actes d’institutionnalisation et d’officialisation de toutes sortes, une fois qu’il a été intégré par l’Etat sous la forme d’un organisme ou d’un groupe permanent , une fois qu’on y a définitivement associé des souffrances humaines et que plus personne n’ose s’interroger sur son degré de réalité ou sur la nature de cette réalité, il devient particulièrement difficile de produire le moindre doute à son sujet et un travail de reconstruction historique du problème peut même être perçu comme une véritable provocation morale et politique » Bernard Lahire – conférence « L’illettrisme ou le monde social à l’aune de la culture » (2000) sur le site sociotoile. On peut aussi réfléchir profitablement avec : « L’invention de l’ illettrisme. Rhétoriques publiques éthiques et stigmates » du même auteur Ed La Découverte 1999 puis parcourir Bentolila

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Le Journal n°4  

Trismestriel de la Libre pensée de l'Aveyron

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