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Le Journal e

N°12 - Vendémiaire, Brumaire, Frimaire CCXVII - 4 trimestre 2009

Trimestriel de la Libre pensée de Rodez

L'événement

Sommaire

La burqa vient en débat au congrès national

L'événement

La burqa vient en débat au congrès national pages 1 à 3 Dossier

Liberté/Sécurité pages 4 et 5 Analyse

Quand les élus ont la fibre maternelle page 6 Libres propos

Une "journée particulière" ? Non, non, très ordinaire page 7 Actualités

Cathédrale : restaurons jusqu'au bout page 8

Entraygues : je n'en "croix" pas mes yeux page 8

“Le Journal de la Libre pensée de Rodez” est un trimestriel d’actualités et d’informations édité par la «Libre pensée de l'Aveyron», association loi 1901 déclarée en préfecture de Rodez sous le n°0122006660, publiée au Journal officiel sous le n°20040038 Directeur de la publication : Solange Rioux Siège social : 31, rue des Moutiers 12000 Rodez Mél. librepenseerodez@free.fr Site :librepensee12.free.fr Imprimé par les soins de l’association numéro ISSN : 1952-8175 Prix : 1,50€. Abonnement annuel : 6€ Nombre d’exemplaires :100

A

u delà de sa question à l’étude portant sur les obsèques civiles et le testament libre penseur, marqueurs de la Libre Pensée, le congrès national, qui s’est tenu à Peisey-Nancroix du 24 au 26 août 2009, ne pouvait faire l’impasse sur l’actualité, notamment le problème soulevé par le port de la burqa dans la rue ; surtout quand il fait l’objet du questionnement de nombre de libres penseurs. Sur ce problème se penche actuellement une mission parlementaire qui a auditionné le 16 septembre Marc Blondel, président de la Fédération nationale de la Libre pensée. A la suite de notre congrès national, il

ressort de nos débats, et sans préjuger des conclusions de la mission précédemment citée : - que les vêtements religieux, burqa mais aussi soutane, caftan, voiles… sont des tenues imposées pour uniformiser la vie de ceux qui les portent. Ils sont un conditionnement ; - que le problème posé par le port de ces vêtements dans la rue ne relève pas de la laïcité, qui est un principe politique d’organisation des institutions. La motion 11, qui reprend ces points et développe plus amplement au niveau des principes, exemples à l’appui, a été adoptée à l’unanimité. Suite en page 2

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Le Journal

L'EVENEMENT

Les motions du congrès 2009

MOTION 11 - À propos des vêtements religieux dans la vie privée À l’occasion de son congrès national réuni en Savoie du 24 au 26 août 2009, la Fédération nationale de la Libre Pensée tient à rappeler ses positions de principe quant à la laïcité institutionnelle, et au respect des libertés démocratiques fondamentales qui garantissent le respect de la vie privée des citoyennes et citoyens de ce pays. Une campagne médiatique d’importance a débuté à la fin du mois de juin, à partir de l’initiative d’un député du PCF, rejoint par une majorité de députés de droite, pour stigmatiser le port de la burqa et du niqab en dehors de l’École publique, de l’Administration et des autres services publics. Cette démarche a été entendue et amplifiée par le Président de la République dans son discours devant le Congrès à Versailles. Rappelons que Nicolas Sarkozy ne nous avait pas habitués à se parer des vertus de la défense de la laïcité. Bien au contraire, puisqu’il insiste depuis des années sur la « nécessaire place » des religions dans la société et la vie publique. Une mission d’information parlementaire devrait remettre un rapport sur cette question. Qu’est-ce que la laïcité ?

La laïcité n’est pas une philosophie ni un art de vivre, c’est un mode d ’ o rg a n i s a t i o n p o l i t i q u e d e s institutions. Elle vise, par la séparation des Églises et de l’État (loi de 1905), à distinguer institutionnellement le domaine de l’Administration et des services publics du domaine privé de la vie des citoyens. La laïcité, comme principe politique d’organisation, s’applique aux institutions et non aux individus. C’est cette claire distinction, mise en œuvre par la loi sur la liberté d’association du 1er juillet 1901, et par la Loi du 9 décembre 1905 qui garantit la noningérence des conceptions métaphysiques dans le domaine public pour mieux garantir la liberté d’opinion et de comportement dans le domaine privé. Dans cette acception, il est logiquement républicain et laïque d’interdire tout signe d’appartenance religieux à l’École publique et pour les agents du service public. C’est ce qu’ont fait la loi Goblet de 1886, la Loi de 1905 et les circulaires Jean Zay de 1936 et 1937. En revanche, la loi n’a pas à dicter les modes vestimentaires dans le domaine privé, ou tout autre

comportement, tant que ceux-ci ne sont pas une menace pour la vie d’autrui. On ne combat pas un totalitarisme en le remplaçant par un autre Il est indéniable que le port imposé de la burqa ou du niqab est un symbole de l'oppression. Mais en quoi le port de la soutane pour les prêtres, de la robe de bure pour les moines, de la robe et de la cornette pour les religieuses, du schtreimel, du spodik ou du caftan pour certains juifs est-il moins oppressif que le port de la burqa pour certaines musulmanes ? Rappelons que ce sont toujours les dictatures qui ont voulu imposer un mode de vie et des modes vestimentaires. En 1872, le tsar Alexandre II a interdit, en Pologne, alors sous occupation russe, le port des papillotes et des longs manteaux (costume traditionnel) pour les juifs. Le Code civil de Napoléon Ier interdisait le port du pantalon pour les femmes. De 1967 à 1974, la Grèce des colonels a interdit les cheveux longs et la minijupe. L’Histoire regorge de ces tentatives totalitaires de vouloir régenter la vie des gens. Suite en page 3

Retrouvez toutes les motions sur notre site internet : http://librepensee12.free.fr 2


Le Journal « Lorsque le fanatisme est mis au service d’une cause ignoble, on peut le regretter, on doit le combattre, mais on peut le comprendre – intellectuellement –, car on est dans un système cohérent où les causes et les effets, les objectifs et les moyens, correspondent comme dans un puzzle parfaitement ajusté. Mais lorsque le fanatisme est mis au service d’une cause, la plus noble soit-elle, il dégrade et disqualifie ipso facto cette cause dont il prétend servir la promotion. Pourquoi ? Parce que l’être humain est un être complexe, capable de massacrer ses contemporains au nom de l’amour, de les enchaîner au nom de la liberté, de les rendre fous au nom de la raison et, en somme, de faire régner la terreur au nom de la vertu » (Alain Graesel, ancien Grand Maître de la Grande Loge de France). La burqa, la soutane, le caftan, sont des tenues imposées pour uniformiser la vie de ceux qui les portent, et « tout uniforme est une livrée » (Ferdinand Buisson). Pourquoi, dès lors, distinguer entre les oppressions vestimentaires ? Pourquoi interdire l’une et autoriser les autres ?

L'EVENEMENT Défendre les libertés démocratiques « La liberté, c’est toujours défendre la liberté de celui qui pense autrement » (Rosa Luxembourg). On va commencer par interdire tel vêtement, et demain où cela s’arrêtera-t-il ? Il fut une époque où il était interdit de s’embrasser dans la rue. Va-t-on nous faire tous marcher au pas de l’oie ? Nous sommes dans une société qui ferait apparaître le régime de Big Brother dans « 1984 » d’Orwell pour un jardin d’enfants. Nous sommes fichés, surveillés, contrôlés, inspectés, fouillés en permanence. Par les systèmes informatiques, les possesseurs de la puissance électronique et du pouvoir politique peuvent tout savoir sur nous. Il y avait, sans doute, moins de risque, pour la confidentialité de ses opinions, à écouter Radio-Londres en 1942 qu’à surfer aujourd’hui sur Internet. Et l’on va nous dire ce qui est autorisé ou pas comme vêtements ? Insidieusement, par cette campagne médiatique, certains forgent un ordre moral qui n’ose pas dire son nom. On entre de plain-pied dans le politiquement correct et la pensée unique. On cherche à formater la

société. Après le délit de sale gueule, va-t-on avoir le délit de sale vêtement? C’est une conception néo-totalitaire. Rappelons qu’en 1905 ce type de débat a déjà eu lieu : fallait-il une Loi de Séparation des Églises et de l’État, ou une loi de destruction des religions ? Le débat politique était clairement posé : État laïque ou État athée ? La Libre Pensée s’est retrouvée très majoritairement, avec Jean Jaurès, dans la proposition d’Aristide Briand pour une séparation : « Une loi n’a jamais pu, heureusement, réussir à réduire, ni les individus, ni les groupements d’individus, encore moins leur pensée, à l’impuissance. Une telle loi qui se proposerait un tel but ne pourrait être qu’une loi de persécution et de tyrannie. » Fidèle à cette tradition démocratique, la Fédération nationale de la Libre Pensée examinera les conclusions de la mission parlementaire d’information et, à partir des principes ci-dessus énoncés, formulera alors ses conclusions publiquement. Adopté à l’unanimité

MOTION 10 - Pour l’égalité des droits Il n’en reste pas moins que le port imposé de la burqa ou du niqab est un symbole de l’opression de la femme, (et nous ajouterons un abolissement de l’identité personnelle, une réclusion). Au nom de la défense des principes des Droits de l’Homme et du citoyen, les congressistes ont adopté à l’unanimité la motion 10, (lire ci-après), qui condamne toute forme d’oppression, y compris par le conditionnement vestimentaire, en vertu de « l’égalité des droits.» Fidèle à sa tradition la Fédération Nationale de la Libre Pensée se prononce résolument pour la pleine égalité des droits des femmes et des hommes. Elle refuse toutes les oppressions religieuses, sociales, économiques, politiques et culturelles. La Libre Pensée considère toutes les discriminations, quelque dénomination qu’elles portent,

comme profondément contraires à la démocratie, à la République et à la laïcité. La discrimination est, par essence, contraire à l’égalité et par s u i t e à l’émancipation humaine. Au nom de la défense des principes des Droits de l'Homme et du Citoyen (qui sont ceux de tous les hommes, quelles que soient leur sexe, leur couleur de peau ou leurs origines ethniques), elle condamne toute forme d'oppression par les dogmes, les traditions religieuses et les superstitions, d’asservissement politique, de discrimination sociale ou de 3

conditionnement vestimentaire. Elle insiste, de nouveau, sur l'indispensable effort d'éducation que la République doit mettre en œuvre, à l'Ecole publique en particulier, pour une société républicaine, fraternelle et l a ï q u e , débarrassée de préjugés, base m ê m e d e l'harmonie entre des citoyens égaux. Seule, la pleine, complète et véritable égalité des droits entre tous, peut conduire à une réelle émancipation humaine. Adoptée à l’unanimité.


Le Journal

DOSSIER

A

u XVIIIe siècle, dans la philosophie des Lumières, la protection des citoyens contre les accidents et les calamités (catastrophes naturelles, épidémies...) est une des fonctions de l'État. La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, qui est annexé à la constitution française l’affirme : "Art. 3 - Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne." Aujourd’hui, fiches et fichiers se sont multipliés en France. Le nombre de fichiers de police a augmenté de 70% en trois ans (cf. La Documentation française). D’une quarantaine ils sont passés à 58 ; tous n’ont pas une base légale comme, par exemple, le fichier d’identification des taggeurs ou celui des modes opératoires des cambrioleurs (cf. rapport parlementaire Bénisti-Batho). Les contrôles et la surveillance qui se sont développés dans le même temps, avec les technologies les plus pointues, sont perçus comme étant liberticides et ils le sont effectivement lorsqu’ils entament abusivement la vie privée du citoyen. Le couple Sûreté/Liberté est conflictuel et leurs enfants Sécurité et Surveillance sont sources de contraintes nombreuses. Leur croissance peut être porteuse d’un avenir kafkaïen.

Qu'est-ce que la sûreté ?

Qu'est-ce que la sécurité ?

Pour chaque citoyen c’est avant tout une garantie et une protection : - garantie contre les arrestations et peines arbitraires. - garantie de la liberté individuelle qui consiste dans la protection accordée par la société à chacun de ses membres pour la conservation de sa personne, de ses droits et de sa propriété Ojectifs liés :sécurité, salubrité, bon ordre.

C’est une situation , un état. Situation de celui ou de ce qui est à l’abri des risques (s’agissant de risques concrets : agressions, accidents, atteintes matérielles…). Etat qui peut concerner une personne (sécurité individuelle), un groupe (sécurité publique), un bien. La sécurité comprend : - la prévention de tels risques, - les mesures et moyens de protection tendant à prévenir la réalisation de ces risques, - l’ensemble de précautions incombant à certaines personnes envers d’autres, - la compensation des risques réalisés

La sûreté désigne par extension dans diverses expressions, la protection dont l’Etat se couvre (sûreté de l’Etat), celle qu’il organise (sûreté publique) ou même, naguère, l’organe chargé d’une telle protection (sûreté nationale). 4


DOSSIER

Le Journal

A savoir

Le cas de la sécurité civile

La loi du 3 août 2009

L'expression sécurité civile désigne l'ensemble des moyens mis en œuvre par un Etat pour protéger ses citoyens, en temps de guerre comme en temps de paix.

La loi finalise le rapprochement police/gendarmerie entamé en 2002 par l’intégration, au Ministère de l’Intérieur de la Gendarmerie Nationale (force armée instituée pour veiller à la sûreté et à la sécurité publique). Les commandants de groupements départementaux et ceux des unités qui leur sont subordonnées doivent être « placés sous l’autorité des préfets », au même titre que les directeurs départementaux de la Sécurité publique de la police.

Sa définition : L'article 1 de la loi n°2004-811 du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile définit que "la sécurité civile a pour objet la prévention des risques de toute nature, l'information et l'alerte des populations ainsi que la protection des personnes, des biens et de l'environnement par la préparation et la mise en œuvre de mesures et de moyens appropriés relevant de l'Etat, des collectivités territoriales et les personnes publiques ou privées."

Les acteurs de la sécurité civile

La protection civile désigne en France à la fois cette mission de secours et une association de secouristes : la fédération nationale de Protection Civile. Les médias font souvent l’amalgame entre les deux un peu comme pour les soins palliatifs qui sont à la fois partie intégrante d’une loi et association de bénévoles accompagnants en Soins Palliatifs. La notion de sécurité civile a pris une ampleur particulièrement importante dans la deuxième moitié du XXe siècle, avec la guerre froide, les risques industriels, les risques liés aux transports Au risque naturel et au risque lié à la guerre s'ajoute le risque lié à l'activité humaine «normale». Au XXIe siècle les risques terroristes s’y superposent. La surveillance prend de l’ampleur.

Ils sont définis de manière restrictive par la loi, comme étant : ·les sapeurs-pompiers professionnels (38700) et volontaires (200000), ·les secouristes bénévoles, ·les moyens aériens (hélicoptères de la sécurité civile, avions bombardiers d’eau), ·les formations civiles et militaires (comme les UIISC), ·les démineurs, ·les services publics (dont la police, l'armée, les établissements de santé...), ·des moyens privés (industries pétrolières, aéroports...).

L'insécurité Avec l’expansion des risques, est apparue en miroir la notion d’insécurité dont toute campagne électorale se fait désormais l’écho. C’est la surenchère dans l’offre de surveillance, c’est à qui surveillera plus que l’autre. Que penser de la proposition Sarkozy de créer un délit «d’appartenance à un groupe» alors qu’existe déjà celui d’association de malfaiteurs ? sinon la volonté de considérer chaque citoyen comme coupable à priori, en somme poser un déli préventif avant l’ultime étape lui poser sous la peau une puce de surveillance ! Ce qui est plutôt paradoxal quand dans le même temps on vit le libéralisme économique tous azimut du « laissez-faire, laissezpasser ». On peut se poser la question si à chaque proposition nouvelle correspond un impératif de sécurité incontestable.

*RFID, Radio-Frequency identification, ou puce électronique, ou étiquette intelligente, ou Smart Tag, au choix. Quel que soit le choix, c’est unique, lisible à distance, à travers un emballage, une écorce, de la neige, la peau. Vache folle oblige, les animaux sont « étiquetés » depuis 1980, date à laquelle le secteur privé s’empare de cette technologie militaire, la commercialise pour l’identification du bétail. En vertu d’une traçabilité devenue incontournable pour les meilleures raisons : celles de risques sanitaires et les moins bonnes : celles du mouchardage , notre propre identification est-elle pour demain ? De plus en plus miniaturisées, ces puces peuvent se glisser partout : tissu des vêtements, papier des passeport, billets de banque. Les experts les nomment « puces en poudre » Smart Dust, indécelables. On peut en saupoudrer le sol pour surveiller les allées et venues. Nos pensées ne sont pas encore saupoudrées.

Pour conclure, et en référence à l’article 3 de la Déclaration de 1789 : Qu’est ce qu’une garantie qui entrave ce qu’elle doit garantir : la liberté individuelle, notamment dans sa déclinaison vie privée ? 5


ANALYSE

Le Journal

Quand les

élus maternelle

L

uc Chatel veut donner un « nouvel élan » à la maternelle, titre Le Monde du 31 aout 2009. Monsieur le Ministre de l'Education nationale veut donner un « nouvel élan » à la maternelle. Un élan, comme quoi ? Celui d'une fusée au décollage, au moins. Vers quoi ? Les hauteurs, l'excellence ; n'en doutons pas. Et comment va-t-il s'y prendre ? C'est qu'on a tout à craindre quand on sait qu'il se place dans la continuité de son prédécesseur, lequel « a soigné » la maternelle à coups de jardins d'éveil, fermetures à tout va et autres bricolages de garde éloignant de l'école les plus petits.

ont la fibre

Mais d'évaluations en évaluations, peutêtre pourrait-on évaluer les aptitudes de l'évaluateur en chef, le ministre lui-même. C'est même par là qu'on devrait commencer. Pour un élan extraordinaire, des décollages fulgurants, des mises en orbites prodigieuses (au service de quoi, au fait ?) et pas seulement des élèves , de leurs maîtres aussi, nous évalurions : insuffisant, à compléter ; peut mieux faire.

à 100%, le maire ! L'enseignant étant nommé si l'effectif le justifie et si un local est mis à disposition. Mais le « presque », dissimulé derrière le maire, c'est le ministre, issu du parti de ces députés, qui a confirmé la suppression de 13500 postes d'enseignants en 2009 et de 16000 en 2010. Devinez qui sera touché en premier ? Ces braves petits de maternelle.

A chaque proposition de loi, on a un article Quinze jours plus tard, deux députés, unique, en forme d'ouroboros* ; sont-ce naturellement pleins d'élan, font, chacun, bien des propositions de lois ? Ne seraientpour la maternelle, une proposition de loi. ce pas des gadgets, du genre doudou pour petits? D'autres diraient des amuseLe premier Jean- couillons. Examinons: 1. Au-delà de la raillerie, M a r c N e s m e Quoique… avec deux ouroboros bien Formation spécifique facile exutoire, on peut rappelle l'article L. qualibrés, et pleins d'élan surtout, plus des enseignants (laquelle être pris de vertige 321-2 du code de quelques objets de récupération et quelques avait quasiment disparue l ' é d u c a t i o n q u i bidouillages, on peut obtenir un objet devant l'inconsistance stipule, entre autre, roulant. De là à ce qu'il décolle , il faudra lui depuis des décénies), de ces mesures ou que la mission de donner plus que de l'élan ! Mais cela peut plus 100 nouveaux postes d'inspecteurs l'école maternelle faire, pour un jardin d'éveil, dans le genre propositions. responsables de pôles est d'apprendre aux ornement, type nain de jardin. départementaux « école élèves « les maternelle ». Seuls les néophytes, parents principes de la vie en société » ; il propose Au delà de la raillerie, facile exutoire, on et enseignants, applaudiront. Les autres de rajouter « ainsi que les relations peut être pris de vertige devant savent que ces mesures avaient déjà cours il humaines ». La vie en société, jusqu'au 15 l'inconsistance de ces mesures ou y a quarante ans et que formation et septembre 2009, n'incluait-elle pas les propositions qui tiennent plus du ravaudage inspectrices des maternelles ont été relations humaines ? que d'un projet politique issu d'un débat sacrifiées sur l'autel Economie. Passerait- La seconde, Marie-Jo Zimmermann ouvert qui dirait les finalités de l'école. Si elle en second à présent ? Quoiqu'il en soit propose d'insérer un alinéa à l'article nous n'avons que les élus que nous nous c'est une remise au niveau des années 60, L.11361, même code de l'éducation, donnons, nos enfants et petits enfants, à pas encore l'élan. précisant les pouvoirs des maires pour la coup sûr, sont en droit d'attendre mieux. scolarisation en maternelle des enfants âgés Mieux qu'un rempotage en jardin, mieux Continuons. 2. L'évaluation des acquis des de moins de trois ans. Ces enfants seront qu'un horizon de jeux anesthésiants et la élèves. Nous revoilà avec les livrets admis dans la limite des places disponibles surveillance généralisée avec promesse du d'évaluation, vieux de vingt ans au moins. Il SI - et c'est la nouveauté - « le maire estime bâton que l'on sert aujourd'hui à leurs est à craindre, de plus en plus, que ce soit que les conditions d'un accueil de qualité parents. seulement une idée d'élan, un fantasme adapté à cet âge sont effectivement d'élan, même pas un rêve flamboyant, à la remplies. » Et qui est en charge des *ouroboros : serpent ou dragon qui se mord Luther King conditions d'un accueil de qualité ? Presque la queue 6


Le Journal

LIBRES PROPOS

Une "journée particulière" ? Non, non, très ordinaire

L

isant mon journal en ce matin d'août, j'ai pensé un moment à une erreur de portage. Explications. Cahier un : Grand sud. Lourdes : le trésor volé sous les yeux du pape demeure introuvable (estimation du plateau volé 30 000 euros) (+ photo). Ce vol apparaîtrait comme le vol d'une relique sacrée : ce plateau a été touché par les benoîtes mains papales. Déjà, une nappe richement brodée avait subi le même sort lors du passage de Jipitou. Les voleurs dieu les bénit ? - courent toujours. Département : Aveyron actu. 60 missionnaires aveyronnais prêchent à l'étranger ; ils exportent cette foi qui les portent. (+ photo) Pays ruthénois : Marcillac. La grand messe d'au revoir du père Barrié (+ photo). Le maire dit son regret de le voir partir. Villefranche de Rouergue. Des scouts sur les chemins de Saint-

Jacques. Magazine "Fémina" : rubrique enfant. Comment lui parler de religion ? C'est l'overdose de religieux sans la moindre piste de réflexion, même pas un aiguillage de secours vers l'esprit critique, pour l'aoûtien qui pourrait avoir le sien engourdi pour cause de farniente, de canicule et de rosé. Bref, pas la moindre tribune acidulée et roborative pour l'entendement, qui aurait pu rappeler au passage que : - Christ ayant prêché la pauvreté, que fait dans une église une assiette à 30 000 euros? Comparatif : un ouvrier licencié ramasse péniblement 12 000 euros après 30 ans de travail. - Exporter la foi souligne la pérennité du caractère de conquête des monothéismes, ici chrétien. Pourquoi ne pas demander aux exportateurs leur méthode de marketing ; opèrent-ils selon l'évangile de Luc "contrains-les d'entrer" ? Que pensent-ils de Bayle qui, lui, au XVIIe siècle, critiquait le précédent impératif de très belle manière.

- les propos publics d'un élu en matière d'apostolat devraient en l'occurrence rester privés, laïcité et devoir de réserve obligent. - le tourisme scout, c'est formater en distrayant ? Ou distraire en formatant ? - parler des religions sans dire qu'elles ne sont pas une obligation, c'est dire implicitement que chacun doit en avoir une. C'est régresser en douce de la liberté de conscience gagnée rudement, à la liberté de religion octroyée royalement jadis et tout aussi royalement reprise. Ce n'est pas parce que Hegel a comparé la lecture matinale du journal à la prière de l'homme moderne que les rédactions se doivent à toute force de verser l'encens à pleine louche. Les laïques n'ont sûrement pas besoin de cet enfumage supplémentaire, devenu hélas ordinaire. Quant à la laïcité, elle est doucettement asphyxiée, aussi sûrement que l'était la vie d'Antonietta dans le film de Ettore Scola, cité en titre.

Retrouvez le site internet de la fédération nationale de la libre pensée : www.fnlp.fr Et le site de la Libre pensée de Rodez http://librepensee12.free.fr 7


Le Journal

ACTUALITES

Cathédrale : restaurons jusqu'au bout Un des lecteurs du Journal de la libre pensée, G. T., nous a fait parvenir la photo ci-contre montrant la façade de la cathédrale de Rodez donnant sur la Place d'Armes. Sous la rosace, on peut observer que les pierres, sur toute la largeur, ont une couleur différente. Il s'agit en fait des traces laissées par une inscription qui fut effacée.

Napoléon Bonaparte étant président, le préfet Luchaire fit gratter l’inscription ». Cependant, en se positionnant au bas de la place d’Armes, on peut constater que la dixième rangée de pierres, sous la rosace, est plus claire que les autres et, si on scrute bien, on peut encore deviner les lettres de la devise républicaine.

Explication donnée dans le livre de Robert Taussat "Sept siècles autour La façade de la cathédrale étant de la cathédrale de Rodez" (pages a c t u e l l e m e n t e n c o u r s d e 307-308). restauration, la Libre pensée espère que l'inscription historique L’affaire débute pendant la retrouvera son lustre de la même révolution de 1848. Le préfet Jean façon que les autres parties de Galtier-Boissière, originaire de l'édifice, objet de tous les soins. Car Saint-Affrique, pour « donner des toute restauration doit servir la gages indiscutables de vertu mémoire collective et non pas figer républicaine, ne trouva rien de l'histoire à une certaine date, le mieux que de faire peindre sur la Moyen Age ici. façade de la cathédrale, en lettres noires d’un pied de hauteur, Par ailleurs, il serait plus immédiatement au-dessous de la q u ' o p p o r t u n q u e l a d e v i s e rosace de François d’Estaing, la républicaine s'inscrive sur d'autres devise des grands ancêtres : édifices publics de la ville : les L I B E R T E - E G A L I T E - frontons des écoles publiques FRATERNITE. » laïques. Mais « deux ans plus tard, Louis-

LIBERTE EGALITE FRATERNITE

A Entraygues : je n'en "croix" pas mes yeux Son nom est "république" et elle était sympa cette place avec ses platanes centenaires... Une croix était installée sur un de ses côtés,en bordure d'une rue peu passante,discrète,presque invisible. Et voilà que cette place a été rénovée,plus belle qu'avant SAUF un sinistre détail:ils ont déplacé cet objet de supplice pour le mettre en exergue !!! Désormais ,elle est là,inévitable,plantée au milieu de ce charmant escalier d'accès. Elle indispose mon regard de mécréante et je suis en colère. Je lance un appel aux "collectionneurs" de nains de jardins. Les croix,ça vous dirait?

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