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Rāmāyaṇa Vālmīki

illustré par les miniatures indiennes du XVIe au XIXe siècle Épopée védique fondatrice, chef-d’œuvre de la littérature indienne, le Rāmāyaṅa raconte la vie exemplaire du prince Rāma. Contraint par son père à l’exil, Rāma quitte sa ville natale d’Ayodhyā pour mener une vie d’ascète dans la forêt, accompagné de son épouse Sītā et de son frère Lakṣmaṇa. Lorsque Rāvaṇa, le roi des démons, enlève Sītā et l’emmène sur l’île de Laṅkā, une guerre sanglante éclate, opposant les troupes du redoutable Rāvaṇa et les armées d’ours et de singes, fidèles alliés de Rāma. Le prince sort vainqueur de cet effroyable combat et retrouve son royaume où il est accueilli avec ferveur. La profonde sagesse de Rāma, sa grandeur d’âme et sa force surnaturelle font de lui un héros légendaire vénéré non seulement en Inde, mais dans toute l’Asie du Sud-Est. Avatāra du dieu Viṣṇu, doué de toutes les qualités et pourvu des plus hautes vertus, il est l’incarnation du dharma, le protecteur du monde des vivants.

Cette édition rassemble pour la première fois l’intégralité de l’épopée du Rāmāyaṅa illustrée par sept cents miniatures indiennes. Dix ans de recherches dans le monde entier ont été nécessaires pour sélectionner les plus belles peintures inspirées de ce texte sacré : un voyage éblouissant au cœur de l’art indien, dans un monde onirique plein de couleurs, de délicatesse et de poésie.

Amina Taha Hussein-Okada, conservateur en chef au musée des Arts asiatiques Guimet, en charge des arts de l’Inde, accompagne chaque miniature d’un commentaire narratif, iconographique et symbolique. Elle offre ainsi un éclairage exceptionnel, didactique et esthétique, sur l’œuvre la plus illustrée de la culture indienne. DIANE DE SELLIERS Couverture :

À droite :

RĀMA, SĪTĀ ET LAKṢMAṆA DANS LEUR ERMITAGE DE PAÑCAVAṬĪ École moghole sub-impériale, vers 1595-1605. Gouache et or sur papier. Collection Howard Hodgkin, en prêt à l’Ashmolean Museum, Oxford.

RĀMA DÉFIE JĀMADAGNYA Rajasthan, Kishangarh, seconde moitié du XVIIIe siècle. Gouache et or sur papier. Collection privée.

« Qui donc est à présent en ce monde vertueux et vaillant, connaît le dharma et reconnaît les bienfaits, dit la vérité, est ferme dans ses observances, a une conduite pure et fait le bien de toutes les créatures, est à la fois savant et capable, paraît toujours d’humeur agréable, est maître de lui, a dominé sa colère, est resplendissant… Toi, grand ṛṣi, tu dois connaître un tel homme ! » (Chant I, chapitre I.)


Texte sacré et chef-d’œuvre de la littérature indienne Le Rāmāyaṅa est depuis toujours considéré comme un texte sacré, une œuvre majeure de la littérature indienne. La version la plus ancienne, attribuée à Vālmīki, est composée de sept chants et de vingt-quatre mille śloka ou distiques, soit quarante-huit mille vers. La légende veut que le dieu Brahmā invite l’ascète Vālmīki à écrire l’histoire de Rāma. Cette origine divine du texte renforce la dimension religieuse essentielle du Rāmāyaṅa, dans lequel les liens entre les hommes et les divinités sont constants. Issue de la littérature védique, cette œuvre contient tous les aspects du brahmanisme, à l’origine de l’hindouisme. Les personnages principaux de l’épopée, Rāma, Sītā et Lakṣmaṇa, incarnent les vertus les plus nobles, ils suivent le dharma, c’est-à-dire l’ensemble des lois et des qualités nécessaires au maintien de l’équilibre du monde. Traduite dans de nombreuses langues, leur histoire est chantée et vénérée dans toute l’Asie du Sud.

Une source d’inspiration inépuisable À la fin du XVIe siècle, l’empereur moghol Akbar, qui régna de 1556 à 1605, soucieux de favoriser les échanges entre hindous et musulmans, fait traduire les œuvres majeures de la littérature classique indienne du sanscrit en persan et demande aux peintres de l’atelier impérial de les illustrer. Le Rāmāyaṅa est interprété de façon éblouissante et inspire dès lors nombre de manuscrits ultérieurs. Durant près de trois cents ans, des milliers de miniatures indiennes sont créées dans les royaumes rajputs du Rajasthan, les collines du Punjab, les Sultanats du Deccan, ou encore à la cour moghole. Les plus belles sont reproduites dans cet ouvrage qui constitue un panorama sans précédent de la très riche tradition picturale de l’Inde.

Une iconographie éblouissante Dix années de recherches ont permis d’identifier près de cinq mille miniatures du Rāmāyaṅa, parmi lesquelles sept cents ont été sélectionnées en vertu de critères rigoureux et précis : style, beauté de la mise en page et de la composition, richesse et audace du chromatisme, mais aussi fidélité au texte du Rāmāyaṅa ou, au contraire, interprétation singulière des scènes. Cet éblouissant florilège est constitué d’œuvres majeures provenant des plus grands musées d’Inde, d’Europe, des États-Unis, du Qatar, de Singapour, d’Australie et du Canada, et aussi d’œuvres méconnues, conservées dans le secret de collections privées. Une campagne photographique

sans précédent a été menée en Inde et dans le monde pour dévoiler ces richesses de l’art indien. Sont ainsi présentées dans cette édition des pages de l’exceptionnel manuscrit moghol, le premier manuscrit illustrant le Rāmāyaṅa, commandité par l’empereur Akbar en 1588 ; il comprend cent soixante-seize miniatures dues aux plus grands artistes de la cour impériale et appartient au Maharaja Sawai Man Singh II Museum Trust de Jaipur.

Un éclairage unique sur la peinture indienne Six cents commentaires d’Amina Taha Hussein-Okada permettent à chacun d’affiner son regard sur les miniatures et offrent au lecteur une meilleure compréhension de la culture, de la religion, des traditions et des rites indiens. Sa remarquable introduction sur l’illustration du Rāmāyaṅa dans l’histoire de l’art indien présente les manuscrits les plus importants et les différentes écoles de peinture du XVIe au XIXe siècle.

Plus qu’une épopée La préface émouvante de B.N. Goswamy, professeur émérite en histoire de l’art à l’université du Punjab, à Chandigarh, grand spécialiste de l’école de peinture Pahari, dévoile la place fondamentale du Rāmāyaṅa dans la civilisation et la culture indiennes, et l’importance de son message respectueux du dharma. En évoquant sa propre relation au texte sacré, il nous montre qu’aujourd’hui encore le Rāmāyaṅa est un compagnon et un guide de chaque instant.

Une traduction de référence L’intégralité du texte de Vālmīki est reproduite dans la traduction publiée en 1999 sous la direction de Madeleine Biardeau et Marie-Claude Porcher à la « Bibliothèque de la Pléiade », qui présente le Rāmāyaṅa en prose plutôt qu’en vers. Le rythme de l’épopée, le raffinement de la langue et la richesse pleine de poésie du récit y sont merveilleusement rendus.

Une lecture approfondie Un appareil critique publié dans un livret à part vient compléter l’ensemble et permet d’approfondir la lecture. Le livret comprend des notes explicatives, un guide de prononciation du sanscrit, une présentation des chants, une chronologie situant l’émergence des grands rituels brahmaniques et la rédaction du Rāmāyaṅa, une généalogie des démons, un répertoire des principaux héros, démons, divinités et lieux, ainsi qu’un éclairage sur la religion et les rites hindous.

SEPT CENTS MINIATURES ACCOMPAGNENT L’ÉPOPÉE EMBLÉMATIQUE DE L’ INDE


CHAPITRE

CII

Rāma reçoit l’aide de Mātali. Reprise du duel Aiguillonné par les propos de Lakṣmaṇa, Rāg-

dieu aux mille yeux qui t’envoie ce char pour que tu triomphes. Voici le grand arc d’Indra et sa cuirasse étincelante comme le feu, et ses traits resplendissants comme le soleil, et sa lance éclatante, efficace. Monte sur ce char, valeureux prince, et sous ma conduite triomphe du rākṣasa Rāvaṇa comme le grand Indra a triomphé des Dānava.» Au sortir de l’arc de Rāghava, ces flèches à l’empennage À cette invitation, Rāma, dont la d’or, éclatantes comme le feu, devinrent de grands splendeur illumine les mondes, fit le tour du char en saluant le cocher et y rapaces d’or… prit place. Alors s’engagea un duel prodigieux, horrible, entre Rāma aux bras puissants et le rākṣasa Rāvaṇa. Rāghava, habile à Bhāskara ; debout sur son char, il riposta au dans le maniement des meilleures armes, brisa moyen de ses traits pareils à la foudre, comme d’un trait consacré aux gandharva le trait voué une nuée qui martèle une haute montagne de ses aux gandharva que lui envoyait le roi des rākṣasa, averses. De ses traits pareils à des brandons de feu d’un trait consacré aux dieux le trait voué aux avec leurs dorures, Rāma inondait Daśagrīva ; il dieux que décochait son ennemi. Mais le rôdeur était campé sur le sol, tandis que le rākṣasa le de nuit, seigneur des rākṣasa, furieux, lança un dominait du haut de son char, ce qui fit déclarer nouveau trait plus terrible que les autres, consaaux dieux, aux gandharva et aux kinnara que le cré aux rākṣasa. De l’arc de Rāvaṇa, des flèches combat n’était pas égal. Le meilleur des dieux, le ornées d’or fondirent sur Kākutstha, transformées majestueux Śakra, entendant la remarque des en serpents au venin redoutable. Ces projectiles, Immortels, convoqua Mātali 2 et lui dit : « Rejoins serpents à la tête embrasée, vomissant un feu vite avec mon char l’éminent Rāghava qui est à ardent de leur gueule béante, épouvantables, fonpied ; rends-toi sur terre et fais-le monter dans dirent sur Rāma : leur contact pareil à celui de mon char ; rends ce grand service aux dieux !» Vāsuki, leurs anneaux embrasés, leur redoutable À cet ordre du roi des dieux, Mātali, le divin venin envahirent les points cardinaux et les cocher, inclina la tête et répondit : « Je pars aussirégions intermédiaires. tôt, Indra des dieux, pour remplir ma fonction de Quand Rāma vit ces serpents se précipiter sur cocher, dès que j’aurai attelé mon excellent char lui au cœur de la mêlée, il fit apparaître un trait de mes coursiers bais.» consacré à Garuḍa, terrible, terrifiant. Au sortir de Le merveilleux char du roi des dieux était resl’arc de Rāghava, ces flèches à l’empennage d’or, plendissant : sa caisse était incrustée d’or, il était éclatantes comme le feu, devinrent de grands décoré de cent clochettes et étincelait autant que le rapaces d’or : ces ennemis des serpents contresoleil levant ; son timon était fait d’émeraudes, il attaquèrent et toutes les flèches-serpents si rapides était attelé de nobles coursiers bais harnachés d’or, furent brisées par celles de Rāma, ces flèches parés de plumets blancs, qui brillaient comme Garuḍa qui changent de forme à volonté. l’astre du jour et portaient des caparaçons d’or ; Furieux de la destruction de son trait un étendard à hampe d’or le surmontait. Obéismagique, Rāvaṇa, le seigneur des rākṣasa, inonda sant au roi des dieux, Mātali y monta et quitta le Rāma d’effroyables torrents de flèches. D’un millier ciel pour rejoindre Kākutstha. Debout sur son de dards il tourmenta Rāma aux exploits impérischar, brandissant son aiguillon, Mātali, le cocher sables, puis blessa Mātali d’un flot de ses traits. du dieu aux mille yeux, s’adressa à Rāma en joiRāvaṇa visa et brisa l’étendard d’une seule flèche, gnant les mains pour le saluer : « Noble Kākutsil fit tomber dans la caisse son gonfanon d’or puis tha, superbe destructeur de tes ennemis, c’est le hava, le valeureux destructeur des guerriers ennemis, saisit son arc et y fixa de terribles flèches qu’il décocha contre Rāvaṇa au cœur de la bataille. Alors le roi des rākṣasa, monté sur un autre char, courut sus à Kākutstha, comme Svarbhānu 1 le fait

1140 - CHANT VI

RĀMA REÇOIT L’AIDE DE MĀTALI École Pahari, Guler ou Kangra, vers 1800. Gouache et or sur papier. Collection privée.

Monté sur le char du dieu Indra que conduit le cocher Mātali, Rāma affronte Rāvaṇa, rivalisant avec son adversaire de flèches infaillibles et de traits incantés. Aux traits décochés par Rāvaṇa, aussitôt transformés en serpents venimeux dont les gueules béantes crachent sur Rāma venin et feu ardent, le prince réplique en déversant sur son adversaire autant de flèches magiques consacrées à Garuḍa, monture du dieu Viṣṇu et ennemi invétéré des serpents. Au sortir de l’arc de Rāma, elles se transforment en de grands rapaces d’or que le peintre Pahari, non sans une insolite poésie, a figuré sous la forme d’un bel oiseau au plumage vert, évoquant davantage un perroquet. D’autres scènes annexes, chronologiquement antérieures à l’épisode principal, sont également figurées à la périphérie de la composition – conformément au principe de la narration continue cher aux imagiers de l’Inde. Traitées en réduction, les deux premières scènes se situent dans les cieux, au sein de nuées épaisses dissimulant partiellement les personnages. Chevauchant sa monture, l’éléphant blanc Airāvata, le dieu Indra ordonne à son cocher Mātali, en présence des dieux assemblés, de se rendre sur terre avec son char divin afin que Rāma puisse y prendre place. Portant un casque et une cuirasse argentés, Mātali est d’abord figuré, mains jointes, devant Indra, puis conduisant à travers cieux le char resplendissant du roi des dieux. La scène suivante est dépeinte à l’extrémité gauche de la page et montre Mātali saluant Rāma – qu’accompagnent Lakṣmaṇa et Vibhīṣaṇa – et l’invitant à monter dans le char divin qui lui assurera la victoire.


Rāmāyaṇa Vālmīki

illustré par les miniatures indiennes du XVIe au XIXe siècle

HANUMĀN RAPPORTE DANS L’HIMĀLAYA LA MONTAGNE AUX HERBES MÉDICINALES ( détail) Par Zayn al-‘Abidin. École moghole sub-impériale, vers 1597-1605. Gouache et or sur papier. Freer Gallery of Art (don de Charles Lang Freer), Washington.

7 volumes sous coffret illustré 29 X 27 cm 1 livret d’accompagnement 1700 pages 700 miniatures

Traduction intégrale sous la direction de Madeleine Biardeau et Marie-Claude Porcher. Commentaires iconographiques et introduction d’Amina Taha Hussein-Okada, conservateur en chef au musée des Arts asiatiques Guimet, en charge des arts de l’Inde. Préface de B.N. Goswamy, professeur émérite en histoire de l’art à l’université du Punjab, à Chandigarh.

ÉDITIONS DIANE DE SELLIERS

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Ramayana de Valmiki illustré par les miniatures indiennes