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Décembre 2018 | N°19

DOSSIER p. 9 XXIÈME SIÈCLE, SYNONYME DE VIRAGE POLITIQUE À LA CORDE ? ÉTUDIANTS L I B É RAU X


SOMMAIRE ENSEIGNEMENT LYMEC

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SOCIÉTÉ ÉLECTIONS COMMUNALES

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FEL LOGO

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DOSSIER : XXIÈME SIÈCLE, SYNONYME DE VIRAGE POLITIQUE À LA CORDE ?

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 FEL DEVOIR DE MÉMOIRE

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ÉCONOMIE CRISE FINANCIÈRE

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Les Midterms : Quelles conséquences ?

INTERNATIONAL ÉLECTIONS

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À VOS RÉSEAUX

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LES ACTUCES DE CORENTIN ET DELPHINE

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CARICATURE

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FLASHBACK

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Un projet pour l'enseignement supérieur Comment expliquer la victoire des Verts ? Nouveau logo mais rassurez-vous, nos idées restent les mêmes !

Le musée d’Auschwitz en débat

La crise financière, 10 ans après

Je tweet, tu tweets, nous tweetons…

©/shutterstock

LIBERTINES N°19 | DÉCEMBRE 2018

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Nos « tips » pour une guindaille… Safe !

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Libertines | Décembre 2018


ÉDITO La fin d’année approche, le froid est là... La session d’examens bientôt, aussi. (AH, ben oui, il faut le dire, sorry !) La deuxième édition du Libertines aussi. Et quel numéro… Un numéro qui nous tient à cœur car sa sortie coïncide (à un jour près !) avec la journée mondiale de lutte contre le SIDA. Promouvoir la prévention donc, mais aussi l’information et la création d’avis, comme à notre habitude. À cet effet, plusieurs thèmes seront abordés. Les résultats de certaines formations politiques lors du 14 octobre seront analysés : du PTB au Vlaams Belang en passant par Ecolo. Les politiques européenne et américaine ne seront pas en reste. Même la question des midterms, dont les résultats sont tombés il y a peu, seront évoqués. On parlera aussi économie avec un feed-back sur la crise financière de 2008. On reviendra bien évidemment sur notre voyage à Cracovie, durant lequel nous avons visité Auschwitz-Birkenau. De cela, on rappellera l’importance de la mémoire, et de ne jamais oublier les atrocités commises à Auschwitz. Pour terminer, nous continuerons par notre section tuto, avec cette fois-ci, Twitter ! Last but not least, il vous sera expliqué comment guindailler de la meilleure des manières. ;-) Alors : prêt(e) ? Partez.

V¡ctor¡a

Rédactrice en chef

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| ENSEIGNEMENT LYMEC

Université européenne

UN PROJET POUR

L'ENSEIGNEMENT

SUPÉRIEUR L’enseignement supérieur en Europe sera organisé en réseau toujours plus coordonné, toujours plus digitalisé et toujours plus intégré. C’est du moins ce qui ressort des discussions menées lors du Fall Congress du LYMEC, qui s’est tenu ces 12 et 13 octobre à Vilnius. PAR JOHN DE COSTER

Pour en arriver à cette conclusion, il suffit de regarder le titre des résolutions 304 à 306 proposées (mais pas toutes présentées, faute de temps) par le réseau ELSN (European Liberal Student Network – dont la FEL fait partie) au dernier sommet de la jeunesse libérale européenne : « European University », «European University Network », « European Digital University ». En voici une synthèse conjointe, afin que vous, chère lectrice, cher lecteur, puissiez-vous aussi, en apprécier la teneur et le cas échéant vous forger votre avis sur les questions que celles-ci soulèvent. La création d’une Université européenne naît d’un désir de voir se concrétiser les objectifs à l’origine de l’Institut Universitaire européen (EUI), fondé en 1972 et situé à Florence. Persuadé que c’est entre autres par l’Université (et à plus large par l’enseignement supérieur) qu’une réelle conscience européenne pourra émerger, ELSN regrette que l’EUI n’accueille que des programmes de postdoctorats. ELSN s’appuie en outre sur une résolution précédemment intégrée au Policy Book du LYMEC demandant le « [t]ransfert du siège permanent du Parlement européen à Bruxelles et la création, à Strasbourg, d’une université européenne en matière d’administrations publiques, de science politique, de relations internationales, de droit européen et d’histoire de l’intégration européenne ». Toutefois, un établissement universitaire européen ne suffit pas. En effet, les résolutions introduisant un Réseau universitaire européen ainsi qu’une Université digitale européenne complètent et approfondissent cette dernière. Elles reposent toutes deux sur le constat que les programmes d’échanges européens (que

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Libertines | Décembre 2018


LYMEC ENSEIGNEMENT | la Commission a concentré sous le nom d’ERASMUS+ jusqu’en 2020) sont un succès, ainsi que sur une confiance en le potentiel que contiennent les nouveaux médias (digitaux) par lesquels l’enseignement (supérieur, mais pas seulement) peut être transmis. Pensons par exemple au MOOC dont nous vous parlions dans l’un des articles de notre seizième numéro du Libertines.

©/shutterstock

En substance, ELSN " considère qu’un réseau regroupant les universités et facultés européennes  " pourrait exister, dont l’objectif serait « de travailler ensemble [afin] d’offrir des programmes d’études en étroite coopération ». Les hautes études seraient " déracinées " et pourraient dès lors être menées à plusieurs endroits en Europe, au cours d’un seul et même parcours académique. La FEL peut, par ailleurs, se targuer d’avoir défendu à Stockholm une résolution abondant dans ce sens, en demandant l’intégration élargie des programmes de codiplomation (joint degrees) dans le cadre d’ERASMUS+ post 2020. Enfin, soulignant l’importance " d’une conception, d’une application, d’une coordination et d’un financement paneuropéens " de l’enseignement, ELSN souhaite encourager la formation d’une université digitale, autrement dit une coupole de cours en ligne, accessible pour tous, et pour lesquels des examens seraient disponibles au sein des réseaux universitaires considérés ci-dessus. Bien entendu, pas question de céder à une quelconque naïveté. Le domaine de l’éducation n’est pas dénué de toute discorde au sein de la jeunesse libérale européenne. L’amplitude de son intégration toujours plus grande n’est pas envisagée de la même manière par tous. Là où certains envisagent des possibilités d’échanges dès les secondaires ainsi que la création d’une sorte de tronc commun décidé par l’Europe, d’autres estiment que si intégration il doit y avoir, il ne faut oublier que l’enseignement demeure une compétence subsidiaire de l’Union européenne, et que de ce fait, les États membres doivent impérativement conserver une part non négligeable d’autonomie à tous les stades de l’enseignement. Pourtant, nous pouvons parfaitement nous permettre de nous réjouir d’un certain consensus perceptible lors du congrès. Ce dont l’Union a (sans doute le plus) besoin, c’est d’une jeunesse capable, unie et liée. Le meilleur moyen de parvenir à cette fin, c’est de se montrer ambitieux en matière d’enseignement. De cela, nous sommes tous d’accord… Comment faire droit aux désaccords susmentionnés tout en œuvrant vers ce considérable dessein ? Il ne revient qu’à nous de trouver une réponse à cette question. Idéalement d’ici avril, lors du prochain congrès du LYMEC organisé cette fois-ci « chez nous », à Bruxelles. 

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| SOCIÉTÉ ÉLECTIONS COMMUNALES

COMMENT EXPLIQUER LA VICTOIRE

DES VERTS ?

La réussite du parti écologiste au scrutin communal d’octobre 2018 doit sonner comme un réveil aux autres partis du paysage politique belge. En effet, on peut se poser plusieurs questions sur les raisons d’une telle ascension qui a mené le parti Ecolo à la tête de plusieurs communes bruxelloises ou dans nombre de majorités communales comme le témoigne ce tableau ci-dessous. Ces résultats interpellent. Est-ce juste un phénomène belge ou européen ? Quelles étaient les attentes des électeurs ? Quels votants ont permis la réalisation d’un tel résultat ? PAR EUGÈNE EKOUÉ KOUVAHEY

Une vague verte européenne ?

Les élections régionales en Allemagne sont tout aussi indiscutables. On remarque une percée du parti écologiste. Ils sont au gouvernement de neuf des seize Länder du pays et prennent la tête du Bade-Wurtemberg. Dans le Länder de Bavière, ils enregistrent un score historique de 17,5% pour ce bastion conservateur. Une percée non négligeable qui les donne deuxième parti du Länder après la CDUCSU de Angela Merkel. Ce résultat, à l'image de celui réalisé en octobre 2018, en Belgique, nous montre une véritable vague verte qui submerge l’Europe à l’approche des élections européennes de mai 2019.

Les raisons du succès à l’échelle européenne…

On peut expliquer ce score, dans un premier temps, par l’urgence climatique. En effet, les récentes catastrophes naturelles nous montrent à quel point l’équilibre climatique est difficile à préserver sous l’égide de nations qui continuent à polluer toujours plus malgré l’accord de la COP21. L’érosion des terres et la montée des eaux sont devenues une menace préoccupante à laquelle les citoyens sont de plus en plus sensibles. On peut également parler de programmes politiques atypiques qui séduisent. En effet, les Verts se distinguent avec l’apport d’un programme politique et économique différent des autres partis. Prenons l’exemple du programme économique des écologistes allemands.

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Libertines | Décembre 2018


ÉLECTIONS COMMUNALES SOCIÉTÉ  | Ces derniers prônent la « décroissance économique », soit l’avènement d’un modèle économique respectueux de l’environnement et non plus seulement limité à la sphère de l’idéal de croissance, c’est-à-dire la croyance en des indicateurs de richesse qui ne reflètent pas la condition de bien-être de l’humain et la préservation de son habitat naturel. Sans oublier que ce modèle économique doit permettre la fusion de l’économie et de l’écologie. De la nécessité de cette fusion doit naitre un objectif qui sera de revenir à des modes de production moins polluants et allouer de façon plus efficace l’espace économique afin de permettre un mode de vie plus simple.

…et à l’échelle belge ?

En Belgique, la victoire du parti Ecolo s’attribue avant tout à un besoin d’alternative grandissant que ne proposent pas les partis traditionnels. Ce besoin d’alternative, se traduira, selon la déclaration du 15 octobre 2018 des coprésidents du parti Ecolo – Madame Zakia Katthabi et Monsieur Patrick Dupriez – par « une volonté d’assainissement de la politique, une réponse à la crise climatique, de bonne pratique politicienne mais aussi relier et relayer davantage les citoyens et citoyennes ». Ces diverses propositions ont su séduire un électorat en recherche de changement notamment en matière de bonne gouvernance, pour donner suite aux divers scandales financiers et démêlés judiciaires qui ont éclaboussé les plus grands partis ces dernières années. Ces propositions rentrent dans le cadre général du programme de campagne pour les communales 2018. Ce qu’il est intéressant de noter, ce sont les propositions de démocratie directe qui suscitent un engouement auprès d’une certaine jeunesse engagée. Citons, en exemple, la création de comités de quartier ou de comités de rencontre entre élus locaux et citoyens en amont des conseils communaux. Les élus locaux prennent totalement mesure de l’importance de tels comités comme nous pouvons le remarquer à Enghien, par exemple, où il en existe 48 contre seulement 6 en 2001. Enfin, un dernier facteur pouvant expliquer cette montée d’Ecolo en Wallonie et à Bruxelles, c’est la mauvaise communication et gestion du dossier du nucléaire par la Ministre Christine Marghem à une semaine du scrutin communal ! Il faut admettre que cela n’a pas vraiment aidé à corriger l’image de l’action gouvernementale.

Une victoire de la jeunesse ?

Au jour du vote, plus de 690 000 primo-votants étaient appelés à voter soit 8,53% du corps électoral. Un constat à la sortie des urnes, c’est la proportion massive du vote des jeunes électeurs à destination d’Ecolo. En effet, on remarque dans les communes où la proportion de jeunes entre 18 et 22 ans est élevée que la tendance des votes va en faveur d’Ecolo. Prenons l’exemple de la commune de Lasne où Ecolo a enregistré un score de 19,23% des voix, il réalise une percée de 10,33% ! Même son de cloche pour la commune de Chastre où le parti enregistre 31,52% des voix, Ecolo obtient une progression de 11,13% ! Toutefois, l’écart du nombre de voix obtenues tend à se réduire entre le PTB et Ecolo dans les communes où la proportion des jeunes primovotants est plus faible. En outre, on remarque que la percée verte est surtout localisée en province du Brabant wallon, on peut y retenir un caractère de jeunes votants ayant un fort capital économique et culturel. Par conséquent, il ne s’agit pas de toutes les catégories sociales de jeunes qui ont opté pour un vote Ecolo. De plus, il y a une exception bruxelloise où le contingent de primo-votants n’a pas été un facteur important du vote Ecolo et de la réussite du parti dans certaines communes bruxelloises : à l’instar de la commune d’Ixelles, qui devient un mayorat Ecolo mais où le nombre de jeunes primo-votants y est faible. Dès lors, le vote des primo-votants n’est pas l’unique expression de la réussite des Verts aux élections communales. En effet, en prenant la tranche d’âge de 18 à 35 ans, on représente la jeunesse dans son ensemble. Il en ressort le même constat, c’est-à-dire un fort nombre de voix à destination d’Ecolo. En conclusion, on peut noter que la victoire d’Ecolo aux élections communales d’octobre 2018 doit être vue, dans un premier temps, comme l’apport de solutions alternatives face à l’urgence climatique sous un prisme européen et dans un second temps, comme la proposition d’application de principes de bonne gouvernance sous un prisme belge. Le vote des jeunes a été sans doute un facteur déterminant mais pas dans l’ensemble des communes belges. Toutefois, il faudra attendre le scrutin régional/fédéral et européen pour confirmer cette tendance à la hausse. 

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| FEL LOGO

NOUVEAU LOGO MAIS RASSUREZ-VOUS, NOS IDÉES RESTENT LES MÊMES !

La Fédération des Étudiants Libéraux, créée en 1974, arbore un logo tout neuf. Fruit d’un travail rondement mené, nous souhaitions insuffler un souffle nouveau à notre identité visuelle. Plus épuré, plus sobre, ce nouveau logo se veut également plus moderne, tout en accentuant notre couleur qu'est le bleu. Sa typographie, désormais plus fine, plus légère, plus douce, suit également cette logique. Enfin, on garde l’idée du cercle, car sans nos cercles étudiants, la FEL serait peu de choses.

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DOSSIER

XXIÈME SIÈCLE, SYNONYME DE VIRAGE POLITIQUE À LA CORDE ?

p.10 N  inove,     un mariage raté pour le Vlaams Belang ? p.12 F aut-il isoler le     PTB ? p.14 L a montée des     extrémismes p.16 L ’Europe et les     États-Unis, un populisme identique ?

15 octobre, lendemain heureux ou lendemain malheureux ? Tout dépend du point de vue adopté. Tout dépend de la commune concernée. Des reculs et des avancées sont connus de tous les partis en liste. Mais ici, nous nous concentrerons sur les fanfarons venant des extrêmes. Vague jaune à Ninove, coulée de lave TRÈS rouge dans la partie francophone du pays. La Belgique est-elle seule concernée par la montée en flèche des extrêmes ? Non pardi ! L’Europe y est confrontée, et les États-Unis également. Alors comment réagir ? Un cordon sanitaire  ? Ah, mais attention à leur dénomination  : finalement, parle-t-on d’extrême ou de radical ? Une éducation des jeunes aux institutions, une bonne gouvernance ? Why not ? Pour les réponses à ces questions, et bien d’autres infos croustillantes, c’est dans ce dossier central que ça se passe.

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NINOVE,

UN MARIAGE RATÉ POUR LE VLAAMS BELANG ?

A Ninove, le soir du 14 octobre, la liste Forza Ninove (étiquetée Vlaams Belang) est arrivée en tête des élections avec 40% des voix, soit une augmentation de près de 15% par rapport à 2012. Dans ces conditions, la mise en place d’un cordon sanitaire est-il une utopie ou une nécessité à concrétiser ? PAR ALEXANDRE SOMMA

Ninove serait-elle devenue une commune ingouvernable ? Telle est la question à laquelle nous allons tenter de répondre. Si l’on peut dire qu’avec 40%, on devient incontournable pour former une majorité, encore faut-il convaincre d’autres partenaires de venir s’assoir à la table des négociations. C’est là que le bât blesse. Car la NVA, le 2e parti en nombre de voix, a longtemps réfléchi à la question, avant de finalement décliner l’invitation au nom de « l’ingouvernabilité ». La NVA a donc finalement choisi l’opposition plutôt que la majorité mais avec une pointe d’ambiguïté puisqu’elle soutiendra depuis les bancs de l’opposition les initiatives positives pour l’intérêt de la ville.

Ce changement de cap est-il dû au sacrosaint « cordon sanitaire » ? A l’origine, le cordon sanitaire n’était rien d’autre qu’un accord entre les différents partis politiques démocratiques flamands visant à exclure de toute majorité les partis politiques d’extrême droite (dans ce cas-ci le Vlaams Belang). Difficile d’affirmer que nous tenons notre

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réponse mais en tout cas, ce que l’on peut constater, c’est qu’aucun parti n’a souhaité rejoindre la table des discussions. Le dépôt des pactes de majorité devant avoir lieu au plus tard le 2e lundi du mois de novembre, on ne sera pas étonné qu’il faille attendre la dernière minute pour connaitre officiellement le nom du prochain Bourgmestre de Ninove. On peut donc le dire, le cordon sanitaire a en tout cas fait décliner de nombreuses invitations. A l’heure actuelle, aucune majorité ne s’est encore dégagée dans cette entité de Flandre-Orientale. Ninove, sera encore scrutée durant quelques jours par une partie du pays retenant son souffle en attendant le résultat des négociations.

Et dans le sud du pays, qu’en est-il ?

En région wallonne et en région bruxelloise, il n’y a pas de cordon sanitaire car la question ne s’est tout simplement jamais véritablement posée. Autant, il y a une conscientisation assez forte de la dangerosité des partis d’extrême droite, autant l’extrême gauche et son idéologie est assez banalisée voire même assimilée à un discours acceptable au sud du pays. On l’oublie


souvent, mais les ravages du communisme ont détruit des pays entiers… Le PTB, (Parti du Travail de Belgique) a lui aussi réalisé une percée historique dans de nombreuses communes à l’issue de ces élections. Il aurait pu rentrer dans des majorités à Charleroi, Liège ou encore à Molenbeek. Avec des exigences trop importantes et une démarche considérée comme étant non constructive, il n’en sera finalement rien. Preuve que l’extrême-gauche, elle non plus, n’est pas prête à faire des compromis, dans un pays où le consensus est roi.

Mais faut-il pour autant instaurer un cordon sanitaire en régions wallonne et bruxelloise ?

Pour la première fois, la question s’est véritablement posée alors que certains partis n’ont pas hésité une seconde à entreprendre des discussions avec le PTB quand d’autres criaient au scandale. La même question se pose également pour des partis comme ISLAM. Plusieurs ministres et députés se sont exprimés en vue d’instaurer un cordon sanitaire pour les partis d’extrême-gauche, à l’instar de ce qui est appliqué pour les partis d’extrême-droite. Mais la forme n’est pas encore définitivement arrêtée. Matériellement, ce serait très compliqué de mettre d’accord tous les partis francophones sur une définition commune qui permettrait d’activer dans un cas et pas dans un autre le cordon sanitaire. Mais ce n’est toutefois pas impossible. Dans tous les cas, encore faudraitil que ce soit applicable dans la pratique. Si comme à Ninove, il arrivait un jour, que le PTB obtienne 40% des voix dans une commune, il deviendrait, en effet, très difficile de former une majorité en excluant un parti quasiment incontournable. En Belgique, il existe déjà une sorte de cordon sanitaire médiatique pour les personnes condamnées en justice pour des faits ou des propos allant à l’encontre de la démocratie et de la convention européenne des droits de l’homme, mais est-ce vraiment suffisant ? Ce sera en tout cas la question que devront se poser très prochainement les responsables politiques. 

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CARTENCHE BLA

Cordon sanitaire

FAUT-IL ISOLER

LE PTB ?

Belgica, ano 2018. Année électorale. Ce que l’on retiendra de ces suffrages, outre la « vague verte » (dont il est sans doute, dans un sens, bon de se réjouir) et par delà le fracas libéral, c’est sans doute cette confirmation (en demi-teinte, certes) des scores du PTB. La question se pose dès lors : qui pour gouverner avec le parti des travailleurs ? PAR JOHN DE COSTER

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Pas grand monde. En tout cas pas avant que les derniers bureaux de vote ne ferment et que les premiers résultats ne finissent par tomber (moment où tout ce qui a été dit, promis, envisagé est souvent caduc et intenable… c’est beau, la politique). Politiquement, la tâche est risquée. Pour le PS, difficile d’admettre qu’un parti qui le déborde sur la gauche soit viable et puisse faire office de partenaire de coalition. Pour le centre et la droite, impossible de trouver un terrain d’entente avec une formation qui se trouve à ce point aux antipodes de leurs préférences idéologiques. Pour Ecolo, les idées que véhicule le PTB sont un rien trop radicales. À moins qu’elles ne soient extrêmes  ? Nous reviendrons sur ce point. À ce propos, la question de savoir s’il ne fallait pas appliquer une sorte de cordon sanitaire autour dudit parti s’est très rapidement posée. Le cordon sanitaire, le CRISP le définit comme un «  accord politique passé entre les partis démocratiques flamands pour empêcher toute participation au pouvoir de partis d’extrême droite. Par extension, l’expression s’emploie aussi du côté francophone ». L’idée, à l’origine, était d’isoler des partis comme le Vlaams Belang, dont les exigences sont loin de se conformer aux valeurs démocratiques que l’État belge et ses lois se sont jurés de sauvegarder. Ce raisonnement tient-il la route en ce qui concerne le PTB aujourd’hui ? Pas si sûr.


Sémantique

Le PTB : un parti d’extrême gauche ou de gauche radicale  ? L’exercice n’est pas que lexical. En fonction de la réponse que l’on apporte à cette question, il pourrait ou non faire l’objet d’une mise à l’écart « légitime », d’un point de vue théorique du moins. Dans une interview donnée en 2014 à la RTBF, Jean Faniel, directeur général du CRISP, expliquait qu’il était incorrect de catégoriser le PTB en tant que parti d’extrême gauche. En science politique, extrémisme « implique une restriction des libertés  », là où radicalisme « [implique que l’on prenne] les problèmes à la racine, avec des changements de société, en modifiant les rapports de force ». Selon le chercheur, le PTB s’insère fatalement dans ce second segment. Une opinion confirmée par d’autres observateurs de renom. En novembre 2017, Le Monde Diplomatique publie un article intitulé « La Wallonie " contaminée " par la gauche radicale ». Décrivant la réorientation programmatique et idéologique du PTB depuis 2008, Sébastien Gillard explique que « les politistes Pascal Delwit et Giulia Sandri voient dans cette évolution l’abandon du " credo rhétorique stalinien au profit d’une posture radicale-populiste " ».

What if 

Si l’on suit cette optique, ma foi fondée au demeurant, soutenir l’isolement du PTB s’annonce être un numéro d’équilibriste politicien plutôt qu’un baroud de fervent défenseur de la démocratie. Ne méprenez pas mes propos. Je pense que le PTB est un parti dangereux, certes. Mais je pense de la sorte parce que je suis convaincu que la vaste majorité de ses idées sont tout simplement de mauvaises idées (ou de fausses solutions, c’est selon). Je n’estime en aucun cas que le PTB soit un parti liberticide qui menace la pérennité de nos droits et libertés. L’ostraciser des majorités, quel que soit le niveau de pouvoir envisagé, n’a donc, selon moi, aucune justification principielle… même si je ne trouve pas que de telles majorités soient souhaitables. De manière plus générale, je m’interroge. Invoquer le cordon sanitaire à l’égard du PTB, en confondant grossièrement radicalisme et extrémisme en politique, c’est jouer un jeu dangereux. Il y a peu, Laurent Costas et moimême signions une carte blanche dans laquelle nous encouragions nos lecteurs à avoir un peu

de «  Courage pour nos démocraties  », en nous opposant à l’interdiction du parti Islam. Remarquez, au passage, qu’une fois que le soufflé polémique autour de son existence est retombée, ledit parti est tombé sous les radars et n’aura au final (étrangement) pas obtenu un seul siège dans la moindre commune belge. La logique est, je trouve, assez similaire dans le cas du PTB. Certes, la ligne politique du PTB, de par son côté radical, peut inquiéter. Précisément parce que les changements sociétaux qu’il préconise sont drastiques. Mais qu’est-ce que cela dit de nous, en tant qu’individus, en tant que société, si nous considérons d’emblée qu’un parti proposant des modifications radicales à l’ordre établi renferme forcément un danger pour notre démocratie. Dans notre carte blanche, nous citions SaintJust : pas de liberté pour les ennemis de la liberté. De nos jours, il n’est pas rare d’entendre la variante suivante : pas de liberté pour les ennemis de la démocratie. What if, à partir d’un moment, une démocratie sombrait dans une sorte d’inertie, et devenait son propre ennemi ? Nous, libéraux, avons beaucoup à apprendre de penseurs marxistes en la matière. Il est inutile de craindre une certaine radicalité en politique. Dyab Abou Jahjah, dans son « Plaidoyer pour la radicalisation », conclut son texte en ces termes : « La radix, la racine, est en fin de compte source de vie, non source de mort  ». Radicalisme et progrès sont loin d’être antinomiques, le premier pouvant parfaitement servir le second. Il est aujourd’hui une force radicale en Belgique (francophone), qui amène son lot de solutions radicales aux conflits sociaux (pris au sens large du terme) qu’elle entend résoudre, au nom de ses électeurs. La congédier purement et simplement en raison de ce caractère idéel serait commettre une erreur potentiellement fatale. Marcel Gauchet nous enseigne que ce qui assure l’unité de la société civile et de l’État, c’est précisément l’existence de ces conflits sociaux. Ce qui assure ensuite la stabilité de nos systèmes politiques, c’est la reconnaissance de ces conflits par les systèmes censés les résoudre. Dès lors, isoler coûte que coûte le PTB… c’est manquer de courage, en faisant tout l’inverse. 

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LA MONTÉE

DES

EXTRÉMISMES

Bolsonaro, Le Pen, Salvini, Orban, Trump. Ces noms ont peut-être des allures de détail pour vous et pourtant, pour nous libéraux, ils veulent malheureusement dire beaucoup trop. Non pas parce que ces dirigeants n’auraient pas été élus démocratiquement, bien au contraire, mais parce que, de plus en plus, les extrêmes et les radicalismes sont à la mode là où les partis dits « classiques » reculent. PAR LAURENT COSTAS

En démocratie, c’est in fine le peuple qui a le pouvoir car c’est lui qui élit ses représentants dans les institutions de son pays. Ce n’est là un secret pour personne. Pourtant, on pourrait se poser la question de savoir si nos régimes démocratiques actuels n’ont pas atteint leurs limites dans la mesure où, de plus en plus, des dirigeants voulant porter atteinte aux valeurs démocratiques sont paradoxalement élus démocratiquement. Aujourd’hui, le peuple vote pour moins d’inégalités sociales, contre l’insécurité, contre l’incertitude et pour davantage d’humanisme en lieu et place de l’économie comme seul périscope décisionnel. Les étiquettes politiques ne viennent que par la suite… C’est pour cela que l’extrême droite s’est retrouvée au second tour de la présidentielle en France, c’est pour cela que Jair Bolsonaro est devenu Président du Brésil, c’est également pour cela que, dans une autre mesure, le PTB a réalisé la percée qu’on lui reconnaît aujourd’hui. Actuellement, la bien-pensance médiatique n’a plus que très peu d’influence sur les choix des électeurs et cela, la classe politique le sait. Elle en joue. La presse généraliste aura beau s’indigner de propos tantôt sexistes, tantôt racistes, tantôt

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xénophobes, rien n’y changera dans l’opinion collective. Au contraire, les protagonistes de ces scandales en sortent renforcés. Ce sont toujours ceux qui s’expriment en défendant des opinions radicales qui influencent la majorité silencieuse avant que l’opinion ne soit légitimée dans l’espace public. Vous ne me croyez-pas ? Donald Trump n’est-il pas le 45e Président des États-Unis d’Amérique malgré les frasques auxquelles nous avons tous assisté durant toute sa campagne ? Les personnes et partis politiques impliqués dans les scandales comme Publifin ou encore le Samu Social ne retrouvent-ils pas réélus en région liégeoise et à la ville de Bruxelles ?

Pour résumer mon propos, les électeurs déçus de la « politique de papa » se moquent éperdument de l’opinion bien-pensante véhiculée par les médias. Cette dernière ne fait que forcer les polémistes à devenir leurs propres caricatures.

Faut-il dès lors instaurer un cordon sanitaire autour de cette classe politique manichéenne ?

A titre personnel et si j’en suis la théorie libérale, je dirais que non ; pour la bonne et simple raison que dans nos « vidéocraties », les discours simplistes font souvent « pschitt » face aux argumentations et aux débats d’idées. Si l’on s’en tient à la pratique, mon opinion est toute autre car force est de constater que les opinions extrêmes et radicales se banalisent. Il est donc nécessaire à mon sens de les contrer afin de ne pas les banaliser sans pour autant les interdire au risque d’en arriver à l’opposé de l’effet escompté. Pour ce faire, il faut agir simultanément sur deux axes :

LE PREMIER AXE, C’EST L’ÉDUCATION À LA POLITIQUE ET AUX INSTITUTIONS. Selon moi, puisque tout un chacun obtient le droit de vote une fois la majorité atteinte, il me paraît primordial que l’enseignement obligatoire donne à tous les clefs de compréhension nécessaires quant à l’histoire des différentes mouvances politiques, leurs valeurs, leur programme ainsi que leurs principes fondateurs. Il n’est pas question ici, dans ma proposition, d’influencer d’une quelconque façon que ce soit ou même de formater les futurs électeurs mais plutôt de permettre à chacune et chacun d’effectuer son devoir civique en âme et conscience des tenants et aboutissants d’un vote pour une mouvance politique ou l’autre. C’est à ce titre que je salue l’initiative trop peu connue que sont les débats « apprentis-citoyens ».

LE SECOND AXE, C’EST LA BONNE GOUVERNANCE ET LE RENOUVEAU DE LA POLITIQUE. D’une façon générale, un fossé s’est creusé entre la classe politique et les citoyens au fil du temps et il est temps de réduire la distance entre les instances décisionnelles et les personnes qui vivent l’impact de ces décisions au quotidien. La bonne gouvernance est une partie de la réponse à cette problématique mais elle ne peut pas à elle seule la résoudre. La politique est avant tout une question de bon sens et de pragmatisme. Il s’agit d’un équilibre à trouver entre la doctrine, les valeurs véhiculées par l’idéologie que l’on défend et la réalité du terrain. Trop longtemps, on a oublié l’aspect humain dans le processus décisionnel pour laisser place à une idéologie guidée par le spectre de « l’homo oeconomicus » en se basant sur le postulat que l’humain est un être rationnel. En politique, bien que les décisions soient souvent rationnelles ou à tout le moins basées sur une notion de rationalité relative, l’humain est loin de l’être. L’histoire l’a montré à maintes reprises. Ne négligeons plus l’aspect humain. Les citoyens attendent des réponses concrètes à des problèmes à la complexité exponentielle. La montée des extrêmes, ce n’est rien d’autre qu’un vote contre les politiques traditionnelles qui tendent à s’essouffler face à de nouveaux défis. Être libéral et réformateur, c’est plus que jamais se mettre dans la posture idéale pour y répondre. 

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Le désillusionnement politique qu’on connaît actuellement en Europe est le terreau idéal pour la montée des extrêmes. On l’a vu lors des élections communales et provinciales en Belgique avec la montée du PTB ou lors des élections présidentielles françaises où Marine Le Pen a réalisé le même exploit que son père, se qualifier pour le second tour. Ce ras-le-bol de la population envers le monde politique qui ne répond plus à ses attentes est-il cantonné à l’Europe ou cette réalité est-elle plus globale ? Nous allons nous efforcer de comparer la situation européenne au succès de Donald Trump aux États-Unis. PAR ALEXANDRE SERVAIS

L’EUROPE ET LES ÉTATS-UNIS,

UN POPULISME IDENTIQUE ?

Parlons d’abord migrations. Aux États-Unis comme en Europe, il s’agit d’un sujet très apprécié par les populistes. En effet, le bouc-émissaire américain est le « grand méchant mexicain », tandis que de notre côté, l’extrême droite aime particulièrement accabler les migrants d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Mais des deux côtés de l’Atlantique, la raison invoquée est la même : « Ils nous volent nos emplois ». Et bien, pour reprendre une tirade de notre cher Donald : « FAKE NEWS ». Bien qu’il ne soit pas faux de dire que les migrants augmentent le nombre de chercheurs d’emplois, cette prémisse n’a aucun lien avec le chômage des autres. En effet, les primoarrivants trouvent du travail que les Européens ou Américains (depuis plusieurs générations) ne veulent plus faire. Il est donc complètement hallucinant de croire à une sorte de dumping social généralisé. D’autre part, on retrouve chez les partis d’extrême droite et chez Trump un discours commun quant à la mise en péril de la paix publique par les migrants. Les amalgames quant à la criminalité causée par les migrants sont légions. Or, les migrants sontils vraiment des fauteurs de troubles ? Difficile à croire quand on sait ce que ces personnes fuient dans leur pays. Ensuite, on ne peut ignorer le protectionnisme préconisé et par Trump et par les extrêmes européens. Dans une économie de marché mondialisée, il est difficile de comprendre que certains croient (ou essayent de faire croire ?) à la viabilité de cette solution. A titre d’exemple, nous avons la proposition de Marine Le Pen, d’établir une monnaie nationale ou celle de Trump, de sortir du Korus (accord commercial entre la Corée du Sud et les États-Unis). En outre, cette dernière proposition met en danger la sécurité nationale en réduisant le temps de détection d’un lancement d’ICBM (Missile balistique intercontinental) par la Corée du Nord. En effet, les sud-coréens n’auraient aucun intérêt à laisser la possibilité aux États-Unis de garder leurs équipements militaires sur le sol coréen.

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Bien que Trump n’ait pas vraiment son regard tourné vers l’Europe, un de ses très proches collaborateurs, maintenant déchu, s’est installé à Bruxelles. On pense, bien sûr, à Steve Bannon, ancien conseiller stratégique de Donald Trump. Son but ? Soutenir, via une fondation basée à Bruxelles, les mouvements d’extrême droite à travers l’Europe. En effet, la réélection d’Orban en Hongrie et la montée au pouvoir de l’extrême droite en Italie est, pour Bannon, la preuve que le «  vieux continent » est un terreau fertile pour ses thèses nationalistes. Va-t-il réussir à propager son idéologie comme il l’a fait lors de la campagne de Trump ? Seul le temps nous le dira. Il est sûr qu’il faudra être très attentif lors de la campagne européenne à venir.

les choses ne vont pas, il suffit d’orienter la culpabilité vers cette personne ou ce groupe de personnes. Trump s’adonne souvent à la dernière quand il accuse les médias de créer un climat de haine par exemple.

Pour conclure, le discours populiste a deux grandes caractéristiques. La première est la simplification des faits afin que ceux-ci supportent le narratif choisi. La deuxième est de choisir un bouc-émissaire. Et quand

C’est l’argent qui était investi dans ces domaines qui finance le plein emploi aux ÉtatsUnis. Ces domaines ont vu leur budget être drastiquement diminué, voire, dans le pire des cas simplement retiré. 

La seule différence entre les États-Unis et l’Europe est que Trump, après deux ans de mandat, a toujours le soutien de la population américaine. Et ce soutien, il le tient d’une promesse électorale. Une promesse qu’il tient depuis son arrivée à la Maison Blanche. C’est le plein emploi. Cette promesse il la tient au détriment de l’environnement (réouverture d’usines électriques à charbon, relancement du fracking,…), de la culture, de l’enseignement,…

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DEVOIR DE MÉMOIRE FEL |

LE MUSÉE

D’AUSCHWITZ EN DÉBAT

Durant la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne nazie établit à Oświęcim – Auschwitz en allemand – un camp de concentration et un centre d’extermination. Cette zone est marquée par la mort car plus d’un million de personnes ont disparu en cet endroit. Depuis juin 1947, Auschwitz s’est transformé en un lieu de mémoire afin de ne pas oublier les atrocités commises en ces lieux. PAR ARNAUD DEVOS

Aujourd’hui, cet endroit est mondialement connu et le nombre de visiteurs ne cesse de croître (1,72 millions de personnes ont visité ce lieu en 2015). Bien entendu, ce tourisme de masse apporte avec lui son lot de négativité. En effet, selon certains touristes, ce phénomène étouffe la mémoire car la foule empêche le recueillement et l’expression des émotions. En outre, cette masse de personnes nous oblige à attendre, à accélérer ou à bousculer afin de laisser passer les autres groupes. Par ailleurs, plusieurs visiteurs adoptent des comportements déplacés. Pour preuve, certains individus ne respectent pas le message des différents pictogrammes qui interdisent les tenues négligées, les cigarettes, les poussettes, … Parfois, les touristes ont des idées ou comportements indécents. Les nombreux tags qu’ils ont laissés sur leur passage en témoignent ou encore cette dame qui, un beau jour, visitant Auschwitz, décide de se déshabiller dans les chambres à gaz en vue de comprendre le ressenti des victimes (sic).

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| FEL DEVOIR DE MÉMOIRE

La Shoah doit être au cœur d’un devoir de mémoire, quelque chose qui doit faire partie de l’histoire, de la culture, qui ne doit pas être oublié dans le but d’éviter la barbarie dans le futur. L. Costas

Toutefois, cet afflux de touristes présente un avantage primordial, celui de la connaissance des faits afin de ne pas sombrer dans l’oubli. Tout en dénonçant certaines attitudes qui peuvent être le fruit du stress ou d’un choc, Katarzyna Stec, sociologue à l’Université Jagellonne de Cracovie, précise, après avoir interrogé des jeunes visiteurs, que ceuxci retiennent l’enseignement historique et qu’après la visite, ils ressentent une forte émotion. Par ailleurs, selon les historiens, ce tourisme de masse n’est que la contrepartie d’un travail de mémoire. Finalement, l’ouverture d’Auschwitz aux visiteurs n’est critiquée que par les négationnistes. Suivant les historiens, le tourisme de masse n’est qu’un faux problème. En effet, selon eux, seule la leçon historique transmise sur place pose quelques difficultés au regard de la vérité. Pour rappel, la Pologne, qui entretient cet endroit, souhaite célébrer la victoire contre le fascisme mais malheureusement, elle tente d’établir par la même occasion une forme d’équidistance entre la souffrance subie par les Polonais et par les Juifs au cours de

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la Seconde Guerre mondiale. Pour preuve, les guides mettent régulièrement en exergue le camp de prisonniers où 74.000 Polonais ont disparu. Ils ont également tendance à mêler les prisonniers polonais, russes, politiques et juifs, alors que seuls ces derniers ont subi avec les Tsiganes, la sélection et l’extermination. En outre, ils oublient souvent de mentionner les bunkers 1 et 2 où les Juifs du Vél’ d’Hiv’ ont été tués. Cette triste réalité s’explique en partie par un antisémitisme durable au sein de la société polonaise. Pour autant, devons-nous le préciser, tous les Polonais ne sont pas antisémites. Par ailleurs, il est intéressant de noter que les autorités polonaises ont conservé le lieu et que le gouvernement y accorde une somme d’argent élevée. En effet, cette subvention représente 45% du budget annuel du musée. Selon les historiens, au-delà des problèmes d’objectivité, la visite n’est pas assez longue. Nous-mêmes, lorsque nous avons effectué la visite en octobre dernier, nous aurions souhaité bénéficier de plus de temps à certains endroits. Selon les historiens, ce laps de temps est bien trop limité pour comprendre pleinement les faits qui se sont déroulés en ces lieux.


DEVOIR DE MÉMOIRE FEL |

Après avoir traité le phénomène du tourisme de masse et de l’objectivité des informations transmises à Auschwitz, il est temps de mener une réflexion sur la pertinence de la conservation du lieu. Selon Alain Finkielkraut, « respecter Auschwitz, c’est ne plus s’y rendre ». D’après lui, le recueillement semble difficile car « le camp est nu, abstrait, dépouillé de tout ». En outre, il considère que ces lieux de mémoire renforcent l’antisémitisme. Suivant ce dernier, il n’est pas rare d’entendre que les Juifs, avec leur malheur, tentent de criminaliser toute critique contre la politique israélienne. Toutefois, cette vision n’est pas partagée par tout le monde. En effet, selon Piotr Cywiński, le directeur du musée, il est nécessaire de protéger le camp, sinon le risque sera de perdre les traces d’un meurtre de masse. Celui-ci soutient que dans un monde envahi par les images virtuelles, l’expérience physique est indétrônable. Autrement dit, les témoignages des survivants ne suffisent pas et ce surtout, quand le négationnisme et le révisionnisme subsistent. Par le biais du musée, le visiteur peut apercevoir des éléments concrets dont les baraquements, barbelés, etc.

Comment l’humain qui est un être de culture, peut-il être capable d’une telle barbarie à l’égard d’autres humains ? L. Costas

D’un point de vue personnel, le tourisme de masse ne m’inquiète pas. Tout au contraire, il prouve, avec satisfaction, que les personnes souhaitent mieux connaître ce fait historique. En outre, la conservation du site me semble primordiale car pouvoir visiter un tel musée permet directement de mieux comprendre la réalité et surtout l’atrocité subie même si l’objectivité exprimée fait parfois défaut. 

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| ÉCONOMIE CRISE FINANCIÈRE

LA CRISE FINANCIÈRE,

10 ANS APRÈS

En 1929, le monde entier connaissait la grande dépression à Wall Street. C’était là, la première crise économique à caractère mondial. Diverses mesures furent prises pour que cela ne se reproduise plus jamais. On retiendra la mesure la plus emblématique prise à la suite du Krach de 1929, le Glass-Steagall Act du nom de ses portevoix qui voulaient une séparation des banques de dépôts et des banques d’investissements. En d’autres mots, le législateur américain a ainsi voulu protéger l’épargne des ménages en empêchant cette dernière d’être utilisée à des fins spéculatives par les banques d’investissements comme ce fut le cas dans la crise de 1929. Pourtant, il y a dix ans, en 2008, à cause de l’éclatement d’une bulle immobilière, une crise qui à la base était américaine et financière est devenue mondiale et économique. La pire crise depuis 1929. PAR LAURENT COSTAS

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Le début de la crise

Plusieurs signaux d’alarme avaient déjà retenti avant le déclenchement de la crise financière et notamment la faillite de la banque britannique Nothern Rock. Notons toutefois que l’élément déclencheur de la crise a été la faillite de la banque américaine Lehmann Brothers, principale adepte des « subprimes ». Les origines de la crise puisent leurs racines dans deux éléments que sont d’une part, les subprimes et d’autre part un artifice comptable que l’on appelle la titrisation.

Les subprimes

Le système des subprimes pourrait être mis en parallèle avec le système de logement social en Belgique à la différence près que ce système demandait aux banques d’accorder des prêts à taux plus ou moins élevés aux personnes défavorisées en lieu et place de subsidier la location d’habitations à loyer modéré comme cela se fait traditionnellement chez nous.

Ce sont les emprunts que l’on a également appelé emprunts « NINJA » pour No Income, No Job, No assets. On permettait donc aux personnes sans revenus, sans emplois et sans «  actifs  » de devenir propriétaires de leurs biens par l’intermédiaire d’emprunts à taux élevé et de longue durée (25-30 ans) alors que le risque de non remboursement était grand et bel et bien réel. Les banques prenaient le risque d’accorder l’emprunt car la valeur de l’immobilier grimpait tellement que même en cas de non remboursement, la valeur de revente de l’immeuble incluait une plus-value qui couvrait plus qu’amplement le risque.

Les subprimes ont eu tellement de succès qu’ils représentaient à eux seuls ¼ de la masse des emprunts dans le monde.


CRISE FINANCIÈRE ÉCONOMIE |

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| ÉCONOMIE CRISE FINANCIÈRE

Malheureusement, lorsque la bulle immobilière a éclaté aux États-Unis, l’offre surabondante d’immobilier par rapport à une demande qui était devenue quasi inexistante a entrainé une baisse drastique des prix de l’immobilier. Le risque pris par les banques n’était donc plus couvert…

La titrisation

La titrisation vient trouver ses racines dans une décision prise par Bill Clinton en 1999 qui, sous la pression de Wall Street, a décidé d’abroger le Glass Steagall Act. Les banques pouvaient donc à nouveau se consacrer simultanément à des activités d’épargne et d’investissement. Comprenez, les banques pouvaient à nouveau utiliser l’épargne des ménages à des fins plus ou moins spéculatives. Les établissements de crédits immobiliers ont ainsi transformé des actifs financiers comme des subprimes en titres négociables sur les marchés des investisseurs pour alléger leurs bilans comptables en termes de créances portant des risques. Plus concrètement, nous sommes passés par trois stades en matière de produits financiers. Le premier stade, c’est celui où le banquier et les clients comprenaient tous les deux les produits qu’ils négociaient. Le second stade, légèrement plus sensible, a été celui où le banquier comprenait le produit alors que le client ne le comprenait pas toujours, et puis est arrivé le troisième stade, problématique

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et critique, ni le banquier et encore moins le client ne comprenaient les produits qu’ils négociaient de par leur complexité (qui cachait une certaine toxicité). Ainsi, des investisseurs, comme les banques ou encore les hedge funds désireux de rendements plus élevés que les rendements pratiqués sur les marchés « classiques », ont acquis des titres contenant une part plus ou moins grande de subprimes mélangée à des produits d’investissement classiques. C’est de la titrisation même que découle le phénomène de contagion du subprime qui a sévèrement impacté la classe financière mondiale.

Les conséquences de cette crise

Nul ne peut nier que la Belgique a été l’un des premiers pays européens touchés par cette crise de par la prise de risque des banques privées comme KBC, Dexia ou encore Fortis. En effet, ces dernières n’avaient pas hésité à acheter des produits dits « toxiques » au risque de déposer le bilan, sans l’intervention du gouvernement le weekend du 27 septembre 2008. Il a fallu que l’état belge engage plus de 100 milliards d’euros pour sauver la banque Dexia. C’est d’ailleurs à cause de cette crise et du renflouement des banques pour garantir l’épargne des ménages que l’endettement de la Belgique qui était à hauteur de 80% du PIB est repassé audessus de la barre des 100%...


CRISE FINANCIÈRE ÉCONOMIE | Quelles leçons tirer de la crise ? Retour d’un Glass Steagall act atténué  

Après la pire crise depuis 1929, un vrai « chineese wall » aurait dû se redessiner entre les banques d’investissement et les banques d’épargne à l’instar du Glass Steagall act. En 2010, la loi Dodd-Franck de réglementation bancaire a fait son apparition mais elle n’était qu’une législation de pacotille sans réelle intention de régulation de la finance. Cette année, 10 ans jour pour jour après le crash de la banque Bear Sterns, la loi Dodd-Franck de réglementation bancaire a été abrogée par le Sénat américain. Il s’agissait là de l’un des chevaux de bataille de l’administration Trump.

 Résolutions des crises par le surendettement

Depuis 1929, on a chaque fois résolu les crises économiques par de l’endettement public et un creusement des dettes souveraines des États et ce malgré l’intervention des banques centrales dans l’économie. Il ne faut être grand clerc pour savoir qu’il ne s’agit pas de la solution optimale. A simple titre d’exemple, en 2008, on a soigné une crise financière aigue en créant une crise de la dette souveraine, une crise de l’euro et de l’austérité morbide dans certains pays comme la Grèce avec l’éventualité, souvent soulevé, d’un « Grexit ».

 Caractère global

En 2008, la crise s’est aggravée par un manque de coordination au niveau européen. Contrairement à ce que la pensée collective tend à vouloir montrer, l’Europe n’est pas le problème, elle est la solution. J’en suis convaincu. Cependant, pour que l’Europe soit la solution durable aux défis quotidiens, il faut que l’Europe soit plus qu’une confédération de pays basée sur la règle de l’unanimité. En effet, la règle de l’unanimité prévaut pour les matières économiques et monétaires et est responsable d’un immobilisme moribond qui a fait perdre un temps précieux en termes de réponses à la crise de 2008.

Les États-Unis ont procédé à l’assouplissement quantitatif aussi appelé « quantitative easing » en 2008 alors qu’il a fallu attendre le 22 janvier 2015 pour que la BCE fasse de même…

L’Union européenne doit devenir une union réelle et pour cela, elle doit avancer avec les pays qui le souhaitent. L’histoire le prouve aujourd’hui, le manque de coordination en matière fiscale et budgétaire (plus particulièrement dans la zone euro) a eu des conséquences économiques néfastes dans les pays concernés. En l’espèce, l’union qui est maintenant économique et monétaire doit devenir une union politique, fiscale et budgétaire afin d’apporter une réponse globale aux crises qui ont elles aussi tendance à devenir globales. J’en suis convaincu, l’avenir c’est l’Europe. 

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| INTERNATIONAL ÉLECTIONS

LES MIDTERMS : QUELLES CONSÉQUENCES ? Les États-Unis d’Amérique figurent certainement au rang des pays qui se rendent le plus souvent aux urnes : pas moins d’une fois tous les deux ans ! Le 6 novembre dernier, les citoyens américains âgés de 18 ans accomplis ont pu se rendre aux urnes pour renouveler une partie du paysage politique des États-Unis : Chambre des Représentants, Sénat, gouvernorats et beaucoup d’autres mandats locaux comme des sheriff, des maires et même des juges… Voyons un peu plus clair dans les élections au plus haut niveau : celles du Congrès… PAR GUILLAUME ERGO

QUE SONT LES MIDTERMS ?

Les midterms sont l’abréviation des élections de mi-mandat d’un Président. Au cours de ces élections, le Congrès – le Parlement américain – voit ses deux chambres (le Sénat et la House of Representatives) être renouvelées.

Avec la possibilité de se représenter pour un nombre de mandats illimités, a contrario de la présidence du pays, on peut voir au Congrès les mêmes personnes pendant des années, à l’image de la cheffe de groupe des démocrates à la Chambre, Nancy Pelosi, Congresswoman depuis 30 ans. Néanmoins, les démocrates ont, cette année, mis l'accent sur une toute autre approche en voulant faire rentrer au Capitole de nouveaux visages pour porter leurs idéaux. La non-obligation du droit de vote, couplée à une abstention certaine, facilite la réélection.

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La Constitution américaine prévoit qu’un mandat de représentant (Congressman/ woman) dure deux ans tandis que celui de sénateur est d’une durée de six ans. Si les 435 membres de la Chambre des Représentants sont renouvelés dans leur intégralité, à l'inverse seul un tiers des sièges du Sénat (cette année 35) se joue lors de ce scrutin.


ÉLECTIONS INTERNATIONAL|

QUELS POUVOIRS POUR LE CONGRÈS ?

Même si les démocrates ont obtenu la majorité à la Chambre, ils restent dans l’opposition. Il ne faut pas s’attendre à une cohabitation « à la français » au sein du pouvoir exécutif où le Président devrait avoir des démocrates au sein même de son gouvernement. En effet, les membres de l’Administration Trump ne sont pas responsables politiquement devant le Congrès. Les ministres, les conseillers, les directeurs d’agences gouvernementales n’ont que des pouvoirs limités, sans existence ou autorité commune. Seul le Président assume l’action gouvernementale devant les élus. Par contre, le Congrès peut se révéler être un contre-pouvoir efficace à la Maison-Blanche, une épine dans le pied d’un président trop autoritaire et malhabile. Seul le Congrès dispose de l’initiative législative. Cela signifie que si la Maison-Blanche veut faire passer une loi, elle doit le faire par l’intermédiaire d’un sénateur ou d’un représentant qui voudrait bien. Cela limite la marge de manœuvre de l’exécutif qui doit inévitablement négocier avec les membres du pouvoir législatif. Une bonne occasion pour celui qui prétend réussir ses deals de montrer ses talents de négociateur ? De même, le Congrès, et plus particulièrement la Chambre des Représentants, dispose d’un large pouvoir en matière financière. Si ce dernier n’approuve pas le budget élaboré par l’exécutif, les administrations fédérales subiraient un shutdown, soit leur fermeture immédiate pour manque de fonds. Obtenir les fonds nécessaires à ses projets nécessite pour Donald Trump l’obligation de négocier avec les démocrates un « accord bipartisan », une grande spécialité de son prédécesseur Barack Obama ou de feu le sénateur Mc Cain. Exit donc le mur avec le Mexique ? À n’en pas douter, l’opposition démocrate ne dépensera pas un dollar pour un mur anti-migrant… De plus, au contraire de ce qui se passe de notre côté de l’Atlantique, les parlementaires américains ont à leur service des équipes composées d’experts en tout genre capables de rivaliser avec leurs homologues de la Maison-Blanche. Ils apportent aux commissions du Sénat et de la Chambre suffisamment d’avis pour qu’un Congrès démocrate s’oppose à un exécutif républicain en jouant les intrus permanents dans le cœur de la machine gouvernementale. Notons que les deux grands partis n’ont jamais été capables d’introduire une spécialité européenne : la discipline de vote. Si cela contribue au succès d’accords bipartisans, l’absence de discipline de vote peut mener un Président à voir ses projets rejetés par son propre parti. Ainsi, Trump n’a su convaincre ni les Républicains modérés ni les Conservateurs de changer l’Obamacare. Dans un autre registre et bien avant, Kennedy s’était heurté aux Démocrates sudistes qui voyaient d’un mauvais œil son programme anti-ségrégation.

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| INTERNATIONAL ÉLECTIONS

QUEL IMPACT SUR LA PRÉSIDENCE TRUMP ?

Faire des pronostics en politique revient souvent à se remettre aux mains du hasard mais le style de la présidence de Trump laisse deviner des indices. Premièrement, le locataire de la Maison-Blanche n’est pas un grand législateur, n’ayant à son actif qu’une loi de baisse des impôts. Ce qu’il préfère, ce sont les executive orders, des décrets présidentiels promulgués en dehors du Congrès (mais susceptibles d’être sanctionnés par la justice). Par exemple, le soi-disant « Muslim Ban » qui visait à interdire l’entrée des États-Unis aux ressortissants de certains pays du Moyen-Orient, était un executive order. Deuxièmement, c’est au Sénat que revient la prérogative de donner son consentement à la nomination de juges (de la Cour suprême et ailleurs) et des ministres et directeurs d’agences. Ainsi, si un remaniement doit avoir lieu ou de nouveaux juges être nommés, Trump n’aura pas à s’embarrasser des Démocrates.

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Quant à la politique étrangère, ce domaine est une compétence exclusive du Président. Le Congrès ne peut intervenir que pour limiter les budgets militaires et consentir à certains Traités. Et, encore, c’est le Sénat qui détient la prééminence en la matière. Guerres commerciales, interventions extérieures, méthodes agressives de négociations, …. rien ou presque ne devrait donc changer à ce niveau-là.

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ÉLECTIONS INTERNATIONAL |

UN NOUVEL ESPOIR CHEZ LES DÉMOCRATES ?

Le Parti démocrate a prouvé sa capacité à rebondir en moins de deux ans. Le «parti de l’âne» a notamment fait des scores remarquables dans le Wisconsin, le Michigan, le Kansas, la Virginie, la Floride, le Colorado, le New Jersey ou la Pennsylvanie, États «trumpiens» par excellence. Avec 219 députés, ils obtiennent de justesse (un siège) la majorité à la Chambre basse du Congrès. Pourraient-ils aller jusqu’à déclencher l’Impeachment de Donald Trump ? C’est très peu probable. L’hypothèse a été d’emblée écartée par les patrons du parti. Qui plus est, la procédure de destitution du Président requiert l’aval du Sénat… qui est majoritairement républicain. Les Démocrates peuvent à la fois se donner une figure d’opposants et un statut rénové de parti de gouvernement. Maintenir l’Obamacare, rénover les infrastructures de soins, contrôler les dépenses électorales sont autant de points de leur programme qui pourraient faire aller le pays de l’avant tout en ne tombant pas la basse politique. Il n’est pas dans leur intérêt de paralyser les États-Unis (en refusant les budgets présidentiels) sans vouloir négocier avec l’exécutif. Cela pourrait enflammer le Twitter présidentiel et leur amener un retour de bâton deux ans plus tard…. Cependant, et c’est certainement là leur plus grande victoire, les Démocrates font entrer de nouvelles personnalités, au profil nouveau, dans la Chambre. Les Républicains font pâle figure avec le retour de Mitt Romney (candidat malheureux face à Obama en 2012) au Sénat ou l’arrivée de Greg Pence (frère du Vice-Président) à la Chambre…. Alexandria Ocasio-Cortez, 29 ans, est la benjamine du Congrès. Originaire du Bronx et de racines hispaniques, cette ancienne serveuse (ce qui ne l’empêche pas d’être une «tête» diplômée en économie et en sciences politiques) avait surpris tout le monde en bousculant un vieux cadre démocrate lors des primaires. Soutien de Bernie Sanders, elle pourrait faire porter sa voix à la Chambre des Représentants. Font aussi leur entrée au Congrès et dans l’Histoire, les premières femmes amérindiennes et musulmanes. Sharice Davids et Deb Haaland sont les premières femmes issues des peuples natifs natifs d’Amérique à siéger au Congrès. Auparavant, seul une dizaine d’Amérindiens avaient pu entrer au Capitole. Respectivement avocate et administratrice, elles se sont fixées pour mission de défendre les peuples natifs du continent et les laissés-pour-compte de la Présidence Trump. Ilhan Omar, 36 ans, a été une enfant-réfugiée fuyant sa Somalie natale en proie aux affres de la guerre civile. Auparavant, députée à l’Assemblée du Minnesota, elle s’y connaît déjà en politique. Quant à Rashida Tlaib, Américano-palestinienne, elle défendra un programme «progressiste». Enfin, Ayanna Pressley (aucun lien avec le célèbre chanteur), a brillamment été élue après une campagne de terrain. Extrêmement proche des gens, elle n’a pas non plus hésité à parler des agressions sexuelles dont elle avait été victime. Le parti démocrate s’est refait une santé lors de ces midterms. Mais, la vague bleue n’a pas eu lieu. Les Parlementaires démocrates vont devoir jouer les équilibristes entre l’opposition anti-Trump et la continuité de l’État fédéral. S’ils s’avèrent bons funambules, ils pourraient bien détrôner le Président sortant à la prochaine présidentielle. Néanmoins, il ne leur faudra pas que des némésis à Trump pour triompher en 2020. Les nouvelles figures de proue bleue devront présenter d’autres arguments que leur genre, leur origine, leur couleur de peau. Les Américains attendent d’eux l’amélioration de leur sécurité, de leurs conditions de vie et la réunion de ce peuple divisé, pourtant connu pour son patriotisme. Outre le travail parlementaire, il reste au parti démocrate à reconstruire un corpus idéologique, mobiliser au-delà de son électorat traditionnel et retrouver un équilibre entre son centre et sa gauche. 

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| À VOS RÉSEAUX

JE TWEET, TU TWEETS,

NOUS TWEETONS…

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Et on poursuit la série d’articles liés aux réseaux sociaux… ! Après LinkedIn dans le dernier Libertines, c’est au tour de Twitter de passer sur le grill. Ce réseau social, l’un des plus populaires dans le monde, a été créé en 2006 et compte aujourd’hui plus de… 300 millions d’utilisateurs. Sans plus attendre, voyons ce qu’il a à nous offrir et comment rendre son utilisation optimale pour tout un chacun. Et n’oubliez pas, il ne s’agit que de conseils. Comme dit précédemment, nous ne sommes pas experts en la matière, mais pensons qu’il est bon de rappeler les bases de l’utilisation (professionnelle et responsable) des réseaux sociaux.

PAR ANTOINE DUTRY

  CONSTITUEZ-VOUS UN 

  AYEZ LE « TWEET 

Ce conseil étant applicable pour tous les réseaux, Twitter n’échappe évidemment pas à la règle. Dès lors, pensez à un « bon » pseudo, à une photo de profil, et à une bio. Sur ce dernier point, on vous conseille de la personnaliser un maximum. Décalée ou sérieuse, vous y mettrez ce que vous faites dans la vie, vos centres d’intérêt, les sujets sur lesquels vous aimez tweeter, etc. Bien formulée, elle constituera, à coup sûr, un incitant à vous suivre.

Plus encore que d’autres réseaux sociaux, Twitter est la plateforme par excellence où vous devez poster régulièrement. Plutôt que de vous contenter de la publication d’un tweet par semaine, fixez-vous plutôt des objectifs en termes journaliers. Si des personnes vous suivent, c’est qu’elles estiment que votre compte en vaut le coup, rendez-leur donc bien. Évidemment, qui dit « Tweet régulier » ne dit pas « Tweet pour ne rien dire ». On préférera la qualité à la quantité.

PROFIL

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Libertines | Décembre 2018

RÉGULIER »


À VOS RÉSEAUX |

  RETWEETEZ

  USEZ DU @TAG ET DU #HASHTAG

C’est assez simple finalement de retweeter, et très populaire comme outil. Il y a deux manières : soit en y ajoutant un commentaire, soit en retweetant le tweet original sans rien y ajouter. Plus généralement, ceci permet de faire circuler une information rapidement, ou tout simplement, de faire profiter votre réseau d’un contenu que vous jugez de qualité, d’actualité.

Dans les deux cas, l’intérêt d’utiliser ces fonctionnalités sur Twitter est double. D’une part, dans le cas du tag, quand le contexte s’y prête, il vous permet de directement interpeller un twittos (comprenez – utilisateur de Twitter), de lui répondre, ou de tout simplement mentionner une personne. Quant au hashtag, bien utilisé, cet outil peut vous permettre de cibler une audience bien précise et de connecter les tweets entre eux. D’où l’importance d’utiliser le hashtag adéquat, populaire et pertinent. La portée de votre tweet n’en sera que plus grande.

  ... MAIS N’EN ABUSEZ PAS !

Tant pour le tag que pour le hashtag, la règle d’or, c’est de ne pas les multiplier dans un même tweet. Trop en mettre, c’est clairement réduire la lisibilité de votre tweet. Plus encore, dans le cas du hashtag, plusieurs études démontrent qu’avec un ou deux hashtag, vous bénéficierez de plus d’interaction que si vous ajoutez des hashtags supplémentaires.

  PUBLIEZ AU BON  MOMENT

Bon nombre d’articles existent à ce sujet. Certains mentionnent trois heures importantes : 9h, 12h, et 15h. Bref, difficile d’y voir clair. Ceci étant, pourquoi ne pas faire appel à un outil qui analyserait les statistiques de votre compte Twitter ? Si c’est peut-être plus pertinent pour une entreprise, ce n’est pas totalement dénué de sens pour un utilisateur lambda qui chercherait à gagner une certaine influence.

A vos tweets… et peut-être à bientôt sur la #twittosphère (le compte de la FEL, c’est @etulib) ! ;-)

  INTERAGISSEZ ET ENGAGEZVOUS

La notion d’engagement est très importante sur Twitter, comme sur Facebook d’ailleurs (dans le cas d’une page professionnelle). Vos tweets sont susceptibles d’être commentés, dès lors, répondez et ne laissez pas un commentaire dans l’oubli (sauf s’il s’agit des agissements d’un troll car n’oubliez pas : don’t feed the troll ;-)). Jouez la carte du social et visez l’interaction.

  FAITES ATTENTION AU  CONTENU

En fonction de l’utilisation que vous ferez de Twitter, il peut être utile d’adopter une ligne éditoriale, et ce afin de gagner en efficacité et de respecter une certaine ligne de conduite. Aussi, soyez concis. Un tweet, c’est 280 caractères… Par ailleurs, sur Twitter, l’instantanéité et la rapidité sont telles qu’il est nécessaire de se relire deux fois avant de publier (orthographe, choix des mots, véracité de l’info communiquée…). Enfin, veillez à agrémenter vos tweets de liens et autres visuels. Là aussi, il est prouvé que ça renforce l’engagement de vos followers !

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| LES ACTUCES DE CORENTIN ET DELPHINE

Tu étais fin saoul hier ? Tu te sens mal aujourd’hui ? Alors regarde ces petits conseils que l’on t’a concocté rien que pour toi pour guindailler de manière responsable et 2.0 ! PAR CORENTIN LUCIFORA ET DELPHINE HAUTFENNE

NOS « TIPS » POUR UNE GUINDAILLE… En temps normal, on est sensé monter dans les degrés d’alcool et ne jamais redescendre. Mais ! Car oui, il y a bien un mais ! Qui est assez fou pour te conseiller ça ? Le secret, c’est de commencer par quelques bonnes spéciales et puis repasser à la pils. Et là, c’est un aller simple direct vers le train de la taule, tu nous en diras des nouvelles ;)

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Selon guindaille 2.0, il vaut mieux alterner entre la bière et l’eau. Mais est-ce que ton petit cerveau imbibé pense vraiment à ça ? Bien sûr que non ! Tire-toi ces idées impies de la caboche et claques-en encore une !

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Tradition de fin de soirée, panacée de la gueule de bois pour certains, quand tu finis ta soirée, rien de mieux qu’une petite crasse. Temple de la malbouffe, le kebab du coin (Cousin à Namur pour les intimes, ou Goldway à Louvain-la-Neuve), te mettra bien avant le dodo réparateur.

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Le savais-tu ? Plus et plus vite tu vides ton verre, moins forte sera ta gueule de bois le lendemain. Alors le conseil de la rédac : bloque ta glotte et affone ta bière. Pour ton info, les bons Belges sont capables d’ingérer un litre de bière en moins de 10 secondes, et toi ? Envoie-nous ton score par SMS au

Le meilleur conseil que nous puissions te donner est de t’éclipser au milieu d’une teuf, dès que tu sens que ton dernier affond commence à peser dans le coco, et d’aller gentiment mettre tes petits doigts sur ta glotte afin de soulager tout ça. Crois-le ou non, pas besoin d’être baptisé pour le petit quichon, c’est un nouveau départ pour profiter pleinement de ta soirée et être frais comme rose le lendemain. Et cela n’empêche pas de jouer au Don Juan pour le reste de ta soirée, un affond enlèvera les mauvaises odeurs buccales !

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Arrête de jouer au débutant, et oublie ton aspirine. Les médocs de vieux croutons, ça ne se marie pas avec une bonne Cara. À la place, nous te proposons de continuer sur ta lancée d’affonds comme tu as su faire tout au long de la soirée mais cette fois avec ce liquide bizarre, inodore et incolore. Tu vois cette chose qu’on appelle eau ? (On t’entend avec ton « L’alcool c’est de l’eau » mais aller, un petit effort, ces conseils sont pour éviter ta gueule de bois au final, pas la nôtre). Bref, bois un max d’eau en rentrant et garde un verre à côté de toi, ça change tout !

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Libertines | Décembre 2018


LES ACTUCES DE CORENTIN ET DELPHINE |

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On la connait tous ton idée de merde de soigner le mal par le mal ! C’est un bien joli proverbe mais est-ce vraiment sage ? Askip, doctissimo conseille d’arrêter l’alcool pendant 2 jours pour que le corps se remette ! Elle est bonne non ? Trêve de plaisanterie, on est jeune qu’une fois, va chercher tes Caras, on t’attend pour une bonne diurne ! Une diurne de ta gdb te remettra, la sagesse attendra.

Si t’es un héros, un vrai, le meilleur moyen de te remettre d’une gueule de bois est de sortir faire du sport en extérieur ! Enfile ton beau jogging et vas courir, ton organisme a besoin d’air frais, et sache que faire du sport accélèrera également le phénomène afin de t’assurer un prompt rétablissement. Mais on le sait tous, tu ne le feras pas. #flemmevie donc passe direct au point 3, Garfield.

On la connait tous ton idée de merde de soigner le mal par le mal ! C’est un bien joli proverbe mais est-ce vraiment sage ? Askip, doctissimo conseille d’arrêter l’alcool pendant 2 jours pour que le corps se remette! Elle est bonne non ?

Ps : une partie de jambes en l’air c’est du sport non ? Ça compte ?

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Trêve de plaisanterie, on est jeune qu’une fois, va chercher tes Caras, on t’attend pour une bonne diurne  ! Une diurne de ta gdb te remettra, la sagesse attendra.

En vrai, tu te doutais qu’on s’est un peu lâché, mais l’eau est la seule boisson dont ton corps a besoin. Fais attention à toi, bois avec modération (même si nous on le connaît pas), sors couvert et n’oublie pas, entre boire et conduire, il faut choisir !

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| CARICATURE

IL EST TEMPS ! ©Les humeurs d'Oli, Sud Presse, 22/10/2018.

PAR ENZA LAERA

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Ça y est ! La mascarade continue ! La ministre de l’enseignement, MarieMartine Schyns forte du rapport définitif sur les rythmes scolaires annuels, rédigé par la Fondation Roi Baudouin, annonce la poursuite de la réflexion autour de cet épineux et ô combien essentiel sujet. Ne serait-il, en effet, pas urgent de s’inquiéter de ces horaires de forçats imposés aux élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles ? Madame la ministre souhaiterait changer tout cela. Après tout, c’est elle qui décide. Elle vient de trouver un nouveau moyen d’alléger les souffrances de nos chers bambins. Comment imaginer qu’ils puissent suivre un tel rythme à raison de 36 heures par semaine ? Il est temps d’abréger leur souffrance face à ce qui, selon elle, résume visiblement tous les maux de l’enseignement : les enseignants. Car après tout, c’est à cause d’eux que les tests PISA sont si mauvais ; à cause d’eux qu’elle a dû plancher avec ses nombreux experts durant des mois sur un Pacte pour un enseignement d’Excellence qui va remettre ces fainéants de professeurs à leur place tout en imposant un modèle du privé (merci McKinsey) à l’école de demain. Et c’est surtout elle qui, grâce à cette idée révolutionnaire, va enfin remettre les enseignants sur le droit chemin du travail bien accompli en supprimant ces deux mois de vacances inutiles et totalement impopulaires dans la population votante. Après tout, elle vient avec son parti de se crasher royalement aux dernières élections communales, il est temps qu’elle fasse remonter tout cela par des mesures qui vont régler leurs comptes à ces profiteurs de la société. Sarcasmes mis de côté, il est évident qu’une discussion au sujet des rythmes scolaires peut voir le jour, que toutes les idées sont (souvent) les bienvenues dans le but d’améliorer l’état des lieux. Car si nos aïeux avaient décrété ces deux mois de vacances, c’était surtout dans le but de permettre aux enfants d’aider officiellement aux champs durant les mois de moissons. Mais à l’heure de l’immédiateté, à l’heure des heures à courir, à l’heure des enfants rois, à l’heure des parents parfois démissionnaires parce que surchargés, ne serait-il pas judicieux d’exploiter ce que nous possédons plutôt que de chercher la révolution pour la révolution ? Visiblement, la ministre a semble-t-il adopté définitivement le rapport de la Fondation Roi Baudouin comme le nouveau Saint Graal (il suffit de lire sa réponse à la question de Monsieur Henquet (MR) en séance du Parlement de la Communauté Française pour s’en convaincre : http://archive.pfwb.be/1000000020a30d8 ). Ce rapport explique qu’il suffira de faire passer le rythme scolaire à 7 semaines de cours pour 2 semaines de congés durant lesquelles, les enseignants pourront continuer à travailler ensemble, recevoir les parents, faire de la remédiation ou se former. Bref, pas de congés pour eux qui n’en ont de toute façon pas besoin vu le peu de travail qu’ils fournissent au quotidien. Le seul problème, c’est que si nos enseignants sont aujourd’hui tellement résignés au mépris que le peuple leur voue, ils ne protestent même plus face aux aberrations qu’on leur impose Dès lors, il ne faudra pas s’étonner si un jour l’animal blessé se relève et soit incontrôlable. Car à force de frapper toujours sur le même clou, il finira par rompre. Qui s’occupera alors de l’éducation et de l’enseignement de nos enfants ? 

Libertines | Décembre 2018


FLASHBACK |

Président et Éditeur Responsable : Laurent Costas Rédaction :

FLASHBACK

Avenue de la Toison d’or, 84 - 86 1060 Bruxelles Informations lecteurs : Tél : +32 2 500 50 55 info@étudiantslibéraux.be Rédactrice en chef : Victoria Vandeberg Rédaction : Laurent Costas John De Coster Arnaud Devos Antoine Dutry Eugène Ekoué Kouvahey Guillaume Ergo Delphine Hautfenne Enza Laera Corentin Lucifora Alexandre Servais Alexandre Somma Direction artistique : Daphné Algrain Avec le soutien :

5/11 Le CELN organisait son 1er Midi politique sur le thème de l’état la Justice en compagnie de Maître Patrick Larbière, avocat.

8/11 Le CEL ULB visitait la RTBF et participait à l’atelier : La " cinquième édition ", où nos étudiants ont endossé le rôle de l’éditeur du Journal.

15/11 le CEL ULB organisait un débrief des élections communales en compagnie de la plateforme MYOC et des jeunes représentants des partis traditionnels.

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UNE ACTION LE 1ER DÉCEMBRE, POURQUOI ? « Pas besoin de se protéger... Le SIDA n’existe plus ! » Faux ! 2,8 personnes par jour en moyenne sont diagnostiquées positives au VIH. À l’échelle mondiale, 5753 personnes sont diagnostiquées par jour. Nombreuses sont celles qui ignorent leur séropositivité et peuvent la transmettre à d’autres personnes involontairement. N’hésitez pas à vous faire dépister régulièrement. Plus d’informations sur www.depistage.be « J’ai fait une prise de sang, c’est bon, je peux arrêter la capote ! » Faux ! Pour dépister d’autres IST comme la Chlamydia, la Gonorrhée ou le Papillomavirus (HPV), une prise de sang ne suffit pas ! Il faut faire un prélèvement/frottis génital ou test urinaire. Détectées à temps, la plupart de ces IST se traitent facilement ! « Je peux coucher avec une personne séropositive sans risque ? » Vrai ! Grâce aux avancées scientifiques, on peut aujourd’hui avoir des rapports sexuels avec une personne séropositive, sous traitement, sans risque de transmission du VIH. ATTENTION toutefois : il faut notamment que celui-ci soit efficace depuis plus de 6 mois, qu’il n’y ait pas d’autres IST et que l’équipe médicale ait donné son accord !

En partenariat avec

Libertines n°19 - Décembre 2018  

@Fédération des Étudiants Libéraux

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