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UNE PUBLICATION DE LA FÉDÉRATION DES ÉTUDIANTS LIBÉRAUX I AVRIL 2015

news

LE MAGAZINE QUI DÉVOILE

Citoyenneme ent vôtr agne

La nouvelle cam  p de la FEL !

p. 10

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Interview : Georges-Louis Bouchez #ÖzgecanAslan Quand UBER rencontre Bruxelles

N° 4


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Interview :

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Interview :

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Le point de vue de la FEL

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Dossier campagne

Clément Bourdon Mathieu Bihet

Flashback

Vous le savez, la FEL n’est jamais à court d’activités. Conférences, débats ou activités folkloriques, il y en a pour tous les goûts. Voici donc un petit aperçu de ce qui s’est déjà passé cette année...

Georges-Louis Bouchez

Citoyennement vôtre, la nouvelle campagne de la FEL !

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Rétrospective

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ACTU : Élio l’exubérant

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#ÖzgecanAslan, le symbole du féminicide en Turquie

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Quand UBER rencontre Bruxelles

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Grèce -  Espagne : Le casse électoral du siècle ?

Pour une réglementation de la prostitution

Éditeur Responsable :

Clément Bourdon Rédaction :

Avenue de la Toison d’or, 84 - 86 1060 Bruxelles

11 Février 2015

12 Février 2015

La FEL-LLN a souhaité soumettre ce sujet au débat afin de revenir sur les différents événements de l’actualité.

Christine Defraigne était l’invitée de la FELU pour parler de l’impact de la 6ème Réforme de l’Etat.

Café politique « Liberté vs sécurité »

Le rôle du Sénat

4 Mars 2015

23 Février 2015

Examen d’entrée en médecine

2 démocraties, 2 majorités, 2 opinions publiques ?

Le CEL-ULB a invité plusieurs experts afin de débattre d’un éventuel numerus clausus déguisé.

La FEL Namur accueillait Herman De Croo, Open Vld et Francis Delpérée, cdH pour débattre du sujet.

12 Mars 2015

19 Mars 2015

Le nouveau président du MR a accepté de rencontrer l’équipe nationale de la FEL pour échanger sur le libéralisme.

Patrick Smets était à la FUSL pour présenter les objectifs et les idées fondamentales du Parti Libertarien aux étudiants.

Rédactrice en chef :

Laura Hidalgo

Comité rédactionnel :

Clément Bourdon Laura Hidalgo Emilie Verstraeten Benjamin Cocriamont Arno Bouvier François Lamy Gauthier Vlassenbroeck François Devillez Mehdi Picone Direction artistique :

Rencontre avec Olivier Chastel

Daphné Algrain Libertines

- Avril 2015

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Midi politique à Saint-Louis


Édito

MOT DU PRÉSIDENT Le vivre ensemble a été violemment mis à mal en ce début d’année (les attentats de Paris et Copenhague en sont des exemples criants). Ces évènements ont suscité une émotion universelle.

AVRIL Après un hiver morne et calme, les premiers rayons de soleil apparaissent et les jours rallongent significativement. Rien de mieux comme condition pour les Etudiants Libéraux pour éditer un nouveau magazine Libertines ! À l’heure d’écrire cet édito, voilà que le Libertines de ce mois est au complet. Quel plaisir pour ma part d’avoir pu contribuer à sa mise en oeuvre et à sa concrétisation en tant que rédactrice en chef. Au travers de ce numéro, notre Libertines reviendra sur notre nouvelle campagne « Citoyennement vôtre » qui prône des mesures concrètes pour améliorer le vivre ensemble. Vous verrez quelle est la vision de la FEL pour la société de demain. Vous pourrez découvrir l’interview du député Georges-Louis Bouchez sur le droit de vote à 16 ans ainsi que la position des Étudiants Libéraux. Nous reviendrons sur des sujets qui ont fait l’actualité par plusieurs réflexions et prises de positions par les Étudiants Libéraux (Uber, la gare Calatrava, la montée du féminicide en Turquie, les élections en Grèce etc.). Une plus ample connaissance de notre Président de la FEL Clément Bourdon ainsi que du Président des JMR Mathieu Bihet sera à découvrir. Vous aurez l’occasion de voir quelques clichés de notre Mise au Vert riche en souvenirs et en travail. Je vous souhaite une bonne chasse aux articles ! 

En réaction à ces évènements, nous avons édité notre nouvelle campagne « Citoyennement vôtre », reprenant des propositions concrètes en vue de promouvoir le vivre ensemble et mettre en avant ce socle commun qui nous rassemble tous : la citoyenneté. Ce Libertines est l’occasion de présenter brièvement cette nouvelle campagne mais aussi de revenir sur d’autres faits plus récents, comme la montée de Syriza au pouvoir en Grèce ainsi qu’un regard nuancé sur l’actualité dans la rubrique « approuve - rejette s’interroge » et d’autres faits de sociétés, comme la question de la prostitution ou la problématique du féminisme en Turquie. Enfin, nous vous annonçons dans ce numéro la prochaine expansion de notre Fédération à l’Ichec où une nouvelle section locale va voir le jour. Nous leur souhaitons la bienvenue parmi nous ! La rédactrice en chef, Laura Hidalgo et moi-même vous souhaitons une bonne lecture de ce nouveau « Libertines ».  

Président de la FEL Rédactrice en chef

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INTERVIEW

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FACE À FACE ENTRE

POURQUOI T’ES-TU INVESTI À LA FEL ? J’ai décidé de m’investir à la FEL il y a un peu moins de 3 ans en commençant directement comme Trésorier. Ce qui m’a motivé en premier lieu était la volonté de m’engager dans le milieu étudiant et politique. Étant libéral, le choix de la FEL m’est apparu comme une évidence. Les études universitaires ouvrent énormément de perspectives au niveau de l’engagement étudiant et il serait tristement réducteur de les résumer à la logique « métro-bibli-amphi-dodo ».

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QUEL EST TON PROCHAIN DÉFI PENDANT TA PRÉSIDENCE? La présidence touchera bientôt à sa fin, hélas. Plus que trois mois. Mon prochain défi serait de relancer le Congrès des Étudiants Libéraux qui se tiendrait sans doute au début du premier quadrimestre de la prochaine année académique. Nous avons également le projet d’organiser une conférence au niveau national, en rapport avec la nouvelle campagne. Du reste, à l’arrivée prochaine du blocus et des examens, il serait préférable de se mettre dans la logique « métro-bibli-dodo ».

Clément Bourdon

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POUR TOI, QUE VEUT DIRE ÊTRE LIBÉRAL? C’est une question qui pourrait amener une réponse longue et exhaustive donc je vais essayer d’être concis : être libéral, c’est avant tout prôner l’émancipation de l’individu tout en le responsabilisant. Le libéralisme implique, selon moi, cette mise en balance entre la liberté de l’individu et la responsabilisation de ce dernier. Liberté et responsabilité doivent aller de pair.

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COMMENT VOIS-TU LA COLLABORATION FEL/ JMR ? La FEL et les Jeunes MR ont beaucoup de points communs mais se distancient aussi sur d’autres problématiques. Nous avons déjà collaboré ensemble, notamment en sortant un communiqué de presse commun sur le service citoyen obligatoire. Je pense que ces expériences doivent être réitérées à l’avenir, lorsque nous défendons les mêmes positions. On parlera toujours plus fort ensemble que séparément.

Carte d’identité CLÉMENT BOURDON Président de la Fédération des Étudiants Libéraux.

Originaire de Neufchâteau.

É  tudiant en 1ère master en droit économique et social à ULB.

Né le 6 février 1992.

Libertines

- Avril 2015

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ET Mathieu Bihet

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POURQUOI T’ES-TU INVESTI AUX JEUNES MR ? Étant intéressé par la politique, je voulais pouvoir défendre mes idées au quotidien, sur le terrain mais aussi à l’occasion de conférerences-débats, rencontrer d’autres jeunes, convaincre… Devenir membre était donc assez logique pour moi. En tant que libéral, c’est donc naturellement que j’ai rejoint les Jeunes MR.

INTERVIEW

3 POUR TOI, QUE VEUT DIRE ÊTRE LIBÉRAL? C’est avant tout défendre les valeurs de liberté, de méritocratie et d’émancipation de l’individu. Je suis pour une liberté responsable, c’est-à-dire la possibilité laissée à chacun de faire ses propres choix pour autant que cela ne nuise pas aux autres et pour autant que les règles de vivre ensemble soient respectées. Un socle commun de règles est nécessaire pour vivre ensemble.

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QUELS SONT TES PROJETS POUR LES JEUNES MR ? En primeur, on peut déjà annoncer un congrès le 25 avril qui abordera l’entreprenariat chez les jeunes : comment lancer son activité, quels sont les obstacles, etc. Nous aurons également deux conférenciers de renom. Enfin, les invitations sont lancées pour la Politic Academy qui se tiendra à l’automne.

COMMENT VOIS-TU LA COLLABORATION FEL/JMR ? Les deux organisations sont clairement indépendantes et peuvent donc prendre des positions différentes sur certains points précis, c’est ce qui fait la richesse des organisations libérales. Pour autant, vu que nous partageons des valeurs communes, les valeurs libérales, il peut être intéressant de co-organiser certains évènements pour débattre et avancer. C’est dans ce sens que j’imagine la collaboration FEL/JMR.

Carte d’identité MATHIEU BIHET - Surnom : Francis Président des Jeunes MR. Conseiller communal à Neupré. É  tudiant en 1ère master en droit administratif et public à l’ULG. Originaire de Neupré. Né le 7 juillet 1991.

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INTERVIEW

5 QUESTIONS À

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NE PENSEZ-VOUS PAS QU’IL FAUDRAIT ATTENDRE QUE LE COURS DE CITOYENNETÉ SOIT BIEN INSTITUÉ ? Si vous pensez que le cours de citoyenneté va permettre d’élever Député wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, échevin le niveau général sur la formation des Finances, du Budget, de l’Emploi, du Développement politique... (…)Je ne suis pas naïf. J’ai durable et de l’Informatique de la cité du Doudou eu des cours de dessin et je ne sais toujours pas dessiner. Je pense que ce sera un outil extrêmement important. Richard Miller l’a porté pendant 10 ans mais le PS n’en a jamais voulu. Pour le moment, il semble avoir un POURQUOI VOULOIR ÉTABLIR LE consensus pour ce cours. Ce débat DROIT DE VOTE À 16 ANS ? NE DOIT-ON PAS ALORS pour le vote à 16 ans durera peut-être Cela part du constat du vieillissement de ABAISSER LE DROIT DE VOTE À longtemps mais il faut le lancer. la population. Les thématiques vieillissent 14 ANS PUIS À 12 ANS ? Entre le moment où je l’ai lancé (il y également et la question des jeunes est Je m’attendais à cette question. Cela a six mois) et maintenant, j’ai vu une abandonnée. (…) part du constat du vieillissement. On a évolution dans mon propre parti. (…) Entre 16 et 18 ans, on a une série de droits fait exactement les mêmes réflexions importants qui donnent lieu à un statut lorsqu’on a abaissé le droit de vote de Le débat se lance et je crois hybride. On n’est pas tout à fait majeur 21 ans à 18 ans. On nous a expliqué même qu’il va renforcer le cours mais on n’est plus tout à fait mineur. (…) que c’était la pire chose que l’humanité de citoyenneté. Si on donne la Les élections locales concernent la vie allait connaitre. Il y a la même possibilité du droit de vote, on quotidienne des jeunes (école, centre virulence actuellement. pourrait organiser des débats chaque sportif, activités urbaines, etc.) mais ils ne année. (…) Je pense important dans Franchement, je n’exclus pas que, dans peuvent pourtant jamais s’exprimer dessus. 50 ans, les jeunes soient aptes à voter le contexte global d’avoir ce débat de société sur nos valeurs et sur le Au niveau local, les thématiques sont à 14 ans. On ne peut pas le savoir à caractère progressiste. Cela permet facilement abordables et on est toujours à l’avance. Qui aurait pu imaginer il y a 100 aussi de reparler de la jeunesse dans l’école. Ce droit de vote doit s’accompagner ans qu’on aurait donné le droit de vote le débat politique. du cours de citoyenneté pour donner une à 18 ans ? (…) Pour ma part, une société approche des débats contradictoires et qui a peur de sa des différentes politiques. Ça permettra jeunesse est également de voter de façon éclairée la une société première fois. (…) morte ou en passe de l’être ! SI VOUS VOULEZ DONNER UN DROIT DE VOTE, EST-CE QUE LE DROIT DE VOTE SERA-T-IL VOUS VOULEZ DONNER UN OBLIGATOIRE ? DROIT D’ÉLIGIBILITÉ ? Ce n’était pas dans la proposition initiale mais On y a réfléchi mais dans un grâce au débat je proposerai un amendement premier temps, il n’est pas au texte afin de prévoir un système impératif même si je crois d’inscription. (…) Ceux qui s’inscrivent seront qu’effectivement, l’un ne peut obligés d’aller voter. Ça donnera une opportunité pas aller sans l’autre. à ceux qui veulent s’investir. En Région wallonne, Personnellement, quand on fait une consultation populaire je n’aurais aucune (exemple à Namur sur l’implantation difficulté qu’un ou pas du centre commercial) conseiller les gens peuvent voter à 16 ans communal ait car justement il y a un intérêt 16 ans.  communal ! (…)

Georges-Louis Bouchez

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INTERVIEW

ET À LA FEL, ON EN PENSE QUOI ? QUID DU DROIT DE VOTE À 16 ANS ? Étonnamment peut-être pour des jeunes, les Étudiants Libéraux ont choisi, en l’état des choses, de se positionner contre l’adoption du droit de vote à 16 ans. Nous avons constaté que rien n’était fait pour favoriser la préparation au vote des jeunes de 18 ans alors pourquoi ne pas se pencher d’abord sur ce problème avant d’ambitionner un vote plus tôt ? Actuellement, nous pensons que les éléments ne sont tout simplement pas réunis pour que des jeunes de 16 ans puissent poser un vote citoyen et responsable. Nous sommes évidemment conscients de l’importance d’intéresser les jeunes à la chose politique mais il existe d’autres solutions. Le fait que les partis politiques accueillent les jeunes dès 16 ans en est déjà une. L’implication et l’investissement sont possibles… Le vote à 16 ans ne doit pas être un outil pour intéresser les jeunes à la politique mais un objectif à atteindre par le biais d’autre moyens. QU’EN EST-IL DE L’OBLIGATION DE VOTE ? Justement, qu’en est-il ? Peut-on obliger des jeunes à aller voter s’ils ne sont pas correctement préparés à le faire ? Malgré tout, les Étudiants Libéraux considèrent que le vote non obligatoire à 16 ans irait à l’encontre de la volonté première d’intéresser les jeunes à la politique. Comment responsabiliser le jeune de 18 ans s’il n’est pas soumis dès le départ à l’obligation du vote ? Nous restons attachés au principe du vote obligatoire qui est pour nous un devoir citoyen. POURRIEZ-VOUS ENVISAGER UN ABAISSEMENT DU DROIT DE VOTE À 14 ANS PUIS À 12 ANS ? Difficile d’imaginer cela alors que nous sommes déjà contre l’abaissement à 16 ans. L’âge de 12 ans reste encore la frontière entre l’enfance et l’adolescence alors peut-on imaginer qu’un enfant soit préparé à s’impliquer aussi loin dans la vie communale ? Cela pose également le problème de l’éligibilité…Conseiller communal ou échevin à 16, 14 ou 12 ans ?

LE COURS DE CITOYENNETÉ DEVRAIT-IL ÊTRE INSTITUÉ AVANT CETTE APPLICATION ? Évidemment ! Même sans l’abaissement du droit de vote, nous sommes favorables à l’instauration d’un cours de citoyenneté. Un tel cours aurait d’ailleurs déjà dû être instauré depuis longtemps pour aider les jeunes de 18 ans à élaborer leur réflexion politique et devrait même être obligatoire dès la 1ère secondaire. Ce cours favoriserait le dialogue entre les élèves et permettrait aux jeunes de travailler sur sa réflexion et son analyse de la société. Nous nous interrogeons tout de même sur les modalités de ce cours ; qui pour l’enseigner, quel programme, quid de la neutralité ? Nous espérons sincèrement que l’année 2015-2016 sera charnière dans la mise en place d’un cours de citoyenneté efficace. QUE PENSEZ-VOUS DU DROIT DE L’ÉLIGIBILITÉ ? Cette question nous laisse justement perplexe. Si l’un des buts annoncés du vote à 16 ans est d’intéresser les jeunes à la politique, comment justifier le fait qu’ils ne puissent voter que pour des personnes plus âgées et ne pas s’impliquer sur le terrain ? Selon nous, cette éligibilité reste cependant irréalisable car certains actes légaux ne peuvent être posés à 16 ans. 

LE SAVIEZ-VOUS ? En Belgique, le droit de vote à partir de 18 ans a été instauré en 1969 pour les élections communales et en 1981 pour les autres. L’Autriche est le seul pays européen à avoir abaissé le droit de vote à l’âge de 16 ans pour toutes les élections mais d’autres suivent sa trace. Une partie de l’Allemagne, de la Suisse et certaines îles du Royaume-Uni ont fait de même pour certains types d’élections. En Slovénie, le vote à 16 ans est conditionné par un contrat de travail. En Irlande, la question sera bientôt soumise à un référendum.

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POINT DE VUE

LA FEL APPROUVE Les discussions menées au sujet de la citoyenneté.

La lutte contre la fraude fiscale. La création d’ici 2016 d’une agence immobilière visant à pallier le manque de kots.

Un budget favorisant la croissance. L’idée s’un service citoyen pour les rhétoriciens.

LA FEL S’INTERROGE SUR L’opportunité de rejeter le droit de vote obligatoire.

etourne d’où tu viens ». L’émission de téléréalité « R

La présence de la FGTB au congrès socialiste. La présence des militaires dans les rues.

CEL ICHEC, SEPTIÈME SECTION DE LA FEL Le 25 mars, une nouvelle section reconnue par la FEL suite au vote unanime du conseil d’administration. Il s’agit du CEL ICHEC, qui représente les Étudiants Libéraux de l’ICHEC Brussels Management School. Cette école propose plusieurs programmes de formation, deux bacheliers en trois ans et quatre masters en un ou deux ans. Plus de 2000 étudiants de 60 nationalités différentes et un corps professoral de 200 professeurs font partie de l’ICHEC.

Libertines

- Avril 2015

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POINT DE VUE

LA FEL REJETTE

« LA CONCERTATION SOCIALE SE MEURT » François Lamy

© Kroll, publié dans « Le soir » du 24 mars 2015.

L’idée de supprimer la session d’examens en janvier.

La destruction des biens culturels par Daech.

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Les propos de Bart De Wever en matière d’immigration.

Le traitement fait au blogger Raif Badawi.

otre Belgique a été pionnière en matière de concertation. Depuis la fin du XIXe siècle, des représentants des ouvriers se sont réunis comme porte-parole de ceux-ci pour protéger leurs intérêts particuliers face à des gouvernements qui les oubliaient trop souvent. Ce sont les premiers syndicats. Aujourd’hui, il existe différents syndicats qui représentent différents intérêts. Tous ces syndicats forment la concertation sociale, très chère à notre Belgique. Pour que celleci soit utile et fertile, on oublie souvent qu’il faut non seulement réunir les syndicats des employés et des ouvriers mais aussi les syndicats du monde du patron, chaque syndicat protégeant son propre intérêt. La concertation, tout en restant en dehors de la politique, a pour but avoué de faire flancher certaines décisions du gouvernement dans un sens choisi. Or, récemment, on dénote une promiscuité grandissante entre un grand syndicat à savoir la FGTB et le Parti Socialiste. Ils mènent un front commun. Non seulement le PS oublie qu’en tant que parti national, il ne représente pas seulement ses électeurs mais bien tous les Belges. Mais la FGTB oublie clairement son rôle de représentant des travailleurs et non de représentant politique. Cette très grande proximité est néfaste pour notre démocratie dans laquelle le politique ne tire pas toutes les ficelles mais est contrebalancée par la concertation sociale. 9


DOSSIER CAMPAGNE

CITOYENNEMENT VÔTRE

Benjamin Cocriamont

TOUS LES MÊMES !

Citoyennement vôtre – la nouvelle campagne de la Fédération des Étudiants Libéraux pour arriver à plus de citoyenneté et à une amélioration du vivre ensemble

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e début de l’année 2015 a été marqué par des événements dramatiques qui ont choqué toutes les personnes éprises de liberté. Le vivre ensemble et la coexistence entre cultures ont été mis en danger. Les Étudiants Libéraux prônent l’amélioration de ce vivre ensemble, qui passe par un effort de citoyenneté de la part de tous. Dans le but de défendre ces valeurs, la FEL a lancé le 23 mars sa nouvelle campagne : Citoyennement vôtre. Quels sont les obstacles au vivre ensemble ? Puisque connaitre les difficultés nous facilite la recherche des solutions, la FEL a fait un bilan des pierres d’achoppement : • Le racisme et la discrimination, barrières au vivre ensemble. • Le communautarisme. • Le manque de liberté d’expression, pierre angulaire de notre société libérale. Néanmoins, un simple constat des problèmes ne fait pas une campagne ! C’est donc pour ça que nous, Étudiants Libéraux, proposons un travail sur le long terme pour un véritable changement et pour une amélioration du vivre ensemble. Nous portons donc les propositions suivantes à travers notre campagne.

LA CONSÉCRATION DE LA LAÏCITÉ D’UN POINT DE VUE POLITIQUE En effet, nous pensons que l’État belge doit devenir un Était laïque. Il reconnait déjà une laïcité philosophique, qui se traduit par la remise en question de toute croyance et par la liberté d’expression. Cette laïcité doit aller encore plus loin et doit être consacrée d’un point de vue politique. Une séparation plus stricte entre la religion et l’État nous semble très importante dans le cadre de la promotion du vivre ensemble. Pour ce faire, la FEL encourage l’insertion d’une disposition transitoire à l’article 19 de notre Constitution. Cette mesure tendrait à réaffirmer la Belgique en tant qu’État laïque et ce serait une garantie à la liberté d’expression.

Qu’est-ce que la laïcité ? Est-elle compatible avec l’idée de croire, d’avoir une religion ? Il convient de rappeler que la laïcité ne s’apparente pas à une croyance ou à une absence de position religieuse. Elle prône le respect de toutes les pratiques et convictions qui doivent rester une affaire privée. La laïcité permet donc la coexistence de différentes visions philosophiques et religieuses en conjuguant liberté et égalité.

Libertines

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DOSSIER CAMPAGNE LA RÉVISION DU FINANCEMENT DES CULTES Le financement des cultes, comment ça marche ? Laissez-nous vous expliquer l’octroi de subventions à des communautés religieuses. Le financement des cultes dans notre pays est estimé à 140 millions par an. 85,5% de cet argent sont destinés au culte catholique, et seulement 2,1% au culte islamique, qui rassemblerait 10% de la population belge. Autrement dit, le décalage entre le financement du culte islamique et le nombre des Belges musulmans est flagrant ! Le résultat : un financement parfois trouble de certains cultes. Nous considérons que, dans un Etat laïque comme celui que nous recherchons, la religion fait partie de la sphère privée et, en conséquence, le financement des cultes doit être décidé par chaque citoyen. Nous recommandons la mise en place d’un impôt dédicacé obligatoire, comme cela se fait en Allemagne. Cet impôt aurait deux avantages majeurs : d’une part, le financement des cultes s’avérerait plus juste et d’autre part, on mettrait un terme à l’intervention étrangère dans ce financement.

L’APPRENTISSAGE DE LA CITOYENNETÉ DANS LES ÉCOLES Cet apprentissage passe par une réforme scolaire. L’importance de former des jeunes citoyens responsables et engagés ne doit plus être démontrée. Néanmoins, le désintérêt des jeunes pour les réalités politiques et sociétales est un fait. Face à cet échec de l’entité scolaire à faire de sa jeunesse des citoyens responsables, nous proposons une réforme scolaire qui verrait l’instauration de deux nouveaux cours : Cours de citoyenneté, alliant théorie et pratique dès la 1ère année. Ce cours devrait s’articuler en trois parties : une approche théorique de la démocratie et de la vie politique belge, une approche pratique de la démocratie et une mise en situation grâce à un service citoyen pour les rhétoriciens. Cours d’histoire comparée des religions, à partir de la 3ème année du secondaire. Celui-ci consisterait en 1 heure de plus au sein du cours d’histoire, ayant pour but de mettre en avant les points communs entre les différents courants philosophiques et religieux. Bien entendu, la perspective choisie serait scientifique et non confessionnelle.

Voici nos propositions concrètes pour améliorer le vivre ensemble par la citoyenneté et le respect. Nous réaffirmons notre position et plaidons pour un exercice libre de toutes les convictions religieuses mais dans le cadre de la sphère privée. Nous prônons un véritable programme à long terme pour une société plus progressiste, une société où les libertés fondamentales de chacun sont respectées. Réfléchissons à ce qui nous rassemble et améliorons le vivre ensemble! C’est là tout l’objectif de la Campagne « Citoyennement vôtre ». 

Suivez-nous sur : www.citoyennementvotre.be Mais aussi sur notre page facebook : /citoyennementvotre 11


RÉTROSPECTIVE

LES MOIS D’HIVER À LA FEL, C’EST QUOI ?

Et qu’est-ce qu’on fait à la FEL ? La FEL c’est le militantisme estudiantin et une véritable opportunité pour t’investir dans la vie de ton campus.

Libertines

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CARTE BLANCHE

LA CARTE BLANCHE DE GAUTHIER

Gauthier Vlassenbroeck

L’OUVERTURE DES MAGASINS JUSQUE 22H : RÉEL BESOIN OU MARCHÉ DE DUPES ?

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écemment, l’Open VLD a émis une proposition de loi permettre aux magasins d’être ouverts jusqu’à 22h. Le parti considère que « Fermer les magasins à 20h n’est plus de ce temps ». En tant que libéral, j’estime que la proposition crée plus de problèmes qu’elle n’en résout. Tout d’abord, il convient de remarquer qu’il n’existe pas de réelle demande pour une ouverture prolongée des magasins le soir du côté des indépendants. En effet, si un commerce utilise la possibilité que lui offre la proposition de loi, son concurrent se verra pénalisé de ne pas l’utiliser. Accepter cette proposition reviendrait donc à accentuer encore plus la pression sur les petits indépendants, qui ne disposent pas de la même marge de manoeuvre que les grandes entreprises. Les petits indépendants qui ont du mal à joindre les deux bouts seront obligés d’adhérer à ces horaires intenables (de 5 à 22h, cela veut donc dire que le magasin peut être ouvert pendant 17h !) pour tenter de sauver leur commerce, et diminueront encore le temps qu’ils peuvent consacrer à leur famille. Ensuite, dans le chef des salariés des magasins qui utilisent cette possibilité, qui sont majoritairement des personnes de moins de 35 ans, on observera une diminution du temps accordé à la vie privée. Or, cette catégorie de personnes est celle qui en a le plus besoin : des jeunes couples avec des enfants, des mères isolées… Souhaitons-nous vraiment que ces personnes doivent accorder encore plus de temps à leur emploi au détriment de leur famille ? Aussi, selon Comeos (Fédération belge du commerce et des services) et selon l’Unizo (équivalent flamand de l’Union des Classes Moyennes), la mesure n’est pas utile. L’un pointe que la possibilité d’ouvrir jusque 20h n’est déjà pas usitée par une majorité de commerçants (ainsi, certains secteurs n’en font même pas l’usage). L’autre pointe que ce n’est pas la période d’ouverture qui est problématique, mais plutôt la période de travail. Les commerçants devraient disposer de plus de temps pour préparer les commandes, par exemple. Nous comprenons évidemment que certaines personnes souhaiteraient faire leurs courses jusqu’à 22h, mais ce débat est surtout alimenté par la recherche incessante de flexibilité. Ainsi, dans certains pays où l’ouverture des magasins est permise jusqu’à 22h, leur fréquentation n’a pas augmenté de manière significative. Il est donc évident pour nous que la possibilité ouverte par la proposition de loi s’apparente à un marché de dupes. Que voulons nous ? Des petits indépendants croulants sous la charge de travail? Des grandes enseignes renforcées par leur flexibilité, assénant une concurrence déloyale aux PME? Des employés ayant plus que pour seule raison de vivre leur travail ? Et de toute façon, quelle est la proportion réelle de personnes qui ne peuvent pas satisfaire leurs besoins avant 20h ? Nous, consommateurs, clients, somment peut-être rois, mais nous n’avons pas le droit d’ôter le peu dont disposent les salariés de ces grandes enseignes et les petits indépendants.  13


ACTU

95.047

Lors de l’ouverture des festivités de Mons 2015, The Guardian qualifiait Elio Di Rupo de « bourgmestre exubérant ». Une des raisons ? Le gouffre financier que représente la future gare Calatrava. Retour sur une critique justifiée.

MONS, 95.047 HABITANTS, 11e VILLE DU PAYS… ET UNE GARE À 155.000.000€.

Éliol’exubérant ! D

es grues, des pelleteuses, des bulldozers, des camions et des conteneurs ; voilà ce que verront les touristes en arrivant à la gare de Mons. Au départ prévue pour 2015, la fin des travaux ne sera ficelée par une inauguration qu’en 2018 ou en 2019 voire même en 2022… Enfin, selon ceux qui osent encore avancer des chiffres. En effet, fin janvier, nous apprenions que la cadence des travaux allait être ralentie, cela étant dû aux économies budgétaires que doit faire Infrabel. Cette annonce a au moins eu le mérite d’en faire rire certains qui en appellent à MarcEmmanuel de « Tous ensemble » pour les terminer.

Incroyable mégalomanie Mais pourquoi donc s’être lancé dans un tel projet pharaonique ? Il suffit de marcher quelque peu jusqu’à la magnifique Grand Place, entrer dans le bel hôtel de ville de style gothique et d’y demander qui en est le bourgmestre : Elio Di Rupo. L’homme fait preuve d’une mégalomanie incroyable qu’il satisfait au moyen de la présidence du PS. La capitale européenne de la culture en était le premier trophée, fier d’avoir fait taire la concurrence liégeoise. Mais à l’heure où Liège, la première agglomération de Wallonie, se dotait d’une splendide gare Calatrava, la jalousie s’est emparée du Montois. En effet, l’homme fort du PS a dès lors souhaité une similaire pour sa ville, tel un seigneur.

Libertines

- Avril 2015

Et pourquoi pas un Belge ?

Mehdi Picone

Des questions peuvent se poser quant à la réelle utilité d’une telle gare. Certes, la gare de Mons avait besoin d’un coup de neuf. Mais cela aurait pu se faire par le biais d’une rénovation en profondeur. Contrairement à la gare liégeoise faite de verre et d’acier et donc vouée à la démolition, celle de Mons était modernisable. Quand bien même il y aurait un souhait d’une nouvelle construction, pourquoi ne pas avoir fait appel à un architecte belge de renom ? Cela aurait eu l’avantage de réduire les coûts et de montrer le savoir-faire national. Quel est réellement l’intérêt pour une ville de moins de 100.000 habitants de faire appel à un architecte de renommée internationale ? Il n’y en a pas. Visiblement, et contrairement à ce qu’il prétend, Elio Di Rupo préfère choyer son électorat et donc assurer ses intérêts particuliers plutôt que de faire prévaloir l’intérêt général et le développement économique wallon. En d’autres mots, dans une des provinces les plus pauvres d’Europe, le socialiste préfère utiliser de l’argent public dans de somptueuses œuvres d’art qui pour certaines, comme le Passenger d’Arne Quinze (400.000€, tout de même), ont déjà disparu plutôt que de l’investir dans l’économie locale et les PME hennuyères afin de sortir du déclin industriel qui hante la région depuis tant d’années . Comprendra qui pourra. 

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ACTU

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ace à ce constat, nous avons deux possibilités : soit nous détournons les yeux et nous livrons les prostituées à ellesmêmes, soit nous les protégeons en réglementant leur profession. Inutile de jouer aux autruches, nous préférons la seconde approche. La société doit prendre conscience que les travailleurs du sexe, comme tous les autres travailleurs, doivent bénéficier de droits pour pouvoir exercer leur profession dans les meilleures conditions possibles. Osons parler un langage clair : la prostitution est un métier comme un autre, si ce n’est qu’il a trait à une corde sensible des valeurs de notre société. Mais qui sommes-nous pour juger? Il ne faut en effet pas oublier que même si certaines le font sous la contrainte, ce que nous condamnons fermement et que nous visons aussi à combattre grâce à cette réglementation, d’autres le font par choix. La motivation de ce choix n’implique que les principales concernées, les prostituées, et ne nous regarde pas. Ce qui importe, pour nous, c’est qu’elles disposent des conditions qui leur permettent de réaliser leur travail sans avoir la peur au ventre.

POUR UNE

RÉGLEMENTATION

Même si plusieurs initiatives ont été créées ou sont en passe de l’être, cela reste insuffisant. Que représente la création d’un îlot à Saint-Josse pour rassembler les prostituées ou la création d’un quartier rouge à Anvers à l’échelle de la Belgique? Nous soutenons bien évidemment ces projets, mais ils ne forment que des gouttes d’eau sur le plan national. Donnons-nous les moyens de créer un océan et légiférons pour que les travailleurs du sexe bénéficient de conditions de travail acceptables !

DE LA PROSTITUTION

Gauthier Vlassenbroeck

Que vous soyez client ou passant, vous êtes pressé de quitter le quartier car vous ne vous sentez pas en sécurité. La règlementation de la prostitution pourrait permettre de diminuer ces problèmes de salubrité. Essayons d’assainir les quartiers chauds et les zones de non-droit afin d’endiguer la hausse de la criminalité et de rendre l’espace public plus serein.

Nous connaissons tous les maux liés à la prostitution : souvent liée au trafic d’êtres humains, à l’opposé des valeurs libérales. Pourtant, ce métier persistera, indépendamment de toutes les critiques que nous lui adresserons.

Peut-être détournerez-vous le regard des vitrines ou peut-être pas mais il y a des choses qui doivent rester de l’ordre du privé.  15


ACTU Laura Hidalgo

#ÖZGECANASLAN :

Le symbole du féminicide en Turquie En Belgique, le mouvement féministe a permis aux femmes de devenir presque l’égal des hommes. Néanmoins, on observe un peu partout dans le monde que certains droits restent bafoués. C’est par exemple le cas de la Turquie où des milliers de personnes se sont mobilisées pour exprimer leur indignation et leur émotion face à la découverte du cadavre d’une étudiante tuée sauvagement alors qu’elle se défendait du viol dont elle était la victime.

U

n hashtag fut créé sur Twitter au nom de la jeune fille afin de propager ce triste évènement. Ce qui arrive là-bas nous concerne tous. En Turquie, la montée croissante des incidents de violence à l’égard des femmes ne date pas d’hier et augmente de plus en plus chaque année. En 2014, le ministère turc de la justice a enregistré une augmentation de 33% des violences domestiques. Voilà pourquoi les manifestants remettent en cause la politique du président conservateur Recep Tayyip Erdogan qui s’attaque aux droits des femmes.

sécurité sociale et la plupart des centres familiaux ont été fermés. En 2012, le Président a tenté de réduire les droits pour l’avortement et s’est même déclaré contre la pratique de la césarienne qui sauve pourtant des vies humaines. Il demande et même ordonne aux femmes d’avoir au moins trois enfants. Toutes ces mesures ont évidemment des conséquences. Le gouvernement n’agit pas de façon ardente pour assurer les protections pour les femmes victimes de violence et l’intégration de l’égalité entre les sexes. Paradoxalement, la Turquie est reconnue pour sa législation très émancipatrice à cet égard. Rappelons qu’elle a donné le droit de vote aux femmes en 1930.

Dans le cadre d’une conférence consacrée aux femmes et à la justice, le Président n’a pas échappé à la polémique en donnant son avis sur la place de la femme dans la société. Selon lui, « on ne peut pas mettre les hommes et les femmes sur un même pied d’égalité ». Ses propos renforcent la légitimité des discriminations faites aux femmes alors que l’égalité homme/femme est l’un des principes fondamentaux de la charte des Droits de l’Homme. Pourtant, selon l’ONG « Stoppez les assassinats de femmes », 255 femmes auraient été tuées suite à des faits de violence en 2014 en Turquie.

Les Étudiants Libéraux dénoncent les lacunes qui empêchent aux femmes d’accéder à la protection et à l’assistance. Aucune aide ne permet de les sauver. Le combat des féministes turques est nécessaire. Aujourd’hui, il est grand temps de dire fermement halte à la discrimination. Il n’est plus question de s’enfermer dans le mutisme ! 

« La femme a le droit de prétendre à la même indépendance que l’homme »

Ces dernières années, la Turquie rétropédale. La pilule abortive n’est plus remboursée par la

Libertines

- Avril 2015

– Gandhi,

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Tous les hommes sont frères.


ACTU

Créé en 2009, Uber ne cesse de faire parler de lui. Le concept est plutôt simple et pourtant révolutionnaire : démarrez l’application Uber, indiquez la destination, partagez le coût de la course avec vos amis si vous n’êtes pas seul et un taximan improvisé viendra vous chercher devant chez vous. À la fin de la prestation, le payement se fait automatiquement via votre smartphone, et la seule chose qui vous est demandée est de noter la conduite du chauffeur.

P

our faire partie de l’équipe, nulle compétence spéciale n’est requise, si ce n’est de disposer d’un véhicule 4 portes de moins de 10 ans assuré au nom du chauffeur, en excellent état, d’avoir au moins 21 ans et d’être titulaire du permis de conduire depuis plus d’un an. Ces conditions, qui ne dénotent pas d’une sévérité particulière, permettent au quidam d’arrondir ses fins de mois tout en n’ayant aucune expérience en la matière. Étendu dans plus de 250 villes dans le monde, cette révolution ne plait pas à tout le monde. En effet, comparé aux taxis officiels, le VTC (Voiture de tourisme avec chauffeur) coûte bien moins cher : alors que pour une petite course il faudra payer 4€, la simple prise en charge d’un taxi bruxellois est de 4,40€. Normal donc de voir apparaître une demande croissante de la part des noctambules attirés par les prix attractifs et imbattables du service en ligne. En ce qui concerne les tarifs de jour, le prix moyen de la course est diminué de 50% par rapport aux formules proposées par les taxis officiels. Il y a quelques mois, c’est l’association des taxis bruxellois qui portait plainte contre Uber (et également Djump, start-up belge de covoiturage), pour concurrence déloyale. Uber avait cependant déclaré dans la presse que les « batailles juridiques seraient sans fin », prévoyant ses contre-attaques avant même le dépôt de toute plainte. Le ton était donné. Très récemment, le gouvernement bruxellois a approuvé le « plan taxi » élaboré par Pascal Smet, Ministre bruxellois de la mobilité, qui prévoit de réformer en grande partie le secteur des taxis bruxellois en incluant des mesures visant à maintenir les services de VTC et en les encadrant afin d’éviter les dérives telles que le dumping social.

François Devillez

QUAND RENCONTRE BRUXELLES 17

La Fédération des Étudiants Libéraux plaide pour le maintien des services de VTC, pour autant que ces derniers ne provoquent pas de concurrence malsaine. Plutôt que d’interdire ce type de service qui encourage l’innovation et le développement de système de déplacements à moindre coût, il faudrait peut-être l’encadrer de manière adéquate et prévoir des concertations avec les associations de taxis bruxellois. Un consensus dégagé après moultes négociations serait également préférable plutôt que d’incessantes batailles juridiques. 


ACTU

C

e que ces victoires (virtuelles ou réelles) montrent, c’est la grande déception des citoyens à l’égard des systèmes politiques qui ont été construits ainsi que de la gestion de la crise. Il faut toutefois prendre garde à ne pas complètement déresponsabiliser le citoyen : celuici a largement participé à la situation actuelle avec la complicité de politiciens populistes (de gauche ou de droite), faisant leur pain de la distribution de cadeaux et d’avantages à leurs électeurs sans apporter une gestion rigoureuse des finances de l’état.

En réalité, ces mouvements du sud de l’Europe sont quelque part une aubaine lorsque nous voyons les citoyens demander des comptes plus clairs, lorsque nous voyons le corps civil demander voix au chapitre ne souhaitant plus cantonner l’avenir de leurs pays (et de facto, leur avenir propre en tant qu’individus) à quelques colloques internationaux et éloignés de leurs préoccupations directes. C’est un vif regain d’intérêt pour la démocratie, qui se nourrit de la critique citoyenne pour mûrir et porter ses fruits.

Sans surprise, le parti Syriza s’est retrouvé vainqueur des dernières élections législatives grecques, terrassant les partis traditionnels. En Espagne, on assiste à une montée similaire de Podemos qui ne cache pas ses affinités avec le parti grec de gauche radicale.

Arno Bouvier

GRECE - ESPAGNE :

LE CASSE ÉLECTORAL DU SIÈCLE

Libertines

- Janvier 2015

18


ACTU Reste toutefois à déplorer que cette source de dynamique positive soit captée par des partis qui ne proposent rien d’autre que ce qui a été servi ces dernières décennies (à l’exception des très dures et socialement violentes précédentes années), des dons sociaux sans autre perspective. Il nous suffit de nous pencher sur les promesses électorales et les programmes pour le réaliser.

serons parvenus à créer de la richesse dans ces pays, nous pourrons en attribuer une partie par des mécanismes divers (qu’ils soient privés ou publics est un autre débat). Ce dont nous avons besoin, c’est que ces mouvements citoyens qui captent l’énergie positive des mouvements sociaux actuels (en faveur d’un système politique qui représente véritablement les intérêts de tous, proche des préoccupations du citoyen lambda), fassent enfin preuve de responsabilité. Qu’ils cessent de promettre monts et merveilles pour gonfler leur score électoral (nous percevons déjà les premiers retournements de Syriza dès lors qu’il est confronté aux réalités du pouvoir) et qu’ils assènent la vérité à leurs électeurs : nous ne réglerons pas la situation du sud par des perfusions sociales mais en construisant un modèle novateur sur lequel souffle l’esprit de la liberté, celle d’entreprendre ou de vivre dignement de son travail plutôt que de devoir dépendre constamment des dépenses sociales qui les précipiteront et qui nous précipiteront une deuxième fois dans le gouffre.

Ces « cadeaux » se cachent sous une prétendue politique économique keynésienne. Or, ce que ces nouveaux prétendants au pouvoir semblent ne pas avoir compris chez Keynes, c’est que les dépenses et déficits de l’Etat sont positifs pour une économie en récession dès lors qu’ils sont productifs. Il faut éviter de confondre « dépense » et « investissement ». Ce que proposent aujourd’hui ces partis de gauche ce ne sont pas les remèdes nécessaires aux pays du sud (et dans une certaine mesure, dans notre propre région qui est loin d’être exempte de défauts de gestion) : c’est de sortir les Grecs ou les Espagnols de la misère pour les faire entrer dans la pauvreté. Car tout porte à croire que de telles politiques ne seront jamais fructueuses : a-t-on jamais vu un pays s’en sortir par le biais de ses seules dépenses sociales ? Cela a peut-être un temps fonctionné au Venezuela qui a cependant l’avantage de disposer d’une des plus grandes réserves de pétrole au monde mais qui malgré ces réserves, suite à l’effondrement des prix, se retrouve avec des magasins désespérément vidés des produits du quotidien (pour ne pas parler du reste). Ne serait-il peut-être pas temps de chercher la solution ailleurs que dans la perfusion permanente de l’État ?

Dès lors que nous disposerons d’interlocuteurs responsables, nous pourrons assurer notre propre part de responsabilité dans l’effort qui attend ces pays pour se reconstruire. 

149

Non pas qu’il ne soit nécessaire et urgent aujourd’hui pour un État de concentrer des moyens pour palier dans l’immédiat la détresse des nombreux citoyens qui paient aujourd’hui la douloureuse note de la gestion passée. Mais une économie ne pourra être florissante que si nous laissons aux individus la liberté d’entreprendre, de créer de l’activité, de consommer et d’épargner. Cela suppose une fiscalité attractive (tant pour les bas que pour les hauts revenus) et une réforme en profondeur de l’administration. Ceci suppose également une gestion minutieuse des deniers collectés par l’Etat afin de financer ses missions essentielles.Dès lors que nous

EN GRÈCE, SYRIZA EST PASSÉ À DEUX DOIGTS DE LA

MAJORITÉ ABSOLUE AVEC 149 SIÈGES SUR 300.

15%

EN ANDALOUSIE, LE PARTI PODEMOS REMPORTE 15% DES SUFFRAGES.

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Conférence, « Europe : entre austérité et relance » avec le CEL ULB Un vrai débat étudiant avec des étudiants ! Où : à ULB, local R42.5.503 avenue Franklin Roosevelt, 42 1050 Ixelles (Bruxelles) Organisateurs : Solvay Debate Society (SDS) Cercle des Étudiants Libéraux (CEL) Brussels Student Initiative for a Pluralist Economics Curriculum (BSIPEC) Intervenants : David Weystmans

Conférence sur les allocations universelles avec le CEL ST LOUIS Grand débat autour de cette question actuelle. Où : à Saint Louis, 43, Boulevard du Jardin botanique 1000 Bruxelles Organisateurs : Cercle des Étudiants Libéraux de Saint Louis Intervenants : Olivier Paye, Yannick Vanderborght et Mateo Alaluf. Un drink sera prévu juste après le débat.

Campagne de sensibilisation au don de sang sur les différents campus En cette journée, soyez nombreux à soutenir cette cause ! Où : sur les différents campus de la FEL Organisateurs : La Fédération des Étudiants Libéraux

1 mai er

à Jodoigne

01 . 05 . 15

Conférence, « La politique du gouvernement face au radicalisme » avec le CEL ST LOUIS Grand débat sur la politique actuelle en Belgique. Où : à Saint Louis, 43, Boulevard du Jardin botanique 1000 Bruxelles Organisateurs : Cercle des Étudiants Libéraux de Saint Louis Intervenants : Jan Jambon, Ministre de l’Intérieur.

L’AGENDA

Libertines n°4  

un magazine de la Fédération des Etudiants Libéraux

Libertines n°4  

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