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PUBLICATION DE LA FÉDÉRATION DES ÉTUDIANTS LIBÉRAUX I OCT 2017 I N°14

WS NE

DOSSIER :

QUE / CRISE POLITI ODE  NOUVEL ÉPIS

Faux diplômes en Belgique, réalité ou mythe ? Ecology first Les Rohingyas, peuple mal connu et abandonné de tous ?


SOMMAIRE LIBERTINES N°14 | OCTOBRE 2017

BELGIQUE FAUX DIPLÔMES

Faux diplômes en Belgique, réalité ou mythe ?

CONSEIL DE LA JEUNESSE ÉLECTIONS

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DOSSIER CRISE POLITIQUE / NOUVEL ÉPISODE

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La Wallonie plus… Bruxelles, quelle alternative au socialisme ? 

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Analyse des Jeunes MR: DPR Région wallonne : Convergences et divergences idéologiques entre le MR et le cdH

BELGIQUE EUTHANASIE

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8 11 12 15 16

Fatigué de vivre, plus besoin de souffrir ?

ÉCOLOGIE CLIMAT

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Ecology first

MYANMAR ROHINGYA Les Rohingyas, peuple mal connu et abandonné de tous ?

BELGIQUE INDÉPENDANTS

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18 26

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Nécessité de réformer le monde du travail

ESPAGNE CATALOGNE

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Catalogne : entre raison et passion

CARICATURE CRISE POLITIQUE

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Quand on touche le fond…mais que l’on creuse encore !

PRÉSENTATION DU C.A.

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OPINION POLITIQUE

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PRÉSENTATION DU C.A.

Podemos, librement et de mille et une manières

L'AGENDA 2

Libertines | OCTOBRE 2017

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ÉDITO

NOUVELLE ANNÉE N ouvelle année, nouvelle équipe … et nouvelle édition du Libertines, reliftée pour célébrer cette nouvelle année académique. Pour son 14e numéro, nous avions l'embarras du choix : une potentielle guerre nucléaire, des catastrophes naturelles successives, les élections chez nos voisins outreRhin… mais la crise politique (encore une) qu'une partie de notre pays a traversée cet été nous paraissait être la thématique la plus adaptée pour le dossier central de ce dernier tirage en date. Appel du 19 juin, une histoire de prise débranchée (mais pas tout à fait) suivie d'une partie de cache-cache qui aura duré presque deux mois, le tout ponctué de quasi-promesses, de semi-engagements et de petites piques bien senties avant de déboucher sur l'installation d'une nouvelle coalition gouvernementale à l'Elysette. Nous ne nous sommes néanmoins pas limités à cet épisode belgo-belge, tant l'activité estivale était une nouvelle fois fournie. Nous vous proposerons une nouvelle réflexion autour de l'écologie, preuve, s'il en fallait une, que le bleu et le vert se marient très bien. Nous vous emmènerons ensuite en Birmanie où la situation des Rohingyas, peuplade musulmane au nord-ouest du pays devient de plus en plus critique. Enfin, la Catalogne a, cet été, aimanté une grosse partie de l'attention médiatique. Nous nous avancerons prudemment sur la piste d'une solution raisonnable et pacifique du contentieux opposant les indépendantistes sang-et-or au gouvernement de Madrid. Pour terminer, dans un tout autre registre, ce numéro sera l'occasion de vous présenter les membres de l’équipe composant notre nouveau Conseil d’Administration national. Au nom de toute la Fédération des Étudiants Libéraux, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter, chères étudiantes, chers étudiants, une excellente rentrée 2017 et une agréable lecture.

John

Rédacteur en chef

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| BELGIQUE FAUX DIPLÔMES

FAUX DIPLÔMES EN BELGIQUE,

RÉALITÉ OU MYTHE ? À l’heure actuelle, la Belgique est un pays qui vit principalement du secteur tertiaire. Et contrairement aux secteurs primaire et secondaire, le secteur des services est essentiellement intellectuel (très peu de travail manuel). Et quelle meilleure école que l’enseignement supérieur pour développer le savoir et la réflexion. C’est pourquoi notre pays compte non seulement des universités mais également une myriade d’Hautes Écoles.

Faux diplômes ou diplômes non reconnus ? La Fédération Wallonie-Bruxelles comptent, en 2017, 28 établissements reconnus (10 Universités et 18 Hautes Ecoles). Mais quelle est la réelle signification de « reconnus » ? Un diplôme reconnu est celui délivré par un établissement organisé ou subventionné par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le fait que ce diplôme soit reconnu n’apporte, en réalité, pas une réelle plus-value. En effet, la seule porte que seul un diplôme reconnu peut ouvrir est l’accès à la fonction publique. Et vous m’accorderez que cette vocation n’est pas celle qui fait rêver tout jeune sortant de l’enseignement supérieur. Peut-on alors vraiment parler de « faux diplômes » décernés par les établissements non reconnus ?

Reconnaissance des établissements Maintenant que la distinction a été établie entre faux diplômes et diplômes non reconnus, il serait intéressant de prendre quelques instants pour s’interroger sur la possibilité, pour ces établissements non reconnus de se faire reconnaître. Mais c’est bien là que le bât blesse. En effet, la liste des établissements reconnus est établie par le décret paysage. Ce qui voudrait dire qu’à chaque fois qu’un établissement supérieur voudrait être reconnu, il faudrait revoir le décret paysage. C’est quasiment impossible et ce, sans tenir compte de la complexité déjà existante de ce décret.

Valorisation des diplômes non reconnus On en vient à se poser la question de savoir si sur

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Libertines | OCTOBRE 2017

PAR ALEXANDRE SERVAIS

le marché du travail un diplôme reconnu est plus valorisé qu’un diplôme qu’il ne l’est pas. Le marché du travail s’engorgeant de diplômés de plus en plus nombreux, c’est désormais davantage la réputation de l’établissement qui donne le cachet supplémentaire au diplôme, le cas échéant. A l’embauche, la question n’est donc pas de savoir si le diplôme du postulant est reconnu ou non mais plutôt de connaître la qualité de la formation qu’il a reçue dans son établissement supérieur. Et assez souvent, ce n’est pas les diplômes reconnus qui ont la meilleure cote dans le monde du travail. Bien que ce constat ne puisse être pris comme une généralité. Il est intéressant de se demander les raisons d’une telle réalité. La réponse est assez évidente. Puisque ces établissements ne sont pas reconnus, cela signifie qu’ils ne sont pas subventionnés. Dès lors, qu’ils s’autofinancent les étudiants ne s’inscriront et donc ne paieront leur minerval que si l’école à bonne voire très bonne réputation. Le revers de la médaille étant que ces établissements ne sont pas forcément à portée de tout budget. En effet, sans subsides ces établissements doivent nettement augmenter le minerval demandé.

Et le personnel dans tout ça ? On a beaucoup parlé du diplôme, des établissements, des étudiants. Mais qu’en estil des professeurs ? Sont-ils logés à la même enseigne qu’ils exercent dans des établissements reconnus ou non ?


FAUX DIPLÔMES BELGIQUE |

Tout d’abord, il est important de souligner qu’une grande partie du corps professoral, peu importe l’établissement, n’est pas enseignant à temps plein. En effet, à l’Université beaucoup sont chercheurs (que ce soit en labo pour les scientifiques ou en groupe de travail pour les littéraires), en Haute Ecole, une partie exerce un métier dans la branche qu’ils enseignent. Ceci est encore plus vrai dans les établissements non reconnus. D’un côté, cela permet à l’enseignant de gagner en crédibilité face à l’étudiant qui respecte d’autant plus son professeur quand celui-ci justifie d’une expérience de terrain. De plus, c’est un avantage pédagogique pour le professeur qui peut, beaucoup plus facilement, illustrer son propos avec des exemples concrets et réalistes. Alors oui, il existe en Belgique des diplômes non-reconnus. Ô Blasphème, Ô Infamie ! l’enseignement belge est tombé bien bas. Evidemment que non ! Cela permet justement une diversification du choix d’orientation et de pédagogie. Il est vrai que l’enseignement belge est à réformer mais cette partie-là, cette toute petite partie-là est, selon moi, une partie qui est bien comme elle est. 

POUR UTILISER LES TERMES HAUTEÉCOLE, IL FAUT L’AVAL DE LA FÉDÉRATION WALLONIE-BRUXELLES, ET, SELON JEANCLAUDE MARCOURT (PS), MINISTRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR, DE LA RECHERCHE ET DES MÉDIAS, PLUSIEURS ÉTABLISSEMENTS SONT DANS LE VISEUR.

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| CONSEIL DE LA JEUNESSE ÉLECTIONS

Elections du Conseil de la Jeunesse Et si c’était toi ? Tu as entre 16 et 30 ans ? Tu souhaites faire entendre tes idées ? Tu as envie d’être la/ le porte-parole des jeunes auprès des instances politiques belges et internationales ? Alors, le Conseil de la Jeunesse est fait pour toi ! Quel est ton rôle dans le Conseil de la Jeunesse ? Rencontrer d’autres jeunes, les consulter, échanger tes idées et participer à des réflexions qui touchent la Jeunesse afin de débattre sur les enjeux de société qui te concernent. Le Conseil de la Jeunesse, en quoi consiste-t-il ? Le Conseil de la Jeunesse est l’organe officiel d’avis et porte-parole des jeunes francophones de Belgique. Il est composé d’une Assemblée Générale de 68 jeunes qui ont entre 16 et 30 ans et qui sont mandatés ou élus sur le territoire de la Fédération WallonieBruxelles. Te joindre au CJ, c’est rencontrer des jeunes venant de tous les horizons culturels et travailler avec eux sur diverses thématiques. Tirées de l’actualité, elles touchent différentes matières telles que : la citoyenneté, la culture, l’égalité, l’environnement, l’emploi, les relations internationales et bien d’autres encore ! Des avis officiels découlent de ce travail et ont pour objectif de faire pression sur les personnalités politiques afin que ta voix et celle de tous les jeunes soient entendues ! Qu’attends-tu pour te joindre à nous? Le Conseil de la Jeunesse recherche les nouveaux membres de son Assemblée Générale pour son mandat 2018-2019. Intéressé(e) ? Dans ce cas, deux possibilités s’offrent à toi, -

Présente-toi comme CANDIDAT(E) indépendant(e) ou parrainé(e) entre le 11 septembre 2017 et le 13 octobre 2017 inclus. Pour cela, rien de plus simple, il te suffit de te connecter sur notre site Internet dédié aux élections : www.electionsduconseil.be et de remplir les conditions de candidatures.

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VOTE pour ta/ton candidat(e) préféré(e) du 6 au 27 novembre 2017 sur ce même site Internet. Afin de t’aider au mieux à voter, une vidéo explicative ainsi qu’un helpdesk seront mis à ta disposition. Et n’oublie pas ! Plus il y aura de votants, plus le poids des décisions du Conseil de la Jeunesse te concernant sera grand !

Tu souhaites plus d’informations ou poser tes questions ? Contacte-nous ! www.electionsduconseil.be ou www.conseildelajeunesse.be

E-mail : electionscj2017@cfwb.be Tél. :02 /413. 29. 30 Facebook : Elections Conseil de la Jeunesse, Et si c’était toi ?

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Libertines | OCTOBRE 2017


p.8 La Wallonie plus…    

DOSSIER

p.11 B ruxelles, quelle alternative     au socialisme ?

p.12 A  nalyse des Jeunes MR : DPR     p.15 R égion wallonne :     Convergences et Divergences idéologiques entre le MR et le cdH

Monsieur Ludgen n'en pouvait tout simplement plus. Ce 19 juin 2017, il décide d'enlever la prise. Avec énormément d'entrain et un enthousiasme quasi gaulliste, le président du cdH annonçait qu'il ne gouvernerait plus avec le PS, en tout cas pas en Wallonie, et si possible non plus en région bruxelloise et à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Les scandales récents (Publifin, Samusocial…) auront donc eu raison du parti socialiste, dernière les manettes depuis plus de 30 années au sud du pays. Les deux anciens partenaires de coalition pâtissent probablement aussi de la pression électorale qui pèse désormais sur leurs épaules. Les temps où le PS récoltait 30% des voix semblent très loin maintenant, tandis que le cdH n'est même pas certain d'atteindre les 10% en Wallonie voire la moitié à Bruxelles aux

CRISE POLITIQUE / NOUVEL ÉPISODE

prochaines élections fédérales et régionales. En résulte ce moment estival trouble et instable. Même si la question wallonne s'est rapidement résolue avec l'arrivée d'une coalition orangebleu à l'Elysette, 2019 promet d'être une échéance mouvementée. Pour l'heure : comment comprendre la réaction du cdH ? Comment expliquer l'attitude de Défi, et de son énigmatique président ? Comment se porteront les gouvernements bruxellois et communautaires pendant deux ans encore, dans une ambiance politique plus délétère que jamais ? Et de son énigmatique président ? Comment se porteront les gouvernements bruxellois et communautaires pendant deux ans encore, dans une ambiance politique plus délétère que jamais ?

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| DOSSIER WALLONIE

LA WALLONIE PLUS… 19 juin 2017, le CDH divorce du PS. S’en suit une crise politique. Il a fallu trouver un accord afin de reformer un gouvernement alternatif. Dans un souci de continuité, en l’attente d’un accord, le gouvernement wallon (PS-CDH) a continué de se réunir à l’Elysette, dans une ambiance délétère mais avec le souci d'assurer l'application de certaines politiques. Seule une nouvelle coalition gouvernementale pouvait le remplacer.

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Mardi 25 juillet 2017, à 13h55, Olivier Chastel et Benoît Lutgen, les deux présidents de partis du MR et du CDH font l’annonce, simultanément sur Twitter, qu’ils ont trouvé un accord pour la formation du gouvernement wallon. « La confiance des citoyens doit être ravivée. Une alternative s’impose dans la gestion du bien commun. Avec tous les bâtisseurs d’avenir, nous entendons poser les fondations d’une ère nouvelle, libre et responsable. Celle de l’éthique, de l’efficacité et de la performance ; pour une Wallonie plus forte », déclarent les présidents des deux formations politiques. Pour le MR et le cdH, chaque euro public doit être utilisé avec efficience en vue de l’accomplissement des missions essentielles de la Région : l’économie, l’emploi, le défi climatique et la cohésion sociale. Le redressement socioéconomique wallon est freiné par des pratiques politiques inacceptables auxquelles la majorité gouvernementale a décidé de mettre un terme. A travers leur accord de gouvernement, MR et cdH enclenchent un renouveau démocratique d’envergure, tout en s’appuyant sur les nombreux atouts wallons. Enfin, en matière de bonne gouvernance, le fil conducteur est de réduire la facture des coûts de fonctionnement des structures publiques et politiques. Nous tenterons dans cet article d’exposer brièvement la déclaration de politique régionale de ce gouvernement fraichement mis en place et de présenter la nouvelle équipe.

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Libertines | OCTOBRE 2017

PAR ANNELISE DEVILLE ET LAURENT COSTAS

La Wallonie plus démocratique et plus transparente Ce renouveau démocratique s’articulera autour de 4 axes : la transparence, la participation, la responsabilité et la performance. Il en résultera notamment une diminution drastique des surcoûts de fonctionnement public (limitation des mandats et des rémunérations, rationalisation des structures (outils économiques, TEC, etc.). Par ailleurs, le salaire des ministres sera diminué de 10%, le coût global des cabinets ministériels sera également diminué de 10%. La décision politique coûtera moins cher, le coût de fonctionnement pour le citoyen diminuera drastiquement.

La Wallonie plus attractive et plus performante La création d’emplois sera l'absolue priorité de la Wallonie. MR et cdH dynamiseront la politique économique pour une Wallonie plus attractive et plus performante, en s’appuyant sur la jeunesse créative, via le développement d’un environnement favorable à l’entreprenariat, en renforçant la politique industrielle, afin de créer plus de valeur à partager et plus d’emplois, et en favorisant la lisibilité, l’efficacité et la cohérence des outils économiques. Seront ciblés les secteurs d’avenir et d’emploi ainsi que les PME. La recherche et l’innovation seront soutenues. Une attention particulière sera portée à créer des perspectives durables pour les agriculteurs. Le nouveau gouvernement mettra en place un


WALLONIE DOSSIER |

DE GAUCHE À DROITE :

 Jean-Luc Crucke (MR) : Ministre du Budget, des Finances, de l'Energie, du Climat et des Aéroports.  Valérie De Bue (MR) : Ministre des Pouvoirs locaux, du Logement et des Infrastructures sportives.  Pierre-Yves Jeholet (MR) : Vice-Président et Ministre de l'Economie, de l’Industrie, de la Recherche, de l’Innovation, du Numérique, de l’Emploi et de la Formation.  Alda Greoli (CDH) : Vice-Présidente et Ministre de l’Action sociale, de la Santé, de l’Égalité des chances, de la Fonction publique et de la Simplification administrative.  Willy Borsus (MR) : Ministre-Président de la Wallonie.  René Collin (CDH) : Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité, du Tourisme, du Patrimoine et délégué à la Grande Région.  Carlo Di Antonio (CDH) : Ministre de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings.

accompagnement plus humain et performant des demandeurs d’emploi et mettra l’accent sur la maitrise des langues.

La Wallonie plus humaine et plus juste Les partenaires de majorité s’engagent pour une Wallonie plus humaine et plus juste. La dynamique de lutte contre la pauvreté sera renforcée. Un nouveau Plan de prévention et de promotion de la Santé sera finalisé. Pour les allocations familiales et la réorganisation de la première ligne de soins, les réformes indispensables seront menées à bien. Pour les personnes porteuses d’un

handicap, une réforme du modèle d’agrément et de subventionnement de l’ensemble des structures résidentielles et d’accueil sera menée. Sur le plan hospitalier, les rapprochements entre les différentes structures associatives et/ou publiques seront facilités avec pour objectif de garantir une offre hospitalière de proximité à chaque Wallon. La qualité de l’habitat sera un autre axe de la politique du gouvernement wallon, avec pour priorités l’amélioration de la performance énergétique et la rénovation des logements anciens. En matière de logement public, le

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| DOSSIER WALLONIE gouvernement wallon favorisera la mixité sociale et mettra en place l’allocation-loyer, qui permettra l’accès à un logement à loyer modéré pour les familles en attente d’un logement social. La révision des loyers sera envisagée pour garantir tant la viabilité des Sociétés de Logement des Services Publics que l’équité entre locataires mais aussi entre les locataires et les candidats locataires.

La Wallonie plus efficace et plus équitable Le nouveau gouvernement mettra l’accent sur la maîtrise des finances publiques et l’amélioration structurelle du budget, via la mise en place d’une Agence de la dette. La taxe télé-redevance sera supprimée, attendue depuis des années en Wallonie! L’accès à la première propriété sera encouragé grâce à la diminution des droits d’enregistrement et au préfinancement pour les primopropriétaires. Le taux de 15% à partir de la 3e habitation sera supprimé. MR et cdH réformeront les droits de succession et de donation.

La Wallonie plus durable et plus innovante L’accent sera mis sur l’efficacité énergétique et la réduction des factures  : création d’un Fonds pour l’efficacité énergétique, refonte des primes Energie, réintroduction de l’audit préalable obligatoire. Les économies d’énergie seront soutenues via la fiscalité. Les tarifs de distribution et de transport seront progressivement harmonisés. En matière de mobilité, le rôle de la Société Régionale Wallonne des Transports (SRWT) sera renforcé. Elle assurera sa digitalisation et la continuité du service. Tenant compte de l’évolution du monde du travail, le gouvernement wallon soutiendra le covoiturage, la création de zones de coworking, la réalisation de plans de mobilité et renforcera le lien entre les TEC et la SNCB. Trente-sept sur quarante. C’est le nombre d’années que le Parti socialiste a passé au pouvoir, seul ou en coalition, depuis 1970 en Wallonie. « C’est la fin de l’État PS ! ». « C’est en créant des emplois et en permettant aux Wallons et aux Wallonnes de prendre leur destin en main que notre Région pourra relever le défi du redressement socio-économique. Animés par un engagement social fort, les partenaires de la majorité gouvernementale wallonne seront pleinement mobilisés pendant ces 18 prochains mois pour atteindre ces objectifs : plus d’emplois, plus de prospérité partagée, plus de justice sociale et d’équité fiscale » (Olivier Chastel et Benoît Lutgen). Nous souhaitons à ce nouveau gouvernement un excellent travail ! 

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Libertines | OCTOBRE 2017


BRUXELLES DOSSIER |

BRUXELLES, QUELLE ALTERNATIVE AU SOCIALISME ?

PAR LAURENT COSTAS

Le centre de gravité politique s’est déplacé au sud du pays avec l’appel du 19 juin émis par le président du CDH, Benoît Lutgen. En effet, depuis les affaires Nethys, Publifin mais surtout Samu Social, le Parti Socialiste est devenu infréquentable aux yeux de bon nombre de représentants politiques mais surtout des citoyens.

S

Si tout s’est bien passé en région wallonne avec l’envoi du PS sur les bancs de l’opposition après avoir été à la manœuvre pendant plus de 30 ans, on ne peut pas en dire autant pour la région bruxelloise ni pour la Fédération WallonieBruxelles où l’on assiste à un véritable imbroglio politico-médiatique depuis maintenant trois mois. Les enjeux sont énormes et le blocage est réel à cause de l’attitude irresponsable d’un parti qui aime se définir lui-même comme le petit poucet : Défi, anciennement appelé FDF. Défi tente de jouer les oies blanches en termes de bonne gouvernance et utilise cette dernière comme prétexte pour rester littéralement scotché au PS et donc au pouvoir. Quiconque s’intéresse quelque peu à la politique sait pourtant, et c’est assez paradoxal, que Défi est dirigé par le même président depuis 30 ans et que ce dernier, en plus d’être président de parti, cumule un poste de Député Fédéral et de Bourgmestre d’une grande commune bruxelloise. Dès lors, on peut aisément supposer que la bonne gouvernance n’est qu’un prétexte afin d’empêcher le parti libéral d’accéder au pouvoir.

Une question se pose donc, pourquoi une telle attitude ? La réponse est simple et pour la trouver, il faut revenir dans les archives de 2011. A l’époque, la Belgique est en crise institutionnelle et sans gouvernement depuis plus de 541 jours. Un record tristement historique… Charles Michel est encore président de parti et négocie avec Elio Di Rupo dans le but de former un gouvernement malgré une crise sans nulle autre pareille et un accord est sur la table après de longues discussions entre les partenaires. C’est là qu’intervient la vexation ultime pour Olivier Maingain car il ne figurera pas dans la délégation libérale qui négociera la réforme de l’état avec les partenaires de la potentielle majorité. De plus, quelques jours plus tard, un accord qualifié « d’impitoyable » sera signé et sera le début de la fin entre MR et FDF. Aujourd’hui, sans nul doute, Défi n’a toujours pas digéré le divorce et a envie de le faire payer aux réformateurs quitte à renier l’intérêt général d’une région toute entière. 

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| DOSSIER ANALYSE JEUNES MR

Le 19 juin 2017, Benoit Lutgen, Président du cdH, a décidé de tirer la prise du Gouvernement wallon, d’abord, avant d’étendre cette volonté à l’ensemble des gouvernements fédérés au sein desquels le cdH est engagé. Nous avons envisagé cette crise comme nous le faisons souvent, à savoir comme une opportunité d’agir plutôt que comme un obstacle. Nous avons formulé nos priorités pour Bruxelles, la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles.

E

En effet, la possibilité de voir le MR intégrer les nouvelles majorités était, pour nous, une opportunité de réformer en profondeur les institutions et de modifier les politiques menées dont l’efficience et l’efficacité étaient loin d’être démontrées. Comme nous l’avions écrit dans « Nos priorités pour revitaliser Bruxelles et la Wallonie » : « Nous voulons être une force de changement, de mouvement qui ne s’arrête pas à la dénonciation de la politique des autres mais qui s’attache à proposer des solutions pour la Jeunesse et son futur ».

Bonne gouvernance

L’hypothèse de voir le Mouvement Réformateur intégrer l’exécutif wallon est devenue une réalité, en attendant que la situation se décante à Bruxelles et donc à la FWB.

Nous pensons notamment à la réduction du nombre de ministres (moins une unité et ce, en attendant une possible modification de la majorité à la FWB et à Bruxelles), la volonté de suppression effective des provinces, la fin de l’effet dévolutif de la case de tête pour les élections régionales, la suppression des listes de suppléants, la rationalisation des structures publiques et parapubliques, la limitation de la rémunération à 150% de l’indemnité parlementaire (en ce compris les mandats privés, dérivés du public), la fin de la rémunération des mandats directement dérivés de fonctions exécutives, la transparence quant aux différents mandats exercés par nos élus et

Cependant, revenons-en à la Déclaration de politique régionale elle-même, que nous tenterons de décortiquer. Selon nous, Il est possible d’identifier plusieurs grands axes à cette DPR : la bonne gouvernance, le numérique, l’environnement, l’emploi et la jeunesse.

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Premièrement donc, la bonne gouvernance. La nouvelle majorité a manifestement voulu, à de très nombreuses reprises, faire montre de beaucoup de volontarisme en la matière. Ces règles de bonne gouvernance vont, selon nous, dans le bon sens et la plupart d’entre elles avaient été validées lors de notre Congrès de 2013 et étaient revenues au premier plan suite au scandale PUBLIFIN.


ANALYSE JEUNES MR DOSSIER | la volonté manifeste d’éviter tout conflit d’intérêts. Cependant, nous pensons qu’à cet égard la DPR manque peut-être d’une certaine ambition. En effet, celle-ci ne contient aucune mesure quant à la limitation du nombre de membres du Conseil d’administration de chaque intercommunale, chaque para-provinciale, chaque institution publique régionale ou communautaire. Pour nous, le message devrait être plus clair : trop de postes d’administrateurs existent à l’heure actuelle, il faut réduire ce nombre de manière drastique. Bien que la suppression de 200 postes d’administrateurs suivent cette logique, nous souhaitons, aux Jeunes MR, aller un cran plus loin et que la limite du nombre d’administrateurs soit ramenée à 15. Comment justifier que certains Conseils d’administration soient composés d’une pléthore d’administrateurs, jusqu’à trente pour certains ?! Notons tout de même la volonté de rationaliser la SRWT-TEC (en la transformant en une seule entité notamment) ou la SWL qui devrait néanmoins contribuer à diminuer grandement ce nombre d’administrateurs. Le fait que les intercommunales se consacrent de manière exclusive à leurs missions principales et d’intérêt public va également dans ce sens et rejoint nos propositions émises depuis plusieurs années maintenant. Toujours dans ce même chapitre, il convient également d’évoquer une mesure avec laquelle nous sommes plutôt en désaccord. À savoir, le fait que : « Les collèges communaux et provinciaux devront, dès les prochaines élections locales, prévoir un tiers minimum de membres de chaque sexe ». Si les Jeunes MR sont favorables aux mesures qui encouragent à une meilleure représentativité des femmes dans la politique, nous restons sceptiques vis-à-vis de l’imposition stricte d’un tiers de femmes dans les collèges communaux. Tout d’abord, cette mesure ressemble farouchement à un encadrement supplémentaire de la liberté démocratique alors que d’autres réglementations renforcent déjà la représentativité des femmes dans la politique locale, telle que la tirette électorale. Dès l’instant où les candidats sont à égalité sur les listes électorales, la liberté de choix de l’électeur doit prévaloir sur un quelconque quota. En imposant un quota minimum de représentant de chaque sexe

au sein d’un Collège communal, il se pourrait qu’il faille désigner plusieurs membres du Collège hors Conseil (et donc, des personnes non-élues) afin de remplir les « quotas ». Cela contournerait le processus démocratique et renie le choix de l’électeur. Que dire, au-delà du non-respect du choix de l’électeur, de la situation desdites personnes qui ne seraient là « que » pour remplir un quota ? De plus, quelles sanctions pour une majorité qui serait dans l’impossibilité de composer son équipe selon ces règles ? Enfin, l’imposition stricte d’un quota de membres du collège de «  l’autre sexe  » va à l’encontre du droit à l’indifférence que nous prônons en tant que jeunes libéraux. Peu importe le genre, la couleur de peau, la religion ou l’orientation sexuelle, les Jeunes MR privilégieront toujours la mise en avant des compétences et, dans ce cas-ci, la légitimité démocratique. La discrimination positive exacerbée ne crée en aucun cas le rééquilibrage des inégalités, elle se contente simplement d’inverser les discriminations.

Numérique Le second volet sur lequel nous avions insisté était la prise en compte dans la politique régionale de la révolution numérique. Ce sujet est, fort heureusement, au cœur de la DPR. La révolution numérique y est envisagée comme une opportunité et non plus comme une menace qu’il faudrait contenir à tout prix et surtout à coup de taxes (sur les robots, par exemple), quitte à handicaper la Wallonie tant au niveau du progrès scientifique (dont la recherche et le développement) qu’au niveau économique et ce, pour longtemps. Les compétences liées au numérique y sont envisagées comme transversales et prioritaires. C’est primordial quand on sait que 60% des métiers qui seront exercés en 2030 n’existent pas encore. Pour rappel, les 10 métiers les plus sollicités aujourd’hui n’existaient pas il y a 11 ans. Nous devons être capables de penser différemment, de sortir des vieux paradigmes et des dogmes qui brident notre pensée. Dans cet esprit, nous ne pouvons qu’être en faveur d’une digitalisation des services publics. Le nouveau Gouvernement wallon considère, à juste titre selon nous, que la maitrise des langues est primordiale dans la recherche d’un emploi. Pourquoi ne pas aller un cran plus loin et proposer des formations à la langue numérique ? Nous avions

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| DOSSIER ANALYSE JEUNES MR d’ailleurs défendu un argument en ce sens au congrès doctrinal du MR au mois de novembre dernier. Toutes ces solutions permettront à chaque individu, formé pour les métiers de demain, de trouver un job : c’est là le meilleur atout pour assurer son émancipation mais aussi son intégration au sein de notre société.

Environnement Troisièmement, l’environnement, l’énergie et l’écologie, qui forment le défi climatique, sont une priorité majeure de la jeunesse et forment un ensemble indissociable. Plusieurs mesures transversales dans la déclaration vont d’ailleurs dans ce sens. Nous pourrions évoquer la création d’un Fond pour l’efficacité énergétique, une réforme fiscale qui prend en compte les enjeux écologiques, la mise en place de smart et micro grids, ou encore l’emphase mise sur le soutien aux circuits courts et l’économie circulaire. L’accent mis sur la mobilité, indissociable d’une politique environnementale efficace, nous séduit également. Un bémol néanmoins ; a déclaration est timide sur la question du service garanti dans les transports en commun. La déclaration dit ceci : « La Société Régionale Wallonne du Transport (SRWT) et les services publics de transport wallon garantiront la continuité d’un service de transport, tant vers les établissements d’enseignement (notamment en période d’examen) que vers les établissements hospitaliers ». Aux Jeunes MR, nous nous réjouissons d’une telle avancée mais nous resterons aussi attentifs à ce qu’un service garanti inconditionnel soit implémenté dans le futur, une mesure pour laquelle nous militons depuis plusieurs années maintenant.

Enseignement/formation/emploi Ensuite, nous aimerions évoquer un triptyque qui nous tientàcœurdepuislongtemps,àsavoir Enseignement/ Formation/Emploi. Ce triangle vertueux est, pour nous, indivisible. Il ne peut cependant aujourd’hui être complété étant donné le blocage à la FWB. L’enseignement, dont la réforme est aussi urgente qu’importante, est pour le moment aux oubliettes. Ce blocage est suspendu à la volonté de l’un ou l’autre qui pense se refaire une virginité. En attendant, la qualité de l’enseignement francophone, après avoir été laissé à l’abandon, commence à s’effondrer.

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Les mesures en faveur de la formation, quant à elles, rencontrent nos attentes. La formation aux métiers en pénurie, le soutien à l’économie numérique et à ses métiers, le soutien aux PME numériques ou qui favorisent la transition énergétique sont autant de propositions auxquelles nous souscrivions pleinement. Rappelons qu’en Wallonie, le chômage chez les jeunes culmine à 25%...C’est un drame et sans doute la plus grande injustice vécue par notre génération. Le statut d’étudiant-entrepreneur, dont les Jeunes MR sont à l’origine, est également mis en avant. Encore une fois, pourquoi ne pas aller plus loin et l’étendre à des jeunes qui suivent des formations qualifiantes et professionnalisantes ? Eux aussi devraient avoir la possibilité de développer leurs projets, leur business et leurs rêves en étant soutenus.

Jeunesse En tant que jeunes, il est enthousiasmant de voir que les jeunes Wallons font clairement partie des priorités principales de la nouvelle majorité. Aux Jeunes MR, nous nous sentons écoutés et soutenus. En effet, les mesures ne trompent pas : par exemple, les facilités pour pouvoir emprunter pour l’achat du premier bien immobilier. Espérons que celles-ci fassent enfin taire ceux qui s’évertuent à créer des polémiques imaginaires, polluant le débat sur les mesures macroprudentielles émises par la BNB et n’hésitant d’ailleurs pas à intoxiquer l’esprit des gens. La récente recomposition de la majorité devrait permettre de mettre un terme à une partie de l’intox. La formation et l’emploi des jeunes, que nous évoquions plus haut, font intégralement partie de la nouvelle feuille de route du Gouvernement wallon. Nous relèverons également la proposition en faveur d’une déduction fiscale forfaitaire sur les frais de kot ou encore le service citoyen non-obligatoire. Pour conclure, nous accueillons cette DPR avec enthousiasme mais aussi avec vigilance. Nous espérons que les jeunes bruxellois puissent, eux aussi, bientôt profiter de ces réformes. Un petit regret (en forme de clin d’œil) : il est un peu dommage d’accorder autant de crédit à la jeunesse et d’avoir si peu de jeunes ministres… 


MR & CDH DOSSIER |

RÉGION WALLONNE : CONVERGENCES ET DIVERGENCES IDÉOLOGIQUES ENTRE LE MR ET LE CDH Le 19 juin 2017, c’est la rupture : le cdH quitte la majorité après 3 années au pouvoir avec les socialistes. Les « démocrates humanistes » ont dû mettre en place une nouvelle majorité à la région, mais que vaut-elle ? Comment la collaboration entre les libéraux et les démocrates va-t-elle se faire ? Quelles sont les divergences et convergences d’opinions entre ces deux idéologies ?

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Tout d’abord, il faut avouer que la démocratie chrétienne (même si de nos jours, elle a perdu cette spécificité « chrétienne ») a une structure d’analyse moins complète que le socialisme et le libéralisme. Pourquoi ? Car, depuis le 19e siècle, elle a évolué autour des ces deux dernières idéologies qui l'ont fortement influencée. De plus, nous ne pouvons pas vraiment parler d’idéologie, nous ne pouvons plus les voir comme étant une « famille politique » qui se place au centre sur l’échiquier politique belge.

Au 19e siècle, les catholiques sont fortement influencés par les libéraux, le « catholicisme libéral » apparait, c’est une adaptation du catholicisme à l’ordre libéral issu de la révolution française. Par la suite, ce groupe politique a connu de nouvelles adaptations et évolutions, toujours dans cette optique d’adaptation entre les libéraux et les socialistes. Depuis 1995 (année où des élections régionales au suffrage universel ont lieu pour la première fois), les démocrates ont participé activement à sept gouvernements régionaux sur neuf (ils n’y étaient pas de 1999 à 2004) où ils travaillaient directement avec les socialistes et de temps à autres avec Ecolo. Durant ces dix-sept années, les gouvernements PS-cdH se sont suivis, tantôt travaillant avec Ecolo, tantôt avec le MR lorsque les démocrates n’étaient pas au pouvoir. Actuellement, et ce au même titre que le MR, le cdH se prévaut d'avoir une action sociale, censée améliorer les conditions de vie de l’ensemble de la population. Sur l’échiquier politique, nous pouvons les placer à la droite du centre. Même si, concrètement, ils ont opté pour une vision beaucoup plus libérale qu’auparavant,

PAR LOUIS RIFAUT

ils font toujours preuve d’un certain conservatisme dans différents domaines (nous pouvons notamment penser à la non-participation des démocrates à la Belgium Parade il y a quelques années). Dans une vision socialiste, le bien-être individuel passe par le bien-être collectif. Elle considère la liberté comme une valeur fondamentale mais pense qu’il n’y a pas de réelle liberté sans égalité. Les démocrates rejoignent plus l’optique des libéraux qui croient au principe de primauté des parties et donc des individus sur la société afin de garantir leur bien-être. Ils croient en la liberté individuelle et soutiennent l'égalité des droits ainsi que l'égalité des chances tout en sachant qu’une égalité « à l’arrivée », comme la voient les socialistes, n’est pas réalisable. En conclusion, nous pouvons dire qu’il y a de nombreux points de convergences entre le MR, par cette vision libérale, et le cdH. En effet, ils ont une histoire commune, ont déjà oeuvré ensemble lors de la seconde législature (même si à l’époque ce n’était pas le MR et le cdH mais leurs « ancêtres » : le PRL et PSC). Ils ont une même vision de l’égalité et de la liberté et se situent relativement proches sur l’échiquier politique belge. A certains égards, le MR et le cdH font tout deux preuve de conservatisme : ces deux partis s’opposent à une réglementation et une légalisation du cannabis, par exemple. Nous remarquons que ces deux partis vont « dans le même sens ». Dès lors, nous ne pouvons que leur souhaiter bon courage et de faire de leur mieux pour relever la situation économique et politique de la Wallonie. 

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| BELGIQUE EUTHANASIE

FATIGUÉ DE VIVRE, PLUS BESOIN DE SOUFFRIR ?

PAR KEVIN KARENA

Il ressort d'une enquête menée par la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie que durant l'année 2015, 2000 vies belges se sont éteintes en bénéficiant de la loi relative à l'euthanasie. C'est-à-dire qu'environ 1 Belge sur 50 a recours à cette méthode pour apaiser ses souffrances de manière définitive. Souvent, ce sont des patients atteints de cancer, condamnés et qui n'ont plus la force ni le courage d'endurer des traitements plus éprouvants les uns que les autres. La question demeure mais rappelons tout de même que le royaume de Belgique est l'un des rares pays à avoir retiré l'euthanasie du code pénal.

E

En effet, la loi est entrée en vigueur sous certaines conditions depuis 2002. Une grande révision a eu lieu au cour de l'année 2014, et depuis lors, les mineurs aussi peuvent légitimement bénéficier de ce droit. Cependant, il est fort probable que le débat autour de l'euthanasie s'intensifie. Puisqu'est menée aujourd'hui, une réflexion sur la possible nouvelle révision et donc naturellement de l'élargissement de celle-ci aux personnes âgées fatiguées de vivre qui souhaiteraient, en toute dignité, elles aussi, mettre fin à leur souffrance et accéder au repos. L'idée nous vient en réalité d'une enquête menée très récemment et qui semble indiquer que près de 70% des Belges interrogés seraient favorables à cet élargissement de la loi sur le droit à l'euthanasie. Par ailleurs, il est judicieux de distinguer l'euthanasie du suicide assisté, en application dans des pays comme la Suisse, qui consiste à fournir au patient les moyens de mettre un terme à sa vie. Certaines personnalités politiques belges comme Jacques Brotchi, fondateur du service de neurochirurgie de l’hôpital Erasme député régional bruxellois et sénateur des entités fédérées, invoquent la question de la liberté individuelle, une question purement personnelle. Le fait de demander à se faire euthanasier relèverait d'un colloque singulier entre le médecin et son patient,

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dans lequel transparaîtrait la volonté pleine et entière de ce dernier. Pour d'autres, en revanche, comme le souligne Jean-Paul Van de Walle, avocat au barreau de Bruxelles, ce droit accordé à l'individu est une renonciation à sa liberté individuelle et y renoncer revient à renoncer à sa qualité d'Homme avec un grand H. Étant donné le débat politico-éthique autour de cette question ô combien sensible, nous avons récolté l'avis de quelques jeunes. Nous pensons en effet que les jeunes d'aujourd'hui, au fait des avancées techniques et médicales propres à notre époque peuvent très bien verser une lumière nouvelle sur les interrogations qui planent encore autour de toute cette thématique. Et voici ce que cela donne :

"C’est une bonne chose. Il ne faut pas continuer à faire souffrir les vieux qui sont fatigués de vivre ou qui ont du mal à rester en vie sans médocs et machines. Et puis, s’ils veulent mettre fin à leurs jours pour arrêter de souffrir, on n’a pas notre mot à dire. C'est leur décision." Yohanna, 20 ans

"Peu importe le cas, peu importe la situation, le choix revient directement à la personne en question. Personne n'a la mainmise sur la vie d'autrui." Semih, 20 ans


EUTHANASIE BELGIQUE |

"Je pense qu'il est légitime qu'une personne puisse avoir le droit de vouloir vivre ou non. La vieillesse peut être synonyme d'accomplissement comme elle peut être synonyme de fatigue mais dans les deux cas nous avons besoin de repos après coup." Emma, 19 ans

"C’est tout naturel, chacun a le droit de prendre cette décision intime qui ne concerne que lui." William 20 ans

"Je suis assez d’accord avec cette extension parce qu'il ne faut pas nier la souffrance due à la sénilité, il est légitime qu'une personne pour qui la vie est devenue synonyme de souffrance réelle et justifiée, puisse demander l'euthanasie. C'est un choix qui n'implique que la personne elle-même." Nayela, 18 ans.

"S'il s'est résigné du fait de son âge avancé et qu'il fait le choix de l'euthanasie, qui sommes nous pour juger et refuser." Salih 20 ans

"Je suis contre et je parle en connaissance de cause, j'ai justement une personne proche de mon entourage qui vit cette phase compliquée. Donc même s'ils insistent, pour ma part, je préfère l'alternative du suivi psychologique afin de lui venir en aide." Christos, 19 ans

"Je suis pour mais si jamais, il devait y avoir une loi, il faudrait s'entendre sur un âge où la demande serait prise en compte et, bien sûr, continuer l'assistance psychologique jusqu'au bout." Anissa, 17 ans

Il existe des discussions compliquées à mener, tant leurs conséquences et leur charge symbolique sont lourdes à porter. Ce poids ne pourrait néanmoins nous servir de prétexte pour ne pas les tenir. En bons libéraux que nous sommes, pas même la Mort n'a de dérogation au questionnement. En bons libéraux que nous sommes, nous partons du principe que l'Homme est condamné à vivre libre, libre de choisir, que ce soit à la vie ou à la mort. L'euthanasie est une décision personnelle que l'individu devrait pouvoir prendre en aparté avec soi-même. Choisir son heure n'est-il pas une belle manière d'honorer sa vie passée ? 

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| ÉCOLOGIE CLIMAT

ECOLOGY FIRST 1er juin 2017. Donald Trump fait part de la volonté des États-Unis de quitter l’Accord de Paris. 10 septembre 2017. L’ouragan Irma vient de toucher la Floride. PAR VICTORIA VANDEBERG

C

Ces deux actualités ont fait la une des journaux, et pour cause ! Toutes deux sont particulièrement atypiques et violentes. La première est aussi incongrue que son annonciateur et ses dernières déclarations. Elle rentre parfaitement dans le programme de ce nouveau Président, et obtient d’ailleurs le soutien de 46% de ses électeurs. Oui, vous avez bien lu. La seconde est meurtrière. Le dernier bilan fait état de 58 morts dans cet État, sans oublier les dégâts matériels et le nombre incalculable de personnes évacuées. Revenons un instant sur l’accord de Paris, adopté en décembre 2015 par 195 états. Celui-ci a pour objectif de conserver la hausse des températures inférieure à 2°C en diminuant les émissions mondiales. C’est ici que l’importance des USA prend forme. En effet, ce pays est le deuxième pays du monde, après la Chine, qui émet le plus de gaz à effet de serre. Fameux pollueur, on peut le dire. Il est donc tout à fait essentiel qu’il respecte cet accord. Petit bémol : Donald Trump. Ce climato-sceptique ne l’entend en effet pas de cette oreille.

IMPACT DES iNDC s SUR LES ÉMISSIONS DE GES MONDIALES Comparaison des niveaux d’émissions en 2025 et 2030 résultant de la mise en place des iNDCs avec d’autres scénarios Illustratif

Émissions de GES (Gt2CO éq)

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correspondant à la fourchette haute des engagements de Cancun jusqu’en 2030 1 Scénarios et efforts politiques constants après (Ampere HST P3 dans la base de données des scénarios de l’AR5 du GIEC)

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2 Minimum et maximum de la fourchette des iNDCs conditionnels et inconditionnels agrégés au niveau mondial

80 % 66 % 50 % 33 % 20 %

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Scénarios de passage à l’action retardé à 2020 avec 66 % de chance de rester en dessous des 2˚C

3 (n˚6 dans la base de données des scénarios de l’AR5 du GIEC) 4 Scénarios d’action immédiate avec 66 % de chance de rester en dessous des 2˚C (n˚14 dans la base de données des scénarios

de l’AR5 du GIEC) 5 Scénarios de passage à l’action retardé à 2020 avec 50 % de chance de rester en dessous des 2˚C (n˚21 dans la base de données des scénarios de l’AR5 du GIEC) 6 Réductions sous les scénarios de référence grâce aux iNDCs

7 Illustration de la différence entre les iNDCs et les scénarios d’atténuation 2˚C Scénarios de passage à l’action retardé à 2020 avec 50 % de chance de rester en dessous des 1,5˚C d’ici à 2100 (médian) 8

Source : rapport de synthèse de la CCNUCC, mai 2016

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Fourchette d’incertitude

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CLIMAT ÉCOLOGIE |

© / Shutterstock.com

Comme il l’a dit : « J'ai été élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas de Paris ». Il tient donc coûte que coûte à défendre les intérêts des régions industrielles américaines et ainsi l’économie du pays.

Mais alors, que faire ? La solution la plus « facile », mais également la plus fâcheuse, serait le retrait pur et simple du Traité. Ce dernier le permet lui-même en son article 28. Celui-ci stipule que le pays signataire voulant mettre fin à sa participation doit attendre trois ans à compter de son entrée en vigueur, ajouté à ça un préavis d’un an, le retrait étant alors effectif en novembre 2020, lors de l’élection présidentielle américaine. Une autre solution est de plus en plus entendue dans les médias, c’est celle de la renégociation. L’enjeu pour le Président américain serait alors de revoir les objectifs concernant son pays à la baisse. Cependant, cette possibilité ne fait pas l’unanimité et c’est ici qu’intervient Emmanuel Macron. Lors de son premier discours à l’ONU, le 19 septembre, il a répété que « cet accord ne sera pas renégocié ».

Et l’influence des ouragans récents ? Une lueur d’espoir pourrait provenir des dernières catastrophes qui ont touché le continent américain. En effet, elles pourraient d’une certaine manière influencer le jugement de D. Trump, en le convainquant que oui, l’Homme a une part de responsabilité dans ce déchainement de Mère Nature. C’est effectivement ce qu’il vient de se produire dans

la tête de Daniel Ortega, président du Nicaragua. C’était en effet, jusqu’à présent, un des deux pays, avec la Syrie à ne pas soutenir l’Accord de Paris. Les intempéries actuelles touchant les Caraïbes ont sorti D. Ortega de ses retranchements, et c’est ainsi qu’il a annoncé vouloir bientôt signer cette charte.

Au final, émissions et ouragans sont-ils vraiment liés ? Le débat est toujours ouvert, certains chercheurs sont plus affirmatifs que d’autres mais la majorité possède une même position. Le réchauffement climatique entraîne une intensification des pluies, les dégâts occasionnés sont sans aucun doute plus importants. Quant à savoir si la fréquence des ouragans ou inondations est accentuée, seul l’avenir et des recherches plus poussées nous le diront.

En conclusion… La décision de DonaldTrump de quitter l’Accord de Paris est une décision tout à fait insensée et irresponsable. Il est à présent prouvé que le réchauffement climatique engendre des dégâts de plus en plus importants lors de fortes intempéries dans les zones à risque. La préoccupation majeure doit donc être d’endiguer ce réchauffement et pour ce faire, respecter l’Accord de Paris. C’est la raison pour laquelle Emmanuel Macron devra tenir tête à D. Trump, et, il faut l’espérer, réussir à faire plier ce dernier aux exigences de l’Accord. America first, even under water ? 

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| MYANMAR ROHINGYA

LES ROHINGYAS,

PEUPLE MAL CONNU ET ABANDONNÉ DE TOUS ?

PAR NADINE IRADUKUNDA

Les Rohingyas, groupe ethnique de langue indo-européenne et musulmans vivant principalement dans le nord de l'État d'Arakan, dans le sud-ouest de la Birmanie, sont une minorité bafouée. Nous tentons de comprendre cette situation.

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Les médias se sont surtout focalisés sur la religion de ce peuple comme si face à la détresse humaine, la religion était déterminante quant à savoir si les Rohingyas méritaient d’être secourus. Il s’agira, ici, de dresser brièvement l’historique de ce peuple afin de comprendre comment celui-ci en est arrivé au triste sort qui est le sien.

Historique local tumultueux… L’histoire des musulmans de Birmanie, plus connus sous le nom de Rohingyas, remonte au VIIIème siècle après Jésus-Christ. Leur présence est située en Arakan, bien qu'il s'agisse d’un peuple aux origines multiples. Ils auraient, en effet, été mêlés aux peuples arabes, mongols, turcs, bengalis et même portugais. Leur conversion à l’Islam s’est faite aux environs du XVème siècle, alors qu’à l’époque l’Arakan était un État vassal du Bengale. Cet État fut officiellement annexé à la Birmanie en 1948. Les Rohingyas ont été victimes d’attaques venues soit de la Birmanie voisine, soit des Portugais, et ce, dès 1785. Ces attaques furent menées par des soldats birmans, en les réduisant en esclavage, en les capturant, et en allant jusqu’à les brûler vifs. Ces exactions et ce mépris expliquent la satisfaction avec laquelle les Rohingyas ont accueilli l’occupation britannique en 1825. À cette période, ils ont pu jouir d’une certaine liberté politique et culturelle qui leur avaient été refusées jusquelà. Ils ont trouvé chez les Britanniques, des alliés et ont entamé leur chemin vers l’indépendance dans les années 1930 avec le soutien des

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Anglais. Les Rohingyas sont d'ailleurs restés loyaux aux Britanniques pendant toute la Seconde Guerre mondiale. Par répercussion, les Japonais, et surtout les Birmans, les ont massacrés par milliers, puisqu’ils ne leur ont jamais pardonnés leur alliance avec les Anglais, qu’ils considèrent encore à ce jour comme une trahison. Cette rancœur est sans doute une des causes principales qui explique leur mise de côté, voire leur isolation, du reste du pays, mais sûrement pas la seule. Et des tensions éthniques souvent sanglantes Des violences entre ethnies ont, en outre, éclaté début juin 2012 entre les communautés musulmane (les Rohingyas) et bouddhiste de l'État d'Arakan; celles-ci ont provoqué, par la destruction de milliers de maisons des deux communautés, la mort d'une centaine de personnes, et ont entraîné le déracinement de 90.000 autres. Un grand nombre a tenté de gagner par la mer le Bangladesh. Ils en ont été repoussés par les garde-frontières, au motif que ce pays avait déjà accueilli pas moins de 300.000 Rohingyas. Une brèche fut ouverte lors du viol et meurtre d'une jeune bouddhiste, le 28 mai 2012, agression qui aboutit à des affrontements : le crime avait été attribué aux Rohingyas, entrainant la condamnation à mort de deux d'entre-eux le 19 juin, et le suicide d'un troisième. Ce crime sera le point de départ d'une campagne de nettoyage ethnique dans l'Ankaran. Selon les mots de Human Right Watch, une


ROHINGYA MYANMAR |

organisation non gouvernementale, le régime birman, ainsi que plusieurs moines bouddhistes, sont accusés d'avoir participé ou favorisé un « crime contre l'humanité ». Le HRW estime que les autorités ont pris part à la destruction de mosquées, procédé à une vague d'arrestations accompagnées de violences et bloqué l'accès des organismes d'aide humanitaire aux musulmans déplacés. Le 23 octobre, au moins 70 Rohingyas ont été massacrés en une journée dans le village de Yan Thei, situé dans la commune de Mrauk-U. Les Rohingyas souffrent également d’un problème d’intégration. En 1982, suite à l’amendement de la loi sur la nationalité, les musulmans se sont retrouvés déchus de la nationalité birmane et sont devenus de fait apatrides. On commença à les désigner comme les « étrangers » ou les « Bengalis » du fait de leur ressemblance physique avec ces derniers. À cause de ce statut précaire, les militaires se permettaient régulièrement d’utiliser les Rohingyas dans des camps de travaux forcés, de commettre des viols et des assassinats en toute impunité, créant à chaque fois une nouvelle vague de réfugiés, principalement vers le Bangladesh voisin, mais aussi vers la Malaisie, l’Indonésie et l’Arabie Saoudite. Il a fallu attendre l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement civil en 2011 pour avoir un semblant de paix, mais celuici fut de courte durée, puisque dès 2012 d’autres motifs de persécutions furent trouvés, dont notamment le décès de la jeune femme bouddhiste dont des Rohingyas furent tenus pour responsables. Le constat actuel est le suivant : des milliers de réfugiés non enregistrés,

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| MYANMAR ROHINGYA qui vivent hors du camp des Nations Unies et qui n’ont pas de statut juridique dans le pays d’accueil. Par manque de moyens et d’infrastructures, ils sont entassés dans des bidonvilles, livrés à eux-mêmes, sans accès aux soins, à l’eau, à la nourriture, sans travail. Ces gens vivent dans des conditions inhumaines et l’instinct de survie fait qu’ils n’ont parfois pas d’autre choix que de se tourner vers des activités illégales et dangereuses : travail non déclaré, vols, trafic de bois et prostitution. Par ailleurs, les autorités locales dans les pays d’accueil s’adonnent à des pratiques mafieuses : intimidations, harcèlement, emprisonnements arbitraires afin d’inciter les réfugiés à retourner en Birmanie. Cependant, au vu de la situation actuelle en Birmanie, ceci n’est pas prêt d’arriver. Mais le plus déplorable reste le silence de la communauté internationale, alors que l’ONU a reconnu les Rohingyas comme « une des minorités les plus persécutées au monde ». La communauté rohingya a tenté de miser sur la personne de Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix, récompensée pour son action en faveur de la démocratie en Birmanie, pour espérer un soutien, mais cette dernière ne s’est jusqu’à aujourd’hui prononcée que timidement sur le sujet. Cela s’explique sans doute par un problème de conflit d’intérêts, puisque ses soutiens politiques sont en large majorité de confession bouddhiste, et donc hostiles aux Rohingyas. Son intervention s’est limitée à demander des clarifications concernant des lois sur la nationalité et leur mise en conformité avec les normes internationales. Au vu de la passivité de la communauté internationale et du gouvernement birman, les chances de voir une amélioration concernant la situation des Rohingyas sont faibles, pour ne pas dire inexistantes. Une fois de plus, une minorité s’apprête à connaitre le sort d’un génocide sous le regard du monde et dans une indifférence inquiétante, puisque rien ne semble pouvoir mettre un terme à ce qui semble être un nettoyage ethnique des musulmans en Birmanie. 

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AUNG SAN SUU KYI, LAURÉATE DU PRIX NOBEL DE LA PAIX, RÉCOMPENSÉE POUR SON ACTION EN FAVEUR DE LA DÉMOCRATIE EN BIRMANIE APPORTE L’ESPOIR D’UN SOUTIEN, MAIS CETTE DERNIÈRE NE S’EST PRONONCÉE QUE TIMIDEMENT SUR LE SUJET.


INDÉPENDANTS BELGIQUE |

NÉCESSITÉ DE RÉFORMER LE MONDE DU TRAVAIL PAR FANNY TSIPLAKIS ET LAURENT COSTAS

Le monde évolue, les progrès sont techniques ainsi que technologiques. Nos lois et institutions se doivent d’évoluer afin d’être en adéquation avec leur époque.

LE CAS DES INDÉPENDANTS

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La Loi et le Droit du travail définissent au sens strict l’indépendant comme étant une personne qui effectue un travail contre rémunération mais sans lien de subordination. Un statut d’une autre époque. Plus concrètement, l’indépendant a hérité d’un statut datant de la Première Révolution industrielle. Plus précisément, en 1886, lors du discours de Léopold II qui déclara que le libéralisme économique avait pris une place trop importante dans la société. C’est ainsi la première forme d’intervention de l’État dans l’économie en Belgique. La dichotomie entre l’employeur et l’employé était réelle, d’où l’arrivée nécessaire de lois pour encadrer le droit du travail mais surtout pour garantir la protection des ouvriers ne disposant que de leur force de travail en opposition à l’entrepreneur, qui lui disposait en règle générale d’énormément de capitaux.

Dès la Première Révolution industrielle, le Code du travail s’est construit afin de protéger le travailleur contre l’employeur. Plus concrètement, il y a une opposition entre d’une part un entreprenariat qui disposait d’installations, de machines et de capitaux de par l’apparition des Sociétés Anonymes. Ces dernières ont en effet permis aux entreprises de disposer de financements puisque

les intérêts des instituions financières rejoignaient ceux des patrons grâce au statut d’actionnaire. D’autre part, l’ouvrier, ne disposant que de sa force de travail ne disposait d’aucune sécurité lui permettant de survivre décemment en cas d’imprévu. C’est ainsi que lors d’accidents dans les mines ou les usines à simple titre d’exemple, des familles entières se sont retrouvées à la rue puisqu’elles étaient dépourvues de leur force de travail qui était à l’époque synonyme de seul et unique revenu. Après la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle réforme du droit du travail avec les balbutiements du droit social ont donné naissance à la sécurité sociale et à l’État providence que nous connaissons encore aujourd’hui. L’État providence, c’est tout ce qui n’est pas régalien en termes de compétences. C’est à partir de ce moment là que l’état a commencé à assumer une certaine gestion des relations économiques non pas pour supprimer l’initiative individuelle mais bien pour protéger le travailleur salarié et les personnes qui sont à sa charge. Depuis lors, le régime social belge n'a que très >>> peu changé. Il est l'héritier direct d'un modèle

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| BELGIQUE INDÉPENDANTS

juridique élaboré au XIXe siècle dans un contexte et avec des problématiques propres. Certaines ne sont plus nécessairement en phase avec les réalités actuelles telles que les technologies modernes et les Business Models actuels. Non sans reconnaître que l'existence d'un régime social stable et efficace doit demeurer une obligation dans le chef de l'�tat, le temps est venu de le réformer en profondeur. L’ubérisation de l’économie n’est qu’un exemple de la précarité sociale de certains indépendants car, à simple titre d’exemple, le chauffeur Uber ne dispose d’aucun statut. Aux yeux de la loi, il est un travailleur indépendant qui effectue des missions proposées par une plateforme. On pourrait même, en quelque sorte, dire que le statut de l’indépendant d’aujourd’hui est celui de l’ouvrier d’autrefois. Rares sont les médecins de famille, artisans ou même chefs de TPE qui travaillent moins de 12 heures par jour et qui n’ont aucune forme de protection sociale car ils ont la faculté d’être “prévoyants”….

REDÉFINIR LE STATUT D’INDÉPENDANT Actuellement en Belgique, plus aucun métier n’a de monopole statutaire, chaque métier à de rares exceptions près peut être exercé en tant que salarié ou indépendant. Pour rappel, l‘élément principal qui permet de qualifier un travailleur d’indépendant est la subordination. Or, aujourd’hui, beaucoup d’indépendants travaillent seuls et qu’ils soient consultants, médecins ou même chauffeurs Uber, ils bénéficient d’un statut qui ne leur confère aucun avantage social - au contraire des salariés – et bien qu’ils aient l’obligation d’assumer des contraintes intrinsèques à l’indépendant. Les causes de cette situation sont multiples mais cela est majoritairement dû à la pression fiscale en Belgique.

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INDÉPENDANTS BELGIQUE |

On pourrait commencer par citer des cotisations d’assurance sociale (34% du salaire brut) hors de toute forme d’entendement qui poussent de plus en plus de d’entreprises à engager des employés détachés ou des consultants indépendants afin d’éviter le paiement des cotisations patronales d’assurance sociale. On pourrait poursuivre en parlant des taux de l’impôt des sociétés (33,99%) qui pousse de plus en plus d’entreprises à délocaliser leur siège social dans des pays où la fiscalité est moindre et à garder de petites filiales locales pour garder bonne presse. Nous concluons donc qu'une réforme sur la nature des relations de travail, au niveau fédéral mais également Européen par la suite est dès lors nécessaire afin de combler les vides juridiques qui persistent aujourd’hui. En effet, les entreprises usent sans scrupule de ces vides juridiques afin de créer leur richesse sur la précarité de leurs travailleurs. En effet, ce n’est qu’en ayant un socle fiscal européen commun que l’on mettra fin au dumping social et que les entreprises cesseront en tout ou à tout le moins en partie les montages fiscaux mettant certains travailleurs dans des positions inconfortables. 

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| ESPAGNE CATALOGNE

CATALOGNE : ENTRE RAISON ET PASSION PAR BALINT GYÉVAI

Le 1 octobre 2017 se tenait le controversé référendum sur l’indépendance de la Catalogne. Ce référendum qui a amené 17% de la population espagnole à s’exprimer, a été jugé illégal et anticonstitutionnel par « Madrid » et a creusé un fossé entre le gouvernement espagnol et catalan laissant un climat presque belliqueux s’installer. er

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Dans ce contexte, la FEL tient à souligner la légitimité des revendications catalanes et la volonté d’auto-détermination des indépendantistes au nom de ce que bon nombre de catalans considèrent être leur nation ainsi que de la langue catalane. Par ailleurs, la FEL n’exclut pas l’idée de cette indépendance au regard du droit international. En revanche, la FEL condamne l’illégalité du référendum, de par notamment le non-respect de la Constitution espagnole ainsi que du Traité sur l’Union européenne, les discours de haine et le manque de dialogue constructif qui mènent à un rejet de l’autre et à une radicalisation de la position nationaliste catalane, notamment face aux autres Espagnols. En effet, malgré les pouvoirs étendus dans de nombreux domaines comme l’économie, l’éducation mais aussi la santé, le gouvernement catalan rejette toute concession et voit sa position tomber dans des dérives comme des comparaisons franquistes et la « haine de l’Espagnol ». La FEL ne peut que condamner la forme utilisée et rejeter le référendum qui a été organisé sans remettre en question le fond des arguments catalans. La FEL souligne également le manque de vision du gouvernement catalan qui ne tient pas compte de la responsabilité ainsi que de l’importance

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historique de la décision. Un « OUI » catalan signifierait en effet une sortie de l’Espagne mais également de l’Union européenne selon la doctrine Barroso. En effet, la Commission européenne actuelle suit également les dires de son ancien Président qui disait sur le cas de l’Ecosse : "Au cas où il y a un nouveau pays, un nouvel Etat, issu d'un État membre existant, il lui faudra poser candidature". La situation des citoyens catalans au lendemain du scrutin parait donc très incertaine. A noter qu’une demande d’adhésion, comme précisé par Jean-Claude Juncker, Président de la Commission européenne, devra se faire afin d’espérer réintégrer l’Union européenne en sachant que l’Espagne a notamment un droit de veto sur ce processus régit par la règle de l’unanimité des Etats membres. C’est ainsi que la FEL propose l’organisation d’un référendum au niveau national, donc à l’échelle de l’Espagne entière, pour décider du sort de la Catalogne. En effet, l’argument démocratique ne prime que si l’on respecte les règles de la Constitution espagnole et il est cohérent de demander l’avis de tous les citoyens sur la question. La FEL se positionne donc pour donner la voix à l’ensemble du peuple espagnol puisque la question concerne l’ensemble du pays. Par ailleurs, la FEL propose le renforcement de


CATALOGNE ESPAGNE | l’autonomie catalane et de son statut particulier au sein de l’Espagne afin de pallier aux tensions futures avec la région catalane. Ainsi la FEL appelle le gouvernement espagnol à proposer d’une part la réinstauration d’un dialogue continu avec le gouvernement catalan afin d’écouter et de prendre en compte les préoccupations catalanes et d’autre part d’entreprendre des pas supplémentaires dans la dévolution de compétences et dans l’octroi de plus d’autonomie pour l’entité catalane. La FEL met aussi l’accent sur la nécessité d’une attitude constructive du côté catalan afin de pouvoir mener ce processus à bien et éviter les confrontations destructives et la haine de l’autre auxquelles nous assistons actuellement. La FEL demande également une action au niveau européen afin de communiquer un signal positif aux différentes parties prenantes. D’une part, nous appelons à la reconnaissance de la langue catalane comme langue officielle au niveau européen, comme ce fut le cas en 2005 pour le gaélique en Irlande et comme l’Espagne l’avait d’ailleurs demandée en 2005 mais refusé alors par plusieurs pays (Pays-Bas et Autriche notamment). D’autre part, la FEL demande en parallèle le renforcement de la reconnaissance du fait régional avec un rôle plus important octroyé au Comité des Régions, institutions déjà reconnue au niveau européen et consulté dans de nombreux domaines. En conclusion, la FEL préconise une sortie constructive de la crise catalane. D’une part, avec la reconnaissance de la légitimité des revendications catalanes mais d’autre part en soulignant les problèmes liés à la manière de concrétiser cette volonté d’indépendance et en condamnant le référendum illégal. La FEL finalement propose des actions concrètes dans de nombreux domaines comme l’organisation d’un référendum national ainsi que l’action au niveau européen pour donner une alternative au conflit institutionnel. 

© / Shutterstock.com

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| CARICATURE CRISE POLITIQUE

QUAND ON TOUCHE LE FOND… MAIS QUE L’ON CREUSE ENCORE !

©Kroll, 9 septembre 2017, publié dans Le Soir.

PAR ENZA LAERA

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Au début de l’été passé, le cdH a déverrouillé le cadenas l’enchaînant au PS depuis plusieurs années. La raison officielle de ce divorce a été annoncée à grand renfort de coups bas et de coups de com’. Comment un parti comme le cdH aurait-il pu gouverner avec une équipe composée d’individus plus intéressés par leurs nombreuses rentrées financières que par leurs devoirs face aux électeurs ? Leur président, Benoît Ludgen, a pris une décision qu’il a jugé immédiatement « courageuse face aux événements ». Grand bien lui fasse. Mais dans sa quête de rachat et de renouveau, le chevalier blanc ardennais n’aurait-il pas oublié un point fondamental de son travail ? Celui de ses responsabilités ! En est-il devenu plus recommandable que ceux qu’il accuse en les pointant du doigt ? Aujourd’hui, la politique est avant tout une affaire de communication. Quel parti politique ne dispose pas de spécialistes en la matière ? Et à l’heure d’internet et des réseaux sociaux, il s’agit évidemment d’une obligation ; au risque de se voir « oublier » sur la façade médiatique. Il suffit, pour s’en convaincre, de compter le nombre d’adeptes de la frappologie dans les hémicycles politiques. Mais dans cette course à la transparence, certains en ont oublié pourquoi ils sont là. Auraient-ils perdu de vue que si l’information est aujourd’hui primordiale, il n’en reste pas moins que son contenu l’est encore plus ? l’Histoire nous l’a enseigné. Dès le 19ème siècle, Emile de Giradin écrivait « Gouverner, c’est prévoir ! ». Aujourd’hui, suite aux (nombreuses) affaires concernant l’ex-principal parti de gauche, il est facile de dire que ceux-ci ont omis cette célèbre maxime. L’électorat ne s’y trompe pas. Nous assistons à présent à une montée des partis extrêmes dans leurs paroles et dans leurs actes. Que les responsables politiques en soient conscients, leurs électeurs les attendent au tournant. Et continuer à discourir sans des actes forts sera immédiatement sanctionné. Que l’on soit de gauche…ou de droite. La gestion calamiteuse à Bruxelles ou en Wallonie des années « glorieuses » de l’union de ces deux partis a abouti aux errements auxquels nous faisons face à ce jour. Les exemples sont nombreux, tant à Bruxelles qu’en Wallonie, de la gestion parfois calamiteuse de certains dossiers par ces partis en coalitions ou seul. Que l’on parle de l’enseignement pour le cdH ou de la Chaussée de Louvain dont le PS est responsable depuis plus de 20 ans à Saint-Josse-Ten-Node. En abandonnant ses électeurs, ces partis ont été sanctionnés directement dans les derniers baromètres politiques. En retirant la prise du précédent gouvernement, des matières fondamentales pour ceux dont ils sont responsables ont été oubliées. Lorsque l’on se veut chantre de la bonne gouvernance, on gouverne avec efficacité et responsabilité. Et vouloir chanter, plus fort que les autres, n’est plus un gage de qualité chez le suffragant. Gustave Flaubert écrivait déjà « Ce n'est pas parce qu'un imbécile a deux pieds comme moi, au lieu d'en avoir quatre comme un âne, que je me crois obligé de l'aimer ou, tout au moins, de dire que je l'aime et qu'il m'intéresse ». C’est, selon les commentaires nombreux fleurissant sur les réseaux sociaux, l’état d’esprit qui a animé les spectateurs assistant à cette joute estivale. En jouant avec la démocratie, on se brûle toujours. « Le rythme d’une démocratie enrichie par la concertation n’est pas le rythme des populistes » pouvait-on lire dans Le Soir du 23/06/2017. Le PS semble l’avoir oublié. Et dans sa suite, le cdH. Il suffit de relire les nombreux messages entre ces partis envoyés au plus fort du schisme à grand renfort de gazouillis ou de communiqués de presse plus populistes les uns que les autres dans leurs virulences ou dans leurs propos. Mais comment pourrait-il en être autrement ? Après tout, on ne balaie pas plusieurs années de mariage le jour de son divorce et les (mauvaises) habitudes ont la vie dure.  Libertines | OCTOBRE 2017


FEL NOUVEAU C.A. |

UNE NOUVELLE ÉQUIPE #01 L AURA HIDALGO Je suis actuellement étudiante en Droit à l’Université Saint-Louis de Bruxelles ainsi que Présidente de la Fédération. Mon but dans cette Fédération est de donner envie aux jeunes de s’engager dans la vie associative et essayer de prendre part à l’évolution de la société plutôt qu’en être simplement spectateur ainsi que comprendre l’idéologie libérale afin d’aller au-delà du cliché. La FEL est l’exemple parfait de CRACS : des citoyens responsables, actifs, critiques et solidaires. #03 F anny Tsiplakis

Je suis étudiante en Master 1 en Droit à l'ULB. Je me suis engagée au sein de la FEL car c’est un lieu qui me permet de m’exprimer librement sur mes idées libérales à travers des projets que cela soit au niveau local ou national. En tant que Vice-Présidente de la FEL ainsi que Présidente du CEL ULB, mon but est de créer des échanges d’idées. Les valeurs qui me sont chères, j'entends les défendre !

#05 C  haimae Bockstael

À 20 ans, je suis actuellement étudiante en Sciences Politiques sur le Campus de l'UCL à Mons, où depuis un an, nous avons relancé une section FEL qui porte actuellement ses fruits. Défenseuse de la doctrine libérale depuis mon plus jeune âge, je suis également active au sein des Jeunes MR. De plus, depuis juin 2017, j'ai également été élue Secrétaire Administrative du Conseil d'administration de la FEL. Et ce, avec des objectifs concrets pour notre Fédération  : Promouvoir nos sections locales et encourager le débat politique chez les étudiants pour qu'ils se sentent concernés un maximum par l'évolution de la société et de ses enjeux.

#07 Corentin Lucifora

#02 L aurent Costas Je suis étudiant à l’ICHEC en gestion. Je suis passionné par la politique et je pense que le libéralisme est la seule idéologie durable. Etre libéral, c’est être amoureux de liberté et c’est pour cela que j’adhère à la FEL. En tant que Vice-Président, j’aimerais renforcer la FEL à Bruxelles à travers des collaborations entre les sections par exemple ainsi que susciter le débat et proposer des idées.

#04 A lexandre Servais

Je suis en BAC 2 en Droit à l’IESN. Je suis quelqu’un d’actif, qui vit sa vie à 200%. J’adore voyager, découvrir de nouvelles cultures, revenir des souvenirs plein la tête et des étoiles plein les yeux. Cette année, je suis Secrétaire Politique à la FEL. C’est un poste que j’occupais l’année passée dans ma section locale à Namur. Ce poste m’a permis de m’épanouir à la FEL et c’est pour cela je suis ravi de pouvoir continuer dans cette fonction au National. Je suis convaincu que le poste de secrétaire politique est fondamental à la FEL car il permet de véhiculer nos valeurs et nos opinions. Et à notre époque, ce sont deux choses que l’on ne devrait pas être effrayé d’exprimer. Concrètement, j’aimerais pouvoir présenter la FEL au plus grand nombre mais aussi prouver aux jeunes qu’il n’est pas si difficile de présenter une position objective sur l’actualité.

#06 B àlint Gyévai

Je suis actuellement étudiant en Master en Études européennes à l’Institut d’Études européennes de l’ULB à Bruxelles. Dynamique et engagé, l’Europe fait partie intégrante de ma vie et je m’y dédie au quotidien via de nombreux engagements associatifs dont la FEL. Pour moi, les libéraux partout en Europe ont un rôle majeur à jouer dans la concrétisation et l’approfondissement du projet européen, contre les populismes, nationalismes et extrêmes de tous bords !

Étudiant en Master 1 en Droit, je suis convaincu par les idées libérales car seules celles-ci, à mon sens, peuvent apporter une réponse en adéquation aux défis de notre époque. En tant que Trésorier de la FEL, cette année, je compte mettre l'accent sur la rigueur budgétaire et une certaine transparence des comptes pour parvenir à mettre sur pieds des projets toujours plus ambitieux.

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| OPINION POLITIQUE

PODEMOS,

LIBREMENT ET DE MILLE ET UNE MANIÈRES

PAR JOHN DE COSTER

"Je ne crois pas que le vote soit l'alpha et l'oméga de la démocratie". C'est ainsi que Le Vif (numéro du 10 juin 2017) introduisait l'interview de Guillaume Meurice, chroniqueur sur les antennes de France Inter. Certes, voter fait partie de ce que nous appelons notre "devoir citoyen". Certes, voter nous permet de renouveler (?) le personnel politique et institutionnel à qui nous déléguons l'exercice du pouvoir politique. Mais l'existence d'une démocratie ne peut se réduire à la question du vote.

U

Un peu de Science Politique Au fond, qu'est-ce que la démocratie ? Tenter une définition exhaustive et précise de cette notion sans doute un tantinet galvaudée aujourd'hui n'est pas ici mon objectif, tant cette dernière serait ample et complexe. Contentons-nous dès lors d'un bref exercice de vulgarisation. La démocratie est l'une des formes que peut prendre un régime politique. Elle articule des concepts tels que (entre autres) la souveraineté, le pouvoir et sa possession ou encore le peuple (encore faut-il savoir de qui l'on parle alors). Dans son acception moderne, la démocratie se réfère donc à la titularisation du pouvoir politique (c'est le peuple qui le détient) ainsi qu'à son mode d'exercice, celui-ci renvoyant principalement en ce qui nous concerne ici à la théorie wébérienne de l'état. Partant, la démocratie serait vouée à revêtir un aspect représentatif où le rôle du citoyen se bornerait à élire des députés (et/ou des "gouvernants") qui s'occuperaient de la gestion politique de la communauté au travers des institutions.

Faire "de la politique". La réflexion de Guillaume Meurice vise exactement ce dernier postulat. Le pouvoir d'une communauté n'est pas que politique. D'abord parce que Max Weber le disait lui-même, le pouvoir politique n'est autre qu'un mode du pouvoir social, plus large, plus transversal. Ensuite parce que cette conception du pouvoir politique enferme son exercice dans une dynamique étatique et semble ipso facto effacer l'impact que la communauté peut avoir sur son quotidien.

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Libertines | OCTOBRE 2017

Dans une perspective libérale, on expliquera logiquement le pouvoir social de la communauté par la liberté dont jouissent les membres qui la constituent, qu'elle soit individuelle ou collective. Certes, c'est un peu pompeux de le dire comme cela, mais concrètement, cette explication se tient. Guillaume Meurice utilise l'exemple suivant dans son interview : choisir la façon dont on consomme en modifiant ses achats au supermarché, c'est aussi faire de la politique. Et pour cette façon de faire de la politique, seul l'esprit d'un individu devant les étalages d'un magasin suffit. Imaginez alors ce dont l'Homme est capable en dehors du magasin. Sans doute sans le vouloir, Guillaume Meurice nous enjoint : réalisons que seul, déjà, nous pouvons marquer le pouvoir politique de notre empreinte. Une empreinte minime prise individuellement, certes, mais une empreinte qui a au moins le mérite d'être là, pleine et entière… et qui ne passe pas par les urnes. 


AGENDA |

Présidente et Éditeur Responsable : Laura Hidalgo Rédaction : Avenue de la Toison d’or, 84 - 86 1060 Bruxelles

L’AGENDA 26 OCTOBRE

Informations lecteurs :

Drink de rentrée de la FELU

Tél : +32 2 500 50 55 info@étudiantslibéraux.be

La FELU a le plaisir de te convier à son premier drink de l’année académique !

Rédacteur en chef : John De Coster Rédaction : BP des Jeunes MR Laurent Costas John De Coster Annelise Deville Balint Gyevai Laura Hidalgo Nadine Iradukunda Kevin Karena Enza Laera Louis Rifaut Alexandre Servais Fanny Tsiplakis Victoria Vandeberg Direction artistique : Daphné Algrain Avec le soutien :

Heure : 12h Organisateurs : FELU

27 OCTOBRE Drink de rentrée au Collège Saint Stanislas de la FEL MONS La FEL Mons a le plaisir de te convier à son premier drink de l’année académique !

Où : Collège Saint Stanislas Heure : 18h Organisateurs : FEL MONS

08 NOVEMBRE Souper du CEL Namur avec Valérie De Bue Heure : 19h Organisateurs : CEL NAMUR

09 NOVEMBRE Souper du CEL ULB avec Boris Dilliès. Où : La patinoire Heure : 19h Organisateurs : CEL ULB

14 NOVEMBRE Deuxième conférence du CEL ULB. Cette fois c’est Jean Jacques Flahaux qui est invité pour nous parler des transgenres. Heure : 19h Organisateurs : CEL ULB 31


REJOINS-NOUS A la !

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Libertines n°14  

Le magazine de la Fédération des Étudiants Libéraux.

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