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UNE PUBLICATION DE LA FÉDÉRATION DES ÉTUDIANTS LIBÉRAUX I JUIN 2017

news

LE MAGAZINE QUI DÉVOILE

Dossier  Éléctions françaises 2017

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Campagne : La FEL fait son Pacte Numérisation : Entre doute et hésitation Retour sur le LYMEC

N° 13


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INTERVIEW : Focus

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ACTU : La FEL fait

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DOSSIER: Les

sur une start-up son Pacte

Flashback

Vous le savez, la FEL n’est jamais à court d’activités. Conférences, débats ou activités folkloriques, il y en a pour tous les goûts. Voici donc un petit aperçu de ce qui s’est déjà passé depuis mars...

7Mars 2017 - Conférence

éléctions françaises 

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ACTU : Numérisation :

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CARTE BLANCHE

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CARICATURE

Une réussite pour la FEL Mons, elle recevait Willy Borsus pour parler du nouveau statut d’étudiant-entrepreneur et de la réforme du travail d’étudiants.

Entre doute et hésitation,la Belgique risque de laisser passer une opportunité

ACTU : Retour sur le LYMEC

RETOUR EN PHOTOS : Strasbourg

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Mars 2017 - Visite La FEL Mons en compagnie de Jean-Jacques Flahaux visitait le Parlement fédéral. Une journée de visite guidée riche en découvertes entre Sénat et Chambre des Représentants.

avril 2017

18 Avril 2017 - Conférence Le CEL Namur organisait une conférence sur la mobilité en Belgique en compagnie de François Bellot.

Éditeur Responsable :

Cédric Pierre Rédaction :

Avenue de la Toison d’Or, 84 - 86 1060 Bruxelles Rédacteur en chef :

24 Avril 2017 - Ciné-débat Consciente de l’enjeu de la montée des populismes, la FEL en collaboration avec les Jeunes MR organisait un ciné-débat autour du film « Chez nous » de Lucas Belvaux en présence de Jean Faniel, Directeur du Crisp.

Raphaël Mottale

24 Avril 2017 - Midi Politique

Comité rédactionnel :

Bastien Collard Laurent Costas John De Coster Annelise Deville Denis Devivier Balint Gyevai Laura Hidalgo Kevin Karena Enza Laera Cédric Pierre Alexandre Servais Direction artistique :

La FELU recevait le Député fédéral Gilles Foret pour parler de la digitalisation. Encore un moment très convivial et de grand intérêt sociétal.

25 Avril 2017 - Conférence Le CEL Namur recevait cette fois quatre députés pour une conférence exceptionnelle sur la bonne gouvernance en Wallonie.

Daphné Algrain

Libertines

- Juin 2017

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Édito

Chères amies, chers amis,

Ce numéro du Libertines va de pair avec deux événements clés de notre année. Il rime avec la tant redoutée session de juin mais également avec la fin d’une année de travail et de projets menés par la FEL. Des projets divers et variés qui s’adressent à différents publics, c’est ce pluralisme que l’équipe des étudiants libéraux a souhaité mettre en œuvre. Le pluralisme a précisément longtemps été au fondement de notre action. Présente sur de nombreux campus, notre association regroupe des personnalités et des sensibilités multiples et complémentaires. Complémentaires car nous sommes tous mus par une même envie d’engagement, de changement, de renouveau. Si récemment cette intention de changement s’est illustrée d’une manière positive, il ne faudrait pas oublier trop rapidement que cette volonté de changement a également bénéficié de manière inquiétante aux différents extrêmes. Malheureusement, le triomphalisme a tendance à sousestimer ce qui est également une victoire des extrêmes. En témoigne, l’effroyable indifférence face aux résultats électoraux du FN et de la France insoumise, voire même de la satisfaction à l’égard de l’effondrement des partis traditionnels. Pourtant, malgré leurs défauts, ceux-ci sont les garants de principes démocratiques, d’un certain bon sens et d’un niveau de compétence. Certes, les derniers résultats doivent servir de leçon et appeler à une évolution dans la manière de faire de la politique, dans la manière de communiquer. Heureusement, la victoire d’Emmanuel Macron, issu d’un parti traditionnel et qui a compris ce besoin de renouveau, a permis d’éviter le pire et est porteur d’espoir pour l’avenir. Ces différents aspects seront abordés dans le présent numéro qui je l’espère, incitera de nouvelles personnalités à s’engager et à participer au changement. Je vous souhaite une bonne lecture et beaucoup de succès dans votre session d’examens. 

Cédric

Président de la Fédération des Étudiants Libéraux

Avec le soutien

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| INTERVIEW

FOCUS SUR UNE START-UP Selon le SPF Economie, 80.500 nouvelles entreprises ont été créées l’année passée en Belgique. Beaucoup de jeunes font la démarche avec le statut d’étudiant-entrepreneur. Voici un focus sur une des nouvelles start-up créées par des jeunes dénommée "  Trys ". Cette start-up permet grâce à une plateforme en ligne de réserver des cours de yoga, tai chi et pilates sans abonnement pour rendre le sport plus accessible et plus flexible avec ce principe de "on ne paye que ce qu'on consomme".

par Laura Hidalgo

QUI ÊTES-VOUS ?

Je m'appelle Fayçal Arbai et j'étais étudiant en ingénieur civil à l'UCL. J'ai lancé " Trys " il y a un an après en avoir eu l'idée il y a deux ans ! Je suis le profil technique de la team, le développeur, mais aussi le CEO d'une équipe de deux personnes. Je m'appelle Amine Chafik et je suis étudiant en droit à l'Université Saint-Louis de Bruxelles. Je suis le co-fondateur de " Trys " et à la différence de Fayçal, je m'occupe de tout ce qui est non-technique. On peut dire que nos profils sont complémentaires. Je m'intéresse un peu à tout avec un penchant plus prononcé pour les nouvelles technologies, la politique et les relations internationales. Je ne suis pas quelqu'un de très sportif à la base mais j'ai pratiqué le Karaté Shotokan pendant plusieurs années. Aussi, mes sports favoris sont le kung fu (arts martiaux chinois) et le VTT. Le yoga n'en fait pas partie, vous l'aurez remarqué. COMMENT VOUS EST VENUE L’IDÉE DU PROJET " TRYS " ? Fayçal : C’était en mai 2015, lors du Combat du Siècle entre Mayweather et Pacquiao. Je faisais des arts martiaux et la presse faisait beaucoup de bruit autour de ce combat à 500 millions de dollars, j’ai voulu essayer (try-) la boxe anglaise pour avoir un avis sur ce sport (-s). J'ai vite déchanté ! Après avoir parcouru pendant des heures des dizaines de pages Facebook et sites web non-àjour, j'étais frustré de n'avoir trouvé aucun moyen facile et sûr de m'inscrire uniquement à un ou deux cours de boxe. J'ai gardé cette frustration pendant un an, jusqu'à décider d'entreprendre sur cette base en avril 2016 pour résoudre mon propre problème. Amine : Faycal et moi, on s'est connus au Parlement Jeunesse Wallonie-Bruxelles. Je suis le projet depuis le début mais ce n'est qu’au cours de cette année que j'ai décidé d'entreprendre l'aventure avec Fayçal. Avec Wellgrad, nous organisons notamment des cours de yoga et de tai chi en entreprise pour les aider à réduire le niveau de stress, l'absentéisme ainsi qu'à améliorer la productivité et la créativité des travailleurs. Au bout du compte, les cours deviennent pour les entreprises des investissements rentables à court et à long termes.

Libertines

- Mars 2017

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INTERVIEW |

QUELS SONT VOS PROJETS À LONG TERME ? Amine et Fayçal : Toutes les 10 secondes, une personne meurt d'inactivité physique dans le monde. C'est plus que d'enfants qui meurent de faim. Je crois qu'une bonne partie des personnes qui ne bougent pas ou pas assez peuvent changer leurs habitudes à condition d'avoir une organisation globale des activités physiques qui soit capable d'inclure ces personnes. À long terme, " Trys " ambitionne donc de pallier à ce problème en restructurant les industries sportives de manière à ce qu'elles soient plus efficaces, plus justes et plus accessibles. Et nous le faisons actuellement au travers d'une plateforme afin de développer les effets réseaux nécessaires pour accomplir cet objectif. Nous souhaitons également offrir des espaces de créations et d'essais pour des disciplines sportives nouvelles (comme des jeux), de même que nous souhaiterions développer un centre de recherches spécialisé sur la question de l'inactivité physique. Un autre projet, toujours sur le long terme, est le développement de " divertissements sportifs ", des divertissements où l'on peut être physiquement actif et pas juste passif et spectateur. Voilà les pistes actuelles sur le long terme pour arriver à faire bouger les Belges, les Européens et peut-être même le monde.

EN TANT QUE JEUNES, QUELS SONT VOS CONSEILS POUR CEUX QUI AIMERAIENT AUSSI ENTREPRENDRE ? Fayçal : Réfléchissez-y bien, ce n'est pas toujours une bonne idée d'entreprendre. Particulièrement en Belgique, un petit marché super-segmenté avec des cadres administratifs et législatifs très rigides. Si vous décidez tout de même de faire le pas, préparez-vous à rencontrer de nombreuses difficultés. Le plus tôt sera le mieux. Et pour vous aider à résister aux dures réalités du marché et aux sacrifices dans votre vie personnelle que l'entrepreneuriat demande, entourez-vous de personnes qui l'ont déjà fait. Les espaces de co-working sont un bon endroit pour cela, mais attention à ne pas tomber dans le piège dans ce genre d'espace : " all talk, no action ". Bonne merde ! Amine : J’encourage les jeunes à se lancer dans l'aventure mais avec un bagage de connaissances solides. Il ne faut pas avoir peur de l’échec mais plutôt de ne pas avoir essayé. L'entreprenariat est souvent victime de ce mindset qui veut que l’échec est mal vu. Les gens ont peur de l’échec et passent à côté de plein d'opportunités. Dans tout les cas on apprend beaucoup de cette expérience.  5


| ACTU

LA FEL FAIT SON PACTE En ce deuxième quadrimestre, à la Fédération des Étudiants, nous avons choisi de nous atteler à un thème qui nous préoccupe particulièrement, la réforme de notre enseignement obligatoire. Dans cette campagne, nous partons de la réforme envisagée par le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, dénommée « Pacte pour un enseignement d’excellence » et envisageons notre propre réforme de l’enseignement francophone de façon à le mettre réellement en phase avec les réalités du XXIème siècle.

par Enza Laera

P

Pour nous, les réalités du XXIème siècle sont multiples et importantes, l’adaptation au numérique, l’adéquation de l’offre d’enseignement aux futurs besoins professionnels ou encore le besoin de flexibilité et d’individualisation grandissants des élèves et des parents. Il faut les prendre en compte. Pour rédiger notre Pacte, nous avons sélectionné cinq thèmes qui nous paraissent être les plus importants, nous les avons analysés puis nous y avons apporté notre réflexion par des pistes concrètes de solutions. Le premier thème abordé est la formation initiale et continuée des enseignants. Nous y plaidons pour l’élargissement du nombre d’années d’études de 3 à 4 années avec une augmentation des stages en vue de mieux les former à gérer les groupes classes toujours plus hétérogènes, leur inculquer l’autorité nécessaire à la bonne gestion d’une classe. Leur donner plus de maîtrise des outils informatiques et des nouvelles pratiques de pédagogie. Nous sommes favorables à la mise en place d’évaluations sommatives arrivant après des évaluatives pour les professeurs quel que soit leur niveau de carrière. Pour permettre la mise en place de ces objectifs, nous préconisons la création de postes contractuels à durée indéterminée pour remplacer les procédures de nomination. Au sujet de la réforme des rythmes scolaires, nous sommes plutôt d’avis d’abandonner l’idée de l’allongement obligatoire pour tous de la journée scolaire mais nous sommes favorables à un renforcement de l’accueil parascolaires en partenariat avec notamment les organisations de jeunesse. Par contre, revoir l’alternance des périodes de cours-repos doit rester envisageable puisque cela répond à un réel besoin physiologique des élèves et il nous semble qu’il ne chamboulerait pas fondamentalement le temps alloué à l’école. Sur la problématique de la mise en place d’un tronc commun, nous sommes convaincus qu’il faille renforcer les moyens autour de la différenciation. Nous plaidons pour la détection et la remédiation précoces des lacunes, au travers de cours de " Remédiation – Consolidation – Dépassement " (RCD), ainsi qu’à l’autorisation au redoublement en cas d’échec. Nous pensons qu’il est également essentiel d’augmenter les efforts pour renforcer les savoirs de base en maternel, primaire et secondaire. Nous sommes enfin favorables à la mise en place d’un enseignement pluridisciplinaire et polytechnique qui permettra à

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ACTU |

l’élève de devenir un citoyen responsable de ses choix qui auront été posés avec maturité. C’est le seul moyen selon nous de permettre aux élèves d’opérer un choix positif de la filière qualifiante et dès lors de réellement la revaloriser, tout en augmentant le niveau de notre enseignement. Revaloriser l’enseignement qualifiant est essentiel pour nous pour deux raisons principales. La première est que les métiers de demain relèveront du technique et la seconde que de nombreuses professions actuellement en pénurie sont des métiers techniques ou professionnels. Nous sommes donc pour la mise en place jusqu’en 2ème secondaire, d’un enseignement pluridisciplinaire et polytechnique pour faire en sorte que la filière qualifiante ne soit plus un second voire troisième choix. Nous nous opposons fermement à la volonté du Groupe central de fusionner les filières techniques et professionnelles car les besoins des élèves qui les fréquentent sont différents. Par ailleurs, le qualifiant est actuellement une filière de relégation parce que ses élèves connaissent des lacunes auxquelles il n’est pas remédié. C’est également pour cette raison que nous voulons mettre en place des cours de " Remédiation – Consolidation – Dépassement " (RCD) et d’autoriser le redoublement en dernier recours. Et enfin, selon nous, la revalorisation du qualifiant passe précisément par la formation en alternance, contrairement à la volonté du Groupe central. Son accès doit toujours être autorisé dès la 3ème secondaire. Cette filière doit être largement

revalorisée au vu du taux élevé d’insertion sur le marché de l’emploi. Pour finir, concernant la question de la transition numérique, qui pour nous est essentielle si nous ne voulons pas que notre enseignement ne forme des élèves déconnectés du futur, nous recommandons, pour répondre aux problèmes de financement, que des partenariats public-privé ou que des contrats de leasing de matériel informatique soient conclus par la Fédération Wallonie-Bruxelles elle-même. Mettre en place des partenariats avec les organisations de jeunesse dont l’expertise est aussi un bénéfice auquel nous ne pouvons pas nous soustraire. La transition numérique doit néanmoins passer par la formation en profondeur des professeurs et des élèves. Enfin, nous plaidons en faveur de la mise en place de cours sensibilisant les élèves dès la 5ème primaire aux problématiques liées aux nouvelles technologies. En conclusion, ce Pacte pour un enseignement d’excellence a au moins le mérite d’exister, d’avoir mis en exergue les carences graves de notre enseignement et d’avoir fait prendre conscience à la totalité des acteurs de terrain de l’ampleur du chantier à mettre en route. Il a également permis de poser les grandes lignes conductrices des aspects à réformer en profondeur. À la FEL, nous sommes prêts à retrousser nos manches, prendre nos responsabilités pour non pas " rêver " mais mettre en marche l’école de demain. Retrouvez l’ensemble de nos propositions détaillées sur www.lafelfaitsonpacte.be  7


| ACTU

NUMÉRISATION : ENTRE DOUTE ET HÉSITATION,

LA BELGIQUE RISQUE DE LAISSER PASSER UNE OPPORTUNITÉ par Kevin Karena Récemment, lors d'une réunion des Ministres de l'emploi des pays de l'UE, le Ministre slovaque J. Ricter déclarait : « Les mutations technologiques influencent le marché de l’emploi de manière significative : elles sont à l’origine de la suppression de quelques emplois, puisque les robots remplacent les hommes, mais elles modifient également les exigences en matière de compétences des salariés dans de nombreuses professions, ou contribuent à créer de nouvelles professions ».

A

Aujourd’hui, la révolution numérique est inévitable. Toutefois, dans cette course, tout le monde n'est pas logé à la même enseigne en Europe. Notre pays possède un énorme potentiel que nous n’utilisons malheureusement pas encore à bon escient. Que se passe t-il ? Y a-t-il de la part de notre pays une méfiance de la digitalisation ? Selon une étude du Boston Consulting Group, la digitalisation et la numérisation en Belgique pourraient créer jusqu’à 300.000 emplois et doubler notre croissance économique d'ici 2020 mais pour cela il faut qu'elle soit une priorité absolue. Nos politiciens et les syndicats doivent comprendre que ce qui marchait hier ne fonctionne plus aujourd'hui.

ceux qui disent que le numérique va tuer l'emploi. Toutefois, il est important de nous rappeler que certains de nos prédécesseurs clamaient déjà la même chose, autrefois, en ce qui concerne l'industrialisation. Je reste convaincu que lorsque le processus est bien géré, c'est tout le contraire qui se produit. Le numérique modifiera rapidement et de manière radicale les règles du jeu dans tous les secteurs et en particulier celui de l'entreprise. Il nous faut donc lutter activement contre l'analphabétisme digital et par ailleurs éviter de perdre toute une génération. L’école n'arrive plus à fournir, de nos jours, les compétences adéquates. En effet, c’est un constat qui est de plus en plus confirmé. Demain, 9 emplois sur 10 nécessiteront des aptitudes dans le domaine du numérique. Il est crucial que les pouvoirs publics veillent à ce qu'un maximum de citoyens quelque soit leur orientation professionnelle puisse acquérir un minimum de compétences numériques. Nous sommes un pays avec d'énormes capacités. Nous sommes l’un des rares pays européen à avoir un ministre chargé de l'agenda numérique (Alexander De Croo).

19ème SUR 85 PAYS LA BELGIQUE EST À LA 19ÈME PLACE DANS LE CLASSEMENT DES PAYS LES MIEUX NUMÉRISÉS, LOIN DERRIÈRE LES PAYS-BAS OU LE DANEMARK. Les attentes et les responsabilités du monde ont évolué par rapport au passé. Nos dirigeants doivent mettre l’accent sur l’importance de l'enseignement qui, à mon sens, a un rôle extrêmement important à jouer aussi bien aujourd’hui que demain ! Il ne faudrait pas que les élèves terminent leurs études avec une formation qui ne corresponde pas aux besoins du futur monde du travail. Nombreux sont

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Cependant malgré l’avènement de cette nouvelle ère digitale, 28% des marketeers belges n’ont aucune intention de changer leur stratégie (The House of Marketing). Prônons une vision forte et posons-nous les bonnes questions sans plus tarder.    8


p.10 J usqu’où Emmanuel     Macron va-t-il marcher ?

DOSSIER

p.12 Le libéralisme e(s)t les     lendemains qui chantent

p.14 La fin du bipartisme en Europe    

p.16 C  omparaison des programmes     des candidats du 2ème tour p.18 5 questions à Caroline Laporte    

La fin d’un quinquennat apporte son défilé ÉLECTIONS FRANÇAISES de nouvelles figures et d’idées politiques mais habituellement les scrutins ramènent l’enjeu à un choix consacré entre gauche et droite. des élections présidentielles françaises à nous pencher sur le Cette fois, les surprises étaient au rendez-vous. paysage politique de nos voisins. Aucun des deux partis historiques n’a pu rassembler Nous dressons d’abord le portrait du nouveau et jeune suffisamment de voix pour être présent au second Président français et les attentes liées à son élection, nous tour. Ensuite nous avons assisté à une poussée énorme abordons la fin du bipartisme en Europe ainsi que l’analyse de des extrêmes, vrai désaveu des partis traditionnels. Et la montée des extrêmes et le rôle que nous, libéraux, devons enfin c’est Emmanuel Macron qui avec son nouveau jouer, nous comparons les programmes politiques des deux mouvement remporte la possibilité de relever l’énorme candidats du 2ème tour et nous apportons le point de vue défi de redresser la France. d’une candidate aux législatives françaises domiciliée en Dans ce dossier central, nous avons tenu, à l’occasion Belgique grâce au témoignage de Caroline Laporte. 9


JUSQU’OÙ EMMANUEL MACRON VA-T-IL MARCHER ? Un vent de révolution souffle sur la France depuis le 7 mai avec l’élection d’Emmanuel Macron, élu à 39 ans comme le plus jeune Président de la République française. Contrairement à ses prédécesseurs, Macron possède un profil atypique en venant d’un mouvement fondé de ses propres mains hors des partis traditionnels. Mis à part son amour des cordons bleu, que faut-il attendre des cinq prochaines années du nouveau locataire de l’Elysée, appelé « Le sauveur » par Die Zeit ?

U

Une politique intérieure difficile à prédire

financières peuvent être facilement appuyées par les députés LR. Le fait que plusieurs ministres soient issus de la société civile, des thématiques comme l’environnement, la culture, la santé ou les sports peuvent faire l’objet de vastes consensus.

Les élections françaises ne se résument pas qu’à une présidentielle. Quelques semaines après l’élection du nouveau président de la République, les Français sont à nouveau appelés à se rendre aux urnes en élisant leurs députés.

L’Europe au tournant

Cependant, rien ne garantit à Emmanuel Macron, issu du mouvement " En Marche ! ", qu’il recueillera une majorité absolue qui lui permettra d’appliquer son programme. Si aucun parti n’obtient une majorité claire, il semble que des alliances soient difficiles à faire. Les Républicains, par exemple, n’ont pas hésité à renvoyer de leurs rangs Edouard Philippe (le Premier Ministre), Bruno Le Maire et Gérald Darmanin qui ont accepté de faire partie du Gouvernement d’Emmanuel Macron. Les Républicains restant, contrairement au Parti Socialiste, presque au complet. Ceux-ci misent encore sur une potentielle victoire aux législatives.

Selon toute vraisemblance, " La République en Marche ! " devrait rejoindre l’ALDE, le parti libéral européen dans lequel fait partie, entre autres, le MR et l’Open VLD. Avec l’apport d’un grand État membre européen, les libéraux vont disposer d’une grande force de frappe lors des différentes séances du Conseil européen avec d’autres Chefs d’États ou de Gouvernements libéraux comme Charles Michel, Lars Rasmussen (Danemark), Jüri Ratas (Estonie), Juha Sipliä (Finlande), Xavier Bettel (Luxembourg), Mark Rutte (Pays-Bas) et Miro Cerar (Slovénie). Emmanuel Macron défend la ratification de traités commerciaux comme le CETA, considéré comme un accord commercial de seconde génération. Il souhaite que ce type d’accord se généralise en

Toutefois, des alliances loi par loi ne sont pas à exclure. Bercy étant occupé par des Ministres de droite, les lois sur des questions économiques et

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©/shutterstock

par Denis Devivier


Macron, ce jeune n’attirant pas les jeunes

se focalisant principalement sur l’inclusion de clauses fiscales, sociales et environnementales. L’Europe doit également aller, selon lui, vers d’autres partenaires comme la Chine.

Selon les instituts de sondages, l’électeur-type d’Emmanuel Macron serait une personne âgée de plus de 45 ans ayant des revenus assez aisés, résidant dans des zones urbaines. Un des défis du nouveau président sera d’attirer un électorat bien plus jeune. Les 18-24 ans se sont d’abord tournés vers Jean-Luc Mélenchon. Tandis que les 25-34 ans ont désigné Marine Le Pen comme premier choix. Macron n’arrivant que troisième parmi ces deux tranches d’âge.

Emmanuel Macron adopte une attitude dure envers le Royaume-Uni qui ne devrait pas accéder au marché unique une fois le Brexit réalisé. Il prône également que les 73 eurodéputés britanniques sortants soient élus via des listes européennes. Au niveau de la zone euro, il souhaite qu’un budget, qu’un parlement et qu’un ministre de l’économie soient en place rien que pour les Etats membres ayant adopté l’euro comme devise.

Malgré un taux d’abstention assez fort de la part de ces jeunes et des choix exprimés envers des choix de rupture, les jeunes ne sont pas désintéressés de la politique. Ceux-ci ressentent un dégoût de la politique traditionnelle. Le taux d’abstention de ceux-ci est de plus en plus grand quel que soit l’élection, il s’agit d’abord d’un choix individualisé que ceux-ci ressentent d’abord une question de droit et non de devoir de vote. Il s’agira d’un défi nécessaire pour une éventuelle réélection. 

Au niveau des Nations-Unies, le Président Macron se déclare en faveur d’une réforme du Conseil de Sécurité. Il souhaite que d’autres Etats soient membres permanents comme l’Allemagne, le Japon, l’Inde ou le Brésil qui sont des forces économiques en puissance. Son programme indique également qu’un encadrement du droit de véto dans les questions de crimes de masse devrait être fait. 11


LE LIBÉRALISME E(S)T LES LENDEMAINS QUI CHANTENT À la lecture de cet article, nous sommes bien évidemment tous au courant que le pays des Droits de l’Homme aura finalement décidé d’avancer au pas de course, en élisant Emmanuel Macron comme 25ème Président de la République française. Ce n’est pourtant pas une raison pour ne pas s’interroger sur le parcours que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon auront effectué lors de ces présidentielles, inédites à tant d’égards.

par John De Coster

A

À eux deux, les deux révolutionnaires (comme Jean-Claude Coutausse, journaliste au Monde aime les surnommer) ont récolté 40,88% des suffrages au premier tour des présidentielles 2017. Si l’on considère des candidats plus marginaux, mais pas moins radicaux pour autant, à l’instar de NDA (4,7%), Philippe Poutou (1,09%) ou encore Nathalie Artaud (0,64%), le radicalisme politique représente 47,31% des voix exprimées. Ils incarnent ainsi le nouveau visage de la politique chez nos voisins outre-Quiévrain. Bien que la victoire du candidat d’En Marche ! ait de quoi mettre un peu de baume au cœur, cette " France des extrêmes ", pour reprendre le titre du Vif (35ème année, n°16), est une réalité que plus personne ne peut négliger aujourd’hui. Ces élections auront clairement démontré que MLP était bel et bien passée "du statut de candidate présidentielle à celui de candidate présidentiable", comme l’a si bien formulé François Gemenne sur les antennes de La Première, quelques jours avant le second tour. À côté de cela, JLM aura prouvé qu'il pouvait réellement être insoumis au jeu des partis politiques traditionnels. Comment expliquer ces succès ? Certes, la personnalité des deux candidats y est certainement pour quelque chose, mais c’est l’analyse de leur programme respectif qui me paraît être le plus chargé d'enseignements. "Sur le plan idéologique, la comparaison ne tient pas debout", souligne dans le Vif le chercheur Jérôme Jamin. Il est vrai que MLP et JLM se situent pour ainsi dire aux antipodes quand il s’agit de se représenter ce que la France doit devenir. Comment comparer le repli identitaire prôné par la candidate du peuple d’une part, et l’impératif moral d'hospitalité encensé par le tribun de Presles d'autre part ? Notons toutefois que leur opposition illustre sans doute le nouveau clivage politique à l’œuvre, en Europe et ailleurs : celui de l’isolationnisme (lepéniste) opposé au mondialisme (mélenchoniste). Tout n’est pourtant pas si dichotomique lorsque nous analysons parallèlement nos deux révolutionnaires. MLP et JLM ont beau proposer deux projets de société bien différents au premier abord, ils mobilisent cependant bon nombre d’éléments communs lorsque l’on dissèque le contenu de leur programme. Nous devons pour ce faire admettre ce qui suit; il en va de notre probité intellectuelle. Le FN n’est plus uniquement un parti raciste, même si l'identité nationale demeure son pilier politique. La France Insoumise n’est pas un simple parti marxiste, même si la lutte des classes structure son mode de raisonnement. Ce que MLP et JLM partagent globalement, c’est ce "désir de renverser la table, [ce] désir de mettre à bas ce système qui n’en finit pas d’échouer", pour reprendre la

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47,31% POURCENTAGE DES VOIX EXPRIMÉES POUR DES CANDIDATS "RADICAUX" AU PREMIER TOUR.

formulation de Roland Cayrol. Leurs cibles, nous les connaissons : l’élite politique, le monde de la finance, la mondialisation sauvage et le capitalisme sans bornes (que l'on confond avec le (néo-) libéralisme) qui ont permis les multinationales et les grands patrons, l’Union européenne, etc., etc. La liste est très longue. Tirer un trait sur tout cela, voilà qui règlerait nos problèmes nous disent nos prophètes des lendemains qui chantent. Et Jérôme Jamin de compléter : "sur le plan du simplisme et de la démagogie, on peut trouver ici et là des ressemblances". Toutefois, ne voir dans ce simplisme et cette démagogie que du simplisme et de la démagogie, c’est commettre une erreur. Ne pas vouloir concéder que ce que signifie réellement ce vote à l’extrême, c’est simplement l’échec de nos démocraties libérales, ses principes et ses valeurs, c’est aussi une forme de simplisme. Ce qui anime l’électorat ici en question, c’est son dégout, son désespoir, sa colère à l’égard d’un système globalisé et transcendant qui, de son point de vue, est source de tous ses maux. En toute honnêteté, qui oserait lui prétendre qu’il se trompe profondément ?

©/shutterstock

Comprenez-moi bien, je ne tente pas de justifier le vote Le Pen ni le vote Mélenchon. Mon objectif est de comprendre pour ne pas m’empresser de juger. Emmanuel Macron avait eu cette brillante remarque lors d’une interview avec le réseau de divertissement français MinuteBuzz : "Nous avons besoin de ne pas laisser la critique de l’Europe aux anti-européens". Suivons son exemple ! Ne laissons pas la critique de notre système (la démocratie libérale et tout ce que cela désigne) aux antisystèmes. Je pense que le salut du libéralisme viendra de sa capacité d'introspection, de sa capacité d'adaptation. Son avenir sera déterminé par sa capacité à reconnaître qu'il n'est pas une panacée universelle, ainsi que Richard Miller n'a de cesse de l'expliquer. Si le libéralisme signifie encore la liberté de l'individu sous toutes ses formes, l'usage de la raison, l'amour de la dignité humaine, aucun libéral ne pourrait faire face à Locke, Bentham, Kant, Constant ou encore Smith et leur montrer fièrement ce que nous avons fait de leur héritage. Les libéraux doivent réaliser que c’est à nous qu’il incombe de mener le débat à partir de nos fondamentaux, c’est à nous qu’il revient de dépasser les clivages, c’est à nous qu'il appartient de réformer et d’actualiser ce que notre courant de pensée a mis des siècles à construire. Peut-être est-ce notre tour de radicaliser notre approche, d'être radicalement libéraux dans nos pensées et nos gestes. C’est notre devoir de remettre notre machine En (état de) Marche et de faire face à ce nouveau visage qui, malgré une relative légitimité n'en demeure pas moins liberticide. Roland Cayrol confiait au Vif que ce 7 mai était "peut-être la dernière chance pour pouvoir répondre aux colères qui montent du peuple". Montrons-lui que nous l’avons compris.  13


LA FIN DU BIPARTISME EN EUROPE par Bastien Collard

L’élection d’Emmanuel Macron, un homme encore inconnu du monde politique en 2014 en est la preuve, le bipartisme historique en Europe vit ses dernières heures. Qui aurait cru que le mouvement " En Marche ! " créé en mars 2016 arriverait en tête aux élections françaises ? Certainement pas Monsieur Fillon, cet homme investi en politique depuis près de 40 ans, que tous voyaient déjà président à la suite de sa victoire à la primaire républicaine.

L

La France n’est cependant pas le seul exemple, en effet, d’autres pays comme l’Espagne, la Grèce, mais aussi la Grande-Bretagne voient un désintérêt grandissant pour les partis dits " traditionnels " au profit de nouveaux arrivants. Les réponses à ce rejet des partis traditionnels sont diverses mais les causes semblent être similaires.

pas plus glorieux, Nicolas Sarkozy s’est retiré (pour la seconde fois, il est vrai) de la vie politique, Alain Juppé semble en fin de carrière et vient de voir son poulain Edouard Philippe rejoindre les rangs de Macron, François Fillon est lui, bien entendu, horsjeu. Le cas de la Grèce avec Alexias Tsipras et son mouvement " Siriza " peut aussi être évoqué. En effet, suite à la crise grecque et l’austérité qui en a découlé, ce parti est devenu en quelques années le plus important en Grèce.

Nous pouvons tout d’abord citer le cas de l’Espagne, qui a vu la montée de " Podemos ", un parti de gauche radicale anti-austérité mais aussi " Ciudadanos ", un parti plutôt central libéral, assez loin des extrémismes.

Nous pouvons constater qu’il y a en Europe une montée indéniable des extrêmes, qu’elles soient de droite ou gauche mais cela semble aller plus loin. La montée des extrêmes en France est d’ailleurs détaillée dans un autre article de cette revue. En effet, l’ascension d’Emmanuel Macron ou encore de " Ciudadanos " ne peut être qualifiée par une montée des " extrêmes ".

Si nous analysons plus précisément le cas de la France, nous observons que chez nos voisins, ni les Républicains, ni le PS n’étaient au second tour. Cela n’était jamais arrivé durant la Vème République. Il y avait bien eu l’une ou l’autre incursion au second tour, comme celle de Jean-Marie Le Pen en 2002, mais jamais un phénomène d’une telle ampleur. Le signal est donc fort et doit être analysé par ces partis historiques. Ceux-ci semblent cependant assommés après ces élections. En effet que cela soit à droite ou à gauche, les ténors sont aux abonnés absents. Chez les socialistes, Benoit Hamon a fait un score historiquement bas et semble par conséquent discrédité, Manuel Valls a essayé sans succès de quitter le navire au profit de celui d’Emmanuel Macron et enfin Arnaud Montebourg est occupé par son divorce. Du côté des Républicains ce n’est

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Le cas belge est plus compliqué à analyser car ce bipartisme a pris fin lorsque le Parti Ouvrier Belge (POB) a été créé à la fin du XIXème siècle. Depuis, la société belge est structurée autour des trois piliers catholiques, socialistes et libéraux. Toutefois, ces trois courants dominants se voient également concurrencés par des « nouveaux » partis, tels que le PTB et Ecolo en Wallonie ou encore la N-VA et le Vlaams Belang en Flandre. Nous remarquons une certaine asymétrie 14


entre la Wallonie qui voit plutôt des montées de l’extrême gauche et la Flandre qui subit plutôt des montées de l’extrême droite. Les différences sociales mais aussi culturelles entre les deux régions apportent une certaine diversité au niveau des différents partis présents en Belgique.

Les électeurs veulent se fédérer autour d’un projet, d’une vision et non plus autour d’un parti historique.

Quels enseignements pouvons-nous tirer de cette tendance ? Il y a clairement une demande de renouveau dans le monde politique. Les électeurs veulent se fédérer autour d’un projet, d’une vision et non plus autour d’un parti historique. De plus, nous remarquons une volonté de ne plus suivre aveuglément leur parti, il y a un réel appel à " une politique autrement ". Il faut aussi souligner le fait que tous ces leaders sont jeunes, charismatiques et incarnent le renouveau. Beaucoup de gens n’analysent pas leurs programmes minutieusement mais ils voient en eux un changement, une autre approche de la politique. En Belgique, certaines voix commencent à s’élever pour ce changement dans la manière de voir le monde politique. Notamment Monsieur Bouchez, qui appelle à se rassembler autour d’un projet à Mons. En conclusion, le monde politique est donc en plein changement. Cela pour le meilleur mais aussi pour le pire. Il ne faut pas oublier l’histoire, celle-ci nous montre que le choix des extrêmes n’a jamais débouché que sur des périodes sombres de notre histoire. C’est pourquoi à la FEL, nous souhaitons promouvoir l’investissement de la jeunesse en politique. Cette jeunesse qui amène du renouveau et représente l’avenir politique de la Belgique. 

36.5%

pour Syrisa (gauche radicale) d'Alexis Tsipras

21.15%

pour Unidos Podemos de Pablo Iglesias (gauche radicale)

13.06%

pour Ciudadanos d'Albert Rivera 15


COMPARAISON DES PROGRAMMES DES CANDIDATS DU 2ÈME TOUR par Alexandre Servais

V

Cela fait déjà quelques semaines que la France a choisi, pour les cinq prochaines années, son leader. Alors que certains scandent leur joie et que d’autres déplorent l’élection d’un ultra capitaliste, il serait intéressant de voir, réellement, quelles sont les différences et, peut-être les points communs des deux candidats au second tour.

Vous me direz, sans doute, qu’il est un peu tard pour cela mais force est de constater que le débat télévisé de l’entre-deux tours n’a pas réussi à dégager, mises à part quelques phrases chocs qui ont fait le buzz, les réelles pierres angulaires des programmes des deux candidats. Et puis, il ne faut pas oublier l'enjeu des élections législatives auxquelles le FN ne manquera pas de participer.

Essayons maintenant de décortiquer le fond de leurs programmes respectifs en ce qui concerne l’Europe.

l’Europe sous le titre " Une France libre ". La candidate extrême droite aurait-elle oublié ce qui a poussé les pays européens à se regrouper à l’époque ? Que la raison d’être des précurseurs de l'Europe - la CECA, la CEE - et donc de l’UE par extension, est que l’on ne puisse plus jamais utiliser des expressions comme la France occupée ? Il est vrai que certains Français comme d’autres Européens remettent en question l’Europe. Et ils ont raison de le faire. Mais là où Marine Le Pen ferait une croix sur l’Europe son adversaire aborde le sujet d’une toute autre manière. Pour lui, il y a une vérité que tout le monde doit admettre. Sans l’Europe, aucun de ses États membres ne serait où il en est aujourd’hui. D’autre part, Macron réalise que ces dernières années l’Europe ne répond plus aux aspirations de ses membres. Mais, au lieu d’abandonner l’Europe, de déclarer forfait, d'opter pour le repli sur soi, le benjamin de ces élections françaises propose de moderniser l’Europe, de lui donner les moyens de ses ambitions pour que cette Union puisse, à nouveau, être le moteur de l’économie des pays européens.

La candidate du Front National envisage de quitter, purement et simplement, l’Union européenne. En effet, son programme explique qu’il est temps de rendre la France aux Français et que pour ce faire, elle invitera ses concitoyens à voter, lors d’un referendum, pour ou contre la France dans l’UE. Il est tout de même choquant de voir apparaître une proposition de quitter

Lorsqu’on parle des candidats et d’économie, le premier point intéressant est la monnaie. En effet, là où Monsieur Macron croit en la viabilité de la zone euro et aux avantages que celle-ci procure (stabilité, sécurité), Madame Le Pen ferait revenir la France à une monnaie nationale. Il est difficile d’imaginer que cela aurait un impact positif sur le commerce

Commençons par parler de politique internationale. Il est de notoriété publique qu’à ce niveau-là, les candidats n’ont pas la même vision des choses. En effet, d’un côté, nous avons Emmanuel Macron, le candidat pro-européen, le candidat de l’ouverture et surtout le candidat le plus apprécié au-delà des frontières de la France. De l’autre côté, nous avons Marine Le Pen qui est la candidate eurosceptique mais également la candidate du nationalisme, du repli identitaire.

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©/shutterstock

extérieur de la France. Mais, là encore, la candidate du FN voudrait pouvoir mettre fin à la concurrence " déloyale " que favorise la globalisation. Elle voudrait instaurer un " protectionnisme intelligent " qui, selon elle, permettrait de protéger les entreprises françaises qui souffrent de la concurrence des entreprises étrangères. On rappellera que dans son programme, celle-ci arrive à associer des termes comme mauvaises dépenses et immigration ou Europe.

Le nouveau Président proposait également de revoir la disposition des classes pour un meilleur apprentissage mais également la mise en place d’aides à la réussite comme des études dirigées après l’école tenues par des retraités ou étudiants, l’ouverture des bibliothèques en soirée et le week-end. Son adversaire n’est malheureusement que très peu prolifique quant à ses propositions pour l’enseignement. Cependant, une chose est tristement claire, la candidate FN voudrait via l’enseignement également isoler la France : supprimer les possibilités d’apprendre une autre langue. D’autre part, les réformes qu’elle propose ont une connotation archaïque. Notamment avec des expressions telles que " rétablir le respect et l’autorité du maître ".

Il est triste, au fil de son programme, de voir se dessiner un bouc émissaire en la personne de l’Europe. En ce qui concerne l’agencement institutionnel, les deux candidats veulent le réformer à leur manière. Pour Marine Le Pen, il existe trop de niveaux de pouvoir. Celle-ci voudrait ne conserver que les communes, les départements et l’État. De plus, elle voudrait diminuer le nombre de sénateurs et de députés. Sur ce sujet, les deux candidats se retrouvent puisqu’Emmanuel Macron envisage lui aussi de diminuer le nombre de sénateurs et de députés (diminution d’1/3 de leur effectif).

Bien que sur certains projets les deux candidats aient des visions communes (administration, …), il est clair que sur les sujets qui comptent, Marine Le Pen veut imposer un repli de la France sur elle-même, là où Emmanuel Macron prêche l’ouverture vers les autres, l’épanouissement par les relations avec ses partenaires. Cela est flagrant sur un sujet comme l’enseignement. En effet, Macron s’inscrit plutôt dans le même ordre d’idée que la FEL avec son Pacte d’excellence revisité, tandis que la candidate FN s’inscrit dans une vision plutôt vieillotte, nostalgique du fonctionnement " à la craie et la baguette ". Pour terminer, nous avions deux candidats représentant chacun des valeurs très différentes. Cependant, maintenant que nous connaissons le nom du nouveau Chef d’État français, nous ne pouvons qu’espérer qu’il se donne les moyens d’accomplir son programme. 

Au niveau de l’enseignement, tout comme en Belgique les deux candidats réalisent la nécessité de réformer l’enseignement. D’un côté nous avons Macron qui veut privilégier un parcours bi-langue dans un esprit d’intégration européenne, d’ouverture sur le monde. De l’autre, nous avons le FN qui veut revaloriser le français et supprimer presque toutes les opportunités d’apprendre une autre langue (suppression de l’ELCO, loi Fioraso,…). 17


5 QUESTIONS À Caroline Laporte

par Laura Hidalgo

Née à Saint-Germain en Laye, je suis mariée à un Italo-Néerlandais que j’ai rejoint en Belgique en 2000 et mère de deux enfants. A mon arrivée à Bruxelles, j’ai commencé un peu par hasard à travailler dans l’administration publique belge puis j’ai été détachée dans les cabinets ministériels au niveau régional et fédéral. En parallèle, je me suis engagée sur le plan associatif en cofondant l’UFE-Avenir Belgique (section jeunes de l’Union des Français de l’étranger). Je me suis ensuite engagée sur le terrain, désireuse de me mettre au service des autres et de mes idées. J'ai été en 2006 la première Française élue à un conseil communal de Bruxelles, à Ixelles, sur une liste du Mouvement Réformateur (MR) puis réélue en 2012. En 2014, je me suis présentée en indépendante aux élections consulaires pour la Belgique et j’ai été élue conseillère consulaire pour représenter les Français de Belgique. Je travaille actuellement à mi-temps à la Fédération Wallonie-Bruxelles à la direction de la lutte contre le dopage. A 41 ans, je me présente pour la première fois à la députation sous l’étiquette UDI-divers droite. Je souhaite porter une alternance européenne, libérale et sociale pour notre pays, tout en préservant les intérêts de mes compatriotes du Benelux.

POURQUOI AVEZ-VOUS CHOISI L’UDI ? En 2014, je me suis présentée en indépendante aux élections consulaires pour la Belgique avec ma liste " Français d’Ici ", une liste d’hommes et de femmes issus de la société civile, aux expertises et aux savoir-faire différents, avec la même volonté de faire. A l’été 2014, au lendemain de mon élection en tant que Conseillère consulaire, j’ai décidé de rejoindre l’Union des Démocrates et Indépendants (UDI), parti crée par Jean-Louis Borloo. J’adhère à toutes les valeurs de ce parti : la responsabilité individuelle, l’esprit d’entreprise, le respect de la liberté en matière économique, l’attention aux plus fragiles et bien évidemment la foi en l’Europe. Profondément indépendante, je me retrouvais aussi dans ce parti qui laisse de la liberté à ses membres et qui accorde beaucoup d’importance à l’engagement de ses élus sur les territoires.

COMMENT AVEZ-VOUS RESSENTI LA CAMPAGNE ÉLECTORALE EN TANT QUE REPRÉSENTANTE DES ADHÉRENTS DE L’UDI EN BELGIQUE ? Ici, au Benelux, nous sommes tous profondément Européens. Chacun jouit au quotidien des avancées de l’Union européenne : à travers la liberté de circulation, qui permet à des milliers de travailleurs français de traverser la frontière chaque jour pour aller travailler au Luxembourg ou en Belgique ; la citoyenneté européenne, qui m’a permis d’être élue à des élections communales belges ; et la liberté de s’établir ailleurs qu’expérimentent bon nombre d’entrepreneurs ou de familles. En tant que déléguée UDI-Belgique, j’ai d’ailleurs organisé plusieurs déjeuners citoyens autour de députés européens avec Dominique Riquet sur la crise migratoire ; Jean Arthuis sur l’apprentissage et avec le Sénateur des Français de l’étranger, Olivier Cadic, sur l’expatriation et l’entreprenariat. Pendant la campagne, l’UDI s’est alliée au parti " Les Républicains " avec un accord programmatique et électoral. Ce ralliement n’a pas été compris par une frange de l’UDI, composée notamment des jeunes,

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qui ont rallié Emmanuel Macron pour le renouveau politique et la transcendance des partis qu’il prônait. Ici, en Belgique, de nombreux jeunes UDI sont partis dans le comité " En Marche ! ". J’ai reçu de nombreux messages d’adhérents ou sympathisants UDI ne comprenant pas la position nationale de l’UDI et me reprochant de la suivre. Néanmoins, Jean-Christophe Lagarde a toujours indiqué que nous avions des différences mais que nous parvenions le plus souvent à les additionner. Sur le plan sociétal par exemple, l’UDI est ouvertement progressiste alors que le programme de François Fillon était beaucoup plus conservateur. Je tiens simplement à rappeler que pendant cette campagne, je n’ai pas changé ma ligne, j’ai toujours porté une alternance européenne, libérale et sociale. Comme beaucoup d’autres à l’UDI, j’ai soutenu François Fillon dans le cadre de l’élection présidentielle car je jugeais son programme le plus solide tant sur le plan économique qu’international.

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QUEL EST VOTRE AVIS SUR LE NOUVEAU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE EMMANUEL MACRON ? Emmanuel Macron est jeune, pro-européen, prône le renouvellement politique et porte ainsi en lui beaucoup d’espoir et notamment celui de toute une génération. Il a une grande responsabilité car s’il échoue, cela favorisera la montée du FN en 2022. La campagne présidentielle a été polluée en France par de nombreuses affaires ce qui nous a empêché de faire une campagne projet contre projet, ce qui aurait permis de clarifier les positions de chacun. Emmanuel Macron a certaines idées que je partage que ce soit sur l’Europe, la libéralisation du marché du travail, la réforme des retraites ou la moralisation de la vie politique. Des sujets que je porte d’ailleurs depuis de nombreuses années, tout comme le renouveau. Néanmoins, je n’ai pas clairement saisi sa position sur les sujets régaliens qui méritent plus que de simples discours : la justice, la lutte contre le terrorisme, la politique extérieure de la France. Ce sont pour moi des sujets importants auxquels, au regard de mes attentes, il n’a pas su répondre, pour l’instant. Aussi, j’ai mes désaccords sur sa position sur la fiscalité par exemple : il souhaite réformer l’ISF pour ne taxer que les revenus du patrimoine et non les actifs financiers, je souhaite le supprimer. Je ne suis pas favorable à l’augmentation de la CSG (contribution sociale généralisée) ou l’indemnisation des démissionnaires. Pour les Français de l’étranger, il souhaite réexaminer le régime mis en place en 2013 sur l’assujettissement des Français de l’étranger à la CSG et la CRDS (contribution pour le remboursement de la dette sociale) sur leurs revenus du capital alors qu’il faut le supprimer.

EN TANT QUE CANDIDATE DU CENTRE ET DE LA DROITE À L’ÉLECTION LÉGISLATIVE DANS LA 4ÈME CIRCONSCRIPTION DES FRANÇAIS À L’ÉTRANGER - BENELUX, QUEL VA ÊTRE VOTRE ANGLE D’ATTAQUE POUR ÉVITER L’ACCESSION POSSIBLE AU POUVOIR DU FN EN 2022 ? Nous devons réformer notre pays en profondeur et rompre définitivement avec le quinquennat socialiste qui se termine pour former un Gouvernement de centre droit, libéral, européen, éco-responsable et déterminé à restaurer la sécurité et lutter efficacement contre le terrorisme. Le désir de changement exprimé lors de la primaire de la droite et du centre doit assurer un large bloc parlementaire du centre et de la droite pour que l'élection d'Emmanuel Macron soit une vraie alternance et non la poursuite du quinquennat de François Hollande. Pour cela, Emmanuel Macron ne doit pas être tenu par une majorité d’anciens ou de nouveaux socialistes et c’est pourquoi je pense qu’il faut une majorité de centre-droit à l’Assemblée Nationale demain. Quoi qu’il en soit, les Français attendent des réformes et attendent de la classe politique qu’elle sache travailler en bonne intelligence pour l’intérêt général qui semble actuellement perdu de vue. Si je suis élue comme députée à l'Assemblée Nationale, j’exercerai mon mandat de manière constructive et républicaine dans le seul intérêt du redressement de la France. Appeler à voter pour construire une majorité d’opposition dans un esprit revanchard me semble irresponsable dans l’état actuel du pays. Nous avons besoin de nous rassembler pour réformer en profondeur. Une recomposition politique est actuellement en cours et nul ne connait l’avenir mais nous n’avons pas d’autre choix que de réussir. Elue MR belge, j’ai l’habitude de siéger dans des coalitions contre-nature (PS-MR) mais qui ne nous empêchent pas de nous entendre sur certains sujets.

QUEL MESSAGE PASSERIEZ-VOUS AUX JEUNES ÉTUDIANTS ENGAGÉS DANS LA POLITIQUE ? Je pense qu’il est important de s’investir en politique par passion et par envie et non par intérêt. Selon moi, l’expérience de terrain est primordiale pour se nourrir des expertises et savoir-faire de tous ceux qui participent à notre société. Elle est plus importante que l’art de manier l’appareil politique.

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CARTE BLANCHE |

LA CARTE BLANCHE D’

ANNELISE

LES MÉDIAS, AMIS OU ENNEMIS DES ÉLECTIONS FRANÇAISES ? par Annelise Deville

I

l ne peut être nié que de nos jours, les médias sont extrêmement influents. Ils sont parfois orientés et cherchent des infos " croustillantes " pour captiver les lecteurs. Alors que le rôle de ces derniers est d’informer les citoyens, ils font parfois bien plus, ils orientent et influencent le comportement de ces derniers. Il faut souligner les effets indirects des médias, appelés les effets agenda, par lesquels les médias désignent au public les problèmes qu’il doit considérer comme prioritaires. Les médias construisent les objets politiques (hommes, programmes, partis, …) et formatent les perceptions publiques. Ainsi donc, les médias choisissent bien entendu leurs sujets et font en sorte que les sujets qu’il traitent deviennent importants pour les lecteurs, à parfois en oublier l’essentiel. Jean-Claude Dassier, ancien patron de l’information à TF1 affirme même, je cite : " Nous sommes là pour dire les choses, il est naturel que l’on ait un rôle. Je pense que la presse explique et agit sur l’opinion, et elle agira aussi sur le résultat de l’élection ". Dans nos démocraties, l’objectif de la couverture médiatique lors des campagnes électorales est la diffusion des reportages et informations justes et impartiaux. Cela signifie que les médias ne devraient pas influencer l’opinion publique en traitant les candidats ou les partis de manière différente. En insistant sur certains sujets, la presse peut décrédibiliser certains candidats et certains estiment que des candidats ont été traités différemment que d’autres. Soulignons aussi l’importance des sondages, qui permettent de renforcer la position de certains candidats ou de décrédibiliser les adversaires. Le débat d’idées de cette campagne présidentielle de 2017 a été pollué par les affaires. Citons par exemple l’affaire Fillon, rapportée par de nombreux médias. Le mercredi 8 mars 2017, le Canard enchaîné, consacrait une de ses rubriques à François Fillon, celui-ci n’aurait pas déclaré un prêt de 50 000€ contracté en 2013 et des soupçons d’emplois fictifs pèseraient sur lui. Ce dernier dénoncera une " opération de déstabilisation politique " sur LCP. Certains y verront ici une attaque ciblée contre M. Fillon, d’autres y verront simplement des journalistes qui ont exécuté leur tâche d’information. Marcel Gauchet pense par exemple que les médias sont passés d'un rôle de contre-pouvoir - absolument nécessaire dans la vie de la démocratie - à un rôle "d'anti-pouvoir", c'est-à-dire l'empêchement systématique de l'exercice du pouvoir, au motif de la capacité d'examiner ses coulisses et ses véritables motivations Au fond, une campagne politique se joue toujours un peu dans les médias. Les effets les plus puissants de ces derniers résident dans leur capacité à conférer une visibilité différentielle, un cadrage (une interprétation) discriminant et à orienter l’attention publique sur des objets préférentiels. Il faudrait certainement faire en sorte que les médias s’en tiennent à leur rôle principal et important qui est l’information et veiller à ce que ces derniers restent impartiaux.  21


| ACTU

RETOUR SUR LE LYMEC Du jeudi 11 au samedi 13 mai s’est tenu le congrès du LYMEC portant sur l’éducation en Europe. Une fois de plus, la FEL a envoyé une délégation qui a déposé pas moins de quatre résolutions. Nos représentants à Stockholm étaient au nombre de quatre. Nous avons ainsi décidé de leur demander d’exposer leur ressenti à la suite de cette expérience d’échanges européens.

Bàlint : Cette année encore les jeunes libéraux européens des 4 coins du

continent se sont retrouvés pour débattre et s'accorder sur de nombreuses propositions notamment dans le domaine de l'éducation. Ainsi, à Stockholm, la FEL par le biais des 2 résolutions adoptées avec succès sur le sujet, a clairement attiré l'attention sur l'importance du système éducatif et d'Erasmus pour contrer les nationalismes et les populismes partout en Europe. Cet événement fut encore une fois un succès, alliant efficacité dans les débats et représentation d'un nombre chaque fois plus grand d'organisations libérales européennes .

Laurent : Un congrès du LYMEC, c’est à chaque fois un voyage et une ouverture sur les autres multiples facettes de l’Europe.

C’est par l’intermédiaire de tels événements que l’on se rend compte à quel point les pays européens sont de plus en plus interconnectés bien qu’ils ne vivent pas toujours les mêmes réalités politiques, économique ou encore sociales. Cependant, ce congrès m’a une fois de plus permis de me rendre compte que l’Europe ne s’est pas faite en un jour et qu’elle ne s’est pas faite toute seule car on ne fait pas l’Europe tout seul. L’Europe, c’est un long chemin et nous venons de loin mais chaque jour, en considérant l’Europe comme la solution et non le problème, nous nous rapprochons de l’idéal des pères fondateurs.

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ACTU | John : L'Europe est une expérience.

Il faut pouvoir la sentir, être témoin de son fonctionnement afin de croire en son potentiel, en ses vertus. C'est exactement ce que permet le LYMEC. Trois jours durant, nous étaient exposés les dissemblances qui habitent notre Union. Face à des problèmes transcendants, à des symptômes relativement semblables dans les différents États membres, des réponses parfois fort différentes étaient proposées. Et pourtant... J'ai rarement eu l'occasion d'assister à des discussions aussi constructives, à des raisonnements aussi empathiques sur des thèmes aussi variés. Ce congrès m'aura permis de réaliser, encore une fois, que l'Europe reste un projet en cours. Il ne sera jamais complètement acquis, nous devrons, en tant que jeunes européens, encore et toujours nous assurer de sa viabilité, de sa résistance, de sa solidité. Et c'est collectivement, par la volonté et l'enthousiasme des individus qui la compose, que notre union vivra.

Laura : Aujourd’hui, les pays de l’UE sont responsables des systèmes d’éducation tant dans le financement que dans la gestion. C’est un sujet central pour former les hommes de demain.

Au fil des nombreuses rencontres, la FEL a pu avoir une connaissance approfondie des problématiques de chaque pays sur l'éducation grâce au séminaire et les longues ainsi que nombreuses discussions avec les délégations du LYMEC. Rien de mieux que du concret pour rapporter auprès de nos membres de la FEL des solutions pour notre système belge. Pour ma part, cette expérience a été l'une des plus enrichissantes car j’ai pu en tirer quelques enseignements sur la façon dont les autres pays traitaient l’éducation. Je reste convaincue plus que jamais que notre vision libérale doit être entendue au niveau belge et européen. L’Europe c’est notre futur et c’est cela qui va nous permettre d’aller vers l’excellence de l’éducation.

RETOUR SUR LA RÉSOLUTION DE LA FEL SUR « L’INTÉGRATION DES PROGRAMMES DE CO-DIPLOMATION DANS ERASMUS+ » PARTANT DU CONSTAT QUE DE NOMBREUX PARLEMENTAIRES EUROPÉENS CONSIDÈRENT QU’ERASMUS A ATTEINT SES OBJECTIFS INITIAUX, NOUS PROPOSONS QUE LES PROGRAMMES DE CO-DIPLOMATION SOIENT RENFORCÉS DANS ERASMUS+ ET QU’UNE PLATEFORME REPRENANT L’ENSEMBLE DE CES PROGRAMMES CONJOINTS SOIT MISE EN PLACE. EN EFFET, UN DIPLÔME CONJOINT DÉLIVRÉ PAR DES UNIVERSITÉS DE PAYS DIFFÉRENTS EST UNE PLUS-VALUE INDÉNIABLE SUR LE MARCHÉ DE L’EMPLOI. CETTE RÉSOLUTION A RÉCOLTÉ PAS MOINS DE 82% DES SUFFRAGES DE L’ASSEMBLÉE. PAR AILLEURS, NOS TROIS AUTRES RÉSOLUTIONS, CO-SIGNÉES AVEC D’AUTRES ORGANISATIONS, SUR LE STATUT D’ÉTUDIANT-ENTREPRENEUR, SUR LA SUPPRESSION DES PIÈCES « ROUGES » ET SUR L’ENSEIGNEMENT OBLIGATOIRE EN EUROPE ONT ÉGALEMENT ÉTÉ ADOPTÉES PAR LE CONGRÈS DU LYMEC. 23


| CARICATURE

©Vadot, 24 mai 2017, publié dans L'Echo.

JOUR DE DEUIL EN GRANDE-BRETAGNE, APRÈS L'ATTENTAT DE MANCHESTER ET L'ANNONCE DU DÉCÈS DE ROGER MOORE Enza Laera

L'horreur a de nouveau frappé. Manchester vient alourdir le " palmarès" des villes martyrisées par la barbarie et l'ignorance. Mais c'est par la continuité de notre mode de vie que nous pourrons vaincre ces terroristes fanatiques.

Manchester, lorsque ce nom est cité, il n'évoque d'ailleurs pour la plupart d'entre nous qu'une ville de fêtes et de football. L'une des équipe de cette ville vient d'ailleurs de disputer et de gagner la finale de l'Europa League face à l'Ajax Amtersdam. L'opposition de la bière anglaise face à la Heineken. Ainsi, le destin nous offre l'un de ces pieds de nez dont il est coutumié. La ville endeuillée s'apprêtait à fêter l'une de ses équipes (car United partait avec les faveurs des pronostics et des célèbres bookmakers anglais) alors même qu'elle a subi la lacheté de ces exaltés. Ainsi, face à la tragédie, la vie reprend toujours ses droits, même si nous n'oublions rien. Roger Moore, l'inoubliable James Bond, au flegme légendaire, n'aurait probablement pas réagi autrement. Face à la bêtise humaine, il aurait très certainement répondu par l'une de ses répliques cinglantes devenues cultes parmi les grandes citations de l'Histoire du cinéma. On ne peut pas renier ce que l'on est. James Bond, voilà bien l'homme de la situation. Cet être flegmatique et professionnel jusqu'au bout des ongles mais ne reniant pas une vodka-martini (au shaker, pas à la cuillère !), les jolies femmes, les voitures sportives suréquipées en gadgets de tout genre et les hôtels de luxe. Le dérivatif parfait, teinté d'un optimisme légendaire permettant de surmonter toutes les situations, vaincre tous les ennemis. Et c'est probablement là que réside notre plus grande force. Cette capacité avouée de maintenir le cap face à l'adversité. De maintenir notre mode de vie fait de respect, de démocratie, de Droits de l'Homme et de la Femme, d'éducation, d'accueil et de tolérance. Même si tout n'est pas toujours parfait, il n'en demeure pas moins que ce sont les valeurs qu'au fond de nous, nous ne pouvons nous empêcher de défendre. Les esprits chagrins me rétorqueront que les temps ne sont pas à cet optimisme, ni à la fête. Je leur répondrais que le moment n'a jamais été aussi parfait. Les lueurs dans la nuit sont nombreuses. Un jeune homme est devenu président de l'une des plus grandes puissances mondiales en balayant l'establishment en place depuis des décennies, les défenseurs de la démocratie et des droits des minorités ne se sont plus fait entendre autant que ces derniers mois, la relance économique apparait et le chômage diminue alors que nous vivons l'une des pires périodes de stress et d'inquiétude de notre histoire moderne. Certes, tout n'est pas parfait. Loin de là ! Mais ce n'est pas en versant dans le pessimisme que nous vaincrons cet obscurantisme teinté de fanatisme. L'Homme, depuis toujours, n'a surmonté ses craintes et ses défis qu'en leur faisant face. En avouant haut et fort sa détermination à vaincre ses démons. C'est ce que James Bond fait au cinéma. C'est ce que Manchester United a fait sportivement il y a peu. C'est ce que nous faisons tous, lorsque nous devons affronter les halliers de nos vies, au quotidien.

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REVUE DE TWEETS |

LES TOPS ! Une solution pour

les étudiants en m

édecine

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LES FLOPS !

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| ACTU

RETOUR EN PHOTOS DE LA VISITE DE LA FEL AU PARLEMENT EUROPÉEN À STRASBOURG

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ACTU |

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CE 14 JUIN, LA FEL PASSE AU ROUGE Quelqueschiffres chiffres

Ont bénéficié 250 000 belges du don de sang EN 2015

180000 prélèvements en 2015

101 000 donneurs dont 19 000 nouveaux donneurs

Chaque donneur doit savoir que 4 à 5l de sang

500 ml 4x/an max.

avec 2 mois d’intervalle entre chaque don

750 poches de sang traitées/jour

Où et quand donner son sang? le vendredi 16 juin vous pouvez vous rendre à: Salzinne chaussée de charleroi, 28 de 8h à 16h30 chu sart tilman B35 niveau 0 de 8h à 16h LLN place de l’université, 25/2 de 9h à 15h30 fucam chaussée de binche,101 mons de 13h à 18h30 chu st pierre Bruxelles rue aux laines, 105 de 8h à 14h

Tous les sites seront ouverts le 17 juin de 10h à 17h

en plus des dates et lieux indiqués, des collectes sont organisées un peu partout en Belgique que ce soit dans des lieux fixes ou itinérants. Pour connaître les lieux et les dates dans ta région : www.transfusion.be (site officiel de la Croix Rouge de Belgique).

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Libertines n°13  

Magazine de la Fédération des Étudiants Libéraux.

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