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UNE PUBLICATION DE LA FÉDÉRATION DES ÉTUDIANTS LIBÉRAUX I MARS 2017

news N° 12

LE MAGAZINE QUI DÉVOILE

Dossier 

Erasmus p. 11 - 18

Big Ben

Sagrada Familia

Torre di Pisa

4 19 28

Actu : Le statut d'étudiant-entrepreneur Pourquoi s'engager à la FEL ? Le nationalisme et le populisme : dangers imminents pour l’Union ?

Tour Eiffel


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ACTU : Le statut

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INTERVIEW  ACTU : Quels

d’étudiant-entrepreneur, un tremplin pour se lancer ?

DOSSIER: 30 ans

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ACTU : Le malaise du

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Vous le savez, la FEL n’est jamais à court d’activités. Conférences, débats ou activités folkloriques, il y en a pour tous les goûts. Voici donc un petit aperçu de ce qui s’est déjà passé depuis novembre...

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Novembre 2016 - Conférence Le CEL Saint-Louis mettait sur pied une conférence sur le thème de la réforme de la justice. Monsieur le Ministre Koen Geens, nous a d’ailleurs honoré de sa présence pour nous faire part des dernières avancées de cette réforme.

financements pour les universités et hautesécoles ?

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Flashback

d'Érasmus

INTERVIEW  ACTU : Psychomotricité  À qui la vraie responsabilité ?  politiste engagé

CARICATURE ACTU : Le nationalisme

1er Décembre 2016 - Distribution

La FEL associée aux JMR, à J&L et à SIDASOS était sur tous les campus de Wallonie et de Bruxelles pour contribuer à vous informer sur les risques de MST et IST. Elle en a profité pour distribuer sa revue accompagnée d’un préservatif.

6 Décembre 2016 - Dîner

et le populisme : dangers imminents pour l’Union ?

Le CEL Ichec dînait en compagnie de Boris Dilliès. Rencontre très conviviale pleine d’échanges constructifs.

CARTE BLANCHE ACTU : La fin des

commentaires sur les articles de presse : dernier barrage face à la haine ?

Éditeur Responsable :

Cédric Pierre Rédaction :

13 Décembre 2016 - Midi politique L’ULg recevait le constitutionnaliste Christian Berendht, lors d’un midi politique très animé. Les étudiants se sont déplacés en masse pour venir écouter une fois encore leur professeur préféré.

Avenue de la Toison d’Or, 84 - 86 1060 Bruxelles

10-11Janvier 2017 - Salon

Raphaël Mottale

La FEL était présente au 18ème salon Studies Fairs organisé par le célèbre journal d’actualités européen Politico

Rédacteur en chef :

Comité rédactionnel :

Thomas Caulier Laurent Costas John De Coster Denis Deviver Eugène Ekoué-Kouvahey Balint Gyevai Laura Hidalgo Nadine Iradukunda Enza Laera Benjamin Martin Cédric Pierre Louis Rifaut Olivier Schmetz Fanny Tsiplakis

20 Février 2017 - Drink La FEL Mons organisait son Drink de reprise au bar de la Fucam. Cette section revit avec une équipe plus motivée que jamais.

22 Février 2017 - Conférence Le CEL ULB recevait le Ministre bruxellois de la Mobilité, Pascal Smet (SPa) et Stéphane Obeid, collaborateur du groupe MR pour faire le point sur les problèmes et les objectifs liés à l’épineux dossier de la Mobilité dans notre capitale.

Direction artistique :

Daphné Algrain

Libertines

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Édito

Salut à tous ! Cette fois avec ce nouveau numéro, nous vous emmenons en voyage grâce à notre dossier central "Erasmus" Vous serez bientôt incollable à ce propos  : historique, analyse, témoignage, bref de quoi vous donner l'idée de vous lancer dans l’aventure vous aussi et pourquoi pas nous ramener quelques belles photos de vous de l’étranger ?

Malgré ce long voyage (nous avons un énorme dossier central cette fois-ci : 9 pages !), on vous a préparé quelques escales tant pimentées, avec notre caricature sur le Pacte d’excellence que teintées de bons plans à propos du statut d’étudiant-entrepreneur (interview). Last but not least, un bon voyage, ne s’improvise pas au niveau du budget : ça tombe bien, il y a un super article écrit par Fanny et Eugène à propos du financement de nos hautes-écoles et de nos universités. Evidemment, on ne vous dira pas tout … il y a encore de nombreux autres articles à découvrir ! Enjoy 

Raphaël

Rédacteur en chef du Libertines

Avec le soutien

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| ACTU

LE STATUT D’ÉTUDIANTpar Benjamin Martin ENTREPRENEUR, UN TREMPLIN POUR SE LANCER ? Nombreux sont les étudiants qui souhaitent se lancer comme indépendant pendant leur cursus scolaire, mais peu franchissent réellement le pas. Les porteurs de projets sont malheureusement peu nombreux. Il en résulte que le taux d’indépendants est plus faible en Belgique par rapport à la moyenne européenne (5,9% en Belgique contre 7,5% au niveau Européen).

C

Cependant, nous avons besoin de porteurs de projets non seulement car ce seront les créateurs d’emplois de demain mais c’est aussi une nécessité afin de promouvoir l’innovation, répondre aux besoins de notre société qui sont en constante évolution. Même si la motivation les anime, la crainte de l’échec, la lourdeur administrative et le problème du financement obligent de nombreux étudiants à renoncer à leur projet. Il est vrai que des structures ont été mises en place afin de promouvoir l'entrepreneuriat et l'accompagnement des jeunes porteurs de projets. Je citerai notamment les incubateurs, les plates-formes de Crowd Funding ou encore le réseau de Junior entreprises dans les universités. Cependant ces structures, bien que très utiles, ne suffisent pas à elles seules. Elles sont peu soutenues par les pouvoirs publics contrairement à nos voisins français.

Ce 1er janvier 2017, le nouveau statut d'étudiant-entrepreneur est entré en vigueur. Il a été approuvé à l'unanimité par le Parlement Fédéral. Celui-ci a pour objectif de prendre en compte les spécificités de cette catégorie d'entrepreneurs. Il est nécessaire d'insuffler l'esprit d'entreprendre et de donner les incitants suffisants pour assurer une protection financière aux étudiants qui prennent le risque de se lancer dans l'aventure. Pour mieux comprendre le nouveau statut d’étudiant entrepreneur, je vais lister ici ses principaux avantages:

tant que titulaire si l’étudiant paye des cotisations;

1. Un régime de cotisation au statut social des indépendants avantageux pour les étudiants qui ont des revenus inférieurs au plancher en vigueur pour les indépendants à titre principal (13.010,66 € pour 2016);

4.  Les revenus issus de la formation en alternance ne seront pas pris en compte comme une ressource des étudiants pour rester à charge de leurs parents sur le plan fiscal;

2. Pas de cotisations à payer, s’ils ont des revenus annuels inférieurs à 6.505,33 €;

5. Enfin, la discrimination qui existait entre étudiant salarié (jobiste) et étudiant entrepreneur en matière de calcul des personnes à charge est supprimée.

3. Le maintien des droits en soins de santé en tant que personne à charge si les revenus sont inférieurs à 6.505,33 € et en

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ACTU |

Il est nécessaire d'insuffler l'esprit d'entreprendre et de donner les incitants suffisants pour assurer une protection financière aux étudiants qui prennent le risque de se lancer dans l'aventure.

marginal, dans le supérieur, dans des disciplines où l'apprentissage de ces notions est fondamental. Ce dont les entreprises internationales se plaignent précisément.

La créativité est essentielle pour développer, innover et mettre en valeur la connaissance.

Pour conclure, je voudrais lancer un appel à nos gouvernements fédéral et régionaux pour continuer à prendre des mesures allant dans le sens de ce statut d’étudiant-entrepreneur. Par exemple, en augmentant le soutien aux structures existantes (JE, incubateurs, etc.). En créant un cadre favorable afin de permettre aux étudiants de concilier les études avec la vie d'indépendants avec des horaires adaptés. En développant et en promouvant les plates-formes d'e-learning existantes. En facilitant les démarches administratives.

Cette créativité doit s'insuffler dès l'enseignement fondamental et se poursuivre en secondaire. Aussi, la prospection est fondamentale pour se développer. Cependant, son apprentissage demeure

Je terminerai par cette citation de Churchill : « Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté ». 

Le tissu économique de la Belgique a pour moteur ses PME et TPE, représentant 99% des entreprises sur notre territoire, il est donc dans l'intérêt public de le renforcer pour répondre à l’évolution de notre économie. Parmi les étudiants, certains deviendront les créateurs de valeur ajoutée de demain. Si ce nouveau statut améliore la situation actuelle, il est nécessaire d'avoir une vision plus globale du problème.

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| INTERVIEW

RENCONTRE AVEC LES ÉTUDIANTS ENTREPRENEURS, FONDATEURS DE LA LESOINNE La bière Lesoinne est fondée par Gilles Bruck, étudiant en psychologie, et Cédric Hellas, étudiant en marketing. Ces deux amis se connaissent depuis plus de 10 ans et partagent une passion commune pour la bière. La Lesoinne est destinée aux épicuriens qui, comme Gilles et Cédric, veulent déguster avec savoir une bonne bière pour en retirer toutes les saveurs.

par Laura Hidalgo

COMMENT EST VENUE L’IDÉE DU PROJET DE CRÉER LA BIÈRE LA LESOINNE ? Au cours de nos soirées organisées à l’appartement d’étudiants, étant amoureux de boissons houblonnées depuis de nombreuses années, nous avons souvent déploré notre incapacité à déceler les différents arômes se trouvant dans notre boisson préférée. En effet, la majorité des bières spéciales sont un mélange d’arômes complexes empêchant dès lors de discerner convenablement les différents goûts. C’est alors que l’idée d’une bière spéciale (mais simple) et brassée à partir d’un seul houblon nous est apparue. Notre passion s’est transformée en création et nous avons élaboré notre première bière au kot et lui avons d'ailleurs donné le nom de la rue où nous habitions : la rue Lesoinne !

DÉGUSTER L'AUTHENTICITÉ DU HOUBLON AVEC LA LESOINNE Brassée artisanalement en Ardenne avec des produits belges, l'Original développe le houblon East Kent Golding pour mettre en scène cette variété traditionnelle anglaise au travers de ses arômes herbacés, de violette, d'abricot et de citron.

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INTERVIEW | QUELS SONT LES PROJETS À LONG TERME ? Avec le « Lesoinne Lab », chaque membre donne son avis et participe, par exemple, au choix du prochain houblon qui sera utilisé pour la prochaine bière. Le consommateur est directement placé au cœur de l’aventure et au cœur de la création de ce délicieux breuvage. La Lesoinne n’est pas une simple bière mais un concept de dégustation pour amateurs souhaitant devenir connaisseurs. S’inscrire au Lesoinne Lab, c’est vouloir s'investir dans un projet qui nous intéresse, aimer donner son avis et participer aux différentes phases de développement pour influencer le futur produit en une bière qui nous anime. Les inscriptions sont libres et accordent différents avantages aux membres: évènement de dégustation, early access aux nouvelles bouteilles, éditions limitées ou dédiées aux membres,… Les avantages sont nombreux et accessibles à tous les amoureux des bons produits.

DEPUIS LE 1ER JANVIER 2017, UN NOUVEAU STATUT EST EN APPLICATION POUR LES ÉTUDIANTSENTREPRENEURS. QU’EN PENSEZVOUS ? C’est vraiment un super statut qui s’inscrit dans l’air du temps. Celui-ci offre une facilité et une liberté d’action assez vaste. Avoir la possibilité d’entreprendre tout en continuant ses études est vraiment une belle opportunité qui je l’espère poussera pas mal de personnes vers l’avant et leur permettra de se lancer. EN TANT QU’ÉTUDIANTSENTREPRENEURS, QUELS SONT VOS CONSEILS POUR CEUX QUI AIMERAIENT AUSSI ENTREPRENDRE ? Beaucoup de jeunes désirent créer leurs propres projets mais n’osent pas faire le premier pas. De mois en mois, nous en voyons de plus en plus pousser les portes d’incubateurs de start-up comme le VentureLab - dont nous faisons partie - pour bénéficier d’aide et de conseils à la création de leurs projets ! Il existe beaucoup de structures de ce type et celles-ci donnent parfois le petit ‘boost’ de motivation qu’il manque avant de se lancer. Je conseillerai donc de se renseigner afin de savoir s’il n’existe pas dans les environs ce genre d’endroit. Parler de son projet et ne pas rester seul. Il est parfois bon d’avoir un regard extérieur face à un problème. Ensuite, il faut bien partir avec l’idée que ce ne sera pas facile, et parfois fastidieux, on fait des erreurs, personne n’est parfait mais si la motivation est vraiment là, on arrive à rebondir pour repartir de plus belle ! Mener son projet à bout et le concrétiser, c’est la plus belle chose qui puisse vous arriver.  7


| ACTU

QUELS FINANCEMENTS POUR LES UNIVERSITÉS ET HAUTES-ÉCOLES DE LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE ? L’augmentation du nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur a induit une pression sur le financement public des universités et des hautes-écoles. Dans cette optique, l’objectif cadre de l’accord du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles sur le refinancement de l’enseignement supérieur a-t-il eu pour conséquence une réponse aux problèmes de concurrence entre les différentes formations proposées par les universités et les hautes-écoles ?

A

Afin de bien comprendre le mécanicisme de financement et les problèmes engendrés avant la réforme, nous nous attarderons à expliciter ces différents types de financement qui sont au nombre de trois à savoir : fonds privés, fonds publics octroyés par la Fédération Wallonie-Bruxelles ainsi que les droits d’inscription des étudiants.

• FINANCEMENT PUBLIC : ENVELOPPE FERMÉE Avant le décret du 17 juillet 1998, le financement des universités était régi par la loi du 27 juillet 1971 qui prévoyait des allocations annuelles de fonctionnement aux universités. Ces allocations étaient calculées sur base du nombre d’étudiants. Dès lors, le législateur ne prenait en considération que la fonction d’enseignement. Ces allocations couvraient les fonctionnements administratifs, de recherche et de formation ainsi que les dépenses de personnel et d’équipement mobilier. Dans la foulée de la mise en place du processus de Bologne, créant l’Espace européen de l’enseignement supérieur, le Gouvernement de la Communauté française de l’époque a profité de l’occasion pour mettre en place une allocation de fonctionnement n’étant plus strictement proportionnelle au nombre d’étudiants. Cette allocation est divisée en deux : une partie fixe et une partie variable. La partie fixe est revue tous les 10 ans en fonction de l’exercice de l’année précédente tandis que la partie variable est fonction du nombre d’étudiants qui est pondéré selon un coefficient déterminé par les études choisies. Dès lors, le financement d’un étudiant est réparti de manière inégalitaire. En effet, un étudiant en sciences humaines, d’un point de vue du financement vaut trois fois moins qu’un étudiant en médecine. Par conséquent, les politiques des universités consistent à attirer des étudiants économiquement rentables pour l’université. Ainsi, ce mécanisme a induit une « chasse à l’étudiant » qui favorise l’accroissement du nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur mais réduit le subventionnement par étudiant. De plus, depuis l'année 1998, le financement public de l’enseignement supérieur est conditionné par décret. De ce fait, le montant de l’enveloppe fermée n’évolue plus en fonction de la croissance du nombre d’étudiants mais augmente en fonction de l’indice des prix à la consommation. Par conséquent, l’université qui n’accroît pas son nombre d’étudiants voit le montant de son enveloppe fermée réduit. En outre, avec le processus de Bologne, les universités qui ne fusionnent pas, voient

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ACTU |

par Fanny Tsiplakis et Eugène Ekoué-Kouvahey

Ce mécanisme a induit une « chasse à l’étudiant » qui favorise l’accroissement du nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur mais réduit le subventionnement par étudiant.

également leur enveloppe se réduire si d’autres fusionnent. Citons comme exemple de fusion : l’Université de Mons-Hainaut et la Faculté polytechnique de Mons avec l’ULB qui constituent l’Académie WallonieEurope. Ces fusions ont permis aux universités de pouvoir capter le plus de financement public possible. En ce qui concerne les hautes-écoles, ces dernières sont soumises au même régime que les universités. Cependant, il se différencie par des mécanismes complémentaires de financement. En effet, dans le calcul des allocations, il est tenu compte d’un principe de solidarité entre hautesécoles en faveur de celles qui connaissent une diminution de leur taux d’inscription. Que cela soit au sein des universités ou au sein des hautes-écoles, on assiste à un définancement structurel de notre enseignement, ainsi qu’à une baisse du taux d’encadrement des étudiants conjuguée à un manque d’entretien des infrastructures et à une négligence d’une politique d’aide aux étudiants.

• SOLUTION : LE DÉCRET RELATIF AU REFINANCEMENT DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ? Le décret de 2016 prévoit le refinancement de l’enseignement supérieur à hauteur de 107,5 millions d’euros répartis sur trois années : un montant de 10 millions en 2016, 17,5 millions en 2017, 39 millions en 2018 et 41 millions en 2019. En outre, sur la part consacrée au refinancement en 2016, 7,5 millions seront consacrés aux universités et 2,5 millions aux hautes-écoles. 9

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| ACTU Selon le Ministre Marcourt, cette répartition se base sur une tendance évolutive différente entre universités et hautes-écoles. Le décret prévoit également la limitation de la concurrence entre établissements. Par conséquent, une augmentation de la part fixe de l'enveloppe fermée de 5% est prévue pour les universités. Par ailleurs, le plafonnement est réinstauré pour l’ensemble des universités et hautes-écoles. En effet, audelà d’un certain barème pour une faculté, les universités ne recevront que 85% du financement du montant initial. Tout ceci a pour conséquences de diminuer les effets pervers du mécanisme de financement ainsi que d’éradiquer le phénomène de « chasse à l’étudiant ».

• FINANCEMENT PRIVÉ Une autre source de revenu qui mérite une attention particulière est le financement privé. En effet, les universités ainsi que les hautes-écoles ont de plus en plus souvent recours à des investisseurs privés. Citons comme exemples : la chaire Baillet-Latour à Solvay, la chaire AG Insurance à l’UCL, etc. L’objectif des chaires est le financement de l’université dans différents domaines. Cela peut aller de l’enseignement à la recherche. Dans cette optique, la proposition du projet immobilier que la compagnie McKinsey proposait à l’ULB aurait pu potentiellement créer la chaire McKinsey. Avoir recours à des investisseurs privés entraînent certaines conséquences. En effet, cela peut provoquer parfois une perte de contrôle de l’université sur son enseignement, sa recherche et ses valeurs. Toutefois, le principe de bonne gestion prévalant, ces situations apparaissent rarement.

• FINANCEMENT PAR LES ÉTUDIANTS Les étudiants participent également au financement de leur établissement par le paiement d’un minerval allant de 0€ (étudiants boursiers) à 835€. Contrairement au financement public, les frais d’inscription sont librement affectables à toutes les dépenses effectuées par l’uwwwniversité.

CONCLUSION Il existe donc trois types de financement que sont le financement public, privé ainsi que celui par les étudiants. Chacun de ces financements présente un certain nombre d’avantages mais également d’inconvénients tels que la concurrence intra-universitaire au moment des inscriptions, raison d’être de la réforme proposée en 2016 par le Décret du Ministre Marcourt sur le refinancement de l'enseignement supérieur. Une seule question demeure : le plan Marcourt sera-t-il suffisant pour assurer la pérennité financière de nos établissements du supérieur ? 

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p.12 3 0 ans d’Erasmus : Pourquoi ?     Quelles origines ?

DOSSIER

p.14 Q  uel avenir pour le     programme Erasmus ?

p.16 6 questions à Ryan Heath    

p.18 R etour sur notre partenariat     avec la EU Studies Fair de Politico

À l’heure où le discours des eurosceptiques n’a jamais eu autant d’écho, la mobilité 30 ANS D'ERASMUS étudiante à travers l’Europe et même au delà, elle, n’a jamais été plus importante. Erasmus est le symbole-même du projet de pas répondre avec certitude de l’avenir de ce programme. paix existant en Europe. Il s'agit de la rencontre Dans ce dossier central de notre « Libertines » nous avons des peuples, de la découverte de la diversité et tenu, à l’occasion de cet anniversaire à faire le point sur 30 de l'établissement d'une véritable union entre les années d’existence. citoyens européens. Erasmus a 30 ans ! En 30 ans, ce sont plus de 3,3 millions d’étudiants qui ont pris Nous aborderons tout d’abord l’origine et les raisons d’être les chemins de dizaines de pays partenaires. C’est une de cette aventure. Ensuite nous vous ferons part de l'avis génération entière qui a répondu présente à l’ouverture d'un journaliste de Politico au sujet de ce programme. de ses horizons, concrétisant le rêve des Pères Nous envisagerons l'avenir d'Erasmus+. Et enfin, nous fondateurs de l’Europe. Et pourtant, nous ne pouvons reviendrons sur notre partenariat avec l'EU Studie Fair. 11


30 ANS D’ERASMUS : POURQUOI ? QUELLES ORIGINES ? Alors qu’il souffle ses 30 bougies, le programme Erasmus est mis à l’honneur cette année. L’occasion pour la Fédération des Étudiants Libéraux de se pencher sur l’un des fleurons de notre chère Union européenne. Á l’heure où la notion de citoyenneté européenne est remise en question, où la montée du populisme et des courants nationalistes sapent les fondements de la solidarité européenne et où le prétendu immobilisme de l’Europe est fougueusement esquinté, il n’est pas sans intérêt de se rappeler ce que les États peuvent réaliser lorsqu’ils décident de fédérer leurs forces dans l’intérêt commun.

T

par Laurent Costas et Thomas Caulier

Le programme Erasmus participe pleinement à l’objectif de construction européenne et d’effacement des frontières.

Tout d’abord, d’où vient le mot « Erasmus » ? Le mot Erasmus vient d’Erasme, grand humaniste et théologien du XVIème siècle. Il fut un grand défenseur de l’Europe unie, ce qu'il n’hésita pas à faire savoir dans ses nombreux ouvrages ou dans les nombreuses correspondances qu'il entretenait avec les plus illustres érudits de ses contemporains. Ainsi, par exemple dans l’ouvrage Querela Pacis, il écrivit cette belle citation : « le monde entier est notre patrie à tous ». Afin de rendre hommage à ce penseur de l’Europe unie, la Commission européenne a donc décidé d’appeler son programme d’échange « Erasmus » pour European Region Action Scheme for the Mobility of University Students. Cette année, le programme Erasmus initié par Jacques Delors, fête ses 30 années d’existence. En 30 ans, ce sont plus de 3 millions d’Européennes et d’Européens qui ont pu aller étudier ailleurs que dans leur pays d’origine. Actuellement les 28 États membres de l’Union européenne ainsi que le Liechtenstein, la Norvège, la Turquie, l’Islande et l’Ancienne République yougoslave de Macédoine font pleinement partie du programme. A côté de ces Etats, toute une série de pays, européens ou non, sont partenaires du programme d’échange. Erasmus, c’est un projet ambitieux qui permet une ouverture d’esprit ainsi qu’un apprentissage de la vie sociale à des millions de jeunes. C’est un programme qui permet une meilleure formation linguistique et une meilleure adéquation des profils des candidats à l’embauche. Cela a notamment permis à la majorité d’entre eux d’apprendre une nouvelle langue, d’aborder une nouvelle culture et de forger une nouvelle identité, l’identité européenne telle que rêvée par les Pères fondateurs comme Schumann, Delors ou Spinelli. Ce faisant, le programme Erasmus participe pleinement à l’objectif de construction européenne et d’effacement des frontières.

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© L'auberge espagnole (2002) Film. Produit par KLAPISCH CÉDRIC. Franco-espagnol : Mars Distribution.

Le film a succès de Cédric Klapisch, "L'auberge espagnole", a mis en scène les joies, tristesses, rencontres, difficultés ou tout simplement la réalité d'une expérience Erasmus.

Ainsi, aujourd’hui et depuis 1987, une nouvelle génération d’Européens est née, la génération Erasmus comme le dit si bien le titre du dernier livre de Sandro Gozzi. Le programme Erasmus et les personnes qui y prennent part constituent le plus bel antidote qui soit contre les dérives populistes et le mal européen si bien décrit par notre compatriote Guy Verhostadt. Ce programme confère le statut de reliquat de guerre aux frontières intérieures à l’Union européenne puisque le mot « frontière » vient du mot « front » qui n’est autre qu’une limite territoriale contestée entre deux forces combattantes. Ce projet a vu son budget pratiquement doubler en 2014 suite à l’entrée en application d’Erasmus + à portée beaucoup plus large. En effet, les différents programmes connexes à Erasmus, tels que Socrates, Léonardo, etc. ont été rassemblés dans un même emballage : Erasmus+. C’est ainsi que ce seul programme permet maintenant non seulement l’échange d’étudiants, de professeurs, de stagiaires mais aussi d’étudiants suivant une formation en apprentissage. Le budget d'Erasmus est donc passé à 16,4 milliards d'euros par an sur la période 2014-2020. Les actions du programme se divisent en trois parties : mobilité, coopération en matière d’innovation et d’échanges de bonnes pratiques, et soutien à la réforme des politiques en matière d’éducation, de formation et de jeunesse. C’est un succès qui est indéniable et qui est sujet à une demande de plus en plus croissante. De plus, pour l’anecdote, la génération Erasmus a donné naissance à la génération Erasmus 2.0 puisque pas moins d’un million de bébés sont nés d’unions formées grâce aux rencontres réalisées au cours du programme.  13


QUEL AVENIR POUR LE PROGRAMME ERASMUS ? par John De Coster

Malgré l’enthousiasme qui règne autour du 30ème anniversaire du programme Erasmus, son avenir, à de multiples égards, pourrait tout compte fait ne pas être tout rose, sans que nous nous en rendions nécessairement compte.

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Pamela Fombuena (chargée de projets européens à la Chambre de commerce et d'industrie de la région Paris Ile-de-France) encense la favorisation d’échanges de compétences en lien avec les enjeux commerciaux, si chers à l’Union européenne.

Prenons, par exemple, la question du financement. Le parcours parlementaire très périlleux de chaque projet politique à l’ère de l’austérité et des coupes budgétaires le handicape. Et ce, malgré l’enveloppe de 16,4 milliards d’euros allouée au projet, entre 2014 et 2020. Ou encore, et c’est déjà plus inquiétant, le manque d’intérêt des jeunes eux même face à ce programme. En effet, les résultats d’une enquête de l’Eurobaromètre, en mai 2016, indiquaient qu’à la question " Souhaitez-vous étudier, suivre une formation ou travailler dans un autre pays européen que le vôtre ? ", 61% des jeunes européens interrogés répondaient par la négative.

Et pourtant, ne devrions-nous pas pousser le raisonnement encore plus loin  ? Sortir d’une considération du programme axée sur la compétitivité de l’économie européenne boostée par un programme d’échange international, s’étalant sur un total de 169 pays dont 33 partenaires sur le Vieux Continent ? Ne devrions-nous pas emboîter le pas à Mme Najat VallaudBelkacem qui, il y a peu, émettait le souhait " qu’à terme, Erasmus+ soit ouvert à tout citoyen européen " ? C’est en tout cas l’avis de Laure Coudret-Laut (directrice de l’Agence Erasmus+ France) lorsqu’elle confiait au Monde, le 5 janvier 2017 : " Créons un nouvel élan européen ".

Le défaut de conception du programme Erasmus, selon Sylvie Guillaume (Vice-Présidente du Parlement européen, mandataire du PS français), se situe au niveau de la communication. " Les multiples possibilités qu’il offre sont assez peu connues " convient-elle. En effet, sans retracer l’historique du programme, depuis 2014, Erasmus+ concerne bien-sûr les enseignants et les étudiants, mais aussi les élèves évoluant dans les branches d’enseignement professionalisantes, les apprentis, et même les adultes en cours de formation continue. Et tous n’en ont pas conscience. Safi Sabuni (Présidente de Erasmus Students Network - ESN) prolonge même la critique en expliquant que ce " déficit d’informations " touche plus particulièrement les jeunes issus de milieux défavorisés.

Le but initial non dissimulé des pionniers d’Erasmus était de créer une " Europe des citoyens ". Une approche libérale consisterait à démontrer que sur la voie de cet " État européen " (cette nation européenne ?), c’est l’inclusion du plus grand nombre et la stimulation de l'individu qui nous seront salutaires. De nombreux adeptes du programme Erasmus (dont ceux précités) se liguent derrière le projet de démocratisation. Erasmus+ est un moteur. Un moteur économique certes, mais un moteur social surtout. Sans sombrer dans une approche trop utopique, c’est par l’activation de l’individu, la possibilité que les institutions lui fourniront afin qu’il améliore ses compétences, que l’Union européenne pérennisera. Il s’agit de penser son ouverture. De le rendre davantage accessible aux plus jeunes, aux jeunes moins qualifiés, aux migrants aussi. Si l’on accepte l’idée que la radicalisation n’est autre qu’un symptôme d’anomie durkheimienne, leur inclusion en fera les premiers ambassadeurs de la lutte contre la pensée destructrice dont souffre notre monde.

" Nouvelles ambitions pour Erasmus+ " titrait Le Monde en octobre 2016. Cela rejoint l'anticipation de Domenico Lenarduzzi, père fondateur du programme. " L’avenir de l’Europe dépend en grande partie des compétences de ses citoyens et celles-ci doivent être mises à jour en permanence ", expliquait-il. Faisons-nous, dès lors, un usage optimal du potentiel incroyable que nous offre (déjà) l’Erasmus dans son ensemble ? Erasmus+ tel qu’il est constitué aujourd’hui représente un atout personnel incroyable pour quiconque y prend part. Le point de vue de l’étudiant est souvent pris en exemple, en citant le parcours de maturité qu’il est contraint d’emprunter, ou encore l’accroissement de son réseau de connaissances transnational qui en découle. Pourtant, le champ des possibles qu’il entrouvre est bien plus vaste. Dominique Ladevèze (directeur du pôle recherche-innovation à la chambre de commerce du Vaucluse) souligne les bienfaits des synergies qu’Erasmus+ a permis de développer entre les mondes académiques et économiques, là où

" Créons un nouvel élan européen pour célébrer ce qui a déjà été fait et pour lancer la -réflexion sur le prochain programme. Renforçons sa démocratisation, proposons à ¬davantage de collégiens et lycéens d’y prendre part, donnons plus de financements aux apprentis pour une parité avec les étudiants, continuons à dématérialiser et à simplifier les procédures, devenons tous des ambassadeurs de ces valeurs communes de liberté, de tolérance et de non-discrimination, promouvons ensemble l’éducation à la citoyenneté en Europe ! ", invite Madame Coudret-Laut. Comment la contredire ?  15


6 QUESTIONS À Ryan Heath Dans le cadre de notre dossier central portant sur le 30ème anniversaire du programme Erasmus, nous avons eu l’opportunité d’interviewer Ryan Heath, journaliste politique à Politico, média européen, sur sa vision de ce programme phare de l’Union européenne. En tant qu’ancien collaborateur du Président de la Commission Barroso, nous avons voulu connaitre son point de vue sur cette success story, mais aussi sur le futur du programme et les difficultés qu’il risque de rencontrer.

ERASMUS FÊTE SON 30ÈME ANNIVERSAIRE. QUE PENSEZ-VOUS DE SON ÉVOLUTION? COMMENT L’ÉVALUEZ-VOUS ? Le programme Erasmus fait partie des politiques les plus importantes de l’Union européenne, à côté de la fin du roaming prévue pour juin de cette année. Ce n’est effectivement qu’une petite partie de ce que fait l’UE, toutefois son importance doit être reconnue et soulignée. Le programme Erasmus fait partie des projets positifs de l’Union. Trop souvent, les gens ne voient que les aspects négatifs de l’UE, qui n’ont pas d’impact direct sur le citoyen, tels que la surveillance macroéconomique, la discipline fiscale, les sanctions en matière de concurrence, etc. Erasmus doit être vu comme une politique à long terme. Son apport se construit sur le long terme, en apprenant à connaitre nos voisins européens, en créant une identité européenne. Ces valeurs ne sont certes pas quantifiables mais pas moins extrêmement importantes. L’importance d’Erasmus est nettement supérieure au montant qui lui est dédié.

QUE PENSEZ-VOUS PRÉCISÉMENT DU BUDGET CONSACRÉ À ERASMUS ? Il devrait être largement renforcé, toutefois il s’agit d’une décision politique et tout laisse à penser que les leaders politiques ne sont pas de cet avis. Ils sont mêmes plutôt de l’avis contraire, qu’il faille le diminuer. A l’heure actuelle, le programme Erasmus reste vulnérable parce que l’Union européenne ne dispose que d’une compétence de soutien en matière d’éducation. Cette compétence relève surtout du pouvoir des Etats membres. Les politiques qui bénéficient des plus gros budgets sont celles considérées comme plus importantes, telles que la politique régionale et la politique agricole commune (PAC). De plus, suite au Brexit, et la probable perte d’un contributeur net avec le Royaume-Uni, de nouvelles coupes budgétaires devront être opérées et impacteront assurément Erasmus.

SELON VOUS, QUELLES SONT LES FORCES ET LES FAIBLESSES DU PROGRAMME ERASMUS ? L’aspect le plus important, qui représente à la fois une force et une faiblesse, est le fait qu’il s’agisse d’un secteur non-structuré. Il s’agit d’une force dans le sens où il offre de la liberté, ce qui permet aux acteurs de prendre leurs responsabilités, mais dans le même temps cela implique une perte de contrôle sur les résultats attendus. Un autre problème provient également au niveau de certains manquements des universités. Erasmus n’est pas assez centré sur les études. Beaucoup plus de contrôles doivent être effectués afin que les participants vivent une véritable expérience de travail ou d’étude à l’étranger et non pas seulement voyager, même si cela est extrêmement important. De plus, les liens entre le marché du travail et les études doivent être renforcés, car le marché du travail a fortement évolué et il est toujours plus difficile de trouver un emploi. Réaliser un Erasmus renforce précisément les chances d’obtenir un emploi dans les cordes de ce qu’on a étudié. Par ailleurs, de nombreux participants au programme relatent des problèmes au niveau du paiement de leur bourse, ce qui peut avoir des conséquences graves, en particulier pour les familles les plus modestes.

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EN 2014, ERASMUS+ A RÉUNI TOUS LES PROGRAMMES PERMETTANT L’ÉCHANGE D’ÉTUDIANTS, DE PROFESSEURS, DE STAGIAIRES, ETC. DANS UN SEUL EMBALLAGE. PENSEZVOUS QU’ERASMUS+ SOIT UN MEILLEUR PROGRAMME QU’ERASMUS ET TOUS LES AUTRES SÉPARÉS ? Il est plus facile de gérer des programmes séparés et plus petits, étant donné que vous êtes plus proches de ceux-ci. Cela permet de mettre en place un système plus flexible. Toutefois, il est effectivement préférable que l’Union européenne assure la gestion du programme, ses lignes directrices ainsi que son financement de manière globale. Néanmoins, la gestion et la mise en œuvre devraient être plus locales, car à être plus loin, on perd de la proximité, on doit courir d’une réunion à l’autre, etc.

Erasmus est le symbole même du projet de paix existant en Europe et de nos valeurs

Il est également important de noter le fait que de plus en plus de Commissaires européens ont eux-mêmes fait un Erasmus et peuvent donc encore davantage défendre le programme. SELON VOUS, QUELLES ADAPTATIONS SONT ABSOLUMENT NÉCESSAIRES POUR LE NOUVEAU PROGRAMME QUI DÉBUTERA EN 2020 ?

LE PROGRAMME ERASMUS EST MAINTENANT ÉGALEMENT DISPONIBLE POUR LES APPRENTIS. QUE PENSEZVOUS DE CELA ? ÊTES-VOUS D’AVIS QUE LES ÉTUDIANTS DU SECONDAIRE DEVRAIENT ÉGALEMENT AVOIR LA POSSIBILITÉ DE RÉALISER UN ERASMUS ? C’est une excellente chose que les étudiants en apprentissage puissent également bénéficier de ce programme. Toutefois, le financement pose problème, car les grosses sociétés peuvent se permettre ce genre d’échanges, contrairement aux plus petites. Par exemple, les entreprises plus importantes pourraient participer au financement du programme. Dans tous les cas, c’est un débat qui doit avoir lieu.

L’élément le plus important est que les jeunes doivent convaincre le Royaume-Uni de pleinement rester dans le programme après le Brexit, peu importe l’issue des négociations. Peut-être devrions-nous également étendre le programme à la Russie afin de construire de meilleures relations entre les citoyens européens et russes. A nouveau, le but est d’éviter des situations de conflits, voire de guerres grâce aux relations humaines créées et Erasmus est précisément une opportunité. Des liens entre les personnes sont indiscutablement tissés grâce à Erasmus. Dans le même registre, sans doute faudrait-il également étendre le programme à l’Afrique du Nord et au bassin Est de la Méditerranée. Aujourd’hui, il est important de se reposer sur des relations qui peuvent exister entre citoyens afin d’éviter une certaine instabilité que l’on peut maintenant connaitre. Erasmus est le symbole même du projet de paix existant en Europe et de nos valeurs, bien plus que les seuls objectifs économiques que l’on aime dépeindre de l’Union européenne. Erasmus prouve que les valeurs de l’UE existent bel et bien. Les jeunes ayant fait un Erasmus n’envisagent pas de réinstaurer des frontières, de construire un mur. Il s’agit d’un vrai symbole. 17


RETOUR SUR NOTRE PARTENARIAT AVEC LA EU STUDIES FAIR DE POLITICO Ces 10 et 11 février 2017 s’est tenue la 18ème édition de la EU Studies Fair de Politico, réunissant plus de 40 prestigieuses universités d’Europe et du monde. Pour la première fois, nous avons eu la chance d’être partenaire de ce succès réunissant pas moins de 800 visiteurs. par Olivier Schmetz

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Comme son nom l’indique, ce salon est destiné aux jeunes voulant, à terme, se lancer dans le milieu européen. Ce sont donc avant tout des Masters dans le domaine des sciences politiques, juridiques, économiques, du business et des relations internationales qui ont été promus par les universités présentes. Le premier jour du salon était consacré à la visite des institutions européennes. Certains ont été reçus à la Commission européenne, alors que d’autres se sont rendus au Parlement européen. Lors de cette matinée, notre interlocuteur nous a présenté l’architecture institutionnelle européenne, les caractéristiques du programme Erasmus ainsi que les principaux enjeux actuels auxquels l’UE fait face. À savoir, la mise en place d’une union énergétique, d’un marché unique numérique et la définition d’une stratégie globale pour l’UE, et ce également à l’échelon international. L’après-midi de cette première journée permettait aux participants de suivre une séance dédiée aux conseils professionnels, réunissant pas moins d’une quinzaine de professionnels du milieu européen aux horizons différents. Celle-ci s’est clôturée par l’inévitable drink de networking. Le second jour laissait la place au salon à proprement parler. Celui-ci a eu lieu dans le luxueux Hotel Crown Plaza dans le centre de la capitale européenne. Ce ne sont donc pas moins de 800 visiteurs qui s’y sont rendus et qui ont donc peut-être trouvé le master de leurs rêves dans des universités faisant tout autant rêver. En effet, le King’s College London, la Luiss University de Rome, l’Université d’Amsterdam, HEC Paris, la London School of Economics and Political Science ou encore l’Université de Canterbury en Nouvelle-Zélande ont pris leur quartier, le temps d’une journée, à Bruxelles pour cet événement à l’envergure internationale.

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À noter qu’une seule université de la Fédération Wallonie-Bruxelles était présente à la Studies Fair  : l’Université de Liège promouvant avant tout son nouveau programme de codiplomation avec l’Université de Barcelone en matière de migration. Une représentation d’autant plus affligeante lorsqu’on la compare avec les universités flamandes. La KU Leuven, la VUB et l’Université d’Anvers n’ont, quant à elles, évidemment pas manqué de faire valoir leurs atouts lors de ce salon à la renommée internationale auprès de ces jeunes européens, voire extra-européens, en quête d’un Master ouvrant la porte à leurs ambitions professionnelles les plus folles. Suite à cette première expérience, nous ne pouvons affirmer qu’une seule chose : vivement l’année prochaine en espérant que les universités francophones nous rejoignent ! 


INTERVIEW |

POURQUOI S'ENGAGER À LA FEL ? L’engagement étudiant a toujours existé dans la vie universitaire. La Fédération des Étudiants Libéraux en est un magnifique exemple (créée au cours de l’année académique 1835-1836 à l’ULB) et justement, la question que l’on pourrait poser à certains de nos membres aujourd'hui c’est « Pourquoi t’es-tu engagé à la FEL ? » 

NADINE IRADUKUNDA

(CEL Saint-Louis) : J’ai marqué mon engagement auprès des libéraux il y a maintenant deux ans en dépassant les préjugés qui s’en suivirent. Pour moi être libéral, cela passe par le sentiment d’être libre d’entreprendre des projets pour autant que l’on s’en donne les moyens. Je place une grande foi en l’humain. Toutefois, je ne suis pas anti sociale pour autant que le socialisme soit conscientisé car je crois en la solidarité et je suis convaincue que ma liberté est indissociable des autres libertés qui m’entourent. En outre, mes parents m’ont élevée avec la conviction que le travail, sous toutes ses formes, rendait libre et que l’effort devait être récompensé et valorisé au détriment de l’oisiveté.

LAURENT COSTAS (CEL ICHEC) : J’ai décidé d’adhérer à la FEL par conviction, il y a maintenant 3 ans de cela, j’ai toujours été marqué par le côté visionnaire qu’ont les libéraux sur les thèmes de société quels qu’ils soient. J’ai toujours été étonné par le stéréotype qui voudrait que les libéraux soient durs sur le plan socio-économique et surpris par la position antagoniste qu’aurait le libéralisme par rapport au socialisme alors que c’est tout le contraire. Le libéralisme est social puisque sans régulation, certains ne disposeraient pas de revenus, de logement ou d’accès aux connaissances, et cela est contraire au principe de liberté que défendent les libéraux. Être libéral, c’est être amoureux de liberté et c’est pour cela que j’adhère à la FEL.

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par Laura Hidalgo

DENIS DEVIVIER (FELU) : La politique est une matière que j’affectionne énormément à un tel point que j’y consacre mes études. Le fait de combiner mon activité d’étudiant avec une activité plus militante concernant les thématiques estudiantines me permet déjà d’avoir de l’expérience et la sensation de pouvoir réaliser de nombreuses choses. Cela inclut notamment la réalisation de conférences autour d’un bon sandwich et d’une bonne bière, discuter de problématiques concernant chaque étudiant, de la sensibilisation et l’organisation de rencontres. En tant que président de la section liégeoise, je me soucie énormément d’ajouter de la décontraction parce que l’engagement estudiantin est avant tout un plaisir.


| INTERVIEW

LOUIS RIFAUT (FEL-Mons) : Je me suis inscrit à la « Fédération des Étudiants Libéraux » afin de vivre le libéralisme autrement que dans mes livres de sciences politiques et pouvoir le faire découvrir aux autres. Pour moi, de toutes les doctrines qui existent, la doctrine philosophique libérale est pour moi la plus « juste » pour la société actuelle.

VICTORIA VANDENBERG

(FELU) : Je me suis engagée à la FEL par conviction pour mes idées. Je pense qu'il est plus qu'important à notre époque de défendre la cause du libéralisme. Qui plus est, étant étudiante, c'est naturellement que mon choix s'est porté sur la FEL, une organisation dynamique, par et pour les jeunes.

BASTIEN HENRY (FEL-LLN) : Avant de finir mes secondaires j'étais très actif dans les Jeunes MR. Par la suite, j'ai fini mes études et je me suis dirigé vers la ville de Louvain-la-Neuve. Comme je kotte et que je rentre dans mon village uniquement le week-end, il m'est devenu difficile de continuer. J'ai tout de suite pris contact avec la FEL de Louvain-la-Neuve mais celle-ci était en phase transitoire, aimant relever des défis, j'ai décidé de m'investir dans la " nouvelle " FEL LLN.

ARMAND DE CAEVEL

(CEL-ULB) : À l’heure actuelle, la politique et ses acteurs sont souvent décriés et la plupart du temps à juste titre. Je reste cependant convaincu que la politique qui se pratique démocratiquement par débats contradictoires n’est pas morte, le tout pour elle est de pouvoir changer et évoluer tout comme la société. C’est donc pour cette raison que je me suis engagé à la FEL. Je suis convaincu que ce changement est nécessaire et je veux être acteur de ce dernier et non le subir.

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ANNELISE

CHAIMAE BOECKSTAEL

(FEL-Mons) : Je me suis engagée à la FEL car c'est une bonne manière de toucher au monde politique. Mais également de défendre les valeurs libérales auprès des différents étudiants. C'est une expérience sociale enrichissante. Elle nous permet une prise de position sur notre société et sur divers cas d'actualité à travers différentes activités. 20

DEVILLE

(CEL Saint-Louis) : Active depuis mon plus jeune âge au sein des Jeunes MR, j'ai décidé, une fois étudiante à l’Université, de rejoindre la FEL il y a environ 2 ans. Convaincue par les idées libérales, il m'a semblé important de faire vivre ces dernières au sein de la communauté étudiante. Rencontrer, échanger, mener à bien des projets qui nous tiennent à cœur et dans l'intérêt des étudiants, c'est ça la FEL !


INTERVIEW |

BENJAMIN

MARTIN

(CELNamur) : J’ai décidé de m’engager à la FEL pour plusieurs raisons. Je souhaitais défendre les intérêts des étudiants face aux jeux politiques malsains. Je souhaitais être un porte-parole du renouveau politique, tout en conservant une attitude pragmatique face aux enjeux que nous nous devons de relever dès aujourd’hui pour protéger l’innovation, pour émanciper notre société, diffuser la connaissance et lutter contre le populisme. Qui plus est, c’est mon attachement pour les valeurs libérales qui m’a poussé à franchir le pas. Je suis aujourd’hui ravi d’avoir rejoint la FEL et de pouvoir présider le Cercle des étudiants libéraux namurois.

JOHN DE COSTER (CELSaint-Louis) : Mon engagement à la FEL s'inscrit dans mon engagement à plus large échelle en tant que citoyen bruxellois, belge et même européen. Je suis convaincu que notre avenir passe par un activisme politique quotidien. Je pense sincèrement que c'est par le débat politique que les manquements de notre société pourront être palliés, manquements qui nous concernent tous, plus directement qu'on ne le pense. Et le rôle que j'endosse humblement via mon activité à la FEL, c'est de promouvoir et de faire droit à ce débat...avec un brin de libéralisme bien sûr ;)

FANNY TSIPLAKIS (CEL ULB) : Je me suis engagée au sein de la FEL car c’est un lieu qui me permet d’exprimer mes idées libérales au travers différents projets que cela soit au niveau national ou local mais c’est avant tout un lieu d’échange ainsi que de partage d’idées et de pensées. Valeurs qui me sont chères.

Nous le voyons dans chaque témoignage. Les étudiants s'investissent dans la FEL pour deux raisons en particulier : la volonté de s'engager dans la vie associative et ainsi essayer de prendre part à l'évolution de la société plutôt qu'en être simplement spectateur; et par conviction pour l'idéologie libérale. Tous ces étudiants engagés sont épanouis au sein de la FEL grâce aux multiples activités organisées par les sections locales et le national, à savoir des conférences, midis-politiques, congrès, drinks, rédaction de positions sociétales, rédaction de campagnes, etc. Nous pouvons l'affirmer, la FEL contribue pleinement à la formation de CRACS, des citoyens responsables, actifs, critiques et solidaires.

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| ACTU

par Louis Rifaut

PSYCHOMOTRICITÉ : À QUI LA VRAIE RESPONSABILITÉ ? Les problèmes touchant les études en psychomotricité ne datent pas réellement d’hier. Commençons par le commencement. Le 26 juin 2012, la Ministre des Affaires sociales et de la Santé publique de l’époque, Madame Onkelinx, pose deux questions au Conseil National des Professions Paramédicales (CNPP). La première concerne l’utilité de l’inscription des psychométriciens dans la liste des professions paramédicales. La seconde invite à analyser si les activités effectuées par les psychométriciens touchent à l’Arrêté Royal n° 78 relatif à l'exercice des professions des soins de santé.

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professionnelle particulière », chose qui n’a pas été faite. Pourquoi ? Les études ont été lancées en fin d’année 2012 par le Ministre de l’Enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles, Jean-Claude Marcourt, sans que la profession ne soit reconnue comme faisant partie du paramédical par les autorités fédérales. Par la suite, le Ministre Marcourt a proposé la mise en œuvre de passerelles vers d’autres formations (tels qu’ergothérapeutes, psychothérapeutes, etc.).

Afin de pouvoir rédiger cet avis, toute une série d’experts ont analysé la problématique. Au mois de mars 2013, le CNPP émet un avis concernant les différentes questions posées par Madame Onkelinx. Les experts du CNPP sont arrivés à la conclusion qu’une partie des activités était plus du ressort de la pédagogie que du paramédical. D’après ces experts, « la psychomotricité dépasse le cadre d'une seule profession et doit être considérée comme une compétence complémentaire qui doit être obtenue par l'étude des disciplines spécifiques qui complètent leur propre formation de base ». Dans cette vision des choses, la psychomotricité est envisagée plus comme une spécialisation plutôt qu’une profession à part entière.

Sous le Gouvernement Di Rupo, la problématique existait déjà. Avec l’avis négatif donné par le CNPP, même si ce n’était qu’un avis, Monsieur Marcourt aurait dû trouver une échappatoire pour les étudiants en psychomotricité, au lieu de ça, le Ministre a préféré laisser trainer le problème. De fin 2012 jusqu’au 24 mai 2014 (date à laquelle le

Le CNPP a conseillé à la ministre de « ne pas créer une nouvelle profession, mais une qualification

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sentiment de ne pas être reconnus. Et ce parce que les Ministres alors en charge de la Santé publique et de l’Enseignement supérieur n’ont jamais osé prendre leurs responsabilités. La situation aurait dû être réglée dès la réception de l’avis du CNPP : un mécanisme de collaboration entre le fédéral et la Fédération WallonieBruxelles aurait dû être mis en place (tout comme pour les étudiants en médecine), les élèves auraient dû être mis au courant dès le début du risque qui se profilait pour ces études, mais rien de cela n’a été fait.

Gouvernement Di Rupo a remis sa démission), le problème est resté en suspens. Le 11 octobre 2014, le Gouvernement Michel voit le jour et Madame De Block reprend les compétences de Madame Onkelinx. À l’instar de sa prédécesseure, la nouvelle Ministre des Affaires sociales et de la Santé publique demande l’avis du CNPP qui remet, une fois de plus, un avis défavorable en 2016. Deux avis défavorables se présentaient à elle. Elle n’avait donc d’autre choix que de prendre en compte l’avis qui lui était adressé. En moins de deux ans, Madame De Block a mis en place ce que Madame Onkelinx aurait dû faire dès le début, en collaboration avec Monsieur Marcourt.

Avant même de lancer la formation en psychomotricité, Jean-Claude Marcourt aurait dû attendre que la profession soit reconnue. Aujourd’hui, nous reprochons à Madame De Block les erreurs du passé, le passé où elle était Ministre de la Justice et des Cultes. Une des erreurs signée Marcourt. 

À l’heure actuelle, nous nous retrouvons donc face à des étudiants perdus et incompris, ayant le 23


| ACTU

© DIVE, A. (2017) Nethys, cette nébuleuse qui échappe au droit wallon. La Libre Belgique, 18 janvier.

LE MALAISE DU POLITISTE ENGAGÉ par Denis Devivier

Depuis le mois de décembre, une nouvelle saga politico-financière s’abat sur la Belgique francophone, qui permet à votre tante Monique, si vous êtes étudiant en sciences politiques, de trouver un second débouché après le poste de Premier Ministre : être mandataire dans un comité de secteur chez Publifin. Il s’agit du Voldemort du politiste, la chose dont il ne faut pas prononcer le nom. Bien que Publifin soit un monstre possédant de nombreux médias dont VOO, Be Tv, les éditions de l’Avenir et le journal de l’école communale de Chaumont-Gistoux. Il s’agit surtout d’une création de politiques, mouillant des anciens étudiants en Sciences politiques.

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Le spoiler en deux mots : C’est scandaleux !

décembre 2016 dans lequel Cédric Halin, échevin des finances de la petite commune d’Olne et politiste, constata le pot aux roses des réunions bidons des comités de secteurs. On y apprenait notamment que certains élus locaux touchaient l’équivalant de 500 euros de la minute pour ne pas forcément y assister. Bien mieux que le nouveau salaire d’Axel Witsel qui ne touche que 34 euros de la minute au Tianjin Quanjian.

Chaque avis que vous allez entendre sur ce phénomène va se résumer à cela  : « C’est scandaleux ! ». Chaque citoyen, ayant évidemment beaucoup d’éthique sur soi, ne va évidemment pas accepter de telles rémunérations mirobolantes pour siéger à des réunions bidons. Avant d’admettre après son quatrième vin rouge, à demimot, que finalement il se laisserait tenter. Tout le monde va dans ce sens, même Jacqueline Galant, diplômée en Sciences politiques, dans une carte blanche à la hauteur de son dernier ouvrage au Vif.

De l’art de la communication Jamais une affaire politique n’a amené une communication aussi surréaliste chez les politistes engagés, tous bords politiques confondus.

L’avis du politiste lambda est à peu près identique, à la seule exception qu’il ressent un malaise en plus en voyant la publicité néfaste se créant autour du politique. Sa seule échappatoire est de s’attaquer à une autre catégorie du politiste : celui qui ose s’engager politiquement. Oui, il est sûr et certain que la seule ambition du politiste est de venir gratter des mandats rémunérés car c’est un gros pourri. Avant d’admettre lui-aussi qu’il serait capable de mettre son éthique de côté après le quatrième verre de vin ingurgité.

Le désormais ex-ministre des pouvoirs locaux Paul Furlan, diplômé d’administration publique (une discipline du politiste), a choisi de s’inspirer de la communication de Donald Trump. Il dégaine son smartphone pour annoncer en tweet la démission de son Chef de cabinet adjoint Claude Parmentier. Car oui, il n’aurait rien vu, surtout que la création de ces fameux comités de secteurs a été créée par son cabinet. Il ignorait évidemment que son (ex ?) femme cumulait chez lui et qu’il employait la moitié du Collège communal de Thuin, sa commune. S’en suit une conférence de presse épique où se mêlent « Je ne suis pas Calimero. J'ai toujours pris mon destin en main », " Je suis toujours célibataire s'il y a des personnes intéressées " et sa propre démission.

Le politiste engagé lui, allait dire que ce phénomène était inquiétant il y a quelques années. Il ne peut juste répondre que « c’est juste comme ça » avec un malaise encore plus profond.

Comment en est-on arrivé là ? Tout a débuté dans un article du Vif du 20 25

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| ACTU Ayant compris l’opportunité que pouvait apporter l’affaire Publifin. C’est à des centaines de kilomètres d’un parking de Cointe que le politologue François Gemenne, ex-membre d’un cabinet ministériel Ecolo et grand ami du député Ecolo Stéphane Hazée (luiaussi politiste) et comparera sur le plateau du 13 heures de la RTBF le système orchestré par Stéphane Moreau à un système mafieux. Sur le fond, on ne peut être que d’accord avec François Gemenne. Il est vrai que l’accent italien, le costume trois pièces et le cigare irait très bien à Stéphane Moreau ou à André Gilles. La forme, elle, est trop simpliste car l’une des caractéristiques de la mafia serait d’établir un ordre parallèle au monde politique. Or, Publifin est une création du politique avec une complicité du politiste et du juriste . La réaction la plus intéressante est celle du Président de Nethys, Stéphane Moreau, qui bien avant d’être l’homme d’affaires le plus connu de la politique belge était un politiste. Le choix du silence semblait être une bonne réponse car moins on en parle, plus on montre son pouvoir. Le journal Médor a voulu le contredire et a donc montré que le pouvoir de Stéphane Moreau, aussi beau qu’il soit, perdait de sa crédibilité lors d’une assemblée avec des travailleurs de Tecteo en 2009 dans un remake du pauvre du « Dictateur » de Charlie Chaplin. On le voit perché à 10 mètres de haut tentant avec des « Tu vas te taire ? C’est moi qui parle ! » fait avec un gros accent liégeois. Il tente de montrer que c’est grâce à lui qu’on s’adapte ou qu’on passe à la trappe. En quittant son poste de Bourgmestre d’Ans, Stéphane Moreau montre avant tout qu’être un politique n’est rien quand on peut engranger du pouvoir dans des domaines bien plus larges.

Qu’en penser finalement ? Les intercommunales ne sont pas le diable en soi. Elles permettent aux communes de partager et de réduire les coûts de différents services prestés par les communes directement avec le citoyen. Le problème a été le laxisme avec lequel a agi la Wallonie lors de ces dernières années en fermant les yeux et en acceptant de jouer le jeu des dérives. Là où le Parti Socialiste perd le contrôle, il tente de couper les têtes sauf que cellesci sont devenues bien trop dures. Le politiste, quant à lui, sera toujours impliqué dans de nouvelles histoires et aura toujours son mot à dire. 

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LA FIN DES COMMENTAIRES SUR LES ARTICLES DE PRESSE : DERNIER BARRAGE FACE À LA HAINE ? Récemment le groupe Roularta (Le Vif et Knack) a décidé de mettre fin aux commentaires en regard de ses articles, une décision qui vise à enrayer la radicalisation des commentaires et le flot de haine véhiculé par ce biais. Si cette décision empêche la participation de tout un chacun au débat de fond sur l’actualité, elle ne peut pas pour autant être considérée comme de la censure.

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En effet, le débat reste permis via des « opinions » ou encore sur des pages personnelles et le lecteur désireux de dialoguer de manière constructive est invité par le groupe à s’y exprimer. Il s’agit d’un moyen de lutter plus efficacement contre le fléau de la radicalisation de l’opinion publique puisque des minorités idéologiques peu recommandables se sont emparées de ces forums de sites d’informations et y propagent leurs idées nauséabondes, les faisant passer aux yeux du lecteur pour une tendance répandue. Pour s’en rendre compte, il suffit de survoler un article abordant l’antisémitisme, l’islamophobie ou encore la bonne gouvernance, toute personne censée est choquée de la violence de l’opinion peu constructive de cette minorité bruyante qui tente de se faire passer pour majoritaire. Un avis critique et intelligent aura toujours des supporters, c’est ce qu’applique d’ailleurs le groupe Roularta, en permettant de réagir par le biais d’opinions. Bien sûr, il serait préférable que tout un chacun puisse donner son avis, dans ses termes et selon son intime conviction mais comme cette participation au débat est confisquée par des trolls, des faux-profils ou des radicaux, la personne douée de sens critique voit son commentaire noyé dans un torrent de mauvaise foi et d’insultes. La chasse aux personnes qui dépassent manifestement les bornes sur le web se développe progressivement mais la tâche est ardue devant l’immensité du support. En octobre, la Zone de police Ouest (Bruxelles) a intégré dans son règlement de police des modifications pour poursuivre les auteurs de dérapages sur les réseaux sociaux. Dans l’attente de l’optimalisation de cette politique à l’ensemble du pays, voire plus, la décision du groupe Roularta est d’une exceptionnelle clairvoyance car plutôt que de contribuer à la radicalisation des opinions, elle rappelle que son devoir est d’informer et non de modérer les rancœurs du monde. Il est important que la presse en général revienne à ses fondamentaux et œuvre pour une information de qualité plus que dans le souci du buzz, en fermant les yeux sur le vecteur de haine que la presse en ligne est malheureusement devenue aujourd’hui.  27

par Cédric Pierre


| ACTU

LE NATIONALISME ET LE POPULISME : DANGERS IMMINENTS POUR L’UNION ? Après la Seconde Guerre mondiale, des dirigeants visionnaires se sont rassemblés afin d’imaginer le projet d’une Europe unie alors que celle-ci sortait d’une époque marquée par les guerres du fascisme italien de Mussolini à l’Allemagne nazi d’Hitler. Dans cet article, il s’agira de rappeler le contexte dans lequel le projet d’une Europe unie a été envisagé et les enjeux qu’il entendait défendre. Ensuite, une mise en garde sera faite contre les dangers de l’amnésie historique et de l’absolue nécessité de trouver des palliatifs à un fléau nationaliste qui se propage tel un cancer sociétal.

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par Nadine Iradukunda

Aux origines de la construction européenne, tout commence avec la déclaration politique du 9 mai 1950 prononcée par Robert Schuman (Ministre français des Affaires étrangères) qui envisage de créer un marché unique pour le charbon et l’acier, afin de soutenir les économies et les emplois, entre la France, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas et le Grand-Duché de Luxembourg sous une Haute-Autorité (ancêtre de la Commission européenne). Si le projet européen est d’une part, économique et trouve d’ailleurs un soutien du côté américain, celui-ci d’autre part, va favoriser un contexte propice à la réconciliation entre les deux belligérants principaux que sont la France et l’Allemagne. L’objectif étant de construire durablement une paix et garantir une stabilité politique pour l’Europe. Le pari fut tenu puisque depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a plus connu de guerre aussi meurtrière que celle de 1940-1945 à une exception près mais tout de même de taille, à savoir les guerres dans les Balkans durant les années 90’. Cependant, dans un contexte de crise économique et d’immigration massive tel que celui d’aujourd’hui, et face aux revendications des partis nationalistes ainsi que de la montée du populisme, les discours des dirigeants ne font que mettre de l’huile sur le feu. Quelques mois avant le Brexit, plusieurs dirigeants européens, dont Angela Merkel (Chancelière allemande) et David Cameron (ex-Premier Ministre britannique), affirmaient que le multiculturalisme était un échec. Force est de constater qu’avec la montée du terrorisme et par ricochet, la stigmatisation de toute une religion, leurs propos ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd. En effet, leurs propos n’ont fait que renforcer le poids des discours populistes comme en atteste la popularité de Nigel Farage (parti UKIP), Marine Le Pen (parti FN). En outre, cela donne le ton aux individualités qui considèrent que la classe politique dominante et l’élite en général, vivraient au-dessus de la mêlée, sans être confrontée directement à la concurrence sur le marché du travail ni aux incivilités des « illégaux ». En effet, l’élite est souvent perçue comme vivant dans une bulle de résidences protégées. Quant aux classes moyennes ou populaires, suite à l’immigration massive non-contrôlée, la crainte a pris le pas et les dommages collatéraux se sont fait ressentir puisque cela s’est 28


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fond n’a pas de réel impact dans les faits. L’Europe telle qu’on la connait, est condamnée à se réduire comme une peau de chagrin. Cela nécessite de regagner la confiance des citoyens qui se sentent lésés par les politiques nationales et européennes.

soldé par un referendum en faveur de la sortie du Royaume-Uni. Même si, il est vrai que leur sortie est motivée par d’autres raisons dont l’éternelle crainte de « trop payer pour l’Union par rapport à ce qu’ils reçoivent en retour ». Du côté français, il se murmure que Marine Le Pen entend suivre la même voie avec un « Frexit » dans l’hypothèse où elle serait élue à la présidentielle de 2017.

En conclusion, la montée du nationalisme et les discours populistes fragilisent l’équilibre de l’Europe et exploitent les situations de crises qui créent un climat dans lequel leurs idées peuvent germer et se répandre telle une trainée de poudre. Certes, il existe un déficit démocratique, on peut même parler de fossé entre les citoyens et les acteurs politiques surtout au niveau européen mais il ne faudrait pas jeter le bébé avec l’eau du bain: l’UE a une plus-value que ce soit par la libre circulation, au niveau économique, au niveau de la recherche, de l’éducation, et toute la politique en matière d’agriculture et d’environnement. Le plus important est la paix dont il serait imprudent de penser qu’elle est acquise. L’Europe ne connait la paix que parce qu’elle a décidé à un moment donné de s’unir dans un esprit de solidarité. La vigilance est de rigueur au risque de retomber dans les jours les plus sombres de l’humanité. Winston Churchill a dit : « Oublier son passé, c’est se condamner à le revivre ». 

En outre, la qualité de « leader du monde libre » qu’incarnait jusqu’ici la figure du Président des États-Unis semble être remise en cause depuis l’élection du nouveau Président des États-Unis, Donald Trump. Le président américain a partagé sa vision sur l’immigration (illégale) américaine qu’il considère comme un mal et dont la solution serait la construction d’un mur. Par ailleurs, selon Trump, l’Europe est au service de l’Allemagne et il a d’ailleurs salué le Brexit en affirmant qu’il s’agissait d’un succès pour le Royaume-Uni. Face à une idéologie qui est celle de la division et qui risque de mener, si on n’y prend garde, à la mort de l’UE, l’Europe doit se rendre compte qu’elle est désormais toute seule. La machine européenne a du plomb dans l’aile et si l’Europe s’obstine dans son immobilisme et se contente de donner des discours, empli d’espoir sur la forme mais qui sur le 29


| CARICATURE

« QUAND L'ÉCOLE TOUSSE, C'EST LA DÉMOCRATIE QUI EST MALADE » Enza Laera

©Kroll - 9 février 2017.

« Une réforme majeure de l'enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles ». C'est par ces mots que Mesdames les Ministres Milquet et Schyns ont présenté le « Pacte d'Excellence ». Au sein des différentes catégories des acteurs de l'enseignement, personne ne nie la nécessité absolue de réformer un enseignement moribond. Personne  ! Alors pourquoi une telle levée de bouclier face à cette réforme  ? Probablement d'abord parce que la communication de l'actuelle Ministre est totalement déficiente, floue, alambiquée pour ne pas dire carrément d'un amateurisme frôlant l'insulte. La fuite dans la presse d'un budget spécialement alloué à une telle communication n'ayant pas fait taire les pharisiens de la chose médiatique, au contraire. Ensuite, à cause de la prétendue collaboration active de toutes les parties liées de près ou de loin à l'enseignement et l'éducation en FWB. Car si Madame la Ministre clame en hurlant pour se faire entendre que chacun a eu la possibilité de donner un avis objectif, on constate qu'une certaine « sélection » des participants s'est effectuée en commençant par l'appel aux candidatures qui, s’il a bien existé, fût de nouveau organisé avec un amateurisme déplorable mais qui, en plus, frôle la mauvaise foi la plus abjecte. Ainsi, pratiquement seuls ceux qui partagent une vision théorique de l'enseignement, furent admis aux premières séances « d'information » du Pacte pour un enseignement d’excellence. Il s'agissait en fait d'en déterminer les contours stricts. Enfin, parce que notre actuelle Ministre ne fait rien de différent de ses (nombreux) prédécesseurs. Elle ne consulte que ceux qui partagent sa vision politique de l'enseignement. Des esprits peut-être brillants mais cantonnés dans leur tour d'ivoire des universités et ne maîtrisant aucun rouage du terrain, totalement déconnectés de la réalité et de ce que peut être la vie au sein d'une école. Ces éléments nous amènent à faire un constat grave. Qui décide ? Les véritables acteurs de l'enseignement ou quelques personnes triées sur le volet entre la Rue des Deux Églises et le Boulevard de l'Empereur ? Poser la question, c'est déjà y répondre. L'enseignement a été pris en otage par quelques têtes pensantes du cdH et du PS depuis plusieurs décennies, une vision erronée et mensongère de l'éducation est devenue la vision politique de ces deux partis. Des générations d'enfants ont été sacrifiées sur l’autel d'expériences pédagogiques théoriques de quelques érudits en quête de reconnaissance issus de nos universités mais déconnectés de toute réalité. L'erreur est humaine, certes. Mais pas dans le but de l'intérêt personnel et électoral d'un parti ou d'un ministre. D'ailleurs, le mot « ministre » vient du latin « minus » signifiant « moins ». Ainsi, un ministre est un serviteur de la nation se sacrifiant par un total désintéressement au bien-être de tous. A cet égard, ce 15 février, le Soir publiait la carte blanche de Monsieur Willy Monseur, Inspecteur général de l’enseignement communal liégeois dans laquelle nous pouvons lire ces mots : "C’est un vent de folie similaire qui a gagné le Groupe Central, porteur de l’Avis n°3." ou encore « Il faut changer de cap et de méthode, quitte à blesser l’ego de Mesdames les Ministres Milquet et Schyns, de Mac Kinsey, et de toutes les âmes bien-pensantes qui ont contribué à l’expression du « Prétendu Pacte de Prétendue Excellence ». Aujourd'hui, chacun se rend compte que l'enseignement est à un tournant en Fédération Wallonie-Bruxelles. Mais quel tournant allons-nous prendre ? Celui décidé par une poignée d'oligarques engoncés dans leurs certitudes ? Ou celui réclamé en s'époumonant par les vrais acteurs de terrains ? Celui d'un retour à l'exigence, à l'effort, au mérite, à la mémorisation, à la culture générale, à la récompense et à la (vraie) réussite ? Seul l'avenir nous le dira. Mais selon la décision, nous aurons eu les décideurs que nous méritons.

Libertines

- Mars 2017

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CARTE BLANCHE |

LA CARTE BLANCHE DE LAURA IVG : LA LIBRE DISPOSITION DE NOTRE CORPS REMISE EN QUESTION EN EUROPE par Laura Hidalgo

U

ne citation pertinente qui donne à réfléchir pour moi sur ce débat, est celle de Simone De Beauvoir dans son ouvrage le Deuxième Sexe qu’elle a écrit en 1949 : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits de la femme soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant ». Comment ne pas être ahurie qu’en 2017, en Europe, des pays soient tentés par un retour en arrière et puissent négliger les droits acquis des femmes ? Comme exemple en Espagne, l’avortement a été interdit en 2015, aux mineures sans consentement parental (à souligner que c’est une version assouplie d’une réforme vivement contestée). En Italie, même si l’avortement est légal, de nombreux médecins se déclarent objecteurs de conscience et certains refusent de leur plein gré la pratique. En France, la candidate FN Marion Maréchal-Le Pen a affirmé qu’elle ne subventionnerait plus le Planning Familial si elle était élue. En Pologne, grâce aux manifestations contre un projet de loi d’interdiction quasi totale de l’IVG, les députés polonais ont largement rejeté le texte. En Irlande, il y a eu un projet de loi légalisant l’avortement en cas de malformation grave du fœtus suite à un document publié par le Comité des droits de l’Homme des Nations Unies considérant que l’Irlande violait les Droits de l’Homme en interdisant l’avortement en cas d’abus sexuel ou si le fœtus n’était pas viable mais celui-ci fut rejeté (95 voix contre 45) … A mon sens, dans la mesure où c’est un droit, le débat d’être pour ou contre l’IVG n’a pas lieu d’être! C’est le droit de toute femme que de pouvoir disposer de son corps et d’en avoir le contrôle total. La femme est libre de juger si elle veut ou non mener sa grossesse à terme tout en respectant bien évidemment l’encadrement juridique (le délai autorisé par la loi belge est de 12 semaines maximum entre la fécondation et l’avortement). Un embryon ne peut être considéré comme un être humain totalement accompli (tous les organes - dont le système nerveux- ne sont pas encore totalement formés ou matures) et n’est pas une personne au sens juridique du terme. Le choix de l’IVG doit être un choix non-imposé et éclairé. N’oublions pas qu’il existe des mesures afin de laisser suffisamment de temps à la femme pour poser des questions et trouver des solutions afin de la suivre dans la décision qu’elle prendra. Quand on légalise l’IVG, on n’oblige aucune femme à le faire. Il est vrai qu’il existe des femmes qui utilisent la méthode comme moyen de contraception habituel mais il ne faut pas en faire une généralité. Ce n’est qu’une infime partie de celles qui ont recours à l’IVG. Une IVG est un acte médical sérieux et lourd de conséquences tant physique que psychique. C’est en âme et conscience que chaque femme doit réfléchir sur cette décision difficile. Si l’IVG se voit être interdit, cela aurait de lourdes conséquences. Certains avortements pourraient être pratiqués dans des conditions sanitaires médiocres, mettant ainsi en danger la santé et la vie des femmes et hypothéquant parfois leurs éventuelles futures grossesses. Il faut que l’on reste ouvert et tolérant sur la question. Informons davantage les adolescents ainsi que les adultes sur les relations non-protégées et sur la contraception. Que des voix progressistes continuent à s'affirmer face à cette vague de conservatisme. Oui, les femmes ont une liberté de choix ! 

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